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19.05 au 16.06.2022
C’est l’heure du bilan pour cette première étape sur le continent africain:
Nos coups de coeursfamiliaux Voici en vrac quelques éléments qui nous ont particulièrement plu:
Passer trois semaines en compagnie des Ramangalahy
Les nombreux parcs nationaux visités et leur faune incroyable
Suivre un rythme différent, plus tranquille, pendant notre séjour dans le village d’Ambatozavavy (et y faire la connaissance des chats des Rama)
Trouver régulièrement des viennoiseries « à la française »
Avoir toutes nos visites guidées en français
Avoir un chauffeur privé pour visiter le nord de la grande terre
Gabrielle: J’ai particulièrement aimé: la plongée à Nosy Tanikely durant laquelle j’ai vu un requin guitare et mes 24h d’escapade avec ma soeur.
J’ai moins aimé: la musique à fond et non-stop dans le taxi-brousse.
Philippe: Ce que j’ai préféré: découvrir des animaux que je n’avais encore jamais pu observer dans leur habitat naturel (lémuriens et caméléons).
J’ai moins aimé: la difficulté et le temps pris pour relier un point à un autre à cause de l’état désastreux des routes.
Marine: Ce que j’ai préféré: voir et nager avec les tortues marines.
J’ai moins aimé: nager dans de l’eau qui « pique » (les planctons de l’océan Indien).
Estelle: Ce que j’ai préféré: voir des lémuriens.
J’ai moins aimé: me faire une grosse blessure au genou en tombant.
Statistiques de notre séjour à Madagascar
Nombre de jours: 29
Distance parcourue: 1’406km, sans compter tous les petits trajets en voiture, à pied ou en bateau.
Budget prévu: CHF 2’504.-, avec un budget journalier de CHF 89.- par jour, pour nous 4.
Budget dépensé: CHF 2’499.- pour ce pays, nous avons donc économisé CHF 5.-
Carte du voyage
Pour plus de détails sur nos aventures à Madagascar, n’hésitez pas à lire les articles précédents. Il vous suffit de retourner tout en haut de cet article (si vous le lisez sur le blog) et de cliquer sur « Articles du blog ».
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13.06 au 16.06.2022
Il nous reste encore quatre jours pour profiter de la famille Ramangalahy et nous avons décidé de placer ces derniers jours sous le signe des vacances, pour tout le monde, afin de découvrir une autre partie de l’île de Nosy Be. Nous allons en direction de la côte ouest, à l’opposé d’Ambatozavavy. Notre base sera Ambondrona, petit village touristique en bord de mer, au sud-ouest de l’île. Avant d’y arriver, nous devons d’abord passer par la capitale, Hell-Ville, pour trois raisons: tirer de l’argent, passer chez la tailleuse et nous renseigner pour les futurs tests PCR que nous devons effectuer pour partir découvrir notre prochain pays. Nous commençons par aller tirer des ariary afin de pouvoir terminer notre séjour malgache. Cette fois-ci, tout fonctionne, en faisant bien attention d’utiliser l’ancienne carte de Philippe 🥳. Nous allons ensuite chez la tailleuse pour récupérer les vêtements commandés. Malheureusement, il reste quelques retouches à faire, alors ce seront les Rama qui nous les rapporteront cet été quand ils reviendront à Genève pour les vacances. Nous partons enfin pour l’hôpital, afin de nous renseigner sur les coûts et les délais des tests PCR qui nous sont malheureusement encore nécessaires pour la suite de notre tour du monde.
Une fois toutes ces tâches administratives effectuées et le repas de midi pris, nous partons pour Ambondrona. Nous allons loger pour les trois prochaines nuits à l’auberge de jeunesse du coin. Les Rama connaissent les lieux car ils y ont organisé un camp pour enfants l’été passé et ils ont un bon contact avec les propriétaires. Nous avons réservé un dortoir pour nous tous. Les lieux sont bien équipés, avec un bel espace commun, des sanitaires douches et WC bien entretenus. Cerise sur le gâteau, nous sommes très proche de la plage.
Après nous être installés, nous poursuivons notre route vers le centre de l’île et le Mont Passot. Il s’agit du point culminant de Nosy Be, une colline volcanique de 329m de haut et qui offre un point de vue à 360° grâce à sa grande terrasse panoramique. Entouré de huit petits lacs de cratères, ce belvédère naturel permet d’avoir une vue imprenable sur le Canal du Mozambique. C’est là que nous profitons de pique-niquer, avec un paysage magnifique comme toile de fond.
Le soleil se couchant, nous en profitons aussi pour prendre quelques photos de groupe ou de famille, puis nous nous amusons à tenter diverses poses en ombre chinoise, la nuit ne tardant pas!
Sur le chemin du retour à la voiture, Philippe se fait surprendre par un petit serpent qui passe juste devant ses pieds. Marine et Estelle se font encore maintenant un plaisir de décrire le bond qu’il a fait, d’au moins… 3m de haut 😜.
En bas de la colline, nous retrouvons Stefano qui nous ramène à notre logement. Nous fixons avec lui l’heure du rendez-vous dans deux jours pour qu’il nous amène à l’aéroport puis nous rejoignons notre dortoir pour dormir car une longue journée nous attend demain!
Aujourd’hui, c’est un jour spécial… C’est l’anniversaire d’Andry. Pour l’occasion, Nathalia est allée tôt ce matin dans une boulangerie des environs (pas facile à trouver!) pour chercher quelques viennoiseries.
Après un délicieux petit-déjeuner, nous faisons quelques mètres et nous rejoignons l’école de plongée, attenante à l’auberge de jeunesse. Les propriétaires sont les mêmes que pour l’auberge et nous avons organisé une sortie avec eux. Cette excursion est le cadeau d’anniversaire pour Andry et Rija (qui aura son anniversaire sous peu). Andry, Rija et Nathalia vont pouvoir faire leur baptême de plongée et Gabrielle a décidé d’en profiter pour faire elle aussi une sortie, car elle a déjà son diplôme de plongée. Par contre, ce diplôme date de 20 ans…et elle n’a pas replongé depuis 🙃. Mialy est encore trop jeune pour participer, tandis que Marine, Estelle et les deux papas ne sont pas trop emballés par une immersion dans les profondeurs océaniques 😉. Vers 9:00, tout le monde embarque dans un petit bateau à moteur car nous allons tous rejoindre la petite île de Nosy Tanikely, d’où partiront les plongeurs. En effet, la baignade et le snorkeling y sont aussi possible. Nous sommes accompagnés par trois moniteurs de plongée qui vont accompagner les courageux.
