Moorea

3. L’Océanie – Polynésie

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

22.02 au 01.03.2022

Pour notre escapade d’une semaine à Moorea, nous décidons de louer une voiture sur Tahiti car les tarifs y sont moins chers. Après être allés chercher notre véhicule, nous partons en direction du port afin d’embarquer sur le ferry. Nous sommes les premiers dans la file d’attente et nous montons très vite à bord. Le trajet est court car Moorea et Tahiti ne sont distantes que d’une vingtaine de kilomètres et nous profitons de lire et jouer aux cartes dans le petit salon/cafétéria à l’intérieur.

Gabrielle est dans la voiture rouge 🚗 .

Après 30 minutes de navigation, nous accostons sur Moorea. C’est une île magnifique, entourée d’une barrière de corail. Sa forme est particulière car elle ressemble à une patte de dinosaure, ou de lézard. En effet, Moorea signifie lézard (mo’o) jaune (rea). Une légende explique l’origine de ce nom:
Autrefois vivait un couple heureux sur l’île de Maiao, anciennement appelée Tupuai Manu. Un jour, la femme, Temaiatea, tomba enceinte et mit au monde un oeuf. Son mari le prit et le déposa dans une grotte. Une nuit, Temaiatea eut une vision dans son sommeil et elle vit qu’elle avait mis au monde un garçon à la peau jaunâtre. Elle se réveilla et raconta ce sonte à son époux. Quand le jour se leva, l’homme partit observer l’oeuf qu’il avait laissé dans la grotte. Il constata qu’il avait éclos: c’était un bébé lézard de la même teinte que dans le rêve de sa femme. Le couple l’appela alors Moorea et l’éleva jusqu’à ce qu’il soit grand.
Devenu immense, ses parents, eurent peur qu’il les dévore et ils décidèrent de l’abandonner et de quitter l’île avec une pirogue en voguant du côté du soleil levant. C’est ainsi qu’ils abordèrent Tahiti où ils trouvèrent refuge. Moorea attendait ses parents et ne cessait de penser à eux et de toute l’affection qu’ils lui avaient donnée. Cependant, ne les voyant plus revenir, il se dit alors qu’ils l’avaient abandonné.
De désespoir il se jeta alors à la mer et nagea vers le levant. Ne voyant plus la terre, Moorea mena un combat contre trois courants: Teara-Veri dont la course était semblable à celle du scolopendre, Tefara, courant aussi épineux qu’un Pandanus, et Tepua, dont l’écume était pareille à la mousse de savon. Epuisé par sa lutte contre ces trois phénomènes naturels, c’est dans ce troisième courant que Moorea trouva la mort.
Son corps dériva et alla s’échouer sur les rivages d’Aimeho (ancien nom de l’île de Moorea). A l’aube, deux pêcheurs trouvèrent le corps sans vie de cet énorme chose gisant sur le sable. Ils coururent avertir les gens de l’île de leur trouvaille en criant: « Un lézard jaune! Un lézard jaune! »
Depuis ce jour on nomme Aimeho de son nouvau nom, Moorea, c’est à dire l’île du lézard jaune.

Nous débarquons pleins d’entrain pour découvrir cette île et nous faisons un arrêt au premier point de vue depuis le débarquadère. Nous ne sommes pas déçus! 😎 🌴

Après nous en être mis plein les yeux, nous nous rendons à notre hôtel. C’est une pension avec cinq chambres et de grandes pièces communes. Nous sommes la seule famille avec quatres adultes un peu plus âgés que nous. Nous sommes tout de suite bien accueillis 😄. Comme nous cuisinons tous sur place (les restaurants sont vraiment chers en Polynésie et encore plus hors de Tahiti), nous avons vite fait de faire connaissance! Sur la terrasse, une longue table nous permet de tous manger nos plats à la même table.
L’ambiance sera vraiment sympathique durant nos trois jours ici et nous permettra de nombreux échanges avec les différents hôtes et les propriétaires.


Au réveil, nous partons rapidement en voiture afin de nous rendre au lieu de départ d’une petite randonnée vers la cascade d’Afereaitu. Le chemin serpente au travers d’une forêt tropicale parfois dense et après une bonne heure de marche, nous arrivons au but. Quelle déception! Seul un mince filet d’eau coule le long de la falaise et il n’est pas possible de nous baigner dans le bassin en bas de la cascade 😕. Nous sourions toutefois à l’exclamation d’Estelle : « C’est là que les monstres font pipi »! 😂

Nous y restons quelques minutes et, par chance, nous apercevons une anguille aux yeux bleus. Ces anguilles sont sacrées dans la culture polynésienne.

