Puerto Madryn

18.01 au 22.01.2022

2. L’Amérique du Sud – Argentine

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

Pour arriver à Puerto Madryn, nous avons décidé de prendre l’avion, mais l’aberration des compagnies aériennes fait que nous devons passer par Buenos Aires avant de redescendre sur Trelew, à une heure de Puerto Madryn. Le voyage est donc long… Nous sommes partis d’Ushaïa à 20h45 et nous arrivons à passé minuit à Buenos Aires. Comme notre prochain avion est à 6h10, nous devons passer le reste de la nuit à l’aéroport. Le terminal où nous sommes est tout petit et il n’y a donc aucune infrastructure. Nous n’avons pas du tout dormi dans l’avion car il y avait des petites télés individuelles (pour l’immense joie des filles 😜), sauf Gabrielle, qui a tenté de se reposer une petite heure. Il faut dire qu’après avoir passé plusieurs nuits dans des bus, les sièges d’avion sont beaucoup moins agréables!! Ils ne s’inclinent presque pas et ils sont beaucoup plus étroits 😬 .
Après recherche d’un endroit un peu au calme, nous trouvons un petit kiosque publicitaire, fermé vu l’heure, et nous nous installons à côté. Le sol est très froid et la nuit passe lentement… Les filles s’endorment deux-trois heures sur Philippe, qui tente lui aussi de dormir un peu. Au bout de 1h30, Gabrielle se lève pour aller à une table du café (encore fermé) pour avancer le blog car il lui est impossible de s’endormir sur ce sol glacé.

Le vol étant retardé d’une heure, nous arrivons à 8h30 à Trelew.

Nous partons directement en direction d’un café ouvert pour prendre le petit déjeuner. Apparemment, un seul serait ouvert et servirait quelque chose qui correspond à un vrai petit-déjeuner et nous nous y rendons rapidement.

Après quelques croissants et tartines et une ou deux parties de jass, nous profitons d’avoir atterri à Trelew pour visiter son musée paléontologique, qui est plutôt bien noté. Il est à la fois un musée et un centre de recherche scientifique où nous pouvons admirer des fossiles de la faune et de la flore de Patagonie. Ces fossibles datent d’il y a plusieurs millions d’années.

Le point phare du musée est le Patagotitan Mayorum, le fossile du plus grand dinosaure jamais trouvé sur terre (bon, il paraît qu’il y en aurait un autre qui a été trouvé entre temps, mais ça ils ne le disent pas 😉). C’était un herbivore de la famille des sauropodes, ceux qui ont un très long cou, et il mesurait environ 40m (voir la photo avec le nom de la ville un peu plus haut pour savoir à quoi il ressemblait). Le paragraphe en espagnol indique 42m, mais seulement 38,9m dans la partie traduite en anglais… Les anglais doivent être plus modestes 😂 . A l’entrée du musée, une salle de cinéma nous permet de visionner un film décrivant la découverte du fossile et son analyse scientifique qui a duré 2 ans. C’est très intéressant!
Une extension du musée est en train d’être construite pour pouvoir abriter le fossile reconstitué. Il avait été reconstruit temporairement dans une halle prêtée par la ville, mais ils ont dû le déplacer quelques temps après.

Cet os n’est que le fémur droit de ce gigantesque dinosaure

C’est le seul os que nous pouvons toucher, il a environ 110 millions d’années

Marine me prend mon natel pour jouer à la guide, voici ce que cela a donné:

Après cette rapide visite (le musée est petit), nous partons en bus pour une heure de trajet jusqu’à Puerto Madryn, ville balnéaire de la côte est. On se réjouit de rejoindre notre hôtel et découvrir la plage.
Nous avons une agréable surprise en découvrant l’auberge car elle est tenue par un jeune couple qui s’y investit beaucoup. Ils habitent d’ailleurs sur place, dans une partie privatisée. Le petit déjeuner est vraiment bon et avec des produits frais. La jeune femme me dit « j’ai beaucoup voyagé et j’ai voulu faire en sorte d’offrir un petit-déjeuner comme ce que j’aimais trouver en voyageant ».
Après nous être installés dans notre chambre, nous partons découvrir la plage et la ville. La plage est jolie et nous nous réjouissons d’y passer la journée après-demain, jour où nous n’avons rien organisé. Par contre, toute la ville est « morte », c’est dimanche et l’heure de la sieste! Nous trouvons le seul café ouvert et nous y mangeons notre dîner/goûter. Comme toujours, nous jouons aux cartes en attendant nos plats.