Arrivés sur une île magnifique et quasiment déserte, nous commençons par payer nos droits d’entrée puis le petit groupe suit une formation théorique pour la plongée qui va suivre. Un rappel bienvenu pour Gabrielle, qui appréhende un peu de ne plus se rappeler tout ce qu’il faut! A la base, ils avaient décidé que Gabrielle n’aurait pas de « budy » attribué et qu’elle dépendrait de celui attribué à Nathalia. Toutefois, Nathalia étant en « baptême » de plongée, le moniteur doit constamment la tenir… ce qui compliquerait les choses si Gabrielle venait à avoir un problème sous l’eau 😅! Pour finir, ils ont trouvé un troisième moniteur qui plongera avec eux. Rija et Andry plongeront l’un à la suite de l’autre, donc ils peuvent se partager le même moniteur.
Une fois les règles et les gestes de base expliqués, ainsi que le déroulement de la plongée, tout le monde va s’équiper avec son matériel. Combinaison, bonbonne, etc. pour les plongeurs, masque, tuba et palmes pour les snorkelers 🤿.
Philippe accompagne pendant un moment les plongeurs dans leur évolution sous-marine et très rapidement un monde merveilleux s’offre à nous. Proche de la surface, ce sont de multiples poissons ainsi que des tortues qui nagent autour de nous. C’est un vrai bonheur de pouvoir évoluer si près de ces magnifiques tortues marines.
Par la suite, Philippe doit abandonner les plongeurs car ces derniers vont de plus en plus profond. Les fonds marins sont toujours aussi beaux et ils regorgent de différents spécimens de poissons, tous plus intéressants les uns que les autres 🐟🐠🐡. Sur le chemin du retour, Philippe est accompagné presque tout du long par des tortues marines. Il croise également des raies pastenagues, qui lui rappellent bien la Polynésie! Gabrielle est soulagée car après quelques minutes dans l’eau, les réflexes sont revenus et l’appréhension disparaît. Elle peut donc profiter d’aller à sa guise, en s’assurant de garder son partenaire de plongée à portée de vue et vice-versa. Nathalia et Gabrielle auront le chance d’observer un requin guitare, ce qui n’est apparemment pas fréquent 🦈! Après environ une heure d’émerveillement, tout le monde revient sur le rivage.
De retour sur la plage, nous en profitons pour nous balader un peu sur l’île et grimper à son sommet afin d’y visiter un joli petit phare.
Après cette inoubliable matinée sous-marine, nous rentrons en début d’après-midi à Ambondrona. Nos ventres commençant sérieusement à gronder, nous prenons le dîner dans l’hôtel Nosy Lodge qui se trouve juste à côté de notre auberge de jeunesse. C’est un très bel hôtel avec piscine 🤩. C’est l’occasion de manger un bon repas d’anniversaire et surtout un délicieux gâteau préparé par Nathalia pour fêter comme il se doit le jubilaire 🎂! Nous pouvons également profiter de la piscine et de ses transats, même si l’eau est plutôt très fraîche! Comme les touristes sont encore rares, nous n’avons pas vraiment de concurrence pour les transats ou la baignade 😎.
Pour terminer cette belle journée, nous sortons souper dans un autre restaurant du bord de mer. Nous sommes clairement ici dans une partie beaucoup plus touristique de Nosy Be. En effet, les repas sont délicieux mais les prix sont aussi beaucoup plus élevés qu’ailleurs! Repus et bien fatigués nous nous dépêchons de rejoindre nos lits car une autre longue journée nous attend demain.
Ce matin, le réveil sonne tôt car, avant d’entamer le programme aquatique de la journée, nous devons partir pour l’hôpital de Hell-Ville afin d’y procéder à notre habituel test Covid, sésame pour notre prochain pays. Toute la famille embarque dans un petit badjaj (prononcer badzaz), un de ces tuk-tuks à trois roues. Une fois les prélèvements « si appréciés » effectués, nous félicitons les filles pour leur courage (c’est quand même le dixième depuis notre départ… 😅) en allant prendre un délicieux petit-déjeuner à la Casa Mofo. Il s’agit d’une boulangerie/tea-room de la capitale que nous avons découvert grâce aux Rama, qui en ont fait un passage quasi obligé lors de leurs régulières venues à Hell-Ville. Il s’y vend de nombreuses et délicieuses viennoiseries et pâtisseries 🥐, qui nous rappellent la maison.
Nous rentrons ensuite rejoindre les Ramangalahy à Ambondrona pour une nouvelle sortie en bateau ⛵️. Cette fois-ci, l’objectif est l’île de Nosy Sakatia, un peu au nord-ouest de Nosy Be.
Arrivés proches de l’île, nous nous mettons à l’eau pour aller nager avec des tortues marines. Nous en avons déjà vu plusieurs lors de notre sortie à Nosy Tanikely mais, cette fois-ci, celles que nous découvrons sont encore plus grosses et imposantes 🤩. Ce sont de loin les plus grandes que nous ayons vues depuis le début de notre voyage (à part leurs cousines terrestres des Galapagos 🐢)! C’est réellement très impressionnant de nager à côté de ces mastodontes, qui nous ignorent royalement tandis qu’elles continuent de vaquer à leurs occupations (principalement manger…).
Après une à deux heures de nage avec ces magnifiques créatures, nous rejoignons la plage pour y manger un délicieux repas préparé par nos guides 😋.
Nous profitons aussi de notre passage sur l’île pour aller visiter une école fondée par une Suissesse, Ann-Christine Leuzinger, une ancienne enseignante genevoise. A son arrivée à Sakatia, au début des années nonante, l’île ne bénéficiait d’aucune structure scolaire et c’est en 1995 qu’Ann-Christine a ouvert cette école primaire. A l’époque, cette ouverture a permis à plus de quarante jeunes d’accéder aux bancs d’école. En effet, la plupart des enfants de l’île n’avaient encore jamais fréquenté l’école pour des raisons financières et géographiques. Nous ne verrons cependant pas d’écoliers durant notre visite car c’est la pause de midi 🤪.
Enfin, il est l’heure de rentrer à Ambondrona et de laisser derrière nous le cadre merveilleux que l’île de Nosy Sakatia nous offre. Durant le trajet retour, nous avons la chance d’assister à une représentation de danse et de chants, offerte par Estelle et Mialy 😂.
C’est une fois de plus conquis par les beautés offertes par Madagascar que nous rejoignons les bras de Morphée pour notre dernière nuit malgache.