Nous redescendons d’un bon pas et nous partons en direction de notre premier lieu de baignade de l’île, la plage de Temae. Cette plage est publique mais elle risque malheureusement d’être vendue et transformée en resort de luxe 😔.

En nous baignant, nous découvrons un magnifique lieu de snorkeling, où de nombreux poissons vivent autour de patates de coraux. Nous restons bien longtemps à admirer le ballet sous-marin avant de ressortir nous sécher. Ce sera notre meilleure site d’observation de la faune aquatique de toute l’île!

Nous nous dirigeons ensuite vers la plage Ta’ahiamanu, pour nous baigner à nouveau. Nous y rencontrons une famille française de la métropole qui a décidé de venir vivre sur Moorea. Les enfants s’entendent bien et nous profitons de discuter un peu avec les parents, qui nous expliquent leur vie sur l’île et les endroits sympathiques à visiter. Sur Moorea, la vie des insulaires est assez simple : école jusque vers 14h puis plage. Il y a peu ou pas d’activités extrascolaires après l’école donc tout le monde va à la plage avec au programme baignade, surf ou volleyball. Les enfants sont d’ailleurs initiés dès leur plus jeune âge à ces sports ! Les jours de pluie, il n’y a pas grand chose à faire, pas de cinéma, pas de ludothèque ni bibliothèque, etc.

Sur le retour, nous assistons à un coucher du soleil flamboyant. C’est donc avec ces belles couleurs en tête que nous cuisinons, mangeons et allons nous coucher.


Après la journée nature d’hier, nous sommes prêts à découvrir d’autres aspects de l’île et notamment ses fruits et leur transformation.
Pour commencer, nous nous rendons à l’usine de jus de fruits de ROTUI, dont les fruits proviennent de Moorea et des île voisines: ananas (Queen Tahiti), pamplemousse, papaye, goyave, nono, corossol, etc. Cette usine produit donc une boisson locale. C’est d’ailleurs le jus que nous buvons au petit-déjeuner, puisque nous essayons de consommer le plus local possible.

Nous débutons avec la visite de l’usine, qui malheureusement est à l’arrêt car ce n’est pas la saison des ananas, leur principal ingrédient. Nous pouvons toutefois nous imaginer le processus grâce à des panneaux explicatifs.
En saison, ils reçoivent les ananas des agriculteurs en début de semaine. Ces fruits sont plongés dans une piscine de rinçage pour enlever la poussière et la terre. Ils sont ensuite lavés sous un jet à haute pression. La troisième étape consiste à couper les extrémité des ananas afin que les machines ne se bloquent pas (ces déchets sont revalorisés en engrais). Pour finir, les fruits sont pressés afin d’en récupérer le précieux nectar.
C’est à peu près le même processus pour les autres fruits: laver, parer et presser.

Durant la visite, nous découvrons également l’histoire de cette usine, créée en 1981. Il faut savoir que l’usine produit également du rhum, ainsi que des vins d’ananas: un brut d’ananas, un vin blanc sec et un vin blanc moelleux.
Nous terminons la visite par le traditionnel magasin de souvenir, mais surtout par la dégustation de plusieurs jus et d’un vin 🧃🍷.

Nous remontons en voiture pour emprunter «la route des ananas», une petite route qui traverse l’île en suivant la vallée d’Opunohu. Le centre de l’île de Moorea est situé dans la caldeira d’effondrement du sommet du volcan qui a fait naître l’île et c’est grâce à ce phénomène géologique ayant eu lieu il y a des milliers d’années, que la terre y est si fertile et propice à l’agriculture.
La route que nous empruntons longe des champs d’ananas. Comme nous sommes hors saison, les champs ne sont pas impressionnants, mais nous voyons quand même le fameux fruit lors de quelques arrêts. En route, nous croisons également des ouvriers agricoles en plein travail. Ils portent des gants et des pantalons longs, car les feuilles d’ananas (c’est aussi le nom de la plante) sont très piquantes !

Chemin faisant, nous débouchons sur la route qui mène au belvédère, avec une vue sur le nord de l’île. Arrivés à destination, nous pouvons admirer une jolie vue sur ses deux baies.

Après avoir profité de la vue, nous entamons la plus petite randonnée du lieu… il fait trop chaud pour s’attaquer à une autre! 🥵

Une jolie décoration de fleurs fraîches se trouve au sommet!

