Kratie et Koh Trong

4. L’Asie – Cambodge

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

13.05 au 16.05.2022

C’est parti pour un trajet de plusieurs heures (environ 6h), qui doit nous mener jusqu’à la ville de Kratie, dans le nord-est du Cambodge. Nous avons longuement hésité à nous rendre dans les régions plus reculées et montagneuses du pays mais, faute de temps, nous devons faire une croix sur les provinces telles que le Mondolkiri ou le Ratanakiri. Un des intérêts de ces régions est aussi de se rendre dans des sanctuaires pour éléphants, mais comme nous avons déjà vécu une incroyable expérience avec les pachydermes chez Baan Mama, en Thaïlande, nous ne ressentons pas la nécessité de nous y rendre. A noter aussi qu’il s’agit de provinces dans lesquelles il est conseillé de se protéger de la malaria. Pour deux-trois jours, nous préférons passer notre tour, d’autant plus que nous allons devoir prendre un traitement antipaludéen pour notre séjour à Madagascar.
Nous choisissons du coup de nous rendre dans la province de Kratie, sur les bords du Mékong. Nous avons beaucoup regretté de ne pas avoir passé quelques jours en immersion dans des communautés locales en Thaïlande et Gabrielle a réussi à trouver un logement chez l’habitant sur la petite île de Koh Trong qui se trouve au milieu du fleuve.
Après un long voyage et un peu de retard, nous arrivons dans la ville de Kratie en début de soirée et c’est déjà le crépuscule. Nous avons réservé une nuit en ville avant de nous rendre sur l’île mais, à notre grande surprise, les responsables du logement semblent étonnés de nous voir arriver… Heureusement, il leur reste une chambre! 😅 Nous sommes bien contents de ne pas rester plus qu’une nuit car en passant pour rejoindre les chambres, nous traversons le petit magasin du rez-de-chaussée puis la cuisine et tout est en désordre et très sale… Fatigués, nous décidons de grignoter les quelques réserves qui nous restent du voyage et nous ne tentons pas les plats de la pension, peu confiants dans les normes d’hygiène… 🙃


Après une bonne nuit de sommeil, nous nous mettons à la recherche d’un restaurant pour prendre notre petit-déjeuner. Pas facile de trouver quelque chose d’ouvert et les lieux indiqués par Google n’existent pas… Après une bonne demi-heure de vadrouille, nous tombons sur un tout petit café plutôt moderne qui semble pouvoir nous accueillir (le 90 Degrees). L’air conditionné est le bienvenu car la chaleur se fait de plus en plus ressentir et nous transpirons bien. Il n’y a pas grand chose à manger, mais les milk-shakes nous plaisent bien. Une fois notre petit-déjeuner avalé, nous nous rendons au port afin de prendre la barque qui va nous emmener sur l’île de Koh Trong que nous apercevons en face. Grimper dans le navire avec nos gros sacs à dos n’est pas des plus simple, mais personne ne tombe à l’eau 😜.

Après à peine dix minutes de traversée, nous arrivons sur l’île où de nombreux scooters attendent les passagers afin de les conduire dans les différents hameaux. Koh Trong n’est pas bien grande, elle ne fait que huit kilomètres de long environ, et il n’y a qu’une seule route (trop étroite pour des voitures) qui fait le tour de l’île. la plupart des gens se déplacent en scooter, en vélo, à pied ou encore en charrette, tirée par des chevaux ou des boeufs. Notre pension chez l’habitant n’étant pas très éloignée du débarcadère, nous décidons de nous y rendre à pied et Virek, notre hôte, nous rejoint en cours de route. En chemin, nous croisons les habituels panneaux présentant des politiciens du « Cambodian People’s Party », le parti khmer à la tête du pays depuis 1979. Ces visages sont vraiment affichés partout dans le pays!

Malgré la chaleur les filles ne se plaignent pas (trop…) et au bout d’une petite demi-heure, nous arrivons à Pomelo Homestay, notre point de chute pour les deux prochaines nuits!

Virek est un jeune homme dans la vingtaine, très souriant et qui s’exprime dans un très bon anglais. Il est très à l’aise et il nous donne pleins d’informations sur l’île et sur la manière dont il vit. Tout cela attablés devant un succulent pamplemousse de son jardin (nous voyons l’arbre juste en dessous de la terrasse) qu’il prépare devant nous. Sa chaire est blanche et magnifiquement sucrée 😋. Cette île est connue pour sa culture du pamplemousse et c’est d’après ce fruit qu’il a nommé son Home Stay (Pomelo Homestay). Après Phnom Penh c’est un changement total d’ambiance! Beaucoup plus calme et tranquille, nous plongeons dans la culture et le mode de vie rural et traditionnel des populations khmères vivant dans cette région du Mékong. Cela nous plaît énormément, c’est un vrai coup de coeur! Koh Trong est très peu développée et son économie est surtout basée autour de l’agriculture. Pamplemousse, riz, banane, voilà en priorité ce qu’on y trouve.

En arrivant, les filles ont vite découvert que Virek a accueilli un chaton chez lui tout récemment. Presque chaque habitation a son chat, cela permet d’éloigner les souris et d’éviter qu’elles entrent dans la maison. Les filles sont fans, et comme il n’a pas de nom, elles le nomment « Ficelle » car il adore le jeu que les filles lui ont créé.

Une fois la dégustation terminée, notre hôte nous propose de partir à la découverte de l’île et quoi de mieux pour le faire qu’à vélo? Il s’éclipse rapidement chez des voisins afin de nous dégoter des vélos adaptés aux filles et nous partons tous les quatre sur la seule route de l’île. Une petite boucle de 9km environ nous attend, le tout à plat (heureusement vu l’âge de nos vélos…). Notre rythme est très tranquille, c’est un rythme de découverte et d’admiration des lieux. Nous n’hésitons pas à nous arrêter afin d’observer les gens dans les champs, les quelques temples ou encore une partie de volley (sport très apprécié car nous avons vu un peu partout au Cambodge des personnes s’y adonner en fin de journée). Nous peinons à trouver l’arbre aux chauves-souris géantes dont nous a parlé Virek… Raté, cette fois nous n’en verrons pas, car nous n’arrivons pas à trouver ce satané arbre 🤦🤦🏼‍♀️ ! Partis avec nos maillots de bain, nous renonçons cependant à nous baigner, les eaux brunes du Mékong ne nous attirant que très peu 🙃.

Nous découvrons aussi sur la rive ouest de l’île un village flottant de pêcheurs, situé directement sur le fleuve.

De retour à la maison, Virek nous emmène avec lui pour nous faire visiter les champs de sa famille, qui se trouvent derrière sa maison. En chemin, il nous explique les différents types d’agriculture qui se font sur l’île et ce que eux produisent: riz, bananes, pamplemousses, pastèques, etc. Il s’agit également de récupérer les différents ingrédients pour le repas du soir. Les couleurs sont belles et la compagnie de notre hôte est très agréable. Il répond volontiers à toutes nos questions et il nous explique qu’ils ont la chance d’avoir des terres fertiles qui leur permettent non seulement de se nourrir mais aussi d’exporter certains de leurs produits, tels que les bananes et les pamplemousses.

Nous commençons la visite chez un de ses voisins qui cultive des champignons.

Nous terminons notre sortie en passant chez les parents de Virek et nous rencontrons sa maman. Pendant qu’il récupère une mangue directement sur l’arbre, celle-ci offre aux filles un Krama, une écharpe traditionnelle khmère.

Une fois de retour à la pension, il s’agit de préparer le repas du soir. C’est justement pour ce genre de moment que nous avons choisi de venir vivre chez l’habitant. Tout le monde met la main à la pâte et nous aidons Virek à préparer le souper. Au menu, champignons frits à la sauce au poivre en entrée (ceux récupérés chez le voisin), riz blanc et porc à l’ananas pour le plat principal.
Les champignons frits font tout de suite l’unanimité… même du côté de Ficelle 😂 ! Notre hôte nous explique que son voisin lui a une fois demandé pourquoi il lui achetait autant de champignons et il a pris un air perplexe quand Virek lui a expliqué que « les touristes adorent ça » 🙃.

Le résultat est délicieux et c’est l’estomac bien rempli que nous rejoignons nos lit. En fait de lit, il s’agit de matelas posés au sol. Notre pension est une maison traditionnelle construite sur pilotis, avec une grande pièce principale, une petite chambre et une cuisine plutôt vaste avec un coin WC/douche (sans eau courante). Le plancher est formé de nombreuses lattes en bois légèrement espacées les unes des autres et qui laissent passer l’air. Virek dort dans la toute petite chambre, son petit frère sur un matelas dans la grande pièce, et nous avons deux grands matelas posés à même le sol avec des moustiquaires et un rideau pour avoir un peu d’intimité. C’est simple, mais cela nous suffit tout à fait.


Ce matin, nous partageons rapidement le petit déjeuner avec Virek car nous avons rendez-vous avec un de ses amis à Kratie. L’autre raison qui nous a attiré dans cette région est la possibilité de voir des dauphins de l’Irrawady, nommés aussi « le sourire du Mékong » car leurs bouches leur donnent un air rieur 🐬. Ceux-ci sont en danger d’extinction à cause de la destruction de leur habitat, la pollution, la consanguinité, la pêche « électrique » mais surtout à cause de la pêche au moyen des filets. Ils ne sont estimés qu’à une petite centaine d’individus vivant dans la partie khmère du Mékong. Quelques spécimens vivent en Birmanie, par contre ils se sont éteints au Laos. Comme ces dauphins sont devenus une source non négligeable de revenus (avec les touristes), la communauté locale est fortement incitée à les protéger.
Ces dauphins de rivière ont une tête en forme de melon (ils font penser à la créature d’Alien), un tout petit bec ainsi qu’une nageoire dorsale peu développée. Ils sont plutôt discrets donc nous espérons avoir la chance de les apercevoir. Nous avons choisi l’option douce pour aller à leur rencontre, à savoir la descente du fleuve en kayak 🛶. La solution la plus facile et populaire auprès des touristes est d’emprunter de gros bateaux à moteur, mais ils ont tendance à perturber ces fragiles dauphins dans leur habitat.
Après avoir trouvé notre transport, nous remontons sur quelques kilomètres le cours du fleuve et nous pouvons admirer quelques scènes de la vie quotidienne depuis notre Tuk Tuk.

Nous vous expliquerons un peu plus tard ce que sont ces tubes de bambou! 🎋

Nous retrouvons notre guide pour cette matinée d’aventure. Il s’agit d’un ancien pêcheur qui s’est reconverti dans l’eco-tourisme et qui, maintenant, fait découvrir les beautés du fleuve aux touristes. Une partie de ce que nous payons est d’ailleurs reversée aux membres de la communauté locale afin de surveiller et protéger les dauphins de la pêche illégale. Le contact n’est pas des plus chaleureux car l’homme ne sourit pas beaucoup et il se contente de répondre à nos questions (nous en ressortirons d’ailleurs un peu frustrés).
Ayant lu quelques retours de cette excursion, nous avons revêtu nos trainings/collants, t-shirts anti-UV et casquettes. En effet, nous allons rester environ 4h sur l’eau, en plein soleil, sans ombre et par une chaleur assommante. Vu notre peau, nous ne voulons pas prendre le risque de finir avec de monstre coups de soleil ou encore une insolation. Ce que nous réussirons… à 90%, car nos pieds, restés en plein soleil, prendront une jolie teinte rosée (pour ne pas dire rouge écarlate) en fin de journée… 🤦🏼‍♀️🤦
Chacun de nous prend une fille dans son kayak et nous démarrons notre descente du Mékong, fleuve large, imposant et très opaque. Heureusement le courant nous aide bien et nous n’avons pas besoin de trop ramer.

Après une heure et demi de navigation et de découverte de la faune et de la flore de la région (sans explication), notre guide nous fait faire une halte au milieu du fleuve, sur un petit îlot de sable couvert de végétation. Nous en profitons pour nous baigner un peu (il fait vraiment chaud 🥵) tout en faisant attention de ne pas trop nous éloigner car le courant est assez fort. Apparemment, l’eau du Mékong est assez propre par ici et sans risque.
Durant cette pause, nous comprenons enfin ce que cette femme vendait sur le bord de la route: des krâlan. Ce mot désigne un petit snack consistant en un gâteau de riz, cuit dans un tube de bambou. C’est assez rigolo à ouvrir car il faut peler le bambou un peu comme une banane pour ensuite atteindre la pâte de riz gluant, accompagnée de haricots mungo et de chair de noix de coco râpée. Tout le monde se régale devant cette découverte culinaire.

Après cette pause fraîcheur bienvenue, nous poursuivons notre descente du cours d’eau. La prochaine étape est le passage à travers une forêt inondée. Nous nous retrouvons à naviguer entre de gigantesques arbres qui se trouvent en plein milieu du fleuve. Même si nous aimons nous abandonner à la contemplation de ces géants, il nous faut faire attention de ne pas trop nous en approcher, par peur de nous retrouver coincés par le courant contre leurs impressionnantes racines.

Enfin, nous arrivons à la fin de notre périple aquatique. C’est là, à une quinzaine de kilomètres au nord de de la ville de Kratie que nous allons essayer d’apercevoir les dauphins de l’Irrawady. D’une taille d’environ 2m30 à l’âge adulte et d’un poids approximatif de 130kg, ces cétacés sont de couleur bleu-grise et ils sont très discrets. Vu leur nombre restreint, nous espérons vraiment avoir la chance d’en apercevoir, mais nous préparons les filles au risque que nous restions bredouilles. Notre guide nous explique que nous devons essayer de rester le plus tranquille possible, de ne pas parler fort et, surtout, d’avancer doucement avec nos pagaies, afin de ne pas les effrayer.
Très rapidement, nous observons quelques dos qui sortent de l’eau. Il nous semble qu’il y ait plusieurs individus mais c’est très difficile de réussir à nous approcher d’eux. Entre leurs déplacements et la dérive de nos kayaks en raison du courant, nous les voyons souvent sortir trop tard car nous ne regardons pas au bon endroit. Malgré la difficulté de bien les voir, nous ne leur « courrons » pas après car nous souhaitons justement ne pas trop les déranger. C’est un moment magique et excitant de les observer, en plein milieu du Mékong. Après une bonne heure de recherche, notre guide nous fait signe qu’il est l’heure de sortir et de rejoindre la terre ferme. Comme le tourisme n’a pas vraiment encore repris, nous avons eu la chance d’être les seuls sur le Mékong durant cette sortie, sans avoir à côtoyer les bateaux à moteur.