Pour cette dernière matinée, nous profitons encore une fois de l’hôtel Nosy Lodge pour y prendre un délicieux petit-déjeuner sous forme de buffet. Le temps de nous prélasser encore un peu sur les transats au bord de la piscine, il est déjà l’heure de finir les valises car Stefano arrive pour nous véhiculer à l’aéroport 🚌.
Avant de rejoindre l’aéroport nous passons rapidement à l’hôpital de Hell-Ville afin de récupérer les résultats de nos tests PCR. Ouf, tout est bon, nous pouvons continuer notre tour du monde 😄! Nous voulons encore changer nos derniers ariary pour des dollars, histoire d’avoir un peu d’argent en arrivant à notre prochaine destination. En effet, l’ariary est une monnaie difficile à échanger en dehors de Madagascar…😉 Nous cherchons un bureau de change où procéder à l’opération mais cela s’avère plus difficile que prévu! C’est effectivement très peu intéressant pour les Malgaches de se séparer de devises étrangères stables, qui sont plus sûres que l’argent local. Heureusement, Stefano a des contacts et il nous conduit chez un petit commerçant du coin qu’il connaît. A notre grand étonnement, celui-ci nous propose un taux de change tout à fait correct et nous voilà débarrassé de la majeure partie de nos ariary, avec en poche quelques dollars américains 💵.
Après avoir parcouru les derniers kilomètres, nous arrivons dans un tout petit aéroport. Difficile à croire que nous allons quitter le pays pour rejoindre notre prochaine destination depuis ce minuscule terminal. Nous procédons aux derniers achats de souvenirs puis vient le moment des adieux avec les Rama 😢. C’est le coeur gros que nous nous disons au revoir, même si nous savons que nous allons rapidement nous retrouver puisqu’ils seront dans un mois et demi à Genève! Nous les remercions chaleureusement pour leur accueil, pour nous avoir permis de partager leur vie à Ambatozavavy et pour nous avoir fait découvrir cette magnifique île de Nosy Be. Madagascar fut vraiment une belle découverte! C’est vraiment dommage que ce pays, qui regorge de richesses, soit gouverné par une telle classe dirigeante, qui ne permet pas à sa population de profiter des retombées de ces atouts. C’est avec un peu de tristesse mais aussi de l’excitation que nous montons dans l’avion pour notre prochain et dernier pays.
A très vite pour le bilan de notre visite de Madagascar. Philippe et Gabrielle
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09.06 au 13.06.2022
En cette journée, il y a deux salles, deux ambiances… D’un côté, celui des enfants et des papas, c’est matinée studieuse avec travail scolaire au menu puis après-midi de jeux. De l’autre, celui des mamans, c’est farniente 🏖️ à profiter encore de l’hôtel avant de retrouver la vie plus simple du village d’Ambatozavavy.
Nathalia et Gabrielle rentrent de leur escapade dans la journée, ravies de leur séjour!
Le jour suivant voit se répéter le programme habituel: école, jeux, etc. Durant ces journées de routine, il n’est pas rare de voir des amis de la famille Ramangalahy passer pour venir discuter avec Nathalia ou Hervé. Aujourd’hui, le propriétaire de la maison vient récolter quelques noix de coco de son arbre 🌴. Il nous en laisse deux-trois que nous sommes ravis de déguster. Une fois qu’il nous l’a ouverte à la machette (plus efficace que le « coup de main » polynésien 🤪), nous nous retrouvons mis à contribution pour la préparer, en utilisant la même manière de faire qu’en Polynésie: râper la chair de coco sur un outil tenu entre les jambes.
Chaque semaine, Nathalia propose aussi un cours de français intensif à certains jeunes du village. Elle suit des groupes d’âges différents et aujourd’hui, c’est au tour de trois jeunes garçons en fin de scolarité primaire qui doivent passer leurs examens sous peu. Pour rappel, après l’école primaire, les cours sont tous dispensés en français et non plus dans la langue locale. Nous sommes effarés de voir que la plupart des enfants (non seulement du village mais d’une grande partie du pays) ont un niveau très, très basique en français alors qu’ils vont passer au collège dans quelques mois et donc avoir 100% des cours dispensés en français. Cela nous semble très injuste car l’accès aux études supérieures est du coup très limité pour une grande partie des jeunes malgaches! Si un enfant va dans une école privée, ses chances augmentent, mais cela coûte cher et la grande majorité ne peut pas se le permettre.
Le lendemain, c’est à nouveau une journée routinière à Ambatozavavy. Nous sommes aussi témoins de la précarité dans laquelle vit une grande partie des habitants du village. Alors que nous sommes en train de vaquer à nos occupations, nous entendons soudain des hurlements d’un enfant juste à côté. Il s’agit d’un petit garçon de 6-7 ans qui s’est ouvert le pied un peu plus loin. Alors que ses camarades et lui étaient en train de grimper à un arbre pour récolter quelques mangues, le petit garçon s’est planté un gros morceau de verre dans la plante du pied. La plupart des enfants du village que nous croisons vont nu-pieds. La blessure est profonde et pas bien belle… Nathalia s’occupe de désinfecter la plaie et elle appose un pansement. Lorsque la maman arrive enfin, elle commence par enguirlander son fils et à aucun moment elle ne le réconforte ou ne se soucie de savoir comment il va… Il n’y a pas de dispensaire au village et, en cas de soucis de santé, il faut se rendre à Hell-Ville. Pas de soins gratuits ou d’assurance maladie évidemment, alors très souvent les gens ne se déplacent que quand cela ne va vraiment pas. Il n’est donc pas rare de voir certains habitants du village venir chez les Rama car ceux-ci ont une trousse de premiers soins basique. Nathalia recommande à la maman de faire attention de garder la blessure le plus propre possible et d’éviter que son fils pose le pied par terre. Mais lorsque le petit garçon revient pour changer son pansement le lendemain, il marche comme d’habitude à pieds nus, et son pied est très sale. Nous espérons que la plaie ne va pas s’infecter… 😔
Nous vivons aussi une autre réalité de la vie du village et plus globalement de Madagascar: les coupures d’eau. Il faut savoir qu’il n’y a pas d’eau courante dans la maison des Rama, si ce n’est un petit robinet dans le jardin. Nous devons donc remplir des bidons, que ce soit pour la vaisselle, les toilettes, la douche ou encore l’eau que nous buvons (ils ont un système dans un grand récipient avec un filtre pour purifier l’eau qu’ils boivent). De notre côté nous avons de la chance, Rosina a un système de pompe électrique qui permet d’avoir de l’eau courante à l’étage où nous logeons. Mais un jour, plus de débit… Nathalia et Hervé nous expliquent que cela arrive régulièrement et que cela ne dure généralement pas trop longtemps. Etant habitué, tout le monde a toujours plusieurs bidons d’eau en réserve pour tenir jusqu’à la remise en service. La raison de ces coupures est le plus souvent due à un bouchon au niveau de la captation d’eau de la source: branches, cailloux, etc. Le retour de l’eau dépend en général de la rapidité à laquelle la mairie envoie quelqu’un pour s’en occuper. Mais cette fois, la coupure va durer plusieurs jours… Apparemment beaucoup plus longtemps que d’habitude. Du coup, nous arrivons petit à petit au bout des réserves… Mais heureusement, une autre source d’eau se trouve un peu à l’extérieur du village avec un puit auquel les gens peuvent se rendre. Même si cela n’a jamais été catastrophique, c’est une situation peu agréable de rationnement et d’incertitude. Surtout qu’aucune information n’est fournie par les autorités du village.
