(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
Et voilà, après 25 jours en Bolivie, c’est le moment du bilan. Comme pour les pays précédents, on y est resté un peu plus longtemps que prévu.
Notre bilan de la Bolivie est mitigé. En effet, certains endroits nous ont enchantés mais d’autres aspects ont été plus déplaisants.
Nos coups de coeursfamiliaux Voici en vrac quelques éléments qui nous ont particulièrement plu.
Le Salar d’Uyuni et le Sur Lipez
La découverte du parc national de Torotoro
La visite de La Paz avec Ester
Les téléphériques de La Paz
Le calme de la ville de Sucre
Gabrielle: Ce que j’ai préféré: la sortie jusqu’à la cascade d’El Vergel à Torotoro: les empreintes de dinosaures, la randonnée et la baignade à la cascade.
J’ai moins aimé: l’insécurité ressentie dans plusieurs villes, dont une tentative de vol à l’arrachée de mon natel alors que nous étions dans un taxi. Heureusement, je le tenais bien fort!
Philippe: Ce que j’ai préféré: le lever de soleil sur le miroir formé par l’eau de pluie au Salar d’Uyuni. Un moment de tranquilité et de rêve éveillé.
J’ai moins aimé: le manque de mise en valeur de certains lieux, comme Tiwanaku ou Torotoro. En effet, les moyens alloués par le gouvernement bolivien pour les recherches archéologiques sont dérisoires voire inexistants.
Marine: Ce que j’ai préféré: Sucre, car j’ai adoré le parc aux dinosaures et les cours d’espagnol.
Cliquez sur la photo et regardez sous le dinosaure, j’y suis! 🤩
J’ai moins aimé: La Paz! On était dans un quartier sans resto et j’ai pas du tout aimé le marché aux sorcières où il y avait des bébés lamas morts! J’ai juste aimé l’hôtel (parce qu’il y avait deux chats, c’était super grand et ça ressemblait à Poudlard ⚡️) et les téléphériques.
Estelle: J’ai aimé: Torotoro…j’y ai tout aimé!
J’ai moins aimé: la bagarre que j’ai vue dans la rue en sortant du marché de la Paz.
Statistiques de notre séjour en Bolivie
Nombre de jours: 25
Distance parcourure: 1938km, sans compter tous les petits trajets en taxi, ni la sortie dans le Sur Lipez et le Salar d’Uyuni (environ 1500km) ni les kilomètres passés à marcher!
Budget prévu: CHF 2520.-, c’est à dire 105.- par jour, pour nous 4
Budget dépensé: CHF 3104.- (sans les vols). Pour ce pays, nous avons donc dépassé notre budget d’environ 600.- Ce dépassement s’explique car, contrairement à ce que nous avions planifié, le coût de la vie en Bolivie est très similaire à celui des pays précédents. (De plus, le séjour chez la famille à Sucre a coûté beaucoup plus cher que ce à quoi nous nous attendions…)
Pour plus de détails sur nos aventures en Bolivie, n’hésitez pas à lire les articles précédents.
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Cela nous prendra deux jours et 24 heures de bus pour passer de Tupiza à Yacuiba. Nous passons une nuit à Tarija, jolie ville dans laquelle nous serions volontiers restés un peu plus longtemps. Yacuiba/Salvador Mazza (le nom est différent selon le côté de la frontière) est la seule frontière terrestre entre la Bolivie et l’Argentine qui soit ouverte aux touristes depuis la pandémie. C’est frustrant car il existe un point de passage frontalier tout près de Tupiza, Quiaca/Viason mais il n’est ouvert qu’au trafic commercial.
Après ce long voyage, c’est le grand jour, nous allons passer la frontière du quatrième pays de notre voyage: l’Argentine 😃. Et enfin par voie terrestre!
Nous nous réveillons tôt afin d’être à 8h à la frontière (qui ouvre à 7h) car on nous a averti que le passage pouvait être long. La frontière est marquée par un pont, enjambant la rivière servant de démarcation naturelle. En arrivant, la file n’est pas si longue que ça, on est « seulement » au bout du pont d’environ 50m. Nous sommes donc optimistes et nous nous disons même que nous arriverons sûrement à attraper le bus de 10h30 pour Salta (au nord de l’Argentine)…Vous pensez bien que si nous écrivons un article sur ce passage, c’est que nous nous sommes grandement trompés 😝 🤦🏼♂️🤦🏼♀️ ! La file avance à pas de fourmi très fatiguée et nous avons le temps de faire connaissance avec nos voisins, la plupart en route pour des vacances (de loisirs ou pour voir leur famille). Par chance, le ciel est nuageux et l’attente n’est pas trop désagréable. Nous nous sommes bien préparés au passage grâce aux conseils de personnes rencontrées en Bolivie ou sur les groupes Facebook des voyageurs en Bolivie/Argentine ainsi qu’avec les recherches faites sur les sites des gouvernements bolivien et argentin. Ces recherches sont toujours fastidieuses car chaque pays a ses exigences qui, en plus, changent constamment! C’est donc avec confiance que nous pensons avoir tous les justificatifs en version imprimée: copie des certificats de vaccination, copie des résultats des tests PCR des filles effectués le jour précédent, copie des attestations d’assurance pour la couverture COVID, copie des déclarations d’immigration. Mais malgré notre dossier très fourni, nous nous rendons compte, après discussion avec nos voisins et avec le militaire (argentin 🤔 ) qui surveille la queue, qu’en contradiction avec ce qui est écrit sur le site officiel bolivien, même les passeports doivent être photocopiés, bien qu’ils soient déjà « en format papier ». Philippe se rend donc à l’une des très nombreuses échoppes qui précèdent le pont afin de faire les copies demandées… un juteux buisness, vu le nombre d’aller-retours entre le pont et ces boutiques! Nous constatons qu’en fait personne dans la queue n’a exactement tous les papiers nécessaires tellement c’est compliqué! Pour l’anecdote, personne ne nous réclamera finalement la copie des passeports… 🤬. On ne vous explique même pas si nous avions voulu passer avec un véhicule privé (les témoignages sur les différents groupes de voyageurs en camping car sont éloquents! 🙃). D’ailleurs, durant cette première file, nous voyons passer deux mobilhomes suisse-allemands, qui eux sont passés en sens inverse… et apparemment avec succès! Vu l’attente qu’ils ont dû avoir de l’autre côté, nous ne les arrêtons pas pour papoter 😂.
2h30 après notre arrivée, nous arrivons au bout du pont… et une pluie battante se met à tomber! Par chance, c’est à notre tour de passer pour nous mettre dans la prochaine queue (et oui, il y en a plusieurs, histoire de briser un peu la monotonie 😜) et la personne responsable de la transition nous permet de nous abriter sous le seul arbre des environs. On a énormément de chance, car les gens sont vite douchés!
Arrivés prêts du poste frontière bolivien, nous nous rendons compte qu’il faut faire encore deux autres queues… on n’est pas sortis de l’auberge! Et bien sûr, nous n’avons plus aucune illusion sur la possibilité d’attraper le bus de 10h30 🙃, mais peut-être celui de 13h30🍀? Dans cette queue, nous découvrons la raison de cette lenteur… tout est fait sur papier, à la main! De plus, il y a non seulement les personnes voulant sortir de Bolivie, mais aussi celles qui veulent y entrer… le monstre cheni (dédicace aux Calvayrac 😉) et parfois un peu de tension. Bref, 1h plus tard, c’est à notre tour… avons-nous tous les papiers? 😬 Ouf, c’est le cas! 😅
Nous pouvons ENFIN passer du côté argentin! Au bureau argentin, trois employées désoeuvrées se tournent les pouces… tout est informatisé ici! Elles se répartissent alors nos quatre passeports, elles doivent se dire « chouette quatre personnes en même temps! » 😛 L’inscription se fait en 3-4 minutes et ON PASSE LA FRONTIERE! Il est 13h, vite nous nous dépêchons pour atteindre le terminal afin de prendre notre bus pour Salta. Nous arrivons à la station des Omnibus (c’est comme ça qu’ils appellent les cars) et…. nous n’avons pas pris en compte le changement d’heure, Il est déjà 14h sur le sol argentin! Nous avons donc loupé le bus pour 30 minutes 😫.
Bref, nous devons patienter encore 2h30 pour le prochain bus. Le trajet est sensé durer 7h, mais comme nous sommes arrêtés deux fois sur la route pour des contrôles de police, nous arrivons à Salta à 1h du matin (au lieu de 23h)! Les douaniers étaient à la recherche de drogues et de dollars, le trafic étant abondant sur cette frontière. Bon, ces pauses nous ont permis de découvrir le travail des chiens policiers. Le policier a voulu montrer à Philippe comment le chien s’y prenait pour trouver des dollars, mais malheureusement nous n’en avions pas!
Ce passage en Argentine aura donc pris 18h au lieu des 9h prévues. 😳 Au niveau écologique, c’est mieux de ne pas prendre l’avion, mais il faut s’armer de patience! Les filles ont d’ailleurs été très braves durant cette attente au milieu de nulle part.
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C’est très impatients que nous arrivons à Tupiza, notre ville de départ pour notre escapade de 4 jours et 3 nuits dans le désert du Sur Lipez et le Salar d’Uyuni.
Le départ n’étant prévu que le surlendemain de notre arrivée, nous avons organisé une surprise pour Estelle: une sortie à cheval de 3h dans le désert et les gorges environnantes. C’est avec excitation et appréhension que nous partons les quatre au ranch.
Nous avions pensé que Marine ne serait pas partante et que Philippe allait rester avec elle…mais en fait elle est motivée! Les chevaux sont très hauts et les filles, …et nous 🤪, ne sommes pas très rassurés. La propriétaire prend le temps de nous faire connaître les chevaux et c’est apaisés que nous partons avec notre guide. Il faut savoir que seule Estelle sait monter…
La sortie se fait dans des paysages magnifiques et nous visitons la Puerta del Diabolo, le Valle de los Machos et le Cañon del Inca. Les filles sont tellement en confiance que, sur le chemin du retour, elles demandent régulièrement à notre guide de faire du trot. Les fesses de Gabrielle et Philippe apprécient moins ce changement d’allure… 🤪
La fine et fière équipe au retour!