Voici une photo prise sur internet, afin que vous puissiez voir à quoi ressemblent les dauphins de l’Irrawaddy:

@wwf.fr

De retour sur la berge, nous découvrons la légende qui entoure l’apparition de ce bel animal:

Selon le mythe populaire, une jeune fille pauvre souhaite épouser un homme et elle prie pour cela. Un python arrive chez elle et il s’avère que ce python est en fait un prince divin. Tout le monde au village entend parler de cette histoire et le père d’une autre jeune fille décide d’aller chercher un python dans la forêt afin de la marier à cet animal. Il pense en effet que celui-ci se changera également en prince et qu’ils deviendront riches. Malheureusement, ce serpent n’est qu’un vulgaire python et il dévore la jeune fille. Par chance, son père et sa mère entendent les appels à l’aide de leur fille et ils la sortent du ventre du python. Souillée par le sang et les entrailles du serpent et honteuse de ce qui vient de lui arriver, la jeune femme se jète dans le Mékong pour y mourir. Mais à peine son corps entre-t-il en contact avec l’eau qu’elle se transforme en dauphin. Depuis ce jour, des dauphins vivent dans le Mékong.

A la fin de la sortie, nous dînons dans un restaurant tout simple sur la terre ferme avant de reprendre la barque pour rejoindre l’île de Koh Trong en milieu d’après-midi Une fois chez Virek, nous en profitons pour nous reposer un peu, lire, avancer le blog, faire un peu d’école et, bien sûr, jouer avec Ficelle 🐱.

Voici maintenant venu le moment de cuisiner le repas. Nous aidons à nouveau Virek dans sa préparation, même si nous lui laissons le soin de s’occuper du poulet… 🐓 Eh oui, ce soir il y a du poulet au menu et les filles, et nous-mêmes, voyons comment un poulet passe de la basse-cour à nos assiettes… 😱 (au moins ce sera un poulet très local, ayant vécu en plein air 🤪).

Après un nouveau moment de partage et d’échanges très intéressants avec notre hôte, il est temps de rejoindre nos lits. Nous devons en effet nous lever tôt demain matin, notre bus étant programmé à 9h à Kratie.


Pfiouuuu… Difficile ce réveil… Nous avons eu un violent orage au milieu de la nuit qui a réveillé toute la famille. C’est surtout Estelle qui en a fait les frais, elle qui n’est plus du tout confiante lorsque le tonnerre gronde et que la tempête fait rage. Encore plus depuis notre mauvaise expérience à Torotoro en Bolivie ⚡️. Enfin bon, pas le temps de nous plaindre, nous ne pouvons pas nous permettre de rater le bus, ils ne sont pas nombreux. Le temps de faire nos adieux à Virek et de le remercier pour ces deux superbes journées en sa compagnie, nous reprenons le petit bateau pour traverser le fleuve et rejoindre la ville de Kratie.

Nous déjeunons rapidement au restaurant du port puis nous arrivons à la compagnie de bus pour apprendre que notre moyen de transport aura un peu de retard. Les minutes passent et, à force de persuasion, Philippe obtient l’information que le retard va se monter à au moins deux heures… Du coup, nous laissons nos sacs et notre numéro de natel au personnel, puis nous partons chercher un lieu agréable pour compléter notre petit-déjeuner et patienter. Nous retournons au 90 Degrees, car il y fera frais!

Après quelques parties de cartes et de yatzee, nous revenons au terminal de bus pour apprendre qu’il va encore falloir patienter une trentaine de minutes. Nous commençons sérieusement à nous demander si nous allons réussir à partir aujourd’hui. Mais voilà que notre véhicule arrive finalement 🥳. Nous récupérons nos affaires, nous chargeons le tout et nous montons dans le van 🚌 qui part sans tarder, afin de ne pas rajouter encore du retard à son horaire!
Tout se passe bien jusqu’à ce que nous arrivions à l’approche de la capitale. Là, nous nous retrouvons bloqués dans d’interminables bouchons qui n’avancent pas (ou plutôt trop peu à notre goût…). Mais ce n’est pas tout, le mini-van commence à pécloter et il finit par s’arrêter en plein milieu de la route. Le chauffeur tente par tous les moyens de relancer le moteur, mais c’est peine perdue. Nous prenons notre mal en patience, les filles ne s’en plaignent pas trop car nous les autorisons à enchaîner les films sur l’ordinateur 😜 ! Le chauffeur ouvre assez vite la grande porte latérale afin que nous ne mourrions pas de chaud. Par contre, nous nous prenons toute la pollution du bouchon…😝. Après une bonne heure d’attente et d’essais infructueux, un autre transport de la compagnie qui passait par là nous remorque sur quelques dizaines de mètres afin de nous parquer sur le côté de la route. A nouveau l’attente se prolonge et ce n’est qu’une heure plus tard qu’un nouveau mini-van arrive et que nous pouvons y transférer nos affaires et monter à bord.
Au lieu d’une arrivée en début d’après-midi à Phnom Penh, c’est à la nuit tombante que nous finissons par rejoindre notre hôtel. Heureusement que nous n’avions pas prévu de visite aujourd’hui !

Le bidon à l’air est aussi à la mode ici 🤪😅.

Après cet épique trajet, nous rejoignons vite les bras de Morphée avant les dernières journées qui nous attendent au Cambodge.


A bientôt pour la clôture de nos aventures khmères!
Philippe et Gabrielle

Phnom Penh 3

4. L’Asie – Cambodge

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11.05 au 13.05.2022

Cet énième retour sur Phnom Penh nous permet à nouveau de fêter un anniversaire: les 9 ans d’Estelle 🥳 ! Après un voyage sans encombres et une nuit très basique à l’ancienne auberge de jeunesse, nous inaugurons les festivités avec un retour au restaurant de l’association Pour un Sourire d’Enfant pour le dîner. Nous avons laissé le choix des activités à la jubilaire et elle a émis le souhait de revenir manger dans ce super restaurant. Tout le staff est encore une fois aux petits soins et chante même Happy birthday en apportant le dessert surmonté d’une petite bougie. 😍

Pour la suite des réjouissances, Estelle choisit de se rendre au Chhma Catfé. Vous ne savez pas ce que c’est? Il s’agit d’un café dans lequel vous pouvez prendre un petit rafraichissement ou un goûter, tout en étant entouré de nombreux chats 🐱. Philippe n’est pas extrêmement emballé mais bon… que ne ferait-on pas pour l’anniversaire de sa fille! 🤪
Pour commencer, nous devons enfiler des chaussettes neuves (question d’hygiène) aux jolis motifs de chat. Puis, une fois les consignes données par les employés, nous entrons dans la pièce où nous attendent un douzaine de félins. Enfin, quand nous disons qu’ils nous attendent… ils continuent de vivre leur vie et nous ignorent plutôt. Il y a là différentes races de chats et chacun de nous va rapidement avoir sa préférence. La pièce est lumineuse, très propre et remplie de jeux, d’arbres à chat et autres.

Les animaux déambulent à leur guise dans l’espace et peuvent décider de quitter le lieu pour aller se reposer au calme dans une pièce adjacente, si le besoin s’en fait ressentir 🐈. Les chats semblent être en bonne santé et très relax. Nombreux sont ceux qui passent leur temps couchés à dormir. Nous voyons qu’ils sont bien traités et les employés passent souvent pour s’en occuper (les brosser ou jouer avec eux). Nous achetons de quoi les nourrir et les filles adorent s’approcher de chacun d’eux pour leur donner la pâtée à la cuillère, tout en faisant très attention à ce que tous obtiennent une part égale et qu’aucun ne soit oublié. Cette visite renforce encore la volonté des femmes Bernhard à prendre un chat une fois de retour à Genève. Il faut savoir que cela fait depuis plusieurs années qu’Estelle et Marine nous réclament d’avoir un animal domestique. Nous avons fini par accepter (après des mois de harcèlement pour que Philippe craque… 😂), mais seulement une fois de retour de notre tour du monde. Nous avons déjà gagné une année supplémentaire grâce au Covid vu que nous avons dû repousser le voyage d’un an 😜.
Nous ne sommes pas les seuls à venir profiter du Catfé. En effet, quelques jeunes gens nous y rejoignent et profitent de ce moment soit pour jouer avec les chats et les caresser, soit pour travailler, étudier ou encore lire tranquillement.

Après un peu plus de deux heures à profiter du lieu en compagnie des chats, nous finissons par quitter le Catfé et nous nous rendons à notre hôtel. Nous avons réservé pour cette nuit un joli hébergement avec piscine. Nous optons pour un autre hôtel que celui de la dernière fois car nous avions été déçus du petit-déjeuner. Nous espérons que cette fois ça sera mieux…
Le cadre des lieux est très sympa, les chambres sont confortables et nous nous dépêchons de partir à la piscine afin de nous rafraîchir. Pour le souper, personne n’a envie de ressortir en ville donc nous décidons de profiter du restaurant de l’hôtel. C’est bon et simple et c’est le ventre bien rempli que nous rejoignons nos lits après une belle journée d’anniversaire.


Nous nous réveillons avec un grand espoir que le petit-déjeuner vanté par les clients sur Booking soit au rendez-vous… Cette fois-ci nos voeux sont exaucés! Il s’agit d’un vrai buffet petit-déjeuner, copieusement garni et tout le monde se régale 😋.

Ayant encore un peu de temps devant nous, nous profitons une dernière fois de la piscine puis nous partons pour le terminal de bus. Un long voyage nous attend pour rejoindre notre prochaine destination.

A très bientôt pour la découverte d’une nouvelle région du Cambodge.
Philippe et Gabrielle

Battambang

4. L’Asie – Cambodge

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09.05 au 11.05

Aujourd’hui, nous quittons Siem Reap et les temples d’Angkor pour nous rendre à Battambang (nous n’avons pas besoin de repasser par Phnom Penh cette fois 🥳 ). Le trajet se passe sans encombre et nous prenons possession de notre chambre dans un grand hôtel quasiment vide (de clients et de mobilier 🙃). Nous avons cette fois la chance d’avoir deux chambres, grandes et agréables. Il faut en profiter car c’est rare. La plupart du temps nous essayons de trouver une grande chambre familiale, ce qui permet de diminuer les frais… Le seul point négatif, c’est que nous n’avons ni climatisation, ni ventilateur et qu’il fait chaud, très chaud 🥵. Etant donné que nous ne restons pas longtemps dans cette cité, nous n’avons pas cherché de logement avec piscine (et bien sûr il fait beau et chaud 🤪). Nous sommes en plein coeur de la ville, il y a donc peu de fraîcheur et d’air.
Arrivant dans l’après-midi, nous préparons la journée de visite du lendemain et nous faisons un peu d’école. Le bon côté de voyager en période de Covid et hors des vacances scolaires, c’est que nous pouvons généralement organiser nos journées de visite dans un délai très court. Pour demain, nous trouvons un guide avec son rickshaw et nous nous mettons d’accord sur ce que nous voulons visiter. Il s’avère que la personne que nous contactons a son QG à la réception de notre hôtel, drôle de coïncidence!

Pour terminer la journée, nous trouvons un très joli et délicieux restaurant, le Lonely Tree Café, avec au rez-de-chaussée une boutique d’artisanat. Ces deux entités appartiennent à une fondation qui vient en aide à des personnes en situation de handicap ou en situation précaire. Les produits vendus au magasin sont majoritairement fabriqués par des gens soutenus par la fondation et le staff du restaurant en inclut également.
Une fois de retour dans notre logement, nous nous dépêchons de retrouver nos lits afin de passer une bonne nuit de sommeil et d’être en forme pour une longue et chaude journée de visite qui nous attend.


C’est reposés que nous retrouvons notre guide pour la journée, M. Panha, un homme jovial, toujours en train de sourire et qui semble être une boule d’énergie ne s’épuisant jamais. Ne parlant pas français, nous devons traduire ses propos aux filles, mais sa bonne humeur communicative lui permet d’avoir rapidement un bon contact avec elles.
Pour commencer, nous faisons un petit tour en ville et il nous amène devant le symbole de Battambang, la statue géante de Ta Dumbong, trônant au milieu d’un rond-point.

Voici la légende entourant ce personnage:
Un jour qu’il se promenait dans la forêt, Ta Dumbong trouva un bâton magique noir. Il utilisa celui-ci pour détrôner le roi et ses fils qui, battus, se réfugièrent dans la forêt et devinrent moines. Mais, malgré son pouvoir, l’usurpateur était rongé par la peur. Une nuit, il rêva qu’un saint homme viendrait sur un cheval blanc et qu’il le renverserait. Il décida donc de faire tuer tous les hommes saints et les chevaux blancs de son royaume. Le roi déchu, étant devenu moine, fut également convoqué par son successeur. Au moment de son départ, il reçut d’un ermite un cheval blanc pour se rendre au palais. Ce cheval avait la particularité de pouvoir voler et il s’envola donc vers le roi. Le voyant s’approcher, celui-ci comprit que son rêve était en train de se réaliser et il essaya de vaincre son ennemi en lui lançant son bâton magique. Mais il rata sa cible et le bâton disparut. Ta Dumbong, ayant perdu son arme et son pouvoir, s’enfuit et on ne le revit jamais, de même que le bâton magique qui resta introuvable. Aujourd’hui, il est à l’origine du nom de la ville puisque Battambang se traduit par « perdre le bâton ».

De nos jours, la statue est un lieu saint où de nombreux Cambodgiens se rendent et fond des offrandes afin d’obtenir une guérison ou pour faire un voeu. Nous y retrouvons des aliments (bananes, fruits, porc entier, poulet), des fleurs (lotus, jasmin) et de l’encens.

Notre guide continue ensuite le tour de la ville en nous montrant quelques bâtiments datant de l’époque coloniale et en nous expliquant les dessous de la politique cambodgienne, entre monarchie, bipartisme, clientélisme et corruption… Tout un programme! 😡

Après une trentaine de minutes de rickshaw dans la campagne, nous arrivons à un pont en bois suspendu, le Plov Thmey Bridge, construit il y a environ 50 ans. Nous le traversons à pied, malgré une certaine appréhension en voyant que les scooters ne ralentissent que très peu malgré notre présence et l’étroitesse du pont 😅.

Nous visitons ensuite le temple qui se situe en face du pont, le Kampong Pil Pagoda. Petit problème, Gabrielle a oublié les rallonges de son short/pantalon et elle doit avoir les jambes couvertes pour le visiter 🤦🏼‍♀️. Après quelques instants de réflexion, elle met le pull de Philippe comme jupe avec les manches comme attaches… bref, pas très pratique mais ça le fait 🙃 ! Le temple est joli et nous déambulons autour des nombreux bâtiments. La particularité de ce lieu saint est qu’il a deux influences: chinoise et khmère. Par exemple, nous pouvons voir deux statues de Bouddha côte à côte, une représentant Bouddha à la façon chinoise (bien joufflu) et l’autre à la façon locale (mince). Nous découvrons également des tombes chinoises, alors qu’habituellement les personnes ne sont pas enterrées au Cambodge, mais incinérées. Nous constatons donc que le bouddhisme chinois et le bouddhisme de l’Asie du sud-est diffèrent sur plusieurs points.

