(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
25.03 au 28.03.2022
Malgré des lits confortables, nous n’avons pas énormément dormi car la lumière des plafonniers est restée allumée toute la nuit. Mais quand même beaucoup mieux qu’en bus de nuit 😃 ! Selon l’horaire prévu, nous devons arriver autour des 6:30 à Chiang Mai, mais c’est avec plaisir que nous découvrons au réveil que nous avons 2 heures de retard. Nous pouvons donc attendre encore un peu avant de lever les filles et profiter de la fin du voyage pour admirer le paysage.
Une fois nos bagages déposés à notre hôtel (nous ne pouvons pas encore prendre possession de nos chambres), nous allons prendre un bon petit-déjeuner dans une boulangerie tenue par un Français. Les prix sont hors budget, mais nous nous offrons ce petit plaisir pour nous sentir « comme à la maison ». C’est un régal pour les papilles et « la madeleine de Proust » prend là tout son sens 😋 !
Le ventre bien rempli, nous partons visiter trois temples, facilement accessibles à pied car notre logement se trouve aux abords des remparts de la « vieille » ville: Wat Pa Pao, Wat Chiang Man et Wat Chiang Yuen.
Les remparts ont été modelés au fil du temps par les forces de la nature !
Nous constatons qu’il y a beaucoup plus de touristes et que les habitants parlent davantage anglais. De plus, chaque Thaï avec qui nous parlons connaît quelqu’un en Suisse ou connaît notre pays. Au début, nous sommes toujours un peu sceptiques car c’est souvent un moyen de nous vendre un tour! Mais régulièrement, ils peuvent vraiment nous parler de détails qui nous laissent à penser que, cette fois-ci, c’est vrai 😉. D’ailleurs, c’est étonnant comme les horaires des temples changent tout le temps car dès que vous mentionnez où vous allez, ce temple est comme par hasard fermé mais la personne connaît un temple « exclusivement ouvert aujourd’hui » (ou il y a aussi la version « exclusivement gratuit aujourd’hui ») où il peut nous emmener et il peut même nous emmener à tel ou tel endroit… (une longue liste s’en suit) 🙃. Quand ce sont des chauffeurs de tuk-tuk, tu te méfies, mais quand ce sont des personnes qui ont l’air de simples passants, ça fait très véridique… Au début! Heureusement, Philippe a déjà beaucoup lu à propos de ces « arnaques » et nous ne nous faisons pas avoir.
Nous arrivons donc comme prévu au Wat Pa Pao (Jungle of Pao trees), nommé ainsi car ce temple de la fin du XIXe siècle thaï (XIVe siècle pour notre calendrier grégorien) se situe sur le lieu d’une ancienne forêt.
Notre étape suivante nous mène au Wat Chiang Man, temple construit entre 1296 et 1297 AD et considéré comme le plus vieux temple de Chiang Mai. Nous pouvons y admirer une statue du Bouddha en crystal (quartz blanc) datant d’il y a 1500 ans et une statue en marbre blanc, datant d’il y a 2’500 ans. Les statues sont considérées comme étant présentes dans ce temple depuis sa fondation. Nous partons à la recherche de ces deux fameuses statues, mais on peine vraiment! Nous finissons par trouver le Bouddha de crystal, sous une cloche en verre, sur un autel lui même protégé! Par contre, nous n’avons pas trouvé celui en marbre blanc…il devait être encore mieux caché 🤦🏼♀️🤦🏼♂️ ! Nous en avons vu un autre blanc alors on a pris celui-là en photo 😂 !
Dans l’enceinte de ce temple, nous pouvons également admirer le Elephant Chedi, qui serait la construction la plus ancienne de ce complexe.
C’est dans ce complexe religieux que les filles nous expliquent les nombreuses illustrations sur les murs, représentant les différentes étapes de la vie de Bouddha, informations retenues du film vu à Bangkok.
Conception de Bouddha: il a été conçu par la reine et un éléphant.
Naissance de Bouddha: la reine meurt en donnant naissance à Siddhartha (futur Bouddha). Un prêtre avait prédit qu’elle mourrait en étant comblée de bonheur.
Siddhartha se coupe les cheveux pour se séparer de toute parure et possessions avant d’entreprendre son chemin initiatique.
Siddhartha ne boit, ni ne mange durant sa transe méditative.
A la fin de son jeûne, deux femmes viennent lui apporter à manger.
La mort de Bouddha.
Après ce beau temple, nous nous rendons au Wat Chiang Yuen. C’est un temple tout blanc, construit au XVIe siècle. Les rois successifs y venaient avant leur couronnement pour avoir de la chance durant leur règne. Le temple a ensuite été abandonné durant la période birmane puis il a été reconstruit en 1794.
Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons, non sans râlements de la part des filles 😜, pour visiter rapidement deux derniers temples qui nous font de l’oeil. A relever aussi qu’en nous baladant un peu au hasard dans les rues de la ville entre deux temples, nous tombons sur un panneau « Représentation consulaire de Suisse ». Nous voyant arrêtés, le propriétaire des lieux, un Suisse marié à une Thaïe, nous rejoint et nous avons le plaisir de discuter (en français) avec lui de la ville et de la région.
Après ces visites, nous rentrons à notre hôtel. Gabrielle et les deux filles partent se faire chouchouter, mais Philippe préfère rester à l’hôtel 🤪😉. Les filles souhaitent une manucure et pédicure depuis notre arrivée en Thaïlande et comme c’est très, très bon marché ici, pourquoi s’en priver 😀?
Estelle n’est vraiment pas fan qu’on lui coupe les ongles… la liseuse lui a donc été utile durant une partie du soin 😜
Le soir, nous mangeons à notre premier marché de nuit: petites échoppes montées en début de soirée où chaque stand vend des plats typiques thaïs. Nous y mangeons notre premier mango sticky rice (riz collant avec du lait de coco tiède, servi avec des morceaux de mangues et garni de graines de sésame). Un régal qui sera suivi de beaucoup d’autres 😋 ! Nous y trouvons aussi des petits pains fourrés, cuits à la vapeur. Nous les appelons des baos, mais ce n’est sûrement pas leur vrai nom en Thaïlande🙃. Ils ont une farce soit salée soit sucrée. Notre préféré est celui rempli avec une pâte de haricots noirs.
Le lendemain, nous partons à nouveau pour une journée de visites.
Nous commençons par le Wat Khuan Khama, construit en 1492. Le temple est décoré de beaucoup de statues de chevaux car le jardin appartenait jadis à un écuyer qui en a fait don au temple à la mort de son fidèle compagnon.
Durant la visite des trois temples suivants, Wat Mo Kham Thuang, Wat Inthakhin Sadue Muang et Wat Phantao, nous décidons de regarder sur Wikipédia la signification des différentes positions de Bouddha sur les statues car nous le voyons toujours dans une de ces trois positions: debout, assis ou couché.
Bouddha debout : en marche et apportant son enseignement aux autres.
Bouddha assis en position du lotus: posture de méditation ou de transmission de son message aux disciples.
Bouddha couché: le Bouddha au moment de sa mort, accédant au Nirvana.
Après ce petit moment théorique, nous partons visiter le Wat Chedi Luang. Sur le site de ce temple, nous pouvons voir un chedi (stupa) en ruine. Son sommet a été détruit par un tremblement de terre ou lors de la guerre pour reprendre la ville aux Birmans. L’éléphant le plus à droite est d’origine, en briques et stuc. Les autres sont des reproductions.
Nous n’en avons toujours pas fini avec les temples (ça râle un peu 😅 ), car nous nous dirigeons vers le Wat Phra Sing. Une des statues de ce temple vient du Sri Lanka et elle est portée en procession dans les rues de la ville pour le nouvel an. Les personnes jettent alors de l’eau sur la statue. Nous n’arrivons malheureusement pas à savoir laquelle c’est 🤦🏼♀️🤦🏼♂️!
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7e photo: les cinq statues de moines sont criantes de réalisme… A en être presque effrayant! / 9e photo: les peintures ne sont pas toutes entretenues.
Nous finissons avec deux plus petits temples le Wat Lok Moli et le Wat Rajamontean. Le Wat Lok Moli a été construit en 1527 et le stupa contient les cendres du roi qui l’a construit.
Les nombreux drapeaux sont en train d’être installés par des jeunes moines pour la célébration du nouvel an bouddhiste qui approche à grand pas
Durant les visites de tous ces temples, nous avons pu admirer des peintures très anciennes, fort bien rénovées ou neuves. A chaque fois elles représentent des étapes de la vie de Bouddha et nous commençons petit à petit à les reconnaître et à mieux comprendre leurs significations. Nous constatons également qu’il ne faut jamais s’asseoir avec les pieds en direction de Bouddha, car les pieds sont la partie la plus « impure » du corps humain. C’est aussi la raison pour laquelle nous devons systématiquement laisser nos shlaps avant d’entrer dans les temples qui abritent des représentations de Bouddha.
La nuit est tombée lorsque nous rentrons et nous sommes bien fourbus d’avoir tant marché. Nous allons donc au plus simple pour manger : le food night market juste à côté de l’hôtel. En plus c’est bon, alors pourquoi s’en priver!
Pour aujourd’hui, nous n’avons prévu qu’un seul temple… Ça en fait beaucoup depuis quelques jours 🙃 et tout le monde commence à en avoir un peu marre, d’autant plus qu’il fait une chaleur étouffante. Cependant même s’il s’agit toujours de temples, il faut relever que ceux-ci sont tous différents et intéressants.
En chemin, nous pouvons admirer à la fois la beauté de la ville et ses aspects moins ragoûtants. Nous vous épargnons toutefois le visionnement des photos des rats et des cafards qui pullulent près des poubelles ou des évacuations d’eaux 😂 . Les enchevêtrements de câbles sont légions! Comme en Amérique du Sud, tous se passe dans les airs et aucune ligne n’est enterrée…
L’unique temple du jour est très spécial: il est presque entièrement recouvert d’argent, et le reste est en nickel ou en aluminium. Tout ce qui est considéré comme saint est en argent. Les fresques représentant la vie de Bouddha sont donc en argent, c’est très beau! Ce temple a été construit en 1500… mais il n’est pas mentionné AD ou BE, donc au Xe ou XVIe siècle, à vous de choisir! 🙃 Malheureusement, seul Philippe est autorisé à entrer dans le bâtiment principal. Les filles doivent se contenter de l’observer depuis l’extérieur et attendre que Philippe revienne avec des images filmées de l’intérieur pour l’admirer.
Femme avec longs cheveux: déesse de l’eau
Après cette visite, nous rentrons pour sûr dans le XXIe siècle: nous allons visiter le 3D Art museum. Ce sont des salles entièrement peintes afin de créer des illusions d’optique. Nous constatons rapidement que dans certaines salles, il est nécessaire de faire la photo pour que le cerveau « corrige » la 3D. Sur place, le cerveau ne fait pas bien la correction et nous ne voyons pas toujours l’effet d’optique. Nous y passons une bonne heure et demie de mises en scène et de rigolades 😃! Nous étions seuls la première heure, et une famille nous rejoint sur la fin… Il faut dire que nous profitons à fond de chaque salle 🤪.
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Dans la dernière pièce nous profitons encore d’une maquette en lego d’une ville miniature.
Le soir, nous partons manger à un très grand night market, en plein centre de la vieille ville. Il est spécialement grand car nous sommes dimanche. En chemin, nous croisons une famille rencontrée à Baan Mama, Pierre et Marie, avec leurs filles Zoé et Capucine. Ils se rendent également au marché de nuit et ils ont rendez vous à 19:00 avec une autre famille du Baan Mama, Manon et Xavier, avec leurs trois enfants, Jules, Valentine et Louise. Nous allons donc nous joindre à eux pour le souper 😃.
Le marché de nuit est immense et les étals remplissent les rues du quartier. Tout est piéton et bien bondé, malgré la diminution drastique des touristes depuis le Covid. Ce marché est très populaire et connu dans tout le pays car une des personnes rencontrées cet après-midi nous a dit être venu exprès à Chiang Mai pour venir acheter les cadeaux pour les invités du mariage de son fils. Notre visite a également un but commercial car les filles ont bien grandi depuis notre départ fin août et leur unique robe est devenue trop courte 🙃. Nous partons donc à la recherche de robes qui pourraient leur plaire. Après avoir déambulé dans de nombreuses rues (en essayant de ne pas passer deux fois dans la même), les filles trouvent leur bonheur et Gabrielle aussi 😉.
Arrivée l’heure de notre rendez-vous, nous constatons avec étonnement que, sur ce marché, les stands de nourritures sont à 90% dans les cours des temples! Ils servent donc de « food court » les nuits de marché 😃. Nous y retrouvons avec plaisir les deux familles du Baan Mama (voir article) et nous partageons nos différentes aventures depuis notre départ du refuge. Nous constatons que nous serons tous en road trip sur la boucle de Mae Hong Son la semaine prochaine. Nous ne la faisons pas tous dans le même sens, mais nous devrions nous croiser en chemin, pour le plus grand plaisir des petits et des grands.
Aujourd’hui, c’est le départ pour notre road trip. Voici la route que nous allons suivre:
A bientôt sur les routes thaï… Où l’on conduit à gauche!
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
23.03 au 24.03.2022
C’est le cœur lourd que nous avons quitté Baan Mama, mais de nouvelles aventures nous attendent !
Pour rejoindre notre prochaine étape, nous prenons un van de 3h jusqu’à Bangkok puis nous enchaînons avec un train jusqu’à Ayutthaya. Cela nous fait plaisir de pouvoir tester ce moyen de transport si habituel chez nous en Suisse, mais si rare en Amérique du Sud ou en Asie du Sud-est. La Thaïlande ne possède pas un réseau ferroviaire très dense mais a tout de même quelques lignes qui vont nous permettre de laisser de côté, momentanément, le bus. Pour ce trajet assez court (trois heures), nous avons pris les places les moins chères et nous nous retrouvons en 3ème classe, sur des banquettes, dans un wagon bondé et avec quelques ventilateurs. Heureusement qu’il ne fait pas trop chaud… 😅
Ayutthaya était la capitale du Siam (aussi appelé royaume d’Ayutthaya) de 1350 à 1767, date à laquelle la nouvelle capitale, Bangkok, prend le relais. Nous allons donc pouvoir y admirer des bâtiments et statues beaucoup plus anciens que ce que nous avons vu jusqu’à présent.
Comme la journée a été longue depuis notre départ de Baan Mama et que nous arrivons tard, nous nous rendons rapidement à notre hôtel en tuk-tuk. Gabrielle et Estelle n’ayant pas faim, elles restent à l’hôtel pendant que Philippe et Marine sortent manger. Une fois réunis, tout le monde se couche rapidement, bien fatigués et impatients de découvrir Ayutthaya!
Le lendemain, nous partons à la découverte de cette ville historique… à vélo ! N’ayant pas de vélos pour enfants, les filles se mettent sur nos porte-bagages. Heureusement que les rues sont plutôt plates car il n’y a qu’une seule vitesse 🤪.
Nous commençons par le site du Wihan Phra Mongkhon Bophit où nous pouvons admirer le plus grand Bouddha en bronze du pays. Il mesure 10m x 12m et daterait du 15ème siècle. Cette statue a par la suite été recouverte de feuilles d’or. Elle a été retrouvée dans les ruines de la ville suite à l’attaque d’Ayutthaya par les Birmans en 1767 puis restaurée pour lui redonner sa splendeur. Lors de cette attaque, la grande majorité de la ville a été pillée et rasée par les envahisseurs. Si la statue se trouvait auparavant à l’air libre, elle est dorénavant à l’abri.
Lors de la lecture de notre article sur Bangkok, vous aviez pu admirer les plantes de pieds du Bouddha couché. Celles-ci étaient ornées de 108 images en nacre, représentant les 108 caractéristiques du Bouddha. Dans ce temple-ci, nous pouvons voir une peinture des plantes de pieds de Bouddha, mais elles sont décorées différemment. En effet, ce tableau montre « les pieds aux mille rayons » décorés également de 108 dessins, mais illustrant cette fois-ci les trois sphères du bouddhisme: le royaume des désirs, le royaume de la matière subtile et le royaume de l’immatériel.
Nous nous rendons ensuite au temple suivant, le Wat Phra Si Sanphet, considéré comme le temple le plus saint, le plus beau et le plus grand de l’époque d’Ayutthaya. Il était le plus magnifique des édifices religieux de l’ancienne capitale. Il a été édifié dans l’enceinte de l’ancien palais royal et il ne pouvait être utilisé que par les membres de la royauté. Ce temple a souvent été embelli et amélioré par les rois qui se sont succédés. Il a malheureusement été détruit durant l’attaque birmane au 18ème siècle et il a dû être restauré. Les trois grands stupas (prononcé stoupa), appelés chedis en Thaïlande (de grandes tours en forme de cloche, terminées par une pointe) contiennent les cendres des différents rois qui ont régné ici.
Notre prochaine étape cycliste nous amène au Wat Lokaya Sutharam. Sur ce site, nous découvrons un Bouddha couché de 42m de long, la tête reposant sur une fleur de lotus. Nous pouvons observer que les constructions historiques d’Ayutthaya (bâtiments et statues) sont faites de briques recouvertes de mortier. Ces œuvres terminées, elles étaient ensuite décorées de feuilles d’or, d’argent ou d’un autre matériau précieux.
Après avoir découvert cette impressionnante statue, nous décidons de nous octroyer une pause afin de remplir nos estomacs. Nous nous arrêtons dans un restaurant tout simple en bord de rue et cela s’avère être un très bon choix car les plats nous enchantent! Heureusement que notre table est à l’abri car une grosse averse se met à tomber! Nous sommes bien contents de ne plus être sur nos vélos à ce moment-là… 😅
Le repas terminé, la pluie s’est heureusement arrêtée. C’est donc rassasiés et au sec que nous poursuivons notre découverte de cette ancienne capitale du royaume de Siam. Nous nous rendons maintenant à un quatrième temple, le Wat Mahathat, où se trouvent des reliques du Bouddha. L’élément emblématique de ce lieu est une tête de Bouddha imbriquée dans les racines d’un arbre. En effet, durant l’attaque de la ville par les Birmans, ces derniers ont coupé les têtes des statues de Bouddha. Étant tombée à terre et les arbres ayant poussé depuis l’abandon du lieu, la tête s’est faite prendre par un arbre et y est maintenant incrustée.
Sur les photos suivantes, nous pouvons bien voir que les constructions ont une base en briques.
Notre prochain temple est le Wat Thammikarat. Nous pouvons y admirer 13 statues de « lions ». En réalité, ces statues ne peuvent pas être des lions puisqu’il n’en existe pas en Asie ! C’est en fait une représentation d’un animal mythologique, mais c’est impressionnant car on dirait vraiment un monstre mi-lion, mi-dragon. Nous y découvrons une très jolie statue du Bouddha assis sur le Naga, serpent à sept têtes qui l’a protégé durant son jeûne méditatif.
A force de voir des statues du Bouddha, nous avons remarqué que les statues diffèrent souvent, mais que certaines caractéristiques restent immuables (liste non exhaustive 😜 ) : – Les lobes d’oreilles allongés: Bouddha (Siddhartha) a vu ses lobes s’étirer lorsqu’il portait des boucles d’oreilles, avant son processus de renoncement. – La protubérance, le chignon, ou la flamme sur la tête: représentation de la connaissance et de la sagesse que Bouddha a atteint après son « éveil ». – Les yeux fermés ou mi-clos: marque de la méditation et du regard intérieur.
