Amazonie – Réserve de Cuyabeno

18.09.2021 – 21.09.2021

2. L’Amérique du Sud – Equateur

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

Après maintes hésitations pour décider depuis quel pays entrer en Amazonie (Pérou, Bolivie ou Equateur), nous décidons d’y aller depuis l’Equateur. Les Gauthier nous ayant inspirés et après de nombreuses recherches de Philippe, nous nous rendons compte qu’il est plus simple d’accéder à la jungle amazonienne depuis ici.
L’argument qui finit par nous convaincre: « il n’y a pas (trop) de moustiques dans cette région » 🤪, ce qui s’est avéré exact!!

Notre choix se porte sur le Caiman Eco Lodge dans la réserve de Cuyabeno. Il est obligatoire de nous y rendre avec un tour organisé car l’accès y est contrôlé. L’avantage est que nous serons accompagnés pendant toute la durée du séjour par un guide.


L’arrivé en Amazonie se mérite: 5h de bus depuis Quito jusqu’à la ville la plus proche de la réserve (Lago Agrio) + 2h de bus jusqu’au Rio + 2h de pirogue jusqu’au Caiman Lodge!
Les deux heures de pirogue nous enchantent, c’est une magnifique mise en bouche de nos 4 jours dans la Réserve. On se croit vraiment dans une BD du Marsupilami: on vogue sur le Soupopoiro, mais on n’a pas croisé Tapamilastico, à la déception des filles 😉.

A part les singes, nous avons la chance de voir une envolée de magnifiques aras bleus et jaunes. Tout au long de la descente du rio, nous sommes accompagnés par des papillons Morpho azul (les papillons bleus vus à Mindo).
Ces papillons s’appellent ainsi car selon la légende grecque, des papillons brillants de couleur bleue apparaissaient dans les rêves. Les grecs arrivant en Amazonie, et voyant ces papillons, se seraient exclamés: « Oh des papillons de Morphée! ».

Après 2h d’émerveillement, nous arrivons enfin au Caiman Eco Lodge, tout près d’une superbe lagune.

La lagune, avec la meilleur photo de dauphin que l’on ait (voir ci-dessous). 😜

Ah oui, un avantage du tour organisé est que TOUT est organisé: repas, activités, horaires, matériel spécifique nécessaire, etc. Un bon moyen de nous laisser guider sans avoir à réfléchir à où dormir et quoi faire les jours à venir. Un autre élément qui nous permet de lâcher prise: pas de réseau ni wifi, nous sommes coupés du monde extérieur. Bon, il y a quand même un téléphone satellite en cas d’urgence et pour permettre au staff de contacter leurs proches car ils restent chaque fois 3 semaines sur place puis 1 semaine de repos, et cela toute l’année (sauf au moins de février, où la lagune est asséchée).
Notre groupe est le seul au Lodge. Il y a 4 Français, 1 Equatorienne, 1 Israélien et nous. Malgré la grande majorité de francophones, nous parlons espagnol lorsque nous sommes ensemble afin que tout le monde se comprenne.

Une fois installés et le repas de midi pris, nous partons en pirogue pour découvrir la lagune. Au menu: observation de dauphins roses, baignade au coucher du soleil (une fois passée l’appréhension de savoir qu’il y a des caïmans et des piranhas dans cette lagune…mais « ils ne sortent qu’à 18h30 » dixit le guide 🤔, alors les filles osent entrer dans l’eau mais elles en sortent à 18h29 précises! 😂)

Il n’y a pas de photos de dauphins car ils ne sautent pas, contrairement à leurs cousins des mers. En effet, ils ont un os en plus pour pouvoir tourner la tête de côté (adaptation pour nager entre les arbres de la mangrove). Ils sont roses quand ils font des efforts (comme nous pendant le sport) et aussi s’ils mangent beaucoup de crevettes.
Gabrielle a eu la chance de nager tout près d’un dauphin lors d’une prochaine sortie! 🐬💕

Après cette baignade, nous partons à la « chasse » aux caimans, toujours en pirogue! Les filles sont un peu stressées, mais excitées! Les autres membres de l’équipe se rappelleront longtemps de leurs cris « Caïman, Caïman, Caïman » pour les appeler. C’est même devenu le cri de ralliement de notre groupe. 😉

Un « bébé » caïman attrapé par le guide

Un de 3m…littéralement à 50cm de nous 😅

Pour voir la remise à l’eau du caïman, vous pouvez voir la vidéo en cliquant sur ce lien:

Afin de repérer les caïmans, notre guide utilise une lampe torche. Celle-ci éclaire leurs pupilles ce qui nous (lui) permet de les repérer dans la nuit. Ceux de cette lagune peuvent atteindre les 6m de long.