Durant nos visites, nous avons pu remarquer que les doigts des statues de Bouddha peuvent être positionnés de différentes manières: le pouce touche parfois l’index, parfois l’annulaire, etc. M. Panha nous explique qu’en fait ces configurations ont chacune leur signification:
Le pouce sur le petit doigt indique la renaissance,
le pouce sur l’annulaire: la vieillesse,
le pouce sur le majeur: la maladie,
le pouce sur l’index: la mort.

En chemin, notre guide nous explique avoir été moine pendant quelques années car il vient d’une famille traditionnelle et que tout homme est sensé le faire. Un peu comme un rite de passage.

Après cette visite, nous partons découvrir quelques temples, qui se trouvent tout proche du point culminant de notre journée, la grotte aux chauves-souris. Mais avant de découvrir les stars du show, nous nous arrêtons aux abords de grands arbres et nous nous apercevons rapidement qu’ils sont habités par des dizaines de roussettes 🦇 ! Ces chauves-souris géantes sont frugivores et insectivores et elles seraient environ 1800 dans ce village. La journée, elles se reposent dans les arbres et elles partent chasser la nuit. Les ailes ouvertes, ces chauves-souris peuvent mesurer jusqu’à 1m70 et peser près d’un kilo et demi. De vrais mastodontes comparé à la plupart de ces mammifères volants qui ne pèsent pas plus de 50 grammes! Nous sommes à bonne distance des arbres, mais c’est quand même impressionnant (voir la vidéo un peu plus loin)!

Le prochain arrêt est le temple de Phnom Banan, un des temples les mieux préservés de la province de Battambang. Il s’agit des ruines d’un lieu saint construit au XIe siècle, contemporain des temples que nous avons pu visiter à Angkor. Si le site est intéressant, il n’arrive cependant pas à la cheville de ceux que nous avons visités il y a peu… L’accès à ce temple se mérite car nous devons monter les 358 marches 😅 d’un escalier bordé de nagas (le serpent bouddhique). Au sommet nous attendent cinq tours dont certaines ne nous inspirent pas une grande confiance. Elles nous semblent être proches de s’effondrer et nous restons donc à bonne distance!

Après une pause repas au pied de l’escalier, nous partons pour la colline de Phnom Sampov où se trouvent plusieurs temples et la « killing cave », une grotte tristement célèbre durant la période des Khmers rouges. On y a retrouvé plus de 10’000 corps car ces derniers jetaient du sommet leurs victimes, qui mourraient sur le coup ou, si malheureusement elles survivaient à leur chute, elles y mourraient de faim et de soif… Les temples aux alentours leur servaient à l’époque de prison. Sur le site, nous découvrons également un mémorial avec les crânes et ossements retrouvés dans la grotte. Nous expliquons ce qui s’y est passé aux filles de manière simple et à hauteur d’enfant et nous les sentons une fois de plus bouleversées par les atrocités commises.

La ballade dans la forêt d’un lieu saint à l’autre est très jolie et agréable, mais arrivés au lieu principal des temples, beaucoup de singes déambulent sur le site. En effet, ils se nourrissent des offrandes déposées par les visiteurs qui viennent y faire un pèlerinage. Nous ne sommes vraiment pas rassurés, étant à peu près les seuls touristes avec quelques locaux qui habitent là. Gabrielle se rend seule à la Pkar Slar cave, en contrebas, car nous pouvons voir plusieurs gros singes le long des escaliers qui y descendent. Les filles ne veulent pas s’en approcher et Philippe se « dévoue » pour rester avec elles 😉. Ce temple se trouve dans une grotte et un étroit passage conduit à une petite salle basse de plafond avec la traditionnelle statue de Bouddha, entourée d’offrandes. Heureusement, il n’y a pas de singe dans cette grotte car elle n’est vraiment pas grande et Gabrielle s’y retrouve seule! Le chemin d’accès étant très étroit, il serait difficile de se croiser 😱. Malheureusement, les alentours de la grotte sont parsemés de déchets de tout genre, c’est choquant ☹️ !

Après la découverte de ces lieux, nous reprenons notre ascension pour arriver au sommet de la colline où se dresse le très beau temple de Phnom Sampov, avec une magnifique vue sur la plaine environnante. C’était sans compter sur une troupe de singes qui se trouvent sur le bord du chemin… Impossible de passer car dès que nous faisons un pas, ils se rapprochent de nous en montrant les dents 🐵 . Nous ne sommes vraiment pas rassurés et les filles nous implorent de rebrousser chemin. Heureusement, un jeune garçon nous voit en mauvaise posture et il vient à notre rescousse avec des cailloux et un très gros bâton pour les disperser. Nous voyons qu’il a l’habitude et que ces primates ne l’effraient pas!
C’est moyennement sereins que nous terminons la montée jusqu’au sommet 😬.

La présence de ces singes ne nous permet pas de profiter dans les meilleures conditions de cette visite mais elle nous permet de faire une jolie photo en mode King Kong.

Alors? Vous l’avez repéré le King Kong local en train d’escalader la version khmère de l’Empire state building?

Echaudés par notre rencontre avec les singes, nous redescendons rapidement de la colline, sur le qui-vive pendant la demi-heure de descente!
En bas, nous retrouvons M. Panha, qui nous attend dans un petit café avec tout un groupe d’amis dont le propriétaire des lieux. Comme il reste pas mal de temps avant que le « spectacle » des chauves-souris ne commence, il nous propose de nous installer et de prendre une boisson. Afin de faire passer le temps, nous leur proposons de jouer aux cartes 🂱 avec nous (même si seul notre guide parle anglais, nous arrivons tant bien que mal à jouer), puis les filles leur montrent un tour de magie et eux aussi. C’est un moment d’échange très sympa! Quelques singes apparaissant, nous leur racontons nos mésaventures au sommet de la colline et ils nous montrent que, pour les faire fuir, ils les menacent avec une fronde. Pas besoin de mettre un caillou dedans, les singes filent dès qu’ils aperçoivent l’objet, l’ayant probablement déjà subi une fois ou l’autre…

Sur un des flancs de la colline qui nous fait face, trois sculptures sont en cours d’élaboration. Elles représentent les trois étapes de la vie du Bouddha (de droite à gauche): son enfance, sa vie et son atteinte du Nirvana.

Les filles sont impatientes de voir le ballet des chauves-souris qui va avoir lieu vers 18h 🦇. Celles que nous allons voir sont petites et elles vivent dans des grottes. Ce n’est donc pas la même espèce que les roussettes vues ce matin dans les arbres. Vers 17h30, nous nous rapprochons de la grotte et nous pouvons voir que les locaux commencent à préparer des petits stands de nourriture, dont une spécialité de la région: des escargots avec une sauce très piquante 🐌 ! Nous faisons toutefois l’impasse sur cette découverte culinaire 😝 ! Les filles sont certaines que les chauves-souris vont sortir à 18h pile comme nous l’a dit M. Panha. Bien sûr, elles ont du retard, mais le spectacle en vaut la peine. Au début, les chauves-souris ne sortent que par dizaines mais, rapidement, ce sont des centaines de spécimens qui sortent à la fois, créant une onde de chiroptères qui serpente dans le ciel. Ceux-ci sont estimés à plusieurs millions d’individus et il peut s’écouler plus d’une heure jusqu’à ce que toutes les chauves-souris soient sorties. La raison de leur envol est qu’elles partent dans les campagnes environnantes pour se nourrir d’insectes puis, une fois rassasiées, elles rejoignent leur caverne. Malheureusement la pluie s’invite au spectacle et nous n’avons pas la chance de pouvoir profiter du show sur fond de coucher de soleil. Mais comme il fait chaud, cela n’est pas dérangeant et surtout cela n’empêche pas les animaux de continuer leur ballet ininterrompu.

Après ce beau spectacle, nous rentrons en ville. Nous retournons souper au Lonely Tree Café, car c’était très bon et assez proche de notre logement. Le retour est plutôt animé, M. Panha nous prêtant son petit haut-parleur… 🤣


Ce matin, nous partons visiter l’école du cirque Phare, la Phare Ponleu Selpak, où ont étudié les artistes que nous avons vus il y a quelques jours à Siem Reap.
Comme il est tôt, nous apercevons quelques moines bouddhistes qui font l’aumône avec leurs marmites, rituel de leur vie monastique.

Arrivés à l’école, un guide nous fait visiter le campus. Ce lieu est à la fois une école publique classique pour les enfants du quartier et une école des arts circassiens. Environ 1200 enfants y sont scolarisés et ceux qui n’ont pas beaucoup de moyens peuvent y manger un repas complet.

Phare Ponleu Selpak – “La Lumière des Arts” en Khmer – est une association cambodgienne à but non lucratif. A travers des programmes éducationnels, artistiques, sociaux et d’engagements communautaires, elle apporte son soutien aux enfants, jeunes adultes, ainsi qu’à l’ensemble des communautés alentours.
La «Lumière des Arts» a pris racine dans les années 1980 dans un camp de réfugiés à la frontière thaïlandaise, après que le régime des Khmer rouges ait dévasté le Cambodge. Là, l’humanitaire française Véronique Decrop a commencé à développer une forme d’art-thérapie pour les enfants réfugiés, avec des cours de dessin et de peinture. Après la fermeture du camp des années plus tard, Véronique et 9 de ses élèves les plus passionnés ont décidé de fonder une école de dessin dans leur ville natale, Battambang, pour aider à leur tour les jeunes marginalisés de la région.

En passant d’un bâtiment à l’autre, nous admirons de nombreuses fresques sur les murs. Notre guide nous apprend qu’elles ont été faites lors d’un festival international d’artistes en 2018. D’ailleurs, fin mai aura lieu ici un festival du cirque international, mais nous aurons malheureusement déjà quitté le Cambodge.

Comme ce n’est pas une période de vacances, les enfants sont présents et nous avons la chance de pouvoir apercevoir quelques élèves en entraînement. Les cours de danse abordent les danses traditionnelles, mais aussi la danse classique et moderne. Les élèves du cirque peuvent étudier ici jusqu’à l’âge de 30 ans! Ils entrent dans le cursus circassien vers l’âge de 6 ans au plus tôt et ce n’est qu’après 10 à 12 ans d’études qu’ils sortent diplômés de l’école et qu’ils peuvent devenir professionnels.
Nous découvrons avec beaucoup de plaisir les différents arts enseignés ici, dont la musique, les arts visuels, les acrobaties, etc.

Nous terminons notre visite par une exposition des travaux de fin d’année de certains élèves de l’école. Il s’agissait pour eux de créer quelque chose autour de l’écologie, de la conception au packaging, en passant par un logo. C’est impressionnant de créativité et de professionnalisme.

La visite terminée, il est temps pour nous de récupérer nos sacs pour nous rendre à la gare routière et prendre notre bus pour… Phnom Penh 🥳 🤪! Eh oui, nous devons à nouveau passer par la capitale pour rejoindre notre prochaine destination mais nous allons aussi en profiter pour fêter un heureux événement!

A tout bientôt pour vous relater la suite de notre séjour au Cambodge!
Philippe et Gabrielle

Siem Reap: suite et fin

4. L’Asie – Cambodge

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

03.05 au 09.05.2022

Ce matin, nous avons mis le réveil à 4:00 pour aller voir le lever du soleil sur Angkor… mais il pleut à verse 😮. Après quelques tergiversations, nous décidons d’annuler la venue de notre chauffeur et de nous recoucher, en espérant pouvoir le faire demain matin.

Après deux journées intenses de visite, le programme d’aujourd’hui est bien plus léger et tranquille, d’autant plus que la sortie au lever du soleil a été annulée. Nous profitons de faire la grasse matinée et de prendre notre petit déjeuner à l’hôtel, sans nous stresser. Une fois cela fait, nous nous mettons au travail scolaire. Cela fait quelques jours que nous n’avons plus avancé donc il est temps de s’y remettre. Bon, pas trop longtemps, faut pas pousser non plus 😜. Une ou deux fiches de français et de math plus tard et un peu de blog, il est déjà l’heure de se mettre à la recherche d’un endroit pour manger.
Nous trouvons un petit restaurant-bar, le Wat Else Café (admirez le jeu de mot 😉 ), pas très éloigné de chez nous, qui propose des Ban-Mi, sandwiches vietnamiens qui, paraît-il, sont délicieux. Et pour ne rien gâcher, l’endroit est tenu par un français qui met à disposition toute une série de jeux de société. Parfait pour y passer une partie de l’après-midi! Notre choix se porte sur les Aventuriers du rail et nous passons un très bon moment à jouer tous ensemble.

Nous rentrons à l’hôtel et comme il fait très chaud, nous décidons de profiter de lézarder un peu au bord de la piscine pour lire et nous rafraîchir à intervalles réguliers. C’est bien agréable et calme… Enfin, pas pour longtemps, les filles n’arrêtant pas de sauter un peu partout… 🤪. Heureusement, nous sommes les seuls au bord de la piscine!

Pour le souper puis la soirée, nous nous rendons au cirque Phare. Il s’agit d’une entreprise sociale liée à l’école Phare Selpak de Battambang qui procure une éducation gratuite et une formation artistique dans différents domaines, dont la musique, la danse, les arts circassiens et la peinture. Cette école accueille plus de 1’200 jeunes en situation difficile. Tous les artistes que nous verrons lors de la représentation de ce soir sortent de l’école où il y ont obtenu leur diplôme.
Plusieurs amis nous en ont parlé et ils nous ont tous dit que c’était une superbe expérience. Nous nous réjouissons beaucoup d’y assister. Mais avant le spectacle, c’est l’heure du repas. Plusieurs stands sont à disposition afin de ravir nos papilles et tout est de très bonne qualité, de même que la décoration des lieux. En même temps que nous mangeons, des artistes se baladent entre les tables et ils proposent de petits numéros comiques ou de jonglage. C’est une bonne mise en bouche!

Avant d’entrer dans le chapiteau pour voir le spectacle, nous avons encore une démonstration de danses traditionnelles, proposée par des enfants de l’association. Ils ne sont âgés que d’une dizaine d’années mais ils font preuve d’une grande maîtrise.

C’est maintenant le moment de pénétrer dans le chapiteau. Celui-ci peut accueillir environ 200 personnes et ce sont majoritairement des touristes comme nous qui viennent assister aux représentations. Ce soir, les rangées sont toutefois un peu vides car, comme mentionné dans un article précédent, les touristes sont encore rares. Le spectacle, intitulé White Gold, s’articule autour de performances artistiques de peintures, de danses, d’acrobaties et de jonglage, toujours accompagnées de musique.
Le sujet principal est le riz, sa culture et l’amour, le tout accompagné d’une légère et subtile touche d’humour. Les différents tableaux sont magnifiques et très créatifs. Toute la famille se régale des performances des acteurs du spectacle et nous ne voyons pas le temps passer.

