11.11 au 14.11.2021
2. L’Amérique du Sud – Pérou

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
Et voilà, après ces quelques jours de découverte de Cusco et de ses environs immédiats, c’est parti pour explorer la vallée sacrée, région à l’incroyable densité de sites incas qui s’offrent aux voyageurs.
Pisac
Pour débuter, nous nous dirigeons vers Pisac. Il s’agit d’un complexe architectural étendu qui nous permet de combiner visite culturelle et jolie randonnée. En effet, nous nous faisons déposer par un taxi au sommet du site puis nous parcourons la montagne en passant par les différentes ruines afin de rejoindre le village moderne de Pisac dans la vallée.
Nous commençons par la forteresse qui domine la vallée et qui permettait de voir au loin les allées et venues des peuples amis ou l’arrivée d’envahisseurs. Bien entendu, nous retrouvons aussi les fameuses terrasses incas (technique de culture inca afin de pouvoir profiter des pentes comme terrains agricoles) qui réussissent toujours à nous impressionner.




Une fois passé le complexe militaire, nous commençons la descente et celle-ci se révèle quelque peu accrobatique. Les escaliers sont pentus, le chemin parfois impressionnant car proche des falaises et nous devons nous faufiler dans un passage étroit creusé au milieu du rocher!


Un petit côté Passage Monnetier qui n’est pas pour nous déplaire! 😜
Nous arrivons finalement sains et saufs au niveau religieux du complexe, sans avoir rencontré de Savoyards ou la Mère Royaume (cf. Fête de l’Escalade pour les non-Genevois, allez voir sur Wikipédia… 🤪). A nouveau nous retrouvons de belles maçonneries et découvrons l’utilisation de l’eau pour les bains rituels sacrés.



Mais la marche n’est pas encore terminée! Il nous reste encore à passer par les greniers incas et c’est bien fatigués par toute cette descente que nous arrivons finalement au village moderne de Pisac. Nous le traversons avant de reprendre un bus afin de continuer notre visite de la vallée sacrée.

Les heureuses randonneuses, presque au bout de leur effort!
Ollantaytambo
Arrivés à Ollantaytambo, nous découvrons un village très agréable et joli. Nous ne regretterons pas d’y rester 3 nuits avant de nous rendre au Machu Picchu puis 1 nuit au retour.

Le lendemain, nous visitons le site archéologique d’Ollantaytambo qui se trouve à deux pas des limites de la ville. En quechua, « Tambo » signifie: lieu de repos, tandis que Ollantay serait le nom d’un soldat.
Avant que l’empire inca ne prenne de l’importance, le site était habité depuis longtemps, notamment par les Qilkis. Il reste des vestiges de cette époque car les bâtiments se trouvant tout en haut du site ont été construits par eux. Ils n’ont pas été détruits par les Incas car ils les ont utilisés pour y mettre une garnison de soldats.
Ollantaytambo est le lieu où le dernier empereur inca (Manco Inca) s’est réfugié à la chute de Cusco afin d’y organiser la résistance contre les conquistadors.
Après plusieurs visites sans guide, nous décidons de faire celle-ci accompagnés. Malheureusement, il n’y a pas de guide francophone et nous devons traduire pour les filles…elles sont moins attentives quand c’est nous qui parlons 🤪.
Le site fait 60m de haut et nous devons donc grimper une volée de marches (à 2’800m environ) tout en visitant. Il n’est pas considéré comme terminé car les conquistadors sont arrivés avant qu’il ne soit achevé.


Le site impressionne par ses terrasses en escalier. Elles étaient utilisées pour l’agriculture. On y a retrouvé des semences de plus de 60 sortes de pomme de terre et maïs.
En grimpant, nous pouvons observer le versant opposé. On peut y voir plusieurs profils, dont Wiracocha (dieu créateur, avec une couronne) et l’Inca (dont la narine indique l’endroit où le soleil apparait le 21.06). On y voit également de grands greniers qui abritaient les réserves de nourriture sur le long terme.
Le peuple inca (les Qechua) vivait en bas de la colline. L’actuel village est construit sur les ruines des maisons incas car les Espagnols en ont rasé la majorité. Il y avait environ 3’000 personnes qui y vivaient (en comparaison, environ 100’000 personnes habitaient Cusco).
Comme beaucoup de sites de la période inca, il a été construit en fonction du lever et du coucher du soleil. Il était très important de prendre en compte où le soleil apparaissait et ce qui était éclairé, en fonction des solstices.
Les pierres pour construire ce complexe venaient d’une montagne à 7km de là. Ainsi les blocs devaient être acheminés sur le haut du site par des rampes. Elles pesaient plusieurs tonnes et il fallait parfois 500 à 600 personnes pour les tirer. Les protubérances sur les pierres (visibles sur les photos du temple du soleil ci-dessous) permettaient de les déplacer (lever ou tirer). Normalement, ces protubérances sont rabotées lorsque la construction est terminée, mais comme le site n’a pas pu être achevé, on peut encore les voir. Pour lisser les pierres, ils utilisaient une petite pierre noire qui contient beaucoup de fer (les incas ne maitrisaient pas l’extraction du fer).
Après avoir monté tous les escaliers, nous découvrons ce monument qui possède 10 niches. Chacune d’entre elles contenait une statuette. Malheureusement, elles ont été détruites lorsque les Espagnols sont arrivés. Le 21 mars, ces niches étaient éclairées par le soleil levant.