Si la plupart des lieux d’intérêt à Ayutthaya se trouvent assez proches les uns des autres, ce qui nous permet de les visiter à vélo, un certain nombre d’entre eux se situent en dehors de la ville, à des distances éloignées. Nous décidons donc pour notre dernière visite de rendre nos vélos et d’y aller en tuk-tuk. Ce dernier temple se nomme Wat Yai Chai Mongkhon. C’est un monastère qui date de 1357. Nous avons l’impression que ce temple doit être utilisé par des moniales car nous en voyons beaucoup durant notre visite. Contrairement aux moines qui sont habillés avec un grand tissu orange, les femmes sont en blanc. Elles ont, par contre, également les cheveux rasés. L’enceinte du temple est plutôt grande et nous pouvons monter sur le stupa principal afin d’admirer le site depuis en haut. C’est le roi Naraesuan le Grand qui l’a construit en 1592, en célébration de sa victoire.
Nous avons très régulièrement été en plein état de confusion à propos des dates et des abréviations sur les panneaux explicatifs des différents sites visités! En effet, c’est le calendrier bouddhique qui est le plus souvent utilisé en Thaïlande et les années ne sont pas décomptées de la même manière que chez nous. Les dates historiques sur les panneaux sont allègrement indiquées en suivant le calendrier grégorien ou le calendrier bouddhique, même sur les panneaux d’un même site 🙃 . Nous avons fini par apprendre que BE signifie « Buddhist Era », après la montée de Bouddha au Nirvana (Parinirvana) et que ce calendrier est 543 années en avance sur le nôtre. Mais pour que cela soit encore plus confus, la nouvelle année commence en avril 😉 . Nous avons également pu lire CE à côté d’une date, ce qui signifie « Common Era ». Cette abréviation correspond en fait à AD, mais sans faire référence au Christ, pour une notation neutre. Bref, lorsque rien n’est noté après une date, il nous faut réfléchir à la date qui serait la plus logique dans ce contexte.
Sur ce site, nous pouvons admirer un tableau qui représente une guerre au temps d’Ayutthaya. Nous constatons que les armées se battaient ici à dos d’éléphant, de la même manière qu’à cheval en Europe. Ça devait être impressionnant… 😳.
Voici quelques dernières photos prises en chemin:
Après cette longue journée de visite principalement à vélo (heureusement sous un ciel voilé), nous retournons à l’hôtel pour récupérer nos sacs car nous poursuivons notre découverte ferroviaire de la Thaïlande, avec cette fois-ci un train de nuit! Nous ne savons pas trop à quoi nous attendre, mais les wagons-lits ont plutôt bonne réputation 🤞🏻. Et c’est effectivement le cas, nous passons une super nuit, sur des lits bien plus confortables et spacieux que les sièges de bus, avec une bonne intimité car les lits ont des rideaux.
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
17.03 au 23.03.2022
Nous sommes maintenant en route pour Baan Mama, un refuge pour éléphants fondé par Brigitte, une expatriée belge. Elle a été volontaire durant plusieurs mois (sur plusieurs années) dans un autre refuge de la région. Mais lorsqu’elle s’est rendue compte que ce lieu n’était pas aussi éthique qu’il le disait, elle a décidé de créer son propre refuge. Elle loue maintenant le terrain d’un ancien hôtel luxueux où elle accueille trois éléphantes, un éléphanteau, des touristes et des éco-volontaires. Nous allons être éco-volontaires dans son refuge pendant six jours et nous sommes impatients d’y arriver! Après une vingtaine de minutes, nous voici à l’entrée du domaine, sans barrières, car les éléphants vont où ils veulent (tant que ce n’est pas dangereux pour eux ou si le propriétaire du terrain ne veut pas qu’un éléphant traverse sa propriété 🙃😅 ). Il fait déjà presque nuit et les éléphants sont à leur lieu de repos où ils sont attachés pour dormir (c’est le seul moment où ils sont attachés). C’est magique de les voir…et impressionnant! Nous tombons directement sous le charme de Tchou Tchaï, l’éléphanteau! Lorsqu’ils sont attachés, les mahouts (leur gardien, comme un berger en somme) ne sont pas près d’eux, il ne faut donc pas nous approcher car ils ne nous connaissent pas. Chaque éléphant a son propre mahout qui s’occupe de lui du matin au soir et le surveille pendant qu’il vit sa vie d’éléphant dans et autour du domaine. Il faut beaucoup de temps pour qu’une relation de confiance s’établisse entre le mahout et l’éléphant, c’est pourquoi les mahouts restent souvent très longtemps auprès du même animal.
Avant de commencer à vous en dire plus sur notre séjour, voici quelques informations sur le centre, sa philosophie et son histoire. Au fil de notre passage ici, nous avons beaucoup discuté avec Brigitte, passionnée des éléphants et amoureuse de ses pensionnaires. Outre les éléphants, il y a également une ribambelle de chats, chiens et chiots 😉.
Baan Mama signifie la maison de Mama, Mama étant le surnom de Brigitte. Elle a ouvert ce refuge en 2018 afin d’accueillir des éléphants âgés, malades ou fatigués.
La première éléphante accueillie à été Tao, une éléphante d’environ 63 ans, aveugle d’un œil, touchée par la cataracte. Elle avait mauvaise réputation car elle a tué son dernier mahout, qui avait l’habitude de la frapper lorsqu’il était saoul. Un jour, il est venu vers elle du côté de son œil aveugle en ayant bu et elle l’a envoyé valser avec sa trompe. Malheureusement, il a atterri la tête la première sur un arbre et il est mort sur le coup. Après ça, plus personne ne voulait d’elle! Brigitte étant une occidentale et en plus une femme, sans mari, elle avait beaucoup de peine à trouver son premier éléphant. En décembre 2018, le propriétaire de Tao a été d’accord de la lui louer.
En Thaïlande, les centres avec des éléphants sont rarement propriétaires des éléphants, ils les louent. Les propriétaires sont souvent également les mahouts de leurs éléphants et ils sont donc « loués » en même temps.
A son arrivée au refuge de Baan Mama, Tao était très craintive et refusait tout contact. Le propriétaire est âgé et il vit dans les montagnes. Ce n’est donc pas lui son mahout et Brigitte emploie quelqu’un pour être son gardien. Il a fallu plusieurs mois pour que Tao commence à avoir confiance en Win, son mahout. Entre temps, Tee a remplacé Win, qui lui réalise d’autres tâches sur le domaine. Aujourd’hui, Tao est une éléphante très douce, qui a repris confiance en les humains. Par contre, il ne faut pas s’approcher d’elle si tu sens l’alcool… Elle a une vraie mémoire d’éléphant! La relation entre Tee et Tao est très belle, les deux sont d’une douceur incroyable! Tee vit sur la propriété, dans un bungalow non loué, juste à côté du lieu de repos de Tao.
La prochaine éléphante que nous vous présentons est Tami. Ce n’est pas une éléphante âgée ni malade, mais elle a été accueillie durant la pandémie. En effet, dès 2020, de nombreux propriétaires d’éléphants se sont retrouvés sans revenus car ils travaillaient dans des camps à nacelle.
Ces camps accueillent des touristes et leurs proposent des tours d’éléphant sur une nacelle attachée à leur dos (celles-ci peuvent blesser l’éléphant). De manière générale, ces éléphants vivent attachés plus de 18 heures par jour avec un travail répétitif. Ils ne sont pas forcément maltraités par leur mahout, mais souvent ils ne sont pas nourris de manière appropriée. Étant attachés, ils n’ont de plus pas l’occasion de faire leurs soins naturellement (bains de boue pour protéger leur peau du soleil, limage des ongles sur des souches, grattage de la peau sur les troncs d’arbres pour enlever les peaux mortes, etc). Il faut toutefois savoir que les propriétaires possèdent souvent leurs éléphants depuis bébé et ils ont ainsi un lien fort avec eux. Ils ne vont donc pas les maltraiter, d’autant plus qu’ils sont leurs « outils » de travail. Les vidéos qui circulent sur internet du matage des éléphanteaux par leurs propriétaires sont la plupart très vieilles et ces pratiques n’ont plus cours, en tout cas pas que ça se sache. Il s’agissait de pratiques brutales pour dresser les éléphanteaux sauvages, capturés dans la nature, chose interdite depuis. Cette manière de procéder est horrible car elle consiste à mettre l’éléphanteau dans une cage/caisse et de le frapper violemment pendant plusieurs jours afin qu’il se mette à craindre le dago (le bâton avec un crochet plat du mahout) et les humains. Il sera ainsi plus docile par crainte que cela ne recommence… 😢
Pour en revenir à Tami, son propriétaire et sa famille se sont retrouvés sans assez d’argent pour prendre soin de leurs éléphants (ils en ont deux autres que nous vous présenterons après). Ils sont donc venus avec leurs trois élephants chez Baan Mama car, en plus de louer les éléphants (à prix plus modeste que ce dont ils avaient l’habitude), elle offrait le gîte et le couvert pour la famille et la nourriture pour les éléphants. N’ayant de toute façon pas vraiment le choix, ils sont arrivés en masse 👨👩👦👨🏻🐘🐘🐘. Pan, son fils, sa femme et son frère vivent également dans des bungalows non utilisés de l’ancien hôtel. Tami est une élephante de 26 ans qui est peureuse et elle barrit pour tout et n’importe quoi 🙃. Elle peut parfois s’affoler et 3.6 tonnes qui partent en vrille, c’est impressionnant! Pan est son propriétaire et son mahout depuis qu’elle a 2 ans et c’est impressionnant de voir comment il arrive à la calmer juste à la voix 😍.
La troisième éléphante qui vit au refuge s’appelle Douille Douille. Elle a 28 ans et c’est la plus grande du groupe. Elle pèse 3.8 tonnes! Elle appartient également à Pan et elle vit avec Tami depuis leur enfance. Elles sont donc comme des soeurs et nous ne voyons jamais l’une sans l’autre. Le mahout de Douille Douille est Chaï, le frère de Pan.
Comme vous pouvez le voir, Tee et Chaï tiennent quelque chose à la main, c’est un dago (appelé aussi ankus). C’est une sorte de petite pioche que le mahout tient constamment à la main. Cet outil possède un long manche et une pointe applatie au bout qui permet de maîtriser l’animal dans le cas où l’éléphant se mettrait en danger ou risquerait de blesser quelqu’un d’autre. Son long manche est important car il permet au mahout de garder une certaine distance avec l’éléphant. Si le mahout est trop près de l’éléphant lorsque l’utilisation du dago est nécessaire, il pourrait être gravement blessé. Cela est déjà arrivé dans des camps où le dago est interdit pour des questions «d’image». En effet, dans ces camps, les mahouts utilisent des clous, invisibles pour les observateurs, afin de garantir leur sécurité dans le cas où un éléphant se mettrait en danger ou mettrait en danger une autre personne. Mais ces clous étant cachés dans leur poing, les mahouts sont obligés de s’approcher de très près et c’est là que le danger est très grand… Cet outil a une réputation extrêmement mauvaise sur internet, alors que pour Brigitte, c’est une sécurité indispensable pour un mahout. Elle exige de ceux-ci qu’ils le portent à tout moment sur eux mais par contre, il doit être utilisé dans les règles de l’art: pour diriger l’éléphant s’il ne veut pas écouter, mais sans aucune once de violence, simplement en touchant l’éléphant avec ou en lui prenant la trompe ou l’oreille, s’il ne veut pas obéir à l’ordre donné oralement. Gabrielle a testé, en l’appuyant fort sur elle et en tapant un peu, ce n’est pas agréable mais ça ne fait pas mal. En conséquence, si on fait cela sur un éléphant dont la peau fait 2 cm d’épaisseur, cela ne déclenche aucune douleur! Par contre, si un éléphant panique, et que le mahout n’arrive pas à le calmer à la voix, il peut, en dernier recours, l’utiliser de manière à préserver sa sécurité et celle des autres… mais au risque de lui faire mal. Nous sommes bien peu de chose face à un animal de trois tonnes en panique ou en furie! Brigitte est très claire, dans son refuge le dago ne doit être utilisé qu’en dernier recours!
Et enfin, nous vous présentons le dernier pensionnaire du refuge: Tchou Tchaï (dit Tchou Tchou). C’est le bébé de Tami, né durant la pandémie, qui a 15 mois à la publication de cet article 😍. Elle est arrivée enceinte au début de la pandémie, mais Pan n’était pas encore sûr qu’elle était portante. La naissance a été un grand moment de joie et d’émotion! C’est encore un bébé, mais de 300 kilos quand même 🤪, et il n’arrête pas de faire des bêtises (renverser les scooters, vouloir entrer dans la cuisine ou les chambres, grimper aux arbres) ou de courir après les volontaires. Bref, son mahout a fort à faire 😂 ! Tchou Tchou est destiné au fils de Pan, qui a trois ans. En attendant qu’il soit en âge de pouvoir être son mahout, c’est Raymond (son nom thaï étant difficilement prononçable, Brigitte l’a surnommé ainsi 😂 ) qui s’occupe de l’éléphanteau. Il doit apprendre à ne plus faire de bêtises, gros travail en perspective… Avec lui, pas de dago, mais une simple baguette de bois (une toute fine branche) pour l’empêcher de nous foncer dessus! Son mahout lui donne un petit coup sur la trompe qui fait une résonnance désagréable dans sa tête. Nous ne sommes pas toujours rassuré, car même si c’est un jeu, il est facile pour lui de nous renverser ou de nous écraser contre un arbre. Un jour, Gabrielle était au champ avec les éléphants, Tchou Tchou s’est approché et il l’a entourée par le cou avec sa trompe pour l’attirer vers lui… elle peut vous le confirmer, il a de la force! Après deux-trois pas de danse pour se dégager, son mahout est venu la « sauver » 🙃. Nous avons bien rigolé de ses bêtises, mais en étant toujours attentifs s’il était dans les parages! Il vit ainsi entouré de sa mère et de sa « tante » qui est comme une deuxième mère pour lui! Si vous avez compté, Tchou Tchaï devrait être le cinquième éléphant, vu que Pan était arrivé avec deux éléphantes et un éléphanteau. Cet éléphanteau était en fait le premier fils de Tami mais par tradition, le premier né de toute éléphante doit être vendu par son propriétaire à la naissance du deuxième, sinon cela porterait malheur. Cela a été un crève-coeur pour Brigitte, mais également pour Pan et sa famille de devoir s’en séparer 😢 !
Après avoir fait connaissance avec les autres volontaires (une dizaine sans compter les enfants, de trois autres familles en tour du monde), nous sommes passés à table. Nous avons la chance de pouvoir bénéficier des talents de cuisinière de Brigitte avec un repas fait maison! Nous serons gâtés durant le séjour car nous aurons des soupers variés et délicieux: des hamburgers frites, des spaghettis, des lasagnes, des gâteaux, etc. Brigitte acceuille majoritairement des francophones, donc la communication et les partages se font rapidement entre tous.
Ce sont les ventres bien remplis que nous rejoignons nos deux bungalows, un pour les filles et un pour nous. Ca fait du bien d’avoir chacun notre chambre, une rareté depuis 7 mois!
Le lendemain, nous sommes tous excités de vivre notre première journée au rythme des éléphants!
Le petit déjeuner est vers 8h30 et nous avons la grande suprise de manger… des crêpes avec des confitures faites maison… et de la pâte à tartiner au chocolat et lait de coco confectionnée par Brigitte 😋 ! Elle nous gâte vraiment! Au cours du petit déjeuner, Tao arrive avec Tee pour que nous la nourrissions de fruits. Elle vient à la terrasse, juste en face du garde-manger et elle attend que nous arrivions… mieux vaut ne pas trop la faire attendre 😉 ! Tout le monde abandonne son assiette et rejoint la terrasse. S’en suit un travail à la chaîne pour peler les bananes et les lui donner. Elle les engouffre à un rythme effréné! Nous devons lui peler un peu les bananes car il ne lui reste que 2 dents au fond de la bouche et elle ne peut plus faire sortir la chair elle-même. Elle mange aussi les peaux et elle a sa technique bien à elle pour ramasser la fin du régime et récupérer les peaux tout en laissant le « trognon » 😉. Comme elle est aveugle du côté droit, il est important que nous nous mettions du côté gauche afin qu’elle ne nous bouscule pas accidentellement ou qu’elle ait peur de nous entendre soudainement sans nous voir. Si une approche par la droite est nécessaire, il est conseillé de le faire lentement tout en lui parlant pour signaler notre présence.
Une fois qu’elle a compris que nous n’avons plus rien à lui donner, elle s’en va avec Tee pour aller manger des herbes ou ce qu’elle trouve dans les champs environnants. Les agriculteurs demandent régulièrement à Brigitte de passer dans leurs champs après la récolte pour « tondre » ce qui reste. C’est donc un deal qui profite à tous!
Une fois Tao partie, nous nous remettons à table pour finir notre petit-déjeuner. Vers 09:30, c’est au tour de Tami, Douille Douille et Tchou Tchou de faire leur apparition à la terrasse. Cette fois-ci, c’est plus rock’n roll! Tchou Tchou est encore assez petit pour monter sur la terrasse pour manger et il nous faut être attentif à ne pas nous faire écraser par son enthousiasme! Tami et Douille Douille mangent des bananes, mais aussi des fruits à coque dure (dont nous ne savons plus le nom), des ananas, des patates, etc. Elles ont les dents pour ça! Tchou Tchou ne mange encore que des bananes entièrement épluchées, des patates ou des pommes coupées, pour compléter le lait de sa mère qu’il tête encore. Comme il est sur la terrasse, il ne se gêne pas pour régulièrement essayer d’entrer dans la réserve et se servir lui même 🙃 ! Le mahout nous aide à le repousser!
Un éléphant doit manger environ 10% de son poids par jour! Sa mâchoire est très puissante et elle contient quatre molaires au fond de la bouche. Celles-ci mesurent environ 20×10 centimètres et elles peuvent peser plusieurs kilos! Nous comprenons donc mieux l’aspect de certains arbres chez Baan Mama, dont les branches et l’écorce ont été arrachées et mangées par les éléphants! Brigitte doit acheter près d’une centaine de kilos de fruits et légumes par jour pour nourrir ses pensionnaires… un sacré budget! Ces éléphants ont beaucoup de chance de vivre chez elle car elle les gâte! La vétérinaire a même dit que ça devait être les seuls éléphants qui ont grossi durant le confinement 😉 ! Tout l’argent économisé par Brigitte est donc passé dans la nourriture des éléphants. Elle a ainsi dû faire des économies sur l’entretien du lieu (voir plus bas).
Une fois que toute la réserve est terminée, les trois éléphants partent avec leurs mahouts pour manger dans les champs alentours.
A ce stade, vous avez peut-être remarqué que Tao n’est jamais en même temps que les autres. En fait, elle ne supporte pas Douille Douille et elle n’arrête pas de lui foncer dessus… Après plusieurs essais, Brigitte a renoncé à les mettre toutes ensembles. Tao reste donc solitaire, mais cela n’a pas l’air de la déranger car elle ne cherche jamais le contact avec les autres.
Lorsque les mahouts quittent la terrasse, Brigitte propose à ceux et celles qui le désirent de monter sur une des éléphantes. Celles-ci ont leur mot à dire et si elles ne veulent pas prendre quelqu’un sur leur dos, personne ne les force! Ce sont les éléphants qui décident chez Brigitte! Douille Douille et Tao sont les plus tranquilles et douces. Pour Tami, c’est différent car, étant craintive, il se peut que ce soit un peu plus dynamique sur son dos! Bien sûr, nous sommes toujours accompagnés du mahout, qui se tient derrière nous et qui peut nous sécuriser si nécessaire. Nous montons « à cru » sur leurs nuques, afin de ne pas blesser l’éléphant avec une selle ou une nacelle. Au début, nous étions circonspects sur le fait de monter sur un éléphant car cela est souvent critiqué sur internet ou dans les articles qui parlent de la préservation des éléphants. Gabrielle en a donc parlé avec Brigitte et elle a fini par être convaincue 😉 .
