El Calafate

10.01 au 14.01.2022

2. L’Amérique du Sud – Argentine

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

Cette fois-ci, c’est un tout petit trajet de bus (à peine trois heures… facile! 😜) qui nous emmène jusqu’à El Calafate, un peu plus au sud encore. Arrivés en ville, nous avons le plaisir de découvrir que notre hostal est très agréable et a été rénové il y a peu. Si la chambre est, comme souvent, petite, les pièces communes (salle à manger, cuisine et salon) sont très jolies et agréables. Cela nous permettra d’y prendre le petit-déjeuner chaque matin et d’y souper aussi à l’occasion.

Comme mentionné précédemment, c’est ici, à El Calafate, que nous retrouvons les Calvayrac. Leur hôtel étant très proche, nous nous rejoignons le jour même avec plaisir pour une petite sortie en bord de lac. La vue est belle et les enfants peuvent se défouler sur les places de jeux.

Nous enchaînons avec un bon petit burger dans un des nombreux restaurants de la ville et partons rejoindre nos logements respectifs avant la grande excursion prévue le lendemain.

Jeux de cartes avec la nièce du propriétaire / Le cochon domestiqué appartient à la maman de la fille.


Voici venu le grand jour! En effet, c’est aujourd’hui que nous partons visiter la star de la région, le glacier Perito Moreno. S’il est aussi célèbre c’est pour deux raisons: il est facile d’accès et de temps en temps, une partie du glacier se brise de manière très spectaculaire. Il fait partie des trois glaciers argentins qui avancent constamment (environ 2m par jour) ce qui fait qu’il rejoint la terre ferme au bout de quelques temps. Toutefois, cette liaison crée un barrage sur le lac Argentino et le niveau du lac supérieur monte gentiment. La pression sur le barrage augmente graduellement et à un certain moment, la pression du courant est assez forte pour commencer à entamer le barrage. Petit à petit ce dernier se creuse et un tunnel est formé. A partir de ce point, la dégradation est inéluctable et inarrêtable. L’eau coule alors à flots car le niveau du lac inférieur est beaucoup plus bas. Ce torrent creuse de plus en plus rapidement le barrage pour former un pont de glace entre le glacier et la terre ferme. A partir de ce moment-là, ce n’est qu’une question d’heures pour que le poids de la glace ne devienne trop important et que le pont se brise dans un vacarme assourdissant. C’est un événement imprévisible qui arrive à intervales très irréguliers, il faut donc avoir beaucoup de chance d’être dans les environs quand ce processus commence. Ce qui n’est pas notre cas, nous n’aurons ainsi pas l’honneur d’assister à cet incroyable événement en direct.
Une fois le pont brisé, le glacier se remet directement à avancer pour reformer un barrage, et cela sans fin. Malgré la taille du glacier et sa force, il n’arrive jamais à séparer le lac Argentino de manière définitive!

Une vidéo qui nous montre la fin de la rupture du pont de glace. Le son ne rend pas honneur au grondement fracassant que cela a dû engendrer car lors des petites ruptures auxquelles nous avons assisté, le bruit était très fort!

Après 45 minutes de trajet, nous apercevons le lac supérieur et le Perito Moreno au loin. Nous effectuons donc nos premières photos (aui seront suivies de dizaines d’autres! 😜 ) de ce géant de glace et de ses icebergs (dont seulement environ 10% émergent de l’eau, les 90% restant se trouvant sous l’eau).

Nous souhaitons prendre notre temps pour effectuer les parcours longeant le glacier à des hauteurs différentes et ensuite prendre un bateau pour observer le glacier de plus près et au niveau de l’eau. Notre chauffeur nous conseille de faire cette sortie du côté droit du glacier car le contraste avec le vert de la montagne et le glacier et la couleur de l’eau translucide y est plus beau. Les bateaux ne peuvent pas passer d’un côté à l’autre car le passage à l’emplacement du pont éphémère est très peu profond et étroit.
Malheureusement, en arrivant au port, le seul bateau où il reste de la place est à 15h et cela ne nous laissera pas le temps de vraiment profiter de notre promenade le long de ce géant de glace. Nous renonçons donc à cette croisière. Par contre, nous constatons que notre chauffeur avait raison, la vue sur la glacier est bien plus belle à droite qu’à gauche!

Nous commençons donc par emprunter le sentier inférieur, fait de jolies passerelles, qui nous emmène en bas du glacier. Ce dernier mesure 70m de haut et la vue de cette masse de glace est impressionnante!