A la fin de cette balade d’à peine 45 minutes, nous dégustons une noix de coco, préparée en direct par un local. Nous lui posons quelques questions, et nous apprenons qu’il va chercher ses noix de coco directement chez les gens qui veulent sécuriser leur propriété, craignant qu’une noix leur tombe sur le crâne. La commune le mandate également pour sécuriser les plages publiques. Il est ainsi payé deux fois, lorsqu’il les cueille et lorsqu’il les vend. 😄

Voici les différentes étapes de la préparation d’une noix de coco:

Il enlève l’écorce de la noix de coco grâce à un pieu / Il ôte tous les fils et il coupe un des sommets pour accéder au jus / Nous buvons le jus / Il coupe la noix en deux et il découpe la chaire / Nous pouvons maintenant nous délecter de la pulpe de coco fraîche.

Il est maintenant l’heure de répondre à l’appel de nos estomacs, et, pour la première fois en Polynésie, nous allons au restaurant. Nous suivons les conseils de la famille française rencontrée hier et nous nous rendons au Tropical garden, qui surplombe la baie. Bon, n’imaginez pas un restaurant suisse ! C’est une paillote avec terrasse, mais qui ne se prive pas de faire des prix suisses 🤪 ! La Polynésie est décidément très chère !

En profitant de la vue sur l’océan, nous dégustons de plats typiques, avec du thon frais (cru), des frites de patates douces et des frites d’uru. L’uru est le fruit que nos voisins avaient partagé avec nous sur Tahiti. Ces frites ne sont pas vraiment à notre goût, un peu trop sèches… Nous resterons sur les patates douces pour la prochaine fois ! 😂

Avant de partir, nous allons nous promener dans leur petit jardin «botanique» où nous découvrons une plantation de vanille, des grenadilles (arbre à fruits de la passion) et plusieurs jolis buissons de fleurs. Nous avons la chance de trouver quatre fruits de la passion tombés à terre et nous les ramassons pour pouvoir les déguster demain au petit déjeuner . C’est délicieux avec des bananes !

Après cette pause, nous partons découvrir une autre plage, celle des Tipaniers. Celle-ci est attenante à un hôtel, mais elle est accessible au public. Nous ne sommes pas enthousiasmés par cette plage, car elle est petite et il n’y a que peu de poissons. Il est toutefois possible de rejoindre en kayak un lieu pour observer des raies pastenagues et des requins pointes noires. Comme nous allons visiter ce spot samedi, nous ne restons pas longtemps. D’autant plus qu’Estelle se fait mordre par un poisson Picasso, un très joli poisson, mais réputé comme féroce défenseur de ses petits ! La morsure n’est pas grande, mais on voit bien les traces des dents 😬.

Le poisson Picasso, c’est lui!

Nous rentrons bien fatigués de notre journée et nous nous endormons après un repas vite avalé.


Pour ce troisième jour sur l’île, nous partons visiter l’association Te Mana O Te Moana, qui gère un centre de soins aux tortues marines. Ce centre se trouve dans un complexe hôtelier, mais comme l’hôtel a fait faillite, le lieu est très vide.
Les visites n’ont lieu que deux fois par semaine et sur inscription. Les vacances scolaires ayant commencé en Polynésie, nous avons eu la chance de bénéficier des dernières places libres sur un jour supplémentaire ajouté pour les vacanciers. Nous sommes une quinzaine, dont une autre famille «tourdumondiste» avec deux filles du même âge que les nôtres ou presque.

Nous effectuons la visite avec une collaboratrice qui nous donne beaucoup d’informations sur les tortues marines des îles polynésiennes, et notamment l’impact des activités humaines sur ces dernières. Grâce à nos vacances régulières en Grèce, les filles en connaissent déjà un rayon sur les tortues marines et il leur est plusieurs fois facile de répondre aux questions de notre guide 😉.

Il existe 250 espèces de tortues, en comptant les trois catégories : terrestre, de rivière et marine. Par contre, seules sept de ces espèces sont des tortues marines. En Polynésie, nous pouvons en trouver cinq de celles-ci : la tortue verte (Chelonia mydas), la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata), la tortue caouanne (Caretta caretta, celles de Grèce), la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) et la tortue luth (Dermochelys coriacea). 
La tortue verte tient son nom de sa chair. En effet, sa carapace est brune, mais sa viande est verte. Elle a longtemps été considérée comme sacrée et elle n’était offerte qu’aux dieux. Un jour, un roi polynésien a voulu montrer qu’il était l’égal des dieux et il a mangé ce met sacré. Comme rien ne lui est arrivé, les Polynésiens ont commencé à en manger également. Aujourd’hui, la pêche est interdite, mais certains locaux continuent de pêcher les tortues et de les manger. Auparavant, les anciens ne pêchaient que les tortues adultes ayant déjà pondu (donc de plus d’une vingtaine d’années), mais maintenant ce savoir a été perdu et les pêcheurs chassent des petites tortues, qui n’ont donc pas encore pondu et qui n’offrent que très peu de chair à manger.

