(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
Nous voici dans la plus célèbre ville du Pérou: Cusco! C’est la porte d’entrée de la vallée sacrée des Incas et donc du Machu Picchu.
Nous avons adoré Cusco, c’est une ville paisible, une région remplie d’Histoire, avec un centre historique très beau, et, ce n’est pas des moindres, avec une gastronomie qui nous a conquis!
Avocado & more / Organica / Mexic-indien / crêpes!
Pour commencer notre découverte de cette ville, nous partons visiter la statue de Pachacutec, un peu excentrée.
Pachacutec (règne: 1438-1471) est considéré comme l’un des plus grands empereurs incas car c’est lui qui a commencé à étendre l’empire de manière très importante. Il nomma ensuite son fils, Tupac Yupanqui (règne: 1471-1493) comme successeur et ils continuèrent l’expansion du territoire ensemble. Après la mort de son père, Tupac Yupanqui continua cette tâche et enfin Huayna Capac (règne: 1493-1527), son fils, étendit le territoire jusqu’aux frontières maximales de l’empire avant l’arrivée des conquistadors. Celui-ci incluait une grande partie du Pérou, une partie sud de l’Equateur, une partie nord de la Bolivie, la moitié nord du Chili et la partie nord-ouest de l’Argentine. Le centre en était Cusco et c’est de là que Pachacutec étendit l’empire. Les civilisations présentes sur ces territoires furent assimilées à la civilisation Quechua.
Carte de l’empire inca avec les frontières des pays actuels.
A l’intérieur, plusieurs salles nous renseignent sur la vie de Pachacutec. Il est considéré comme l’îcone de l’identité péruvienne car c’est lui qui a révolutionné la civilisation inca (visionnaire, réformateur, développeur de la ville de Cusco, expenseur du territoire quechua, administrateur, etc.).
La construction de cette statue a une histoire particulière. En effet, par une nuit claire et sans nuage d’octobre 1992, au moment où les ouvriers étaient en train de placer le collier pectoral sur la sculpture, trois éclairs frappèrent la statue et seraient entrés dans celle-ci. Ces éclairs lui auraient donné trois qualités: l’amour, la sagesse et le travail, trois qualités présentes chez Pachacutec. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Ainsi, le 27 décembre, jour de l’inauguration de la statue, trois arcs-en-ciel superposés apparurent dans le ciel et trois aigles la survolèrent au même moment. Cela fut interprété comme la joie de Pachacutec et des dieux locaux envers cet hommage.
Après cette visite, nous retournons vers le centre historique. Nous entrons dans le couvent Santo Domingo construit sur les vestiges du principal temple inca dédié au dieu soleil (Inti). Ce temple s’appelait Qorikancha, ce qui veut dire « cour dorée » en quechua. On peut donc facilement imaginer les richesses ornant ce temple. Il est considéré comme étant très probablement le temple le plus important de l’empire inca. En arrivant à Cusco, les Espagnols ont pillé et rasé ce temple. Les murs étaient couverts d’or et les conquistadors s’en emparèrent, le firent fondre et l’envoyèrent en Europe. Ils entreprirent ensuite de construire une église et un couvent dominicain sur les fondations du temple du soleil, restées intactes après la destruction. Il est aujourd’hui possible d’observer ces fondations à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments dominicains. Certaines pièces sur les bords du couvent ont gardé les murs inca, et son architecture est donc un mélange colonial et inca.
Murailles incas mais murs coloniaux pour le couvent.
On peut voir que la cour intérieure du couvent date de l’époque coloniale, mais que certaines parties extérieures et certaines pièces d’origine ont été gardées en l’état.
A l’intérieur du petit musée du couvent, nous pouvons admirer combien les Incas étaient de bons astronomes.
La peinture du ciel nocturne a été faite en juillet-août, lorsque le ciel est le plus clair.
En Europe, nous avons l’habitude de regarder les parties blanches des galaxies, mais les Incas regardaient les parties noires. Ils voyaient la Voie Lactée comme une rivière céleste. On peut voir des silhouettes d’animaux qui venaient y boire de l’eau. De droite à gauche: le serpent (gardien du monde du dessous), un crapaud, une perdrix, un lama (animal sacré) avec son bébé à l’envers sous lui puis un renard et un berger.
On termine cette journée en se promenant simplement dans les ruelles de la ville. De nombreux bâtiments ont conservé comme base des restes des édifices incas (anciens temples, anciens palais de l’Inca ou maisons de nobles) et cela nous permet d’admirer l’expertise de ces bâtisseurs de génie. Leur technique de maçonnerie utilisée il y a plus de 600 ans n’utilise pas de ciment mais des tailles complexes pour faire en sorte que les pierres s’ajustent parfaitement les unes aux autres. Celles-ci sont ajustées au millimètres et il est impossible d’y glisser ne serait-ce qu’une feuille de papier (Marine et Estelle s’y essaieront sans succès…)!
Sur la photo de droite, on peut encore apercevoir des gravures de serpents sur les pierres.
Nous passons bien évidemment devant la célèbre pierre à douze angles. Si la renommée de bâtisseurs des Incas se révèlera à nous tout au long de notre découverte de Cusco et de la vallée sacrée, cette pierre en symbolise l’expertise. Même si elle ne détient pas le record d’angles (on en verra à 14 et même jusqu’à 32…!), elle est un point de passage obligé pour les visiteurs de l’ancienne capitale.
Marine et Estelle qui comptent les angles pour trouver la bonne pierre / La voici, à vous de compter!
Après une bonne nuit de sommeil, remplie d’images de palais incas et d’angles compliqués, nous décidons d’enchaîner avec quelques sites archéologiques proches de la ville. Pour cela nous prenons un mini-van qui nous emmène jusqu’au point le plus éloigné (une dizaine de kilomètres) puis nous descendons tranquillement à pied la route pour rejoindre les sites suivants. La première étape de notre visite est Tambo Machay, lieu considéré comme une maison de repos pour l’Inca lorsqu’il allait chasser. Il en reste quelques jolies ruines et surtout 2 fontaines encore fonctionnelles.
Nous partons ensuite pour Puka Pukara, ruine d’une construction militaire qui faisait partie du système de défense de Cusco. Celle-ci se compose des restes de murs imposants, de ruelles, de terrasses et d’escaliers. Le site ne nous impressionne pas énormément si ce n’est la manière dont les architectes ont réussi à utiliser la forme naturelle des rochers pour y insérer les murs.
Le nom de Puka Pukara signifie en quechua « la forteresse rouge ». On comprend aisément pourquoi…
Malheureusement, c’est le moment que choisit la météo pour nous rattraper et une bonne pluie accompagnée de vent nous refroidit. On en profite pour passer au pique-nique, à l’abri. En repartant, la pluie ne faiblissant pas, nous sommes obligés d’arrêter un mini-van pour nous mener au prochain site, Qenko (qui signifie labyrinthe en langue quechua). La pluie se calmant, nous visitons le site mais sans beaucoup de plaisir car la partie la plus intéressante, ses galeries souterraines et ses petits canaux en zig-zag, n’est pas accessible en raison de la pandémie (un peu absurde, vu que nous étions seuls sur le site)… On quitte donc rapidement cet ancien sanctuaire pour passer au plat principal de notre visite: la forteresse de Sacsayhuaman!
Sacsayhuaman a été construite par Pachacutec et cette forteresse protégeait la capitale en contrebas. On avait prévu de visiter ce site avec un guide, mais à notre arrivée, impossible d’en trouver un alors qu’habituellement il y en a toujours. On visite donc accompagné de Wikipédia et du Lonely Planet. 😉
Depuis le haut, nous pouvons voir que les remparts, longs de 600m, sont disposés en zigzag. Cette stratégie architecturale a pour effet que les attaquants sont vulnérables sur tous les flancs. Les pierres utilisées sur le site sont énormes (certaines d’entre elles feraient jusqu’à 200 tonnes) mais néanmoins parfaitement assemblées les unes aux autres. Les remparts étaient à l’origine plus hauts mais les Espagnols se seraient servis des plus petites pierres pour construire leurs bâtiments à Cusco, laissant sur place celles qui étaient trop lourdes.
Cusco aurait été construite selon un schéma qui représenterait un puma (animal sacré chez les Incas), dont Sacsayhuaman serait la tête et les remparts les dents.
Le jour suivant, nous partons avec les Calvayrac (qui nous ont rejoint la veille) découvrir Palcoyo, une montagne arc-en-ciel. Celle-ci est moins connue que Vinicunca qui est plus difficile d’accès, à une altitude plus élevée et beaucoup plus fréquentée par les touristes. Palcoyo est cependant quand même à 4’900m d’altitude, et la balade sera parfois un peu raide et donc essouflante.
Sur le route, nous passons par des paysages magnifiques, qui ne sont qu’un avant goût de ce qui nous attend.
Arrivés sur le site, nous sommes éblouis par les teintes de cette montagne. Les différents minéraux qui la composent lui donnent cet éventail de couleurs: jaune, rouge, brun, rose, vert et blanchâtre.
Il y a en fait trois montagnes arc-en-ciels sur le site, la plus impressionnante étant celle de la dernière photo du diaporama. Les couleurs changeaient pas mal en fonction de la présence du soleil ou pas. Depuis le sommet, nous avons une vue dégagée sur les montagnes environnantes, mais malheureusement l’Ausangate (un des sommets les plus hauts du Pérou, 6’372m) reste partiellement caché par les nuages. Pour le chemin du retour, nous passons par une forêt de pierres (bosque de piedras), très impressionnante par son aspect déchiqueté.
C’est des couleurs plein les yeux que nous retournons à Cusco en fin de journée.
Cusco est également une ville décorée de jolies fresques (mais pas toutes aussi bien entretenues comme en Equateur 😉 ). Voici celles que nous avons préférées.
Nous reviendrons à Cusco quelques jours plus tard, donc voici quelques dernières photos prises sur la place d’armes, qui s’est avérée être un sympathique terrain de jeux pour les enfants!
A tout bientôt pour vous conter notre expédition dans la vallée sacrée! Philippe et Gabrielle
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Et voilà, nous voici partis pour un lieu emblématique des Andes: Le lago Titicaca. Pour prévenir tout sourire, on se permet de vous préciser qu’on doit prononcer Titicâcâ, qui signifie « lac du puma », en référence à un rocher se trouvant sur l’Isla del Sol. Cette île, située sur la partie bolivienne du lac, est très importante dans la mythologie inca car ce serait là que Manco Capac (fondateur légendaire de la civilisation inca) se serait rendu après être né dans les profondeurs du lac.