Pour remercier nos montures, nous les pansons une fois de retour au centre équestre.
C’est le Jour J, et c’est avec plaisir que nous faisons la connaissance de Tito et Augustina, notre chauffeur et notre cuisinière pour cette aventure. Nous vivrons un peu comme en famille avec eux pendant 4 jours. Tito se révélera très prévenant et Augustina une cuisinière hors pair!
Cette photo n’a pas été prise au départ…mais comme ça vous pouvez nous voir tous les six.
Le départ est à 8h00 car nous avons énormément de kilomètres à faire en cette première journée, dont la majorité sur de la piste, comme ce sera d’ailleurs le cas pour les autres jours. Le désert du Sur Lipez est à plus de 4’000m d’altitude et le Salar d’Uyuni à plus de 3’600m. Tito s’assure régulièrement que nous allons bien car il lui est souvent arrivé d’avoir des touristes souffrant du mal d’altitude. Par chance, cela fait trois mois que nous ne faisons que monter et descendre en altitude, alors tout se passe bien.
Sur la route, nous passons par de beaux paysages
Les lamas seront nos compagnons de voyage durant tout le long de cette journée. Nous avons la chance d’assister au début d’un accouchement d’une lama et ensuite de croiser une autre maman qui venait de mettre bas.
Femelle Lama en cours d’accouchement / Une mère lama encourageant son nouveau-né à se lever et les compagnons qui admirent le bébé 😍
Décorations d’oreilles, manière courante pour les propriétaires de marquer leurs lamas / tonte de lamas
Nous ferons une pause repas chez une habitante qui nous abrite afin de manger le repas préparé par Agostina. C’est notre premier repas et nous nous rendons compte à ce moment-là que nous allons nous régaler pendant ces 4 jours! 😋
Les filles ont trouvé un copain…nous avons d’ailleurs l’impression qu’en Amérique du Sud il n’y a que des chiots!
Nous repartons pour la suite du trajet et admirons de nouveaux paysages désertiques. Les montagnes enneigées surplombant le désert donnent aux paysages une allure enchanteresse.
Une halte nous fera découvrir Pueblo Fantasma (le village fantôme). Ce village a été construit par les Espagnols afin d’exploiter les mines d’or et d’argent des alentours. Comme un peu partout, les mineurs y meurent en nombre. Une nuit, tous les habitants s’enfuient d’un coup et le village est abandonné. Selon la légende, les habitants auraient été transformés en vizcachas, animaux qui peuplent le site (voir plus bas). Les mines resteront utilisées jusque dans les années 1950.
L’attraction principale du site, ce sont les vizcachas. Elles sont partout, mais très bien camouflées! Ce sont des hybrides entre un lapin et un écureuil: tête et corps de lapin avec une queue d’écureuil. A vous de les trouver (cliquez sur les photos pour les voir en grand. D’ailleurs cela fonctionne pour toutes les photos 😉 ).
Et une vidéo:
Le soir, nous dormons dans un lieu qui est fait exprès pour ces tours. Le premier, prévu par Tito, n’est pas ouvert et c’est après avoir toqué à plusieurs portes que nous trouvons un logement. Tito nous explique qu’avant le Covid ces logements étaient très nombreux et constamment remplis..mais il n’en reste maintenant qu’un (voire deux) ouverts par nuit pour accueillir les rares groupes. Ces lieux comportent des chambres et des salles de bain communes, plus ou moins rustiques. Avec une pièce pour les cuisinier.ères.s qui ont tout leur matériel et provisions avec eux. Comme le lieu a été improvisé, nous dormons à 4 dans 3 lits plutôt étroits.
Après une nuit tranquille car il n’y a pas grand monde, mais un lever à 6h du matin, nous repartons sur les routes du désert du Sur Lipez. Nous allons visiter la réserve nationale de la faune andine Eduardo Avaroa.
C’est la première fois du voyage que nous voyons des autruches (nous ne savions même pas qu’il y en avait en Amérique du Sud)!
C’est le jour des lagunes, toutes de couleurs différentes et certaines sont magiques! Comme la saison des pluies a commencé, nous ne pourrons pas toujours admirer les lagunes dans toute leur splendeur, le soleil jouant à cache-cache.
Laguna Hedionda
Laguna Kollpa
Desierto de Dali
Dans le fond, il y a la palette de couleur de Dali
Laguna verde Lagune magnifique, qui devient vert turquoise selon les conditions météorologiques et le moment de la journée.
Cette matinée ayant commencé tôt, nous arrivons fatigués au lieu du repas de midi. Comme nous savions que nous allions y trouver des thermes, nous étions tous motivés à atteindre cette étape! Nous sommes agréablement surpris d’y découvrir des thermes tout simples mais bien entretenus et dans un paysage magique.
Nous sommes entourés de flamands roses et de vigognes!
Après un très bon repas, nous partons découvrir des geysers en plein désert, au lieu dit « Fumaroles« . Ces geysers sont une source de chaleur extrême avec un potentiel énergétique immense. Une usine est en construction à 1-2 km de là pour essayer d’exploiter cette richesse calorifique. La couche est parfois mince et nous suivons avec attention les conseils de Tito pour nous déplacer au milieu de ces puits de boue bouillante et des nuages de fumée! L’odeur de souffre n’y est étonnament pas trop forte.
Nous enchaînons avec la visite d’une magnifique lagune, la Laguna Colorada. Le vent y est très fort et après nos nombreux arrêts de la journée, les filles ne sortent que quelques minutes de la jeep pour y jeter un coup d’oeil 🤪 . Elles ne font donc pas la petite balade autour de la lagune et c’est en amoureux que nous découvrons celle-ci et les très nombreux flamands roses qui s’y prélassent.
Nous arrivons en milieu d’après-midi au refuge où nous passerons la nuit. Celui-ci est plein et nous nous retrouvons à 80% entre francophones! Nous sommes donc 22 touristes dont un couple âgé, nous et 16 vingtenaires prêts à passer une bonne soirée à boire et discuter…bref nous mettons du temps à nous endormir 😜. Le lever le lendemain à 6h00 pique les yeux!
Au petit déjeuner, Tito nous apprend que nous ne pourrons pas traverser le Salar d’Uyuni pour nous rendre à notre hôtel de l’autre côté de ce désert de sel, car la pluie des jours précédents a trop fragilisé la couche de sel. De plus, les nuages cachent les montagnes qui servent de boussole dans cette immensité blanche. Sans réseau, nous ne pourrions par être secourus en cas d’embourbement ou de perte d’orientation dans ce désert de plus de un hectare. Nous allons donc aussi rater la découverte de l’île rocheuse au milieu de ce désert salin, l’Isla Incahuasi et ses cactus. Nous prenons la route « normale » un peu déçus, mais rassurés par la décision de Tito de ne pas nous mettre en danger.
Comme nous sommes à nouveau parti à 7h du matin, nous arrivons tôt à notre premier arrêt: l’arbol de piedra. Cette formation rocheuse a été sculptée par le vent et le sable au fil des millénaires.
Nous passons un moment agréable au calme.
Laguna Q’ara et Laguna negra.
Nous sommes presque arrivés à notre prochain logement, mais nous effectuons un dernier arrêt au « cimetière des trains » d’Uyuni. A la fin du XIXe siècle, cette gare était sur la plus importante route du chemin de fer qui reliait les mines de Bolivie à l’océan pacifique. Dans les années 1940, les mines commencèrent à s’épuiser et le chemin de fer est alors laissé à l’abandon.
Tout est bien rouillé 😉
La route aura été longue et sans grand changement des deux jours précédents. On y rencontre cependant de temps à autre des panneaux insolites:
Nous sommes contents d’arriver en fin de journée aux abords du Salar. Nous sommes émerveillés par notre hôtel, fait à 90% de sel (du sol au plafond en passant par le mobilier…on dormira même dans des lits de sel).
On peut/pourrait même lécher le sol ou assaisonner nos plat..les filles s’y sont essayées 😝
Le soir, nous partons assister au coucher du soleil. Malheureusement, le ciel se couvre rapidement et il se met à pleuvoir, l’orage se rapproche et des éclairs impressionnants s’enchaînent devant nos yeux. L’avantage est qu’avec l’eau sur le sel, le Salar devient un miroir!
Le lendemain, le lever est à 4h45 pour aller admirer le lever du soleil. Nous avons de la chance car les nuages se sont partiellement dissipés!
Il fait vraiment frisquet en raison d’un fort vent, Tito et les filles ne sortent que quelques secondes. Ils préfèrent admirer l’apparition du soleil depuis la jeep. 💨🥶
Après ce moment unique, nous partons plus loin sur le Salar cette fois. Il est le plus grand désert de sel au monde avec une superficie de 10 500 km². Il y a près de 15’000 ans, la disparition d’un lac préhistorique a formé une étonnante couche de sel dans un périmètre de 150km par 100 km!
Après 2-3 kilomètres dans cette immensité blanche, nous arrivons au premier hôtel construit en sel. Il n’est plus exploité et il a été transformé en « musée ». Il n’est que 6h et le gérant n’est pas encore réveillé…on a beau toquer, on ne peut pas rentrer. C’est donc abrités du vent derrière la jeep que nous prenons notre petit déjeuner.
Il y a plusieurs monuments en mémoire du Dakar passé par là en 2014
Une fois réchauffés grâce au thé chaud, le gérant nous ouvre enfin et nous pouvons profiter de leurs toilettes 😜 ainsi que nous promener un peu dans cet ancien hôtel devenu musée.