Nous poursuivons notre visite par le célèbre temple du soleil qui est resté inachevé. Nous pouvons y voir les six pierres qui formaient le mur du fond. Ce temple étant dédié au dieu soleil (Inti), il a été construit selon les dates importantes du calendrier solaire :
Le 21 juin à 6:40, les premiers rayons sortent de la montagne en face. A 10:00 pile, les rayons éclairent le temple. Cette date coïncide avec le début de la nouvelle année pour les Incas car les jours recommençaient à s’allonger (21 décembre pour nous car nous sommes dans l’hémisphère nord). A cette date, ils organisaient une fête pour Inti et la Pachamama (terre).

Nous redescendons ensuite la colline pour arriver aux bains de l’Inca, de sa femme, de ses vierges et du peuple.

Fontaine de la Ñusta (femme de l’Inca).
Il était entouré de murs tout autour. On peut voir que la pierre est sculptée avec le haut de la Croix andine , symbole qui indique les 4 points cardinaux, les 4 saisons et pleins d’autres choses que nous n’avons pas pu retenir car elles étaient assez éloignées de la symbolique d’une croix 🤪


Temple de l’eau.
Il était pour les vierges de l’Inca. Le soleil touche le haut de la fontaine au 21 juin.
Moray et Salineras de Maras
Le jour suivant, nous partons faire une randonnée pour visiter deux sites de la région: Moray et Salineras de Maras.
Nous partons en bus puis en taxi pour Moray, à environ 1h d’Ollantaytambo. Ce site est très spécial car nous allons nous retrouver face à des terrasses en amphithéatre et en cercles concentriques. Les archéologues pensent qu’il s’agissait d’un centre d’étude et de recherche agricole. En effet, entre les terrasses inférieures et les terrasses supérieures, il y a une différence de température atteignant 5 degrés, permettant de simuler de nombreux micro-climats. Cela aurait permis aux Incas de tester l’acclimatation de différentes cultures à différentes régions de l’empire (comme la côte, le plateau andin et la forêt). Il leur aurait aussi été possible de définir le rendement attendu des cultures et d’ainsi mieux les faire correspondre aux besoins et attentes de l’empire.



Estelle déguste une spécialité locale, le choclo con queso 😋 !
Une fois le tour du site effectué, nous partons pour une jolie ballade à travers les champs afin de rejoindre le village de Maras. Après environ 1h30 de marche, nous arrivons au village et nous nous désaltérons avec un bon pichet de limonade fraîche. Nous ne sommes cependant pas encore arrivés au but et avons encore quelques kilomètres à faire. Le départ ce matin ayant été un peu trop tardif, nous commençons à craindre de ne pas avoir le temps de tout visiter et nous trichons donc en prenant un moto-taxi pour rejoindre les salines.
Arrivés là, nous ne pouvons que nous extasier devant le paysage que nous offrent ces milliers de bassins (3’600), nichés à une altitude de 3’300m.



Il est rare de voir un drapeau suisse, alors Gabrielle n’a pas résisté 😉. (Sauf les multiples enseignes de pharmacie ou lieux de santé qui utilisent le drapeau suisse…. 🙃 )
L’exploitation des salines de Maras remonterait à l’époque pré-inca et actuellement, ce sont environ 800 familles, organisées en coopérative, qui continuent d’exploiter le site. Chaque année, ce sont entre 160 et 200 tonnes de sel qui sortent du site (pour rappel, la consommation moyenne annuelle de sel en Suisse est de 3kg650 par personne).
Le sel récolté est apporté par une source proche qui donne naissance à un ruisseau saturé de chlorure de sodium. Un atout dans cette région fort éloignée de la mer. Sur les photos ci-dessous vous pouvez admirer les bassins et leurs couleurs marquantes, un homme qui est en train de récolter le sel d’un bassin (ils en font de petites pyramides) mais aussi l’eau du ruisseau qui est distribuée, un peu à la manière de nos bisses d’alpage, dans les différents bassins en fonction des besoins.





Avant de continuer notre route pour rejoindre le fond de la vallée et retourner à Ollantaytambo pour la nuit, nous craquons devant une plaque de chocolat au sel de Maras et à la quinoa… Sur le chemin du retour, nous admirons encore la beauté du site et les filles ramassent sur la route des blocs de sel qu’elles s’amusent ensuite à lécher. Bon, elles tombent parfois sur un vulgaire morceau de calcaire pas très goûtu, mais ça ne les empêche pas de recommencer 😝 !



Nous rentrons fourbus de cette randonnée, mais forts satisfaits de ces découvertes.
A bientôt pour un des points forts du Pérou, le Machu Picchu!
Philippe et Gabrielle


Hi Looks great. We are at an exhibition of Peruvian History in the British Museum. Excellent. We loved Ollantaytambo. Wonderful climbing. Huge steps. We hope you are all well. Love I’ve and Graham xx
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Comment un drapeau suisse a-t-il pu se retrouver là?🤔
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En fait, il y en avait une série de beaucoup beaucoup de pays, mais pour une fois la Suisse y était incluse. 🤪
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