Les éléphants en Thaïlande sont apprivoisés depuis des millénaires, comme les chevaux en Europe. L’éléphant d’Asie a été domestiqué pour travailler pour les humains et les transporter… Comme le cheval! A la différence que porter 80 kilos quand on pèse trois tonnes est plus facile que de porter 80 kilos quand on pèse 300 kilos…. Notre pratique est donc « pire » en Occident, et personne ne s’en offusque. En Europe, certains chevaux sont maltraités dans des centres équestres ou épuisés par un dur labeur… comme ici pour les éléphants. L’avantage chez nous, par contre, c’est qu’il y a plus de contrôles. En Thaïlande, tous les éléphants qui travaillent dans les camps doivent être nés en captivité (ils sont pucés à la naissance) afin d’éviter la capture des derniers éléphants sauvages. Le nombre d’éléphants sauvages a drastiquement diminué ces dernières décennies, et non parce qu’ils ont été capturés ou braconnés pour l’ivoire, mais majoritairement parce que leur lieu de vie, la forêt, a été réduite à peau de chagrin. Il reste environ 3200 éléphants sauvages en Thaïlande et 3800 éléphants domestiqués. Ces derniers seraient incapables de survivre en liberté, car leur vie sauvage remonte à trop de générations. Gabrielle a quand même insisté en disant qu’on pourrait leur « apprendre » lorsqu’ils sont bébés et les relâcher assez rapidement pour qu’ils ne s’habituent pas à l’homme. Mais en fait les éléphants domestiques n’ont plus le même système immunitaire que les éléphants sauvages. En introduisant des éléphants domestiques au milieu d’éléphants sauvages, les deux groupes seraient décimés par les maladies que l’autre transmettrait.
Durant notre séjour, Gabrielle s’est promenée deux fois avec Tao, Marine, deux fois avec Tami et Philippe une fois sur Douille Douille. Ce sont les éléphants qui vont à leur rythme en direction du champ désigné pour ce jour-là. Une fois arrivés au champ, ils se mettent à manger tout ce qu’ils trouvent de bon. Nous pouvons rester sur le dos de l’éléphant autant de temps que nous le souhaitons. Après être redescendus, nous pouvons rentrer à pied au refuge (les champs sont souvent à 15 minutes à pieds au maximum) ou rester à observer les éléphants. La première fois, Gabrielle est restée une demi-heure sur Tao et ensuite elle a discuté un bon moment avec Tee car elle n’avait pas compris qu’ils allaient rester au champ plus de deux heures!! 🤦🏼♀️ Tee apprend le français avec Brigitte, mais ses connaissances sont encore basiques alors ils ont utilisé le français, l’anglais et beaucoup de Google Translate! C’est un outil très pratique pour communiquer en thaï! Une fois les éléphants arrivés au champ, soit les mahouts descendent de l’éléphant, soit ils restent sur leur dos de manière hyper détendue tout en discutant entre eux. Ils sont très régulièrement chacun sur leur téléphone portable en jetant parfois un coup d’oeil sur leurs éléphants pour être sûr qu’ils ne font pas de bêtises… comme manger les fleurs du voisin qui a son jardin attenant au champ (véridique! 😂), vouloir abattre un arbre, etc. Durant notre séjour, nous avons eu droit à deux coupures d’eau… une éléphante avait écrasé une canalisation (elles ne sont parfois pas assez enterrées et le poids des éléphantes les brise)! Bon, ça c’est sans faire exprès 😉 ! Les mahouts sont de vrais funambules et ils peuvent se coucher sur l’éléphant (c’est plus confortable pour consulter instagram 😉) et passer d’un éléphant à l’autre sans une once de perte d’équilibre, tout ça en claquette. Les éléphantes les aident à monter de manière impressionnante, avec la trompe ou la patte, et les mahouts montrent une agilité stupéfiante. Nous avons été moins gracieux…c’est très haut 🤦🏼♀️🤦🏼♂️ ! Un éléphant d’Asie est plus petit que son cousin d’Afrique, mais il mesure quand même 2,5 mètres de haut en moyenne! Les éléphants sont en liberté (il n’y a aucune clôture dans ces champs) et les mahouts les suivent et non le contraire. Comme mentionné précédemment, les mahouts guident les éléphants à la voix. Ces derniers seraient capables de comprendre une cinquantaine de mots mais comme tout est en thaï, ils nous est difficile de différencier les mots utilisés😜. Nous avons quand même reconnu « oï » qui veut dire « non » et quelque chose entre « mèèmèè » et « maamaa » qui veut dire « viens ».
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Nous avons remarqué que les queues des trois éléphantes ont des poils très courts sur la pointe alors que Tchou Tchou a de longs poils. Brigitte nous fournit l’explication: les brins de queues d’éléphants se vendent très chers et les propriétaires les coupent une fois longs pour les vendre.
Pour celles et ceux qui ne sont pas partis en balade, la suite du programme consiste en l’accomplissement de tâches pour faire tourner « l’hôtel » et lui redonner sa splendeur d’antan: vaisselle, nettoyage des chambres libérées et préparation de celles-ci pour les prochains arrivants, lessives, travaux d’électricité et de plomberie, peintures, réparations diverses et variées sur le domaine, etc. Chacun s’attèle à une tâche en fonction de ses capacités et de ses envies. Brigitte est très cool et tout cela se fait de manière détendue et sans aucune pression. Lorsque les éléphants viennent nous rendre visite, cela devient même un plaisir!
A un moment donné de la matinée, trois jeunes Thaïs du staff qui s’occupent plus de la manutention du jardin et des déchets viennent chercher deux ou trois volontaires pour aller couper des pousses et feuilles de bananiers à quelques kilomètres de là: un pick up arrive et nous entendons « bananiers, bananiers ». Philippe y est allé deux fois, toujours habillé avec de vieux habits du refuge car la sève de bananier ça tache et ça colle! Tout ce qui a été « récolté » est ensuite ramené aux éléphants pour qu’ils les mangent. La tâche consiste également à nettoyer le lieu où ils dorment… mais dans les faits, nous ne l’avons jamais fait.
Durant ces tâches, nous avons quelques fois l’opportunité de faire un peu d’école pour les filles. Nous profitons de le faire au même moment qu’une autre famille, québécoise, c’est plus facile pour motiver les enfants 😜 .
Vers 12:00, c’est l’heure du repas. Au début du séjour, Brigitte commandait les dîners à un restaurant (pad thaï ou fried rice au choix), mais lorsqu’elle a embauché la mère de Tee à la moitié de notre séjour, nous avons pu bénéficier de la cuisine thaïe faite maison! 😋
Après le repas, il y a un petit moment de repos avant l’arrivée des éléphants pour les nourrir à nouveau. Comme d’habitude, c’est Tao qui arrive en première. Cette fois-ci, en plus des fruits, elle a le droit à des boules de riz avec du manioc. Nous aidons Tee à les préparer puis nous les lui donnons. Elle adore ça! Une des boules contient des compléments alimentaires et des vitamines nécessaires vu son âge avancé. Elle a droit aux trois-quarts de la ration, le reste étant pour Tami et Douille Douille. Tchou Tchou, lui, n’a droit qu’à des toutes petites!
L’en-cas terminé, Tao s’en va à la rivière avec son mahout pour se rafraîchir. Nous pouvons observer le bain depuis la rive ou nous pouvons entrer dans l’eau avec elle. C’est la seule avec laquelle nous pouvons le faire, car les autres sont trop fofolles dans l’eau et cela pourrait être dangereux. Nous restons à bonne distance, mais nous pouvons parfois demander à Tee s’il est possible de l’approcher. Selon la réaction de Tao à notre approche, il nous autorise à la toucher et parfois à nous coucher sur son dos. Mais à nouveau, c’est elle qui décide et qui te met bien vite à l’eau lorsqu’elle ne veut plus de toi 😂.
Les éléphantes de Baan Mama adorent l’eau et elles restent aussi longtemps qu’elles le veulent. Par contre, s’il fait mauvais temps ou nuageux, elles ne restent que 2-3 minutes… Elles sont frileuses apparemment 😉 ! Les éléphants se baignent pour se rafraîchir, se désaltérer et pour se laver. Pendant la baignade, les mahouts en profitent pour frotter les pachydermes car des parasites se cachent dans la terre qu’ils projettent régulièrement sur leur dos. Cette terre leur permet de protéger leur peau du soleil et de faire descendre leur température corporelle.
La baignade terminée, Tao s’en va au champ. A nouveau, il est possible de l’accompagner au champ, sur son dos ou en marchant. Il est souvent plus intéressant de rester en bas car depuis son dos, on ne voit que le dessus de sa tête, qui, soit dit en passant, est couverte de poils durs! Par contre, sa marche est lente et ça nous berce agréablement.
C’est maintenant à Tami, Douille Douille et Tchou Tchou d’arriver pour le bain. Depuis quelques jours, Tchou Tchou est encouragé à aller se baigner dans la rivière car jusqu’à maintenant, il prend son bain dans une grande bassine. Il adore jouer dans l’eau de sa petite piscine, mais là, impossible de le faire descendre dans la rivière, il est terrorisé! Tchou Tchou se mettant à paniquer lorsqu’il se retrouve seul sur la rive, Pan doit attacher une des éléphantes pendant que l’autre prend son bain. Au fil des jours, Tchou Tchou s’est approché de l’eau, mais nous sommes partis trop tôt pour assister à son premier bain dans la rivière! Grâce à Facebook et aux lives de Brigitte, nous avons pu y assister virtuellement. Depuis lors, il fait beaucoup de progrès: il est dorénavant à l’aise dans la rivière et il aime y jouer 😍. Les éléphantes aiment beaucoup l’eau est nous comprenons vite pourquoi nous ne pouvons pas nous baigner avec elles: elles vont sous l’eau, s’y ébrouent, tapent sur l’eau avec leur trompe, etc.. Pan reste sur le dos de Tami car au moindre événement inhabituel dans l’eau, elle se met à paniquer… Il est un fin destrier, car parfois nous assistons à un vrai rodéo aquatique! En plus, il ne perd jamais ses schlaps! Il doit être vigilant et la calmer à la voix lorsqu’elle commence à être nerveuse. Une fois, elle est sortie de l’eau à toute vitesse car elle a eu peur et Pan n’a pas réussi à ce qu’elle se calme avant de sortir… C’était un peu mouvementé! Pan l’a faite redescendre dans l’eau pour que ce soit lui qui lui dise de sortir, afin de réaffirmer son autorité. S’il n’avait pas fait ça, il y aurait eu le risque qu’elle prenne le dessus sur lui et qu’elle ne veuille plus suivre ses ordres… à 3.6 tonnes, on ne rigole pas avec l’obéissance!
Une fois le bain terminé, nous suivons les éléphants qui se dirigent vers la terrasse afin de recevoir leur deuxième collation de la journée. Malgré le fait d’avoir mangé durant toute la matinée, ils ont toujours faim 🤪 !
Après cette collation, les trois éléphants s’en retournent aux champs pour continuer à se nourir. Ils profitent de ces moments en liberté pour faire leurs soins indispensables: se gratter, limer leurs ongles, se couvrir de terre pour protéger leur peau, etc.
Je me couvre de terre et je me gratte!
Après ce bon moment avec les éléphants, chacun reprend ou recommence ses tâches. Certaines d’entre elles sont plus rapides que d’autres, alors Brigitte compte sur la spontanéité de chacun pour réparer ou nettoyer ce que nous voyons. Gabrielle a eu la « mauvaise » idée de faire la lessive tous les jours, tâche qui commençait souvent à 9:00 pour se terminer vers 20:00… Avec 45′ de pause pendant que la machine tournait mais ce temps était souvent passé à étendre la lessive 🙃. Un jour, Estelle a aidé un autre volontaire (éducateur de métier), Mathieu, à repeindre une chambre. Nous avons eu un bon contact et nous l’avons revu deux fois par la suite, c’est vraiment un chouette gars! Surtout pour traîner avec deux « vieux » et leurs enfants 😂. A part cet après-midi, les enfants ne font pas grand chose comme tâches, ils jouent plutôt avec les chiens ou entre enfants 😉. A la place d’aller aux bananiers, l’après-midi c’est la coupe de longues herbes. Celles-ci sont très coupantes et il faut mettre des habits longs et des gants!
En fin d’après midi, nous avons plusieurs options d’activités. Nous avons descendu deux fois la rivière Kwaï! Brigitte monte ceux qui le désirent en amont de la rivière avec des gilets de sauvetage (tout neufs car achetés lors de notre deuxième jour sur place). La particularité thaïe, c’est de les enfiler « upside-down », c’est à dire comme une couche culotte 🙃🤪. Nous nous laissons tous convaincre, même les filles, et c’est top 😃 ! Le ridicule ne tue pas comme on dit 🙃 ! Nous flottons assis et c’est très confortable. L’entrée dans l’eau n’est pas forcément facile car elle est très brune et donc opaque, et avant de pouvoir nous mettre à flotter, nous devons faire quelques pas dans une épaisse couche de vase…. Une fois cette étape franchie, nous descendons tranquillement la rivière, portés par le courant. Les paysages sont jolis et nous pouvons observer quelques hôtels de luxe… Avec une architecture parfois très peu avenante, de vrais cubes de béton! Au bout d’une quarantaine de minutes, nous arrivons en vue de la terrasse de chez Baan Mama et il est temps de nous approcher de la berge. Nous ne sommes pas tous rassurés car les roseaux peuvent cacher des serpents 😳 😬! Lors de nos deux sorties, personne n’en a vu 😅. Nous apprendrons que deux jours après notre départ, le bar flottant aura été réparé et sera donc opérationnel… Zut!
En parlant de bar, la mère de Tee a repris la cuisine pour le repas de midi, mais elle a aussi repris le bar! Nous avons eu droit à une première soirée-test où Brigitte lui a appris les recettes, donc gratuite 🥳 ! Nous avons par la suite encore pu en profiter les deux derniers soirs. 🍻🥂
Une autre activité a été de faire des jeux de société ou du takraw, une sorte de football mais qui se joue comme du volley. On utilise donc les pieds pour renvoyer la balle par dessus un filet. Cela se joue en équipe de trois. Les premiers jours, nous avons observé les jeunes employés thaïs y jouer, puis quelques-uns se sont lancés, avec un certain brio il faut dire.
Comme mentionné précédemment, c’est Brigitte qui cuisine le matin et le soir. C’est donc toujours avec enthousiasme que nous nous mettons à table. Les repas durent souvent longtemps, ce qui fait que les enfants se couchent directement après. Nous les avons régulièrement vite rejoints, surtout Gabrielle!
Durant notre séjour, nous avons pu prendre une journée de « congé » pour aller visiter les chutes d’Erawan, à une heure et demie du refuge. C’est un site avec sept différentes cascades, toutes accessibles par un sentier d’environ un kilomètre et demi. Nous n’y allons que nous quatre car les autres volontaires y sont déjà allés (entre-temps, deux familles ont quitté le refuge et plusieurs couples les ont remplacés). C’est Noy, le frère de Tee, qui est notre chauffeur pour la journée. Le trajet passe rapidement et nous arrivons vers 11:00. Noy reste à l’extérieur du parc pour nous attendre… Pour au moins trois heures! Il est toutefois bien préparé car il a emporté son hamac qu’il accroche à deux piliers d’un abri du parking 😄 !
Au départ du sentier, nous devons louer quatre gilets de sauvetage que nous devons porter dans tous les bassins des cascades. Et impossible de frauder car des gardiens veillent au grain, certains sont même en civil 😂 🤪 ! Nous voulions emprunter ceux du refuge, mais il est interdit d’en amener de l’extérieur 🙃. Les deux premières cascades sont toutes proches, mais nous décidons de monter directement à la dernière puis de redescendre lentement. Il fait bien chaud, et les cascades s’espacent de plus en plus… Le kilomètre et demi passe lentement, le sentier n’étant pas aussi facile que cela. Nous craquons à la cinquième cascade et nous nous jetons à l’eau. Le bassin de cette cascade est rempli de poissons, plus ou moins gros 😳, qui viennent grignoter nos peaux mortes. Une fish pédicure gratuite 😃! Heureusement les tout gros ne s’approchent pas vraiment de nous! Après cette pause rafraîchissante, nous continuons le sentier pour atteindre la dernière cascade.
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Nous nous y baignons un moment puis nous décidons de redescendre car il est presque 14:00 et nos estomacs crient famine (il est interdit de manger sur ce sentier, sauf tout en bas). Sur la descente, nous décidons de nous arrêter à la quatrième cascade car nous voyons deux jeunes y faire du toboggan! Les filles sont motivées alors nous mettons notre faim de côté pour goûter aux joies de la glisse. Pour finir, Marine n’y mettra pas les pieds car les poissons y sont trop gros à son goût. Une fois son appréhension mise de côté, Estelle s’en donne à coeur joie!
Après cette séance de glissade, nous descendons tous à un rythme rapide pour rejoindre les tables de pique-nique 😜 ! Le repas est vite avalé et nous rejoignons Noy pour le trajet retour. Lorsque nous arrivons au parking, pas de Noy en vue… Son hamac est en fait plus loin que nous le pensions! Il a dû nous entendre car il sort de son hamac, le plie soigneusement et nous rejoint. En route, nous croisons de sympathiques panneaux, c’est sûr, nous avons changé de continent!
Nous arrivons juste à temps au refuge pour la dégustation des cocktails 😃 !
Après six jours à Baan Mama, nous sommes convaincus de l’intégrité de Brigitte, sa réelle préoccupation pour les éléphants et son amour pour eux. Son premier soucis concerne le bien-être de ses éléphants, ses clients et son business ne vient qu’ensuite. Elle peut faire des concessions sur l’accueil des touristes et éco-volontaires, mais jamais sur les éléphants… Ils sont dans un refuge cinq étoiles! Nous avons pu nous promener partout sur le domaine, preuve qu’elle n’a rien à cacher. Elle nous dit ne pas être à 100% sûre de ce que font les mahouts lorsqu’ils sont loins de ses yeux ou de ceux des visiteurs, mais ils savent ce qu’elle ne veut pas voir dans son refuge. Avec Tee, c’est plus facile de lui dire les choses et de le reprendre si nécessaire car c’est son employé. Cependant pour Pan et Chaï, c’est plus compliqué car ils sont les propriétaires des éléphants. Mais, comme mentionné précédemment, ces derniers adorent leurs éléphants, donc il n’y a pas de raison qu’ils les maltraitent! Brigitte pense que Pan et sa famille repartiront avec leurs éléphants lorsque les camps à nacelles rouvriront car ils sont mieux payés là-bas. Brigitte n’a malheureusement pas les fonds pour les payer d’avantage…. Elle verra en temps voulu! Elle espère que Tao pourra rester au refuge jusqu’à sa mort… mais cela dépendra de la décision des enfants de l’actuel propriétaire, lorsque celui-ci décédera. Si les enfants la mettent en vente, Brigitte fera tout ce qu’elle peut pour l’acheter 🤞🏻.
Pour conclure notre récit de cette belle étape de notre voyage, voici un article que nous avons trouvé avec une interview de Brigitte, datant de 2020, où elle explique beaucoup d’éléments sur les refuges/sanctuaires pour éléphants en Thaïlande. Elle ne s’est pas attirée que des amis en énoncant certaines vérités… Mais Brigitte est une personne très franche et honnête qui n’hésite pas à dire ce qu’elle pense 😉. Le lien: https://mrmondialisation.org/elephants-maltraites-en-thailande-et-greenwashing-le-vrai-du-faux/
Nous avons passé un séjour hors du temps, une vraie parenthèse enchantée durant ce voyage! Nous repartons avec des étoiles dans les yeux et des souvenirs pleins la tête. Marine a déjà prévu d’y retourner avec son cousin ou des copines dans trois, quatre ans, car Brigitte acceuille les adolescents sans leurs parents 😉.