Le lendemain, nous partons visiter la réserve naturelle de Punta Tombo avec Lionel, un Français qui habite en Argentine depuis plusieurs années. Cette réserve abrite une gigantesque population de manchots de Magellan. Elle se trouve à 2h30 au sud de Puerto Madryn. En chemin, nous parlons de la météo et notamment du vent fort et presque constant depuis que nous sommes arrivés. Sa réponse: « la Patagonie sans le vent, ce n’est pas la Patagonie ». Il nous dit qu’il fait grand beau 300 jours par an à Puerto Madryn, on espère que cela nous portera chance car il faisait 30° la semaine passée, et là il fait juste 20°… 🤞🏻

Arrivés au centre d’accueil, nous allons visiter une petite exposition sur l’histoire du peuple indigène, les Tehuelche, qui peuple la Patagonie. L’exposition commence à l’arrivée des Européens au XVIe siècle. Durant les siècles suivants, les contacts se limitent aux peuples habitant la côte. Ces derniers découvrent et adoptent le cheval, ce qui change profondément leur mode de vie car ils leur permettent de s’éloigner de la côte et de ses précieuses ressouces. Les premiers colons arrivent dans la région dès 1869 et ils établissent entre eux des relations commerciales et pacifiques. Toutefois, cette bonne entente cesse à la fin du XIXe siècle lorsque la couronne espagnole dérobe les terres ancestrales et les ressources des indigènes. Ces événements forcent les Tehuelche à migrer, provoquant beaucoup de morts, de séparations des groupes familiaux et une déstructuration de leur culture.
Comme dans beaucoup de régions du monde, l’Argentine a gentiment commencé à reconnaître les droits des peuples autochtones, qui constituent, aujourd’hui, une part importante de la population de la Patagonie. Depuis quelques années, des demandes sont faites pour une reconnaissance de leurs droits, de leur histoire et de leur culture.

La vie marine de la région est également présentée dans cette exposition et nous profitons donc de cette visite pour faire un peu de biologie et de géographie.

Après cette visite, nous partons découvrir la fameuse colonie de manchots de Magellan. Ils sont plus d’un million à venir se reproduire, se reposer et se nourrir dans la région. Ce lieu leur permet également de se protéger de leurs prédateurs. Sur terre, ces derniers sont les oiseaux, les renards, les tatous, etc. dont ils sont protégés grâce aux buissons très épineux qui poussent sur cette zone. Dans l’eau, le danger vient surtout des orques, des lions de mer, des éléphants de mer et des pétrels géants (grands oiseaux de mer).
Les manchots de Magellan sont petits et ils ne mesurent que 60 à 75 cm de haut. Les mâles et les femelles ne se distinguent que par la forme de leur tête, les femelles ont la tête plus ronde que les mâles. Pour se nourrir, ils sont capable de chercher leur nourriture dans un rayon de 600 km. Ces manchots ne connaissent jamais la glace car quand le froid arrive, ils partent au Brésil, plus au nord.

Comme mentionné précédemment, cette réserve est un lieu de reproduction pour les manchots qui sont des animaux monogames. En septembre, le mâle arrive pour nettoyer le nid (le couple garde toujours le même) ou il en prépare un nouveau si le leur a été « volé ». Les nids se trouvent sous les arbres épineux ou dans un tunnel sous la terre, et parfois très loin de l’eau. Lorsque les femelles arrivent vers octobre, le mâle appelle sa « femme » et cette dernière le rejoint car elle reconnaît son cri. Les « époux » se connaissant déjà, la parade amoureuse est très courte.
Pendant 40 jours, le mâle et la femelle vont se relayer pour couver les 1 à 3 oeufs afin de les maintenir au sec et au chaud. Les deux parents possèdent une poche ventrale qui leur permet de couver les oeufs sans les écraser. L’un part chasser pendant environ une semaine puis c’est à l’autre de partir se nourrir.
Lorsque les poussins éclosent, ils sont nus et se recouvrent petit à petit d’un duvet gris. Vers le mois de février, les poussins muent pour obtenir leur plumage d’adulte. Ce plumage ressemble énormément à du cuir, mais ce sont en fait dix petites plumes par cm2 que le manchot va constamment lisser grâce à une huile sécrétée vers sa queue puis étalée sur tout le corps avec son bec et ses joues. Tous les manchots font cette « toilette » très régulièrement dans la journée. La mue terminée, les parents quittent la colonie et les petits manchots deviennent autonomes. Les parents ne leur apprennent pas à pêcher car cela est instinctif.