Pour découvrir ce lac et les populations qui y vivent, nous décidons de snober Puno et de nous rendre directement sur la péninsule de Capachica, dans le village de Llachón. Nous nous y rendons en bus, puis en collectivo (mini-bus qui peuvent être très, très remplis 🤪).
Le trajet dure beaucoup plus longtemps que prévu et nous arrivons à la tombée de la nuit chez notre hôte, Felix. Nous ne découvrirons donc la vue sur le lac que le lendemain matin.
Le réveil se fait dans un paysage magnifique qui nous rappelle la Grèce (avec quelques degrés en moins cependant…).
Sur la dernière photo, on peut voir la mère de Felix, 97 ans, et à pieds nus toute sa vie!
Pour avoir une meilleure vue sur le lac, nous décidons de monter au mirador de Llachón. Cette montée sera plus épuisante que prévue car nous sommes à plus de 3’800m et le mirador à 4’120m 🤪 ! Les filles nous abandonnent vite et nous continuons la montée à deux. En fait à 3 car le chien de Felix décide de nous suivre jusqu’au sommet.
Le lago Titicaca est le lac navigable le plus haut du monde.
Sur le chemin, nous croisons plusieurs miradors qui nous permettent d’avoir des points de vues magnifiques sur le lac Titicaca. 1h30 plus tard, nous voici au sommet…les locaux montent beaucoup plus vite que nous, malgré leur charge bien plus conséquente. 🙄 Au sommet, se trouve un crucifix, mais sur la colline toute proche se trouve un lieu saint dédié à la Pachamama (la Terre Mère). C’est un lieu sacré avec une place centrale où les gens se réunissent. D’un côté de la place se trouve un endroit entouré de murs de pierres. Il y a deux entrées fermées par de grosses pierres, une orientée vers le lever du soleil et une vers son coucher. Elles ne sont ouvertes que pour les cérémonies à la Pachamama, 5 fois par an. A ces moments-là, tout le village monte pour lui faire des offrandes et lui demander une bonne récolte, la pluie, la santé, etc. Il y a des chants et des danses. Certaines de ces fêtes coïncident avec les fêtes chrétiennes (la semaine Sainte, Pentecôte, etc.) et d’autres plutôt avec le calendrier agricole.
Après cette randonnée, on est content de déguster le repas préparé par Felix. On découvrira vite qu’en fait les menus se ressemblent beaucoup! Les repas commencent toujours par une soupe avec de la patate, des haricots et des carottes…la seule différence est la forme des morceaux de légumes 😉 . Ensuite, le plat principal est constitué de riz, pommes de terre et une protéine (poulet ou poisson du lac). C’est bon, mais après 5 jours de ce régime on se réjouira de retrouver des fruits et légumes frais!
Les filles sont enchantées d’être chez Felix car il a quelques moutons et un cochon. Nous sommes d’ailleurs rassurés de savoir que le cochon mange nos restes car, malgré nos demandes, les assiettes sont bien trop copieuses.
Après une bonne nuit de sommeil, nous partons visiter une île flottante du peuple Uros. C’est Felix qui nous amène chez un ami à lui, afin d’éviter les îles plus touristiques proches de Puno. Sur le lac, il y a plus de 180 de ces îles flottantes. Les îles Uros existent depuis longtemps. Elles auraient été construites par leurs ancêtres pour échapper aux envahisseurs (dont les Incas). Au départ, les anciens habitaient sur de grands bateaux, un par famille. Ils possédaient également des petits bateaux qui étaient utilisés pour pêcher. Ces petits bateaux sont maintenant utilisés pour draguer et sont appelés « taxi romantico ».
Le fils du président (maire) de l’île nous explique les étapes de fabrication de celles-ci. Le processus prend 2 ans et ensuite l’île dure de 30 à 40 ans. Une fois celle-ci trop abîmée, les habitants doivent déménager sur une nouvelle île, construite en avance. Sur l’île, il y a des bosquets de roseaux qui leur permettent de surveiller dans quel état elle se trouve. Si les roseaux montrent des signes de vieillissement, ils savent qu’ils doivent en construire une autre.
Première étape : Ils vont chercher des blocs de terre loin dans la réserve. Ces blocs mesurent 10x5m avec une profondeur de 1m à 1,5m. Leur île est composée de 10 de ces blocs attachés ensemble (les blocs sont numérotés pour les replacer dans la même position à l’endroit voulu). Après quelques jours, les racines qui se trouvent dans la terre se reforment et traversent les blocs, ce qui les soude entre eux. L’île est ensuite ancrée en 10 points pour qu’elle ne dérive pas.
Deuxième étape : Des couches de roseaux, les Totoros, sont disposées en quinquonce sur la terre. Une nouvelle couche doit régulièrement être rajoutée pendant la durée de vie de l’île.
Troisième étape : Les familles choisissent ensuite l’emplacement de leur maison et la construisent en laissant un espace entre le sol et la maison afin d’éviter que l’humidité entre chez eux. La taille de la maison dépend du nombre de membres de la famille. Lorsqu’un fils se marie, une nouvelle maison est ajoutée. Ce sont les femmes qui suivent leur mari sur leur île. Les maisons traditionnelles étaient rondes, mais maintenant la maison ronde que l’on peut voir sur les photos est pour la cuisine. Les maisons modernes sont rectangles. Sur l’île que nous visitons habitent 5 familles composées de 21 personnes, dont 12 enfants de 3 mois à 7 ans. Ces familles ont toutes un lien familial. Cette île s’appelle Winay Balsera et elle fait partie des Uros Titino, un groupe de 5 îles. Pour l’ensemble des îles Uros Titino, il y a une grande île pour les réunions des présidents de chacune. Celui-ci change chaque année et cela peut être un homme comme une femme.
Photo de gauche: cuisson des poissons pour la fête du lendemain
Cette communauté vit de la pêche, de la chasse (oiseau) et de l’artisanat. Ils vont faire du troc à Capachica pour avoir des légumes, des fruits et d’autres produits de première nécessité. Ils vont une fois par année à Puno pour la fête du début novembre afin de vendre leurs poissons. Les visites de touristes leur permettent également de gagner un peu d’argent, mais depuis le COVID, ils en ont vraiment eu très peu (1x par mois).
Marine a été séduite par le bébé 🥰
Pour tous les enfants des îles, il existe une île-école, mais elle est bâtie sur du solide car les bâtiments y sont trop lourds. 300 élèves fréquentent l’établissement qui acceuille les enfants jusqu’à la fin de l’école obligatoire, à 15 ans. Certains continuent ensuite leurs études à Puno, mais c’est très cher. Lors de notre visite, l’école est à nouveau ouverte, mais sur une demi-journée seulement. Il existait une langue Uro parlée sur les îles, mais elle a presque disparu en raison des nombreux mélanges de populations qui ont eu lieu depuis les années 1950. Aujourd’hui, les enfants l’apprennent à nouveau à l’école des Uros. Les langues majoritaires sur les îles sont le Quechua et l’Aymara.
De retour à Llachón, nous allons découvrir une fête qui se déroule sur la place du village.
Ce sont les autorités qui organisent cette fête, où l’activité principale est de danser et boire. Les habitants viennent saluer les autorités et leurs épouses et leur amènent des caisses de bières(!). Tout est consigné (qui, quoi, combien de caisses) car à la prochaine fête organisée par d’autres, ils leur offriront la même chose.
Des spectatrices / les femmes des autorités / livraisons de bières
Comme mentionné dans notre article précédent (Cañon del Colca), les habits et chapeaux diffèrent grandement selon les régions : forme des chapeaux, couleurs des habits, etc. A Llachón, les femmes mariées ont un chapeau à 4 pointes avec un sommet en colline et des pompons. Les femmes célibataires et les enfants ont un chapeau qui ressemble à celui des femmes de l’escalade, mais tout en longeur derrière. L’habillement des hommes est plus sobre, noir avec un chapeau noir.
Nous décidons de ne pas nous éterniser car l’ambiance, bien que joyeuse, nous semble un peu trop alcoolisée pour les filles (et pour Gabrielle, qui se fait accoster par des mâles un peu trop imbibés dès que Philippe s’écarte un peu…). Au retour de la fête, nous profitons d’admirer le coucher du soleil sur le lac. Un spectacle féérique.
Le soir même, une tempête lacustre se lève, ce qui est rare. Tout un groupe d’habitants de Puno, venus sur la péninsule à la journée, se retrouve coincé car il est impossible pour leur bateau de sortir du port en bas de chez Felix. Ils se retrouvent donc tous à l’abri dans la salle à manger. Nous faisons connaissance avec le groupe (une sortie d’église), et pendant que Gabrielle discute avec un couple, Marine et Philippe initient des enfants et leur mère au « tas de m**** » (jeu très simple qui s’apprend rapidement pour pouvoir jouer tout de suite et à tout âge). Philippe transforme les kilos de 💩, en amendes (multa) pour rendre le jeu plus « poli ». Le jeu commence par un petit malentendu car la mère pense qu’on va jouer avec du vrai argent, mais Philippe la rassure et le jeu se déroule avec de bons moments de rigolades.
Un chouette moment de partage!
Avant de quitter Llachón le lendemain, voici quelques photos supplémentaires.
Après cette sympathique soirée, nous partons pour 36h sur l’ìle de Taquile, petite île à 1h30 en barque de Llachón. C’est Felix qui nous y emmène.
Après cette traversée, nous sommes accueillis par Luciano, notre hôte pour ce séjour sur Taquile. C’est un homme discret, mais fort comme un lion! Il prend les deux sacs des filles et le petit sac à dos avec le matériel informatique (donc lourd!), les met dans un grand tissu, noue tout cela en baluchon, et c’est parti!
Nous partons à l’attaque des pentes de cette île bien vallonée et rocheuse. C’est une vraie expédition avec nos grands sacs et l’altitude 😝. Les filles s’exclament régulièrement: « il croit vraiment qu’on est des bouquetins ! » 😂 car Luciano prend souvent des raccourcis au milieu de nulle part et on doit grimper sur des rochers.
Ici, l’habillement est très différent. Les hommes portent un bonnet à pompoms. Cette fois-ci, c’est le chapeau de l’homme qui annonce son statut marital : si le chapeau est coloré en entier, l’homme est marié, si le bout du chapeau est blanc, alors l’homme est célibataire. Les femmes mariées portent un voile noir avec des pompons. Les voiles des femme célibataires sont plus colorés.