Après ces expériences nocturnes, nous voici de retour au lodge pour une bonne nuit de sommeil, entourés par les bruits de la jungle. Ceux-ci sont bien plus nombreux et bruyants que nous le pensions, mais nous nous y faisons vite.

Dans ces audio, vous pouvez entendre:

Les bruits de la jungle la nuit:

Un singe hurleur dasn le lointain (montez le son):


Le lendemain, nous sommes réveillés par le fort bruit d’une tronçonneuse…en fait c’est le chant d’un grillon:

Ce matin, nous partons pour une promenade à pied à travers la jungle, le but étant surtout de découvrir la flore, les animaux étant difficiles à débusquer la journée.

Les arbres de la forêt amazonienne sont immenses et forment une canopée très dense qui laisse peu entrer le soleil au niveau du sol. Leurs racines sont très peu profondes car les nutriments (l’humus) n’ont pas le temps de pénétrer dans le sol. En effet, il n’y a pas de saison de repos de la nature en Amazonie (l’hiver pour nous) et les pluies fréquentes « lavent » le sol. L’arbre a donc besoin de racines en « tripodes » afin de garantir sa stabilité (photo de droite).

Un autre aspect étonnant de cette forêt se retrouve dans les arbres qui marchent. Certains d’entre eux bougent ainsi jusqu’à 20cm par an pour chercher la lumière. Une de leurs racines se casse et une autre pousse en avant de l’arbre (elles poussent d’environ 2cm par jour), ce qui, petit à petit, lui permet d’avancer. Il s’agit là d’un exemple de phototropisme.

Le guide nous fait encore découvrir d’autres particularités de cette partie de l’Amazonie, comme la plante utilisée pour fabriquer le Curare, poison utilisé pour enduire les flèches dans les communautés indigènes, et le Quinquina, l’arbre à quinine (utilisé pour les médicaments contre le paludisme), dont il nous fait goûter l’écorce: très amère, cela nous fait immédiatement penser au Schwepps ou au Spritz!

Grenouille grande comme une phalange…mais mortelle au contact d’une plaie ou des muqueuses.

Toutes les grenouilles ne sont pas venimeuses, elles ont donc une autre manière de se défendre: le camouflage. Combien de temps mettrez vous à la trouver dans la photos ci-dessous?

Encore plus petits, on rencontre également plusieurs sortes de fourmis (dont une au goût citronné…eh oui on l’a goûtée! 😋 ).

Les fourmis « coupent feuilles » vont chercher des feuilles, mais elles ne peuvent les manger elles-mêmes. Elles les ramènent donc à la fourmilière où elles font pousser des champignons. Ces champignons transforment ces feuilles en un nutriment que les fourmis peuvent ingérer. Les fourmis et les champignons travaillent donc ensemble, un des nombreux exemples de symbioses que l’on trouve dans la forêt amazonienne (si cela vous intéresse, allez voir d’autres exemples de symbioses plus bas, en annexe).

Nous expérimentons également l’anti-moustique naturel: le guide nous fait poser une main sur le tronc d’un arbre. Très rapidement notre main est couverte de fourmis que nous devons alors consciencieusement écraser. Cela enduit donc nos mains d’hormones censées repousser les attaques de moustiques.

Après un retour au lodge pour le repas de midi et un moment de repos, nous repartons pour observer à nouveau le coucher du soleil sur la lagune, toujours aussi magnifique.

Puis nous enchaînons avec la variante de nuit de la promenade en forêt. Au menu: recherche d’insectes, d’araignées et autres joyeusetés de la jungle…😅
A nouveau, il nous faut faire toute confiance à notre guide dans cette expédition nocturne.

Un animal plus « sympathique » nous acceuille à la salle à manger en rentrant au Lodge:


Après une bonne nuit de sommeil pour nous remettre de toutes ces émotions nocturnes, nous profitons d’un délicieux et copieux petit déjeuner équatorien, avant de repartir pour une ballade en pirogue. Mais cette fois-ci, pas de moteur, c’est à nous de pagayer.
Le but de cette sortie est de trouver des loutres géantes (que malheureusement nous ne verrons pas), de chercher d’autres animaux et d’essayer de pêcher (et relâcher) des pirhanas.

Nous arrivons à l’endroit où nous allons essayer de pêcher des piranhas.

Il faut faire attention avec le piranha car il peut survivre jusqu’à 30 minutes en dehors de l’eau et il reste donc dangereux!

Le retour des explorateurs!

Après le repas et une sieste bien méritée, nous partons à la rencontre d’une communauté indigène. Ce sont les Sionas qui vivent le long du Rio. Ils vivent selon un mélange de traditions et de modernité. Nous allons faire du pain de Yuca (manioc), guidés par une femme du village.
C’est un travail réservé aux femmes et les filles apprennent à faire ce pain de yuca dès l’âge de 10 ans.

