Cusco

07.11 au 11.11.2021 et 17.11 au 20.11.2021

2. L’Amérique du Sud – Pérou

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

Nous voici dans la plus célèbre ville du Pérou: Cusco! C’est la porte d’entrée de la vallée sacrée des Incas et donc du Machu Picchu.

Nous avons adoré Cusco, c’est une ville paisible, une région remplie d’Histoire, avec un centre historique très beau, et, ce n’est pas des moindres, avec une gastronomie qui nous a conquis!

Avocado & more / Organica / Mexic-indien / crêpes!

Pour commencer notre découverte de cette ville, nous partons visiter la statue de Pachacutec, un peu excentrée.

Pachacutec (règne: 1438-1471) est considéré comme l’un des plus grands empereurs incas car c’est lui qui a commencé à étendre l’empire de manière très importante. Il nomma ensuite son fils, Tupac Yupanqui (règne: 1471-1493) comme successeur et ils continuèrent l’expansion du territoire ensemble. Après la mort de son père, Tupac Yupanqui continua cette tâche et enfin Huayna Capac (règne: 1493-1527), son fils, étendit le territoire jusqu’aux frontières maximales de l’empire avant l’arrivée des conquistadors. Celui-ci incluait une grande partie du Pérou, une partie sud de l’Equateur, une partie nord de la Bolivie, la moitié nord du Chili et la partie nord-ouest de l’Argentine. Le centre en était Cusco et c’est de là que Pachacutec étendit l’empire. Les civilisations présentes sur ces territoires furent assimilées à la civilisation Quechua.

Carte de l’empire inca avec les frontières des pays actuels.

A l’intérieur, plusieurs salles nous renseignent sur la vie de Pachacutec. Il est considéré comme l’îcone de l’identité péruvienne car c’est lui qui a révolutionné la civilisation inca (visionnaire, réformateur, développeur de la ville de Cusco, expenseur du territoire quechua, administrateur, etc.).

La construction de cette statue a une histoire particulière. En effet, par une nuit claire et sans nuage d’octobre 1992, au moment où les ouvriers étaient en train de placer le collier pectoral sur la sculpture, trois éclairs frappèrent la statue et seraient entrés dans celle-ci. Ces éclairs lui auraient donné trois qualités: l’amour, la sagesse et le travail, trois qualités présentes chez Pachacutec.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Ainsi, le 27 décembre, jour de l’inauguration de la statue, trois arcs-en-ciel superposés apparurent dans le ciel et trois aigles la survolèrent au même moment. Cela fut interprété comme la joie de Pachacutec et des dieux locaux envers cet hommage.

Après cette visite, nous retournons vers le centre historique. Nous entrons dans le couvent Santo Domingo construit sur les vestiges du principal temple inca dédié au dieu soleil (Inti). Ce temple s’appelait Qorikancha, ce qui veut dire « cour dorée » en quechua. On peut donc facilement imaginer les richesses ornant ce temple. Il est considéré comme étant très probablement le temple le plus important de l’empire inca.
En arrivant à Cusco, les Espagnols ont pillé et rasé ce temple. Les murs étaient couverts d’or et les conquistadors s’en emparèrent, le firent fondre et l’envoyèrent en Europe. Ils entreprirent ensuite de construire une église et un couvent dominicain sur les fondations du temple du soleil, restées intactes après la destruction.
Il est aujourd’hui possible d’observer ces fondations à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments dominicains. Certaines pièces sur les bords du couvent ont gardé les murs inca, et son architecture est donc un mélange colonial et inca.

Murailles incas mais murs coloniaux pour le couvent.

On peut voir que la cour intérieure du couvent date de l’époque coloniale, mais que certaines parties extérieures et certaines pièces d’origine ont été gardées en l’état.

A l’intérieur du petit musée du couvent, nous pouvons admirer combien les Incas étaient de bons astronomes.

La peinture du ciel nocturne a été faite en juillet-août, lorsque le ciel est le plus clair.

En Europe, nous avons l’habitude de regarder les parties blanches des galaxies, mais les Incas regardaient les parties noires. Ils voyaient la Voie Lactée comme une rivière céleste. On peut voir des silhouettes d’animaux qui venaient y boire de l’eau. De droite à gauche: le serpent (gardien du monde du dessous), un crapaud, une perdrix, un lama (animal sacré) avec son bébé à l’envers sous lui puis un renard et un berger.

On termine cette journée en se promenant simplement dans les ruelles de la ville. De nombreux bâtiments ont conservé comme base des restes des édifices incas (anciens temples, anciens palais de l’Inca ou maisons de nobles) et cela nous permet d’admirer l’expertise de ces bâtisseurs de génie. Leur technique de maçonnerie utilisée il y a plus de 600 ans n’utilise pas de ciment mais des tailles complexes pour faire en sorte que les pierres s’ajustent parfaitement les unes aux autres. Celles-ci sont ajustées au millimètres et il est impossible d’y glisser ne serait-ce qu’une feuille de papier (Marine et Estelle s’y essaieront sans succès…)!

Sur la photo de droite, on peut encore apercevoir des gravures de serpents sur les pierres.