C’est les yeux encore remplis des prouesses de tous ces artistes que nous rejoignons nos lits avant une nouvelle journée bien remplie.


Il est à nouveau 4:00 du matin quand nos réveils sonnent, mais seuls Philippe et Gabrielle se lèvent pour guetter la météo et voir si la sortie au lever du soleil en vaut la peine. Eh non, la pluie est à nouveau au rendez-vous! C’est rageant car il fait grand beau et chaud la journée 😩 ! Nous retournons donc nous coucher… pour le plus grand plaisir des filles 🤪 !

Pour aujourd’hui, nous décidons de faire à nouveau appel à M. Set, notre guide anglophone, afin de profiter une dernière fois des temples d’Angkor. Au menu, le temple de Banteay Srei, la visite d’un musée des mines anti-personnelles et enfin le coucher de soleil (à défaut du lever…) depuis le temple Phnom Bakheng.
Etant donné que nous visons le coucher du soleil 🌅 , le départ ne se fait pas aux aurores et nous avons à nouveau le temps de bien déjeuner et de faire un peu d’école avant que notre guide ne vienne nous chercher aux alentours de midi.

Le premier arrêt se fait au temple de Banteay Srei (la citadelle des femmes), temple dédié à la divinité hindoue Shiva, qui se situe à 20km au nord d’Angkor. Construit en grès rose au Xe siècle, sous le règne du roi Jayavarman V, il est décoré d’innombrables bas reliefs et colonnes sculptées. Nous passons plus d’une heure à déambuler dans les ruines en essayant de reconnaître les différents personnages de la mythologie hindoue représentés sur les murs.
Pour l’anecdote, il s’agit du temple où André Malraux a volé quelques statues et morceaux de monuments afin de les revendre (le tout pesait quand même une tonne environ… 😮). Se faisant arrêter à Phnom Penh, il est accusé de pillage archéologique puis condamné à trois ans de prison…
A noter que le site, ayant souffert de ruissellement, pillage et vandalisme, a été restauré au début des années 2000 par une équipe suisse, formée de Genevois et de Lausannois.

Une fois la visite terminée, nous remontons dans le rickshaw de notre guide et nous nous arrêtons au musée des mines anti-personnelles. Ce musée a été fondé par Aki Ra, un Cambodgien dont l’histoire de vie est très difficile. Il perd ses parents très tôt, tués par les Khmers rouge. Il est ensuite enrôlé à l’âge de 5 ans comme enfant soldat par ces derniers, mais après l’arrivée des Vietnamiens et la défaite de Pol-Pot et de ses comparses, il rejoint l’armée cambodgienne avec laquelle il pose de nombreuses mines anti-personnelles dans le pays. A 20 ans, au début des années nonante, il décide d’entamer une nouvelle vie et de la consacrer à enlever les mines qu’il avait lui même déposées. Avec des moyens rudimentaires, il estime avoir enlevé et détruit environ 50’000 mines anti-personnelles jusqu’à aujourd’hui.
Ayant gardé les mines désamorcées et détruites ainsi que les différents engins explosifs retrouvés pendant ses années de démineur, il décide d’ouvrir un musée présentant son travail et les dangers de ces armes redoutables. En parallèle, sa femme et lui recueillent jusqu’en 2018 des enfants victimes des mines ou orphelins suite à des accidents impliquant des engins explosifs. Les revenus du musée l’aident à leur offrir un toit, de quoi se nourrir et payer les frais de leur scolarité. Une partie du prix d’entrée sert également à financer un programme de déminage et de désactivation des mines.

C’est une visite qui nous marque tous beaucoup et les filles se rendent compte de l’horreur de ces mines anti-personnelles qui peuvent toucher indistinctement hommes, femmes et enfants dans leur vie quotidienne. Estelle a peur de tous ces objets de mort et elle préfère sortir rapidement du musée avec Gabrielle. Avec 4 à 6 millions d’engins explosifs laissés après la guerre, le travail est long et difficile mais le Cambodge a l’objectif d’être un pays exempt de mines à l’horizon 2025.

Pour terminer sur une note un peu plus légère et joyeuse, nous nous dirigeons aux alentours de 17h vers le temple de Phnom Bakheng afin de profiter du coucher du soleil sur le site d’Angkor.

Ce temple n’est pas un des plus impressionnant mais nous pouvons grimper à son sommet et, surtout, il reste ouvert plus tard que les autres. Du coup, nous ne sommes pas les seuls touristes à nous y rendre… 🙃 C’est assez rigolo car tout au long de notre visite des temples d’Ankgor, nous rencontrons à de multiples reprises des Cambodgiens en habits traditionnels qui viennent prendre des photos ou des familles entières vêtues du même tissu. Il s’agit de quelque chose que nous avions déjà pu observer en Thaïlande sur certains sites tels qu’Ayuthaya.
Nous admirons aussi quelques moines qui viennent visiter les lieux en touristes et qui apportent la belle couleur orangée de leur robe sur les différents sites religieux.

Malheureusement le soleil n’est définitivement pas de notre côté… 😢 Le ciel ne prend pas de magnifiques teintes et, même si la vue est belle, le coucher de soleil se révèle plutôt décevant… Nous souhaitons rester jusqu’aux derniers instants, mais cela n’est pas du goût du gardien du site qui nous presse à plusieurs reprises de quitter les lieux 🤪. Nous filoutons un peu et nous sommes parmi les derniers à redescendre. La nuit finit par nous rattraper sur le sentier pour rejoindre notre guide.

M. Set nous ramène à l’hôtel et nous prenons définitivement congé de lui. Nous avons une fois de plus passé une très agréable journée en sa compagnie. Toujours souriant, attentif et aux petits soins avec nous, nous ne pouvons que vous le conseiller si à l’avenir vous avez la chance de venir visiter les temples d’Angkor. D’ici là, il aura peut-être appris le français! 😜


Nous devions initialement repartir de Siem Reap aujourd’hui pour poursuivre notre voyage, mais le rythme ayant été soutenu ces derniers jours, tout le monde ressent le besoin de se poser un peu. Nous prolongeons donc notre séjour d’une nuit chez Erwan et nous adoptons un programme léger pour cette journée. Réveil tardif (nous avons définitivement abandonné l’idée d’assister au lever du soleil et, bien entendu, cette fois-ci il ne pleut pas… 🤦🏼‍♀️🤦🏼‍♂️), petit déjeuner tranquille et école sont au menu pour cette matinée. Pendant que les filles travaillent, nous en profitons pour avancer un peu dans l’administratif et l’organisation de la suite du voyage.
Pour midi, nous retournons au Wat Else Café et nous faisons une nouvelle partie des Aventuriers du rail. Le ventre bien rempli, nous passons le reste de l’après-midi autour de la piscine de l’hôtel.
Pour notre dernière soirée à Siem Reap, nous nous rendons au centre ville et nous testons le fish pédicure… Passée l’appréhension de plonger nos pieds dans des aquariums remplis de tout petits poissons 🐟 qui nous tournent autour, nous passons un très bon moment. Ça chatouille énormément et nous rigolons bien! Gabrielle semble avoir une relation particulière avec tous ces petits poissons (pour ne pas dire que ses pieds ont beaucoup de peaux mortes… 🤦🏼‍♀️) car ils se rendent en masse autour des ses pieds, ce qui n’en laisse plus beaucoup pour Estelle et Philippe. Marine, elle, a décidé de ne pas tenter l’expérience 😉 !

Une fois notre pédicure terminée, nous continuons de nous promener dans la ville et nous déambulons sur les bords de la rivière où se tiennent de nombreux stands de nourriture. Ils sont tenus par des Cambodgiens et ils accueillent principalement des locaux. Ça nous fait toujours bien rire de voir ce mobilier de plastique très bas, qui semble sortir d’une dinette pour enfants… 😂

Une fois notre souper terminé, nous retournons dans la rue principale, artère touristique avec de nombreux bars et de la musique à pleins tubes, afin de prendre notre dessert. Nous avons repéré dans cette rue des glaciers qui utilisent une technique bien particulière comme vous pourrez le voir sur la vidéo ci-dessous. Malgré l’aberration écologique de devoir refroidir la plaque servant à créer la glace devant nos yeux, nous nous en régalons! 😋

Après cette sympathique dernière soirée à Siem Reap, nous retrouvons notre chambre et nous nous couchons, enthousiasmés à l’idée de repartir demain à la découverte de ce beau pays!

A très bientôt pour découvrir une nouvelle région du Cambodge.
Philippe et Gabrielle

Siem Reap: le petit circuit d’Angkor

4. L’Asie – Cambodge

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

03.05 au 09.05.2022

Ce matin, nous partons un peu plus tard qu’hier et, cette fois-ci, avec Mr. Sokun, un guide francophone. Nous avons choisi de prendre un guide que les filles pourront comprendre directement car nous allons voir LE temple d’Angkor: Angkor Wat. Bon, il faut dire que son fort accent n’est pas des plus simple à comprendre… nous devrons donc parfois répéter aux filles 🤪.

Aujourd’hui, nous allons effectuer le petit circuit, en rouge sur la carte.

Il fait grand beau en cette journée, donc il fait très très chaud ☀️ ! Nous entrons par la porte sud du parc, qui était la porte publique de l’époque. Il y avait 5 portes menant à ce complexe, une pour chaque point cardinal et une « porte de la victoire ». La porte nord était réservée aux moines, celle de l’est pour les morts et la porte de la victoire pour les militaires. Un rempart de 12 km relie ces 5 portes entre elles.
Le long du chemin menant à la porte sud, nous retrouvons à nouveau des statues de démons et de dieux représentant le mythe du barattage de lait. Il y a 54 statues de démons et 54 statues de dieux qui ont toutes été retrouvées par terre lorsque le site a été redécouvert en 1883 par M. Henri Mouhot, explorateur français. A nos yeux, il est difficile de différencier le côté des démons du côté des dieux… Mr Sokun nous explique alors que les démons ont des yeux globuleux, le nez épaté et un sourire énigmatique.
En haut de la porte, nous retrouvons à nouveau les 4 visages du roi fondateur. A l’origine, les têtes étaient ornées de serre-têtes plaqués d’or.

Les trous dans les pierres du mur ont été fait pour pouvoir les soulever avec des perches, comme l’ont fait les Incas en Amérique du Sud.

Une fois la porte passée, nous nous rendons au temple Bayon. C’est un temple réputé pour ses fresques, ornées de nombreux détails et bien conservées.
Ce temple date de la fin du XIIe siècle et il comportait 54 tours à quatre visages. Aujourd’hui, il n’en reste « que » 39 debout. Mr Sokun nous explique que les fresques ont été spécialement bien conservées car les murs ont été envahis par du lierre qui les a protégées des intempéries.
Après avoir franchi l’entrée, nous découvrons rapidement les gravures sur les murs. C’est impressionnant 🤩 ! Nous pouvons voir des déesses avec de nombreux bijoux, notamment des bracelets de chevilles et des diadèmes. Nous admirons également des danseuses apsaras, nymphes célestes d’une grande beauté, nées de la mer de lait.

Nous nous dirigeons ensuite vers une fresque d’environ 50m de long, extrêmement bien conservée. Au début de la paroi, nous pouvons voir des soldats en défilé de la victoire. Les habits, les cheveux et les visages sont différents selon selon leur origine. Les soldats khmers ont les cheveux courts et des lobes d’oreille allongés, tandis que les soldats chinois ont les yeux bridés, un chignon et une barbe. La relation étant bonne entre les deux pays, ils combattaient parfois côte à côte.
La fin du mur est moins bien conservée et il reste inachevé sur la partie supérieure.

Si vous voulez jouer à cherche et trouve, voici quelques détails à dénicher: une reine sur sa pirogue, une tortue 🐢 , une vendeuse endormie avec une personne qui vole dans son panier, une personne qui se fait mordre par un crocodile 🐊 , une autre qui se réfugie dans un arbre pourchassée par un chien 🐕 , un combat de sanglier et un combat de coq 🐓 (ces combats sont de nos jours illégaux, même s’ils se font encore).

C’est plein d’admiration que nous continuons la visite de ce temple.

Dans les dédales du temple, nous découvrons une magnifique statue très bien conservée! Elle a été cachée dans les fondations du bâtiment lorsque la cité a été envahie, ce qui a permis sa préservation. Cette statue date de la fin du XIIe siècle et elle serait l’originale, dont seule la tête est une copie car elle a été décapitée, comme beaucoup de statues de Bouddha.

En continuant la visite, nous découvrons d’autres gravures, dont deux cercles avec des perroquets 🦜 . Exactement le même design a été trouvé dans un temple du IXe siècle en Indonésie.

Le site est magnifique et nous ne nous lassons pas d’admirer les grandes tours aux visages sculptés. C’est impressionnant de les imaginer au temps de leur splendeur, lorsqu’elles étaient recouvertes d’or! La plus haute mesure 48m.

Nous remontons dans le rickshaw pour nous diriger vers un temple pyramidal, le Baphuon, dédié à Shiva. Il a été construit en 1060 par Udayadityavarman II et toute la mythologie hindoue y est gravée. Ce temple était à l’origine recouvert de bronze.

La fin de la matinée approche, alors nous nous dirigeons vers le Palais Royal avant de manger. Il s’étend sur une longueur de 600 mètres et des fouilles sont encore en cours.

Sur les murs, nous découvrons le serment du général, écrit en khmer ancien, qui était récité devant le palais royal.

Un des éléments probants qui marque l’entrée du palais est la terrasse des Eléphants, bâtie sous le règne du roi Jayavarman VII au XIIe siècle. C’est une terrasse de 350m de long sur laquelle le roi travaillait parfois et qui surplombe une plaine où se déroulaient fêtes, défilés militaires, etc. Elle s’élève entre 3m et 5m de haut selon les portions. Si le site est nommé ainsi c’est que tout le long du mur sont gravées et sculptées de nombreuses figures, dont plusieurs éléphants.

Cette magnifique terrasse est prolongée par une autre, surnommée la terrasse du roi lépreux. D’une longueur de 25m et s’élevant jusqu’à 6m de haut, la structure en grès est ornée de reliefs très détaillés représentant le panthéon hindouiste. Nous pouvons y retrouver diverses divinités ainsi que des Nagas, des Garudas et d’autres personnages.