Pour ce samedi, jour de week-end donc sans travail scolaire, nous avons prévu une sortie en dehors du village avec les Ramangalahy. Nous commençons par une sortie en bateau en direction de l’île de Nosy Komba, ce qui signifie l’île aux lémuriens, et qui abrite de nombreux makis macaco, considérés comme sacrés par les insulaires. C’est une île volcanique de forme circulaire, d’environ 6km de diamètre et dont le sommet culmine à plus de 622m.
Mais avant de nous y rendre, nous commençons par accoster sur un petit banc de sable au milieu de nulle part. Nous avons vraiment l’impression d’être des naufragés sur une île déserte. L’eau y est magnifique et transparente.
La qualité de l’eau nous permet aussi de faire un peu de snorkeling et nous nous régalons à chercher de jolis poissons et de beaux fonds sous-marins 🤿. Nous tombons sur quelques poissons clowns, de belles murènes et de jolis coraux. Un petit air de Polynésie qui nous ravit! Pourtant, assez vite, nous ressentons quelques petits picotements, comme si nous touchions des orties. Pas de grande douleur mais une sensation un peu désagréable qui va et vient. Il s’agirait d’une spécificité de l’océan indien: apparemment une sorte de plancton, irritant mais inoffensif.
Au fur et à mesure des heures qui passent, nous voyons l’île se rétrécir petit à petit! En effet, la marée fait que la partie émergée de l’île disparaît peu à peu. C’est du coup le moment pour nous de remonter dans le bateau et de rejoindre l’île de Nosy Komba afin d’y prendre le repas de midi. Nous accostons au village d’Ampangorina et c’est dans ce cadre idyllique, quasiment les pieds dans l’eau, que nous dégustons de bons plats à base de poisson.
Après le dîner, nous partons visiter l’île avec l’organisation des guides locaux. Cette fois-ci ce n’est pas un parc national mais plutôt une réserve privée. Sur le chemin qui nous mène du village aux animaux, nous rencontrons quelques caféiers qui produisent des grains de café arabica. Ici, le meilleur café s’appelle « caca de lémurien », nous vous laissons imaginer pourquoi 😂.
Si nous spécifions qu’il s’agit d’une réserve privée et non d’un parc national c’est que nous sommes assez choqués de voir nos guides sortir quelques bananes et attirer ainsi les makis macaco vers nous. Apparemment, ils pensent que le touriste doit en avoir pour son argent… quitte à empiéter sur la vie sauvage. Et malheureusement, ils ont souvent raison car beaucoup de touristes demandent de pouvoir toucher ces magnifiques animaux semblables à des peluches 😞. Ils nous proposent également de faire venir les lémuriens sur notre épaule pour les prendre en photo mais nous ne sommes vraiment pas convaincus par cette manière de faire! Nous refusons poliment la proposition et nous nous contentons de les observer et d’écouter les informations que les guides peuvent nous donner à leur propos. Nous apprenons qu’ils vivent en petits groupes mixtes de 7 à 15 individus. Principalement végétariens, ils mangent parfois de tout petits insectes et des mille-pattes. Bien que le groupe soit généralement majoritairement constitué de mâles, le mode social des macacos est matriarcal. Une femelle dominante dirige le groupe, accompagnée d’autres femelles. Il est très facile de différencier le mâle de la femelle car ces dames ont le poil entre le marron et le roux, tandis que leurs compagnons ont une fourrure noire. Tous deux ont de sacrées touffes de poil blanc ou noir qui semblent sortir de leurs oreilles et qui nous font bien rire 😂.
Si les lémuriens sont libres d’aller à leur guise, où ils veulent, ce n’est pas le cas des prochains animaux que nous rencontrons. Il s’agit de quelques tortues terrestres, de différentes tailles, conservées dans des sortes d’enclos entourés d’un muret en pierres 🐢. Certaines sont très, très grandes et elles ressemblent beaucoup à celles que nous avions découvertes aux Galapagos! Bon, nous n’avons retrouvé qu’une photo de ces tortues et c’est une toute petite qui est dessus 😜. Nos guides nous montrent encore une fosse dans laquelle se trouvent deux boas 🐍(un peu glauque…), quelques lézards et un joli caméléon orangé. Notre guide nous explique que leur langue peut être très longue, parfois plus longue que leur queue et qu’elle possède une sorte de petite ventouse au bout pour attraper les proies!
Même si nous sommes heureux d’avoir eu l’occasion de découvrir de très près une nouvelle espèce de lémuriens, nous ne sommes pas très emballés par les conditions dans lesquelles cette visite s’est faite. Cela fait maintenant plusieurs mois que nous admirons des animaux dans leur milieu naturel, à l’état sauvage, et se retrouver dans cette sorte de zoo ne nous plaît pas énormément. Avant de remonter dans notre bateau, nous passons encore devant quelques boutiques de souvenirs et nous nous rendons compte une fois de plus combien le Covid a pu toucher ces communautés qui vivent essentiellement du tourisme 😞. Nous repartons avec quelques souvenirs dont des flacons d’extraits de vanille qui sentent magnifiquement bon.
De retour au village, c’est à nouveau la classique soirée ciné-pizza 🍕🎬 du samedi soir qui nous attend, avec cette fois le film Sister act 2!