Nous remontons ensuite pour découvrir le glacier depuis le haut. Il est difficile de trier toutes ces magnifiques photos, alors à vous de les faire défiler! 😉
Nous aurions pu passer des heures à admirer les diverses formes du glacier et ses couleurs. Les enfants nous ont quand même fait comprendre que deux heures et demi de contemplation leur étaient suffisantes! 😂 Tout au long de ces heures d’admiration béate et de déambulation le long des passerelles, nous sommes aussi à l’affut des bruits du glacier. Chacun de ses craquements (souvent impressionnants par leur puissance) peut annoncer un effondrement d’une partie du glacier dans l’eau du lac.

Nous avons pu assister à plusieurs effondrements de petites parties du glacier, certains plus impressionnants que d’autres. Voici une petite vidéo:

Nous effectuons le trajet du retour encore envoûtés par cette merveille de la nature.

Le soir, nous mangeons un dernier repas avec les Calvayrac avant un au-revoir qui devrait être le dernier car nous ne devrions pas nous recroiser avant nos retours respectifs en Europe.


Le jour suivant, nous profitons d’une journée tranquille au village pour effectuer des démarches afin d’acheter nos futurs billets d’avion pour la suite de notre périple en Argentine. Malheureusement, cela s’avérera beaucoup plus compliqué que prévu… Tout d’abord, panne d’électricité générale dans la ville! L’agence de la compagnie aérienne est toutefois ouverte et l’employée peut au moins nous parler. Mais, oh stupeur, l’entreprise a changé son réglement au 1er janvier, et il n’est plus possible d’acheter des billets en liquide! Nous avions pourtant pu payer en cash un billet d’avion à Bariloche et nous étions déjà en 2022! Mais rien n’y fait, l’employée ne change pas d’avis et elle n’a aucune solution à nous proposer. Cela ne nous arrange pas du tout car nous ne pouvons pas profiter du change blue dollars de Western Union si nous payons par carte… Cela va donc nous coûter le double! Nous essayons par de nombreux autres moyens de pouvoir payer en cash, mais nous n’arrivons pas à trouver de solution. Nous en arrivons même à envisager de demander à l’employé de l’hôtel s’il accepterait de payer avec sa carte de crédit et que nous le rembourserions en cash! Nous trouvons finalement une solution avec la mère d’une amie argentine de Genève, qui accepte très généreusement d’acheter les billets pour nous avec sa carte de crédit et d’attendre notre venue à Buenos Aires pour la rembourser en liquide. 24h de grand stress qui, grâce à elle, se terminent de manière positive, ouf! 😅
Notre deuxième mission du jour est de trouver un lieu pour payer en cash des ahrres à l’hôtel que nous avons réservé pour dans une semaine, à Puerto Madryn. Après plusieurs échanges avec les propriétaires, ils souhaitent que nous payions sur le compte en banque de l’hôtel au plus tard aujourd’hui. Il nous faut donc trouver un lieu pour pouvoir faire ce versement en cash… Nous avions déjà essayé cela au nord du pays et il nous avait été impossible de le faire dans un bancomat. Oh joie, il n’y a pas de succursale de leur banque ici, car peut-être aurions-nous pu le faire au guichet. Nous essayons plusieurs bancomats qui accepent le cash, mais sans succès! Nous pensons enfin avoir trouvé la solution avec Western Union, mais cela ne fonctionne pas, il nous faut aller dans un PagoFacil. Mais, là-bas, cela ne fonctionne pas non plus! A bout d’idée, nous expliquons la situation aux propriétaires par wattsap et ils finissent par être convaincus de notre honnêteté et sont prêts à nous faire confiance. Ils acceptent donc de nous réserver la chambre sans pré-paiement. Nous espérons que ce sera vraiment bien le cas, car les hôtels libres et à prix abordables sont des denrées rare en cette période de vacances!

Finalement, pas si reposante cette journée! 🤪


Pour ce troisième jour à El Calafate, nous avons organisé une journée dans une estancia (un ranch) avec sortie à cheval. Depuis notre arrivée en Argentine, nous sommes agréablement surpris de constater l’espace dont profitent le bétail et les chevaux, car ils vivent en semi-liberté dans des plaines qui s’étendent à perte de vue.
A El Mitre, l’estancia où nous nous rendons, c’est la même chose. Ils ont une grande quantité de chevaux en liberté sur leur immense domaine. Ils les rassemblent de temps en temps pour les soigner, les compter, constater les naissances, etc. Les chevaux que nous monterons « travailleront » aujourd’hui, mais ils seront remis en liberté demain et d’autres chevaux seront appelés à les remplacer pour les balades.