Après toutes ces explications, nous allons découvrir les tortues du centre. Ces dernières sont toutes handicapées ou blessées. Le centre tente de les soigner et, lorsqu’elles sont assez en forme pour se débrouiller, il les relâche.
Dans le bassin que nous pouvons observer se trouvent quatre tortues. L’une d’entre elles est aveugle et elle ne pourra jamais être relâchée car elle ne pourrait pas se nourrir par elle-même dans la nature. Les trois autres ont été harponnées (par des pêcheurs pour les manger) mais elles ont réussi à s’échapper. Toutefois, ce genre de blessure crée une poche de gaz qui les empêche de flotter correctement et de plonger sous l’eau, les empêchant ainsi de se nourir et d’échapper aux prédateurs.. Il n’est pas possible de les opérer, alors ils attendent que le gaz s’échappe et que la plaie se résorbe. Si ce n’est pas le cas, elles ne pourront jamais être relâchées, car elles ont besoin de plonger pour se nourrir. Les soigneurs les nourrissent à la main car cela leur permet de sauvegarder de l’énergie pour guérir. Les tortues portent un T-shirt pour se protéger du soleil. En effet, leur carapace est composée de kératine et, ne pouvant pas plonger sous l’eau, leur carapace est constamment exposée au soleil et elle risquerait de brûler !

Dans le deuxième bassin, nous pouvons observer une tortue qui est en processus de réadaptation et de déshabituation à la présence humaine : elle doit apprendre à chasser par elle-même et ne plus avoir de contact avec les soigneurs. Cette tortue a été harponnée, mais malgré le gaz restant sous sa carapace, elle commence à réussir à plonger sous l’eau. Elle nage de travers, mais comme elle est très débrouille, ils ont décidé de la relâcher. Elle sera délivrée à plus de 2000 milles nautiques du centre, afin qu’elle ne revienne pas.

Nous nous dirigeons maintenant vers la nurserie, le moment tant attendu par les enfants… et les adultes !

Ils ont trois semaines 😍

Les bébés sont de couleur noire et blanche. Comme pour les manchots vus en Patagonie, ils sont noirs dessus et blanc dessous afin d’échapper plus facilement aux prédateurs (Ushuaïa). Nous pouvons voir que les bébés tortues ont l’air de flotter d’avantage au niveau du postérieur et que leurs nageoires arrières sont étonnamment grandes. C’est en fait pour leur apprendre à plonger ! Ils sont ainsi dans la «bonne» position et leurs nageoires arrières leur permettent de mieux plonger. Au début, les bébés sont à la surface de l’eau pour manger (les déchets plastiques sont donc encore plus dangereux pour eux) et en grandissant ils vont maîtriser la plongée et leurs nageoires deviendront de tailles similaires.
Les bébés du centre viennent de nids surveillés par celui-ci. Une fois atteint la vingtaine, les tortues adultes viennent pondre sur la plage où elles sont nées. A la saison de ponte, les tortues femelles et les tortues mâles se retrouvent au large pour s’accoupler. Apparemment, ce n’est pas le meilleur moment pour les femelles car plusieurs mâles essayent de la féconder en même temps, ils la mordent, etc. Mais la femelle y tire un avantage car elle a la capacité de garder les différents spermes pour pouvoir féconder différentes pontes. Ainsi, la tortue va utiliser un peu du sperme pour féconder une première ponte, puis elle retourne en mer pour féconder (toute seule avec sa réserve) une deuxième ponte, et cela jusqu’à trois fois par saison.
Une fois arrivée sur la plage, la tortue avance péniblement sur le sable (la carapace est vraiment très lourde, nous avons essayé d’en porter une et c’est difficile). Une fois arrivée à bonne distance de la mer (une vingtaine de mètres), elle va creuser un trou. Ce trou forme un tube étroit d’environ 80 cm où elle va pondre ses oeufs. Au moment de la ponte, les oeufs sont mous pour éviter qu’ils ne se brisent après cette chute de près d’un mètre ! A chaque ponte, une femelle pond une centaine d’oeufs. Ce nombre est important car seule une tortue sur 1000 oeufs pondus survivra jusqu’à vingt ans pour revenir pondre à son tour.
Lorsque les bébés éclosent, les plus vaillants arrivent à sortir et rejoindre la mer. Il faut savoir qu’atteindre la mer est déjà un exploit : certains oeufs ne se sont pas développés, d’autres sont écrasés par les plus vaillants durant la remontée, les oiseaux et certains mammifères attendent avec impatience leur sortie pour les manger et enfin le ressac est pour certain un obstacle infranchissable. Environ trois jours après les premières sorties, les soigneurs ouvrent le nid pour voir si des bébés s’y trouvent encore. Ces bébés n’ayant pas réussi à sortir d’eux-mêmes sont soit malades, soit plus fragiles ou plus faibles. Les soigneurs emportent les bébés au centre et ils les gardent pendant une dizaine de mois afin de voir comment ils se développent. Après 10 mois, s’il s’avère qu »ils sont malades ou handicapés, le centre ne va pas les relâcher. En effet, même s’ils savent se nourrir seuls, ils risquent de se reproduire et de transmettre leur «tare» à leurs descendants.