Et maintenant c’est parti au milieu de nulle part pour les traditionnelles photos du Salar d’Uyuni: les illusions d’optique! Comme il n’y a aucun élément qui permet de se rendre compte de la profondeur, tout est blanc, on peut bien s’amuser. 😃
Et un film:
Les coulisses de la prise de vue…parfois c’est pas vraiment réussi! 🤣
Perspective ratée car on voit la profondeur, pieds qui dépassent, flous, etc.
Nous finissons donc ce road trip en beauté! Nous vous épargnons les détails des six monotones heures de route pour rentrer à Tupiza 🙃.
En résumé, énormément de route, mais une expérience unique avec des moments magiques et magnifiques qui alternent avec des moments…un peu ennuyeux. Toutefois, ne faire que le Salar d’Uyuni à la journée aurait vraiment été dommage.
Un road trip qui restera gravé dans nos mémoires!
Les trois prochains jours seront à nouveau constitués de beaucoup de route afin rejoindre la frontière terrestre. En effet, nous allons passer en Argentine! Mais on ne vous dit pas encore tout maintenant, suite au prochain épisode!
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Sur le chemin vers notre prochaine destination, nous faisons une halte de 24 heures à Potosi. Nous sommes surpris par cette petite ville, plus jolie que nous ne l’avions pensé!
Cette ville est dominée par le Cerro Rico, « montagne riche », une colline exploitée depuis le milieu du XVIe pour son minerai d’argent. La ville a été fondée en 1545 pour exploiter cette richesse afin d’alimenter les caisses de la couronne d’Espagne. Tout cet argent a servi à entretenir ses armées ainsi que construire certains ouvrages de prestige. La richesse de son sous-sol avait fait de la ville une des plus riches et importantes de l’empire espagnol d’Amérique. L’extraction du minerai était effectué par le travail forcé des populations indigènes qui moururent par milliers suite à des problèmes respiratoires causés par la poussière dans les mines, ou bloqués dans celles-ci après des éboulements. Depuis le début du XIXe siècle, l’argent se fait rare et l’étain devient peu à peu la principale resource tirée de la mine. Malgré la modernisation de la ville, le travail dans les mines est de nos jours toujours aussi précaire et dangereux 😥. Même s’il s’agit d’une des attractions principales de la région, nous refusons de visiter les mines, sachant que des personnes continuent d’y souffrir et d’y mourrir.
Après avoir posé nos bagages à l’hôtel, nous partons trouver un restaurant ouvert un dimanche soir….une rareté! Chemin faisant, nous tombons sur la place centrale, en cours de décoration pour Noël.
Assez chargée, mais ça nous plait de voir enfin des décorations de Noël 😉.
Le lendemain, nous partons visiter la Casa de la Moneda, qui date de 1754. Ce lieu a été une des plus grandes fabriques de monnaies du continent, vu son accès direct au minerai nécessaire à sa fabrication.
Nous commençons par visiter la partie du bâtiment qui était habitée à l’époque par les gestionnaires de la fabrique. Les murs de la première salle sont couverts de représentations de La Virgen del Cerro. Ces tableaux montrent bien le syncrétisme, courant à cette époque: mélange du christianisme avec les croyances locales. Le Cerro Rico était considéré par les locaux comme une importante divinité féminine andine et le plus petit cerro d’à côté comme son enfant. Il a donc été facile de « remplacer » cette divinité par la Vierge avec une robe triangulaire symbolisant la montagne.
On y voit également le soleil et la lune, deux divinités très importantes dans les religions andines.
Dans les pièces suivantes, nous découvrons des tableaux peints par des indigènes afin de raconter les histoires de la Bible:
Déplacement de Marie, Joseph et Jésus pour sa présentation au Temple de Jérusalem / Jésus à 12 ans au temple, en discussion avec les maîtres de la Loi.
Nous continuons notre visite pour découvrir la partie industrielle du bâtiment. Les premières pièces de monnaie frappées étaient de formes peu précises (un rond un peu ondulé). Afin d’améliorer la forme, les pièces sont passées d’une composition de 80% d’argent à 75% d’argent, ce qui les a rendues plus solides et plus rondes.
Au milieu en haut: le logo qui était frappé sur toutes les pièces fabriquées ici: PTSI = Potosi. En bas à droite: un modèle du galion Nuestra Señora de Atocha dont les cales étaient remplies d’argent (en barres ou en pièces) pour la couronne d’Espagne et qui a fait naufrage en mer proche des côtes de Floride.
Nous passons ensuite aux machines utilisées pour la fabrication. La frappe de la monnaie est passée d’un travail manuel à des machines actionnées par des mûles, puis par la vapeur et enfin mûes par l’électricité.
Les conditions de travail étaient extrêmement dures. Les indigènes y étaient exploités et énormément d’entre eux mourraient après quelques mois à cause des vapeurs, des feux, de la chaleur, des accidents, etc.
Après cette sensibilisation des filles au dur travail dans les mines et dans la fabrique, nous quittons Potosi pour Tupiza, lieu de départ de 4 jours dans le Sur Lipez et le Salar d’Uyuni.
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Pour notre séjour à Sucre, nous avons pris l’option de prendre 4 jours de cours d’espagnol (pour les filles et Gabrielle) et de vivre chez une famille bolivienne. Nous aurions souhaité que les filles aient des pairs avec qui parler espagnol, mais depuis la pandémie, les familles avec jeunes enfants n’ont pas repris l’accueil des étudiants. Le séjour en famille consiste en une demi-pension: petit-déjeuner et dîner (en famille)…les Boliviens ne soupent pas ou juste quelque chose sur le pouce chacun de son côté! Nous avons toutefois utilisé la cuisine le soir pour nous faire à manger.
C’est à 4h30 du matin que nous arrivons en bus au terminal de Sucre. Nous sommes un peu inquiets car, pour une fois, nous sommes en avance et c’est un peu tôt pour arriver dans la famille! Nous sommes fatigués de cette nuit très courte et nous nous disons « bon, bein, essayons… ». Arrivant 30′ plus tard à la porte du garage de la famille, nous avons la chance d’être accueillis par Marcela, la mère. Nous découvrons avec plaisir nos chambres (et nos lits), au dernier étage de la maison. « Malheureusement », Marcela nous dit en nous quittant « reposez-vous, le petit-déjeuner sera prêt dans 1h30 » 🤪. Les filles se couchent et nous essayons de nous reposer un maximum avant de descendre pour le petit-déjeuner. Nous faisons connaissance des membres de la famille au fur et à mesure de la journée: Pablo, le père, Fabiana, l’aînée de 22 ans et Jorge Luis « Coco », le fils de 18 ans. Monica travaille dans l’immobilier, Pablo est avocat, Fabiana fait des étude de dentiste « à distance » depuis le début de la pandémie (pas très pratique pour exercer les gestes pratiques…) et Coco a fini son collège à la fin de notre séjour (début des longues vacances). Il est important de mentionner 4 autres membres de la famille: Mozzarella (une chienne), Mortadella (une boxer dynamique) et 2 chats. Les filles étaient contentes de ces nombreux compagnons à quatre pattes mais apeurées de sortir, car Mortadella voulait toujours jouer et montrait sa joie de manière un peu trop exubérante à leur goût. La traversée du jardin était donc régulièrement épique: tenir Mortadella et distraire Mozzarella pendant que les filles se faufilent hors d’atteinte. 🤪 Les chats ont donc plus eu la cote comme vous pouvez l’imaginer!
Coco est le photographe (il était en pyjama 😉 ).
Après le repas de midi, nous partons en ville pour remplir les dernières formalités afin de commencer les cours d’espagnol le lendemain et découvrir cette ville plutôt tranquille et jolie. Cependant, juste avant de partir, Gabrielle chute dans les escaliers et nous devons rajouter une visite dans une clinique à notre programme car son coude présente une entaille qui nous semble un peu trop profonde…résultat: 2 points de suture!
Après un examen écrit pour Gabrielle afin d’évaluer son niveau, tout est prêt pour commencer nos leçons le jour suivant, avec Lili, notre professeur. Gabrielle aura cours de 8h à 10h et les filles de 10h30 à 12h00. Après le passage par la case couture, nous partons découvrir le centre ville.
Le lendemain, c’est donc Gabrielle qui ouvre le bal des cours durant 4 jours, suivie des filles. Voici un petit résumé de ce que nous avons appris: Gabrielle: la déclinaison des verbes au passé que j’avais pas mal oubliée (depuis mes premiers et derniers cours d’espagnol au Guatemala pendant 2 semaines en 2004). Marine et Estelle: déclinaisons de quelques verbes de base au présent, vocabulaire de base: couleurs, animaux, vie courante, etc.
Nous avons été très contentes de ces cours et les filles étaient très enthousiastes de retrouver les bancs d’école. Même les devoirs étaient faits avec plaisir et assiduité 😉. Le travail scolaire avec nous n’est pas toujours aussi motivant apparemment 😂. Un article sur l’école en voyage paraîtra bientôt.
Durant nos 5 jours à Sucre, le rythme sera le même: cours le matin, dîner avec la famille et visites l’après-midi. Voici un petit aperçu de nos visites:
Le Parc du Crétacé
Ce parc se trouve juste en dehors de la ville. Il nous permet de faire le lien avec ce que nous avons eu le plaisir de découvrir à Torotoro. En arrivant sur le site, nous sommes impressionnés par la paroi de 1500m de long et 110m de haut qui est parsemée de près de 12’100 empreintes de dinosaures! Celles-ci constituent plus de 460 chemins empruntés, il y a environ 68 millions d’années, par des dinosaures de huit espèces différentes. Ce site est très particulier car il se trouve au milieu d’une cimenterie, encore en fonction. C’est en creusant pour trouver du nouveau matériel de fabrication pour la cimenterie que ce mur a été découvert.
Ce site était autrefois les berges d’un lac qui, au fil des millions d’années, ont été poussées à la verticale.
Le parc aux dinosaures a été construit tout près du mur et nous pouvons y admirer les huit spécimens, en taille réelle, qui y ont laissé leurs empreintes.