A notre arrivée, les filles sont tout de suite attirées par les animaux du ranch et surtout… un bébé guanaco! Il est très mignon et les filles surmontent rapidement leur appréhension pour s’en approcher. Il a été récueilli alors qu’il était âgé de quelques jours car il s’était coincé sur une barrière, sans que sa mère soit restée à ses côtés. Il est donc habitué aux humains et il se laisse volontiers approcher. Après quelques minutes d’apprivoisement, les filles acceptent de lui donner le biberon. C’est un vrai glouton, et il le finit en deux minutes!

Le guanaco nous suit durant notre visite et il semble vouloir jouer avec nous. En voici une petite vidéo:

Après avoir découvert les alentours du ranch, c’est l’heure de partir pour notre balade à cheval. Cette fois-ci, les chevaux sont moins hauts et, forts de notre expérience en Bolivie, le démarrage se fait rapidement. Il nous faut juste apprendre à diriger le cheval « à la gaucho », les brides tenues à une seule main, l’autre sur la selle, dans la poche ou sur la hanche.
Le vent souffle fort et le ciel est nuageux, mais nous partons avec enthousiasme découvrir les plaines de Patagonie.


La sortie dure deux heures durant lesquelles nous pouvons admirer les paysages et notre accompagnant nous explique l’histoire du domaine et son travail. Cette promenade est vraiment agréable car les chevaux n’ont pas été drilés pour se suivre, et il nous est facile de les diriger où nous voulons et donc de monter côte à côte ou d’emprunter un chemin de travers… Bon, de toute façon, il n’y a pas de chemin donc chacun fait comme il veut. Cela contribue au sentiment de liberté que nous ressentons au milieu de cette plaine immense.

Nous retournons ensuite au ranch vers 14h pour déguster un repas concocté par nos hôtes du jour: steak de boeuf de la ferme pour les carnivores de la famille et très bonne courge butternut farcie aux légumes pour Marine et Gabrielle.

Après près de huit heures au ranch, il est l’heure de repartir au village. Le retour se fait avec le neveu et la nièce du propriétaire. Par hasard, la discussion passe au sport et nous découvrons avec une grande surprise que la jeune fille joue au hockey sur gazon. Evoluant à un bon niveau, elle est même venue jouer en Allemagne il y a quelques années. Après avoir bien échangé autour de la pratique du hockey, ils nous déposent au Glaciorum, musée du glacier, où nous en apprenons plus sur la formation des glaciers et sur le parc national Los Glaciares, dont le Perito Moreno fait partie.
Nous apprendrons, entre autres, que la magnifique couleur bleue des glaciers est dûe aux propriétés de la lumière (petit rappel de nos cours de physique du collège): le spectre lumineux est composé de toutes les couleurs, mais le jaune et le rouge possèdent moins d’énergie que le bleu. Ainsi, quand le rouge et le jaune « s’arrêtent » à une certaine profondeur dans la glace, le bleu continue et lui donne ces teintes magnifiques.

Pour terminer cette journée bien remplie, nous retrouvons deux familles françaises au restaurant, avec qui Philippe avait noué contact par le groupe des « Francais en Argentine » sur Facebook (bon on n’est pas français, mais les Suisses sont acceptés 😂). Ces familles font également un tour du monde et nous partageons nos aventures respectives autour d’un bon repas.

C’est donc après une journée bien remplie que nous retournons à l’hôtel pour y passer notre dernière nuit à El Calafate avant notre vol vers Ushuaïa.

A tout bientôt, encore plus au sud…Oui oui, c’est possible!
Gabrielle et Philippe

6 commentaires sur « El Calafate »

  1. Les photos du glacier vont faire de magnifiques posters! Et j’aime particulièrement la photo d’Estelle penchée sur son cheval aussi! Marine, est ce que le bébé Guanaco buvait le biberon aussi vite que les chèvres de Marcelle?

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  2. Quelles magnifiques photos…vous allez avoir de la peine à en choisir pour des posters…cf Anne 😉 ! La taille du glacier est vraiment impressionte et les chutes de glace aussi! Je vois que toute la famille se met bien à cheval!

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