Nous passons bien évidemment devant la célèbre pierre à douze angles. Si la renommée de bâtisseurs des Incas se révèlera à nous tout au long de notre découverte de Cusco et de la vallée sacrée, cette pierre en symbolise l’expertise. Même si elle ne détient pas le record d’angles (on en verra à 14 et même jusqu’à 32…!), elle est un point de passage obligé pour les visiteurs de l’ancienne capitale.

Marine et Estelle qui comptent les angles pour trouver la bonne pierre / La voici, à vous de compter!


Après une bonne nuit de sommeil, remplie d’images de palais incas et d’angles compliqués, nous décidons d’enchaîner avec quelques sites archéologiques proches de la ville. Pour cela nous prenons un mini-van qui nous emmène jusqu’au point le plus éloigné (une dizaine de kilomètres) puis nous descendons tranquillement à pied la route pour rejoindre les sites suivants.
La première étape de notre visite est Tambo Machay, lieu considéré comme une maison de repos pour l’Inca lorsqu’il allait chasser. Il en reste quelques jolies ruines et surtout 2 fontaines encore fonctionnelles.

Nous partons ensuite pour Puka Pukara, ruine d’une construction militaire qui faisait partie du système de défense de Cusco. Celle-ci se compose des restes de murs imposants, de ruelles, de terrasses et d’escaliers. Le site ne nous impressionne pas énormément si ce n’est la manière dont les architectes ont réussi à utiliser la forme naturelle des rochers pour y insérer les murs.

Le nom de Puka Pukara signifie en quechua « la forteresse rouge ». On comprend aisément pourquoi…

Malheureusement, c’est le moment que choisit la météo pour nous rattraper et une bonne pluie accompagnée de vent nous refroidit. On en profite pour passer au pique-nique, à l’abri. En repartant, la pluie ne faiblissant pas, nous sommes obligés d’arrêter un mini-van pour nous mener au prochain site, Qenko (qui signifie labyrinthe en langue quechua). La pluie se calmant, nous visitons le site mais sans beaucoup de plaisir car la partie la plus intéressante, ses galeries souterraines et ses petits canaux en zig-zag, n’est pas accessible en raison de la pandémie (un peu absurde, vu que nous étions seuls sur le site)…
On quitte donc rapidement cet ancien sanctuaire pour passer au plat principal de notre visite: la forteresse de Sacsayhuaman!

Sacsayhuaman a été construite par Pachacutec et cette forteresse protégeait la capitale en contrebas. On avait prévu de visiter ce site avec un guide, mais à notre arrivée, impossible d’en trouver un alors qu’habituellement il y en a toujours. On visite donc accompagné de Wikipédia et du Lonely Planet. 😉

Depuis le haut, nous pouvons voir que les remparts, longs de 600m, sont disposés en zigzag. Cette stratégie architecturale a pour effet que les attaquants sont vulnérables sur tous les flancs.
Les pierres utilisées sur le site sont énormes (certaines d’entre elles feraient jusqu’à 200 tonnes) mais néanmoins parfaitement assemblées les unes aux autres. Les remparts étaient à l’origine plus hauts mais les Espagnols se seraient servis des plus petites pierres pour construire leurs bâtiments à Cusco, laissant sur place celles qui étaient trop lourdes.

Cusco aurait été construite selon un schéma qui représenterait un puma (animal sacré chez les Incas), dont Sacsayhuaman serait la tête et les remparts les dents.


Le jour suivant, nous partons avec les Calvayrac (qui nous ont rejoint la veille) découvrir Palcoyo, une montagne arc-en-ciel. Celle-ci est moins connue que Vinicunca qui est plus difficile d’accès, à une altitude plus élevée et beaucoup plus fréquentée par les touristes.
Palcoyo est cependant quand même à 4’900m d’altitude, et la balade sera parfois un peu raide et donc essouflante.

Sur le route, nous passons par des paysages magnifiques, qui ne sont qu’un avant goût de ce qui nous attend.

Arrivés sur le site, nous sommes éblouis par les teintes de cette montagne. Les différents minéraux qui la composent lui donnent cet éventail de couleurs: jaune, rouge, brun, rose, vert et blanchâtre.

Il y a en fait trois montagnes arc-en-ciels sur le site, la plus impressionnante étant celle de la dernière photo du diaporama. Les couleurs changeaient pas mal en fonction de la présence du soleil ou pas.
Depuis le sommet, nous avons une vue dégagée sur les montagnes environnantes, mais malheureusement l’Ausangate (un des sommets les plus hauts du Pérou, 6’372m) reste partiellement caché par les nuages.
Pour le chemin du retour, nous passons par une forêt de pierres (bosque de piedras), très impressionnante par son aspect déchiqueté.

C’est des couleurs plein les yeux que nous retournons à Cusco en fin de journée.


Cusco est également une ville décorée de jolies fresques (mais pas toutes aussi bien entretenues comme en Equateur 😉 ). Voici celles que nous avons préférées.

Nous reviendrons à Cusco quelques jours plus tard, donc voici quelques dernières photos prises sur la place d’armes, qui s’est avérée être un sympathique terrain de jeux pour les enfants!

A tout bientôt pour vous conter notre expédition dans la vallée sacrée!
Philippe et Gabrielle

4 commentaires sur « Cusco »

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.