Gabrielle est fan des tortues marines de Koroni (Grèce) et elle se rend régulièrement sur la plage tôt le matin lors de nos séjours là-bas, afin de suivre l’équipe de l’association qui s’occupe de la sauvegarde des tortues marines en Grèce. Elle peut assister au monitoring des nids et parfois à leur ouverture.
Cet engouement pour ces tortues explique les longues explications ci-dessus ! 😉

Pour conclure la visite, nous retournons au centre d’accueil où nous étions en début de visite. Notre guide est très pédagogue et elle prend les enfants à part un moment pour les faire «travailler» et leur donner une brochure. Cette «maîtresse» leur plaît bien !
Nous apprenons que si nous trouvons une tortue blessée, il est important d’appeler tout de suite l’association ou la police. En attendant, il ne faut absolument pas la mettre dans l’eau car elle respire de l’air. C’est le premier réflexe des gens, mais elle risque en fait de se noyer si nous la mettons dans un bac d’eau ou dans le bateau avec un fond d’eau ! Si la tortue est au soleil, c’est une bonne idée de lui mettre un T-shirt mouillé sur la carapace.
Nous avons, tout le groupe, répondu faux 🤪 !

En sortant, nous espérons que cette sensibilisation fera de nos filles des protectrices de ces magnifiques tortues et également de l’environnement.

Après cette visite matinale, nous rentrons manger et faire nos sacs. En effet, nous changeons d’hébergement ce soir. Nous avions réservé trois nuits au nord de l’île et quatre nuits au sud pour changer un peu. Une fois la voiture chargée, nous retournons à la plage de Ta’ahiamanu (où nous avions rencontré la famille française) puis nous partons découvrir notre deuxième lieu de villégiature.
Cette fois-ci, c’est un autre style et un autre prix 😉 ! Nous avons un bungalow rien que pour nous, dans un très grand jardin. Nous n’avons jamais eu autant de m2 pour nous !


Le lendemain est un jour spécial : nous sortons en mer à la découverte d’autres espèces marines dont des raies, des requins et, nous l’espérons, des dauphins !
Nous avons choisi l’entreprise avec soin afin qu’elle réponde à des critères écologiques et respectueux des animaux.

Nous avons rendez-vous à la plage des Tipaniers à 8h00 et le lever est donc matinal ! En arrivant à la plage, nous faisons la connaissance de notre guide du jour, Laurent, et de notre capitaine. Nous avons choisi une sortie privée, nous ne serons donc que les 6 à bord. C’est un petit bateau, nous n’aurions de toute façon pas pu être plus que ça… Notre sortie sera filmée et nous aurons droit à un montage après celle-ci. Ce montageVous le trouverez à la fin de cette partie de l’article.

Une fois prêts, nous partons sur un premier site de snorkeling. C’est celui que nous avons mentionné plus haut. Ce spot est connu car des raies pastenagues et des requins pointes noires y viennent depuis plus de 20 ans. En effet, les agences ont pris l’habitude de nourrir les animaux à cet endroit et ces derniers restent donc toujours par là.