Sur le parcours, nous pouvons utiliser notre natel afin de donner vie aux dinosaures, cela nous plaît beaucoup 😃.
Nous finissons notre visite par une balade virtuelle du lieu au temps de ces créatures au moyen de masques de réalité augmentée. Sympa et impressionant!
Le Mirador de la Recoleta
Ce mirador nous permet d’avoir une belle vue sur le centre historique de Sucre.
Nous y rencontrons une famille française en voyage, Olivier, Stéphanie, Clara (10 ans) et Mila (8 ans). Les filles font rapidement connaissance et après une partie de « 1-2-3 soleil » (version enfant car elles ont été épargnées de la version Squid Games puisque nous ne sommes pas connectés au monde des préaux européens), nous nous donnons rendez-vous le lendemain pour une visite d’un parc, du marché central et d’un couvent.
Le parc Simon Bolivar, le marché central et l’église et couvent San Felipe Neri (dédicace spéciale au parrain de Marine et sa famille 😉 )
Nous passons notre troisième après-midi de visite avec la famille rencontrée hier. Direction le très grand parc Simon Bolivar avec beaucoup de verdure et de nombreux lieux de divertissement pour les enfants. Les filles s’essayent à la roue acquatique…de vraies hamsters! 😂
Les aînées, puis les cadettes / une mini-tour Eiffel
Après ce moment de détente et une bonne glace, nous partons au marché central afin de nous désaltérer. C’est en effet toujours au marché que nous dégustons les meilleurs jus de fruits!
Choix des fruits et dégustation!
C’est repus que nous partons au couvent San Felipe Neri dont la vue depuis les toits serait magnifique. C’est avec une grande déception que nous voyons que le lieu a fermé il y a 15’…mais c’était sans compter sur le pouvoir de persuasion d’Olivier qui réussit à nous faire entrer! 😃
La réputation de ce lieu n’est pas volée, la vue sur cette ville blanche et aux toits ocres est magique! Le nom « Ciudad Blanca » donné à Sucre nous apparaît dans toute sa splendeur!
En haut, nous pouvons voir les bancs d’expiation d’époque / les toits sont en vagues afin de mieux évacuer la pluie.
La construction de ce couvent a commencé en 1795 et elle a duré un peu plus de 5 ans. Des évangélistes l’ont fait construire par les Quechuas, en les convainquant que cette tâche leur permettrait d’effacer leurs péchés et donc d’accéder à la vie éternelle. Malheureusement, les conditions de travail étant très durs, beaucoup d’entre eux en sont morts…
Certains tableaux datent de cette époque. Cette représentation de la Cène a été peinte par un indigène et nous pouvons y voir certains détails inhabituels car le peintre a dû imaginer certains éléments qui lui semblaient indispensables pour un dîner: des piments, un cuy, et des chiens sous la table.
Depuis l’indépendance de 1825, le couvent a été transformé en école pour filles jusqu’à 18 ans. Il y a actuellement 20 classes qui totalisent 400 à 500 élèves. L’internat est fermé depuis plusieurs années.
Pour clore cet après-midi en beauté, nous prenons un apéro-dinatoire dans une cour intérieure…qui finira sous un orage! Après des adieux au coin d’une rue, nous espérons nous revoir plus tard en Argentine.
C’est sur cette sympathique et dernière soirée que nous finissons notre séjour à Sucre.
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
Pour rejoindre Torotoro, nous devons passer par Cochabamba, 3e plus grande ville de Bolivie. En arrivant, nous marchons vers notre hostal qui se trouve proche du terminal des bus. Nous apprendrons plus tard que la zone est peu fréquentable car les trafiquants de drogues y ont fait leurs quartiers… Bref, on a eu de la chance !
L’attraction principale de la ville est une statue du Christ, la plus grande du continent, dépassant de 6m la célébre statue de Rio. Faute de temps, nous ne l’observerons que de loin.
Nous ne restons qu’une nuit à Cochabamba et prenons le lendemain un mini-van pour Torotoro. La route est sinueuse et la dernière partie se fait sur de la piste…nous sommes contents d’arriver au village en fin de journée! 😜
Le village se trouve en plein coeur du parc national de Torotoro. Nous y retrouvons à nouveau un peu plus de touristes qu’habituellement (bon, rien à voir avec avant la pandémie!) car ce parc est connu pour les très nombreuses traces de dinosaures visibles en plusieurs endroits et ses jolies excursions. Nous nous renseignons sur les activités possibles pour le lendemain et c’est avec impatience que nous allons nous coucher.
Toutes les sorties se faisant avec un guide, nous partons à l’agence des guides…bien vide! Comme nous sommes quatre, nous constituons un groupe à nous tout seul et c’est donc à 5, avec Oscar, notre guide pour ces prochains jours, que nous partons pour une randonée de 8h pour découvrir des traces de dinosaures et la cascade « El Vergel ».
Nous commençons par aller observer des plaques avec de nombreuses traces de dinosaures. Ces empreintes se trouvant sur trois plaques géologiques succcessives, les auteurs de ces traces ont donc vécu à trois époques distinctes.
C’est impressionant!
Nous apprenons à différencier les traces de – sauropodes (herbivores, dont par exemple le diplodocus) – tétrapodes (carnivores, dont par exemple le T-Rex) et – ornithopodes (herbivores à bec dur, dont par exemple l’iguanodon). Et à déterminer le chemin emprunté par ceux-ci.
Les empreintes sont plus petites que la taille du pied de l’auteur car après le pas, la terre rétombait un peu en dedans.
Sur ces deux photos, l’empreinte ressort (trace négative). Cela peut arriver: – soit parce que c’est l’envers de l’empreinte et donc que la pierre a été retournée. En l’occurence, en ce lieu, c’est lors de la construction de la route qu’une machine a retourné ce rocher, révélant l’empreinte. – soit parce que la terre autour de la trace était plus friable et donc l’érosion s’y est fait plus rapidement. La trace est restée présente car la terre, ayant été tassée par le poids du dinosaure, s’est érodé beaucoup plus lentement.
Après cette plongée dans le passé, nous repartons pour continuer notre randonnée, direction le canyon! Nous sommes motivés malgré la chaleur car il y a une rivière au fond et des cascades où nous baigner!
La rivière est boueuse car il y a eu un orage la nuit précédente…allons-nous pouvoir nous rafraîchir? 😬
Le canyon est profond et la plateforme impressionnante !
Après une descente très raide (env. 300m en 1km) et 500m d’escalades de rochers dans la rivière, nous voici au lieu tant attendu: la cascade! L’eau qui tombe vient de la montagne et elle est donc claire 😃! Pour y arriver, nous devons traverser la rivière boueuse, mais vous pouvez voir que cela ne nous a pas dérangés!
Après cette pause rafraîchissante, c’est la remontée dont une bonne partie au soleil! Nous sommes vite réchauffés, mais c’est avec dynamisme que nous atteignons le sommet…on a même été un peu vite pour notre guide 🤪. Il n’avait pas d’eau du tout (un peu inconscient par ces températures dans une région désertique…) et refusait la nôtre « j’ai l’habitude ». Bon, arrivé en haut, à une petite buvette tenue par la communauté à qui appartient le terrain, il cède devant notre insistance…et boit son ½ litre de limonade d’un coup! Les deux jours suivants, les filles nous feront vite remarquer qu’il a pris une bouteille (de coca) cette fois 😉.
Pour la fin de la boucle, nous passons par le lit de la rivière (eh oui, nous redescendons!!! 😬) pour découvrir des peintures rupestres datant d’entre 9’000 et 3’000 avant J.-C. Ces symboles n’ayant pas été étudiés (le gouvernement bolivien n’est décidément pas enclin à valoriser son patrimoine historique…), personne ne sait ce qu’elles représentent.
Les filles laissent également une trace de leur passage 😉
Le jour suivant, nous repartons avec Oscar pour une deuxième visite. Cette fois-ci, moins de marche, nous partons en 4×4 visiter la Ciudad de Itas. Il s’agit d’une succession de formations rocheuses et de grottes/cavernes tout à fait remarquables.
Tout au long de la route, nous pouvons admirer le travail de l’érosion sur les montagnes alentour.
Une fois arrivés à la première caverne, nous découvrons à nouveau quelques peintures rupestres qui nous prouvent l’utilisation de ces abris par des hommes, il y a quelques milliers d’années. La première population sédentaire serait celle des Tiwanakus, civilisation que nous avons pu découvrir depuis La Paz.
La suite de la randonnée nous fait découvrir de magnifiques espaces alternant entre formes géologiques qui nous font penser à des figures connues et cavernes aux dimensions impressionnantes.
A gauche: un iguane / A droite: une tortue marine.
A droite: à nouveau un petit air de passage Monnetier 😉.
Nous pouvons admirer ici une particularité luminescente: selon l’angle de vue de cet espace, des micro-algues se mettent à réfléchir la lumière et donnent cet aspect doré à la roche.
En haut à gauche: Oscar, notre guide nous explique que cet espace était le repère de voleurs de vaches de la région car il n’y avait qu’une seule entrée/sortie. Ils venaient y tuer les vaches volées et préparer leur viande afin de la revendre…aux ex-propriétaires! / En haut au centre: une vizcacha, mi-lapin, mi-écureuil.
La cathédrale et ses jeux de reflet.
Une fois cette ballade de 2h terminée, nous reprenons la jeep pour nous rendre sur un autre site où nous découvrons à nouveau de très nombreuses traces de dinosaures. Nous tentons à nouveau de décrypter à quel animal elles appartiennent, dans quelle direction il se dirigeait, etc.
Certaines empreintes ont été remplies de cailloux rouges (par des guides) pour mieux les voir et donc déterminer le chemin emprunté par le dinosaure.