Ce dimanche est le dernier jour entier que nous passons au village d’Ambatozavavy. Après le petit déjeuner, les filles nous disent ne pas être très emballées à l’idée d’aller au culte car elles ne comprennent pas ce qui est dit. Nous décidons du coup de ne pas les y forcer et les cousins en profitent pour rester eux aussi à la maison. A la place, nous organisons une activité biblique sur l’ordinateur, accompagnée de quelques chants. Une alternative qui leur plait 😉.
Une fois Nathalia et Hervé de retour du culte, nous partons tous ensemble à la fondation suisse, sur les hauteurs du village, pour le repas de midi que nous avions réservé il y a de cela quelques jours. Nous nous régalons et nous profitons une dernière fois du cadre magnifique qui s’offre à nos yeux.
Une fois repus, nous décidons d’aller un peu en dehors du village afin de visiter une distillerie d’ylang-ylang. Il s’agit d’un arbre cultivé pour ses fleurs dont on extrait, par distillation, une huile essentielle. Cette dernière est très souvent utilisée comme fixateur de parfum (ou directement comme parfum), dans les cosmétiques ou encore dans l’aromathérapie. Il y a énormément de champs consacrés à cette ressource sur l’île de Nosy Be et nous avons la chance de pouvoir visiter une usine afin de mieux comprendre sa culture. Depuis notre arrivée sur Nosy Be, les champs d’ylang ylang nous ont fortement intrigués car tous les arbres sont comme pliés vers le bas et ils semblent tout tordus. Nous apprenons que, si cet arbre peut atteindre 20 à 25m de haut dans la nature, il est ici taillé à environ deux mètres de hauteur. La taille se fait deux fois par mois, ce qui augmente la production de fleurs et en facilite surtout la récolte car celles-ci sont ainsi plus facilement atteignables par les personnes qui sont chargées de les cueillir.
Les premières photos montrent un arbre ylang-ylang à l’état naturel, puis la dernière montre un arbre taillé pour la récolte.
L’huile essentielle est donc produite à partir des fleurs. Ces dernières doivent être bien jaunes avec un coeur rouge 🌼. Si la fleur est trop verte, le rendement peut diminuer de 25%! Pour plus de qualité, il faut distiller sans attendre les fleurs fraîchement cueillies. Il en faut 100kg pour produire entre deux et trois litres, c’est impressionnant! Surtout quand on sait qu’un cueilleur récolte en moyenne 20 à 30kg par jour. Il n’y a pas de saison particulière pour la récolte car la floraison est continue, durant toute l’année. Nous allons effectivement voir plusieurs arbres à des stades de floraison différents les uns des autres.
Dans l’entreprise que nous visitons, nous apprenons qu’il y a environ 30 femmes et 50 hommes qui sont employés, la plupart provenant des villages environnants. Il y en avait davantage auparavant, mais depuis la modernisation des alambics, le nombre d’employés a diminué. Traditionnellement, les femmes sont à la récolte et les hommes sont à l’usine.
Il y a quatre qualités d’huiles essentielles qui dépendent de la durée de distillation. Plus les fleurs vont être distillées longtemps, moins l’essence sera de qualité et moins elle se vendra chère (cela va de 0-2h à plus de 10h). Nos guides nous expliquent aussi les différentes étapes du processus de distillation en nous faisant visiter l’usine: 1) L’eau est chauffée avec un four à bois jusqu’à la production de vapeur. 2) La vapeur part dans le tuyau. 3) Elle descend dans un alambic. 4) Elle passe à travers le compartiment où se trouvent les fleurs. 5) La vapeur arrive dans un bac où se trouve un serpentin qui la refroidit et la transforme en liquide. 6) Le liquide récolté arrive dans un récipient où l’huile et l’eau se séparent naturellement. 7) L’huile flotte à la surface et elle passe dans un tuyau au sommet du récipient. 8) L’huile est ainsi récupérée et mise en bouteille. 9) L’eau restante peut également être vendue en tant qu’hydrolat (parfois appelée eau florale).
La photo n’étant pas très claire, voici un schéma trouvé sur internet 😉.
Nous terminons cette visite instructive par un petit tour dans le jardin qui se trouve à côté de l’usine et dans lequel poussent quelques variétés de plantes, telles que le citron kefir, très utilisé en cuisine. Nous y voyons aussi un arbre appelé l’arbre du voyageur, en forme d’éventail. Il est ici plutôt petit, mais nous en avons vu qui pouvaient atteindre plusieurs mètres de haut lors de nos divers trajets. Il est surnommé ainsi car il serait capable de stocker de l’eau à la base de ses feuilles et ainsi désaltérer les voyageurs déshydratés.
Une fois rentrés, c’est un repas de fête qui nous attend avec de délicieuses crêpes pour ce dernier repas que nous prenons chez les Ramangalahy. Tout le monde se régale et nous rigolons bien des quelques essais ratés, dont un qui nous fait penser à un dinosaure!
C’est le ventre bien rempli que nous rejoignons nos lits pour une dernière nuit à Ambatozavavy.
Avant de quitter le village pour partir sur la côte ouest de Nosy Be, nous passons encore visiter les femmes de l’association Mama Vao Vao. En sakalava, Vao Vao signifie « quelque chose de frais ou de nouveau ». Il s’agit d’une association qui aide les femmes et les filles malgaches de la région à vendre de manière profitable de magnifiques pièces d’artisanat dessinées et cousues de leurs mains. Cette association permet de leur apporter un espace sécurisé où travailler. La prostitution et le trafic sexuel d’enfants sont malheureusement deux problèmes auxquels les femmes de Nosy Be sont confrontées chaque jour. Tout le monde pense à la Thaïlande lorsqu’on parle du tourisme sexuel, mais il faut savoir que Nosy Be est apparemment également connue pour cela 😔… L’objectif de cette association est donc de préserver les femmes de la prostitution et d’aider celles qui souhaitent en sortir. Grâce à leurs confections et leurs ventes, elles reçoivent un salaire décent qui les aide à subvenir aux besoins de leurs familles. Elle retrouvent aussi leur dignité et elles sont valorisées par le fruit de leur travail.
Les artisanes signent chacune de leurs pièces de leur nom. Dans les villages, chaque personne est connue par sa famille. C’est pourquoi chaque « mama » signe son travail avec le mot Mama, suivi du nom de son enfant (normalement l’aîné). Cela donne un aperçu de la vie dans un village et de la valeur des relations familiales! La famille est une grande richesse à Madagascar. Les femmes qui n’ont pas d’enfant sont appelées par leur prénom. C’est rigolo car, en effet, Nathalia est souvent présentée ou référée comme mama Mialy par les gens d’Ambatozavavy. Mialy n’est pas l’aînée, mais c’est elle qui a été la plus rapidement connue dans le village 😉.