Nous ne sommes pas enchantés de la raison pour laquelle les animaux se trouvent là, mais notre guide nous assure que le feeding n’aurait que peu d’impact sur ces raies… Nous ne sommes pas convaincus, mais bon.
Voici d’ailleurs la réponse du responsable, à qui j’ai écrit un email exprimant mon étonnement de voir leur employé mettre un bout de poisson dans sa manche pour attirer les raies près de lui…

Concernant le feeding des raies : c’est en effet une croyance populaire de penser que le feeding des raies et requins n’est pas respectueux de l’environnement. Pourtant tous les spécialistes des requins vous diront le contraire… que le feeding n’a non seulement pas de conséquence néfaste prouvée lorsqu’il est fait de manière responsable mais qu’il est au contraire bénéfique en termes de sensibilisation et d’économie (valoriser des animaux vivants plutot que morts péchés comme c’est le cas pour les requins partout dans le monde…)
Je pense d’ailleurs ètre bien placé moi méme pour en parler puisque j’ai fait partie de la seule thèse et étude scientifique menée à ce jour dans le monde sur cette espèce de raie et qui portait notamment sur… l’impact du feeding ! Cette étude montrait en effet les dérives possibles d’un feeding pratiqué à outrance mais montrait également l’absence totale d’impact sur la santé et le comportement des raies quand le feeding était raisonné. Soyez surs que nos guides sont tous des passionnés de vie marine qui ont totalement à coeur le bien être des animaux et n’utilisent qu’un ou deux poissons par tour.

C’est la première fois que nous pouvons approcher les raies et nous sommes impressionnés ! Elles sont grandes ! Ce sont les seuls animaux que nous pourrons toucher durant notre sortie, car, vu le spot, elles y sont habituées. Il est toutefois nécessaire de les toucher tout doucement afin de ne pas leur enlever la fine couche de protection qu’elles ont sur elles. Elles sont douces et la peau est dure, c’est une drôle de sensation.
Sur ce site, nous voyons également des requins pointes noires, mais ils restent à l’écart, en attendant que des morceaux de poisson dérivent vers eux.

Les raies mangent des poissons et des crustacés qui se trouvent dans le sable. Elles possèdent des dents plates qui leur permettent d’écraser les carapaces. Pour respirer, elles aspirent l’eau par les deux orifices juste à côté des yeux, puis elles filtrent l’oxygène qui se trouve dans l’eau. Enfin, elles font ressortir l’eau par les ouies que nous pouvons voir en dessous des raies.
Les raies sont des poissons, mais elles sont ovovivipares : elles pondent des oeufs, mais elles les gardent dans leur ventre !

Les requins respirent également sous l’eau. Mais chez eux, l’eau rentre par la bouche lorsqu’ils nagent et elle sort par leurs ouïes qui se trouvent des deux côtés de la tête. Les requins ne peuvent jamais rester immobiles, car ils doivent être en mouvement pour que l’eau entre dans la bouche. Les requins à pointe blanche sont les seuls requins à pouvoir «dormir» immobilisés car ils dorment en laissant leur geule ouverte dans un courant ! C’est d’ailleurs ceux-là que nous avions vus «dormir» aux Galapagos (Los Galápagos).

Après avoir bien observé ces animaux, nous remontons sur le bateau pour nous rendre à un site où nous devrions pouvoir voir des tortues. Ces dernières viennent là pour se reposer. Comme ce site se trouve dans le chenal de navigation, le bateau nous suit de près afin de signaler aux autres bateaux que nous sommes là 😜. Les tortues sont à environ huit mètres de profondeur et nous ne les voyons que de loin. Laurent est très fort en apnée, et il descend les filmer de plus près.

Une fois à nouveau hors de l’eau, nous partons tout au sud de l’île afin de trouver le groupe de dauphins qui se trouve souvent par là… mais rien n’est garanti ! Ce sont des animaux sauvages, ils vont où bon leur semble !
Au premier arrêt… Rien ! Au deuxième… Toujours rien ! Matthieu nous dit alors que nous allons voir au troisième et dernier spot, mais qu’il faut croiser les doigts.

Nous sortons de la barrière de corail, et là c’est la haute mer ! C’est en sautant de vagues en vagues que nous nous rendons au troisième lieu d’observation. Sur le chemin, nous voyons des poissons volants ! Jusqu’à maintenant, nous pensions que les poissons volants sautaient juste très loin… Mais pas du tout, ils volent vraiment sur plusieurs dizaines de mètres 🤩 !