C’est ainsi que se termine cette deuxième journée de découverte, mais une dernière aventure nous attend le soir de cette longue journée 🙃. En effet, alors que nous sortons souper, la pluie se met à tomber fort et ne s’arrête plus. En plus de transformer les ruelles du petit village en rivière, la tempête éclate et le tonnerre gronde. Après avoir attendu 1h après la fin de notre repas, nous nous décidons à braver la tempête malgré tout. Au moment de sortir du restaurant, un éclair monumental nous cueille sur le perron et provoque le retour illico presto de toute la famille à l’abri. Un peu choqués et peu rassurés, nous attendrons encore une bonne demi-heure à jouer au jass avant d’oser réintégrer nos pénates… 😅
En ce dernier jour à Torotoro, nous avons choisi de visiter le site du cimetière des tortues. Il s’agit d’une zone proche du village dans laquelle des archéologues ont mis à jour de nombreuses carapaces de tortues marines. Nous commençons par la visite d’un petit musée qui nous donne quelques compléments d’explication sur les traces de dinosaures, la zone où nous nous trouvons, ce qu’on va y admirer et le travail effectué par les chercheurs.
Nous sortons ensuite afin de découvrir les fossiles in situ. Pendant la petite heure de ballade, nous avons le plaisir d’admirer une multitude de carapaces, de toutes tailles, qui apparaissent de-ci de-là dans les collines. Ces carapaces fossilisées ont été reconstituées par des scientifiques: les morceaux ont été étudiés et resensés, puis « collés » ensemble pour reformer les carapaces. Ces dernières sont ensuite replacées où elles avaient été trouvées. Oscar nous explique qu’une toute partie du terrain a été étudiée, et que tous les endroits où il y a de la terre rouge il y a de nombreux fossiles. Les carapaces ont été retrouvées éparpillées car les pluies lavent régulièrement le sol. De nouvelles carapaces sont régulièrement mises à jour par la pluie, mais elles ne sont pas protégées et elles s’éparpillent donc rapidement. L’étude du terrain a été arrêtée car il n’y a plus de fond pour payer des équipes scientifiques étrangères. En effet, les jeunes gens de la région et du pays ne peuvent pas se payer les études nécessaires à la formation de paléontologue car elles sont trop chères, malgré leur motivation et la richesse archéologique du pays.
Petites carapaces et même un fossile de crocodile.
Et d’autres, bien plus imposantes!
C’est ainsi que se termine notre périple dans le parc national de Torotoro, que nous avons eu beaucoup de plaisir à découvrir. Tellement que nous avons même décidé de prolonger notre séjour une nuit de plus, ce qui n’était pas prévu à la base. Toutes ces traces de dinosaures nous ont rappelé celles d’Emosson, proches du chalet des parents de Philippe.
Nous reprenons la route en début d’après midi, afin de repasser par Cochabamba pour y prendre un bus de nuit vers la ville de Sucre, où nous avons décidé de nous établir pour une semaine environ.
A tout bientôt pour le prochain épisode! Philippe et Gabrielle
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
Et voilà, nous voici dans notre 3e pays, la Bolivie 🇧🇴 !
Notre arrivée en Bolivie se fait…très tôt! On est parti de Cusco à 21:30 et nous arrivons à La Paz à 4:00 (3:00 heure péruvienne), car nous avons fait une escale de 2h à Lima. C’est donc un peu décalqués que nous arrivons à notre hôtel qui heureusement peut nous donner notre chambre tout de suite. Nous prenons donc possession de la chambre…et de nos lits! 😴 Après 4-5 heures de sommeil, nous découvrons la ville depuis la terrasse de l’hôtel. Quel étonnement de voir celle-ci survolée par des télécabines! 🚡
Eh oui, il y avait deux baignoires vides sur la terrasse de l’hôtel… 🙃 !
Après des appels à nos parents, nous partons pour visiter la ville…malheureusement nous sommes dimanche et quasiment tout est fermé! En cherchant un lieu où calmer nos estomacs, nous passons par le « marché des sorcières », marché spirituel et ésotérique, ce qui ne manque pas de choquer un peu les filles. En effet, on y vend des fœtus de lama. Après les avoir admirés vivants au Pérou, ça fait bizarre de voir leurs cadavres suspendus aux devantures 😥. Après quelques détours, nous trouvons finalement un café où manger. Nous sommes bien tombés car c’est vraiment bon et l’ambiance y est très cosy (cafe del Mundo si jamais vous prévoyez un séjour à La Paz)!
Une fois nos estomacs rassasiés, nous décidons de visiter la ville depuis les airs ! Nous partons donc prendre les télécabines colorées, qui forment un parcours de 33km de long (le plus long et le plus haut réseau de téléphérique urbain au monde). Chaque ligne a sa couleur et nous commençons par la violette. Nous en testerons 4 sur 11, Marine sera un peu frustrée de ne pas faire les bleues ! 😉 Ces télécabines ont été mises en service à partir de 2014 avec trois lignes et le réseau à été finalisé en 2020 avec les 11 lignes actuelles. Les cabines sont donc très modernes et pratiques pour se déplacer dans cette ville très étendue, à la circulation chaotique. La vue depuis les télécabines est très belle. Il faut dire que la ville est plus jolie depuis les airs que depuis la terre ferme… A défaut d’aller skier cette année, nous aurons au moins mis les pieds dans des télécabines (piètre consolation, même si l’expérience est très agréable)!
Comme vous pouvez le voir, l’entreprise est suisse 😉.
Pour embellir la ville, le gouvernement a organisé un concours de quartier il y a quelques années. Le quartier qui l’a gagné a pu obtenir le financement afin de réaliser leur projet. Le résultat est très beau:
La Paz est construite dans la vallée entre des collines, dont certaines falaises sont impressionnantes…et certaines maisons sont construites très près de celles-ci ! Nous ne serions pas très rassurés à la place des habitants… 😅
Sur le retour, nous tombons sur un attroupement de locaux aux vitres d’une des stations. Nous nous approchons et nous découvrons avec étonnement un spectacle de Lucha Libre, la variante latino du catch. Ici, c’est encore différent de ce qu’on peut voir au Mexique, car ce sont des femmes bien particulières qui affrontent des hommes. Ces combats mettent en scène des Cholitas, nom utilisé pour désigner les femmes venant des milieux ruraux andins et habillées de manière typique (jupe très bouffante, châle, chapeau « melon » et longues tresses).
Par hasard, la mère de Gabrielle, nous envoie quelques jours plus tard un article du Temps qui aborde le sujet (vendredi 26 novembre):
« Les Cholitas, catcheuses de l’égalité. En Bolivie, la lutte est depuis une quinzaine d’années un moyen d’émancipation et de revendications pour des femmes de l’Altiplano portant jupe traditionnelle et longues tresses » https://www.letemps.ch/sport/cholitas-catcheuses-legalite
Après cette sympathique et drôle de découverte, nous partons à la recherche d’un restaurant pour le souper…recherche qui s’avère très frustrante car presque tous sont fermés ! Nous aurions bien mangé dans la rue pour goûter la cuisine locale (aux kiosques qui bordent les routes), mais il fait vraiment frisquet et nous n’avons pas le courage de manger au froid. Nous finissons par trouver un petit « restaurant » chinois, fréquenté mais dont l’hygiène nous semble un peu à désirer… (mais heureusement nos estomacs ne ralleront pas le lendemain 😝)
Pour notre deuxième jour à La Paz, nous désirons faire une visite guidée de la ville. Suivant les conseils d’un couple boliviano-allemand (rencontré au Cafe del Mundo), nous décidons de faire appel à l’association des cireurs de chaussures de La Paz (Los LustraBotas, https://hormigon-armado.wixsite.com/lustrabotas/esptours) qui propose des tours guidés alternatifs de la ville.
Après le repas, nous retrouvons Esther, cireuse de chaussure, pour un après-midi de visite. Le but n’est pas de découvrir l’histoire de la ville, mais plutôt d’en apprendre davantage sur le mode de vie des habitants actuels. Nous commençons donc par arpenter les marchés de la ville où les Paceños viennent faire leurs courses. Nous y approfondissons nos connaissances sur les habitudes alimentaires boliviennes.
Nous arpentons également les rues commerçantes de la ville où les magasins sont regroupés par thème : la rue des chapeliers, la rue des habits et articles de fêtes, etc.
A droite, ce sont les jupes des Cholitas, les femmes habillées de manière traditionnelle et qui sont très coquettes (selon les dires d’Esther 😉 ).
Nous enchaînons ensuite avec le cimetière général, gigantesque et impressionnant, en plein milieu de la ville. Sur ce terrain, se trouvent environ 50’000 niches. En effet, les personnes décédées sont placées dans des niches, et pas des tombes (seules les personnes importantes y ont droit). Ces niches sont occupées pendant 10 ans, puis les restes sont incinérés et les cendres confiées à la famille. La niche n’appartenant pas à une famille en particulier, elle est ensuite utilisée par quelqu’un d’autre. Ces niches sont richement décorées et entretenues pas les proches. Par tradition, on y met des objets miniatures de ce que le défunt aimait : boissons, friandises, maillot d’équipe de foot préférée, etc.
Les décorations changent selon les fêtes. Au moment de notre visite, c’est la Toussaint qui s’impose, même si certaines sont déjà décorées pour Noël.
A gauche: des biscuits traditionnels pour la Toussaint que nous avons beaucoup vus dans les marchés.
Après cette visite culturellement enrichissante, les filles demandent à Esther de leur montrer ses talents.
En ce troisième jour, nous quittons la ville pour rejoindre ses faubourgs. Un parc géologique se trouve à quelques kilomètres en dehors de La Paz et nous décidons de nous y rendre. Grâce à ce déplacement, nous pouvons découvrir une particularité bolivienne : les bloqueos ! Après avoir attendu vainement un bus et voyant les locaux quitter l’arrêt, nous apprenons que la rue est bloquée plus en aval par des manifestants. Il nous faut alors les contourner afin de pouvoir poursuivre notre route. Ces bloqueos sont des événements récurrents de la vie bolivienne et nous pourrons en refaire l’expérience quelques jours plus tard 😜.