Pour conclure, voici une petite vidéo des « bêtises » de Tchou Tchou:
A bientôt pour découvrir la suite de notre séjour en Thaïlande. Philippe et Gabrielle
Update de fin mai: depuis notre visite au Baan Mama, le refuge a accueilli une nouvelle éléphante, Punsap! Elle vient d’arriver et elle s’accoutume gentiment au lieu. Win (l’ancien mahout de Tao) est son nouveau mahout, et elle tiendra désormais compagnie à Tao 😍. Brigitte s’est battue pour l’accueillir au refuge, car elle vient d’un camp et elle souffre de malnutrition sévère. Son objectif est de lui faire prendre une tonne! Vous pouvez suivre l’actualité du refuge sur Instagram et Facebook (Baan Mama éléphant).
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
13.03 au 17.03.2022
Comme mentionné dans l’article précédent, nous avons 36h de voyage devant nous. Notre trajet est tout à fait illogique… : Papeete – San Francisco – Tokyo – Bangkok! Nous avions regardé pour aller directement de Polynésie jusqu’en Thaïlande, mais il n’y avait que très peu de connections à cause du Covid. De plus, ces vols nous auraient coûté le double du prix (donc plusieurs milliers de francs de plus).
Notre premier vol de huit heures se passe bien car c’est un vol de nuit, le temps passe ainsi plus vite. Nous arrivons à 07:50 à San Francisco, donc 04:50 pour notre corps et cerveau 🙃. Nous sommes un peu dans les vapes en sortant et nous devons encore attendre deux heures avant que les guichets d’enregistrement n’ouvrent… Cela nous laisse le temps d’acheter un billet de continuation direction le Cambodge que nous annulerons une fois arrivés à Bangkok. C’est une découverte de ce voyage autour du monde. En effet, la plupart des pays (si ce n’est tous…) demandent une preuve de sortie du territoire, que ce soit un billet de bus ou d’avion. Ce qui ne pose jamais de problème quand nous partons en vacances pour quelques semaines devient un inconvénient pour nous, qui décidons au fur et à mesure la durée de notre séjour et le prochain pays que nous voulons visiter… Une fois les formalités administratives effectuées (enregistrement des bagages mais surtout contrôle de tous nos documents d’entrée pour la Thaïlande) nous cherchons les grands sièges découverts précédemment afin de nous reposer avant le prochain vol.
Après plus de cinq heures d’attente, nous embarquons pour notre deuxième vol, qui nous emmène au Japon en 11 heures. Une bonne dose d’écrans plus tard, nous arrivons à Tokyo et nous mettons ainsi nos pieds sur notre troisième continent du voyage, l’Asie! Durant ce vol, nous avons passé la ligne de délimitation du jour et nous sommes donc près de 24 heures plus tard… Un petit air du film « Retour vers le futur » 😉 (nous verrons d’ailleurs les trois films quelques semaines plus tard). Au terminal international, tout, absolument tout, est fermé! Les transits ont réouvert il y a peu et deux ans de fermeture ont laissé des traces! Un seul petit DutyFree Shop est ouvert et nous pouvons y admirer des figurines mangas et autres objets japonais. Heureusement l’escale ne dure qu’une heure et demi! 🤪
Nous sommes bien fatigués, mais nous embarquons avec enthousiasme sur notre troisième et dernier vol qui ne va durer « que » sept heures 🙃. Cette fois-ci, nous allons atteindre notre destination finale : la Thaïlande! 😃 Lorsque nous arrivons, il est 23:30, heure locale. Pour notre corps, il est en fait 06:30, le jour d’avant! 🤪 Si les démarches pour le Thaïland Pass ont été pénibles, il faut reconnaître qu’une fois sur place, tout est très rapide et bien organisé. Cependant, nous n’en avons pas encore terminé ! En effet, la Thaïlande exige un transport privatisé pour isoler les nouveaux arrivants, un test PCR à l’arrivée et une quarantaine dans un des hôtels agréés par le gouvernement, appelés hôtels SHA++ en attendant le résultat. Le tout est vendu comme un package qui fait rapidement gonfler la note de manière abusive… Pour vous donner une échelle de comparaison, ce package correspond à quatre jours de budget tout compris dans le pays 😅 ! Il est passé minuit quand nous sortons dans le hall de l’aéroport. Là, nous sommes directement pris en charge par le chauffeur qui doit nous amener à l’hôpital pour faire les tests puis à l’hôtel. Tout est à nouveau très bien organisé et toutes les étapes se passent rapidement. Une fois à l’hôtel, nous découvrons nos deux chambres communicantes, pour les prochaines heures. Nous nous mettons rapidement au lit, en espérant recevoir bientôt nos résultats, et surtout, qu’ils soient négatifs! Nous dormons plutôt bien au vu du décalage horaire, mais il faut dire que nous n’avons presque pas dormi ces dernières 48 heures! Au réveil, nous découvrons les petits déjeuners thaïlandais, livrés sur le pas de notre porte. Nous faisons connaissance avec le polystyrène et les sacs plastiques, omniprésents ici! Quand on sait que la plupart des Thaïs mangent à l’extérieur, c’est impressionnant! Cela crée des montagnes de déchets, souvent jetés par terre.
Pas tout à fait comme par chez nous 🍟
La journée est longue et nous patientons en regardant des films, en avançant le blog, en faisant un peu d’école et en jouant. Pour allier l’utile à l’agréable, les filles regardent un dessin animé retraçant la vie de Siddhartha Gautama (futur Bouddha), car nous connaissons peu de choses sur le bouddhisme: La légende de Bouddha Ce film est très intéressant et les filles pourront souvent y faire référence lors des prochaines visites pour nous expliquer ce que telle ou telle scène représente. Philippe et moi ne regardons pas tout le film car nous organisons le séjour en même temps, ce qui explique qu’il nous manque certaines informations 🙃🤦🏼♀️🤦🏼♂️ !
A 18:00, la réception nous appelle pour nous dire que les résultats sont tous négatifs et que nous pouvons donc sortir 🥳 . Nous refaisons vite nos sacs pour nous rendre à notre prochain hôtel… Ce premier hôtel nous a coûté près de 350 CHF avec son package Covid-19 et notre budget logement en Thaïlande tourne plutôt autour des 20 CHF 🙃. Bon, les tests étaient compris 😉. Apparemment, il y avait une piscine, mais comme nous étions enfermés dans nos chambres, nous n’avons pas pu en profiter 🤪.
Après avoir déposé nos sacs dans notre nouvel hôtel, nous sortons malgré l’heure tardive… Nous voulons respirer un peu l’air thaïlandais et découvrir le quartier. Il fait nuit lorsque nous admirons notre premier temple bouddhiste (qui sera suivi de BEAUCOUP d’autres 😂), c’est magnifique! Nous découvrons également les usages bouddhistes qui consistent à ôter nos chaussures avant d’entrer dans les temples et couvrir les jambes des femmes (ce deuxième point nous est plus familier). Dans le bouddhisme, ce qui est le plus près du sol est considéré comme impure et donc par extension les chaussures. Cette tradition a également cours dans la vie séculière car il est demandé d’ôter les chaussures chez les particuliers, mais aussi dans certains commerces, hôtels, restaurants, etc. Mais tous les temples ne sont pas dédiés à Bouddha. En nous balladant dans la rue, nous découvrons aussi des autels et des statues dédiées à des divinités hindoues.
Le Wat Suthat / la dernière photo: une statue de Vishnu
Après cette première découverte, nous rentrons à l’hôtel pour manger le souper que nous avons reçu à l’emporter du premier hôtel… Il était compris dans le package Covid-19 et vu le prix payé, nous n’avons pas dit non 😉.
Notre première « vraie » nuit en Thaïlande s’est bien passée. Le petit déjeuner est compris et il est préparé minute avec des œufs, du pain, de la confiture et du miel 😋. Nous observons avec un sourire le salon de coiffure temporaire qui s’est installé au milieu de la rue.
Nos ventres bien remplis, nous partons avec enthousiasme pour visiter quelques points forts de Bangkok. En chemin, nous n’hésitons pas à nous arrêter dans des petits temples qui nous plaisent car il y en a vraiment beaucoup à travers toute la ville!! Nous traversons également un marché aux fleurs où il est possible d’acheter des arrangements floraux qui sont ensuite déposés devant les statues de Bouddha dans les temples.
Ces temples peu connus servent souvent de parking…
Nous avons pas mal marché et nous transpirons à grosses gouttes car il fait facilement 35° à l’ombre. 🥵. Nous entrons dans un restaurant qui a régulièrement été mentionné sur des blogs et qui semble bon. C’est avec grand plaisir que nous sommes accueillis avec un bol de glaçons à déposer sur notre corps pour nous rafraîchir. C’est délicieusement glacé! Les plats sont très bons, et nous nous régalons.
Après cette pause rafraîchissante, nous partons visiter le Wat Pho (Wat veut dire temple et il faut prononcer Po) qui abrite une des plus grandes statues de Bouddha couché. En arrivant, nous sommes impressionnés par le site, qui comprend plusieurs temples et de nombreuses allées. Un des temples recèle une grande statue du Bouddha, assis sur le Naga, serpent à plusieurs têtes qui protégea Siddhartha (futur Bouddha) lorsqu’il fit une très longue méditation sous la pluie, durant sa période initiatique… Comme quoi les filles ont été bien attentives durant le film car ce sont elles qui nous expliquent tout cela 😉.
Les géants sont les gardiens du temple
Nous nous rendons ensuite dans le temple qui abrite la fameuse statue du Bouddha couché. Elle a été créée il y a près de 200 ans et elle mesure 46 mètres de long et 15 mètres de haut. Elle a été fabriquée en briques recouvertes de mortier puis elle a été laquée et recouverte de feuilles d’or. Sur la plante des pieds, nous pouvons admirer 108 descriptions physique du Bouddha, toutes réalisées en nacre d’huîtres perlières. Sur tout le pourtour du Bouddha, nous découvrons 108 petits bols dans lesquels les croyants déposent une petite pièce, ceci afin d’attirer la chance. D’ailleurs vous entendez les pièces déposées dans les bols en arrière-fond de la vidéo ci-dessous.
Un moine restore les fresques
Au cours de notre séjour en Thaïlande, nous apprendrons qu’il existe trois principales positions pour les statues du Bouddha : – le Bouddha assis en tailleur: la position la plus courante, qui représente la méditation et la prière. – Le Bouddha debout: elle montre un Bouddha en train d’avancer pour enseigner à ses disciples. – le Bouddha couché: cette position illustre la mort du Bouddha et son accès au Nirvana. Dans le bouddhisme, le Nirvana est un état de plénitude absolue. C’est le but à atteindre pour toute personne car cela signifie la fin du cycle des réincarnations et des souffrances.
Après cette visite enrichissante, nous retournons à l’hôtel en tuk tuk (un scooter couvert avec deux banquettes à l’arrière).
Le soir, nous mangeons dans un petit restaurant tout près de notre hôtel, où nous découvrons que le thé vert est vraiment vert en Thaïlande et que les desserts sont pleins de promesses!
Un thé vert très vert ! / Toddy palm au lait de coco
Aujourd’hui, nous avons une petite matinée pour découvrir un peu plus de Bangkok avant de partir pour Kanchanaburi où nous allons vivre une semaine très spéciale.
Nous décidons de visiter deux temples: Loha Prasat (de son vrai nom Wat Ratchanatdaram Worawihan) et Wat Saket. Nous commençons par Loha Prasat, un temple qui abrite une relique de Bouddha. Il a été construit en 1846 par Rama III, un des rois de la dynastie actuellement au pouvoir. Actuellement, c’est Rama X qui est sur le trône depuis 2016 et sa photo est visible vraiment partout dans les rues du pays. Ces portraits sont toujours en très grand! Ce roi est plutôt mal vu car il vit la plupart du temps en Europe et il se désintéresse de son peuple. Il est toutefois interdit par la loi de dire du mal du roi et les Thaïlandais sont donc peu loquaces à son sujet. Pour l’anecdote, son père, Bhumibol, a vécu de nombreuses années à Lausanne (de 1933 à 1945) et était, lui, adoré et très respecté par la majorité de son peuple.
Ce temple possède 37 flèches de métal représentant les 37 vertus nécessaires pour atteindre l’illumination dans la religion bouddhiste. Il mesure 36 mètres de hauteur et il serait le troisième temple Loha Prasat au monde. Les deux autres étaient en Inde et au Sri Lanka. Ils ont été détruits, mais celui-ci serait une copie conforme de celui du Sri Lanka. Son architecture est particulière car il a la forme d’une pyramide de trois étages, reliés par des escaliers en colimaçon. Le rez-de-chaussée est parcouru de couloirs qui forment un vrai labyrinthe et nous avons parfois mis du temps pour nous retrouver… Une vraie partie de cache-cache 😃 ! Au premier étage se trouvent des petites pièces de méditation pour les moines du temple (petite précision, presque tous les temples sont habités et entretenus par des moines). Une fois arrivés au dernier étage, nous avons la chance d’avoir une très belle vue sur la ville! C’est également à ce niveau que se trouve un petit autel contenant une relique de Bouddha.
Nous partons maintenant pour le Wat Saket, surnommé le temple de la montagne d’or, qui se trouve en haut d’une colline artificielle en plein milieu de la ville. Il daterait de la période d’Ayutthaya et a été rénové à la fin du XVIIIe siècle. A son sommet, se trouve une stupa recouverte de feuilles d’or qui contiendrait une relique de Bouddha (une stupa ou chedi est un monument qui se trouve dans l’enceinte d’un temple et qui contient les reliques d’une personne importante).
Dans ce temple, nous profitons d’approfondir nos connaissances de la religion bouddhiste en étudiant une carte qui montre la diffusion du bouddhisme en Asie.
Durant nos visites du jour, nous avons régulièrement consulté wikipedia pour répondre à certaines de nos questions:
Pourquoi le Bouddha est-il toujours représenté avec de très longs lobes d’oreilles?
Dans sa jeunesse, Siddhartha portait beaucoup de bijoux de valeur par son statut de prince. Les boucles d’oreilles étant très lourdes, elles allongeaient les lobes de ceux qui les portaient. En changeant de vie, Siddhartha a enlevé ses bijoux car il voulait vivre de manière la plus simple possible. Il a également coupé ses cheveux, ce qui a rendu ses lobes d’oreilles visibles. Ils sont maintenant devenus le symbole du renoncement: il faut savoir tout abandonner pour atteindre le Nirvana. Ces lobes illustreraient aussi la phrase : « Un sage sait être a l’écoute ».
Pourquoi les statues montrent presque toujours un Bouddha mince et serein alors que nous avons plutôt l’habitude de le voir enveloppé et souriant?
Les statues que nous voyons dans les temples ne sont pas le dieu lui-même, mais elles représentent le modèle à suivre. Elles varient donc en fonction du message ou de l’enseignement transmis. L’aspect culturel entre aussi en jeu. Ainsi, le Bouddha mince représente Siddhartha et son ascétisme, tandis que celui au ventre rebondi représente la sagesse, la joie de vie et l’abondance. Son ventre montre son immense sagesse car l’âme se trouve dans l’estomac.
Il est maintenant temps de retourner a l’hôtel pour récupérer nos sacs et prendre un van pour Kanchanaburi. Le trajet dure 3h et nous avons la surprise de constater, après deux heures de trajet, qu’un coq se trouve dans le coffre 🐓… Car il se met à chanter! Tout le monde se marre car personne ne savait que nous avions un passager de plus! Il rythmera le trajet au gré de ses réveils.
Nous arrivons bien fatigués à destination mais nous devons attendre le « taxi » une bonne demi-heure. Il arrive enfin et c’est parti pour un séjour inoubliable 😃.
A tout bientôt pour vous conter notre prochaine étape. Gabrielle et Philippe
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
C’est l’heure du bilan pour cette étape qui nous a enchantée. Nous ne l’avions pas prévue dans notre itinéraire de base, comme quoi l’improvisation a du bon! Cette région de la planète étant difficilement accessible depuis la Suisse, c’était un peu « maintenant ou jamais », en tout cas pour nous, les adultes.
Voici notre bilan de la Polynésie:
Nos coups de coeursfamiliaux Voici en vrac quelques éléments qui nous ont particulièrement plu:
La richesse du monde sous-marin
La randonnée à Maupiti et la vue d’en haut sur le lagon
La sortie dauphins à Moorea
Tous les tours des îles en bateau
Le four tahitien
Notre séjour à Maupiti sur « notre » motu
Les nombreux couchers de soleil
La nouriture et le poisson frais
Le tutoiement et la simplicité des contacts avec les locaux
Le festival de danses Heiva Taurea des jeunes Polynésiens à Papeete
Gabrielle: J’ai particulièrement aimé: pouvoir sortir admirer les raies manta quand nous le voulions sur Maupiti.
J’ai moins aimé: notre court séjour sur Bora Bora.
Philippe: Ce que j’ai préféré: mes nez à nez avec des murènes dans les sessions snorkeling.
J’ai moins aimé: m’ouvrir le pied sur du corail le dernier jour de notre séjour en Polynésie 🤦🏼♂️…
Marine: Ce que j’ai préféré: acheter mon collier avec une perle.
J’ai moins aimé: me faire mordre par une anguille.
Estelle: J’ai aimé: faire du snorkeling.
J’ai moins aimé: m’érafler le genou sur un rocher après avoir sauté d’un ponton.
Statistiques de notre séjour en Polynésie
Nombre de jours: 23
Distance parcourure: 396km, sans compter tous les petits trajets en voiture, à pied ou en bateau, ni les vols internes (627km).
Budget prévu: CHF 7442.-, avec un budget journalier de CHF 338.- (!) par jour, pour nous 4.
Budget dépensé: CHF 7298.- pour ce pays, nous avons donc économisé CHF 144.-
C’est de loin le pays le plus cher que nous avons visité jusqu’à maintenant! Mais ça en valait grandement la peine 🤩 !
Pour plus de détails sur nos aventures en Polynésie, n’hésitez pas à lire les articles précédents. Il vous suffit de retourner tout en haut de cet article (si vous le lisez sur le blog) et de cliquer sur « Articles du blog ».
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
11.03 au 12.03.2022
Nous voici de retour à Tahiti, mais seulement pour 36 heures. Il nous fallait revenir le jour précédent notre départ afin d’effectuer les tests PCR pour notre prochaine destination. Nous souhaitons nous faire tester directement à l’aéroport à notre arrivée, mais le bureau n’ouvre qu’à 14h00 et il est 10h00. Par contre, le centre de test en ville est ouvert jusqu’à 12h00. Nous nous dépêchons donc de récuperer la voiture de location et de partir en ville. Nous arrivons à temps et les tests se font rapidement. Il ne reste plus qu’à espérer qu’ils soient négatifs 🤞🏻 ! Avant de rejoindre notre logement, nous profiton d’être en ville pour retourner au marché de Papeete afin d’acheter nos derniers souvenirs de Polynésie. Cette fois, il est plus animé car nous y sommes un peu plus tôt que la dernière fois…
Une fois nos emplettes terminées, nous nous rendons à notre appartement pour la seule nuit que nous allons passer à Tahiti. C’est chez un français de la métropole, qui habite ici depuis 50 ans. Il est arrivé en Polynésie en tant que photographe de l’armée, venu immortaliser les essais nucléaires effectués à Moruroa et Fangataufa entre 1966 et 1996. Nous retrouvons ainsi plusieurs photos de champignons atomiques dans son appartement 😅 … Notre hôte a la bonne septantaine et il est très heureux de nous montrer ses bibelots ramenés des quatre coins de l’Asie. Son appartement en expose beaucoup! Il nous loge dans un studio avec une petite chambre, une salle de bain et une terrasse avec cuisine extérieure, où se trouve le lit des filles.