La petite sacoche de Luciano contient des feuilles de coca, qu’il consomme régulièrement.
L’habitation est spartiate, sans eau courante, ni prises électriques. Les toillettes sont à l’extérieur avec un seau comme chasse d’eau et l’électricité réservée aux quelques lampes.
Nos hôtes sont timides mais accueillants, et Luciano nous fait découvrir son île à travers des chemins plus escarpés et rocailleux les uns que les autres. Ils nous montrent également un aperçu de leurs métiers (agriculteur.trice et artisan.e.s) avec enthousiasme. Les tâches sont réparties entre les hommes et les femmes, tous deux font du tissage et travaillent aux champs, mais il n’y font pas la même chose. Luciano et Concepción nous initient à leurs arts…on est franchement pas doué 🤪.
Culture de patates (plantées en ce moment): on s’essaye au geste adéquat qui est le même que dans la vidéo de la danse des semailles Tissage: les motifs des tissus ont souvent un sens, là c’est le calendrier quechua. Sur la ceinture, il y a 12 motifs dont les symboles suivent les mois de l’agriculture.
Le lendemain, Luciano nous fait découvrir la plus grande plage de Taquile. L’eau du lac a une température constante de 8°, c’est donc « un poco frio »! Philippe est le seul à s’y aventurer entrièrement, pour les autres se sera juste les jambes 😜 .
De retour sur la plage, nous faisons des dessins sur le sable. Tout est prétexte à faire école 😉 (Arts visuels)
Après cette escapade, nous retournons à la maison pour le repas de midi (toujours le même menu 🥔🍜 ) puis c’est l’heure du départ. Luciano et Concepción nous accompagnent au port. On passe à nouveau par des chemins de travers et Concepción nous prouve combien ils sont agiles et connaissent par coeur les sentiers escarpés de l’île: elle file la laine (verte) tout en marchant avec en plus un des sacs des filles dans son baluchon!
Le retour sur la terre ferme prendra 3h. Le lac étant calme, nous pouvons tous profiter des dernières vues sur le lac.
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Driiing!! Il est 5h…quelle idée de se réveiller à une heure pareille! En fait, ça vaut le coup, car on part pour 2 jours dans le Cañon del Colca, à la poursuite des vigognes et des condors! Le départ est très matinal car on a plus de 6h de route pour atteindre notre destination.
Sur le chemin, les nombreuses vigognes qui vivent en liberté à cette altitude nous aident à faire passer le temps (pour rappel, les vigognes sont sauvages, au contraire de leurs cousins lamas et alpagas).
En haut: des vigognes / En bas: des lamas et alpagas.
Durant le voyage, notre guide nous conseille de consommer de la coca afin de mieux supporter les difficultés dûes à l’altitude (maux de tête, fatigue, désagréments digestifs, etc.). Il y a plusieurs façons de la consommer : tisane, bonbons, etc. Mais la façon la plus traditionnelle et la plus utilisée par les Péruviens est la suivante : il faut mastiquer plusieurs feuilles de coca avec une pâte noire qui favoriser la libération de l’élément actif s’y trouvant. La feuille de coca sert aussi d’offrande à la Pachamama (la terre mère): on choisit 3 feuilles qui représentent le condor, le puma et le serpent, animaux sacrés pour la civilisation inca.
Durant le trajet, nous passons de 2’335m d’altitude (Arequipa) à 4’910m (Col de Patapampa) pour ensuite redescendre à 3’640m (Chivay, lieu pour la nuit). L’oxygène au col est rare, mais on sort quand même du bus pour dire « on l’a fait » et voir comment on supporte l’altitude…en fait ça a été! Malheureusement, le ciel est couvert et nous ne pouvons pas voir les différents volcans depuis le mirador de los Andes. En souvenir, Gabrielle s’achète un pull typiquement péruvien (voir photos plus bas).
Philippe est bien content, car en 2003, il avait été malade comme tout! 😜
Peut-être sommes-nous épargnés par le mal d’altitude grâce à l’infusion de plusieurs herbes (le Mate del Inca) que nous avons bue avant de franchir le col, infusion réputée pour prévenir/calmer le mal d’altitude. Ce maté est composé des feuilles de quatre plantes: coca, muña, tola blanca et chachacoma. Quant aux filles, elles préfèrent les bonbons de coca (la feuille, hein…).
Viva el Perú!
Après ce long trajet, nous nous installons dans notre hôtel au petit village de Chivay et c’est avec plaisir que nous allons découvrir les bains thermaux de Chacapi (des bains moins touristiques que ceux de la Calera à Chivay).
On passe de bains chauds à 38° à des bains très froids!
Le soir, nous allons dans le restaurant proposé par le guide du tour…un chouïa touristique 🤪! Le repas est accompagné de musique et danses andines et nous passons finalement un bon moment à découvrir la richesse folklorique de la région.
Pour découvrir ces danses, nous vous invitons à visionner la vidéo ci-dessous: (attention la musique reste un tout petit peu dans la tête 😂 😇 )
Le lendemain, nous partons une nouvelle fois aux aurores pour aller au mirador de Cruz del Condor, dans l’espoir d’en voir quelques specimens…notre guide nous informe qu’il faut avoir de la chance car ce n’est pas toujours le cas. 🤞🏻
Avant d’arriver au point de vue, nous nous arrêtons à Yanqui où se trouvent des vendeurs de souvenirs…Estelle s’y achète un porte-clé lama et Marine un pull. Gabrielle en profite pour prendre des photos des vendeuses. Ce sont leurs habits quotidiens et pas juste pour les touristes 😉 ! Nous apprenons que les habits et chapeaux diffèrent grandement selon les régions et que ceux-ci ont une signification : forme des chapeaux, couleurs des habits, etc. Pour les femmes, leur chapeau montre leur statut marital. Ainsi, pour le peuple qui vit au Cañon del Colca (voir photo), une fleur d’un côté veut dire que la femme est célibataire, une fleur de chaque côté qu’elle est mariée. Si la fleur est noire, la femme est veuve. Ce n’est plus forcément toujours le cas de nos jours car les jeunes femmes mettent les fleurs comme elles le souhaitent.
Sur la photo de Gabrielle et Estelle, vous pouvez voir au fond le volcan Sabancaya, en activité en ce moment!
Nous enchaînons avec un autre petit village, Maca, avec à nouveau son marché artisanal, autre point d’arrêt obligatoire pour les visites touristiques. Une fois remontés dans le bus, nous nous dirigeons enfin vers le point de vue qui devrait nous permettre d’admirer le seigneur des Andes. Après 10-15 minutes d’attente, nous avons la chance de voir deux condors (ou deux fois le même 🤪) nous survoler…c’était magique!
Après ce moment mémorable, nous faisons une marche le long du Cañon. Il mesure 3’270m de profondeur au point maximum (2x la profondeur du Grand Canyon…), et il a longtemps été considéré comme le plus profond au monde. Toutefois, à la lumière de nouveaux calculs, il s’avère qu’un cañon voisin (celui de Cotahuasi) est plus profond!
Il mesure 120 km de long et 300m de large
Et voici le moment du retour sur Arequipa. C’est à nouveau un voyage de 6h, mais on commence à avoir l’habitude 🚌 !
A bientôt, au bord du lac Titicaca! Philippe et Gabrielle
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En partant prendre le bus d’Ica à Arequipa, nous rencontrons une nouvelle famille française en voyage, les Calvayrac : Adrien, Chloé, Hugo (9 ans) et Kenzo (6 ans). C’est donc avec plaisir que les filles retrouvent des enfants avec qui jouer et rigoler, et nous des adultes avec qui échanger et partager nos expériences. Le trajet de 13 heures se faisant de nuit, nous n’avons pas beaucoup le temps de papoter puisque nous essayons de maximiser les heures de sommeil. Cette première nuit en bus sera plus ou moins reposante 🤪, comme vous pouvez l’imaginer.
Arrivés à Arequipa, nous avons la chance de pouvoir directement prendre possession de notre chambre. La journée sera tranquille, pour nous remettre de la courte nuit et nous habituer à l’altitude (Arequipa est à 2’335m). Nous partons à la découverte de la ville en milieu d’après-midi, puis nous rejoignons Chloé, Adrien, Hugo et Kenzo dans un café pour déguster de délicieuses viennoiseries et pâtisseries.
Hugo – Kenzo – Chloé – Adrien
Les ventres bien remplis, nous partons assister au coucher du soleil depuis le Mirador de Yahuanara, depuis lequel nous avons une belle vue sur la ville et sur les 3 volcans qui l’entourent. La place est entourée d’arches en pierres de taille blanches, gravées de textes d’illustres auteurs de la ville.
Le Misti – le Pichu Pichu – le Chachani
Le lendemain, nous partons visiter le district de Jacobo Hunter (nom d’un médecin américain qui a beaucoup fait pour la population locale), en banlieue d’Arequipa. Les Calvayrac nous ont proposé de faire la visite de ce district avec eux, sur proposition de leur logeuse. En effet, un de ses amis guides cherchait des gens pour tester le tour et ce guide parle français. On ne se doutait pas de l’importance de cette visite pour la municipalité locale ! En effet, nous sommes accueillis en VIP par les autorités du district (maire, adjoint au maire, etc.) car nous sommes les premiers à « essayer » ce tour. Il y a même un paravent pour les photos et un photographe officiel (qui nous suivra tout au long de la visite)! La municipalité souhaite faire des photos et avoir notre avis sur le tour afin d’alimenter leur site internet et améliorer l’offre touristique suite à nos retours.
Après les discours d’au moins 5 personnes différentes, on nous remet des pins à l’effigie de l’écusson du district de Jacobo Hunter. Il représente le Misti, l’agriculture, les animaux de la campagne, la besace pour la poudre des chasseurs (Hunter) et le drapeau du Pérou. Le bleu représenterait la rivière.
Comment ont-ils réussi à organiser tout ça en 24h reste un grand mystère !
Après cette partie officielle, nous partons à la découverte du district. Nous commençons par visiter le tout petit village de Tingo Grande, dont les agriculteurs cultivent les terres de manière très traditionnelle.
Cet ancien moulin activé par un cheval est encore utilisé de manière traditionnelle pour le blé ou le maïs. Il a été construit en 1945 et cela fait 4 générations qu’ils l’utilisent.
