02.10.2021 – 08.10.2021
2. L’Amérique du Sud – Equateur

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

Après maintes tergiversations, nous décidons finalement d’aller sur les îles Galapagos. Malgré le coût, il nous semble dommage de venir jusqu’en Equateur sans en profiter, la probabilité d’y revenir une autre fois nous paraissant minime.
Au delà du surcoût évident dû au fait que ce soit une île (beaucoup de produits sont importés du continent), nous devons débourser plusieurs centaines de dollars, rien que pour poser un pied sur l’île, sans compter le prix des PCR et les billets d’avion.
Les Galapagos sont une aire protégée et elles sont considérées comme un parc national. Qui dit parc national, dit guide naturaliste… on se rend très vite compte que peu d’endroits ou activités sont accessibles sans eux.

Santa Cruz
Nous atterissons sur l’île de Santa Cruz, en fait l’aéroport est sur une autre petite île, Baltra, depuis laquelle il faut prendre un bus, un bateau, puis encore un bus pour rejoindre la « capitale », Puerto Ayora. Nous y restons 2 nuits, ce qui nous laisse le temps de découvrir les environs.

Pélican
Dès le premier après-midi, nous partons visiter la station scientifique Charles Darwin. Cet endroit est dédié à la préservation de la faune et de la flore des îles (sur terre et en mer). Pour pouvoir protéger les espèces indigènes et uniques des Galapagos, ce centre fait des recherches pour trouver des solutions afin d’éliminer les espèces invasives, introduites par les premiers arrivants (des pirates) et les suivants. La chèvre fait partie des ces animaux qui mettent en péril les tortures géantes terrestres. En effet, elles mangent la même herbe que ces dernières et comme elles se reproduisent plus vite, elles les surpassent en nombre et menacent ainsi leur survie.
Le centre est également un lieu d’éducation pour sensibiliser les visiteurs et habitants de l’île à la protection nécessaire de cette richesse naturelle et un lieu de reproduction afin de maximiser le nombre d’oeufs qui éclosent. Ces tortues sont ensuite relâchées dans la nature.
Les tortues adultes présentes au centre ont été préalablement domestiquées par des habitants et ne peuvent plus survivre seules dans la nature.
La faune et la flore des Galapagos sont uniques car elles se sont développées sans l’intervention de l’homme jusqu’en 1535. Auparavant, l’île a dû être visitée par des êtres humains car on y a retrouvé quelques fragments de poterie pré-colombienne, mais personne ne semble y avoir habité de manière permanente.
De 1535 au XIXe siècle, ces îles ne furent utilisées que par des pirates pour des escales car elles servaient de lieu de ravitaillement en eau et en viande. Elles furent plus tard utilisées par les baleiniers qui chassèrent de manière intensive les tortues géantes. C’est ainsi que ces dernières arrivèrent tout proche de l’extinction. Plusieurs espèces ont d’ailleurs disparu (voir George le Solitaire, ci-dessous).
C’est à partir du début des années 1800 que ces îles attirèrent l’attention des scientifiques, dont Charles Darwin. C’est en étudiant la faune et la flore de celles-ci que ce dernier a développé sa théorie de l’évolution. Il ne l’a publiée que bien plus tard car, en fervant chrétien, cette découverte provoquait en lui un grand dilemme.







Les spécimens du Centre Darwin montrent bien la différence entre les différentes espèces de tortues géantes
(formes de la carapace, couleurs, etc.)


Cette tortue s’appelle George le Solitaire et il fût le dernier spéciment de son espèce. Il a été empaillé pour sensibiliser les visiteurs à la fragilité de ces animaux.
La technique utilisée pour l’empailler est gardée secrète afin que cela ne donne pas d’idée à des chasseurs avides de trophées.
Le soir, nous découvrons certains animaux marins dans le port:



Si vous souhaitez découvrir la pêche du héron, cliquez sur ce lien:
Le lendemain, nous prenons le petit déjeuner en sympathique compagnie, puis nous partons à la découverte de Tortuga Bay, une longue plage de sable blanc de près d’un km. Pas de baignade cependant car la mer est très agitée (interdiction de se baigner sur une bonne partie de la plage en raison des courants violents).