Après une quinzaine de minutes, nous retournons de l’autre côté du récif corallien et nous retrouvons une mer plus calme. Une fois arrivés sur le site prévu… Les dauphins sont là ! 🥳
C’est un groupe d’environ 80-100 individus ! Nous n’en voyons qu’une vingtaine à la fois, ceux à la surface, car les autres sont sous l’eau pendant ce temps. Cet endroit est leur lieu de repos, de socialisation et d’accouplement. Ils sont ici durant la matinée et, en fin de journée, ils partent chasser en haute mer. Ces mammifères vivent en groupe pour chasser et pour socialiser. Nous ne nous approchons pas trop et le capitaine éteint le moteur. Au bout de quelques minutes, certains dauphins approchent et au bout d’une dizaine de minutes ils ne font plus attention à nous et ils mènent leur vie autour du bateau et plus loin. C’est magique !

Nous restons trois bons quart d’heures à les observer nager et sauter. Après ce moment inoubliable, nous nous rapprochons d’un récif qui borde une très grande faille pour plonger une dernière fois. Les filles sont fatiguées et elles décident de rester sur le bateau. C’est donc seuls avec Mathieu que nous effectuons cette dernière observation en snorkeling. La falaise de corail est impressionnante et nous longeons la faille… ça fait bizarre d’avoir autant de vide sous soi ! Ce récif n’est pas très riche en faune aquatique, mais juste de pouvoir nager au dessus d’une telle profondeur valait le coup de sauter à l’eau.
Nous avons espéré voir un dauphin curieux venir vers nous, mais l’espèce que nous avons vue, les dauphins à longs becs, est timide et ses membres n’approchent que très rarement des humains dans l’eau.

C’est maintenant l’heure du retour et après une petite heure de bateau, nous touchons terre. C’est l’heure de dire au revoir à Laurent et au capitaine.

Voici la vidéo de cette extraordinaire sortie, faite par l’agence (ils ont un peu abusé sur les ralentis 🤪) :

Durant le sortie, Laurent nous demande comment il est possible de différencier la famille des dauphins de celle des baleines… C’est Marine qui trouve la bonne réponse ! 🏆 A vous de jouer maintenant, quelle est la bonne réponse? Nous vous laissons réfléchir le temps qu’il vous plaira, et vous pourrez ensuite visualiser la réponse :

Le programme de l’après-midi est plutôt tranquille: nous rentrons à notre bungalow pour manger, nous reposer et faire un peu d’école. Les propriétaires ont plusieurs chiens, des chats et… Des chiots ! Les filles tombent sous le charme et elles passent plusieurs heures avec eux. Philippe tombe également sous leur charme… lui qui n’est censé ne pas aimer les animaux domestiques 😉.

En début de soirée, nous partons pour déguster un buffet végétarien composé uniquement de produits locaux. Cette soirée est organisée par la pension où nous étions les trois premiers jours. C’est chouette de retrouver un lieu familier et quelques personnes que nous avions rencontrées et qui sont encore là.
La maison se remplit vite et nous serons près d’une cinquantaine pour cette dégustation. La propriétaire du lieu et une amie ont tout cuisiné et ce buffet annonce le lancement de leur projet de plats à l’emporter qui commence dès la semaine prochaine.

En attendant que tout le monde arrive et que tout soit prêt, une Polynésienne, qui s’occupe également du ménage de la maison, propose un atelier tressage de feuilles de palmier afin de faire une couronne.
Nous y participons les quatre avec plaisir et avec plus ou moins d’habilité ! Nous, et le reste du groupe, ne sommes pas les meilleurs élèves qu’elle ait eu et nous éclatons souvent de rire devant nos maladresses 🙃 !

Après près d’une heure de concentration intense, nous obtenons tous un poisson et une couronne ! Nous pouvons donc passer à l’étape la plus facile : la décoration de la couronne avec le poisson et des fleurs. C’est avec fierté que nous portons tous notre réalisation durant la soirée 😂.

Après cette journée bien remplie, nous rentrons fourbus à notre bungalow… les filles s’endorment même à l’arrière, fait rarissime pour Marine !

Pour l’anecdote, nous avions regretté de devoir quitter la pension après trois nuits, mais heureusement que nous n’étions pas là ce samedi soir… nous n’aurions pas pu dormir avant longtemps 😜 !


Après la journée d’hier, c’est un programme light qui nous attend : repos au bungalow et une sortie plage.