Dans les champs, on peut voir les oignons, l’ail, la laitue et le maïs en train de pousser. Tout le travail des champs est fait à la main et les cultures se font de manière rotative. C’est à dire qu’un champ est d’abord utilisé pour une culture puis une fois récolté, c’est une autre plante qui est semée. Cela permet de ne pas épuiser la terre (les anciens avaient tout compris!).
Après les champs, nous découvrons une autre fierté du district: le pont ferroviaire. C’est en effet ce pont qui permettait l’accès à la côte et donc le ravitaillement des troupes pendant la Guerre du Pacifique (1879-1883), qui opposa le Pérou et la Bolivie au Chili.
A Arequipa, il y a beaucoup de figuiers 😋 (photo de droite, à côté de Kenzo, en orange). Selon une légende de la région, les figuiers sont le refuge d’elfes. Ces derniers sortent la nuit pour mettre le bazar dans le village et les maisons. On les appelle les Chinchilico. Ces créatures légendaires sont très populaires dans les mythes andins.
Après le pont, nous nous rendons sur la place centrale du village et nous y sommes à nouveau accueillis en hôtes d’honneur! Nous avons le plaisir de déguster 2 spécialités locales: la chicha (boisson à base de maïs violet, plus ou moins alcoolisée) et le queso helado (glace à base de lait et non de fromage, comme son nom pourrait le laisser penser…).
Après le village, nous montons sur une colline qui domine la ville. Durant la semaine sainte, chaque famille y construit une petite maison de pierre, qui représente leur foyer, et ils y allument une bougie pour chaque membre de la famille. Si une bougie s’éteint rapidement, c’est un mauvais présage pour la personne représentée par cette bougie. Par cette construction, ils formulent un vœux pour l’année à venir : souvent pour un agrandissement de la maison, une nouvelle maison, une voiture, etc. Ces maisons restent ainsi jusqu’à l’année suivante Toutefois, lors de notre passage, elles étaient vraiment en mauvais état car cela fait 2 ans que cette procession n’a pas pu être réalisée à cause de la COVID.
Nous y avons une belle vue sur les trois volcans
Pour finir cette visite, notre guide nous amène à la Picanteria Nieves. Une picanteria est un restaurant traditionnel de la région d’Arequipa et celle où nous prenons notre dîner est la plus ancienne de Hunter. La cuisinière de cet établissement a été décorée par le district car elle est la plus ancienne d’Arequipa. Elle est toujours présente, mais c’est sa fille qui a repris la gérance et la cuisine. Nous y avons pris un « Americano », qui consiste à goûter un peu de tout. Heureusement que nous étions avec les Calvayrac, car le plat est plus que copieux, et de plus nous ne sommes pas hyper friands de viande et surtout pas des abats 😜.
C’est ainsi que se termine cette visite imprévue et improbable. Nous rentrons alors au centre d’Arequipa pour y visiter le Museo Santuarios Andinos, plus connu sous le nom de Musée Juanita. Nous profitons de la présence d’une guide francophone pour que les quatre enfants puissent mieux profiter de la visite. C’est dans ce musée qu’est présentée la momie de Juanita, une jeune adolescente retrouvée dans les Andes péruviennes, plus précisément dans le cratère du volcan Ampato qui s’élève à 6’300m, offerte en sacrifice aux dieux de la civilisation inca. Si vous souhaitez connaître son histoire, allez voir l’annexe en bas d’article.
Il est interdit de prendre des photos de Juanita. Nous l’avons vue dans une salle séparée, sa dépouille étant conservée dans un caisson à -20°. Elle n’est présente au musée que de mai à décembre, pour la préserver.Sur cette peinture, nous pouvons voir les habits que portait Juanita avant son sacrifice.
On a retrouvé beaucoup d’objets de la tombe de Juanita, dont une grande quantité en forme de canard ou ornés de ce motif. Cet oiseau est considéré comme sacré car il peut marcher (terre), voler (ciel), nager (eau) et plonger (profondeur).
On a également retrouvé les coquillages amenés par El Niño, sculptés en forme de lamas.
Comme il était très difficile de monter les animaux jusqu’au sommet pour les sacrifier, on montait des figurines les représentant. Celles-ci étaient placées dans la tombe avec l’enfant.
Le jour suivant, nous poursuivons nos visites culturelles avec la découverte du Monastère de Santa Catalina. A nouveau, nous profitons de faire cette visite avec une guide francophone. (Gabrielle: je me suis un peu embalée dans ma prise de note car c’était très intéressant 🤪, alors voici un petit résumé. Pour de plus amples détails, allez voir l’annexe en bas d’article):
Ce monastère abrite des moniales depuis l’époque coloniale. En Amérique latine, les bâtiments qui accueillent des femmes sont des monastères et ceux pour les hommes des couvents. L’édifice a été construit 30 ans après la création d’Arequipa. En effet, lors de l’époque coloniale, les monastères n’étaient construits que 2 générations après la création d’une nouvelle ville. Il était dans l’intérêt de la couronne que les femmes aient des enfants pour peupler la région…
Comme vous pouvez le constater, le monastère est en réalité une petite ville.: avec des ruelles, des cours intérieurs et un espace de lessive.
Les chambres des habitantes de l’époque coloniale ne sont pas vraiment comme nous l’avions imaginé! En effet, les chambres des moniales les plus aisées étaient parfois de vrais appartements, avec cuisine privée et des chambres richements décorées. Elles vivaient souvent à plusieurs soeurs (de sang) et avec leurs domestiques. Les novices, par contre, avaient des chambres plus sobres (voir petites photos). Elles étaient quand même plutôt confortables, afin que le passage à la vie recluse ne soit pas un trop grand choc car les novices et moniales venaient souvent de familles aisées (voir l’annexe pour en savoir plus à ce propos). Aujourd’hui, le monastère est habité par une vingtaine de femmes, dans une partie réservée et inaccessible au public.
Après cette visite très intéressante, nous demandons à notre guide, Vanessa, si elle est accepterait de nous faire visiter la vieille ville. Comme elle est d’accord, on se donne rdv le lendemain pour en découvrir plus sur Arequipa.
Après une matinée tranquille, nous partons donc à la découverte de la partie historique de la ville avec Vanessa. Avant d’entrer dans les profondeurs de l’histoire, nous allons à la découverte des lamas et alpagas, les mascottes du pays et des quatre enfants, au Mundo Alpaca.
Les lamas et alpagas sont élevés pour leur laine mais les alpagas le sont également pour leur viande (eh oui, on y a goûté! C’est plutôt bon). Il est commun de confondre les lamas et les alpagas, mais, en fait, il est facile de les distinguer.
Marine vous en fait la démonstration:
La laine de ces camélidés est très différente selon la race. La laine de lama est la moins douce, vient ensuite celle d’alpaga, puis celle de vigogne et guanacos. La laine de vigogne est la plus douce et la plus chère! Les lamas et alplagas sont domestiqués mais pas les vigognes et guanacos. Des tentatives de domestication de ces derniers ont été réalisées mais la laine ne gardait pas sa douceur tant appréciée, l’essai a donc vite été abandonné.
Pour commencer la visite, on part à la rencontre de quelques specimens vivants.
Il est possible de les nourrir avec le foin de l’éleveur, mais attention, certains se battent et crachent!
Après ce sympathique moment, on en apprend davantage sur le processus de traitement de la laine. Il faut tout d’abord enlever l’herbe, la terre, la paille et les nœuds qui se trouvent dans la laine. Ensuite, on retire les fibres, la graisse et les brins de poils durs. Puis on finit par laver la laine à la main pour enlever toute la graisse.
La deuxième étape est la séparation des couleurs. En effet, un même animal peut avoir plusieurs couleurs dans sa toison. Il existe 32 teintes originelles chez les alpagas.
La troisième étape est l’éventuelle teinture de la laine. Pour teindre, il y a bien sûr des procédés synthétiques, mais il y a également beaucoup de plantes qui peuvent colorer la laine. Pour la laine de vigogne, seules les teintures naturelles sont permises.
De nos jours, ce processus se fait encore majoritairement à la main, même s’il existe des machines.
Après cette visite, nous partons découvrir les vieux quartiers d’Arequipa. Vanessa nous fait passer des quartiers historiquement réservés aux descendants des premiers Espagnols aux quartiers plus populaires réservés aux marchands venant de la compagne pour vendre leurs produits (les tambos).
Les tambos ont été rénovés récemment et la balade est très agréable.
La place d’Armes
En chemin, Vanessa nous révèle quelques anecdotes intéressantes:
A Arequipa, des tunnels relient la cathédrale de la place d’Armes au couvent et au monastère de la ville. Ces tunnels servaient de lieu de fuite en cas de conflit armé. A l’époque coloniale, les lieux religieux étaient en effet toujours respectés comme inattaquables. Ces tunnels ne sont malheureusement pas visitables.
En haut de la fontaine, nous pouvons voir une statue de femme grecque avec deux trompettes. Une pour dire du bien et l’autre pour dire du mal. Cette effigie était très souvent placée en haut des fontaines des places d’Armes des villes coloniales pour rappeler aux personnes venant y faire leur lessive de ne pas faire de commérages négatifs.
Voici encore quelques aperçus de cette ville agréable et intéressante:
Comme vous pouvez le voir, la nourriture est un point important du voyage😜! La gastronomie péruvienne « fusion », que nous découvrons à Arequipa, nous plaît tout spécialement.