Après quelques achats souvenirs, nous nous préparons pour le départ. Nous profitons du fait que les Rama vont venir cet été en vacances quelques semaines à Genève pour leur laisser une partie des souvenirs que nous avions achetés au Cambodge, ainsi que ceux que nous avons acheté ici. Pas de frais de poste et surtout l’assurance que ceux-ci arriveront bien à destination 😜! Nous avons à nouveau fait appel à Stefano pour nous emmener vers notre prochaine destination sur l’île. Mais avant qu’il arrive nous immortalisons une dernière fois notre séjour à Ambatozavavy. Nous avons vécu deux magnifiques semaines durant lesquelles nous avons pu accompagner la famille Ramangalahy dans leurs activités quotidiennes et mieux comprendre la réalité de leur vie de missionnaires à Mada.
Nous vous disons à très vite pour la suite et fin de notre séjour malgache! Philippe et Gabrielle
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02.06 au 08.06.2022
Nous voilà donc arrivés dans le village d’Ambatozavavy, petit village de pêcheurs, situé au nord-est de Nosy Be, à 11 kilomètres du chef-lieu, Hell-Ville.
Les Rama y sont installés depuis le mois d’octobre 2020 comme missionnaires, envoyés par l’organisation AIM (African Inland Mission). Hervé y forme en théologie les différents pasteurs de la région tandis que Nathalia anime le catéchisme pour les jeunes enfants du village avec deux jeunes adultes qui, elle l’espère, pourront prendre son relai lors de leur retour en Suisse.
En parallèle, elle accompagne leurs trois enfants dans leur scolarité. Ils suivent des cours à domicile grâce au CNED, le centre national d’étude à distance (programme scolaire français). Rija et Andry, 13 et 11 ans, font la plupart de leurs tâches en ligne et ils font preuve d’une belle autonomie dans leur travail (même s’il faut quand même garder un oeil… 😉). Mialy, 7 ans, a besoin d’une présence continue afin de l’aider à avancer dans ses apprentissages. Pour cette dernière, les manuels sont principalement en version papier. Il existe une école française à Hell-Ville, mais pour des questions pratiques et de places, ils ont choisi cette option. Pour pouvoir suivre ces cours, les Rama ont du faire venir internet jusqu’à leur maison, mais la qualité n’est pas toujours optimale et il faut parfois compter avec des coupures de courant. Les enfants du coin vont à l’école du village, mais le niveau y est basique et les classes très remplies. Les enfants fréquentent l’école jusqu’en début d’après-midi (en fait selon l’horaire d’arrivée et de départ du professeur… 😜) et les trois Ramangalahy essayent de finir dans les même eaux afin de pouvoir les rejoindre pour jouer.
Pour les jours à venir, Marine et Estelle vont dormir dans la maison des Rama, le canapé du salon se transformant en lit. Par contre, il n’y a pas de place pour nous accueillir tous et nous logerons un tout petit peu plus loin chez Rosina, la responsable AIM du village, à trois minutes à pied.
Etant revenu à Ambatozavavy un jeudi soir, nous reprenons le rythme scolaire dès le lendemain. Comme nous sommes vendredi, c’est jour d’école 🎓. Après nous être tous retrouvés pour le petit déjeuner, les enfants commencent à suivre leurs cours. Il faut reconnaître que c’est soudain beaucoup plus simple pour nous de convaincre les filles de se mettre au travail 😜 (leurs cousin.e.s s’y mettant sans rechigner).
Le travail scolaire se termine autour de 13h puis nous nous mettons à table. Parfois ce sont des restes du soir d’avant et parfois les garçons vont au centre du village pour acheter un plat préparé dans une gargotte. Avec les Rama, nous retrouvons une certaine forme de stabilité et de routine qui plaît bien à toute la famille, après ces nombreux mois de changements continus. Nous nous calquons donc sur leur programme et sur leur organisation. Pour la gestion des tâches domestiques, les filles s’intègrent au tournus mis en place par Nathalia et Hervé, comme mettre la table, la débarrasser, faire la vaisselle, etc. Elles aident leurs cousin.e.s à les effectuer… Pourvu qu’elles gardent cet enthousiasme lors de notre retour à Genève!!! 🤞🏻😄
Cet après-midi, nous accompagnons Nathalia pour l’animation du groupe enfants du village. Nous nous retrouvons dans un petit abri avec une cinquantaine de jeunes, de 2 à 15 ans. C’est rigolo de voir nos deux filles au milieu de tous ces petits malgaches. La plupart ne savent pas parler français mais ça ne pose pas de problème, elles sont vite intégrées. Il y a d’abord une lecture d’une histoire biblique en malgache par Nathalia (celle de Moïse), accompagnée d’un extrait du film de Disney, Moïse prince d’Egypte. Puis, après quelques animations et chants, nous terminons ce moment par quelques jeux à l’extérieur. La tâche de Nathalia n’est pas simple car elle ne sait jamais combien d’enfants elle aura, et il y a du va et vient continuellement. Cependant, bien des paroisses en Europe désireraient ardemment pouvoir toucher un si grand nombre d’enfants…
Aujourd’hui, c’est samedi et comme nous avons repris le rythme habituel des Rama, pas d’école aujourd’hui. Après avoir pris le petit-déjeuner, nous partons pour Hell-Ville. Nathalia veut offrir une robe à Estelle et Marine pour leurs anniversaires et nous allons donc au marché chercher le tissu nécessaire.
Une fois les tissus choisis et la photo souvenir avec les petites vazahas faite, nous rejoignons un restaurant qui a une piscine, un peu en dehors de la ville. Tout le monde profite de ce bon moment de détente et de fraîcheur. Depuis notre arrivée à Madagascar nous avons globalement bien chaud, même si nous arrivons bientôt sur l’hiver. Si à Tana les nuits sont fraîches, depuis que nous sommes partis dans le nord, les températures ont augmenté. La journée, il peut faire vite très chaud en plein soleil.
Enfin nous revenons au village et nous terminons cette journée par une soirée ciné-pizza. Une femme fait des pizzas dans le village et comme elles sont très bonnes, les Rama ont pris l’habitude de faire une soirée ciné-pizza de manière hebdomadaire. Pour ce qui est de la technique, c’est beamer et drap blanc dans leur salon. Pour ce soir, c’est Sister Act qui est à l’affiche, un classique que les enfants ne connaissent pas encore. Tout le monde apprécie le film et va se coucher en fredonnant les chansons de Whoopi Goldberg et compagnie.