Beaucoup plus tard que prévu, nous arrivons au parc « Valle de la Luna ». Il porte ce nom car Neil Armstrong, quelques mois après son retour sur terre, s’est retrouvé à jouer au golf juste en face du site et aurait trouvé des similitudes avec le paysage lunaire. N’y ayant personnellement jamais mis les pieds, Nous le croyons sur parole, même si ce n’est pas ainsi qu’on s’imaginait la surface de la lune 😆.
Nous parcourons les dédales de ce labyrinthe lunaire tout en essayant de retrouver des formes parmi les rochers. Voici celles qui ont reçu l’aval familial:
La tête d’un ours (c’est de notre imagination, pas officiel) / une lune (on a dû beaucoup se creuser la tête pour la voir…) / une dame au chapeau (de profil et sa coiffe est végétale)
Nous nous sommes tous bien amusés! 😃
Au retour, nous passons par le centre ville, franchement pas folichon. On y apprend que la région du haut et bas Pérou (dont fait partie la Bolivie) avait été en proie à des conflits entre différents conquistadors espagnols et qu’en 1548, pour sceller la fin de ces tensions, la ville de La Paz (officiellement Notre Dame de La Paix) fut construite. Le centre historique colonial n’est pas vraiment mis en valeur, ce qui est dommage ! Nous vous mettons quand même deux trois photos…
Plaza Murillo / la rue qui est censée être la plus jolie 🤔 / enchevêtrement de câbles, très commun dans la ville (nous nous sommes d’ailleurs demandés comment ils savent quel câble va pour quoi lors de panne 🤣 )/ une animation sur la place San Francisco
Le seul élément qui ait trouvé grâce aux yeux de Gabrielle (🤪) est l’horloge de la Plaza Murillo sur le palais du gouvernement. Celle-ci est inversée et ses aiguilles tournent dans le même sens que celle d’un cadran solaire dans l’hémisphère sud, c’est à dire à l’envers par rapport à notre référent habituel, à nous habitants de l’hémisphère nord.
Nous terminons notre séjour à La Paz avec une sortie à Tiwanaku, haut lieu de la civilisation du même nom. En quechua, Tiwanaku signifie « lieu de culture des patates ». Il s’agit d’une société qui aurait dominé la région du lac Titicaca à partir du 16ème siècle avant J.-C. et qui se serait maintenue jusqu’au 12ème siècle après J.-C. Elle aurait influencé de nombreuses civilisations postérieures, dont les Incas (entre autres dans les domaines de la céramique, de l’architecture et de l’agriculture).
Peinture représentant le site de Tiwanaku tel qu’il devait être à l’époque.
Dans le petit musée attenant nous pouvons admirer quelques objets retrouvés sur le site dont des Kerus, vases cérémoniels utilisés lors de différentes fêtes et contenant du sang de lama ou de la chicha. Des vases de ce type sont encore utilisés de nos jours lors de fêtes, dont celle du 21 juin, qui célèbre le début du rallongement des jours.
Il est interdit de faire des photos dans le musée alors c’est une photo de Wikipédia 😉 .
Nous pouvons encore admirer dans le musée un magnifique monolithe dédié à la Pachamama. Il mesure 7,20m de haut et pèse 20 tonnes Cette statue a été trouvée sur le site, mais elle est pour l’instant gardée dans le musée jusqu’à ce qu’une protection soit construite sur son lieu d’origine.
Nous sortons ensuite pour visiter le site d’où proviennent tous ces objets. Il s’agissait d’un centre religieux, composé de nombreux temples. Malheureusement, plusieurs d’entre eux n’ont été que partiellement excavés (le gouvernement n’y mettant pas les moyens adéquats pour terminer le travail).
En bas à droite, on peut voir les restes d’un temple. On ne voit que 3 étages alors qu’il y en avait 5.
Grâce à notre guide, nous apprenons qu’il existe deux croix andines, une représentant le soleil et l’autre la lune ! Une fois les explications données, les filles deviennent des expertes pour les différencier 😀.
La croix du soleil (Cruz del Sol): cette croix possède 5 angles par côté et 3 étages. Les 3 étages représentent les 3 mondes : le ciel, la terre et le sous-sol.
La croix de la lune (Cruz de la Luna): celle-ci possède 7 angles par côté. Si nous additionnons tous les angles, nous obtenons 28, comme le nombre de jours de chaque mois au temps des Incas. C’est exactement un mois lunaire ! Ils avaient une année de 13 mois pour atteindre 364 jours en une année (28×13 = 364).
Après cette petite leçon de géométrie, nous visitons le « temple souterrain ». Ce temple est impressionnant car ses 4 murs intérieurs sont décorés de 175 têtes sculptées. C’est dans ce temple que 3 stèles ont été retrouvées, dont celle de la Pachamama qui se trouve au musée du site.
Nous terminons notre visite par un dernier temple. Les murs de celui-ci sont imposants par leur longueur.
Sur ce lieu, nous retrouvons d’autres stèles. Mais l’élément le plus remarquable du temple est la porte du soleil. Celle-ci est ornée d’une représentation de Wiracocha, le dieu créateur.
Cette porte était très certainement ornée de pierres précieuses, mais elles ont disparu.
Voilà terminé notre séjour à La Paz, ville qui ne nous a pas vraiment emballés… Bon, le fait que c’était le début de la saison des pluies n’a pas non plus aidé 😜. Nous avons eu de la pluie tous les jours, mais heureusement, seulement pour une partie de la journée. Un jour la pluie était vraiment forte, et notre hôtel n’y a pas résisté… 😂.
Le gérant a dû mettre plusieurs seaux pour éviter que le rez-de-chausée soit inondé.
Pour finir sur une note positive, voici une fresque qui nous a particulièrement plu:
Nous quittons donc cette capitale sans trop de regrets, direction le sud.
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
Voilà, après 37 jours au Pérou, il est venu l’heure de faire le bilan de nos 5 semaines dans un pays qui nous a ravi.
Le Pérou nous a réservé bien des expériences inoubliables.
Nos coups de coeursfamiliaux Voici en vrac quelques éléments qui nous ont particulièrement plu.
Des levers de soleil magiques au le lac Titicaca.
36h à vivre en grande simplicité avec Luciano et Concepcion (île de Taquile).
La nourriture à Arequipa et Cusco 😋 .
Palcoyo, la montagne aux 7 couleurs.
Les visites des sites anciens (incas, mais aussi pré-incas), encore plus quand elles étaient guidées.
Les bagages en soute (les voyages en bus sont quand même plus confortables sans ceux-ci à nos pieds! 😜).
Le surf des sables.
Se faire survoler par des condors au Canyon del Colca.
Le temps passé avec les Calvayrac durant plusieurs étapes.
Gabrielle: Ce que j’ai préféré: difficile de choisir un seul élément! On va dire toute la vallée sacrée, ça en englobera une grande partie 😉.
J’ai moins aimé: les déchets omniprésents. Malgré le fait que les habitants fassent très souvent référence à la Pachamama, on retrouve des déchets partout, même dans les réserves naturelles ou le désert…
Philippe: Ce que j’ai préféré: notre tour dans le désert d’Ica avec Luis le jour de nos 12 ans de mariage. J’aurais bien voulu y rester davantage de temps et jouer au paléonthologue, à la recherche de fossiles.
J’ai moins aimé: le temps perdu à Lima à cause de ma dent cassée… 🦷
Marine: Ce que j’ai préféré: voir des sites incas.
J’ai moins aimé: la température, il faisait souvent froid.
Estelle: J’ai aimé: voir des lamas.
J’ai moins aimé:
Rien 🙃
Statistiques de notre séjour au Pérou
Nombre de jours: 37
Distance parcourure: 3056km, sans compter tous les petits trajets en taxi, la sortie dans le désert d’Ica ni les kilomètres passés à marcher!
Budget prévu: CHF 4’060.- (sans les vols), c’est à dire CHF 113.-, par jour pour nous 4
Budget dépensé: CHF 3’753 (sans les vols). Pour ce pays, nous avons donc « économiser* environ 300.-
Réponse du Bonus d’Equateur:
La petite musique entêtante venait…des camions poubelles. C’est assez insolite! Par contre, les travailleurs doivent en avoir par dessus la tête car c’était toujours la même! Au Pérou et en Bolivie, une musique accompagne également le relevé des ordures.
A bientôt…depuis la Bolivie! Estelle, Marine, Philippe et Gabrielle
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Cette fois, c’est parti, c’est le grand départ pour rejoindre le Machu Picchu avec les Calvayrac. Nous avons beaucoup d’attentes et nous espérons ne pas être déçus… Surtout si la météo apporte des nuages demain!
Nous prenons un bus de 4h environ de Ollantaytambo à Hidroelectrica, lieu de départ de la randonnée pour arriver au village d’Aguas Calientes, au pied du Machu Picchu et inaccessible en voiture. Il y a l’option de prendre le train, mais le coût est exorbitant ! Nous préférons donc marcher le long des rails. Cette randonnée durera plus ou moins 4h, pauses comprises. Les adultes portent les sacs car nous avons laissé une partie de nos affaires à l’hôtel d’Ollantaytambo afin d’alléger nos charges en prévision de cette randonnée. Les enfants sont donc libres de leurs mouvements pour explorer les rails, les ponts et le chemin. Ils marchent volontiers, il faut dire qu’avec des copains, c’est toujours plus facile! 😎
La marche n’est pas des plus agréable (nous devons souvent marcher sur le ballast…) mais le paysage nous change un peu de l’altiplano car la région est proche de la jungle. Nous pouvons profiter d’une végétation dense et très verte. De plus, les montagnes qui nous entourent sont belles et nous pouvons déjà admirer depuis en bas la montagne du Machu Picchu et quelques ruines et terrasses qui apparaissent au détour d’un coude du rio Urubamaba. C’est donc après plusieurs heures de marche que nous arrivons fourbus à Aguas Calientes. Le village n’offrant rien d’autre que la visite du Machu Picchu, le lieu est très touristique (avec des prix en conséquence…). Nous n’avons plus l’habitude de voir autant de touristes en un même endroit! Il n’est cependant pas aussi moche que ce que nous craignions, avec quelques jolies statues et décorations.