A la revoyure! Philippe et Gabrielle
Annexes:
Juanita: Voici son histoire: Juanita faisait partie du rituel sacrificiel que les Incas célébraient régulièrement pour apaiser les dieux de la nature: le dieu soleil (Inti), le dieu de la mer (la Mamacocha), de la terre (la Pachamama), etc. Le phénomène El Niño était déjà présent du temps des Incas et lorsqu’ils voyaient ces coquillages (voir photo) arriver sur les plages, ils savaient qu’un boulversement météorologique allait arriver. Pour apaiser les dieux, ils leurs offraient un.e enfant. Les enfants étaient choisis pour leur beauté dans les villages de l’empire inca. Ils étaient ensuite élevés par des prêtres à Cusco où ils vivaient en reclus. Ils ne sortaient que lors de cérémonies. Leur éducation était faite de sorte à ce qu’ils soient prêts à accomplir leur destinée. Ils savaient depuis le début ce qui allait leur arriver, mais souvent il étaient offerts aux dieux plusieurs années après avoir été choisis. Pour les incas, une deuxième vie commençant après la mort, les enfants n’en étaient pas forcément effrayés et c’était un honneur pour les familles des enfants choisis. Dans le cas de Juanita, cette dernière, ainsi que tout le groupe qui l’accompagnait (dont l’Inca et des prêtres), ont marché 7 semaines de Cusco au volcan où allait avoir lieu son sacrifice. Pour supporter la fatigue du voyage et la montée en altitude, il était commun de boire des infusions de coca et de mâcher des feuilles de coca. Une fois arrivés à destination et la cérémonie prête à commencer, Juanita a bu une boisson très alcoolisée à base de coca (la chicha fermentée pendant 2 ans) et de datura (un puissant hallucinogène). Elle a donc très vite perdu connaissance et elle était inconsciente lorsqu’elle a reçu le coup mortel sur la tête. Une fois morte, le corps a été placé en position de foetus dans une tombe de glace. Le corps était entouré par de nombreux objets sacrés pour l’accompagner dans cette nouvelle vie. Pour les Incas, la mort était en effet une renaissance dans l’au-delà.
Manteau de Juanita: Le blanc représente la pureté, le rouge la vie et le pouvoir. Dans ce manteau, on a retrouvé un mouchoir avec son cordon ombilical. En effet, les mères andines gardaient toujours ce cordon pour soigner les maladies de l’enfant. Cette coutume a toujours lieu de nos jours. Le cordon ombilical est séché et réduit en poudre. Cette poudre est ensuite mélangée à la nourriture de l’enfant s’il est malade. Serait-ce un précurseur de l’utilisation des cellules souches ?
Le corps et les habits de Juanita ont été très bien préservés grâce au froid régnant dans son tombeau. Elle a été trouvée avec la peau du visage séchée car elle a dû rester 10 à 40 jours au soleil avant d’être découverte. Sur le reste du corps, la peau est très bien conservée.
En tout, 21 momies d’enfants ont été retrouvées jusqu’ici, dont 16 au Pérou.
Monasterio Santa Catalina C’est un monastère privé où habit(ai)ent des femmes. A l’époque coloniale,il y avait environ 64 monastères privés dans toute l’Amérique latine. Ces monastères étaient/sont de vrais petits villages. Ce monastère est encore habité par 25 moniales dont la plus jeune a 15 ans (la moyenne d’âge des moniales actuelles est de 35 ans). Elles vivent toujours recluses, dans une partie plus moderne du monastère. Le nombre de moniales aujourd’hui est à peu près le même qu’au XIXe siècle. En effet, à partir des années 1800, les femmes pouvant avoir un travail et subvenir à leurs besoins, la vie au couvent n’était plus la seule option des femmes non mariées.
Les monastères coloniaux avaient une grande et importante fonction sociale. En effet, outre le fait d’abriter des novices et des moniales, ils avaient la fonction :
d’orphelinat
de refuge pour des femmes battues
de lieu d’éducation pour les filles de familles aisées (entre 6 et 12 ans)
de banques (prêt d’argent), de traiteur (confection de nourriture pour des célébrations à l’extérieur)
de « cabinet de psychologues », les gens venaient les voir (à travers des grilles) pour leur exposer leurs problèmes, leur demander de prier pour eux ou leur demander leur avis, car l’avis des moniales était très respecté. Les familles et amis des moniales venaient également les voir. C’était leur seul contact avec l’extérieur. C’est la Mère supérieure qui était la cheffe du monastère et c’est elle qui organisait les visites.
A l’époque coloniale (avant le XIXe siècle), seulement 15 à 20% des femmes entraient au monastère pour un motif religieux. En effet, les femmes avaient d’autres raisons d’y consacrer leur vie :
pour échapper à un mariage forcé ou arrangé
pour des raisons économiques: dans les familles où il y avait beaucoup de filles, les dots de mariage étaient 4x plus coûteuses que la pension versée au couvent pour les moniales éduquées (qui donc ne travaillaient pas pour le monastère mais n’étaient sensées que prier).
Les novices avaient entre 12 et 16 ans lorsqu’elles entraient au monastère. Après 4 ans de noviciat, elles décidaient de devenir moniales ou pas. Ce n’était pas forcément mal vu de renoncer à la vie au monastère, mais une fois moniale, c’était pour la vie. Les novices étaient habillées entièrement en blanc et elles vivaient dans une partie fermée du monastère, sans contact avec l’extérieur ou les moniales. Les novices habitaient dans des chambres individuelles qui ressemblaient à celles qu’elles avaient chez elles, afin de ne pas créer un trop grand choc. (voir photo). Elles étaient également accompagnées de leur domestique. Le rideau que l’on peut voir le long du lit est là pour être protégée du froid pendant la nuit.
Les moniales aisées consacraient leur temps à des tâches intellectuelles (prières 7x par jour, lectures) et celles plus pauvres (et donc souvent analphabètes) à des tâches ménagères. Les familles de moniales devaient payer une pension au monastère. Les familles aisées payaient une pension double de celles des plus humbles. Cette pension était d’environ 77’000 soles (19’000 CHF) par année et couvrait les frais du monastère (entretien, etc.) et la nourriture pour les personnes reccueillies. Ces dernières devaient également amener leur contribution. Si elles étaient pauvres, elles accomplissaient des tâches au sein du couvent et si elles étaient riches, elles payaient. Ces personnes n’étaient pas des moniales, mais elles étaient prises sous l’aile d’une moniale et vivaient avec elle.
Les domestiques qui vivaient avec les moniales étaient souvent au service de la moniale depuis son enfance et elles étaient donc très proches. Elles vivaient ensemble au monastère, mais les domestiques pouvaient sortir, pour faire les courses ou voir leur mari par exemple. Si elles avaient des enfants, ils vivaient au couvent, mais seulement jusqu’à 7 ans pour les garçons.
Il y avait un dortoir avec 140 lits pour les moniales, mais ce dortoir n’a jamais été utilisé. En effet, chacune avait sa propre chambre qui était en fait presque un appartement (chambre(s), salon, cuisine). Elles étaient plus ou moins grandes et bien agencées selon la fortune de la moniale. Les sœurs vivaient ensemble. La famille achetait une partie du terrain du monastère pour y construire leur « cellule ». Au fil des années, cela a créé des ruelles qui étaient bordées de plus de 50 cellules. Chaque cellule avait sa cuisine et la/les moniales envoyait sa domestique acheter les aliments pour cuisiner. Parfois il y avait plusieurs chambres, dont certaines pour les personnes recueillies et les domestiques. Il y avait même parfois des cours intérieures.
Il y avait également une cuisine commune, mais elle n’était utilisée que pour les fêtes et faire le pain.
En entrant dans la première cour du monastère, on peut voir une série de peintures sur les quatre murs entourant cette cour. Ces peintures forment le « chemin de l’âme ».
Sur la première on peut voir le Christ sous la forme de Cupidon lançant une flèche dans le coeur d’une moniale. C’est pour symboliser le fait que la moniale consacre sa vie au Christ (« tombe amoureuse du Christ). Il y a 3 flèches pour représenter la Trinité.
L’avant dernière peinture montre la Salvation de l’âme. Le Christ, en rouge, libère l’homme par sa crucifixion. La fontaine est rouge car cela représente le sang du Christ versé pour les femmes et les hommes.
Les règles du couvent étaient strictes, mais dans les faits les moniales les respectaient peu:
certaines voyaient des personnes extérieures dans leur « chambre/appart »
les plus riches avaient des tableaux dans les chambres ou de la vaisselle onéreuse
les domestiques ne devaient voir leur mari qu’une fois par semaine, mais en fait elles sortaient beaucoup plus
elles devaient manger ensemble en silence, mais elles mangeaient chacune dans leur chambre/appart, etc.
Dès les années 1800, la couronne d’Espagne veut réduire l’influence des monastères sur les villes d’Amérique du Sud et les règles deviennent alors plus strictes. Par exemple: les moniales ne peuvent plus faire de prêts, seules 8 novices peuvent être présentes à la fois, etc. Les personnes écoutaient beaucoup les moniales et ainsi les monastères avaient un grand pouvoir dans la ville. De plus, la famille de la mère supérieure était riche et influente à l’extérieur car elle pouvait leur donner beaucoup d’argent (profits du monastère).
Information supplémentaire sur la photo du lieu de lessive: La lessive était faite dans des jarres de vin coupées en deux et alimentées par un courant d’eau. Elle était considérée comme la tâche la plus dure du monastère et ce n’étaient pas les domestiques qui la faisaient, mais d’autres femmes qui venaient de l’extérieur du couvent et qui étaient payées pour cela.
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
Pour rejoindre Ica, Gabrielle, Marine et Estelle sautent dans le bus pris par Philippe depuis Lima…il s’en est fallu de peu que Philippe se retrouve seul à Ica car le bus avait oublié de s’arrêter à Paracas! A grand renfort de coups sur le sol du deuxième étage (la cabine du chauffeur est isolée du reste du bus et donc inatteignable), le chauffeur s’arrête, les passagers lui expliquent le problème et tout rentre dans l’ordre. Enfin bon, avec une heure de retard quand même sur le programme… Les retrouvailles familiales se font donc à Paracas, comme prévu.
Une fois toutes et tous dans le bus, nous nous nous éloignons de la côte pour nous enfoncer dans le désert.
Ica est une très grande ville, pas franchement très belle, mais c’est notre point de départ pour continuer de découvrir le désert. Le premier jour, nous souhaitons visiter le musée regional d’Ica, un beau musée avec des informations historiques et objets issus de fouilles provenant de civilisations anciennes, mais il est fermé pour cause de pandémie…on visite donc la ville à pied sans découvrir grand chose de très intéressant…
Le lendemain est le 24 octobre, jour de nos 12 ans de mariage! 🥰 Nous partons pour visiter le Cañon de Los Perdidos avec Luis, un passionné du désert. Sa grand-mère et son grand-père vivaient près de la « forêt » que l’on peut apercevoir sur certaines photos et il passait donc ses vacances dans le désert (avec son oncle). Nous avions hésité à faire cette visite avec un tour organisé, mais heureusement que nous avons choisi l’option privée car ce fut une journée inoubliable! Durant le trajet, nous discutons beaucoup avec Luis (politique, environnement, etc.) et nous apprenons qu’une de ses filles habite Genève, elle travaille à l’OMS! Le monde est vraiment petit! 🤪
Après plusieurs heures de route en 4×4, Luis nous amène en plein désert, dans un lieu isolé avec des vues époustouflantes sur le désert qui nous entoure. Et c’est parti pour une balade de 2h au milieu des dunes, avec aucune âme qui vive aux alentours.