Il faut marcher 45′ pour atteindre cette plage, lieu de ponte des tortues marines.

Cette plage est également le lieu de repos de nombreux iguanes marins. La température et le temps n’étant pas des plus attirants, nous ne trempons que nos jambes…







Les filles sont en mode journalistes pour leur première vidéo du voyage (à paraître prochainement sur le blog)
Au moment de repartir, une des guardiennes de la plage nous indique qu’il y a beaucoup de tortues en train de nager juste à côté du chemin. Nous nous y rendons et en effet, voici notre premier aperçu de tortues marines aux Galapagos. Malheureusement, vu les vagues et les récifs, impossible de se mettre à l’eau pour les rejoindre. Philippe le fera un peu plus loin, dans une petite crique plus tranquille dans laquelle une tortue est bloquée par les vagues. Instant magique qui ne sera pas le dernier en ce qui concerne la nage avec les tortues marines.

Nous terminons cette journée par une excursion à Las Grietas, une particularité géographique de l’île. Il s’agit d’une formation rocheuse volcanique marquée par une fissure entre les murs de lave, remplie d’eau qui permet de s’y baigner. En chemin, nous passons à côté de salines qui produiraient le meilleur sel du monde, d’après notre guide, très enthousiaste. 😝



Le jour suivant, après avoir aperçu les tortues marines, nous nous mettons en quête de leurs cousines terrestres. C’est ainsi que nous nous dirigeons vers la réserve d’El Chato, un centre d’observation et d’explication sur les tortues. En réalité, nous ne le visiterons pas car, durant la marche pour s’y rendre, nous voyons déjà un nombre incalculable de ces géantes en liberté sur les bords de la route, pour le plus grand bonheur des filles.



Photo de gauche: « Pimp my ride » local / A droite: eh oui, ici priorité aux tortues géantes sur les routes…

Elles déambulent en toute liberté, se mêlant allégrement aux vaches…






Avec des images plein la tête, nous rentrons à Puerto Ayora pour embarquer sur un bateau rapide qui doit nous mener sur une autre île, celle d’Isabella. Plus grande île des Galapagos, elle est bien moins peuplée et plus sauvage que Santa Cruz. Le trajet de 2h se révèle compliqué car la mer est agitée et c’est avec beaucoup de soulagement que nous remettons les pieds sur la terre ferme.
Isabella
Le lendemain de notre arrivée, nous décidons de découvrir la Concha de Perla. C’est une petite lagune facile d’accès et gratuite, qui nous permet de faire du snorkeling et d’observer de jolis fonds marins, quelques poissons et des étoiles de mer.





Mais définitivement, les stars de cette île sont les lions de mer qu’on retrouve un peu partout. Ils n’hésitent pas à prendre leurs aises et ils nous donnent envie de les câliner. Il faut noter que la plupart des lions de mer que nous croisons sont des femelles ou des jeunes, innofensifs. Ils ont tendance à être très joueurs dans l’eau et s’amusent à frôler les nageurs à grande vitesse. Cependant, une fois en dehors de l’eau, nous les retrouvons affalés en train de roupiller ou les petits en train de têter. Un jour, il nous est arrivé de voir un mâle, qui est beaucoup plus aggressif et dangereux! A éviter…



En mode relax… 😴
Après cette première baignade, nous repartons pour une sortie en Kayak pas très loin du port. Le but de la ballade est d’essayer d’observer toute une série d’animaux, proches des récifs. Nous aurons la chance de voir des pinguins de Humboldt, des fous à pattes bleues, des iguanes marins et des lions de mer. Nous pourrons même nager avec quelques tortues marines.
Les pinguins de Humboldt sont présents aux Galapagos depuis 2 millions d’années. Ils se sont adaptés aux changements de température de ces îles car normalement ils vivent au pôle où il fait froid toute l’année. Ils sont ici plus petits (ce sont les deuxièmes plus petits au monde) car ils ont moins besoin de graisse pour supporter le froid. Les pinguins vivent en couple et ils restent ensemble toute leur vie.
Malheureusement le soleil se cache vite et la température de la mer, la peur des requins et des lions de mer un peu trop joueurs, dissuadent Marine et Estelle de rester trop longtemps dans l’eau.
Le retour vers la plage se révèle fort sympathique car notre guide nous apprend à prendre les vagues en kayak pour les « surfer », ce qui plaît beaucoup aux filles!