Quelques guanacos et nandous (autruche d’Amérique du Sud) ont également établi domicile dans cette réserve.

Les manchots, bien que conscients de la présence humaine, ne sont pas vraiment dérangés par celle-ci. Il est par contre interdit de trop s’approcher ou de les suivre lorsqu’ils viennent sur le chemin piéton. Pour éviter les accidents et préjudices aux animaux, le parc a installé des passerelles qui permettent aux visiteurs de circuler sans risquer de provoquer l’effondrement des tunnels et aux manchots de passer à leur guise sans être génés par notre présence. Lionel nous indique toutefois qu’au fil des années, les nids se sont déplacés plus loin du passage dédié aux humains… Nous avons donc tout de même un impact sur eux 😔.

Voici un petit montage des vidéos que nous avons prises:

Comme vous pouvez l’entendre, c’est très venteux… 😅

Il est maintenant l’heure de partir pour retourner à Puerto Madryn. Plus on s’approche de la ville, plus le temps se couvre… Et la pluie ne tarde pas! Nous avons eu de la chance d’avoir du soleil sur la réserve car il a plu toute la journée à Puerto Madryn! Nous espérons que ce n’est que passager…. Nous avons une journée plage prévue demain!


Le lendemain au réveil, il pleut à torrent! Quelle déception! Nous faisons un peu d’école en espérant que la pluie cesse et que le soleil réapparaisse… en vain 😬 ! Nous tentons une sortie mais la pluie et le vent nous dissuadent d’aller bien loin. Nous allons donc jusqu’au même café qu’avant-hier, le plus proche de notre hôtel.
Notre journée de détente à la plage tombe donc à l’eau… C’est le cas de le dire! 😞
La malchance nous suit car nous apprenons dans l’après-midi que notre sortie de demain sur la péninsule Valdes est annulée. En effet, la pluie de ces dernières 48h a rendu le lieu trop boueux et, les routes d’accès étant en terre, les gardes-parcs ont fermé le parc national! Malgré le soleil annoncé, la péninsule ne rouvrira pas avant un ou deux jours, le temps que l’eau disparaisse des chemins… Nous avions prévu une sortie à la journée sur cette péninsule afin de découvrir cette réserve qui abrite des éléphants de mer, des lions de mer et où l’on peut même parfois apercevoir des orques. Qu’allons-nous donc faire demain? Nous nous décidons pour tenter une sortie en bateau afin d’aller voir des dauphins… Mais toutes les agences nous informent que le vent prévu demain empêchera les bateaux de sortir du port… Bref, nous risquons de devoir à nouveau rester à l’hôtel, d’autant plus si la pluie continue!

C’est donc fort déçus que nous allons nous coucher, en espérant que la situation s’améliore demain.


Le lendemain, Gabrielle se lève tôt pour aller faire le tour des agences, au cas où l’une d’elles aurait changé d’avis… Malheureusement, elles restent sur leur position de la veille, malgré le fait que la garde du port indique que celui-ci est ouvert et que les bateaux pourraient sortir. Sur le retour, Gabrielle s’arrête dans une agence de voyage afin de se renseigner sur les prix pour des billets d’avion Buenos Aires – USA. Nous aimerions les payer en liquide, histoire de profiter encore du taux de change favorable avec Western Union. Pendant qu’elle attend, un jeune couple entre et pose la même question que Gabrielle depuis une heure « allez-vous sortir en mer pour voir les dauphins aujourd’hui » et, oh surprise, l’employée répond que oui!! Gabrielle s’empresse de lui demander s’il reste quatre places pour nous et, après appel à la compagnie de navigation, oui! Gabrielle appelle donc le reste de la famille pour qu’ils se préparent rapidement car nous devons tous être au port 45′ plus tard et c’est à une bonne vingtaine de minutes de notre hôtel. Elle rejoint donc l’hôtel au pas de course et nous repartons tous cinq minutes plus tard.
Nous arrivons à l’heure pile au port, mais le bateau ne partira finalement que 30 minutes plus tard 🤦🏼‍♀️ .

C’est avec enthousiasme que nous partons pour deux heures en mer… Mais c’est un nouveau coup dans l’eau, aucun dauphin ne montrera le bout de son bec! Une nouvelle grosse déception 😕 .
Nous verrons quelques lions de mer, mais bon, ça ne compense pas!

Nous essayons de nous consoler en nous disant que nous en verrons peut-être durant notre sortie de demain matin à côté de Trelew (sortie que nous avions reservée déjà avant car la sortie de ce jour n’était pas prévue).