Quelques animaux vivent dans le désert: serpent, scorpions, renards du désert, insectes. Mais nous n’en voyons pas. La forêt n’est pas iriguée par une rivière mais par l’humidité du désert qui reste coincée dans le vallon.
Nous remontons en voiture pour voir un autre recoin du désert. C’est un lieu rempli de fossiles que nous rencontrons régulièrement et cela sans même avoir à creuser ou chercher. Il y a des millions d’années, ce désert était recouvert par une mer/océan et nous trouvons énormément de coraux fossilisés, et même un crocodile préhistorique 🐊. Les habitants ne sont pas sûrs de ce que sont exactement tous ces fossiles car ils ne sont pas étudiés…le gouvernement ne s’y intéressant pas. C’est dommage car cela permettrait de les mettre en valeur.
Il n’y a pas que des restes datant de plusieurs millions d’années, on y retrouve aussi des os de chevaux. En effet, selon la légende, des conquistadors, ayant récolté beaucoup d’or dans le pays, traversèrent le désert pour rejoindre le port de Paracas. Certains d’entre eux s’y seraient perdus et seraient donc morts avec leurs chevaux dans le désert. Leur trésor s’y trouverait encore… A bon entendeur! 💰👑💍 (Marine et Estelle ont essayé de le trouver mais sans succès 😉)
Après ces découvertes, nous faisons une petite halte rafraichissement, totalement isolés au milieu du désert: jus de maracuya (fruit de la passion) pour les filles et Chilcano pour nous, un cocktail à base de Pisco sour et de maracuya. Les filles en profitent pour faire des rouler-boulers en bas des dunes…la remontée est physique. (voir la vidéo plus bas).
C’est un très chouette moment de partage avec Luis.
Dans cette immensité silencieuse qu’est le désert, un peu de musique nous semble une bonne idée. Nous vous laissons admirer les talents de Marine, Philippe et Estelle:
Luis nous montre plusieurs lignes, comme à Nazca. Il a régulièrement trouvé des sortes de trapèze avec une ligne qui montre le nord et le sud (voir photo). Ces lignes permettraient également de connaître les saisons grâce à leur alignement avec le soleil. Mais comme les fossiles, aucune étude de ces lignes n’a été faite. Luis en a suivi quelques unes et elles continuent sur des dizaines de km. Durant ses nombreuses sorties dans le désert (il les fait encore pour découvrir de nouveaux endroits), il a régulièrement vu des « collines » qui ne lui semblent pas d’origine naturelle. Il en déduit donc qu’il y a dû avoir des civilisations sur ces terres.
Les lignes sont formées par des tas de cailloux placés à intervalles réguliers. Luis nous en fait un schéma.
Nous partons maintenant pour le Cañon de los Perdidos. Après 1-2 heures de route, nous y voilà!
Nous commençons par l’admirer depuis le haut, puis nous descendons à l’intérieur. Sur le début du chemin, nous escaladons une particularité géologique:
Suite à cette leçon d’éducation physique, nous pénétrons à l’intérieur du cañon. Il se remplit d’un peu d’eau environ tous les 5 ans, lorsque le phénomène météorologique El Niño arrive dans la région. Lors de notre visite, le cañon est à sec car les dernières précipitations datent d’il y a 2-3 ans.
Le cours d’éducation physique se poursuit, la progression n’étant pas des plus simple
Cette sortie fut magique et nous vous recommandons d’aller voir le site internet de Luis si vous venez un jour dans la région. https://www.waranqubnb.com
Le jour suivant, nous partons en périphérie d’Ica pour découvrir Huacachina, une lagune où il est possible de faire du surf des sables. Cette lagune se trouvant à 10 minutes de la grande ville, elle est très (trop) fréquentée.
L’activité phare du lieu étant le sandsurf, nous nous y essayons en fin d’après-midi, le sable est bien trop chaud pour le pratiquer avant. Si la lagune est à peu près tranquille en journée, les hordes de touristes (locaux ou étrangers) débarquent en fin de journée afin de goûter aux « joies » du sable: le surf, mais surtout les sorties en buggies, super bruyants et polluants… Pour un coucher de soleil intimiste et silencieux, il faudra repasser 🤬
Voici un aperçu de cette expérience des sables:
Nous concluons la journée par une bonne douche et une pizza avant de partir pour 13 heures de bus de nuit jusqu’à Arequipa.
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
Et nous voilà sur la route pour Paracas. Sur le trajet, nous entrons dans le désert péruvien avec des dunes de sable à perte de vue et des terrains désertiques. De temps en temps, un oasis ou une rivière apparaît et tout à coup la paysage verdit. Ce sont à ces endroits-là que les villages sont construits afin d’avoir accès à l’eau. Pour ce voyage, nous prenons pour la première fois un bus péruvien longue distance. Au plus grand plaisir des filles, chaque siège a son propre écran pour visualiser des films ou jouer à des jeux (comme dans les vols intercontinentaux).
Par contre, c’est avec une grande tristesse que nous nous rendons compte que le Pérou est beaucoup moins propre que l’Equateur. En effet, énormément de déchets jonchent les côtés de la route et des feux sont parfois allumés pour les brûler. Hors de Lima, toutes les routes et rues des villages sont jonchées d’ordures. C’est impressionnant !
En 2007, la région de Paracas (tout près de Pisco, célèbre village où est fabriquée la boisson alcoolisée éponyme) est détruite par un tsunami. Cela explique l’état de délabrement de toute la région, qui se relève tranquillement.
Le lendemain de notre arrivée dans ce village côtier, nous partons en bateau pour visiter les îles Ballestas. Sur le chemin, nous pouvons admirer un pétroglyphe (image gravée dans la pierre) : le Candelabra.
Ce dernier a été élaboré entre le IIe et Ie Ier siècle avant JC. Le pétroglyphe a été gravé dans la roche avec une profondeur de 20cm (contrairement à Nazca où les images étaient aussi délimitées par des pierres et du sable) et il mesure 120m de long et 60m de large ! A ce jour, les chercheurs ne sont pas certains de ce que cela représente. Une hypothèse est qu’il montre un cactus utilisé comme anesthésiant à cette époque par les célèbres chamans de la civilisation Paracas afin de faire des trépanations. Les opérations du crâne étaient courantes à cette époque car les habitants avaient une forme de tête particulière. En effet, à la naissance, les têtes des bébés étaient enserrées dans des planches afin de leur donner une forme oblongue. De plus, les hommes étaient souvent blessés à la tête lors de combats. Une autre hypothèse dit que c’est un signe pour les marins, car on le voit de très loin par temps clair. Cette image a été faite pour durer très longtemps car elle était protégée du vent.
Nous arrivons ensuite près des îles Ballestas. Ces îles sont connues comme « les Galapagos des pauvres » 😉 On y aperçoit donc les mêmes animaux que sur les Galapagos : certains oiseaux et des lions de mer.
Ces îles ont connu une notoriété mondiale au XIXe siècle pour le guano accumulé sur leurs roches durant des millénaires. En effet, ce guano est un engrais 8x plus puissant que les engrais classiques (de vaches ou de chèvres). Il est alors exporté de manière intensive et en conséquence, la réserve des îles passa de 15-20m d’épaisseur en 1840 à 1-2m 40 ans plus tard.
De nos jours, ces îles sont protégées et le guano n’est récolté que tous les 7 ans pour permettre son renouvellement et protéger la faune et la flore locale. Les visites ne sont possibles qu’à distance et seulement pour 3 îles. Celles qui sont plus éloignées sont inapprochables et protégées des humains. Là-bas il y aurait ainsi 10x plus d’oiseaux et d’otaries.
Extraction du guano
Le lendemain, nous partons pour découvrir un oasis, La Laguna Moron. Cette lagune est peu touristique et nous avons la chance d’y être seuls pendant 2h.
Selon la légende, cette lagune était le repère du bandit José Moron, un « Robin des Bois » du Pérou.
Le soir même, Philippe part pour Lima afin de terminer son traitement dentaire.
C’est donc entre filles que nous partons le jour suivant pour visiter la Réserve de Paracas. Les historiens ont calculé que les premiers hommes de la région ont dû s’arrêter ici il y a 2000 ans. En effet, des oasis et des eaux souterraines venues des pluies des Andes sont nombreuses par ici. Dans cette région, on parle le quechua, en plus de l’espagnol. Le mot Paracas veut dire sable et guano en langue quechua et c’est également le nom du très fort vent qui balaye la région.
Nous y decouvrons de beaux paysages:
Le premier élément qui nous est présenté est « La belle dormante de Paracas », une colline ayant une forme de femme enceinte.
Durant cette sortie, nous avons la chance de rencontrer plusieurs animaux, dont des crabes et plusieurs flamands roses. Ces derniers sont sur les côtes péruviennes de mai à novembre puis ils vont dans les Andes pour se reproduire. Nous apprenons qu’ils possèdent un filtre dans le cou, ce qui leur permet de transformer l’eau de mer en eau potable.
Durant la pause « almuerzo » (pause typique des tours organisés où le guide nous amène dans un restaurant partenaire…), nous goûtons la boisson typique de la région, le Pisco Sour!
Bon je vous rassure, je suis la seule à l’avoir bu! 🤪
Nous concluons cette sortie par la Playa Roja
La pierre y est rouge car il y a énormément de minéraux volcaniques dans la falaise. Cette falaise s’érode à cause du vent et de la mer et, grâce au fort courant dans la baie, les cailloux y sont coincés et, une fois transformés en sable, ils atterissent sur la plage.
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
Et voilà, c’est parti pour notre deuxième pays de notre voyage autour du monde!
Nous devons malheureusement prendre un avion pour rejoindre le Pérou car les frontières terrestres restent résolument fermées. Depuis Guayaquil, nous sommes obligés de rejoindre directement Lima et c’est donc avec regret que nous devons faire l’impasse sur toute la partie nord du pays. Nous avons hésité à y remonter en bus, mais les distances sont énormes et nous n’avons pas tant de semaines encore prévues en Amérique du Sud. Nous préférons privilégier d’autres pays du continent et ne pas jouer les prolongations au Pérou.