Nous repartons en fin d’après-midi en ville car Philippe nous a dégoté sur internet des tickets pour aller voir le festival Heiva Taure’a, un concours de danses polynésiennes des collèges (C.O) de Polynésie. C’est un concours qui a lieu chaque année depuis 5 ans, et toutes les performances sont organisées de A à Z par les élèves. C’est vraiment incroyable quand on pense qu’ils n’ont qu’entre 11 et 15 ans! Ils doivent inventer (et fabriquer) la musique, la chorégraphie, les costumes et les décors, en respectant la tradition polynésienne. Les élèves viennent de toutes les îles et archipels de Polynésie et le concours a lieu sur trois jours. Comme nous ne sommes présents qu’un seul soir sur Tahiti, nous ne verrons les performances que de quatre écoles.
En arrivant, nous constatons rapidement que ce concours est très populaire car les gradins sont pleins! Les discours d’introduction se succèdent, en français et en tahitien… C’est un peu long mais nous apprenons que ce concours met en valeur de nombreux aspects pédagogiques, notamment en musique, en art plastique, en danse, en connaissance de la culture polynésienne, en conduite de projet, en collaboration, etc. Bref, nous n’avons pas retenu tout ce qui a été dit en introduction., les discours traînaient en longeur… Surtout qu’une grande partie était en tahitien 😜 !
Chaque spectacle dure environ 30 minutes. La première performance nous époustoufle! Les danseurs, chanteurs et musiciens ont de vrais talents! Ce qui nous impressionne le plus est le déhanché des danseuses! Chaque école présente trois programmes: danses en groupe, danse individuelle femme puis danse individuelle homme, chaque fois accompagnés de l’orchestre. Nous n’avons pas le droit de photographier ou de filmer, des surveillantes veillent au grain! En effet, le concours est retransmis en direct sur une chaîne sur facebook et pour des raisons de droits télévisés, la prise d’images personnelles est interdite. Nous avons essayé deux-trois fois en douce, mais la scène était loin et les photos et les vidéos de nuit avec nos natels ne sont pas très bonnes. Il n’y a pas beaucoup d’images de la deuxième école et aucune de la troisième car nous sommes sortis manger un bout, nous avons faim et il n’y a rien à manger sur place 🙃 !
Le spectacle terminé, nous rentrons passer notre dernière nuit en Polynésie.
C’est notre dernier jour! Mais comme notre vol ne part qu’à 20h, nous avons toute la journée devant nous. Nous partons faire une rapide visite du tombeau du roi Pomare V, dernier roi des Polynésiens. Il n’a régné que trois ans (de 1877 à 1880) car il a rapidement « vendu son pays à la France » contre des titres et de l’argent. Ce tombeau a été construit pour la dépouille de sa mère, la reine Pomare IV, mais dix ans après sa mort, elle a été déplacée au cimetière royal des Pomare avec les trois précédents rois de la famille. Pomare V, quant à lui, n’y a pas sa place… Il repose donc ici, loin de sa famille. La visite est rapide car il n’y a pas grand chose à part cette tour à l’architecture très particulière. Elle a été construite en blocs de coraux cimentés ensemble et elle est surmontée d’une sorte d’amphore… Une jarre d’alcool (elle aurait la forme d’une bouteille de Bénédictine, la boisson préférée du roi) ? Il faut préciser que le roi est mort d’excès de boissons en 1891…
Pour la suite de la journée, nous avons prévu une balade artistique. En effet, nous avions remarqué il y a trois semaines que de nombreuses fresques ornent les murs de la ville. Après une recherche sur internet, nous apprenons qu’elles ont été réalisées durant le Ono’u Festival Tahiti qui a eu lieu à Papeete de 2014 à 2018. C’était un festival de street-art qui réunissait à la fois des artistes de renommée internationale et des artistes locaux fiers de leur culture. C’est, aujourd’hui, un véritable musée à ciel ouvert! Nous déambulons dans les rues de la ville à la découverte de ces fresques. La plupart du temps, nous nous déplaçons en voiture car il fait très chaud et nous n’avons qu’un temps limité. C’est parfois un vrai jeu du chat et de la souris car le plan qui est sensé nous guider n’existe plus et il nous est impossible de le trouver sur internet. Nous roulons donc au hasard des rues, et chacun son tour, nous indiquons la prochaine direction à prendre « dans deux rues à gauche », « au prochain feu à droite », etc. Nous finissons régulièrement au même endroit, mais nous rigolons bien 😂. Parfois nous apercevons un bout de fresque au loin, mais ce n’est pas facile de trouver le bon itinéraire pour y accéder!
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Les quatre premières photos ont été prises sur Huahine, mais elles vont bien dans ce panorama 🤪
Cette chasse aux fresques nous a beaucoup plu et c’est une jolie manière de finir notre séjour. Il est déjà 16h, et il nous faut rentrer pour récupérer nos bagages et partir pour l’aéroport. En route, nous repassons devant des poteaux/antennes en mode camouflage 🤣.
Nous arrivons à l’aéroport pour un voyage de plus de 36h… les filles sont ravies, elles vont pouvoir faire une overdose de films sur les différents vols 😜!
A bientôt pour de nouvelles aventures sur un nouveau continent! Philippe et Gabrielle
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
08.03 au 11.03.2022
Nous voici sur Huahine, île dont Disney s’est inspiré pour le film « Vaïana, la légende du bout du monde ». Voici quelques éléments à ce propos:
Tout d’abord, le profil des sommets de l’île fait penser à une femme couchée ce qui a donné l’idée pour la fin du film. En effet, en conlusion du dessin animé, Te Fiti, la déesse de la nature et de la vie, se couche et forme le profil particulier de cette île.
Nous apprenons également que « Nui » veut dire grand et donc l’île du film, « Motunui », veut dire le grand motu !
Une des activités préférées des filles sur cette île sera de trouver des « coeurs de Te Fiti », élément central du film. C’est une sorte de caillou (l’opercule d’un coquillage) que nous pouvons trouver sur les plages.
Une séance de cinéma a bien sûr été organisée pour les enfants sur Maupiti afin de revoir le film! 😃
Sur Huahine, nous habitons dans des lieux séparés, alors nous partons chacun de notre côté pour découvrir nos logements respectifs. Le nôtre se trouve à cinq minutes en voiture de l’aéroport et nous arrivons dans une petite maisonnette joliment décorée, près d’une petite plage. Il sera difficile d’y nager car l’eau est très peu profonde, avec des rochers, mais la vue est magnifique. A l’intérieur, les filles sont contentes de voir que, pour la première fois en Polynésie, elles auront chacune leur chambre!! Bon, Estelle, c’est au salon 😉. Nous découvrons qu’il y a des livres et quelques jeux de société au salon. Les filles s’empressent de lire les petits livres puis nous nous lançons dans une partie des « Incollables ».
Après nous être rendus au supermarché pour acheter de quoi nous nourrir ces prochains jours, nous partons prendre l’apéro sur la plage au coucher du soleil. Magnifique!
Aujourd’hui, nous partons faire le tour de l’île en voiture. Nous commençons par visiter le marae Maeva et son petit musée, le Fare Pote’e. Ce dernier est situé dans une authentique maison polynésienne, conservée de manière exceptionnelle. Nous y apprenons un peu plus sur les légendes des peuples anciens de l’île, dont certaines sont évoquées dans le film Vaïana 😉.
En voici trois:
La formation de l’île: L’île de Huahine est coupée en deux, Huahine Nui et Huahine Iti. Ces deux parties sont reliées par un pont. La légende raconte qu’un jour, le dieu Hiro décida de naviguer vers Huahine (To’ reau roa, de son ancien nom) avec ses frères. Durant la nuit, le dieu décida d’aller se reposer et il demanda à ses frères de le réveiller lorsque les terres seraient en vue car le vent risquait de tourner et la brume de se lever. Ils risqueraient donc de s’échouer. Les frères ne prêtèrent cependant guère attention aux paroles de leur frère aîné. Quelques heures plus tard, le vent se mit à tourner mais les frères ne réveillèrent pas Hiro car ils aimaient sentir le vent gonfler les voiles et les emmener à grande vitesse. Ils ne virent pas l’île approcher et, à cause de la vitesse, ils la traversèrent de part en part, coupant l’île en deux. En se réveillant, Hiro essaya de réparer la bêtise de ses frères, mais il en perdit sa rame. Il lança alors son hameçon sur la falaise afin de réunir les deux îles. Malheureusement, il ne réussit pas. Depuis lors, il est possible de voir la rame et l’hameçon sur une des falaises de la baie de Maroe.
Les huit districts de l’île: Hotuhiva était la fille du roi de Hawaiki (ancienne Ra’iatea). Un jour son père lui annonça qu’elle allait se marier le lendemain avec un chef de clan. La princesse ne voulait pas de ce mariage et elle décida de fuir durant la nuit en bateau. Ensuite il y a deux versions: 1) Elle arriva sur l’île de Huahine, où elle rencontra son premier amour, avec qui elle aura quatre enfants. Après le décès de son mari, Hotuhiva se remaria et elle eut à nouveau quatre enfants. À sa mort, l’ile fut divisée en huit districts, qui sont encore actuels aujourd’hui. 2) Elle arriva sur Huahine où la population l’accepta rapidement, malgré qu’elle n’ait pas voulu révéler son identité. Un jour de fête, la jeune femme dansa si bien qu’elle en subjugua le dieu Tane. Ils eurent huit enfants qui formèrent les huit districts de l’île.
Maui et le soleil Maui, héros du film « Vaïana », est vraiment un demi-dieu dans les légendes polynésiennes qui réalisa de nombreux exploits. Gabrielle a entendu un guide le comparer à Hercule, héros de la mythologie grecque. Selon la légende, il attrapa le soleil dans son filet afin de ralentir sa course et permettre aux journée de durer plus longtemps.. Grâce à cela, les hommes purent découvrir le feu et cuire leurs aliments. Il existe plusieurs versions de ce mythe, en voici la version tahitienne: https://www.tahitiheritage.pf/legende-maui-soleil/#:~:text=L’exploit%20du%20guerrier%20Maui,briller%20pendant%20de%20longues%20journ%C3%A9es.
A l’entrée du musée, se trouve une grande toile qui décrit l’origine du monde, selon les récits polynésiens. Nous pouvons également admirer de nombreux objets anciens qui nous en disent plus sur la manière de vivre des habitants d’autrefois: outils, armes, bijoux, bateaux, etc. Le bateau était (est) un élément central de la culture polynésienne, ce peuple vivant sur des îles. A l’époque, les jeunes hommes s’affrontaient dans des joutes de cerfs-volants afin de montrer leur capacité à maîtriser les vents, prouvant ainsi leurs talents de marins. Nous apprenons que Maeva était l’ancienne capitale de Huahine et qu’elle abritait les chefferies des îles. Elle devait être un des centres spirituels les plus importants de Polynésie car un nombre très important de marae ont été retrouvés ici. Huahine est ainsi l’île la plus riche d’un point de vue archéologique.
Après cette visite très intéressante, nous retournons à la voiture pour continuer notre tour de l’île. En chemin, nous pouvons apercevoir de nombreux systèmes de pêche traditionnelle : une ligne de pierres guide les poissons vers une sorte d’enclos plus profond. A marée haute, les poissons entrent dans l’enclos par le « chenal » et, à marée basse, ils s’y retrouvent prisonniers. Les pêcheurs peuvent ensuite venir facilement les « récolter ». Ce système est encore utilisé aujourd’hui.
Nous poursuivons notre route vers le marae Manunu et un « jardin de corail ». Ils se trouvent près d’un hôtel de luxe qui a fait faillite et la plage est donc bien aménagée. Nous profitons de cette pause pour faire du snorkeling et manger notre pique-nique. Durant notre sortie avec masque et tuba, nous avons la chance d’apercevoir des poissons clowns (Nemo) et d’en prendre un en photo. Ils habitent dans des anémones de mer très urticantes, ce sont d’ailleurs les seuls poissons connus à pouvoir vivre parmi les tentacules de l’anémone de mer, car leurs écailles sont recouvertes d’une protection gélatineuse. Ces deux animaux marins vivent en symbiose car ils se rendent mutuellement service: l’anémone protège le poisson clown des prédateurs tandis que celui-ci nettoie ses tentacules des parasites et des restes de nourriture. Ils sont très craintifs et ils rentrent dans leur anémone au moindre mouvement. Ces dernières sont toujours entourées de mini-poissons qui ressemblent à des poissons clowns, mais à l’intérieur se cache toujours un gros poisson clown, qu’il est difficile d’entrevoir.
Notre prochaine étape nous emmène à la découverte d’un village où se trouvent de nombreuses anguilles sacrées, aux yeux bleus. Nous nous attendons à un étang, mais c’est en fait un tout petit cours d’eau avec très peu de profondeur! Les anguilles y sont très grosses car elles sont nourries par les villageois. Une petite fille se met d’ailleurs à l’eau pour essayer d’en attraper !
Nous ne restons pas très longtemps car elles ne bougent que très rarement (il faut dire qu’elles n’en ont pas vraiment la place ,vu le peu d’eau dans laquelle elles barbotent…) et leur apparence n’est pas des plus attirante 😜. Nous continuons notre road trip en direction d’un mirador avec une belle vue sur le lagon. Nous y faisons un arrêt photo avant de redescendre au bord de l’océan.
Les paréos de Polynésie sont réputés et nous ne manquons pas de nous arrêter chez une française de la métropole qui a appris cet art. Elle nous initie à la peinture sur paréo avec des couleurs qui plaisent énormément à Gabrielle 🤩. Nous ne craquons toutefois pas car les prix sont très élevés et la place dans nos sacs est restreinte. Le meilleur argument de Philippe quand nous sommes tentées par un achat: « Vous allez y mettre où ? C’est en tout cas pas moi qui vais y porter dans mon sac! » 😂🙃
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Notre dernière étape est la visite du marae le mieux conservé de l’île, le marae Manini. Les murs sont encore debout sur trois étages et cela nous permet de mieux imaginer à quoi les marae devaient ressembler à l’époque.
Le soir, nous rejoignons les Calvayrac au village pour un apéro en bord de plage et le souper.
Tama’a Maïtaï veut dire Bon Appétit!
Pour notre dernier jour sur Huahine, nous partons avec les Calvayrac en bateau pour faire le tour de l’île. Nous sommes une quinzaine, accompagnés par l’hôte des Calvayrac, un guide et un musicien.
Pour commencer, notre guide nous parle du profil des collines de l’île, qui représenterait une femme enceinte couchée sur le dos: (de droite à gauche) les cheveux, le visage, les deux seins, le ventre gonflé avec le nombril qui ressort, typique de la femme enceinte et le haut des jambes pliées. La version Disney a été un peu édulcorée pour les enfants 😉.
Après une dizaine de minutes de navigation en musique, nous passons devant un village de pêcheurs qui n’est accessible qu’en bateau. Ils pêchent des poissons, des langoustes et des bénitiers. Leurs enfants vont à l’école en bateau, mais si la mer est trop agitée, ils ne peuvent pas s’y rendre. C’est durant cette discussion que nous apprenons qu’il n’y a pas d’hôpital sur l’île mais seulement un dispensaire, comme c’est souvent le cas sur les îles de Polynésie. Si nécessaire, ils doivent aller sur Ra’iatea ou Tahiti. Les jeunes lycéens doivent également s’y déplacer car les écoles ici ne vont que jusqu’au cycle d’orientation.
Nous arrivons rapidement au site de snorkeling. Au moment d’entrer dans l’eau, nous constatons avec déception que l’équipe du bateau attire les poissons avec du pain 😔. C’est sûr que c’est impressionnant de nager au milieu d’un banc de poissons, mais ce n’est pas bon pour l’écosystème du lieu: la nourriture n’est pas adaptée à la faune, les jeunes poissons n’apprennent plus à se nourrir naturellement et deviennent dépendant des humains, le contact avec les humains peut leur transmettre des virus contre lesquels ils ne sont pas immunisés, etc. Le guide me dit que « c’est bien pour les touristes »…. 😐 Les enfants sont enchantés d’être parmi tous les poissons mais nous essayons de temporiser leur enthousiasme en leur expliquant pourquoi nous ne sommes pas d’accord avec ce procédé.
(vidéo des deux moments de snorkeling)
Nous continuons notre navigation autour de l’île et nous arrivons en vue de la falaise où se trouvent la rame et l’hameçon du dieu Hiro (voir la légende ci-dessus). Ils sont sur le rocher sans végétation: la rame est en grand, tout à droite, et l’hameçon juste à sa gauche, en blanc. Il faut un peu d’imagination…🙃.
L’étape suivante est la découverte des anguilles sacrées, lieu que nous avons déjà découvert hier. Comme précédemment, le guide les nourrit. Là, elles sont nourries par les villageois depuis des décennies car elles sont considérées comme sacrées. C’est un peu comme si elles étaient apprivoisées… Le guide entre dans l’eau et propose aux gens de les toucher et les nourrir. Nous interdisons aux filles de le faire pour des questions éthiques et sécuritaires… Mais elles n’écoutent pas et… Marine se fait mordre! La morsure n’est vraiment pas belle ! Les dents ne sont pas longues mais ça fait comme une espèce de rape à fromage…
Comme le tour est conçu pour nous faire découvrir les différents aspects de l’île, c’est maintenant au tour de la visite d’une ferme perlière. En arrivant, le guide nous dit « Messieurs, préparez votre carte bleue pour faire plaisir aux femmes » … Bref nous n’avons pas vraiment les mêmes valeurs 🙃. C’est une petite maison sur pilotis qui accueille les touristes, avec une rapide démonstration de la culture des perles et un magasin présentant des bijoux faits avec leurs propres perles ou des objets de décoration faits avec les coques. Pour créer une perle, il faut prendre la partie qui produit la nacre d’une huître pour ensuite la greffer sur une autre huître. Contre ce greffon, le « chirurgien » dépose un nucleus, une petite boule de 5mm de diamètre, fabriquée avec la nacre d’une espèce de moule qui se trouve uniquement dans le fleuve Mississippi. L’huître va ensuite y déposer sa nacre petit à petit (c’est la même nacre qu’il y a sous sa coque). Elle est ensuite attachée à une corde et plongée dans l’eau. Au bout de 18 mois, l’huître est délicatement ouverte pour en sortir la perle. Le résultat peut varier: – une perle parfaitement ronde (rare) – une perle ovale, en goutte, ou d’une autre forme – un kechi: c’est une bille de nacre produite lorsque l’huitre a rejeté le nucleus. Elle a une forme toute biscornue. La couleur change tout le temps, une même huître ne donnera pas forcément la même couleur ou la même forme. Mais si la perle est vraiment « réussie » (forme, couleur, sans imperfection), un deuxième nucleus est introduit en espérant que la suivante sera aussi belle. Plus la perle est « parfaite » et d’une couleur rare, plus elle sera chère. Il y a un épisode de « C’est pas sorcier » qui explique bien le processus. Nous l’avons regardé et nous avons tous mieux compris le processus car les explications ont été données à vitesse grand V.