En ce jour du dimanche de Pentecôte, nous allons vivre un moment spécial dans la vie de la paroisse d’Ambatozavavy. Le culte va célébrer plusieurs baptêmes de personnes venant des différentes églises de la région. Non pas des baptêmes de jeunes enfants, mais d’adultes qui ont fait le choix de rejoindre la communauté officiellement et de laisser derrière eux leurs croyances animistes. Ce sont majoritairement des femmes qui ont fait ce choix, dont six du village. Pour l’occasion, nous nous retrouvons tous dans la cour d’un bâtiment, assez grand pour accueillir tout le monde. Le culte démarre avec environ une heure de retard et nous sommes une centaine. Nous tentons de suivre mais c’est compliqué car tout est en sakalava, le dialecte de Nosy Be 😅. Il y a de nombreux chants, des témoignages des futur.e.s baptisé.e.s ainsi qu’un message biblique.
Une fois ce moment de culte terminé, tout le monde se déplace à une quinzaine de minutes du village, afin de rejoindre un endroit de la côte, où les paroissiens vont pouvoir recevoir le baptême, directement dans l’eau de la mer. Il faut savoir qu’il est déconseillé de se baigner aux abords immédiats du village car l’eau n’y est pas propre, certains habitants faisant leurs besoins directement dedans… Accompagnés de chants et de musique, c’est un moment émouvant de voir ces personnes recevoir les unes après les autres le baptême par immersion.
Les baptêmes se faisant en plein soleil et la cérémonie durant longtemps (trois heures au total, culte + baptêmes), nous trouvons un coin ombragé vers quelques arbres un peu à l’écart. Nous y retrouvons plusieurs jeunes filles en train de répéter des danses Tik Tok. Cela intrigue beaucoup Marine, Estelle, Mialy et quelques unes de ses amies, alors elles les observent attentivement. Elles finissent même par essayer de reproduire les pas observés, aidées par une des jeunes adolescentes. La jeunesse n’est pas différente à Mada qu’en Europe 😉.
Une fois la cérémonie terminée, nous retournons au lieu du culte pour partager tous ensemble le repas de midi, préparé la veille par des femmes du village. Il est temps, il est plus de 14h et tout le monde a bien faim! Après ce beau moment de partage, nous rentrons chez les Rama et nous terminons la journée par quelques jeux tranquilles et un souper avant d’aller nous coucher.
En ce lundi de Pentecôte, nous sommes réveillés par une étrange procession qui se présente au village. Elle est partie de Hell-Ville tôt ce matin pour arriver à pied à Ambatozavavy aux alentours de 8h30. Une fois arrivés sur la place du village, ce cortège fait le tour de la fontaine (qui a été repeinte par des employés municipaux le jour d’avant) puis il repart en direction de l’église catholique. Là bas, de nombreux stands et un grand repas y est organisé, avec de la musique. C’est une procession traditionnelle qui a lieu chaque année et qui amène beaucoup de monde, même si le choix du village comme destination finale reste mystérieux…
Le programme d’aujourd’hui est très basique après la grande journée de fête d’hier. Au menu, farniente et rapide passage à Hell-Ville afin de déposer les tissus, achetés au marché il y a quelques jours, chez une tailleuse. Elle en profitera pour prendre les mesures de tout le monde car Philippe et Gabrielle ont également décidé de commander respectivement un pantalon et une robe. Une fois cela fait, le reste de la journée se passe à jouer, papoter et profiter de ce temps ensemble.
En ce mardi, c’est un retour au programme « normal ». Petit-déjeuner tous ensemble, puis école durant la matinée avant de passer une après-midi plus tranquille faite de lectures et de jeux à la maison. En fin d’après-midi, nous partons nous promener jusqu’à la fondation suisse. Il s’agit d’une école du tourisme et de l’hôtellerie, basée ici, à Ambatozavavy, au sommet de la colline qui surplombe le village. Le tourisme étant l’activité phare de l’économie sur Nosy Be, la fondation Suisse-Madagascar a soutenu la réouverture de ce centre en 2015. L’Institut National du Tourisme et d’Hôtellerie propose aux apprenants, un cursus de cinq mois en service en salle, en réception, au bar, en cuisine et en restauration. Les étudiants suivent trois mois de cours et deux mois de pratique en entreprise. Chaque promotion accueille une cinquantaine de jeunes. Sur place se trouvent les salles de cours, les logements pour les étudiants et les formateurs ainsi qu’un restaurant. Avec le Covid tout est encore au ralenti mais les Rama organisent avec les responsables de l’école de pouvoir y prendre le diner dans quelques jours. Nous profitons du coucher de soleil sur le village et la mer puis nous redescendons rejoindre la maison avant de souper ensemble et d’aller nous coucher.
Aujourd’hui, nous faisons une entorse à notre programme habituel car nous partons visiter le parc national de Lokobe. Il s’agit du plus grand parc de l’île, situé juste à côté du village. Abritant une somptueuse forêt primaire, il abrite de nombreuses espèces d’animaux. Nathalia et Hervé ont organisé pour nous quatre la visite de la réserve avec un de leurs amis et c’est en bateau que nous quittons le village. En réalité, il s’agit plutôt d’une petite pirogue, un laka (qui ressemble un peu au Vaa polynésien), mais le voyage n’est pas long, une vingtaine de minutes suffisent pour aborder la plage du parc.
Comme nous arrivons par la mer, nous ne passons pas par le bureau d’entrée officiel du parc et nous évitons ainsi de payer le tarif habituel. Nous convenons d’un prix avec le guide qui va nous accompagner puis nous partons pour environ 2h30 de randonnée dans la forêt. Durant notre trajet, notre guide, qui a un sacré oeil pour repérer les choses, nous montre toute une série d’animaux:
Un lémurien nocturne (Lepilemur tymerlachsonorum).
Un joli caméléon orangé ainsi que le tout petit caméléon que nous avions déjà vu au parc de la montagne d’ambre (Brookesia minima) et son abri!
Une jolie petite grenouille au ventre constellé de taches bleues (Mantella ebenaui).
Le fameux gecko camouflé (Uroplatus). Vous le retrouvez?
Et enfin, un magnifique boa (Acrantophis madagascariensis) dont nous n’osons pas trop nous approcher…
Il nous montre encore un groupe de lémuriens diurnes que nous n’arriverons malheureusement pas à photographier car ils sont trop haut perchés (Eulemur Macaco).