C’est plein d’impatience que nous nous couchons ce soir-là, après un apéro, le repas préféré des filles, un Chifa (nom générique des restaurants chinois en Amérique du Sud, en tout cas jusqu’à maintenant!) et la préparation du pique-nique du lendemain. Les enfants on également profité de la chambre des Calvayrac pour en faire un terrain de jeu. Au programme: bataille de coussins! 🤪
C’est le Jour J! Le lever est fort matinal car nous avons pris des billets d’entrée sur le créneau de 7h. Apparemment, à partir de 9-10h le site devient bondé car les touristes, venant à la journée depuis Cusco (en train, les paresseux…😝), arrivent à ce moment-là. Pour nous rendre à l’entrée du site, nous prenons le bus et retrouvons notre guide, Lisbeth, Péruvienne mais francophone. Tout est bien organisé avec des horaires à respecter pour l’entrée et, depuis la pandémie, un sens à suivre. Nous ne pouvons plus nous ballader librement partout et des gardiens sont là pour s’assurer que nous respectons le sens de la marche et que nous ne nous attardons pas trop longtemps au même endroit…
Le paysage depuis le Machu Picchu est aussi magnifique que le site archéologique lui-même. Et comme vous pouvez le constater, nous n’avons pas de brume ni nuages qui auraient un peu gâché cette visite (sûrement la seule ici pour Gabrielle, Philippe y était déjà en 2003).
Pour accéder à ce site, l’Inca et son entourage, partaient de Cusco pour traverser la Vallée Sacrée. « Le Chemin de l’Inca » (qui peut être partiellement suivi en une randonnée assez éprouvante sur 2 ou 4 jours) arrive sur le haut de la crête en face du Machu Picchu. Ce lieu est appelé « La Porte du Soleil » car le soleil se lève exactement à cet endroit le 21 décembre (jour le plus long).
Comme il est 7h30 lorsque nous rentrons dans le parc, nous avons la chance d’avoir souvent le paysage « à nous tout seul » et nous découvrons avec émerveillement ce site de toute beauté.
En arrivant au sommet de la première colline, nous sommes face à de belles terrasses. La guide nous apprend que ces terrasses ont en fait deux rôles distincts. Certaines sont des terrasses de renforcement, avec de l’argile, et d’autres des terrasses de culture, avec de la terre fertile. Les terrasses pour l’agriculture étaient construites en couches successives:
Grosse pierre – Gravier – Sable – Terre fertile.
Il y avait un système de drainage par les failles naturelles de la montagne afin que l’eau s’écoule sans faire écrouler les murs. Le site fait au total 9 hectares. 50 % des terres étaient agricoles et 50% étaient habitées.
Après quelques minutes de marche, nous arrivons au lieu où tout le monde prend la pose devant le Machu Picchu, (de son vrai nom Huayna Picchu car la vraie montagne qui s’appelle Machu Picchu est de l’autre côté 😜 ), et nous ne manquons pas de suivre cette tradition. On a de la chance de pouvoir prendre notre temps car il n’est pas encore 9:00 et les visiteurs sont peu nombreux.
Après cette séance photo, la guide prend le temps de nous conter l’histoire du site:
La construction de celui-ci a été entamée par Pachacutek (empereur inca dont nous avons parlé dans l’article Cusco) entre 1420 et 1450 et continua après sa mort, pendant près de 100 ans. Pachacutek, parti pour étendre l’empire vers l’Amazonie, s’arrêta ici pour construire la cité du Machu Picchu car c’était un lieu idéal :
il était protégé par les montagnes (encerclé de montagnes)
il était orienté plein nord (nous on construit plein sud car nous sommes dans l’autre hémisphère 🙃)
il y avait de l’eau
les pierres granitiques étaient déjà sur place (contrairement à Ollantaytambo)
il y avait de la terre fertile sur les bords de la rivière
la température y était agréable
Les empereurs suivants continuèrent la construction selon les plans de Pachacutek. Cependant, vers 1527, l’Inca Huayna Capac mourrut (en Colombie actuelle), probablement terrassé par une maladie apportée par les Espagnols (variole ou rougeole), maladie qui précéda leur arrivée dans les Andes. L’empire bascula alors dans une guerre civile entre deux de ses fils, Atahualpa, fils né d’une concubine de Quito, et Huascar, héritier officiel, originaire de Cusco. Le lieu a été partiellement habité à partir de 1527. Au début du conflit, la noblesse de la famille de Huascar, fuyant la ville de Cusco tenue par Atahualpa, vint s’y installer. Le site fut également habité par des religieux et des agriculteurs, qui eux résidaient dans les parties plus basses de la ville. Il faut savoir que la ville n’était pas autonome en nourriture et dépendait donc de Cusco pour son approvisionnement. A l’arrivée des conquistadors en 1540, le site fut abandonné par ses habitants qui se réfugièrent dans la forêt car Cusco avait été prise par les espagnols et la source de nourriture allait se tarir. Les ouvriers ne terminèrent donc pas l’extension de la ville et cette dernière restera inachevée. Ce lieu a ainsi été habité pendant un maximum de 5-7 ans.
Oublié pendant des siècles, ce site fut (re)découvert par un paysan voulant défricher le terrain par le feu. C’est ce dernier qui y emmena ensuite l’archéologue américain, Hiram Bingham, en 1911. Officiellement, c’est donc Hiram Bingham qui découvrit le site, complètement recouvert de végétation. Le site serait à 80% excavé et les 20% restant seraient encore couverts par la forêt.
Après ce petit moment de théorie, nous continons notre visite et nous arrivons sur un lieu où quelques maisons ont été rénovées afin de permettre aux visiteurs d’imaginer le site avec son aspect d’origine. Les restes de murs ont été complétés et ils ont ensuite été recouverts de toits en paille. A l’époque, la paille devait être renouvelée tous les 5-10 ans à cause de la pluie et de l’humidité ambiante (assez élevée car nous sommes au début de l’Amazonie).
Ceci n’est pas une maison mais un lieu de repos ou pour se protéger de la pluie car il manque un mur. Sur la photo de droite, on peut admirer un rocher taillé qui reproduit le paysage derrière (peu visible en raison des nuages) ou la représentation d’un cuy (cochon d’Inde).
Dans la partie où vivait le peuple, on y trouvait des maisons, des greniers, et des lieux pour les artisans.
Au Machu Picchu, il y aurait eu une école de quipus car beaucoup de ces cordelettes ont été trouvées dans une partie de la ville. Les quipus étaient une manière de communiquer entre l’Inca et ses gouverneurs. Ces messages étaient encodés à l’aide de noeuds sur des cordes de différentes longueurs. Les chercheurs ont découvert qu’il existe 22 différents nœuds…ce qui leur fait penser qu’ il y aurait peut-être 22 symboles pour écrire le quechua. Ces quipus étaient transportés par des messagers, appelés chasquis. Ils courraient en relai pour transmettre les messages d’un bout à l’autre de l’empire. Ils ne portaient sur eux que le quipu et des feuilles de coca. Ces dernières leur permettaient de courir leur 10 km (distance moyenne entre chaque relai) sans nourriture ni eau. En effet, la coca a un effet coupe-faim, coupe-soif et coupe-fatigue. Pour la guide, le travail de recherche sur ces quipus est important car si un jour on arrive à les déchiffrer, on en saura beaucoup plus sur l’histoire quechua. Pour le moment, ce ne sont que des hypothèses. Les enfants ont eu beaucoup de plaisir à crier « laissez passer le chasqui de l’Inca » (référence au film « Pachamama » vu peu de temps avant) tout au long de la visite et durant la marche de retour le long des rails 😂.
Le bâtiment en demi-rond est le temple du soleil et le 21 décembre, le lever du soleil apparaît dans la fenêtre dirigée vers nous.
Nous finissons notre visite par le temple du condor.
Au premier plan, il y a la tête du condor (toute petite) avec sa colerette blanche devant lui. Ses ailes sont formées par les deux grands rochers derrière.
Cet animal est important car il représente le monde du dessus et c’est lui qui sépare l’âme du corps. L’esprit monte au ciel tandis que le corps est rendu à la terre. On y a trouvé des restes de lama et de cochon d’Inde pour « nourrir le condor » en sacrifice. Dans la fenêtre trapézoïdale, les archéologues ont retrouvé une momie en position foetale, manière traditionnelle d’enterrer les morts afin que ceux-ci puisse renaître dans l’autre monde.
C’est maintenant l’heure de dire au-revoir au Machu Picchu et d’effectuer la descente à pied jusqu’au village. Les enfants sont très enthousiastes et deviennent vite invisibles car le chemin, étant très raide, serpente beaucoup. Nous les revoyons de temps en temps au détour d’un virage, mais nous faisons l’essentiel des quasiment deux heures entre adultes (ça fait du bien parfois 🙃🤦🏼♀️🤦🏼♂️).
Un des musts de visiter le Machu Picchu est de pouvoir ajouter un tampon dans son passeport. Malheureusement, Covid oblige, le lieu de timbrage est fermé sur le site. A force de pérsévérance, Philippe finit par trouver, à Aguas Calientes, un lieu qui le fait et nous l’obtenons! 🥳
Comme nous nous sommes levés aux aurores, nous profitons de nous reposer puis de faire un petit apéro pendant que les enfants regardent un film 🍻 🎞.
Après une nuit peuplée d’images du Machu Picchu, nous repartons le long des rails pour rejoindre un bus afin de rentrer à Ollantaytambo. Le retour se fait un peu plus vite que l’aller et nous avons même le privilège d’admirer le train qui passe juste à côté de nous pendant notre pause pique-nique.