Ce village est habité par environ 120 personnes. Ils ne vivent pas comme dans l’imaginaire européen de l’Amazonie, mais ils se sont modernisés : électricité (générateur ou solaire), barques à moteur, râpe en métal, etc.
Le village est composé de maisons traditionnelles en bambou, mais beaucoup sont maintenant en tôles.

Une fois arrivés au lieu de cuisine de la famille, nous commençons par goûter de la canne à sucre (gros succès auprès d’Estelle) et des sortes de châtaignes rôties, moins sucrées que les nôtres.

Nous nous lançons alors dans la confection du Cassabe (pain de Yuca). Voici les différentes étapes :

  • Trouver le Yuca (manioc), prendre les racines (tubercules) et les peler.
    Il est important de replanter les branches afin que des nouvelles pousses se fassent (cela prend environ 8 mois pour avoir une nouvelle plante mature).

  • Râper (maintenant, elles utilisent une planche de tôle trouée, avant c’était une partie d’une plante avec des épines)

  • Mettre la pâte de Yuca ainsi créée dans des feuilles tressées en « tapis ».
  • Tordre ce tapis pour faire complètement sortir le jus. Ce jus est ensuite cuit pour être utilisé pour faire une pâte à tartiner au piment (leur nutella!!).

  • Passer ensuite la purée séchée à travers un tamis fait de feuilles tressées pour qu’elle devienne une farine très douce et fine.

  • Verser cette farine dans une plaque ronde sur le feu et l’étaler comme une crêpe/tortilla.
  • Une fois cuite, la couper en morceau avec lequel on prend ce que l’on veut.
    Nous la mangeons avec une salsa de tomate, oignons, poivrons, coriandre. On peut aussi mettre du sucré (confiture, fruits, etc.), mais traditionnellement, les Siona mangent plutôt des plats salés (ils ne sont pas attirés par le sucre).

C’était un régal! 😋

Durant la confection du pain, le guide va chercher une plante utilisée pour peindre la peau. Marine et Gabrielle se prêtent au jeu.

Sur le retour, de nuit, comme d’habitude notre guide est à l’affut pour nous montrer les différents animaux.. Nous avons la « chance » de pouvoir observer un petit boa de tout près. Le guide va le chercher avec sa rame dans l’arbre puis se promène avec dans la priogue, litéralement à 50 cm de nos visages 😱.


Les journées ayant été très rythmées, seul Philippe se lève aux aurores pour faire la dernière sortie au programme: observation d’oiseaux. Il voit à peu près les mêmes oiseaux que les jours précédents (Hoatzin, grue, martin pécheur, cacique, perroquet et toucan).

Lever de soleil sur la lagune

Une grue

C’est malheureusement déjà l’heure du départ.
Nous avons eu la chance d’avoir 4 jours de soleil (ce qui est plutôt rare), mais l’Amazonie est décidée à nous faire vivre sa célèbre pluie diluvienne:

Nous repartons avec des images pleins la tête et un émerveillement durable! Ce séjour en Amazonie sera sûrement un des highlights de cette année!
Le Caïman Eco Lodge, son staff et notre guide Jairo ont contribué à la réussite de notre aventure et nous les en remercions grandement!

Gabrielle et Philippe

Annexes

Animaux en symbiose :

Arbre et fourmis : l’arbre produit du glucose que les fourmis mangent. En retour, les fourmis produisent de l’acide formique qui empêche les autres espèces d’arbre de pousser, cela fait donc moins de concurrence pour l’abre pour l’accès à lumière.

Abeilles et fourmis : Lorsqu’il y a un danger, les fourmis sortent et les abeilles font un bruit « de marche militaire » pour avertir du danger : elles frottent leur ventre et leur cou dans le nid toutes au même rythme. Si le danger continue, les abeilles sortent pour piquer.

Le paresseux et les papillons de nuit (symbiose non réciproque, seul le paresseux aide les papillons) : Des algues se mettent sur le paresseux (qui viennent de l’arbre) et le camouflent. Les papillons de nuit mangent ses algues. Lorsque le paresseux fait caca (1-2 fois tous les 10 jours) sur la terre ferme, les papillons vont pondre dedans pour que les larves s’en nourrissent.

Petits singes beiges (Ardilla) et oiseaux noirs : Les oiseaux alertent les singes de dangers avec un bruit qui ressemble à de l’eau qui bout. Les singes agitent les branches et cela fait s’envoler les insectes, papillons de nuit, sauterelles et cafards que les oiseaux mangent.

3 commentaires sur « Amazonie – Réserve de Cuyabeno »

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