Nous sommes allés à la plage de Hauru (sans Marine qui est restée au bungalow), mais nous n’avons aucune photo car elle ne cassait vraiment pas des briques ! A peine 1 mètre de large sur 15 mètres de long ! Avec aucun fond marin intéressant et des bateaux qui venaient régulièrement déverser des flots de vacanciers (polynésiens) qui revenaient du motu d’en face (un motu est un îlot détaché de l’île principale) avec la musique à fond.
Bref, nous n’y sommes pas restés longtemps 😝 !
Voici tout de même une photo prise du net :


C’est notre dernier jour entier sur Moorea, et nous partons visiter la côte sud et est de l’île en voiture. Nous découvrons une particularité polynésienne qui nous fait bien sourire. Regardez attentivement la photo ci-dessous pour découvrir quelle est cette pratique rigolote. Attention, la réponse se trouve en légende de la photo!

Les poteaux à antennes sont souvent camouflés en palmier 😃.

Le tour de l’île est vite fait et nous nous dirigeons vers la plage de Temae pour y pique-niquer. C’est la première plage que nous avons découverte et celle que nous préférons sur l’île ! Nous espérons vraiment que la population locale va réussir à faire plier les promoteurs immobiliers !

Si vous regardez attentivement la première photo du diaporama, vous y verrez un cours de natation! Il y a pire comme décor, non? Philippe était un peu jaloux… 😝

Sur le chemin du retour, nous passons dans un magasin de perles pour saluer les propriétaires de la part de la famille de Pauline, la belle soeur de Gabrielle. En effet, Pauline et sa famille ont habité plusieurs années ici ! Les perles et bijoux y sont magnifiques, mais hors budget pour des tourdumondistes 😫. Nous nous contentons donc d’admirer ces belles pièces et la vendeuse nous explique avec une grande gentillesse le processus de culture des huître perlières pour leur faire créer des perles (explications à suivre dans un article à venir).

Pour clore la journée, nous retournons à la plage de Ta’ahiamanu, où nous finalisons une chasse au trésor créée par les filles pour la famille Calvayrac, qui viendra sur cette même île dans trois semaines. Il nous faut trouver une cachette durable et suffisamment discrète pour que le trésor ne disparaisse pas entre-temps.

Trois semaines plus tard, les Calvayrac trouveront le trésor, qui entre-temps avait été encore mieux caché, car la cavité avait été remplie de sable.


Ce matin, c’est retour sur Tahiti pour enchaîner avec un vol vers notre prochaine île. Nous devons d’ailleurs rejoindre les Calvayrac à l’aéroport pour passer ensemble les 10 prochains jours 😎.

Nous quittons le bungalow un peu plus tard que plannifié, car les derniers au-revoirs aux chiots ont été plus longs que prévu…

Nous ne sommes toutefois pas stressés car nous avons prévu large… Jusqu’à ce que l’on se rende compte que le ferry est plus tôt que nous le croyions !! Le stress monte et Gabrielle appuye sur le champignon, autant que la route le lui permet (c’est une petite route qui longe la côte). Après quelques kilomètres, nous réalisons que nous allons arriver juste juste, voir 2-3 minutes trop tard ! Le stress est à son comble et Philippe arrive à joindre le port pour demander à ce que le bateau nous attende, car sinon on va louper notre vol à Tahiti, le prochain bateau étant seulement en milieu d’après-midi. La personne au téléphone est d’abord sceptique car «le bateau ne peut pas attendre». Philippe use de tout son pouvoir de persuasion pour la convaincre que nous arriverons pile poil à l’heure et qu’il s’agit juste de ne pas fermer la calle trop tôt. Elle cède et va demander à l’équipage du bateau d’attendre le dernier moment pour relever la rampe d’accès. Comme elle a raccroché, nous ne savons pas s’ils ont été d’accord ou pas 😱 !
Gabrielle use de toute sa concentration pour dépasser les quelques voitures sur la route, tout en gardant une vitesse sécure… Nous arrivons au port deux minutes avant le départ du bateau, ouf 😅 ! Nous sommes accueillis avec de grands sourires par la personne du téléphone et les matelots. Apparemment toute l’équipe a entendu parler de nous 🤦🏼‍♀️🤦🏼‍♂️ !
Nous montons rapidement dans la calle, où seules cinq voitures peuvent se mettre (c’est un plus petit bateau que celui de l’après-midi) et le bateau part quelques petites minutes après notre embarquement.

Ouf, on a eu chaud 😳 !

C’est sur ce trop plein d’émotions que nous vous disons à bientôt pour la suite de nos aventures sur notre troisième île polynésienne.
Gabrielle et Philippe

5 commentaires sur « Moorea »

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