Nous voici donc à Lima, capitale du Pérou. Notre première impression n’est vraiment pas des meilleures. En effet, nous avons pris un logement près de l’aéroport, notre vol atterrissant en soirée, et nous nous retrouvons à côté du périphérique, en banlieue de la ville. Lorsque nous sortons acheter le petit déjeuner, nous longeons une route pas très rassurante et bordée de déchets (dont certains sont en train de brûler…). Bref, on quitte assez rapidement ce quartier pour nous rapprocher du centre historique. On y loue un appartement à deux pas de la place d’armes (centre de toutes les villes coloniales). L’immeuble étant gardé 24h sur 24h, l’impression de sécurité y est toute autre 🤪 ! Le deuxième point positif: nous avons une cuisine équipée d’un four! Nous pouvons donc y faire notre premier gratin de pâtes, pour notre plus grand bonheur! 😋
Le premier jour, nous partons en direction de Miraflores, un quartier chic qui borde l’océan. Nous nous rendons vite compte que le niveau de vie à Lima ne ressemble pas à celui de l’Equateur. Nous entrons dans un centre commercial qui a tout l’air d’un des notres, avec les mêmes enseignes que chez nous.
La plage de Miraflores, en contrebas, est un lieu très prisé des surfeurs.
Après Miraflores, nous décidons de rentrer à notre appartement en transports publics…et là nous apprenons que non seulement il faut mettre un double masque, mais aussi une visière! On a oublié de vous dire qu’au Pérou les règles sanitaires sont très strictes: masque partout, double masque dès qu’on est à l’intérieur et prise de température et désinfection des mains par un vigile à l’entrée des grandes enseignes (banques, magasins, musées, etc.)
On a la classe!
Pour cette journée, nous décidons de visiter le museo Larco, un magnifique musée qui regroupe un nombre impressionnant de pièces d’art précolombien. Parmi celles-ci, près de 38’000 pièces de céramiques de la civilisation mochica (100-700 ap. J.-C.), une des grandes civilisations antérieures aux Incas.
Très bien scénographié, le musée propose un petit feuillet d’activités pour les enfants, que nous suivons assidûment. Nous pouvons aussi admirer les célèbres linceuls Paracas, civilisation côtière qui enveloppait ses morts dans ces magnifiques tissus pour qu’ils les accompagnent dans leur vie après la mort.
A gauche: Estelle suit le feuillet pour enfants / A droite: détail du linceul sur lequel on retrouve à l’infini un puma aux pattes de condor et à la queue de serpent.
Nous pouvons aussi admirer l’art inca des Quipus, ces cordelettes qui constituaient le principal système d’enregistrement des informations de l’administration inca. Sur les cordelettes nouées étaient enregistrées des informations comptables. Les couleurs, les noeuds et les distances entre ces derniers permettaient de distinguer le type d’objets ou bien les caractéristiques propres à la population qui y étaient enregistrées.
La prochaine salle du musée nous permet d’introduire la notion de sacrifice humain, élément majeur dans de nombreuses cultures anciennes sur tous les continents. Chez les Mochicas, la Cérémonie du Sacrifice était le point central de leur religion. Avec ce sacrifice, la population souhaitait remercier, solliciter ou apaiser les dieux (par exemple: remercier après de bonnes récoltes, demander l’arrivée de la pluie, calmer une tempête, etc.). En leur offrant une personne de leur communauté, ils attendaient donc quelque chose en retour, leur protection ou leur apaisement par exemple.
Chez les Mohicas, cette cérémonie sacrificielle était célébrée selon un déroulé très spécifique: un combat rituel entre deux combattans sélectionnés pour leur bravoure, le sacrifice du vaincu puis son sang offert aux principaux dieux.
Lorsqu’on pense aux Incas, les premières images qui nous viennent à l’esprit représentent souvent leurs parures en or et en argent. Pour cette civilisation, l’or représentait le soleil, Inti, leur divinité majeure, et l’argent représentait la lune, Mama Quilla, épouse d’Inti.
La taille de certaines de ces parures est impressionnante.
Nous terminons la visite du musée par ses impressionnantes réserves. Nous y retrouvons des milliers de céramiques qui feraient, à n’en pas douter, le bonheur de nombreux autres musées!
Le lendemain, Gabrielle, Marine et Estelle partent à la découverte du centre historique tandis que Philippe va se faire soigner une dent cassée… Comme toutes les villes coloniales, la place d’armes se trouve au milieu du centre historique. Les bâtiments autour de la place sont très bien entretenus et, comme toujours, nous y retrouvons le palais du gouvernement et une église/cathédrale.
Nous y trouvant à midi, nous avons la chance d’assister à la relève de la garde. Comme c’est un week-end spécial (voir plus bas), cette cérémonie est plus étoffée: elle durera 40 minutes au son de la fanfare et au rythme des marches militaires!
L’homme au milieu en vert est le chef de la sécurité du palais gouvernemental.
Une fois la famille réunie, nous nous dirigeons en plein centre de la ville afin d’y découvrir Huaca Pucllana, un site archéologique de la civilisation Lima (civilisation pré-inca). C’est lors du réaménagement du quartier et de la construction de nouveaux immeubles, en 1980, qu’est soudain apparu un ancien temple pyramidal de cette société. Cet édifice a été très bien préservé car il pleut très peu à Lima et il y a peu d’humidité. Le site a ouvert au public en 2004, mais des fouilles sont encore en cours car il reste encore beaucoup de terrains non excavés et certaines profondeurs sont encore à fouiller. Le temple couvrait le triple du territoire qui est actuellement visible car la ville a été construite par dessus les autres restes (il y a probablement d’autres vestiges sous les immeubles alentours…).
Le site et la région ont été habité par différentes populations (on peut le voir en observant leur manière de placer les pierres sur les murs): Les Lima : 400 – 700 apr JC Les Huari : 800 – 1000 Les Itchma : 1000 – 1400 Les Incas : à partir de 1400 (mais le site avait déjà été abandonné quand ils sont arrivés).
C’est une sensation très étrange de voir ces ruines qui se dressent au milieu de l’urbanisation de la capitale.
La partie haute de du temple n’était accessible qu’aux nobles, tandis que les parties basses étaient accessibles au peuple. Ils y faisaient des offrandes : meilleurs graines, feuilles de coca (plante sacrée) et également des sacrifices. Le haut du temple avait de hauts murs et des couloirs en labyrinthe afin que le peuple ne puisse voir ce qui se passait à l’intérieur.
Nous pouvons voir des piliers en bois pétrifiés : ils soutenaient des toits qui protégeaient les fabricants (par ex: de chicha: alcool de maïs fermenté)
Depuis le sommet du temple, on pouvait voir 4 des éléments vénérés par les Limas: les champs avec les lamas (la Pachamama, la terre), la cordillère des Andes (Apu, la montagne), le lever du soleil (Inti, le soleil), et enfin la mer (la Mamacocha, source de nourriture).
Le plus important des dieux semble avoir été la mer car ils ont retrouvé beaucoup d’objets sur le site avec le thème de la mer, comme ici ce vase avec le dessin d’une vague.
Nous découvrons aussi quelques tombes qui ont été utilisées par les Limas puis par les Huaris, une autre grande civilisation péruvienne. La personne décédée était placée en position assise, entourée de bandelettes. Une fois le corps entièrement recouvert, on ajoutait une fausse tête sur le sommet avec un nouveau visage pour l’autre monde. Dans la tombe, on plaçait aussi de la nourriture et des objets pour la vie après la mort.
Sur certaines parties du site, des mannequins sont mis en scène afin de représenter diverses activités de l’époque, ce qui permet aux filles (et à nous), de mieux apprécier les vestiges archéologiques.
Scènes d’offrande, de fabrication de briques et de cérémonie du vase (remarquez le dessin de requin sur le vase, qui rappelle l’importance de la mer pour la civilisation lima).
Nous avons encore le « bonheur » de rencontrer un véritable chien péruvien. Il s’agit d’une race pré-colombienne dont les archéologues ont retrouvé des ossements datant d’au moins 1500 ans. Son look, sans poils (comme les chats sphynx) mais avec une houpette sur le sommet de la tête, ne nous emballe pas énormément. Toutefois, ils ont la cote au Pérou car on en rencontrera beaucoup durant notre séjour ici. Notez aussi son magnifique manteau… Il est d’usage d’habiller son chien au Pérou!
Le soir, Philippe nous rejoint au Circuito Magico del Agua (et oui, il a eu la chance d’avoir un deuxième rendez-vous à la clinique dentaire l’après-midi même 😜 !). C’est un très beau parc au milieu de la ville dans lequel il y a de nombreuses fontaines. Le soir venu, elles sont toutes éclairées et nous profitons même d’un beau spectacle son et lumière.
Notre séjour à Lima a été marqué par la fête religieuse la plus importane du Pérou:
El Señor de los Milagros
Cette fête est en l’honneur du Seigneur des Miracles, le Saint Patron du Pérou depuis 2010.
Voici l’histoire de cette célébration: Au milieu du XVIIe siècle, une personne métis, esclave ou descendant d’esclave, peint un Christ crucifié, sur un pan du mur d’une église se situant dans une partie très pauvre de la ville de Lima. Le 13 novembre 1655, un tremblement de terre secoue la ville et provoque l’effondrement de nombreux bâtiments. Cette catastrophe fait des milliers de morts dans tout Lima! Toutefois, un pan du mur de l’église où est peint le Christ reste debout. Les habitants se mettent alors à penser que c’est un miracle et organisent régulièrement des fêtes avec des chants et danses traditionnelles. Les autorités religieuses du Pérou (catholiques), voyant cette vénération « païenne » d’un mauvais œil, envoient des personnes pour effacer cette peinture. Toutefois, chaque fois qu’un ouvrier monte l’échelle pour effectuer sa tâche, une force « surnaturelle » l’empêche de le faire. Après plusieurs tentatives infructueuses, la population se met à protester. Les autorités ecclésiastiques doivent alors abandonner la partie et elles acceptent que ce pan de mur soit vénéré. Le 20 octobre 1687, un raz-de-marée frappe la ville et le frêle mur est à nouveau épargné. A ce moment-là, le caractère miraculeux est attesté par les autorités religieuses et le pan du mur est déplacé au centre de Lima, dans le couvent de las Nazarenas.