C’est aux aurores que nous quittons l’hôtel pour un trajet aux multiples étapes: bus jusqu’à Trelew, un autre bus pour Rawson, un taxi jusqu’à Puerto Rawson, sortie en bateau de 2 heures, taxi pour l’aéroport et vol pour Iguazu en début d’après-midi. Un timing bien serré qui, nous l’espérons, nous permettra de voir des dauphins bien particuliers. Cette fois-ci, ce ne seront pas les dauphins gris que nous avons loupé hier, mais des dauphins toninas, connus également sous le nom de dauphin de Comerson, du nom du scientifique qui a été le premier à les étudier au XVIIIe siècle. Ils sont noirs et blancs (un peu comme des mini-orques) et ils ne mesurent qu’entre 120 et 145 cm.

Il nous faut être au port à 9h30, et le trajet va durer deux heures et demi, alors le temps nous est compté! Les bus s’enchaînent sans problème, mais arrivés à la deuxième gare routière… aucun taxi en vue! Il est trop tôt et il n’y a personne aux alentours… Heureusement, une dame qui était dans le bus avec nous connait le numéro des taxis et elle nous en commande un!
Nous arrivons juste à l’heure au port, mais ce n’est pas le stress car les gens sont encore en train d’arriver et de s’équiper 😅 . Nous convenons avec le chauffeur qu’il revienne nous chercher à la fin de la sortie car nous devrons partir rapidement pour l’aéroport, notre avion étant programmé à 13h20.
Nous laissons nos sacs à dos au bureau de la compagnie et nous enfilons nos gilets de sauvetage. Nous sommes prêts à partir et découvrir ces minis dauphins!! Ils ne vivraient qu’en Patagonie et ils sont présents dans la baie tout au long de l’année. Comme ils sont très curieux et joueurs, il devrait être facile de les voir 🤞🏻.

Nous sommes une vingtaine de personnes à monter dans le bateau. En sortant du port, nous pouvons observer… des lions de mer, encore 😝 !

Après une petite demi-heure de navigation, le capitaine voit les premiers dauphins au loin… et voilà, notre premier dauphin toninas ! Il sera suivi de beaucoup d’autres 😁🐬.

Ils sont vraiment incroyables car ils viennent très vite près du bateau pour jouer dans les vagues, passer sous le bateau, se placer juste devant la proue et semblent vouloir faire la course. Comme un deuxième bateau nous a rejoint, nous pouvons facilement admirer les dauphins qui se trouvent près de leur coque et vice-versa.
C’est un spectacle qui va durer plus d’une heure et notre enthousiasme ne faiblit pas! Les dauphins ne s’éloignent jamais des bateaux et heureusement le capitaine n’a pas besoin de les suivre, ce qui est contraire à toutes les règles d’observation d’animaux sauvages : nous les laissons venir, mais nous ne devons jamais les pourchasser.

Voici une vidéo des points forts de cette sortie:

Il est l’heure de quitter ces incroyables dauphins et de rentrer au port. Nous y arrivons rapidement et quelques minutes plus tard, notre taxi arrive. Nous partons directement vers l’aéroport de Trelew, sans prendre de bus, car cela aurait pris trop de temps.

Pour la petite histoire, vous aurez peut-être remarqué que les noms de villes dans cette région de l’Argentine ne sonnent pas très hispaniques! Puerto Madryn, Trelew, Puerto Rawson, etc. En effet, il s’agit d’un territoire qui a vu l’arrivée de nombreux colons originaires du Pays de Galles, d’où ces noms étranges et qui se prononcent bizarrement en espagnol! 😝

Après cette matinée bien remplie, nous montons dans l’avion pour Iguazu, lieu d’immenses chutes d’eau qui se trouvent entre le Brésil, le Paraguay et l’Argentine.

Nous avons à nouveau une escale à Buenos Aires, mais cette fois c’est logique vu que c’est «sur le chemin». Nous passons les deux heures d’escale en jouant et lisant.

Nous arrivons en fin de journée à Puerto Iguazu, en même temps que le coucher du soleil.

Affaire à suivre!
Gabrielle et Philippe

2 commentaires sur « Puerto Madryn »

  1. Merci à Marine pour ses commentaires sur la musée des dinosaures. On se rend bien compte que beaucoup sont les ancêtres des oiseaux! et le grand est vraiment énorme!
    Incroyable ces mignons manchots et les dauphins! qui ont recompensé le temps pluvieux et plus frais qu’espèrait.
    Je vous embrasse tous Nanni

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