Le nom de roi lépreux provient d’une statue datant de la fin du VIIIe siècle, sculptée sous le règne de Jayavarman II, fondateur de la royauté angkorienne. Elle aurait été déposée là par le roi Yasovarman lorsqu’il s’est installé sur le site. La statue a été nommée ainsi car il lui manque plusieurs doigts, ce qui aurait fait penser à la maladie de la lèpre, maladie qui aurait justement touché Yasovarman. Celle que nous pouvons observer n’est qu’une copie. En effet, pour éviter la détérioration et les vols, l’originale se trouve au musée national de Phnom Penh que nous avons visité au tout début de notre séjour cambodgien!

Après cette riche matinée de découvertes, d’émerveillement (et de marche 😅 ), notre guide nous propose de nous reposer et nous sustenter. Il nous amène dans un très joli restaurant où nous prenons place sur un espace légèrement surélevé avec une table basse. Nous allons ainsi manger assis par terre. Les plats sont délicieux 😋 et c’est requinqués et prêts à affronter le reste de la visite que nous repartons.

Le prochain site qui nous attend est celui de Ta Prohm. Il s’agit d’un autre lieu mythique d’Angkor que nous nous réjouissons de découvrir. La spécificité de cet endroit ce sont les nombreux arbres qui se mêlent aux ruines et qui nous donnent une vraie impression d’aventure lorsque nous déambulons à travers les vestiges archéologiques. Pour les amateurs de cinéma, c’est là où plusieurs scènes du film Lara Croft, Tomb Raider, avec Angelina Jolie, ont été tournées 🎥 .


M. Sokun nous explique qu’il s’agit d’un ancien temple (monastère royal d’après son nom originel), construit en 1180. Il a ensuite été abandonné en 1420, suite à l’invasion des troupes du roi d’Ayuthaya (Thaïlande). Ce sont les archéologues de l’Ecole française de l’Extrême Orient qui ont pris la décision de laisser les ruines en l’état, avec cette symbiose entre les murs et les arbres, ceux-ci se soutenant mutuellement. Leur intention était de conserver le temple tel qu’il était mais aussi d’éviter de fragiliser les murs en ôtant les arbres. Ceux-ci sont à nouveau des fromagers qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de mètres de haut. Mais ce n’est pas que leur hauteur qui nous impressionne, ce sont aussi les racines qui peuvent s’étirer, elles aussi, sur de longues distances.

Tout comme lors de notre visite d’Ayuthaya, en Thaïlande, nous nous plaisons à essayer de dénicher de jolis détails mélangeant des statues et des arbres, comme sur la photo ci-dessous.

Notre guide nous explique que de nombreux pays aident et subventionnent les rénovations de plusieurs sites archéologiques d’Angkor, tels que l’Inde pour le site de Ta Prohm. Certains panneaux nous permettent de mieux nous rendre compte de l’état dans lequel les archéologues ont retrouvé certains vestiges et de leur énorme et impressionnant travail de restauration.

Une galerie rénovée et restaurée, ainsi qu’une photo « avant/après ».

Une galerie en cours de rénovation.

Et une dernière galerie qui n’a pas encore bénéficié du passage des équipes de « rebâtisseurs »!

Alors que nous nous promenons dans les différents bâtiments qui forment le complexe, M. Sokun nous explique encore que de nombreuses sections du temple étaient décorées de plusieurs milliers de pierres précieuses, une vingtaine de diamants ainsi que de vaisselle en or et en argent. Tout cela a toutefois disparu suite aux nombreuses attaques. Nous essayons de nous projeter dans ce décor en imaginant les murs scintillants de trésors.
Nous nous promenons encore un peu dans les ruines avant de finalement les quitter afin de terminer notre journée par une dernière visite, et non des moindres.

Le dernier site pour cette journée dense et intense est Angkor Wat, le temple que beaucoup considèrent comme la huitième merveille du monde. Symbole des temples angkoriens, nous le retrouvons même sur le drapeau cambodgien. Pour la petite histoire, il s’agit d’ailleurs du seul drapeau national sur lequel est représenté un bâtiment réel. Les couleurs bleue et rouge sont les couleurs traditionnelles de l’Empire khmer du IXe siècle, le bleu symbolisant la royauté du Cambodge et le rouge la nation, le blanc évoquant lui la religion, principalement le bouddhisme.
Pour pouvoir y accéder, nous devons emprunter un pont provisoire, l’original étant en cours de rénovation, qui traverse le gigantesque bassin artificiel qui l’entoure. Ce bassin de 1’500m sur 1’300m a été entièrement creusé à la main et il a permis d’éviter que le site soit totalement englouti par la forêt lorsqu’il a été abandonné.

C’est le plus grand temple d’Angkor et il est considéré comme le plus grand monument religieux du monde. Il a été construit par le roi Suryavarman II au début du XIIe siècle en l’honneur du dieu Vishnu et les archéologues pensent qu’il devait aussi faire office de mausolée, temple funéraire du roi.
Plus récemment, notre guide nous raconte que lors de l’arrivée des troupes vietnamiennes, certains soldats khmers rouge se sont abrités dans les ruines du temple et des combats ont éclaté entre les deux armées. Il est apparemment encore possible de voir des impacts de balles sur certains murs.
Une fois le pont traversé, nous accédons à l’entrée du complexe. Une statue de Vishnu nous accueille avec ses offrandes faites par les visiteurs, offrandes qui semblent intéresser un singe bien massif 🐵 . Heureusement, celui-ci se désintéresse totalement de nous et nous ne revivons pas une scène telle qu’en Thaïlande. 😅

Nous commençons la visite des lieux par la galerie de l’enceinte extérieure. Il s’agit de magnifiques bas reliefs sculptés sur plusieurs dizaines de mètres de long, de rosaces et de fenêtres à colonnes. Des personnages de la mythologie hindoue ainsi que de nombreuses Apsaras, ces nymphes célestes dansantes, y sont représentés.

Nous poursuivons notre chemin en empruntant une avenue décorée de Nagas, longue de 350m, qui nous mène vers la seconde galerie. C’est sur la droite de cette avenue que nous nous arrêtons afin de procéder aux classiques photos avec la meilleure vue sur les célèbres tours du temple d’Angkor Wat.

Une fois les photos faites, nous entrons dans la deuxième galerie afin de découvrir de magnifiques fresques qui font plusieurs centaines de mètres de long et qui décrivent des mythes hindous, des événements de la vie quotidienne ou encore des événements liés au règne du roi.

M. Sokun nous donne quelques explications concernant certains pans du mur, en voici quelques unes:

A gauche: plus il y a de parasols représentés, plus la personne est importante. Il s’agirait ici d’une représentation du roi ou d’un des généraux les plus hauts placés.
Au milieu: les fresques étaient initialement en couleur.

A droite: les noms des généraux khmers avec leur grade.

A gauche: il s’agirait d’une représentation de l’enfer, avec des hommes affamés et torturés par des bourreaux.
A droite: le juge et dieu des morts, Yama, sur son buffle.

Le mythe hindou du barattage de la mer de lait.

Après une trentaine de minutes passées à admirer la finesse des détails représentés dans cette galerie, nous finissons par arriver au sein du sanctuaire central. Celui-ci est formé de plusieurs niveaux et pour accéder au sommet, là où se trouvent les tours emblématiques d’Angkor Wat, il nous faut gravir plusieurs escaliers escarpés. Les enfants n’étant pas autorisés à grimper tout en haut, les filles nous attendent patiemment en bas, avec notre guide, pas fâchées de pouvoir se reposer un peu… 😜

Nous finissons par quitter le site la tête remplie d’images plus incroyables les unes que les autres et le plaisir d’avoir découvert les plus beaux temples d’Angkor.

Une fois de retour à l’hôtel, nous en profitons pour piquer une tête dans la piscine afin de nous rafraîchir un peu. L’eau est fraîche mais ça fait du bien après avoir beaucoup marché et souffert de la chaleur.

Malgré la fatigue, nous décidons de sortir manger dehors et nous rendons dans un restaurant qu’Erwan, le propriétaire de l’hôtel, nous a conseillé. D’après lui on y mange très bien et pas trop cher. Notre première impression du lieu est qu’il s’agit d’un bar/disco pour les Européens en recherche de conquête cambodgienne… 😅
Serveuse en tenue de soirée (courte), musique forte et piste de danse bon marché, nous nous demandons où nous avons mis les pieds! Trop épuisés pour nous lancer dans la recherche d’un autre endroit, nous décidons de lui donner une chance et nous installons. Comme il n’est que le début de soirée, il n’y a presque personne, d’autant plus que les touristes sont peu nombreux en cette période d’épidémie. Nous commandons un Yao-Hon ou cambodian hot pot, un plat à mi-chemin entre la charbonnade et la fondue chinoise.

Le résultat est très satisfaisant, nous nous régalons (merci Erwan…) 😋 et nous ne regrettons pas d’être finalement restés là. Les serveuses sont très sympas avec nous et elles nous aident à préparer notre plat, voyant bien que nous sommes plutôt empruntés devant la marche à suivre! Nous finissons même par nous lancer sur la piste de danse afin de clore cette belle journée en beauté! 💃🕺

C’est le ventre bien rempli et surtout exténués que nous rentrons à l’hôtel pour nous coucher. La journée a été plus que bien remplie et tout le monde n’a qu’une envie: retrouver son lit et profiter d’une bonne nuit de sommeil! 😴

A dans quelques jours pour la suite et fin de notre séjour à Siem Reap,
Philippe et Gabrielle

Siem Reap: le grand circuit d’Angkor

4. L’Asie – Cambodge

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

03.05 au 09.05.2022

Ce matin, nous sommes très impatients de nous mettre en route car nous partons pour Siem Reap, la ville qui borde le célèbre site des temples d’Angkor! Ces temples sont la raison principale de notre séjour au Cambodge alors nos attentes sont élevées!

Le trajet jusqu’à Siem Reap se fait en minibus et, comme il est habituel avec les transports publics, le chauffeur s’arrête devant un genre de resto-route pour la pause de midi. Nous n’avons pas très faim, mais nous décidons tout de même de manger un petit quelque chose. Le hic: tous les menus sont en khmer et la fonction appareil photo de Google Translate n’arrive pas à reconnaitre ce qui est écrit… Malgré nos tentatives et l’aide d’un local parlant quelques mots d’anglais, impossible de comprendre ce qu’il pourrait bien y avoir à l’intérieur de ces Dim Sum 🤷‍♀️🤷‍♂️. Nous nous décidons au hasard pour quelques uns de ces petits ballons colorés et le résultat n’est pas si mal 😋. Agrémenté de quelques carottes achetées au marché et d’un jus de fruit, le snack est finalement satisfaisant et nous remontons dans notre minibus.

La deuxième partie du trajet passe rapidement, probablement grâce aux innombrables coups de klaxon de notre chauffeur, et nous finissons par arriver en milieu d’après-midi à notre hôtel. Celui-ci est tenu par un français très sympathique, Erwan, avec lequel nous aurons de nombreuses discussions à propos du pays et qui nous donnera pleins de conseils sur la ville et ses environs. Notre chambre est confortable et il y a une petite piscine, parfait pour y passer les six prochaines nuits!

Nous ne tardons pas à aller nous coucher car demain c’est réveil à 7:00 pour découvrir les célèbres temples d’Angkor.


Le réveil sonne tôt et, une fois habillés, nous emportons notre petit déjeuner commandé la veille à Erwan: pain au levain, confiture maison, brioche au chocolat. Simple, mais le pain est fabriqué par un boulanger français de la ville qui fait son propre levain: un régal! Nous ne nous en lasserons pas et nous ne manquerons pas de commander chaque soir notre petit déjeuner du lendemain! Merci la French connection! 😜

A 8:00, nous sommes prêts à partir. Notre chauffeur nous attend à l’entrée: Mr Set. Difficile de se décider pour un guide à Angkor car les offres sont nombreuses. Philippe a écumé les comptes Instagram et les blogs de voyageurs afin de trouver de bons filons. Pour aujourd’hui, notre guide parle anglais, alors nous devrons traduire pour les filles. Nous avons pris cette option car c’est beaucoup moins cher qu’un guide francophone, que nous gardons pour la visite du lendemain. Mr Set nous explique qu’il a aussi appris l’espagnol en autonomie sur internet durant le confinement car cela va lui permettre d’être mieux payé lorsque les touristes hispanophones reviendront. Il est actuellement en train d’apprendre l’italien. Nous l’encourageons à ensuite apprendre le français car ces trois langues sont très proches et il semble vraiment doué pour les langues! 😅
Un autre avantage de ce guide, c’est qu’il a son propre moyen de locomotion dans lequel il véhicule ses clients. Nous montons donc dans son rickshaw et nous dégustons notre petit déjeuner en route.

Le site d’Angkor est situé à l’extérieur de la ville de Siem Reap. Le vrai nom de ce site est Angkor Thom, qui signifie « la grande cité », capitale de l’empire khmer. C’est une cité royale construite par Jayavarman VII, roi de l’empire khmer à la fin du XIIe siècle, après que la précédente cité ait été détruite par les Chams, un puissant peuple basé dans l’actuel Vietnam. Elle a été abandonnée il y a 400 ans, mais certaines ruines sont encore bien conservées, surtout les bas reliefs et les tours! La période florissante de cette région s’est étendue des années 900 à 1490 et elle a vu passer 23 rois. Certains temples étaient recouvert de bronze, or ou argent, mais malheureusement ces matériaux ont disparu. Il est toutefois impressionnant d’imaginer ces bâtiments luisant de mille feux!
Normalement, plus de six millions de personnes viennent visiter le site chaque année, mais les visiteurs n’ont été que 37’000 depuis janvier (donc 4 mois), au lieu de deux millions à cette époque. A nouveau, nous aurons la chance de visiter ce célèbre site dans des conditions idéales: sans beaucoup de touristes (vous verrez sur les photos que souvent nous semblons seuls sur un site, ce n’est pas une illusion!). Habituellement, une grande partie des visiteurs est d’origine chinoise, mais comme ce pays garde ses frontières fermées, ses ressortissants ne peuvent pas venir visiter les temples.

Plusieurs parcours serpentent le site et nous allons en emprunter deux pendant cette semaine plus une visite de temples plus éloignés: la petite boucle, la grande boucle et les temples de Beantay Srei et Phnom Bakeng. Chaque tour étant prévu sur une journée entière, nous espérons que les filles seront à chaque fois partantes ! Aujourd’hui, nous avons décidé de commencer avec le grand circuit (en vert).