Aucun de nous huit ne se laisse tenter par un achat et nous repartons en bateau, mais nos compagnons de sortie on fait chauffer leur carte bleue… On est les seuls tourdumondistes sur le bateau, ceci explique cela. 🤪 Le temps file et nos estomacs commencent à crier famine. Nous allons manger sur le terrain du patron de l’agence qui se trouve sur un motu encore sauvage. Pour nous faire patienter, notre guide nous montre comment râper la noix de coco afin d’en extraire son lait. Ça demande des muscles! 💪🏻 Tous s’y mettent et heureusement sans remarque misogyne! 😉
En arrivant sur le motu, nous avons la surprise de voir que nous allons manger les pieds dans l’eau 😃😎. Notre guide et son chef nous initient à la recette du poisson à la tahitienne et ils nous font participer. Adrien sera choisi pour extraire le lait de coco de nos « rapures » et Gabrielle pour ajouter le sel. Les autres plats sont déjà prêts et nous nous régalons !
Après le repas, vient le moment de la digestion avec repos ou snorkeling, sur le côté opposé du motu où il y a du corail, et donc des poissons. Gabrielle opte pour rester sur la chaise longue avec un des chats du motu tandis que les autres vont dans l’eau. A nouveau, nous pouvons observer de nombreux poissons et Philippe se retrouve encore une fois nez-à-nez avec une jolie murène!
Après la baignade, nous retournons de l’autre côté, où les musiciens sont prêts pour nous entraîner dans une chorégraphie endiablée. Comme à Maupiti, Philippe arrive à y échapper car il s’est coupé le pied sur un corail… Une belle entaille en emporte-pièce il faut dire 🤪.
C’est maintenant l’heure de rentrer. Nous passons devant une plantation de vanille et un rocher avec le visage de… Trump 🤪 ! Notre guide nous apprend à tresser une feuille de bananier pour en faire une couronne… La même technique que celle apprise à Moorea, donc c’est plus facile (voir l’article sur Moorea)!
Après le tressage, notre guide nous fait une démonstration du portage d’un paréo en robe… Et c’est Adrien le mannequin 🤪😂.
C’était vraiment une très belle sortie, malgré les quelques décalages de valeurs.
Le soir, nous prenons l’apéro avec les Calvayrac sur la plage devant notre maisonette, pour admirer une dernière fois le coucher du soleil, puis nous mangeons sur la terrasse.
C’est maintenant le temps des adieux car nous partons sur Tahiti demain matin. Peut-être nous verrons-nous sur un troisième continent ? On dit bien « jamais deux sans trois »…
Et voilà, nous retournons sur Tahiti afin d’y effectuer les dernières démarches administratives nécessaires à notre changement de continent!
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
06.03 au 08.03.2022
Et voilà, nous sommes à l’aéroport pour nous envoler vers l’île mythique de Bora Bora. Nos attentes sont élevées, après tout ce que nous avons entendu sur cette île réputée dans le monde entier. Nous disons un dernier au-revoir à Maupiti avant de nous diriger vers Bora Bora.
Une quinzaine de minutes plus tard, nous voilà déjà en train d’amorcer notre descente. Nous montons rapidement dans un bateau-navette pour rejoindre l’île principale. Nous constatons rapidement que celle-ci est très prisée des voyageurs à haut budget, le nombre de yachts et d’hôtels sur pilotis est impressionnant!
De notre côté, c’est un appartement tout simple qui nous attend. Nous ne sommes pas en bord de plage, mais comme nous avons une voiture, cela ne nous dérange pas. Nous avons décidé de louer une seule voiture pour huit… Adrien fait donc le chauffeur pour nous tous, devant faire deux trajets à chaque sortie 🙃. Nous sommes accueillis par notre logeur, un jeune Polynésien très sympathique. Adrien et Gabrielle se rendent au supermarché pour faire les emplettes des deux jours à venir. Cette fois-ci c’est plus simple, il est ouvert 🤪 (voir notre aventure à Bariloche). Par contre, cette fois, ce sont plutôt les prix qui nous limitent dans nos achats! Nous soupons à l’appartement et il est rapidement temps d’aller nous coucher. L’appartement a deux chambres, une pour chaque couple. Les enfants dorment au salon en mode camping. Ils sont ravis et… Un peu excités 😄 😂 !
Nous avons une seule journée complète sur Bora Bora, alors nous décidons de nous rendre à la plage de Matira, afin de profiter du magnifique lagon. La plage est belle et il y a un spot de snorkeling, c’est parfait!
Après un petit apéro au beach club, nous nous rapprochons du spot de snorkeling pour manger notre pique-nique à l’ombre d’un palmier que les enfants (et adultes) ont aimé escalader.
On a même réussi à initier Chloé et Adrien au Jass! 🤩
Puis c’est séance photo, avec un paysage de carte postale en arrière-plan.
Après trois trajets pour Adrien 😝, nous voici tous de retour à l’appartement. Nous sommes un peu serrés niveau timing car nous souhaitons faire un apéro au coucher du soleil, mais nous devons d’abord monter à pied jusqu’au point de vue! Après une bonne montée d’environ 45 minutes, nous arrivons au sommet. Ce point de vue est parfait pour admirer la baie de Bora Bora et le coucher du soleil. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous y trouvons des vestiges de la 2e guerre mondiale: deux canons prêts à défendre la passe! Nous apprenons grâce à Google que 6’000 GI ont habité sur l’île entre 1942 et 1946, formant une arrière-garde en cas d’attaque du Japon.
Le retour à la maison est plus casse-cou car il fait noir. Nous nous éclairons à la lumière des natels et de la lampe frontale des Calvayrac. Etonnamment, ce n’est pas un enfant qui s’encouble et tombe dans le fossé, c’est Gabrielle 🤦🏼♀️ ! Heureusement, plus de peur que de mal, car sa chute est en mode ralenti et quelques branchages la retiennent. Elle ne récoltera au final que quelques griffures et des tout petits bleus.
Sur le bateau qui nous emmène à l’aéroport, nous entamons notre petite ritournelle, qui nous suit depuis notre rencontre au Pérou…il y a cinq mois! C’est la seule et unique fois que nous la faisons à huit, elle est donc sauvegardée sur pellicule, ça vaut de l’or 🤪 !
Bye Bye Bora Bora:
Après Maupiti, ces deux jours à Bora Bora sont un peu décevants (nos attentes étaient hautes vu sa réputation)… mais soyons honnêtes, nous ne dirions sûrement pas la même chose si nous avions logé dans un bungalow sur le lagon 😉.
A bientôt, sur notre dernière île sous le vent. Philippe et Gabrielle
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
01.03 au 06.03.2022
Après une traversée rapide et calme depuis Moorea, nous accostons au port de Papeete. Le programme est bien minuté: achats au Carrefour pour le lunch et quelques snacks pour notre prochaine île, retour de la voiture à l’agence de location puis taxi jusqu’à l’aéroport pour rejoindre les Calvayrac et prendre notre avion pour Maupiti. C’est déjà le troisième pays où nous allons faire un petit bout de chemin ensemble 😃 !
Les modalités de check-in et de contrôles étant très rapides dans les aéroports polynésiens, nous avonc même le temps de pique-niquer avant d’embarquer. Nous montons dans un petit avion à hélices car les distances ne sont vraiment pas énormes et le nombre de voyageurs est peu élevé. La vue depuis les airs est magnifique! Lors de notre arrivée en Polynésie, il faisait nuit noire et nous n’avions pas pu admirer les îles au milieu des lagons turquoises.
A l’arrivée, nous avons droit à un accueil traditionnel, avec colliers de fleurs fabriqués par nos hôtes: Taupe et Mario. Nous montons ensuite sur leur bateau en direction de leur pension, située sur un motu. Un motu est une petite île, indépendante de l’île principale et celle où nous nous rendons se nomme Tiapaa. Maupiti est un attol préservé car ses habitants ont décidé de ne permettre que le logement chez l’habitant. Les grands complexes hôteliers n’y ont donc pas leur place. Cette particularité fait que ce lieu reste très authentique et sauvage. Cela nous plaît beaucoup! En chemin, l’eau est tellement claire et le sable tellement blanc que nous pouvons apercevoir des raies! C’est magique 😍.
Pendant que nous nous installons dans les chambres, les enfants partent découvrir les alentours. Ils découvrent de beaux spécimens de bernard-l’hermite et, plus étonnant, une énorme truie! Ils nous appellent, excités par cette trouvaille. Cette truie mangeant les restes des repas, nos hôtes semblent préparer des plats bien copieux 😉 ! Ce qui nous étonne le plus, c’est de voir un des chiens de l’île venir la téter 😳. Il fait cela depuis sa naissance et il n’a jamais arrêté. Lorsqu’il veut téter, il la pousse et elle se met docilement sur le côté en exposant ses mamelles.
Une fois installés, nous partons explorer les fonds marins autour de l’île. Nous commençons par le côté avec les raies. Comme nous en avons vues plusieurs en arrivant, nous espérons en voir à nouveau de plus près. De ce côté, l’eau est très peu profonde et il est possible de les voir rien qu’en marchant à quelques mètres du bord. C’est incroyable!
Et voici une vidéo de notre découverte de l’île:
Après cette séance de snorkeling qui nous en a mis plein les yeux, nous rentrons nous doucher puis c’est rapidement l’heure du souper. Ce sont nos hôtes qui cuisinent avec des produits frais et locaux. C’est un régal: thon cru mariné, omelette, thon cuit en sauce, riz, salade de choux et légumes. Les quantités sont gargantuesques et heureusement qu’Adrien a bon appétit 😉. Malheureusement, nos hôtes ne mangent pas avec nous, c’est un peu dommage. Ils ont plusieurs enfants, mais ils sont timides et le contact ne se fera pas, malgré les tentatives de Marine, Hugo, Estelle et Kenzo. Les Polynésiens n’ont pas l’habitude de manger de dessert et c’est tant mieux car nous n’avons plus faim.
C’est le ventre bien rempli que nous allons nous coucher.
Le lendemain, nous avons un programme qui commence tôt car nous prenons la « navette » gratuite pour rejoindre l’île principale. En fait, c’est Taupe qui fait la navette 😃.
Une fois arrivés à bon port, nous partons à la découverte de l’île avec notre hôte. Elle nous emmène en pickup pour nous montrer les différents points d’intérêts. Nous découvrons un système astucieux de poulies pour soulever et garder les bateaux hors de l’eau afin de pouvoir les réparer et empêcher que des algues et des mollusques ne s’attachent à la coque.
A la fin du tour, Taupe nous dépose au pied du pic de l’île qui domine la baie (la dernière photo du diaporama). Nous avons prévu une randonnée pour grimper au sommet afin d’y admirer une vue imprenable sur le lagon et l’océan. Il fait chaud, mais nous entamons la marche avec enthousiasme. Plus nous montons, plus la vue est belle. Adrien découvre même des petits fruits de la passion en chemin que nous dégustons avec grand plaisir. Nous faisons des pauses régulières à l’ombre pour nous désaltérer et admirer le décor qui nous entoure.
Nous mettons deux heures pour atteindre le sommet. Ce n’est que 2,5 km à vol d’oiseau, mais ça grimpe fort tout du long! Nous devons même faire un peu d’équilibrisme et de grimpe à certains endroits.
Mais rien à dire, la vue depuis le sommet vaut largement cette dépense d’énergie et toute cette sueur ! Nous profitons d’un petit-nique avec une vue à couper le souffle !
La descente est plus facile et les hommes font profiter le groupe d’une de leurs trouvailles durant la montée… L’arbre à zizi 😂🤦🏼♀️
Arrivés en bas, nous nous dirigeons directement dans l’eau pour nous rafraîchir! Le snorkeling n’est pas terrible, mais l’eau est bonne!
Après avoir baissé notre température corporelle, nous repartons en direction du port, où Taupe doit nous récupérer pour retrouver notre motu. En chemin, nous admirons des athlètes en plein entraînement de va’ha, c’est une sorte d’aviron local, et les arbres en fleurs qui bordent le chemin.
Le soir, nous assistons à un magnifique coucher de soleil et à l’arrivée du poisson frais pour la famille de Taupe et de sa sœur. Le thon a été pêché par leur cousin et ils le préparent directement, les pieds dans l’eau. C’est impressionnant de voir leur technique! Nous avons la chance d’y goûter le soir même… Extra frais, et extra bon 😋 !
A la pension, un jeune homme « digital nomade » campe dans le jardin. Il est allé pêcher au harpon cet après-midi et les enfants assistent avec intérêt à la préparation de ce beau poisson perroquet.
Aujourd’hui, c’est sortie en bateau pour voir des raies manta et d’autres spots de snorkeling. Le beau-frère de Taupe sera notre capitaine pour la journée. Nous partons en début de matinée en direction du lieu où des raies manta viennent se reposer et se faire faire une beauté par des poissons nettoyeurs. Elles sont par là tous les matins puis elles partent en début d’après midi en haute mer pour aller manger du plancton.
Après cinq minutes de bateau, nous arrivons dans la région où les raies se trouvent habituellement. Notre capitaine aperçoit directement deux raies, il faut dire qu’elles sont vraiment grandes! Elles peuvent faire jusqu’à sept mètres d’envergure. Nous avons estimé que la plus grande des deux devait faire environ quatre mètres et demi. Notre guide du jour nous informe qu’il y a une vingtaine de raies manta dans le lagon.
Nous nous mettons à l’eau avec un peu d’appréhension pour aller les observer. Nous avons des consignes claires: rester à la surface et ne pas nager au-dessus d’elles. Passées les premières secondes de stress, nous assistons à un magnifique ballet de ces deux gracieuses géantes, à environ trois ou cinq mètres en-dessous de nous. C’est magique! 🤩 Nous pouvons observer les raies manta pendant très longtemps, qui vont et viennent autour d’une « patate » de corail (c’est comme ça que les locaux appellent les gros amas de coraux entourés de sable). Nous essayons de rester le plus immobiles possible et de temps en temps une raie s’approche de nous… L’émotion est indescriptible ! 😍
ViviLnk
ViviLnk
Voici un aperçu de ce ballet aquatique:
Cette patate, et quelques autres dans le coin, sont en fait tout près de notre motu. C’est à environ 15 minutes à pieds dans une eau peu profonde, et nous nous promettons de revenir les matins suivants.
Nous remontons sur le bateau avec des étoiles plein les yeux. Les enfants étant remontés plus tôt à bord, ils en ont profité pour parfaire leurs sauts, sous le regard amusé du capitaine.
Nous mettons maintenant le cap vers un jardin de corail pour faire du snorkeling. Après une quinzaine de minutes de navigation, nous nous mettons à nouveau à l’eau. On se croirait dans « Le monde de Nemo »: poissons aux couleurs vives et variées, coraux multicolores, magnifiques bénitiers, etc. Nous visitons deux sites de snorkeling aussi magnifiques l’un que l’autre. Sur le deuxième, après une bonne demi-heure autour du bateau, les adultes partent plus au large pendant que les enfants reprennent leur spectacle aérien. Au retour de cette escapade, Philippe, Chloé et Adrien ont la chance de voir un requin à pointe blanche qui dort sous un rocher 😃🦈. Gabrielle est malheureusement trop loin pour les entendre l’appeler 😔. Vous pouvez le voir de dos sur la dernière photo du diaporama.
Nous y verrons aussi un énorme banc de poissons!
Le snorkeling ça creuse et notre guide du jour nous pose sur un petit motu, en face de celui où nous logeons. La sœur de Taupe et son mari nous ont préparé un gigantesque buffet de produits locaux.
.Chips d’uru (meilleur que notre essai d’uru frit sur Moorea 😉 ) – pavés de thon marinés – salade de thon cru avec mangue – boules de riz.
Nous profitons pendant deux heures de ce magnifique motu afin de manger, digérer et nager.
Nous rentrons bien fatigués mais enchantés de cette longue sortie.
Chloé s’est pris un bon coup de soleil aujourd’hui, mais Taupe, en hôte prévenante, fait pousser de l’aloé vera dans son jardin, pour les « Popa’a »… « Les peaux brûlées », nom donné aux touristes et aux blancs nés sur l’île 🙃. Chloé se prépare donc un soin 100% naturel à appliquer sur ses rougeurs.
Le soir, nous nous régalons à nouveau des plats préparés par nos hôtes: riz, carpaccio de thon et thon cuit au curry et lait de coco 😋.
Comme la journée d’hier a été bien remplie, nous décidons de rester tranquillement sur le motu aujourd’hui. Adrien et Philippe ont prévu d’aller pêcher des bénitiers avec le beau-frère de Taupe tandis que Chloé et Gabrielle profitent de cette journée au motu pour faire l’école aux enfants. Afin de faciliter ce moment d’apprentissage, Chloé s’occupe d’Estelle et Kenzo et Gabrielle d’Hugo et Marine. Estelle et Hugo ont plus de peine à travailler avec leurs parents respectifs alors ça aide que l’enseignante change 🤪.
La récréation n’est pas oubliée bien sûr! 😉
Malheureusement le bateau pour la sortie pêche était plein et c’est donc déçus que les hommes rentrent à la pension. Hier, cela avait pourtant été confirmé… 😔 Pour ne pas rester sur cet échec, ils décident d’aller voir les raies manta. Mais c’est à nouveau bredouilles qu’ils rentrent. En effet, ils sont arrivés trop tard sur le site pour pouvoir les observer, elles étaient déjà reparties au large. Un début de journée bien raté pour eux! Après le temps d’école, nous jouons au Farkle, un jeu de dés à suspens. Bon, c’est pas la partie avec le plus de suspens du monde car seul Philippe réussit de jolis scores alors que les autres sont très malchanceux 🤪.
Après le repas de midi, constitué des restes de la veille, nous partons nous balader pour faire le tour de l’île. Elle n’est vraiment pas bien grande, mais très jolie! Nous traversons des forêts de palmiers et nous nous baignons vers des coraux. Philippe a la « chance » de se trouver nez à nez avec une murène ! Heureusement, nous ne sommes qu’entre adultes car les enfants sont restés près du bord. Nous sortons sur les rochers qui surplombent sa cachette et nous restons un moment à l’admirer. Elle est grosse 😬 !
Au retour, les enfants s’amusent avec un kayak puis nous allons voir le résultat de la pêche. Plusieurs membres de la famille sont assis dans l’eau pour séparer les bénitiers de leurs coquilles et les laver. Nous ne sommes pas fans de fruits de mer dans la famille, mais tout le monde goûte, sauf Marine. Verdict: les Calvayrac se régalent, les Bernhard pas vraiment 🤪.
Comme tout cela se fait dans l’eau, plusieurs raies viennent manger les restes que les Polynésiens laissent dériver. Un des chiens de la pension est bien fou fou (tout le temps d’ailleurs 😉 ) et il s’en donne à coeur joie pour leur courrir après et leur sauter dessus 🙃.
Une journée spéciale nous attend demain et c’est avec excitation que nous allons nous coucher.
C’est aujourd’hui que nous allons pouvoir assister à une tradition polynésienne : le four tahitien, le repas typique du dimanche! Nous sommes samedi, mais le père de Taupe a changé le jour de ce repas familial du dimanche au samedi pour que ses hôtes puissent en profiter. En effet, l’avion qui quitte l’île part les dimanches à midi. Maupiti n’est pas grande et beaucoup des habitants sont de la même famille. Tous les touristes de l’île sont donc invités à la fête. Il y aura beaucoup de monde, environ 90 normalement! Ca nous changera, vu que ça fait quatre jours que nous avons l’impression d’être seuls au monde!
Au programme, lever à 6:00 pour aider à préparer le repas. Nos hôtes se sont eux levés à 4:00 pour allumer le four thaitien et commencer à préparer les mets. Tous les plats vont cuire dans ce four encastré dans le sol. Il est situé dans un grand trou carré dans lequel ils font d’abord brûler des herbes. Ils mettent ensuite du bois et lorsque celui-ci est bien chaud, ils y déposent des pierres volcaniques. Les plats traditionnels que nous allons pouvoir déguster sont préparés à partir de porc, poisson, bénitier, uru, bananes plantain et potiron. Les membres de la famille sont en pleine préparation lorsque nous arrivons à 6:00. Taupe nous confie la tâche de tresser les paniers dans lesquels les mets seront cuits, ainsi que les plats sur lesquels ils seront présentés. Heureusement qu’elle est là pour nous guider 🙃 .
