Torotoro

25.11 au 29.11.2021

2. L’Amérique du Sud – Bolivie

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

Pour rejoindre Torotoro, nous devons passer par Cochabamba, 3e plus grande ville de Bolivie. En arrivant, nous marchons vers notre hostal qui se trouve proche du terminal des bus. Nous apprendrons plus tard que la zone est peu fréquentable car les trafiquants de drogues y ont fait leurs quartiers… Bref, on a eu de la chance !

L’attraction principale de la ville est une statue du Christ, la plus grande du continent, dépassant de 6m la célébre statue de Rio. Faute de temps, nous ne l’observerons que de loin.


Nous ne restons qu’une nuit à Cochabamba et prenons le lendemain un mini-van pour Torotoro. La route est sinueuse et la dernière partie se fait sur de la piste…nous sommes contents d’arriver au village en fin de journée! 😜

Le village se trouve en plein coeur du parc national de Torotoro. Nous y retrouvons à nouveau un peu plus de touristes qu’habituellement (bon, rien à voir avec avant la pandémie!) car ce parc est connu pour les très nombreuses traces de dinosaures visibles en plusieurs endroits et ses jolies excursions.
Nous nous renseignons sur les activités possibles pour le lendemain et c’est avec impatience que nous allons nous coucher.


Toutes les sorties se faisant avec un guide, nous partons à l’agence des guides…bien vide! Comme nous sommes quatre, nous constituons un groupe à nous tout seul et c’est donc à 5, avec Oscar, notre guide pour ces prochains jours, que nous partons pour une randonée de 8h pour découvrir des traces de dinosaures et la cascade « El Vergel ».

Nous commençons par aller observer des plaques avec de nombreuses traces de dinosaures. Ces empreintes se trouvant sur trois plaques géologiques succcessives, les auteurs de ces traces ont donc vécu à trois époques distinctes.

C’est impressionant!

Nous apprenons à différencier les traces de
– sauropodes (herbivores, dont par exemple le diplodocus)
– tétrapodes (carnivores, dont par exemple le T-Rex) et
– ornithopodes (herbivores à bec dur, dont par exemple l’iguanodon).
Et à déterminer le chemin emprunté par ceux-ci.

Les empreintes sont plus petites que la taille du pied de l’auteur car après le pas, la terre rétombait un peu en dedans.

Sur ces deux photos, l’empreinte ressort (trace négative). Cela peut arriver:
– soit parce que c’est l’envers de l’empreinte et donc que la pierre a été retournée. En l’occurence, en ce lieu, c’est lors de la construction de la route qu’une machine a retourné ce rocher, révélant l’empreinte.
– soit parce que la terre autour de la trace était plus friable et donc l’érosion s’y est fait plus rapidement. La trace est restée présente car la terre, ayant été tassée par le poids du dinosaure, s’est érodé beaucoup plus lentement.

Après cette plongée dans le passé, nous repartons pour continuer notre randonnée, direction le canyon! Nous sommes motivés malgré la chaleur car il y a une rivière au fond et des cascades où nous baigner!

La rivière est boueuse car il y a eu un orage la nuit précédente…allons-nous pouvoir nous rafraîchir? 😬

Le canyon est profond et la plateforme impressionnante !

Après une descente très raide (env. 300m en 1km) et 500m d’escalades de rochers dans la rivière, nous voici au lieu tant attendu: la cascade! L’eau qui tombe vient de la montagne et elle est donc claire 😃! Pour y arriver, nous devons traverser la rivière boueuse, mais vous pouvez voir que cela ne nous a pas dérangés!

Après cette pause rafraîchissante, c’est la remontée dont une bonne partie au soleil! Nous sommes vite réchauffés, mais c’est avec dynamisme que nous atteignons le sommet…on a même été un peu vite pour notre guide 🤪. Il n’avait pas d’eau du tout (un peu inconscient par ces températures dans une région désertique…) et refusait la nôtre « j’ai l’habitude ». Bon, arrivé en haut, à une petite buvette tenue par la communauté à qui appartient le terrain, il cède devant notre insistance…et boit son ½ litre de limonade d’un coup!
Les deux jours suivants, les filles nous feront vite remarquer qu’il a pris une bouteille (de coca) cette fois 😉.

Pour la fin de la boucle, nous passons par le lit de la rivière (eh oui, nous redescendons!!! 😬) pour découvrir des peintures rupestres datant d’entre 9’000 et 3’000 avant J.-C. Ces symboles n’ayant pas été étudiés (le gouvernement bolivien n’est décidément pas enclin à valoriser son patrimoine historique…), personne ne sait ce qu’elles représentent.

Les filles laissent également une trace de leur passage 😉


Le jour suivant, nous repartons avec Oscar pour une deuxième visite. Cette fois-ci, moins de marche, nous partons en 4×4 visiter la Ciudad de Itas. Il s’agit d’une succession de formations rocheuses et de grottes/cavernes tout à fait remarquables.