C’est émerveillés que nous entrons sur le site, un trésor caché au milieu d’une forêt de grands arbres. Comme ce site n’a été redécouvert que tardivement, nous nous apercevons rapidement que la nature a eu le temps de reprendre ses droits: les arbres et leurs racines ont colonisé de manière impressionnante les murs et les temples (voici quelques exemples):

Le premier temple que nous visitons est le Preah Khan. Celui-ci s’étend sur une zone d’environ 1000m sur 70m, avec une porte d’entrée aux quatre points cardinaux. Nous empruntons une allée bordée par une série d’êtres mythologiques qui tiennent un serpent. C’est représentation d’un célèbre mythe de l’hindouisme: le mythe du Barattage de la mer de lait. Mr Set en profite pour nous le raconter:

Le mythe du Barattage de la mer de lait

Une compétition a opposé les dieux et les démons afin d’obtenir la liqueur d’immortalité (l’Amrita) car en ce temps-là ils étaient tous mortels. Afin de créer cette liqueur, l’océan cosmique devait être baratté. Vishnu enroula un serpent autour d’un pilier et les démons et les dieux se placèrent de chaque côté du serpent, les démons vers la queue et les dieux vers la tête. Tirant les uns après les autres, le pilier se mit à tourner et il se mit à battre l’océan. Lorsque la liqueur d’immortalité fut créée, Vishnu fit apparaître la plus belle femme au monde afin de distraire les démons. Ce sont donc les dieux qui purent boire le nectar et devenir ainsi immortels. Les démons se fâchèrent, ils brisèrent la fiole et les dernières gouttes d’Amrita tombèrent dans quatre fleuves aux quatre coins de l’Inde. Une de ces gouttes tomba dans le Gange, ce qui est la raison pour laquelle il est devenu un fleuve sacré.

Après avoir écouté ce récit, Mr Set nous en dit plus sur ce complexe: le temple était la tombe du père du roi fondateur d’Angkor. Il était aussi un centre d’enseignement et un lieu d’habitation. Les monuments ont été érigés avec des pierres de grès et des pierres volcaniques et la pâte utilisée pour cimenter le tout était faite de cosses de riz et de sable.
Ce temple a été redécouvert dans les années 1860.
Au-dessus de la porte d’entrée, nous observons un bas-relief représentant plusieurs personnes en train de saluer. Notre guide nous expliquer alors les cinq étapes des salutations avec les mains jointes en forme de lotus.
Si les doigts sont à la hauteur :
– de la poitrine: la personne en face est ton égale,
– des lèvres: la personne en face est plus âgée ou c’est un supérieur,
– du nez: la personne en face est un parent ou un beau-parent,
– du front: la personne en face est un roi ou un prêtre,
– au-dessus de la tête: c’est un dieu qui se trouve en face.

Lorsque nous entrons, nous constatons que les portes sont en enfilade de plus en plus petites. Notre guide nous explique que cela oblige ainsi les visiteurs à se courber de plus en plus pour porter respect au père du roi dont les cendres reposent dans la stupa qui se trouve au centre du complexe. Ainsi, si les personnes ne sont pas assez respectueuses, elles se tapent la tête 😝 !

En parcourant les différents bâtiments, nous pouvons voir que certains murs sont constellés de trous. C’était en fait la place de pierres précieuses qui étaient là pour décorer et amener de la lumière! Comme vous pouvez bien l’imaginer, celles-ci ont disparu depuis longtemps… 😅
Dans certaines pièces, nous apercevons des offrandes. Mr Set nous expliques que les fleurs et les fruits sont offerts aux dieux ou Bouddha, tandis que les cigarettes sont offertes aux ancêtres. En effet, l’animisme est encore présent de nos jours dans les régions reculées: les esprits ne se réincarnent pas mais ils restent avec les vivants.
Sur la dernière photo, nous sommes en train d’admirer des statues de « lions », représentant les gardiens du paradis. Mais ces êtres imaginaires ne peuvent être des lions car il n’y a que des tigres au Cambodge et les personnes de l’époque ne connaissaient pas les lions!

Nous nous rendons maintenant au deuxième temple: Neak Pean. C’est un temple paisible au milieu d’un lac artificiel entouré de quatre petits bassins. Ce lac était considéré comme sacré pour les hindous et son eau permettait de faire des ablutions et de brûler ses péchés. Ce site était utilisé comme hôpital où les maladies étaient soignées de manière religieuse: les quatre éléments (la terre, l’air, l’eau et le feu) permettaient de guérir les personnes souffrantes et ils étaient symbolisés dans les quatre bassins. Ainsi, si une personne avait de la fièvre (elle était considérée comme ayant trop de feu en elle), elle entrait dans le bassin représentant l’eau où un brahman (prêtre hindou) disait une prière et versait ensuite l’eau sur le corps du patient. La personne était ensuite soignée avec des plantes et elle pouvait rester « hospitalisée » plusieurs jours.
Chaque espace possède une tête sculptée au fond de son bassin, mais malheureusement il y a trop d’eau et nous n’arrivons qu’à les deviner: le bassin « eau » a une tête d’éléphant, le « feu » a un « lion », l' »air » a un cheval et la « terre » a une tête humaine.

Sur les différents sites, les touristes khmers aiment beaucoup se prendre en photo avec les filles… Elles se prêtent au jeu de manière plus ou moins enthousiaste selon les moments 😜.

Après cette visite, nous profitons de faire une petite pause pour dîner. Notre guide nous arrête dans un espace dégagé en bord de route. De nombreuses échoppes s’y trouvent, restaurants et boutiques de souvenirs. A nouveau nous nous rendons compte des ravages de la pandémie de Covid car il n’y en a que très peu qui sont ouvertes et quasiment aucun autre touriste que nous ne s’y trouve… Même si nous profitons de ce calme et du privilège de visiter ces lieux sans trop de monde, vivement que le tourisme reprenne pour eux!
Une fois repus et requinqués, nous nous rendons vers notre troisième temple de la journée: Ta Som. Il date de la fin du XIIe siècle et l’élément le plus impressionnant du lieu est sa tour avec quatre visages, un de chaque côté. Ces visages ont les traits du roi Jayavarman VII mais avec les quatre traits de caractères du Bouddha: compassion, charité, amour et joie. C’est ce roi qui aurait créé une nouvelle branche du bouddhisme, moins stricte et dont une des croyances est que le Bouddha se réincarne dans une personne: le Dalaï Lama. Par la suite, le Cambodge est revenu au bouddhisme originel qui ne reconnait pas le Dalaï Lama comme une réincarnation du Bouddha.

Sur ce site certains arbres ont plus de 400 ans et ils ont évolué en symbiose avec les murs: sans le mur, l’arbre s’écroule et sans l’arbre, le mur s’effondre. Ces arbres, appelés fromagers en français, peuvent atteindre jusqu’à 30m de haut. C’était une des images que nous avions du site d’Angkor avant d’arriver (avec les tours aux multiples visages) et il faut avouer que nous ne sommes pas déçus. Ils sont vraiment impressionnants, même si ceux que nous verrons le lendemain le sont encore plus!

Il est maintenant l’heure de nous rendre au dernier temple de la journée. Il est prêt de 15:00 et nous commençons à fatiguer 😜. Ce temple se nomme Pre Rup, ce qui signifie « là où on tourne les corps » car une croyance veut que ce temple était un lieu de crémation des corps. C’est également un temple hindou: le temple de Shiva.

En visitant ce dernier temple, nous discutons avec Mr Set des rituels autour de la mort au Cambodge. Il nous explique que de nos jours, les habitants du Cambodge ont une espérance de vie de 59 ans pour les hommes et de 63 ans pour les femmes. Cela est dû, selon lui, à une alimentation pauvre en protéines, des légumes et des fruits avec des produits chimiques et des conditions de travail souvent difficiles. Il nous explique que lors d’un décès, le corps du défunt reste trois jours dans la maison (contre 30 jours avant). La famille prépare le corps puis des pleureuses et un prêtre viennent. Après ces trois jours, le corps est emmené dans un monastère afin d’être brûlé. Les cendres sont ensuite partagées en trois:
– une partie est versée dans l’eau (un lac par exemple) car cet élément est lié à la prospérité,
– une partie est déposée dans un temple afin que le défunt entende les enseignements du bouddhisme,
– une partie est gardée dans la maison du défunt pour la famille.

Il nous parle ensuite des rites entourant le mariage. Pour son mariage, il a dû verser une dot qui s’est élevée à plusieurs milliers de dollars! Pour couvrir ces frais, les hommes ou leurs familles vendent un terrain, leur maison ou ils font un emprunt. Cette tradition a encore court, mais c’est en train de changer car « c’est mauvais de commencer un mariage avec des dettes! ». De plus, le mari cache le montant de la dot à sa femme, le mariage commence donc également par un secret. Effectivement, ce n’est sûrement pas l’idéal pour un début de vie à deux 😉 !

Nous finissons cette première journée fatigués mais la tête pleine de magnifiques images et nous sommes un peu plus au clair sur les mythes hindous.

Nous vous donnons rendez-vous prochainement pour un récit de notre deuxième journée à Siem Reap, durant laquelle nous allons visiter le plus célèbre des temples: Angkor Wat (tout simplement nommé « le temple d’Angkor » 😉 ).

A bientôt
Gabrielle et Philippe

Phnom Penh 2

4. L’Asie – Cambodge

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

02.05 au 03.05.2022

Pour pouvoir continuer notre découverte du Cambodge, nous devons repasser une nuit à Phnom Penh avant de poursuivre vers le nord. En effet, les transports publics rayonnent généralement depuis Phnom Penh et les rares lignes de bus qui pourraient rejoindre deux régions du Cambodge n’ont pas encore repris depuis l’ouverture des frontières ou ont des horaires peu attirants.

Aujourd’hui est une journée très spéciale car Marine fête ses 11 ans! Nous avons donc profité de notre bref séjour à la capitale pour organiser quelques activités, histoire de marquer le coup!
Pour commencer les réjouissances nous nous rendons dans un bon restaurant. Ce sont nos amis de Baan Mama qui nous en ont parlé. Il s’agit d’une ONG française nommée « Pour un sourire d’enfant » (PSE) qui a été mise sur pied il y a 25 ans au Cambodge. Elle a pour objectif d’aider les enfants défavorisés et déscolarisés en les accompagnant jusqu’à l’obtention d’un métier. Cet organisme est formé de trois écoles (20 filières) qui vont de la petite enfance jusqu’à la formation professionnelle. Un grand nombre de ses 1500 étudiants trouvent un emploi qualifié à la sortie de l’Institut.
En ce jour de fête, nous allons profiter de leur restaurant/école. Il s’agit d’un restaurant dans lequel la cuisine et le service sont gérés par des étudiants en apprentissage, accompagnés de quelques formateurs. Menu à trois plats, service impeccable, les filles sont très impressionnées. Mais surtout, la nourriture est excellente et nous nous régalons 😋 !

Une fois nos estomacs bien remplis, nous partons pour la seconde activité d’anniversaire: un trampoline park intérieur. Nous nous retrouvons en périphérie de la ville, dans un bâtiment qui abrite plusieurs arcades plutôt tendances: galerie d’art, restaurant et bar branché, jardin d’enfant, etc. C’est très clairement la population aisée et/ou d’expatriés qui côtoie ces lieux et nous en aurons la confirmation une fois entrés dans la salle de jeux. Les filles vont partager l’espace avec des enfants occidentaux ou portant des uniformes de l’école française.
Malgré la chaleur et le manque de lumière naturelle (c’est une sorte de hangar sans fenêtres), Estelle et Marine en profitent pour se dépenser sans compter! C’est avec un peu de difficulté que nous réussissons finalement à les faire sortir 🤪.

Pour clore cette belle journée d’anniversaire, nous avons choisi de relever un peu le niveau de l’hébergement sur Phnom Penh (nous avons donc laissé l’ex-auberge de jeunesse de côté 🙃 ) et nous avons pris une chambre plus spacieuse dans un bel hôtel.
Le point culminant est la piscine sur le rooftop: la vue est belle et nous en profitons en fin d’après-midi/début de soirée, même si le temps est quelque peu couvert et qu’il ne fait pas aussi chaud qu’espéré… La malédiction des hôtels avec piscine… 😜.

Fatigués par une journée bien remplie entre le voyage depuis Kampot et les activités d’anniversaire, nous commandons à manger en chambre. Nous regardons un film en famille avant d’aller profiter de ces lits qui ont l’air bien confortables.


Outre la piscine, nous avons choisi cet hôtel car ils annoncent un petit déjeuner buffet. Nous nous levons donc avec entrain pour aller découvrir ce qui nous attend ce matin. Malheureusement, le Covid étant passé par là, le buffet n’existe plus 😩 ! Le petit déjeuner est très décevant car nous ne pouvons choisir qu’une seule option sur la carte: une tranche de pain avec confiture, une viennoiserie, un pancake ou un fruit… et il est impossible de demander un deuxième morceau de pain ou pancake… bref, pas l’opulence imaginée 😏 ! Les commentaires sur booking en avaient parlé, mais comme ils n’étaient pas récents, nous espérions que le buffet était revenu 🤪.
Une fois notre déception gustative matinale passée, nous quittons l’hôtel en direction du terminal de bus, afin de rejoindre cette fois la ville de Siem Reap.

Nous vous donnons rendez-vous sous peu pour vous relater notre visite des temples d’Angkor!Gabrielle et Philippe

Kampot et Kep

4. L’Asie – Cambodge

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

29.04 au 02.05.2022

Pour notre première étape en dehors de la capitale, nous avons choisi de partir en direction de la ville de Kampot, une province au Sud du Cambodge, proche de la mer.
Ici, il y a très peu de grands bus alors nous nous rabattons sur des compagnies de mini-vans qui chacune a son terminal. Heureusement, ces terminaux sont souvent proches les uns des autres. Afin de nous rendre à celui de la compagnie choisie, nous prenons un rickshaw, moins cher qu’une voiture classique et assez grand pour pouvoir y entasser tous nos sacs et nous tenir assis. Les rickshaws sont composés d’une charrette couverte tirée par un scooter, ils sont donc plus grands que les tuk-tuks. Nous avions rarement pris des rickshaws en Thaïlande car ils étaient souvent bien plus chers que les taxis Bolt ou Grab, mais ils vont vite devenir notre moyen de transport préférentiel ici, au Cambodge.

Rickshaw – Tuk Tuk

Etant donné que nous allons rester plusieurs jours à Kampot, nous avons opté pour un logement avec piscine, un peu en dehors de la ville. Manque de pot, la malédiction des hôtels avec piscine continue, cela fait deux jours qu’il pleut sur la région… 🤪 Du coup, pas de trempette pour aujourd’hui et une route d’accès un peu chaotique avec beaucoup de trous et de flaques!