Une fois les paniers terminés, ils sont chemisés par une feuille d’aluminium puis ils sont remplis. Tous les paniers sont ensuite déposés selon un ordre précis dans une cage à étages en métal.
À 7:30, des troncs de bananiers écrasés sont rajoutés dans le feu pour créer de la vapeur afin d’éviter que les plats du fond ne brûlent. Adrien a le privilège de déposer la caisse dans le four tahitien. Le trou est ensuite couvert par des planches, des couvertures et des sacs afin de garantir son étanchéité. Grâce à cette fermeture bien hermétique, les aliments vont cuire à l’étouffée, sans flamme. Ensuite, il n’y a plus rien à faire ! Le four va cuire tous les plats pendant quatre heures sans avoir besoin d’une intervention humaine.
C’est maintenant l’heure du petit déjeuner. Le premier matin, nous avions eu la chance d’avoir des choux frits fourrés au Nutella 😋! Là, c’est petits pains au chocolat (ou chocolatines pour faire plaisir aux Calvayrac 🤪 😂) et avec ça, comme d’habitude, pains frits et confiture. Les Polynésiens mangent habituellement du poisson et du riz le matin. Mais ils ont vite constaté que ce n’est pas du goût des Popa’a et les pensions ont adapté leur petits déjeuners aux touristes 😂. C’est donc un petit déjeuner en bord de plage, accompagné du spectacle de quelques raies pastenagues.
Comme promis avant-hier, nous retournons voir les raies. Seuls les adultes y vont car les enfants sont trop fatigués. Après une vingtaine de minutes de marche et de nage dans une eau très peu profonde, nous arrivons à la première patate. Il n’y a pas de raie… Mais nous apercevons quelques nageurs plus à droite et nous nous approchons… Ouf, il y a une raie! Nous restons sur place une bonne demi-heure à l’admirer évoluer avec grâce et légéreté, avant de rentrer.
Comme le lever a été matinal, nous avons à nouveau du temps pour faire un peu d’école et Gabrielle passe chez la coiffeuse : « après avoir fait maîtresse, elle fait mes tresses »… Bref, le lever était bien tôt ce matin 🙃🤦🏼♀️.
Dès 11:00 les touristes des autres pensions de Maupiti arrivent sur le motu. Le lieu se peuple vite. Une table a été préparée pour chaque groupe avec les familles qui les accueillent. Comme Taupe et Mario sont parmi les organisateurs de l’événement, ils ne mangent malheureusement pas avec nous. Une fois tout le monde arrivé, le père de Taupe nous présente l’histoire de l’île. Elle est considérée comme la terre mère car elle a la forme du ventre d’une maman: trompes, uterus, et vagin. Toutes les autres îles ont leurs passes (ouverture naturelle dans la barrière de corail qui permet aux bateaux d’entrer dans le lagon) qui sont dirigées dans sa direction. Les anciens venaient sur cette île pour y introniser les nouveaux rois car cette terre leur donnait le pouvoir de diriger le peuple. Il explique ensuite aux nouveaux arrivants comment le four a été préparé ce matin. C’est maintenant l’heure de l’ouverture du four… les plats auront-ils bien cuit? Il est en effet impossible de contrôler la cuisson car la vapeur s’échapperait. Une fois le four ouvert, la caisse grillagée est sortie et les étages sont vidés… Tout semble à point 😋.
Nos paniers ont bien noirci 🤪 !
Voici ce que nous allons pouvoir déguster:
Dans les plats en métal sur la table:
Bananes plantain et uru
Poulet
Porc
Bénitier cuit avec une sauce au curry
Salade de thon cru
Potiron avec lait de coco (un dessert)
Thon cru avec de la noix de coco fermentée
Nous avons ensuite deux heures pour digérer avant quelques animations: lancer de coco, ouverture de noix de coco et danses tahitiennes.
Une fois les invités partis, nous réessayons d’ouvrir une noix de coco par nous-mêmes, c’est moins facile en vrai! Nous devons d’ailleurs nous y prendre à deux fois car la première a germé 🙃. Après avoir lutté à tour de rôle, nous arrivons à les peler puis à les ouvrir. Après avoir tant trimé, nous les dégustons avec grand plaisir 😋.
Pour clore cette journée vraiment sympa, nous admirons un magnifique coucher de soleil. Nous avons été très gâtés sur ce point durant notre séjour.
Et voilà, c’est déjà l’heure du départ! Nous avons passé un séjour inoubliable sur Maupiti, son côté sauvage et authentique nous a conquis!
Sur le bateau du retour, nous entamons un M E R C I de circonstance pour Taupe et Mario.
A bientôt sur notre 4e île sous le vent. Philippe et Gabrielle
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
22.02 au 01.03.2022
Pour notre escapade d’une semaine à Moorea, nous décidons de louer une voiture sur Tahiti car les tarifs y sont moins chers. Après être allés chercher notre véhicule, nous partons en direction du port afin d’embarquer sur le ferry. Nous sommes les premiers dans la file d’attente et nous montons très vite à bord. Le trajet est court car Moorea et Tahiti ne sont distantes que d’une vingtaine de kilomètres et nous profitons de lire et jouer aux cartes dans le petit salon/cafétéria à l’intérieur.
Gabrielle est dans la voiture rouge 🚗 .
Après 30 minutes de navigation, nous accostons sur Moorea. C’est une île magnifique, entourée d’une barrière de corail. Sa forme est particulière car elle ressemble à une patte de dinosaure, ou de lézard. En effet, Moorea signifie lézard (mo’o) jaune (rea). Une légende explique l’origine de ce nom: Autrefois vivait un couple heureux sur l’île de Maiao, anciennement appelée Tupuai Manu. Un jour, la femme, Temaiatea, tomba enceinte et mit au monde un oeuf. Son mari le prit et le déposa dans une grotte. Une nuit, Temaiatea eut une vision dans son sommeil et elle vit qu’elle avait mis au monde un garçon à la peau jaunâtre. Elle se réveilla et raconta ce sonte à son époux. Quand le jour se leva, l’homme partit observer l’oeuf qu’il avait laissé dans la grotte. Il constata qu’il avait éclos: c’était un bébé lézard de la même teinte que dans le rêve de sa femme. Le couple l’appela alors Moorea et l’éleva jusqu’à ce qu’il soit grand. Devenu immense, ses parents, eurent peur qu’il les dévore et ils décidèrent de l’abandonner et de quitter l’île avec une pirogue en voguant du côté du soleil levant. C’est ainsi qu’ils abordèrent Tahiti où ils trouvèrent refuge. Moorea attendait ses parents et ne cessait de penser à eux et de toute l’affection qu’ils lui avaient donnée. Cependant, ne les voyant plus revenir, il se dit alors qu’ils l’avaient abandonné. De désespoir il se jeta alors à la mer et nagea vers le levant. Ne voyant plus la terre, Moorea mena un combat contre trois courants: Teara-Veri dont la course était semblable à celle du scolopendre, Tefara, courant aussi épineux qu’un Pandanus, et Tepua, dont l’écume était pareille à la mousse de savon. Epuisé par sa lutte contre ces trois phénomènes naturels, c’est dans ce troisième courant que Moorea trouva la mort. Son corps dériva et alla s’échouer sur les rivages d’Aimeho (ancien nom de l’île de Moorea). A l’aube, deux pêcheurs trouvèrent le corps sans vie de cet énorme chose gisant sur le sable. Ils coururent avertir les gens de l’île de leur trouvaille en criant: « Un lézard jaune! Un lézard jaune! » Depuis ce jour on nomme Aimeho de son nouvau nom, Moorea, c’est à dire l’île du lézard jaune.
Nous débarquons pleins d’entrain pour découvrir cette île et nous faisons un arrêt au premier point de vue depuis le débarquadère. Nous ne sommes pas déçus! 😎 🌴
Après nous en être mis plein les yeux, nous nous rendons à notre hôtel. C’est une pension avec cinq chambres et de grandes pièces communes. Nous sommes la seule famille avec quatres adultes un peu plus âgés que nous. Nous sommes tout de suite bien accueillis 😄. Comme nous cuisinons tous sur place (les restaurants sont vraiment chers en Polynésie et encore plus hors de Tahiti), nous avons vite fait de faire connaissance! Sur la terrasse, une longue table nous permet de tous manger nos plats à la même table. L’ambiance sera vraiment sympathique durant nos trois jours ici et nous permettra de nombreux échanges avec les différents hôtes et les propriétaires.
Au réveil, nous partons rapidement en voiture afin de nous rendre au lieu de départ d’une petite randonnée vers la cascade d’Afereaitu. Le chemin serpente au travers d’une forêt tropicale parfois dense et après une bonne heure de marche, nous arrivons au but. Quelle déception! Seul un mince filet d’eau coule le long de la falaise et il n’est pas possible de nous baigner dans le bassin en bas de la cascade 😕. Nous sourions toutefois à l’exclamation d’Estelle : « C’est là que les monstres font pipi »! 😂
Nous y restons quelques minutes et, par chance, nous apercevons une anguille aux yeux bleus. Ces anguilles sont sacrées dans la culture polynésienne.
Nous redescendons d’un bon pas et nous partons en direction de notre premier lieu de baignade de l’île, la plage de Temae. Cette plage est publique mais elle risque malheureusement d’être vendue et transformée en resort de luxe 😔.
En nous baignant, nous découvrons un magnifique lieu de snorkeling, où de nombreux poissons vivent autour de patates de coraux. Nous restons bien longtemps à admirer le ballet sous-marin avant de ressortir nous sécher. Ce sera notre meilleure site d’observation de la faune aquatique de toute l’île!
Nous nous dirigeons ensuite vers la plage Ta’ahiamanu, pour nous baigner à nouveau. Nous y rencontrons une famille française de la métropole qui a décidé de venir vivre sur Moorea. Les enfants s’entendent bien et nous profitons de discuter un peu avec les parents, qui nous expliquent leur vie sur l’île et les endroits sympathiques à visiter. Sur Moorea, la vie des insulaires est assez simple : école jusque vers 14h puis plage. Il y a peu ou pas d’activités extrascolaires après l’école donc tout le monde va à la plage avec au programme baignade, surf ou volleyball. Les enfants sont d’ailleurs initiés dès leur plus jeune âge à ces sports ! Les jours de pluie, il n’y a pas grand chose à faire, pas de cinéma, pas de ludothèque ni bibliothèque, etc.
Sur le retour, nous assistons à un coucher du soleil flamboyant. C’est donc avec ces belles couleurs en tête que nous cuisinons, mangeons et allons nous coucher.
Après la journée nature d’hier, nous sommes prêts à découvrir d’autres aspects de l’île et notamment ses fruits et leur transformation. Pour commencer, nous nous rendons à l’usine de jus de fruits de ROTUI, dont les fruits proviennent de Moorea et des île voisines: ananas (Queen Tahiti), pamplemousse, papaye, goyave, nono, corossol, etc. Cette usine produit donc une boisson locale. C’est d’ailleurs le jus que nous buvons au petit-déjeuner, puisque nous essayons de consommer le plus local possible.
Nous débutons avec la visite de l’usine, qui malheureusement est à l’arrêt car ce n’est pas la saison des ananas, leur principal ingrédient. Nous pouvons toutefois nous imaginer le processus grâce à des panneaux explicatifs. En saison, ils reçoivent les ananas des agriculteurs en début de semaine. Ces fruits sont plongés dans une piscine de rinçage pour enlever la poussière et la terre. Ils sont ensuite lavés sous un jet à haute pression. La troisième étape consiste à couper les extrémité des ananas afin que les machines ne se bloquent pas (ces déchets sont revalorisés en engrais). Pour finir, les fruits sont pressés afin d’en récupérer le précieux nectar. C’est à peu près le même processus pour les autres fruits: laver, parer et presser.
Durant la visite, nous découvrons également l’histoire de cette usine, créée en 1981. Il faut savoir que l’usine produit également du rhum, ainsi que des vins d’ananas: un brut d’ananas, un vin blanc sec et un vin blanc moelleux. Nous terminons la visite par le traditionnel magasin de souvenir, mais surtout par la dégustation de plusieurs jus et d’un vin 🧃🍷.
Nous remontons en voiture pour emprunter «la route des ananas», une petite route qui traverse l’île en suivant la vallée d’Opunohu. Le centre de l’île de Moorea est situé dans la caldeira d’effondrement du sommet du volcan qui a fait naître l’île et c’est grâce à ce phénomène géologique ayant eu lieu il y a des milliers d’années, que la terre y est si fertile et propice à l’agriculture. La route que nous empruntons longe des champs d’ananas. Comme nous sommes hors saison, les champs ne sont pas impressionnants, mais nous voyons quand même le fameux fruit lors de quelques arrêts. En route, nous croisons également des ouvriers agricoles en plein travail. Ils portent des gants et des pantalons longs, car les feuilles d’ananas (c’est aussi le nom de la plante) sont très piquantes !
Chemin faisant, nous débouchons sur la route qui mène au belvédère, avec une vue sur le nord de l’île. Arrivés à destination, nous pouvons admirer une jolie vue sur ses deux baies.
Après avoir profité de la vue, nous entamons la plus petite randonnée du lieu… il fait trop chaud pour s’attaquer à une autre! 🥵
Une jolie décoration de fleurs fraîches se trouve au sommet!
A la fin de cette balade d’à peine 45 minutes, nous dégustons une noix de coco, préparée en direct par un local. Nous lui posons quelques questions, et nous apprenons qu’il va chercher ses noix de coco directement chez les gens qui veulent sécuriser leur propriété, craignant qu’une noix leur tombe sur le crâne. La commune le mandate également pour sécuriser les plages publiques. Il est ainsi payé deux fois, lorsqu’il les cueille et lorsqu’il les vend. 😄
Voici les différentes étapes de la préparation d’une noix de coco:
Il enlève l’écorce de la noix de coco grâce à un pieu / Il ôte tous les fils et il coupe un des sommets pour accéder au jus / Nous buvons le jus / Il coupe la noix en deux et il découpe la chaire / Nous pouvons maintenant nous délecter de la pulpe de coco fraîche.
Il est maintenant l’heure de répondre à l’appel de nos estomacs, et, pour la première fois en Polynésie, nous allons au restaurant. Nous suivons les conseils de la famille française rencontrée hier et nous nous rendons au Tropical garden, qui surplombe la baie. Bon, n’imaginez pas un restaurant suisse ! C’est une paillote avec terrasse, mais qui ne se prive pas de faire des prix suisses 🤪 ! La Polynésie est décidément très chère !
En profitant de la vue sur l’océan, nous dégustons de plats typiques, avec du thon frais (cru), des frites de patates douces et des frites d’uru. L’uru est le fruit que nos voisins avaient partagé avec nous sur Tahiti. Ces frites ne sont pas vraiment à notre goût, un peu trop sèches… Nous resterons sur les patates douces pour la prochaine fois ! 😂
Avant de partir, nous allons nous promener dans leur petit jardin «botanique» où nous découvrons une plantation de vanille, des grenadilles (arbre à fruits de la passion) et plusieurs jolis buissons de fleurs. Nous avons la chance de trouver quatre fruits de la passion tombés à terre et nous les ramassons pour pouvoir les déguster demain au petit déjeuner . C’est délicieux avec des bananes !
Après cette pause, nous partons découvrir une autre plage, celle des Tipaniers. Celle-ci est attenante à un hôtel, mais elle est accessible au public. Nous ne sommes pas enthousiasmés par cette plage, car elle est petite et il n’y a que peu de poissons. Il est toutefois possible de rejoindre en kayak un lieu pour observer des raies pastenagues et des requins pointes noires. Comme nous allons visiter ce spot samedi, nous ne restons pas longtemps. D’autant plus qu’Estelle se fait mordre par un poisson Picasso, un très joli poisson, mais réputé comme féroce défenseur de ses petits ! La morsure n’est pas grande, mais on voit bien les traces des dents 😬.
Nous rentrons bien fatigués de notre journée et nous nous endormons après un repas vite avalé.
Pour ce troisième jour sur l’île, nous partons visiter l’association Te Mana O Te Moana, qui gère un centre de soins aux tortues marines. Ce centre se trouve dans un complexe hôtelier, mais comme l’hôtel a fait faillite, le lieu est très vide. Les visites n’ont lieu que deux fois par semaine et sur inscription. Les vacances scolaires ayant commencé en Polynésie, nous avons eu la chance de bénéficier des dernières places libres sur un jour supplémentaire ajouté pour les vacanciers. Nous sommes une quinzaine, dont une autre famille «tourdumondiste» avec deux filles du même âge que les nôtres ou presque.
Nous effectuons la visite avec une collaboratrice qui nous donne beaucoup d’informations sur les tortues marines des îles polynésiennes, et notamment l’impact des activités humaines sur ces dernières. Grâce à nos vacances régulières en Grèce, les filles en connaissent déjà un rayon sur les tortues marines et il leur est plusieurs fois facile de répondre aux questions de notre guide 😉.
Il existe 250 espèces de tortues, en comptant les trois catégories : terrestre, de rivière et marine. Par contre, seules sept de ces espèces sont des tortues marines. En Polynésie, nous pouvons en trouver cinq de celles-ci : la tortue verte (Chelonia mydas), la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata), la tortue caouanne (Caretta caretta, celles de Grèce), la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) et la tortue luth (Dermochelys coriacea). La tortue verte tient son nom de sa chair. En effet, sa carapace est brune, mais sa viande est verte. Elle a longtemps été considérée comme sacrée et elle n’était offerte qu’aux dieux. Un jour, un roi polynésien a voulu montrer qu’il était l’égal des dieux et il a mangé ce met sacré. Comme rien ne lui est arrivé, les Polynésiens ont commencé à en manger également. Aujourd’hui, la pêche est interdite, mais certains locaux continuent de pêcher les tortues et de les manger. Auparavant, les anciens ne pêchaient que les tortues adultes ayant déjà pondu (donc de plus d’une vingtaine d’années), mais maintenant ce savoir a été perdu et les pêcheurs chassent des petites tortues, qui n’ont donc pas encore pondu et qui n’offrent que très peu de chair à manger.
Après toutes ces explications, nous allons découvrir les tortues du centre. Ces dernières sont toutes handicapées ou blessées. Le centre tente de les soigner et, lorsqu’elles sont assez en forme pour se débrouiller, il les relâche. Dans le bassin que nous pouvons observer se trouvent quatre tortues. L’une d’entre elles est aveugle et elle ne pourra jamais être relâchée car elle ne pourrait pas se nourrir par elle-même dans la nature. Les trois autres ont été harponnées (par des pêcheurs pour les manger) mais elles ont réussi à s’échapper. Toutefois, ce genre de blessure crée une poche de gaz qui les empêche de flotter correctement et de plonger sous l’eau, les empêchant ainsi de se nourir et d’échapper aux prédateurs.. Il n’est pas possible de les opérer, alors ils attendent que le gaz s’échappe et que la plaie se résorbe. Si ce n’est pas le cas, elles ne pourront jamais être relâchées, car elles ont besoin de plonger pour se nourrir. Les soigneurs les nourrissent à la main car cela leur permet de sauvegarder de l’énergie pour guérir. Les tortues portent un T-shirt pour se protéger du soleil. En effet, leur carapace est composée de kératine et, ne pouvant pas plonger sous l’eau, leur carapace est constamment exposée au soleil et elle risquerait de brûler !