Le jour suivant, nous nous préparons pour « la » grande sortie sur les Galapagos: l’excursion vers Los Túneles (considérée par beaucoup comme la plus belle excursion de toutes les îles). Après une quarantaine de minutes de bateau sur une mer pas très accueillante (une constante dans la région…), nous arrivons enfin sur le lieu de sortie. C’est un véritable labyrinthe de formations rocheuses formées par d’anciennes coulées de lave.



Ces coulées de lave proviennent toutes du volcan Sierra Negra. Il aurait eu sa dernière éruption il y a 10’000 ans (ce qui est très récent en terme geologique!). Durant cette éruption, la lave a atteint la mer et elle s’est refroidie très rapidement. Elle a ainsi formé des tunnels car la surface a refroidi et s’est solidifiée tandis que la lave encore bouillante continuait de couler au centre. En 10’000 ans, la mer, le vent, le soleil, la pluie et les changements de température ont provoqué l’érosion de certaines parties des tunnels pour ainsi former des arches et bassins.

D’où le nom de Los Túneles…. 😜
Après quelques minutes à déambuler dans ces canaux de roches, nous posons pied à terre et nous nous approchons d’une des célébrités de l’île: le fou à pattes bleues.



Les fous à pattes bleues (piceros azules) sont de bons pêcheurs et ils peuvent plonger jusqu’à 10m de profondeur afin de se nourrir de sardines. Ce sont ces dernières qui donnent la couleur si frappante de leurs pattes. D’ailleurs, elles sont un atout de séduction pour les mâles. En effet, lors des danses amoureuses, ils mettent en avant leurs pattes car plus celles-ci sont bleues, plus cela montre qu’ils sont de bons pêcheurs et donc de bons géniteurs.
Les fous ont une huile sur leurs plumes pour qu’elles ne se mouillent pas. Ils ressortent donc secs de leur plongée. En effet, si un oiseau ne possède pas cette huile, il lui sera impossible de s’envoler à nouveau. C’est le cas d’un autre oiseau emblématique des Galapagos, la frégate, qui vole les prises des autres oiseaux afin de se nourrir sans avoir à plonger.
Comme vous pouvez le voir sur la photo de gauche, les bébés naissent tout blanc (de vraies peluches!!). Ce sont les deux parents qui couvent les oeufs, chacun leur tour pendant 24 à 48 heures, et cela pendant 45 jours. La femelle pond 2 oeufs, mais seulement un des oisillons survit car les parents ne nourrissent que celui qui leur paraît le plus fort. A 5 mois, le bébé quitte le nid et les parents se séparent.
At last but not least, nous terminons la sortie avec la partie la plus attendue de la journée: la plongée avec masque et tuba. Sur un seul et même lieu, nous avons la chance de voir tous les animaux qui figurent sur la liste des « must see » des Galapagos: lions de mer, iguanes, raies, requins, hippocampes, tortues marines et autres bébêtes inattendues comme un poulpe.




Durant cette plongée, nous allons nager avec une dizaine de tortues. Elles sont vraiment partout aux Galapagos et c’est absolument magique de pouvoir évoluer si près d’elles. Elles ne sont pas farouches et elles ne s’occupent absolument pas de nous (vous pouvez le constater dans la vidéo où l’une d’elles décide de passer entre nous!).
Pour les filles, voir un requin était une de leurs plus grandes craintes…et cela n’a pas manqué, 2 minutes après notre entrée dans l’eau, nous croisons un requin pointe noire. Elles sont restées étonnament détendues en l’observant.
Toutefois, le froid (et peut-être bien la crainte d’en croiser d’autres) a eu raison d’elles après 30′ de plongée! Elles rateront du coup les différents lieux de réunion des requins…ce qui n’était sûrement pas si mal 🤪 .
Bien que le guide nous ait demandé de ne pas toucher les animaux, il nous propose de prendre un poulpe sur notre bras. L’expérience est assez étonnante car celui-ci s’aggrippe très fortement avec toute la force de ses tentacules. Le guide doit tirer vraiment fort pour que ses ventouses se décrochent. Au moment de le libérer, il déclence son nuage d’encre pour disparaître ni vu ni connu.
Après cette incroyable sortie en mer, nous revoici au port. Nous décidons de rester sur terre pour aller découvrir des flamands roses, dans les quelques lagunes autour du village.