Le cadre est très sympa, un peu en dehors de la ville, à la limite de la campagne, mais nous sentons que l’hôtel commence seulement à se relever de deux ans de Covid, sans quasiment aucun touriste. Les images d’internet montrent une « splendeur » passée, mais nous nous y attendions. Ce n’est vraisemblablement pas le cas d’un jeune couple cambodgien qui quitte le lieu rapidement après leur arrivée. Il y a plusieurs petites choses qui manquent dans notre bungalow mais par chance, le personnel est très sympathique et réactif. Heureusement, car nous nous rendons compte que, sur le toit du logement en face de nous, il y a un énorme nid de frelons… 😱 Ceux-ci ne sont pas du tout agressifs mais ça nous inquiète quand même un peu 😅. Ils doivent toutefois attendre le soir que tous les frelons soient rentrés au bercail avant de neutraliser le nid… Nous prenons donc possession de notre chambre avec prudence puis nous partons profiter des aménagements de l’hôtel, comme la table de billard qui vivra ces prochains jours un certain nombre de parties endiablées! Vu le temps pluvieux, nous en profitons aussi pour avancer un peu l’école et regarder tranquillement un film tous ensemble avant de manger sur place et d’aller dormir.


Au réveil, nous nous rendons compte que certains frelons retardataires n’ont pas été « asphyxiés » et ils tournent en rond pour retrouver leur nid, qui a été détruit hier soir… ils sont donc un peu plus agités qu’hier 😰. Heureusement, ils auront quitté les environs à notre retour ce soir.

Aujourd’hui, ouste la pluie et bienvenue au soleil! C’est une belle journée qui nous attend et tant mieux, car nous avons organisé une visite de Kampot et ses environs en rickshaw avec un guide que plusieurs familles nous ont recommandé: Mr Sa.
C’est ponctuel qu’il arrive à notre hôtel et très vite le feeling passe. Il ne parle pas français (si ce n’est quelques phrases comme: « c’est parti mon kiki », « attention la tête » ou encore « en avant Guinguamp »… 😂🤪) mais sa bonne humeur et son sourire sont communicatifs et les filles l’adoptent très vite.

Pour commencer notre visite, nous faisons un petit tour de la ville où nous découvrons d’anciens bâtiments coloniaux (la France n’a quitté le pays qu’en 1953 donc il y en a encore beaucoup) et quelques statues. La première rend hommage à la récolte du sel (industrie fleurissante dans la région) et la seconde à la fraternité entre les peuples khmers et vietnamiens. Il faut savoir que c’est le Vietnam qui a mis fin au régime des Khmers rouges en envahissant le pays en 1979 (cette image du « bon » Vietnam n’est pas forcément vue de manière si positive par tous les habitants avec qui nous discuterons).
Nous devons ensuite traverser la cour d’une école pour rejoindre un temple. Cette école accueillerait environ 1’000 élèves d’après notre guide. C’est le moment de la récréation lorsque nous passons et il est impressionnant de voir tous ces enfants en uniformes qui ne semblent pas réellement sous la garde de qui que ce soit… 😅 Certains nous suivent mais le contact est compliqué vu la barrière de la langue. Mr Sa s’efforce cependant de briser la glace et il en profite pour nous montrer plusieurs éléments de la végétation qui entoure les bâtiments scolaires, comme les liserons d’eau (morning glory) et des escargots géants 🐌 (apparemment très bons avec du curry… Nous ne tenterons pas !) et encore d’autres plantes qu’il nous fait goûter, avec plus ou moins de succès… 🤪 En quittant la cours de récréation, les filles s’exclament « ils ont trop de chance, ils ont des cordes aux arbres dans leur cours de récréation! ». Comme quoi, pas besoin de jeux sophistiqués!

Lorsque nous arrivons au temple bouddhiste, nous remarquons qu’il n’a rien à voir avec ceux vus en Thaïlande! Tout au long de notre séjour, nous constaterons que les temples sont ici moins bien entretenus et que nous ne trouvons pas tous les 20m une caisse pour des offrandes d’argent. La religion nous semble tenir une place plus discrète chez les Khmers, avec moins de richesses ostentatoires.
En passant à côté d’un petit autel annexe, nous remarquons une armoire avec un empilement de crânes et d’os. Mr Sa nous explique qu’il s’agit là de victimes des Khmers rouges et nous en profitons pour introduire le sujet aux filles. Les traces et les souvenirs de ce terrible génocide sont très présents dans les esprits du peuple khmer et chaque guide rencontré évoquera des souvenirs personnels les concernant eux-mêmes ou leurs parents. Entre 1,5 et 2 millions de personnes ont été victimes du régime nationaliste et ultra-maoïste de Pol Pot, durant les presque 4 ans où il dirigea le pays, sous le nom de Kampuchéa démocratique. Outre les morts, le peuple a souffert de famine, tortures, séparation des enfants et des parents, lavage de cerveau des jeunes garçons pour les enrôler, etc.

De retour dans notre rickshaw, nous poursuivons notre route tout en admirant le paysage. Notre joyeux guide s’arrête de temps à autre pour nous montrer différents éléments de la nature. Il s’y connaît bien car il a grandi à la campagne avant de venir s’établir en ville.
En chemin nous pouvons aussi observer quelques particuliers qui font sécher des crevettes roses chez eux, à même le sol.

Fruit brun: tamarin – Gros fruits verts: jack fruit.

Un de ces arrêts nous fait beaucoup rire. Mr Sa ramasse quelques graines qu’il nous met dans la main puis les arrose d’un peu d’eau. Après quelques secondes elles commencent à « éclater », un peu comme du pop-corn. Ça fait rire tout le monde même si Marine est légèrement surprise la première fois… 😝 Il nous montre aussi des plantes qui réagissent en se repliant et se fermant dès qu’elles sentent une pression sur elles, d’autres qui colorent les lèvres, etc. Là aussi, ça amuse tout le monde!

Au bord d’un bassin de retenue d’un barrage, notre guide s’arrête afin de nous en expliquer l’histoire. Il s’agit d’un lac artificiel créé en 1975 par les Khmers rouges afin d’augmenter le nombre de rizières et la culture du riz. Non pas pour améliorer l’alimentation de la population locale nous dit-il, mais afin de le vendre à la Chine contre des armes. Les Khmers rouges affamaient la population pour l’affaiblir afin de prévenir toute révolte. Le surnom donné à ce lac est « le lac secret » car de nombreux cadavres, victimes de la folie meurtrière de Pol Pot et de ses comparses, y auraient été jetés. C’est un moment touchant et très intéressant car il nous explique aussi les enjeux géo-politiques de la région et l’influence du voisin vietnamien, pas toujours très bien acceptée. Nous le sentons ému quand il évoque sa famille et ce qu’elle a aussi enduré durant cette époque terrible. Bien que parfois choquant, nous décidons de ne rien cacher aux filles et c’est avec beaucoup d’intérêt qu’elles écoutent notre traduction.
Suite à ce moment plutôt remuant, notre prochaine halte se fait à côté d’un drôle de champ. Difficile pour nous de deviner de quoi il s’agit… jusqu’à ce qu’il tire la plante pour nous montrer ses racines: ce sont des arachides 😲 ! Après la découverte des ananas sur Moorea, c’est au Cambodge que nous réalisons d’où viennent les cacahuètes et comment elles poussent! Nous en goûtons quelques unes même si, crues et pas encore mûres, elles ne sont pas très bonnes…

Après cette jolie ballade campagnarde et plusieurs autres arrêts explicatifs, nous arrivons à la grotte des éléphants. Il s’agit d’une expédition dans un réseau de galeries semi-souterraines. Pas de spéléologie mais quelques passages étroits pour nous montrer des formations rocheuses intéressantes dont des fossiles de coquillages, un éléphant, évidemment, et surtout un impressionnant rocher en équilibre entre deux parois au-dessus de nos têtes!

Nous repartons pour notre prochaine étape qui sera aussi celle de notre repas de midi: La Plantation. Si vous êtes un fin gourmet, le nom de Kampot ne vous est pas étranger car la province est célèbre pour son poivre. Pendant longtemps, le poivre de Kampot a fait la renommée de toute la région, mais, à l’arrivée des Khmers rouges au pouvoir, la production chuta drastiquement, toute l’agriculture ayant été tournée vers la production de riz. Ce n’est que depuis quelques années que des personnes tentent de relancer l’industrie poivrière et nous allons en profiter pour visiter un des domaines. Celui que nous avons choisi s’appelle La Plantation et il est tenu par un couple franco-belge qui a lancé le projet en 2013. Nous avons reçu de bons retours de la part de nos amis et, le must, il est possible d’avoir des visites guidées en français, ce qui est toujours appréciable pour motiver Marine et Estelle!

Avant d’arriver au bâtiment principal, notre guide nous fait encore bénéficier de ses connaissances en nous faisant déjà goûter quelques grains de poivre sauvage et nous montre une autre version de coton végétal, à l’intérieur d’une espèce de grosse fève, l’arbre à Kapok.

Le domaine de La Plantation est très beau et bien entretenu. Il s’agit d’un projet social bien décidé à s’implanter dans la région: 150 personnes sont employées à plein temps (+ 150 en période de récolte), l’école primaire du village (95 enfants) est financée par La Plantation ainsi que la scolarité des enfants au secondaire et au lycée à Kampot. De nombreux bâtiments traditionnels ont été récupérés afin de les sauvegarder comme un témoignage du passé. Un grand nombre de plantes endémiques (telles que le Durian) y sont aussi cultivées afin de les préserver et d’en informer les visiteurs. Le Durian est un fruit très étrange et emblématique de l’Asie du Sud-Est. Gros et protégé par une coque dure pleine de piquants, il peut être vendu très cher, 5 à 7 dollars le kilo d’après notre guide. Sachant qu’un fruit peut peser entre 3 et 4 kilos, c’est une somme énorme comparé au coût de la vie au Cambodge. S’il s’agit d’un met recherché, il faut relever que sa forte odeur (proche du vomi) est proprement dissuasive (il est parfois carrément interdit dans les lieux publics ou les transports en commun).

Comme il est déjà tard, nous commençons par manger avant de faire la visite guidée. Le repas est délicieux et, bien entendu, assaisonné du poivre de leur production! Au menu, banane poivre-sel en apéritif, aubergine Lok lak et boeuf Lok lak puis en dessert glace caramel beurre salé et sorbet lime poivre.

C’est l’estomac plein que nous nous lançons dans la visite du domaine. Notre guide est français et il s’avère que c’est le directeur de La Plantation. Il réussit à nous captiver et il nous montre les différentes facettes de la récolte du poivre ainsi que ses subtilités.
Le poivre pousse à l’état sauvage comme du lierre en s’enroulant autour de l’arbre. Ici, ce sont des poteaux de 6 mètres (4 mètres au-dessus du sol) qui sont utilisés. Pendant trois ans les nouveaux plants ne sont pas récoltés (les fleurs sont ôtées avant la montée en graines) afin de les laisser se renforcer. Ces plants peuvent être conservés pendant environ 15-20 ans.
Les grains de poivre passent du vert au rouge durant leur maturation et ils sont récoltés, grain par grain, à la main. La maturité du grain influence grandement le goût et la force du poivre:
– Verts pâles, il est possible de les manger crus, tels quels.
– Rouges, ils sont considérés comme doux et sucrés. Une fois ébouillantés puis séchés pendant trois jours, ils se retrouvent dans les moulins.
– Verts foncés, ils les font sécher au soleil jusqu’à ce qu’ils deviennent noirs. Ceux-ci ont beaucoup de caractère.
Le poivre blanc est en réalité du poivre rouge qu’on a débarrassé de sa peau avant le séchage.
Nous découvrons aussi des fumoirs avec des fibres de coco qu’ils utilisent pour ajouter certains goûts à leur production.

Leur poivre est certifié 100% bio et ils utilisent leur propre engrais, réalisé avec les restes de plantes du domaine ou les excréments de leurs buffles. Ils luttent contre les indésirables au moyen de la lutte intégrée, soit avec d’autres insectes, soit avec d’autres plantes.

A la fin de la visite, nous terminons avec une dégustation des différents poivres et de leurs variétés: poivre vert, noir, blanc ou rouge, citronné, épicé ou fumé, etc. Un vrai régal, même si parfois c’est un peu trop fort pour nos bouches… 🥵 Les filles se prennent au jeu et elles aiment beaucoup goûter et noter les nombreuses variétés.

Après avoir ravi nos papilles et mieux compris d’où vient le poivre de nos assiettes, nous repartons pour une dernière étape. La province de Kampot se trouvant en bord de mer, elle est aussi connue pour ses marais salants. La journée touchant à sa fin, nous ne voyons plus de travailleurs en train d’y récolter le sel mais notre guide nous amène dans un hangar qui borde la route et les marais afin de nous montrer le sel récolté. C’est aussi l’occasion de s’amuser un peu avec le matériel de récolte laissé sur place (voir les photos! 😆).

Avant de nous ramener à notre hôtel, Mr Sa nous arrête à un stand en bord de route, à côté du fleuve, afin que les filles puissent manger un bout, leur estomac se rappelant à leur bon souvenir. C’est un petit stand traditionnel avec deux tabourets et des plats pour les locaux. Nous testons une sorte de pancake khmer: une crêpe de riz avec du tamarin, et, à l’intérieur, des pousses de soja, de toutes petites crevettes, de la ciboulette et des cacahuètes. Pour la sauce piquante, nous avons demandé à Mr Sa de bien préciser de la mettre de côté 🔥 !
Les bateaux que nous voyons passer nous intriguent car ils sont collés les uns aux autres. Notre guide nous explique que les pêcheurs s’amarrent ainsi afin de manger ensemble avant de partir pêcher pendant la nuit. Ils draguent les fonds et ils remontent tout ce qu’ils peuvent, raies, poissons, crabes, moules, etc. Malheureusement cette manière de pêcher est très mauvaise pour la faune et la flore sous-marine.

C’est une journée bien remplie que nous laissons derrière nous avec beaucoup de jolis souvenirs et surtout énormément de choses que nous avons apprises sur la culture, l’histoire, la nature ou encore la religion khmère. Nous avons cependant été choqué de voir à nouveau énormément de déchets sur les bords de route. C’était encore plus impressionnant qu’en Amérique du Sud par moment.


Pour la journée d’aujourd’hui, nous avions l’intention de louer des scooters et de nous rendre en hauteur dans le parc national de Preah Monivong, qui permet d’avoir une belle vue sur la région et le bord de mer. Malheureusement la pluie tombe fort ce matin et nous ne nous sentons pas de prendre le risque de conduire avec cette météo. L’après-midi devrait être meilleur mais c’est trop court pour conserver notre plan initial. Nous contactons alors à nouveau Mr Sa pour lui demander de nous faire visiter le célèbre marché aux crabes de Kep, ville portuaire proche de Kampot.
En attendant notre sortie, nous décidons de rester tranquille à l’hôtel pour travailler un peu et avancer le blog. Nous profitons d’une accalmie pour tenter la piscine de l’hôtel, qui n’est pas forcément attirante au premier abord car l’eau est verte et trouble. En effet, la piscine est naturelle et l’entretien se fait au moyen d’algues et de poissons. C’est assez rigolo car on peut en voir certains qui nagent autour de nous, mais cela ne rassure pas toujours les filles…

Lorsque notre guide arrive pour nous prendre sur son rickshaw nous sommes fin prêts car nous avons faim. Nous commençons par une halte en bord de route pour prendre à manger. C’est normalement une place avec de nombreuses échoppes, mais aujourd’hui la plupart sont fermées. Nous choisissons un stand de nourriture indienne et en attendant que les plats soient préparés, nous enseignons un jeu typique des enfants de chez nous à Mr. Sa: Dans ma maison sous terre.