C’est cette magnifique escapade dans la vallée sacrée qui signe la fin de notre séjour au Pérou. Nous vous retrouverons donc sous peu depuis la Bolivie!
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
Et voilà, après ces quelques jours de découverte de Cusco et de ses environs immédiats, c’est parti pour explorer la vallée sacrée, région à l’incroyable densité de sites incas qui s’offrent aux voyageurs.
Pisac
Pour débuter, nous nous dirigeons vers Pisac. Il s’agit d’un complexe architectural étendu qui nous permet de combiner visite culturelle et jolie randonnée. En effet, nous nous faisons déposer par un taxi au sommet du site puis nous parcourons la montagne en passant par les différentes ruines afin de rejoindre le village moderne de Pisac dans la vallée. Nous commençons par la forteresse qui domine la vallée et qui permettait de voir au loin les allées et venues des peuples amis ou l’arrivée d’envahisseurs. Bien entendu, nous retrouvons aussi les fameuses terrasses incas (technique de culture inca afin de pouvoir profiter des pentes comme terrains agricoles) qui réussissent toujours à nous impressionner.
Une fois passé le complexe militaire, nous commençons la descente et celle-ci se révèle quelque peu accrobatique. Les escaliers sont pentus, le chemin parfois impressionnant car proche des falaises et nous devons nous faufiler dans un passage étroit creusé au milieu du rocher!
Un petit côté Passage Monnetier qui n’est pas pour nous déplaire! 😜
Nous arrivons finalement sains et saufs au niveau religieux du complexe, sans avoir rencontré de Savoyards ou la Mère Royaume (cf. Fête de l’Escalade pour les non-Genevois, allez voir sur Wikipédia… 🤪). A nouveau nous retrouvons de belles maçonneries et découvrons l’utilisation de l’eau pour les bains rituels sacrés.
Mais la marche n’est pas encore terminée! Il nous reste encore à passer par les greniers incas et c’est bien fatigués par toute cette descente que nous arrivons finalement au village moderne de Pisac. Nous le traversons avant de reprendre un bus afin de continuer notre visite de la vallée sacrée.
Les heureuses randonneuses, presque au bout de leur effort!
Ollantaytambo
Arrivés à Ollantaytambo, nous découvrons un village très agréable et joli. Nous ne regretterons pas d’y rester 3 nuits avant de nous rendre au Machu Picchu puis 1 nuit au retour.
Le lendemain, nous visitons le site archéologique d’Ollantaytambo qui se trouve à deux pas des limites de la ville. En quechua, « Tambo » signifie: lieu de repos, tandis que Ollantay serait le nom d’un soldat. Avant que l’empire inca ne prenne de l’importance, le site était habité depuis longtemps, notamment par les Qilkis. Il reste des vestiges de cette époque car les bâtiments se trouvant tout en haut du site ont été construits par eux. Ils n’ont pas été détruits par les Incas car ils les ont utilisés pour y mettre une garnison de soldats. Ollantaytambo est le lieu où le dernier empereur inca (Manco Inca) s’est réfugié à la chute de Cusco afin d’y organiser la résistance contre les conquistadors.
Après plusieurs visites sans guide, nous décidons de faire celle-ci accompagnés. Malheureusement, il n’y a pas de guide francophone et nous devons traduire pour les filles…elles sont moins attentives quand c’est nous qui parlons 🤪. Le site fait 60m de haut et nous devons donc grimper une volée de marches (à 2’800m environ) tout en visitant. Il n’est pas considéré comme terminé car les conquistadors sont arrivés avant qu’il ne soit achevé.
Le site impressionne par ses terrasses en escalier. Elles étaient utilisées pour l’agriculture. On y a retrouvé des semences de plus de 60 sortes de pomme de terre et maïs. En grimpant, nous pouvons observer le versant opposé. On peut y voir plusieurs profils, dont Wiracocha (dieu créateur, avec une couronne) et l’Inca (dont la narine indique l’endroit où le soleil apparait le 21.06). On y voit également de grands greniers qui abritaient les réserves de nourriture sur le long terme.
Le peuple inca (les Qechua) vivait en bas de la colline. L’actuel village est construit sur les ruines des maisons incas car les Espagnols en ont rasé la majorité. Il y avait environ 3’000 personnes qui y vivaient (en comparaison, environ 100’000 personnes habitaient Cusco).
Comme beaucoup de sites de la période inca, il a été construit en fonction du lever et du coucher du soleil. Il était très important de prendre en compte où le soleil apparaissait et ce qui était éclairé, en fonction des solstices. Les pierres pour construire ce complexe venaient d’une montagne à 7km de là. Ainsi les blocs devaient être acheminés sur le haut du site par des rampes. Elles pesaient plusieurs tonnes et il fallait parfois 500 à 600 personnes pour les tirer. Les protubérances sur les pierres (visibles sur les photos du temple du soleil ci-dessous) permettaient de les déplacer (lever ou tirer). Normalement, ces protubérances sont rabotées lorsque la construction est terminée, mais comme le site n’a pas pu être achevé, on peut encore les voir. Pour lisser les pierres, ils utilisaient une petite pierre noire qui contient beaucoup de fer (les incas ne maitrisaient pas l’extraction du fer).
Après avoir monté tous les escaliers, nous découvrons ce monument qui possède 10 niches. Chacune d’entre elles contenait une statuette. Malheureusement, elles ont été détruites lorsque les Espagnols sont arrivés. Le 21 mars, ces niches étaient éclairées par le soleil levant.
Nous poursuivons notre visite par le célèbre temple du soleil qui est resté inachevé. Nous pouvons y voir les six pierres qui formaient le mur du fond. Ce temple étant dédié au dieu soleil (Inti), il a été construit selon les dates importantes du calendrier solaire : Le 21 juin à 6:40, les premiers rayons sortent de la montagne en face. A 10:00 pile, les rayons éclairent le temple. Cette date coïncide avec le début de la nouvelle année pour les Incas car les jours recommençaient à s’allonger (21 décembre pour nous car nous sommes dans l’hémisphère nord). A cette date, ils organisaient une fête pour Inti et la Pachamama (terre).
Nous redescendons ensuite la colline pour arriver aux bains de l’Inca, de sa femme, de ses vierges et du peuple.
Fontaine de la Ñusta (femme de l’Inca). Il était entouré de murs tout autour. On peut voir que la pierre est sculptée avec le haut de la Croix andine , symbole qui indique les 4 points cardinaux, les 4 saisons et pleins d’autres choses que nous n’avons pas pu retenir car elles étaient assez éloignées de la symbolique d’une croix 🤪
Temple de l’eau. Il était pour les vierges de l’Inca. Le soleil touche le haut de la fontaine au 21 juin.
Moray et Salineras de Maras
Le jour suivant, nous partons faire une randonnée pour visiter deux sites de la région: Moray et Salineras de Maras. Nous partons en bus puis en taxi pour Moray, à environ 1h d’Ollantaytambo. Ce site est très spécial car nous allons nous retrouver face à des terrasses en amphithéatre et en cercles concentriques. Les archéologues pensent qu’il s’agissait d’un centre d’étude et de recherche agricole. En effet, entre les terrasses inférieures et les terrasses supérieures, il y a une différence de température atteignant 5 degrés, permettant de simuler de nombreux micro-climats. Cela aurait permis aux Incas de tester l’acclimatation de différentes cultures à différentes régions de l’empire (comme la côte, le plateau andin et la forêt). Il leur aurait aussi été possible de définir le rendement attendu des cultures et d’ainsi mieux les faire correspondre aux besoins et attentes de l’empire.
Estelle déguste une spécialité locale, le choclo con queso 😋 !
Une fois le tour du site effectué, nous partons pour une jolie ballade à travers les champs afin de rejoindre le village de Maras. Après environ 1h30 de marche, nous arrivons au village et nous nous désaltérons avec un bon pichet de limonade fraîche. Nous ne sommes cependant pas encore arrivés au but et avons encore quelques kilomètres à faire. Le départ ce matin ayant été un peu trop tardif, nous commençons à craindre de ne pas avoir le temps de tout visiter et nous trichons donc en prenant un moto-taxi pour rejoindre les salines. Arrivés là, nous ne pouvons que nous extasier devant le paysage que nous offrent ces milliers de bassins (3’600), nichés à une altitude de 3’300m.
Il est rare de voir un drapeau suisse, alors Gabrielle n’a pas résisté 😉. (Sauf les multiples enseignes de pharmacie ou lieux de santé qui utilisent le drapeau suisse…. 🙃 )
L’exploitation des salines de Maras remonterait à l’époque pré-inca et actuellement, ce sont environ 800 familles, organisées en coopérative, qui continuent d’exploiter le site. Chaque année, ce sont entre 160 et 200 tonnes de sel qui sortent du site (pour rappel, la consommation moyenne annuelle de sel en Suisse est de 3kg650 par personne). Le sel récolté est apporté par une source proche qui donne naissance à un ruisseau saturé de chlorure de sodium. Un atout dans cette région fort éloignée de la mer. Sur les photos ci-dessous vous pouvez admirer les bassins et leurs couleurs marquantes, un homme qui est en train de récolter le sel d’un bassin (ils en font de petites pyramides) mais aussi l’eau du ruisseau qui est distribuée, un peu à la manière de nos bisses d’alpage, dans les différents bassins en fonction des besoins.
Avant de continuer notre route pour rejoindre le fond de la vallée et retourner à Ollantaytambo pour la nuit, nous craquons devant une plaque de chocolat au sel de Maras et à la quinoa… Sur le chemin du retour, nous admirons encore la beauté du site et les filles ramassent sur la route des blocs de sel qu’elles s’amusent ensuite à lécher. Bon, elles tombent parfois sur un vulgaire morceau de calcaire pas très goûtu, mais ça ne les empêche pas de recommencer 😝 !
Nous rentrons fourbus de cette randonnée, mais forts satisfaits de ces découvertes.
A bientôt pour un des points forts du Pérou, le Machu Picchu! Philippe et Gabrielle