Lors de cette balade, nous croisons des iguanes marins, certains en plein milieu de la passerelle…vu sa tête, on doit prendre notre courage à deux mains pour l’enjamber!

Godzilla’s back… 🦖
Malgré le grand nombre de ces reptiles marins rencontrés jusqu’alors, nous n’en avons pas encore vus évoluer dans l’eau, ce qui est enfin chose faite lors de cette balade. Toutefois, vous pouvez constater sur cette vidéo que la terre ferme n’est pas toujours si accueillante…

En revenant, Gabrielle initie Estelle à une vieille tradition vdH…le jeter de méduses (échouées, donc sans leurs filaments).


Le lendemain, nous profitons une dernière fois de la Concha de Perla (voir plus haut) avant notre retour à Santa Cruz. Lors de cette dernière matinée de baignade à Isabella, Philippe a la chance de pouvoir nager avec des lions de mer et des iguanes marins:



Le retour en bateau à Puerto Ayora est à nouveau des plus éprouvant 🤢.
Après une dernière nuit aux Galapagos, c’est donc le temps des au-revoirs avec les animaux.





A gauche: iguane terrestre jouant à cache-cache / A droite: après les panneaux pour tremblements de terre, ceux pour les tsunamis (cf. article sur Latacunga)
Comme le mâle lion de mer, l’iguane terrestre n’aime pas partager son espace avec un autre:
C’est donc avec ce remake de Jurassic Park que nous quittons les Galapagos.
Même si ce n’était pas prévu dans notre plan de base, nous ne regrettons pas cette escapade aux Galapagos. Nous avons pu découvrir des animaux étonnants et attachants, admirer des paysages incroyables et nous fabriquer des tonnes de souvenirs plus marquants les uns que les autres. Le seul regret? Ne pas être resté plus longtemps…
A tout bientôt!
Gabrielle et Philippe
Merci beaucoup de nous faire partager vos magnifiques aventures ! C’est toujours un plaisir de vous lire ! Gros bisous à vous 4 !
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Vous nous avez fait passer un super moment de lecture et de visionnement alors que nous sommes dans le train de retour d’une magnifique balade. Merci et grosses bises
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Vous vivez un aventure incroyable et inoubliable! Voir une tortue marine à Koroni va être beaucoup moins excitant! Je trouve les filles vraiment courageuses. Bravo!
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Incroyable tout ce périple! Je suis toujours impressionnée par la qualité des photos et des vidéos mises en ligne, et par la richesse des commentaires et des explications fournies! Comment faites-vous pour faire tout ça depuis l’autre bout du monde??? BRAVO et MERCI! Excellente suite de voyage.
Delphine
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Merci 🙂
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C’est top. Vous me faites voyager depuis mon canapé. Les explications sont très intéressantes et bien écrites, j’ai vraiment beaucoup de plaisir à vous lire…et relire aux enfants! Encore bravo et bonne route
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Chers voyageurs,
quel bonheur de vous suivre à travers ces premières destinations, une plus belle que la suivante, variées, à couper le souffle…..le bonheur sur vos 4 visages. On se régale à chaque instant !!
Merci pour toutes ces explications si bien écrites, les belles photos, vidéos – comment faites-vous Gabrielle?
Bonne continuation à tous les 4 !! Les voisins du chemin Rieu vous suivront avec le plus grand plaisir !!
Ursula & Omar
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Merci 😃
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C’est un travail d’équipe avec Philippe pour les textes 😉
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