Tout au long de la route, nous pouvons admirer le travail de l’érosion sur les montagnes alentour.

Une fois arrivés à la première caverne, nous découvrons à nouveau quelques peintures rupestres qui nous prouvent l’utilisation de ces abris par des hommes, il y a quelques milliers d’années. La première population sédentaire serait celle des Tiwanakus, civilisation que nous avons pu découvrir depuis La Paz.

La suite de la randonnée nous fait découvrir de magnifiques espaces alternant entre formes géologiques qui nous font penser à des figures connues et cavernes aux dimensions impressionnantes.

A gauche: un iguane / A droite: une tortue marine.

A droite: à nouveau un petit air de passage Monnetier 😉.

Nous pouvons admirer ici une particularité luminescente: selon l’angle de vue de cet espace, des micro-algues se mettent à réfléchir la lumière et donnent cet aspect doré à la roche.

En haut à gauche: Oscar, notre guide nous explique que cet espace était le repère de voleurs de vaches de la région car il n’y avait qu’une seule entrée/sortie. Ils venaient y tuer les vaches volées et préparer leur viande afin de la revendre…aux ex-propriétaires! / En haut au centre: une vizcacha, mi-lapin, mi-écureuil.

La cathédrale et ses jeux de reflet.

Une fois cette ballade de 2h terminée, nous reprenons la jeep pour nous rendre sur un autre site où nous découvrons à nouveau de très nombreuses traces de dinosaures. Nous tentons à nouveau de décrypter à quel animal elles appartiennent, dans quelle direction il se dirigeait, etc.

Certaines empreintes ont été remplies de cailloux rouges (par des guides) pour mieux les voir et donc déterminer le chemin emprunté par le dinosaure.

C’est ainsi que se termine cette deuxième journée de découverte, mais une dernière aventure nous attend le soir de cette longue journée 🙃. En effet, alors que nous sortons souper, la pluie se met à tomber fort et ne s’arrête plus. En plus de transformer les ruelles du petit village en rivière, la tempête éclate et le tonnerre gronde. Après avoir attendu 1h après la fin de notre repas, nous nous décidons à braver la tempête malgré tout. Au moment de sortir du restaurant, un éclair monumental nous cueille sur le perron et provoque le retour illico presto de toute la famille à l’abri. Un peu choqués et peu rassurés, nous attendrons encore une bonne demi-heure à jouer au jass avant d’oser réintégrer nos pénates… 😅


En ce dernier jour à Torotoro, nous avons choisi de visiter le site du cimetière des tortues. Il s’agit d’une zone proche du village dans laquelle des archéologues ont mis à jour de nombreuses carapaces de tortues marines. Nous commençons par la visite d’un petit musée qui nous donne quelques compléments d’explication sur les traces de dinosaures, la zone où nous nous trouvons, ce qu’on va y admirer et le travail effectué par les chercheurs.

Nous sortons ensuite afin de découvrir les fossiles in situ. Pendant la petite heure de ballade, nous avons le plaisir d’admirer une multitude de carapaces, de toutes tailles, qui apparaissent de-ci de-là dans les collines. Ces carapaces fossilisées ont été reconstituées par des scientifiques: les morceaux ont été étudiés et resensés, puis « collés » ensemble pour reformer les carapaces. Ces dernières sont ensuite replacées où elles avaient été trouvées. Oscar nous explique qu’une toute partie du terrain a été étudiée, et que tous les endroits où il y a de la terre rouge il y a de nombreux fossiles. Les carapaces ont été retrouvées éparpillées car les pluies lavent régulièrement le sol. De nouvelles carapaces sont régulièrement mises à jour par la pluie, mais elles ne sont pas protégées et elles s’éparpillent donc rapidement. L’étude du terrain a été arrêtée car il n’y a plus de fond pour payer des équipes scientifiques étrangères. En effet, les jeunes gens de la région et du pays ne peuvent pas se payer les études nécessaires à la formation de paléontologue car elles sont trop chères, malgré leur motivation et la richesse archéologique du pays.

Petites carapaces et même un fossile de crocodile.

Et d’autres, bien plus imposantes!

C’est ainsi que se termine notre périple dans le parc national de Torotoro, que nous avons eu beaucoup de plaisir à découvrir. Tellement que nous avons même décidé de prolonger notre séjour une nuit de plus, ce qui n’était pas prévu à la base. Toutes ces traces de dinosaures nous ont rappelé celles d’Emosson, proches du chalet des parents de Philippe.


Nous reprenons la route en début d’après midi, afin de repasser par Cochabamba pour y prendre un bus de nuit vers la ville de Sucre, où nous avons décidé de nous établir pour une semaine environ.

A tout bientôt pour le prochain épisode!
Philippe et Gabrielle

3 commentaires sur « Torotoro »

  1. Mes collègues et moi on rit a chaque mention de dinosaures et mine de rien on rit on rit mais on se cultive (intérêts spécifiques 😊) merci pour les explications très claires des empreintes de dinosaures!

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