Dans le deuxième bassin, nous pouvons observer une tortue qui est en processus de réadaptation et de déshabituation à la présence humaine : elle doit apprendre à chasser par elle-même et ne plus avoir de contact avec les soigneurs. Cette tortue a été harponnée, mais malgré le gaz restant sous sa carapace, elle commence à réussir à plonger sous l’eau. Elle nage de travers, mais comme elle est très débrouille, ils ont décidé de la relâcher. Elle sera délivrée à plus de 2000 milles nautiques du centre, afin qu’elle ne revienne pas.
Nous nous dirigeons maintenant vers la nurserie, le moment tant attendu par les enfants… et les adultes !
Ils ont trois semaines 😍
Les bébés sont de couleur noire et blanche. Comme pour les manchots vus en Patagonie, ils sont noirs dessus et blanc dessous afin d’échapper plus facilement aux prédateurs (Ushuaïa). Nous pouvons voir que les bébés tortues ont l’air de flotter d’avantage au niveau du postérieur et que leurs nageoires arrières sont étonnamment grandes. C’est en fait pour leur apprendre à plonger ! Ils sont ainsi dans la «bonne» position et leurs nageoires arrières leur permettent de mieux plonger. Au début, les bébés sont à la surface de l’eau pour manger (les déchets plastiques sont donc encore plus dangereux pour eux) et en grandissant ils vont maîtriser la plongée et leurs nageoires deviendront de tailles similaires. Les bébés du centre viennent de nids surveillés par celui-ci. Une fois atteint la vingtaine, les tortues adultes viennent pondre sur la plage où elles sont nées. A la saison de ponte, les tortues femelles et les tortues mâles se retrouvent au large pour s’accoupler. Apparemment, ce n’est pas le meilleur moment pour les femelles car plusieurs mâles essayent de la féconder en même temps, ils la mordent, etc. Mais la femelle y tire un avantage car elle a la capacité de garder les différents spermes pour pouvoir féconder différentes pontes. Ainsi, la tortue va utiliser un peu du sperme pour féconder une première ponte, puis elle retourne en mer pour féconder (toute seule avec sa réserve) une deuxième ponte, et cela jusqu’à trois fois par saison. Une fois arrivée sur la plage, la tortue avance péniblement sur le sable (la carapace est vraiment très lourde, nous avons essayé d’en porter une et c’est difficile). Une fois arrivée à bonne distance de la mer (une vingtaine de mètres), elle va creuser un trou. Ce trou forme un tube étroit d’environ 80 cm où elle va pondre ses oeufs. Au moment de la ponte, les oeufs sont mous pour éviter qu’ils ne se brisent après cette chute de près d’un mètre ! A chaque ponte, une femelle pond une centaine d’oeufs. Ce nombre est important car seule une tortue sur 1000 oeufs pondus survivra jusqu’à vingt ans pour revenir pondre à son tour. Lorsque les bébés éclosent, les plus vaillants arrivent à sortir et rejoindre la mer. Il faut savoir qu’atteindre la mer est déjà un exploit : certains oeufs ne se sont pas développés, d’autres sont écrasés par les plus vaillants durant la remontée, les oiseaux et certains mammifères attendent avec impatience leur sortie pour les manger et enfin le ressac est pour certain un obstacle infranchissable. Environ trois jours après les premières sorties, les soigneurs ouvrent le nid pour voir si des bébés s’y trouvent encore. Ces bébés n’ayant pas réussi à sortir d’eux-mêmes sont soit malades, soit plus fragiles ou plus faibles. Les soigneurs emportent les bébés au centre et ils les gardent pendant une dizaine de mois afin de voir comment ils se développent. Après 10 mois, s’il s’avère qu »ils sont malades ou handicapés, le centre ne va pas les relâcher. En effet, même s’ils savent se nourrir seuls, ils risquent de se reproduire et de transmettre leur «tare» à leurs descendants.
Gabrielle est fan des tortues marines de Koroni (Grèce) et elle se rend régulièrement sur la plage tôt le matin lors de nos séjours là-bas, afin de suivre l’équipe de l’association qui s’occupe de la sauvegarde des tortues marines en Grèce. Elle peut assister au monitoring des nids et parfois à leur ouverture. Cet engouement pour ces tortues explique les longues explications ci-dessus ! 😉
Pour conclure la visite, nous retournons au centre d’accueil où nous étions en début de visite. Notre guide est très pédagogue et elle prend les enfants à part un moment pour les faire «travailler» et leur donner une brochure. Cette «maîtresse» leur plaît bien ! Nous apprenons que si nous trouvons une tortue blessée, il est important d’appeler tout de suite l’association ou la police. En attendant, il ne faut absolument pas la mettre dans l’eau car elle respire de l’air. C’est le premier réflexe des gens, mais elle risque en fait de se noyer si nous la mettons dans un bac d’eau ou dans le bateau avec un fond d’eau ! Si la tortue est au soleil, c’est une bonne idée de lui mettre un T-shirt mouillé sur la carapace. Nous avons, tout le groupe, répondu faux 🤪 !
En sortant, nous espérons que cette sensibilisation fera de nos filles des protectrices de ces magnifiques tortues et également de l’environnement.
Après cette visite matinale, nous rentrons manger et faire nos sacs. En effet, nous changeons d’hébergement ce soir. Nous avions réservé trois nuits au nord de l’île et quatre nuits au sud pour changer un peu. Une fois la voiture chargée, nous retournons à la plage de Ta’ahiamanu (où nous avions rencontré la famille française) puis nous partons découvrir notre deuxième lieu de villégiature. Cette fois-ci, c’est un autre style et un autre prix 😉 ! Nous avons un bungalow rien que pour nous, dans un très grand jardin. Nous n’avons jamais eu autant de m2 pour nous !
Le lendemain est un jour spécial : nous sortons en mer à la découverte d’autres espèces marines dont des raies, des requins et, nous l’espérons, des dauphins ! Nous avons choisi l’entreprise avec soin afin qu’elle réponde à des critères écologiques et respectueux des animaux.
Nous avons rendez-vous à la plage des Tipaniers à 8h00 et le lever est donc matinal ! En arrivant à la plage, nous faisons la connaissance de notre guide du jour, Laurent, et de notre capitaine. Nous avons choisi une sortie privée, nous ne serons donc que les 6 à bord. C’est un petit bateau, nous n’aurions de toute façon pas pu être plus que ça… Notre sortie sera filmée et nous aurons droit à un montage après celle-ci. Ce montageVous le trouverez à la fin de cette partie de l’article.
Une fois prêts, nous partons sur un premier site de snorkeling. C’est celui que nous avons mentionné plus haut. Ce spot est connu car des raies pastenagues et des requins pointes noires y viennent depuis plus de 20 ans. En effet, les agences ont pris l’habitude de nourrir les animaux à cet endroit et ces derniers restent donc toujours par là.
Nous ne sommes pas enchantés de la raison pour laquelle les animaux se trouvent là, mais notre guide nous assure que le feeding n’aurait que peu d’impact sur ces raies… Nous ne sommes pas convaincus, mais bon. Voici d’ailleurs la réponse du responsable, à qui j’ai écrit un email exprimant mon étonnement de voir leur employé mettre un bout de poisson dans sa manche pour attirer les raies près de lui…
Concernant le feeding des raies : c’est en effet une croyance populaire de penser que le feeding des raies et requins n’est pas respectueux de l’environnement. Pourtant tous les spécialistes des requins vous diront le contraire… que le feeding n’a non seulement pas de conséquence néfaste prouvée lorsqu’il est fait de manière responsable mais qu’il est au contraire bénéfique en termes de sensibilisation et d’économie (valoriser des animaux vivants plutot que morts péchés comme c’est le cas pour les requins partout dans le monde…) Je pense d’ailleurs ètre bien placé moi méme pour en parler puisque j’ai fait partie de la seule thèse et étude scientifique menée à ce jour dans le monde sur cette espèce de raie et qui portait notamment sur… l’impact du feeding ! Cette étude montrait en effet les dérives possibles d’un feeding pratiqué à outrance mais montrait également l’absence totale d’impact sur la santé et le comportement des raies quand le feeding était raisonné. Soyez surs que nos guides sont tous des passionnés de vie marine qui ont totalement à coeur le bien être des animaux et n’utilisent qu’un ou deux poissons par tour.
C’est la première fois que nous pouvons approcher les raies et nous sommes impressionnés ! Elles sont grandes ! Ce sont les seuls animaux que nous pourrons toucher durant notre sortie, car, vu le spot, elles y sont habituées. Il est toutefois nécessaire de les toucher tout doucement afin de ne pas leur enlever la fine couche de protection qu’elles ont sur elles. Elles sont douces et la peau est dure, c’est une drôle de sensation. Sur ce site, nous voyons également des requins pointes noires, mais ils restent à l’écart, en attendant que des morceaux de poisson dérivent vers eux.
Les raies mangent des poissons et des crustacés qui se trouvent dans le sable. Elles possèdent des dents plates qui leur permettent d’écraser les carapaces. Pour respirer, elles aspirent l’eau par les deux orifices juste à côté des yeux, puis elles filtrent l’oxygène qui se trouve dans l’eau. Enfin, elles font ressortir l’eau par les ouies que nous pouvons voir en dessous des raies. Les raies sont des poissons, mais elles sont ovovivipares : elles pondent des oeufs, mais elles les gardent dans leur ventre !
Les requins respirent également sous l’eau. Mais chez eux, l’eau rentre par la bouche lorsqu’ils nagent et elle sort par leurs ouïes qui se trouvent des deux côtés de la tête. Les requins ne peuvent jamais rester immobiles, car ils doivent être en mouvement pour que l’eau entre dans la bouche. Les requins à pointe blanche sont les seuls requins à pouvoir «dormir» immobilisés car ils dorment en laissant leur geule ouverte dans un courant ! C’est d’ailleurs ceux-là que nous avions vus «dormir» aux Galapagos (Los Galápagos).
Après avoir bien observé ces animaux, nous remontons sur le bateau pour nous rendre à un site où nous devrions pouvoir voir des tortues. Ces dernières viennent là pour se reposer. Comme ce site se trouve dans le chenal de navigation, le bateau nous suit de près afin de signaler aux autres bateaux que nous sommes là 😜. Les tortues sont à environ huit mètres de profondeur et nous ne les voyons que de loin. Laurent est très fort en apnée, et il descend les filmer de plus près.
Une fois à nouveau hors de l’eau, nous partons tout au sud de l’île afin de trouver le groupe de dauphins qui se trouve souvent par là… mais rien n’est garanti ! Ce sont des animaux sauvages, ils vont où bon leur semble ! Au premier arrêt… Rien ! Au deuxième… Toujours rien ! Matthieu nous dit alors que nous allons voir au troisième et dernier spot, mais qu’il faut croiser les doigts.
Nous sortons de la barrière de corail, et là c’est la haute mer ! C’est en sautant de vagues en vagues que nous nous rendons au troisième lieu d’observation. Sur le chemin, nous voyons des poissons volants ! Jusqu’à maintenant, nous pensions que les poissons volants sautaient juste très loin… Mais pas du tout, ils volent vraiment sur plusieurs dizaines de mètres 🤩 !
Après une quinzaine de minutes, nous retournons de l’autre côté du récif corallien et nous retrouvons une mer plus calme. Une fois arrivés sur le site prévu… Les dauphins sont là ! 🥳 C’est un groupe d’environ 80-100 individus ! Nous n’en voyons qu’une vingtaine à la fois, ceux à la surface, car les autres sont sous l’eau pendant ce temps. Cet endroit est leur lieu de repos, de socialisation et d’accouplement. Ils sont ici durant la matinée et, en fin de journée, ils partent chasser en haute mer. Ces mammifères vivent en groupe pour chasser et pour socialiser. Nous ne nous approchons pas trop et le capitaine éteint le moteur. Au bout de quelques minutes, certains dauphins approchent et au bout d’une dizaine de minutes ils ne font plus attention à nous et ils mènent leur vie autour du bateau et plus loin. C’est magique !
Nous restons trois bons quart d’heures à les observer nager et sauter. Après ce moment inoubliable, nous nous rapprochons d’un récif qui borde une très grande faille pour plonger une dernière fois. Les filles sont fatiguées et elles décident de rester sur le bateau. C’est donc seuls avec Mathieu que nous effectuons cette dernière observation en snorkeling. La falaise de corail est impressionnante et nous longeons la faille… ça fait bizarre d’avoir autant de vide sous soi ! Ce récif n’est pas très riche en faune aquatique, mais juste de pouvoir nager au dessus d’une telle profondeur valait le coup de sauter à l’eau. Nous avons espéré voir un dauphin curieux venir vers nous, mais l’espèce que nous avons vue, les dauphins à longs becs, est timide et ses membres n’approchent que très rarement des humains dans l’eau.
C’est maintenant l’heure du retour et après une petite heure de bateau, nous touchons terre. C’est l’heure de dire au revoir à Laurent et au capitaine.
Voici la vidéo de cette extraordinaire sortie, faite par l’agence (ils ont un peu abusé sur les ralentis 🤪) :
Durant le sortie, Laurent nous demande comment il est possible de différencier la famille des dauphins de celle des baleines… C’est Marine qui trouve la bonne réponse ! 🏆 A vous de jouer maintenant, quelle est la bonne réponse? Nous vous laissons réfléchir le temps qu’il vous plaira, et vous pourrez ensuite visualiser la réponse :
Le programme de l’après-midi est plutôt tranquille: nous rentrons à notre bungalow pour manger, nous reposer et faire un peu d’école. Les propriétaires ont plusieurs chiens, des chats et… Des chiots ! Les filles tombent sous le charme et elles passent plusieurs heures avec eux. Philippe tombe également sous leur charme… lui qui n’est censé ne pas aimer les animaux domestiques😉.
En début de soirée, nous partons pour déguster un buffet végétarien composé uniquement de produits locaux. Cette soirée est organisée par la pension où nous étions les trois premiers jours. C’est chouette de retrouver un lieu familier et quelques personnes que nous avions rencontrées et qui sont encore là. La maison se remplit vite et nous serons près d’une cinquantaine pour cette dégustation. La propriétaire du lieu et une amie ont tout cuisiné et ce buffet annonce le lancement de leur projet de plats à l’emporter qui commence dès la semaine prochaine.
Enattendant que tout le monde arrive et que tout soit prêt, une Polynésienne, qui s’occupe également du ménage de la maison, propose un atelier tressage de feuilles de palmier afin de faire une couronne. Nous y participons les quatre avec plaisir et avec plus ou moins d’habilité ! Nous, et le reste du groupe, ne sommes pas les meilleurs élèves qu’elle ait eu et nous éclatons souvent de rire devant nos maladresses 🙃 !
Après près d’une heure de concentration intense, nous obtenons tous un poisson et une couronne ! Nous pouvons donc passer à l’étape la plus facile : la décoration de la couronne avec le poisson et des fleurs. C’est avec fierté que nous portons tous notre réalisation durant la soirée 😂.
Après cette journée bien remplie, nous rentrons fourbus à notre bungalow… les filles s’endorment même à l’arrière, fait rarissime pour Marine !
Pour l’anecdote, nous avions regretté de devoir quitter la pension après trois nuits, mais heureusement que nous n’étions pas là ce samedi soir… nous n’aurions pas pu dormir avant longtemps 😜 !
Après la journée d’hier, c’est un programme light qui nous attend : repos au bungalow et une sortie plage.
Nous sommes allés à la plage de Hauru (sans Marine qui est restée au bungalow), mais nous n’avons aucune photo car elle ne cassait vraiment pas des briques ! A peine 1 mètre de large sur 15 mètres de long ! Avec aucun fond marin intéressant et des bateaux qui venaient régulièrement déverser des flots de vacanciers (polynésiens) qui revenaient du motu d’en face (un motu est un îlot détaché de l’île principale) avec la musique à fond. Bref, nous n’y sommes pas restés longtemps 😝 ! Voici tout de même une photo prise du net :
C’est notre dernier jour entier sur Moorea, et nous partons visiter la côte sud et est de l’île en voiture. Nous découvrons une particularité polynésienne qui nous fait bien sourire. Regardez attentivement la photo ci-dessous pour découvrir quelle est cette pratique rigolote. Attention, la réponse se trouve en légende de la photo!
Les poteaux à antennes sont souvent camouflés en palmier 😃.
Le tour de l’île est vite fait et nous nous dirigeons vers la plage de Temae pour y pique-niquer. C’est la première plage que nous avons découverte et celle que nous préférons sur l’île ! Nous espérons vraiment que la population locale va réussir à faire plier les promoteurs immobiliers !
Si vous regardez attentivement la première photo du diaporama, vous y verrez un cours de natation! Il y a pire comme décor, non? Philippe était un peu jaloux… 😝
Sur le chemin du retour, nous passons dans un magasin de perles pour saluer les propriétaires de la part de la famille de Pauline, la belle soeur de Gabrielle. En effet, Pauline et sa famille ont habité plusieurs années ici ! Les perles et bijoux y sont magnifiques, mais hors budget pour des tourdumondistes 😫. Nous nous contentons donc d’admirer ces belles pièces et la vendeuse nous explique avec une grande gentillesse le processus de culture des huître perlières pour leur faire créer des perles (explications à suivre dans un article à venir).
Pour clore la journée, nous retournons à la plage de Ta’ahiamanu, où nous finalisons une chasse au trésor créée par les filles pour la famille Calvayrac, qui viendra sur cette même île dans trois semaines. Il nous faut trouver une cachette durable et suffisamment discrète pour que le trésor ne disparaisse pas entre-temps.
Trois semaines plus tard, les Calvayrac trouveront le trésor, qui entre-temps avait été encore mieux caché, car la cavité avait été remplie de sable.
Ce matin, c’est retour sur Tahiti pour enchaîner avec un vol vers notre prochaine île. Nous devons d’ailleurs rejoindre les Calvayrac à l’aéroport pour passer ensemble les 10 prochains jours 😎.
Nous quittons le bungalow un peu plus tard que plannifié, car les derniers au-revoirs aux chiots ont été plus longs que prévu…
Nous ne sommes toutefois pas stressés car nous avons prévu large… Jusqu’à ce que l’on se rende compte que le ferry est plus tôt que nous le croyions !! Le stress monte et Gabrielle appuye sur le champignon, autant que la route le lui permet (c’est une petite route qui longe la côte). Après quelques kilomètres, nous réalisons que nous allons arriver juste juste, voir 2-3 minutes trop tard ! Le stress est à son comble et Philippe arrive à joindre le port pour demander à ce que le bateau nous attende, car sinon on va louper notre vol à Tahiti, le prochain bateau étant seulement en milieu d’après-midi. La personne au téléphone est d’abord sceptique car «le bateau ne peut pas attendre». Philippe use de tout son pouvoir de persuasion pour la convaincre que nous arriverons pile poil à l’heure et qu’il s’agit juste de ne pas fermer la calle trop tôt. Elle cède et va demander à l’équipage du bateau d’attendre le dernier moment pour relever la rampe d’accès. Comme elle a raccroché, nous ne savons pas s’ils ont été d’accord ou pas 😱 ! Gabrielle use de toute sa concentration pour dépasser les quelques voitures sur la route, tout en gardant une vitesse sécure… Nous arrivons au port deux minutes avant le départ du bateau, ouf 😅 ! Nous sommes accueillis avec de grands sourires par la personne du téléphone et les matelots. Apparemment toute l’équipe a entendu parler de nous 🤦🏼♀️🤦🏼♂️ ! Nous montons rapidement dans la calle, où seules cinq voitures peuvent se mettre (c’est un plus petit bateau que celui de l’après-midi) et le bateau part quelques petites minutes après notre embarquement.
Ouf, on a eu chaud 😳 !
C’est sur ce trop plein d’émotions que nous vous disons à bientôt pour la suite de nos aventures sur notre troisième île polynésienne. Gabrielle et Philippe