Depuis lors, les villes du Pérou se parent de violet (la couleur des nonnes nazaréennes qui veillent sur la sainte image) durant tout le mois d’octobre. Le week-end du 18 et 19 octobre, une procession avec une copie du pan du mur avec le Seigneur des Miracles est organisée à Lima. Cette copie est posée sur une plateforme de plus de 2 tonnes (!). Plus d’un millier de personnes composent cette procession qui circule à travers les quartiers de Lima. Elle dure plus de 24 heures et chaque quartier organise une fête lors de l’accueil de la relique. Ces processions dans les différents quartiers de la ville drainent des millions de personnes à chaque fois. Nous n’avons toutefois pas le chance d’assister à cette grande fête car les mesures COVID empêchent la tenue des processions. L’église qui abrite le pan du mur toute l’année est ainsi ouverte au public durant ce week-end, afin que la population puisse y prier. Le quartier est alors totalement submergé par l’interminable queue formée par les personnes souhaitant se présenter devant Le Seigneur des Miracles. On renonce vite à visiter cette église !
Et voilà, c’est le moment de quitter Lima…bon ce départ ne sera pas définitif car Philippe devra y retourner pour la suite de son traitement dentaire. Affaire à suivre donc 😉
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
Voilà, après 38 jours en Equateur, il est venu l’heure de faire le bilan de ce magnifique pays. Alors qu’il n’était initialement pas prévu dans notre programme, nous ne regrettons absolument pas d’y être venu. Nous avons découvert une contrée aux paysages et climats très variés: l’Amazonie, les Andes, les Galapagos et le bord de l’océan. Nous n’avons toutefois « pas eu le temps » de visiter la côte (la Sierra).
Si vous hésitez à visiter ce pays, nous ne pouvons que vous encourager à le faire!
Une des seules photos où nous sommes les 4….pas facile d’avoir les deux filles consententes en même temps 🤪
L’Equateur a été une merveilleuse découverte pour nous tous et cela a été un émerveillement presque constant durant nos 5 semaines ici.
Nos coups de coeursfamiliaux Voici en vrac quelques autres éléments qui nous ont particulièrement plus.
les costumes élégants et colorés des habitants de la sierra
la simplicité du système de bus en Equateur. Il suffit de se rendre au terminal terrestre d’où partent tous les bus. De plus, quasiment chaque ville/village est relié au réseau routier. Par contre, les arrêts sont fréquents puisque le bus prend des gens tout au long de la route, où que ce soit!
la multitude de fruits délicieux disponibles (avec une petite préférence pour les jus de Maracuya pour les filles)
la région de Mindo, un petit paradis vert
la ville de Cuenca, avec ses jolis bâtiments coloniaux, son calme et sa sécurité
les marchés colorés avec une abondance de produits locaux
les villages andins à plus de 3’000m d’altitude.
Gabrielle: J’ai aimé: Le village de Quilotoa, à 3’940m d’altitude. La lagune dans le cratère du volcan est à jamais gravée dans mes pupilles!
J’ai moins aimé: Quito, car je m’y suis fait voler mon natel! 🤪
Philippe: J’ai aimé: L’Amazonie. C’était assez fou, toutes ces espèces d’animaux et de plantes concentrées dans un même espace. J’y serais bien resté plus longtemps. Je crois que je ne me serais pas lassé de parcourir encore et encore la lagune, de jour comme de nuit, à la recherche d’un caïman ou d’un boa!
J’ai moins aimé: L’eau chaude qui était plus qu’aléatoire dans les différents endroits où nous avons dormi… Pas très grave lorsqu’il fait 25-30 degrés mais plus pénible quand on est sur le plateau andin!
Marine: J’ai aimé: Les Galapagos. Surtout de nager avec des tortues, des raies, des requins et des lions de mer. 🐢🦦🦈 . J’ai aussi adoré les fous à pattes bleues
J’ai moins aimé: Quand on dormait à deux dans un lit.
Estelle: J’ai aimé: les Galapagos parce que j’ai nagé avec des tortues et que j’ai vu des tortues géantes. 🐢🌊
J’ai moins aimé: Voir des requins parce que j’ai peur d’eux. 🐟🦈 🐠🦈
Statistiques de notre séjour en Equateur
Nombre de jours: 38, dont 32 jours sur le continent et 6 jours aux Galapagos.
Distance parcourure: 2514km de transports en commun (au bas mot), 4858km en comptant l’avion pour les Galapagos. Sans compter tous les petits trajets en taxi, moto-taxi, mini-bus, ni les kilomètres passés à marcher!
Budget prévu:
Equateur continental: CHF 3608.- (sans les vols), c’est à dire 113.-, par jour pour nous 4
Galapagos: CHF 1306.- (sans les vols), c’est à dire CHF 218.-, par jour pour nous 4
Budget dépensé:
CHF 3036.- sur le continent.
CHF 1635.- aux Galapagos. Un budget quotidien presque triplé par rapport au continent (en comptant les tests et les taxes) au lieu d’un budget doublé.
Les économies sur le continent ont donc compensé le surplus de dépenses aux Galapagos. Avec même un peu plus en poche en quittant le pays.
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Dès notre premier jour en Equateur, nous sommes impressionné.e.s par les fresques sur les murs extérieurs des maisons et des bâtiments. Les artistes sont nombreux et doués.
Quito
Un petit air mexicain
Les masques peuvent être porteurs de messages
Mitad del Mundo
Mindo
Artiste au travail – le bâtiment devrait devenir un centre d’initiation à l’art pour les enfants de Mindo
Sur la route
Otavalo
Un clin d’oeil spécial à l’école de Cologny où une fresque semblable a été créée l’année passée
Baños
Les activités à Baños en images
Dans notre hostal, un petit clin d’oeil à la maman de Gabrielle
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Suite à notre séjour au Galapagos, nous partons plus au Sud, à Cuenca, considérée comme l’une des plus belles villes d’Equateur.
Nous débutons notre séjour par une visite du centre historique de la ville. Les édifices de la période coloniale sont encore très présents et nous pouvons en admirer l’architecture.
Le jour suivant, nous partons visiter le site inca de Pumapungo, consitué d’un musée et de quelques vestiges partiellement excavés. Après une jolie balade au bord du rio Tomebamba, nous arrivons au site…malheureusement fermé car nous sommes lundi. 😤 De plus, il s’avère que le musée est fermé depuis plus d’une année en raison de la Covid (ce ne sera pas la dernière fois que nous devrons renoncer à une visite à cause de ce virus! 😬). Nous renoncerons à revenir voir les vestiges car ceux-ci ne sont pas vraiment impressionants et nous avons pu les observer de loin depuis la rivière. Nous décidons alors d’aller visiter un tout petit musée avec la riche collection personnelle d’un scientifique francophile: le musée des cultures aborigènes. Nous avons ainsi la chance d’avoir les panneaux explicatifs en français 😄 Les filles sont enchantées de pouvoir nous lire toutes les explications à propos des nombreuses civilisations qui ont habité la région. Très souvent, nous ne pensons qu’aux Incas, alors que cet empire ne s’est imposé qu’une centaine d’années avant l’arrivée des espagnols. Les filles y apprennent de nouveaux mots: zoomorphique, anthropomorphique et phytomorphique. En effet, ces cultures reprensentaient énormément d’animaux, d’humains et de plantes sur leurs poteries et outils.
Nous pouvons voir sur la photo en haut à droite une boule au niveau de la joue…c’est en fait une boule de coca (feuilles de coca) que les habitants de la région mastiquaient régulièrement. C’est encore le cas au Pérou car la coca y est légale.
Suite à cette plongée dans le passé, nous repartons dans le présent afin de remplir nos estomacs. Nous tombons sur un restaurant indien qui ravit nos papilles. Repus, nous nous dirigeons vers un autre musée, le musée del Sombrero de paja toquilla, plus connu sous le nom de « musée du Panama », plus classe que le musée du chapeau de paille… 😆
Nous y apprenons toutes les étapes de la fabrication de ces célèbres chapeaux qui, malgré leur nom, sont en fait originaires d’Equateur. Lors de la construction du canal de Panama, des ouvriers du monde entier en acquièrent pour se protéger du soleil et rapidement, le surnom de Panama est adopté. Même s’ils ont depuis inondé le monde de la chapellerie, les vrais Panama ne sont fabriqués qu’ici, en Equateur, car les plantes qui les constituent ne poussent qu’à Montecristi, sur la côte.
Le musée est en réalité intégré dans les murs du magasin qui ne se contente pas de vendre les chapeaux mais les fabrique aussi in situ. Nous avons ainsi la chance de pouvoir assister à des démonstrations des différentes étapes de production.
Le magasin/usine reçoit les chapeaux tressés des campagnes environnantes. Vous pouvez voir ci-dessous le travail fait par les paysans.
Dans l’atelier du magasin, nous avons pu assister aux différentes étapes de finition comme la découpe, l’assouplissement, le moulage pour donner la forme (par pression à chaud) et la pose du ruban.
A gauche: les brins peuvent être teints afin de faire des panamas colorés / à droite: la découpe
A gauche: les presses pour donner la forme / à droite: la pose du ruban
La finesse du tressage définit la qualité du chapeau et nous découvrons avec surprise que certains peuvent atteindre la somme de plusieurs milliers de francs! Il faut dire que pour les plus chers, le tressage peut prendre plus de 6 mois, alors que pour l’entrée de gamme, on parle de 3 jours.
Après avoir découvert avec intérêt les secrets de leur fabrication, toute la famille passe au stade des essayages. Dommage que nous ne soyons qu’au début du voyage car Philippe est bien tenté d’en acheter un. Mais pas sûr qu’il dure longtemps vu les conditions de voyage dans les bus!
Le jour suivant, nous partons à la découverte d’un mirador afin d’avoir une vue aérienne de la ville. Nous nous rendons ensuite au marché couvert local car, comme toutes les villes d’Equateur, Cuenca a son marché où il est possible d’acheter fruits, légumes et produits carnés de la région.
Voici une vue nocturne de Cuenca depuis la terrasse de notre hostal où nous avons passé une super soirée avec une autre famille française en voyage (Marielle, François, Eline et Léni) ainsi qu’un jeune couple françois. Démarrée comme un apéro, 🍻🍷 (cuvées équatoriennes), cette soirée a fini à passé minuit, pour le plus grand bonheur des enfants ! 🥳
Et voilà, il est temps de retourner à Guayaquil, pour faire les tests PCR requis pour entrer au Perou.