Une fois le repas préparé, nous remontons sur le rickshaw pour déguster de délicieux shawarmas pendant que Mr Sa nous conduit.

Nous arrivons enfin au marché et nous déambulons dans les allées à la découverte de ses nombreux produits de la mer. Notre guide s’applique à nous montrer tout ce qu’il peut et il nous propose de goûter aussi à quelques spécialités locales.

Il nous explique aussi les principes de la pêche du crabe aux pinces bleues et la préparation du plat emblématique de la région: le crabe de Kep au poivre de Kampot. Ayant déjà mangé, nous éviterons de tester ce plat, d’autant plus que les filles voient d’où les crabes viennent: entassés dans des nacelles plongées dans l’eau au milieu des détritus… Le simple fait de voir la manière dont les crabes sont préparés nous coupe de toute façon l’appétit ! Ils sont coupés en deux, vivants, au moyen d’un ciseau. Entre le bruit et la vision, je vous laisse imaginer la réaction des filles 😅 !
Pour conserver leurs produits, les Khmers utilisent des bacs isolants remplis de blocs de glace. La grande majorité d’entre eux n’ont pas de frigo car cela consomme beaucoup trop d’électricité. De petites usines fabriquent ces blocs puis elles les distribuent chaque matin car un bloc dure environ une journée.

Peu attirés par les brochettes de poissons divers et variés ou de poulpes et calmars, nous choisissons plutôt un verre de jus de canne à sucre et quelques morceaux à mâchouiller. Les filles sont impressionnées par la machine à extraire le jus de canne, sorte de broyeuse automatique. La vendeuse doit prendre garde de ne pas y laisser traîner un doigt ou une main, sinon attention les dégâts! 😱

Avant de quitter le marché, Mr Sa nous amène vers un stand de durian. La vendeuse est en train d’en ouvrir un et nous allons ainsi pouvoir découvrir à quoi ressemble l’intérieur. C’est principalement la chaire, pulpe jaune à la consistance dense et crémeuse, qui fait la renommée de cet aliment, parfois appelé roi des fruits par les locaux! L’odeur est forte mais… pas tant que ça! Apparemment cela peut dépendre du degré de maturation du fruit.

Notre guide nous conduit ensuite en direction de la plage. Il y a du monde en ce dimanche car il est commun de venir en famille ou entre amis pour louer un espace au sol avec des nattes et parfois des hamacs. Ces parcelles longent la route et elles sont en bord de plage… pas tout à fait le spot idéal il nous semble! 🤪 La plupart des gens restent sur leur espace toute la journée pour se détendre et manger tout en écoutant de la musique. Pour la majorité, les plaisanciers commandent leur nourriture dans les stands ou restaurants alentours, nourriture emballée dans du plastique ou du sagex… Ce qui explique l’état de la plage: l’eau est trouble et il y a énormément de déchets! Nous décidons donc de passer notre tour, car en plus de la saleté, le volume sonore est passablement élevé.

Avant de quitter la zone balnéaire et de retrouver notre hôtel, nous nous arrêtons pour faire la photo touristique en compagnie du symbole de Kep, le fameux crabe à pinces bleues. Comme vous pouvez le voir, il y a les photos Instagram, puis la réalité du terrain… Vous comprenez maintenant pourquoi l’option baignade de tout à l’heure ne nous a pas plus emballés que ça! 🤪

En rentrant à l’hôtel, nous pouvons encore une fois admirer le mélange des genres et des religions avec une belle statue de Shiva au milieu d’un rond-point.

Voilà, c’est fini pour Kampot et ses environs. Une très agréable découverte avec beaucoup d’informations transmises grâce à Mr. Sa, notre super guide, chaleureux et souriant (et actif sur Instagram! 😂 )

Nous vous donnons rendez-vous tout bientôt pour connaître la suite de nos aventures au Cambodge!
A très vite!
Philippe et Gabrielle

Phnom Penh

4. L’Asie – Cambodge

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

27.04 au 29.04.2022

Ce matin, c’est départ pour le Cambodge! Malgré le fait que ce pays soit très facilement accessible par la route avec de nombreuses liaisons de bus, nous sommes obligés de prendre un avion car les frontières terrestres sont encore fermées en raison des mesures Covid. C’est très frustrant et cela nous rappelle ce que nous avons subi en Amérique du Sud. C’est encore plus frustrant de savoir que deux semaines plus tard, les frontières rouvriront ainsi que les lignes de bus reliant la Thaïlande et le Cambodge… 🤦🏼‍♀️🤦🏼‍♂️
Après un tout petit peu plus d’une heure de vol, nous voici déjà arrivés à Phnom Penh, la capitale. Cette nouvelle étape de notre tour du monde va durer un peu plus de trois semaines .
Nous entamons notre découverte de la culture khmère avec cette grande ville d’un peu plus de deux millions d’habitants, qui au premier abord n’est pas très engageante. Par chance, nous pouvons déjà prendre possession de notre logement malgré notre arrivée de bonne heure. Notre chambre est assez spartiate (ancienne auberge de jeunesse donc deux lits superposés, séparés par des rideaux) mais bien située. Par hasard, nous nous retrouvons dans le même hôtel qu’une famille du Baan Mama, les « Blonds » (Pierre, Marie, Zoé et Capucine) comme nous les avions surnommés, qui terminent leur séjour au Cambodge avant de continuer en direction du Vietnam. Nous avions déjà convenu de nous revoir ici avant de poursuivre nos voyages respectifs, mais c’est rigolo de nous retrouver finalement dans le même hôtel. Nous nous donnons rendez-vous le soir afin de souper ensemble.
Comme nous sommes arrivés tôt, nous profitons de l’après-midi pour faire un saut au Musée national du Cambodge, qui se trouve vraiment à deux pas de chez nous.

Les bâtiments du musée sont très jolis et les différents éléments représentés sont très intéressants. Malheureusement, la scénographie fait très vieillot et elle ne donne pas très envie aux filles. Nous avons l’impression d’un amas d’objets avec peu d’explications et nous avons du coup de la difficulté à entrer pleinement dans cette culture. Nous arrivons tout de même, à l’aide de Wikipédia ou d’autres sites internet, à expliquer certains éléments présentés. Nous leur faisons un bref historique du pays et nous essayons de rattacher quelques statues à des récits mythologiques de la culture khmère, c’est plus sympa pour Marine et Estelle et ça aide à ce qu’elles nous écoutent 🤪.

Les moines que vous voyez sur ces photos sont des moines en tourisme!

Un aspect intéressant de ce musée est la variété des statues représentées. Elles nous permettent de bien comprendre le développement de l’hindouisme et du bouddhisme sur le territoire au fil des siècles. Ces religions ont été plus ou moins pratiquées et tolérées, selon les souverains et les époques.
Ainsi, de nos jours, la religion d’Etat est le bouddhisme alors que pendant longtemps, c’est l’hindouisme qui s’est imposé dans la région.

Salle des Bouddhas

Buste de géant (Asura), tête de Devata, statues de Shiva, Ganesh, Vishnu, Garuda et autres divinités hindoues.

Marine nous explique pourquoi Ganesh a une tête d’éléphant:

Nous nous rendons compte qu’un grand nombre de ces objets provient de la cité d’Angkor et nous nous réjouissons de pouvoir bientôt nous y rendre afin d’y observer ces merveilles architecturales et ces bas reliefs époustouflants, in situ. Pour l’instant, nous devons nous « contenter » de ce qui nous est présenté dans le musée.

Nous en apprenons aussi beaucoup sur le Krâma, cette écharpe emblématique du Cambodge. Il s’agit d’une pièce de coton à damiers, traditionnellement portée par les Khmers. Le motif, tissé de façon artisanale, est très simple, formé par le croisement de bandes blanches et de bandes d’une autre couleur, généralement rouges, mais parfois bleues, vertes ou violettes. Nous pouvons même admirer le plus long Krâma au monde (homologué par le livre Guiness des records), long de 1’149.8 mètres et réalisé par plus de 22’000 personnes en 2018. Sacrée performance… 😅

Avant de quitter le musée, nous profitons encore d’admirer quelques impressionnants objets en bois, tels qu’un siège pour monter à dos d’éléphant ou encore la cabine d’un bateau.

De retour à notre hôtel, c’est avec beaucoup de joie que nous retrouvons nos amis pour aller manger les fameuses nouilles de riz de Phnom Penh au David’s Restaurant. Ce resto est connu car les nouilles sont faites maison et en direct. En effet, un artisan les fabrique à l’entrée et c’est avec beaucoup de curiosité que les enfants (et les adultes) observent la maîtrise dont il fait preuve.

C’est un agréable moment d’échanges autour du Cambodge et de nos voyages respectifs. Les filles sont très heureuses de retrouver des copines avec qui elles peuvent parler français et surtout se remémorer leurs souvenirs inoubliables du Baan Mama.


Aujourd’hui, le programme n’est pas bien chargé: un peu d’école et d’administration pour organiser la suite du voyage en terres khmères puis visite d’un marché.
Pour commencer, c’est un excellent brunch qui nous attend. Gabrielle a repéré un bon restaurant proche de notre chambre d’hôtel et nous nous y rendons avec appétit (Gabrielle rêve d’un oeuf Bénédicte depuis plusieurs semaines 😋 !). A relever que le Cambodge ayant fait partie de l’empire colonial français (l’Indochine), nous allons régulièrement retrouver de bonnes boulangeries françaises et surtout du « bon » pain, denrée rare depuis notre départ en août !

Une fois repus, nous rentrons pour travailler et organiser la suite de notre séjour. Après quelques tensions pour réussir à faire bosser les filles 🤪, nous pouvons avancer dans la planification des prochains jours. Ces tâches terminées, nous prenons un tuk tuk et nous partons en direction du Russian market. Pas de grande communauté russe au Cambodge mais apparemment le marché serait surnommé ainsi en raison des touristes russes qui s’y rendraient régulièrement. Son vrai nom? le marché de Tuol Tompoung!
Qu’a-t-il de spécial? A vrai dire, pas grand chose… Il s’agit d’un marché couvert avec ses dédales dignes d’un labyrinthe et sa multitude de petites échoppes où tout peut se trouver: des articles religieux aux habits, en passant par les pièces de rechange mécaniques, les stands de nourriture ou de bijoux, il y a tout… Un vrai Souk! Mais notre visite ne s’avère pas vaine car les filles trouvent de jolies bagues en argent et nous, le dé qu’il nous manquait pour pouvoir jouer au Farkle, dé que nous avons égaré en Polynésie (si vous ne connaissez pas ce jeu, n’hésitez pas à nous demander, nous y jouons volontiers 😜).

Nous nous voyons encore une dernière fois avec nos amis pour manger ensemble avant de poursuive notre route, chacun de son côté. Même si nous n’aurons plus l’occasion de nous retrouver, nous resterons en contact et nous bénéficierons encore de leurs bons conseils concernant la suite de notre séjour au Cambodge.

Durant ces premiers jours au Cambodge, nous remarquons rapidement que les Khmers parlent davantage anglais que les Thaïs, ils portent beaucoup moins le masque et ils portent tous un casque au volant de leur scooter ou tuk tuk 😉, usage presque inexistant en Thaïlande. Enfin, en tout cas en ce qui concerne les conducteurs, car bien souvent les deux, trois ou même quatre passagers du scooter 😱, eux, n’en portent pas 😅!
De leur côté, les filles sont particulièrement contentes de voir qu’il y a beaucoup moins de temples bouddhistes 😂.
Nous découvrons également une particularité vestimentaire chez les hommes: le t-shirt remonté sous la poitrine en laissant le bidon (souvent très rebondi) à l’air libre. Très classe 😜 !

A très bientôt pour la suite de notre séjour khmer!
Gabrielle et Philippe

Bilan de la Thaïlande

4. L’Asie – Thaïlande

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

13.03 au 27.04.2022

C’est l’heure du bilan pour cette étape particulièrement longue. Nous avons vu énormément de choses variées et avons pris beaucoup de plaisir à découvrir la culture thaïe ainsi que sa gastronomie.


Voici notre bilan de la Thaïlande:

Nos coups de coeurs familiaux
Voici en vrac quelques éléments qui nous ont particulièrement plu:

  • Notre séjour à Baan Mama
  • La liberté que nous ont amené nos locations de scooter et de voiture
  • Nos expériences en train de nuit
  • La cuisine thaïlandaise
  • La richesse de la culture thaïe et ses magnifiques temples (enfin…surtout pour les adultes 😂 )
  • Les belles cascades visitées
  • Nos « vacances » sur Koh Lanta

Gabrielle:
J’ai aimé: les massages et manucures à prix imbattables.

J’ai moins aimé: la difficulté pour entrer en communication avec les locaux (heureusement, il y avait Google Translate, mais c’était moins naturel).

Philippe:
J’ai aimé: nos excursions en tail boat pour passer d’une île à l’autre, d’une plage à la suivante, et les impressionnants rochers karstiques.

J’ai moins aimé: la complexité des démarches pour obtenir le Thaïland pass, sésame pour entrer dans le pays, et les frais exorbitants que cela a occasionnés.

Marine:
J’ai aimé notre séjour à Baan Mama, pouvoir monter sur Tami et nourrir les éléphants.

J’ai moins aimé: me faire piquer par une méduse à Kho Phi Phi.

Estelle:
J’ai aimé: notre séjour à Baan Mama.

J’ai moins aimé: visiter trop de temples!


Statistiques de notre séjour en Thaïlande

  • Nombre de jours: 45
  • Distance parcourue: 4’885km, sans compter tous les petits trajets en voiture, à pied ou en bateau.
  • Budget prévu: CHF 4’374.-, avec un budget journalier de CHF 97.- par jour, pour nous 4.
  • Budget dépensé: CHF 4’626.- pour ce pays, nous avons donc dépassé le budget prévu de CHF 252.- (en grande partie à cause du coût du Thailand pass).


Pour plus de détails sur nos aventures en Thaïlande, n’hésitez pas à lire les articles précédents. Il vous suffit de retourner tout en haut de cet article (si vous le lisez sur le blog) et de cliquer sur « Articles du blog ».

A bientôt!
Estelle, Marine, Philippe et Gabrielle