La nature est belle et nous admirons quelques jolies orchidées, des bananiers ou du poivre, le tout à l’état sauvage. Enfin, nous profitons encore d’une agréable petite cascade pour nous rafraîchir. Le débit n’est vraiment pas très impressionnant car nous sommes en saison sèche mais l’eau est bonne bien que fraîche!
De retour au village, nous mangeons ensemble puis Nathalia et Gabrielle s’en vont pour passer la nuit à l’Anjiamarango Beach Resort, au nord-ouest de l’île. Cette sortie entre soeurs se fait à l’occasion de l’anniversaire de Nathalia.
Arrivées sur place, elles profitent du beau complexe hôtelier ainsi que de sa magnifique plage pour passer une belle soirée entre frangines. Cela leur fait bizarre d’être sans leurs enfants et maris, car ni Nathalia ni Gabrielle n’ont été séparées d’eux plus que quelques heures depuis leurs départs respectifs de Suisse 🤪. Toutes deux sont spécialement bien accueillies par le personnel car les Ramangalahy y sont déjà venus quelques fois, profitant de l’absence des touristes et donc de prix abordables. Ces derniers sont encore très rares et elles ont tout le loisir de parcourir la plage au coucher du soleil et de manger un bon repas avec vue sur la mer quasiment seules.
C’est le ventre bien rempli qu’elles vont se coucher dans un très joli bungalow, avec un lit hyper confortable.
Au village, les maris et les enfants ont eux une soirée habituelle, avec souper et jeux au programme.
Pour la suite de nos aventures au village d’Ambatozavavy, il faudra attendre le prochain article! A tout bientôt! Gabrielle et Philippe
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
27.05 au 02.06.2022
Une fois réveillés et sustentés, nous chargeons le mini-bus puis nous quittons la ville d’Ambilobe pour nous rendre plus au nord, dans la Réserve Spéciale d’Ankarana.
Pour une fois, le trajet est très court puisque notre destination se trouve à seulement une heure de route. Nous commençons d’abord par nous rendre à notre logement pour la nuit, juste en face du parc d’Ankarana. Il s’agit de quelques bungalows tout simples avec une jolie vue sur la vallée, et quelques zébus qui broutent sur la propriété. Chaque famille a sa maison et les enfants passent de l’un à l’autre au gré des jeux et des envies.
Une fois les sacs déposés, nous nous rendons à l’entrée du parc et nous organisons la visite. Etant donné que nous sommes un groupe de 9 personnes dont 5 enfants, les responsables insistent sur le fait que nous devons avoir deux guides pour nous accompagner. Nous découvrons que les tarifs sont bien différents entre les touristes étrangers et les touristes locaux. Les Rama ont des passeports malgaches (Nathalia a une carte de résidente), ce qui leur permet de payer entre 50x (pour les enfants) et 30x (pour les adultes) moins cher l’entrée au parc… Bon, une fois ramené le tout en francs suisses, cela ne fait que 36 CHF à payer pour nous quatre (plus environ 20 francs à payer par guide). C’est sûr que pour des voyageurs au long cours comme nous qui faisons toujours très attention à notre budget, ça fait une grande différence 🤪. La fin de notre périple approche et notre bourse n’est plus aussi remplie qu’au début 🙃. Nous devons donc la ménager puisque nous avons encore presque deux mois de voyage devant nous!
Nous commençons notre visite par une forêt dense et sèche. Si nous avions eu une expérience mitigée des visites guidées lors de notre séjour au parc national d’Ankarafantsika, nous nous trouvons cette fois-ci en présence de deux guides qui n’hésitent pas à partager leurs connaissances avec nous et qui s’expriment dans un français très clair. Ce qui aide aussi les enfants à être plus attentifs lors des explications 😉.
La flore est typique de la forêt dense et elle est très similaire à ce que nous avons pu observer précédemment à Ankarafantsika. Arbres majestueux, énormes racines, lianes serpentant autour des arbres et enfin réseaux de lianes qui incitent à l’escalade, les adultes et les enfants s’en donnent à coeur joie.
Certains arbustes ont des surnoms plutôt explicites… L’arbre à Vazaha… parce que nos peaux pèlent comme l’écorce de cet arbuste 😂.
Et les épines du Christ, qui rappellent la couronne portée par Jésus lors de sa crucifixion (impossible de retrouver la photo… alors en voici une prise d’internet 🙃).
Mais la forêt abrite également une vie animale foisonnante: des lémuriens (dix espèces différentes, dont huit sont nocturnes), de nombreux lézards, des caméléons, des serpents et bien d’autres encore. Les enfants participent activement à leur recherche et ils aident nos guides à les débusquer. Ils ont même la « chance » de pouvoir tenir un bébé serpent dans les mains 🐍.
Toutefois, si nous avons décidé de venir visiter ce parc, c’est surtout en raison de ses tsingy gris: une formation rocheuse creusée par l’érosion. Véritable chef d’oeuvre naturel, la roche a été découpée et taillée en pics acérés dressés vers le ciel. En quittant la zone forestière, nous découvrons ce paysage fantastique qui ressemble à une forêt de pierre. Nos guides nous expliquent qu’au XIXe siècle, les rois des Antakaranas (le peuple de la région) sont venus se cacher dans ce labyrinthe, afin d’échapper aux envahisseurs merinas (le peuple des hauts plateaux de la capitale). Encore aujourd’hui, certaines interdictions ont cours envers les représentants de l’ethnie merina, comme l’interdiction d’accéder aux grottes de la réserve, en raison de leur passé tumultueux avec les Antakaranas. Tsingy signifierait « qui marche sur la pointe des pieds », en référence aux anciens qui devaient se déplacer silencieusement dans cet environnement durant la période d’attaque du peuple des hauts plateaux. Ils se cachaient dans les grottes le jour et ils sortaient la nuit pour chercher à manger sans se faire repérer.
Après avoir bien profité du paysage, nos guides nous emmènent à travers les tsingy et nous découvrons un environnement aride, coupant et peu engageant. Il faut faire attention où nous posons les pieds et les mains car les formations rocheuses sont très pointues et un faux pas ne pardonnerait pas…
Après un léger moment d’appréhension, nous empruntons deux ponts tibétains qui nous amènent à une plateforme sur laquelle nous prenons le temps de manger notre pique-nique.
Une fois notre repas pris, nous rebroussons chemin et nos guides nous mènent à la Perte des Rivières. Il s’agit d’un grand gouffre où se perdent les eaux de trois rivières du parc. En passant par des dédales souterrains, elles déboucheraient dans le canal du Mozambique, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest du parc. La vue est impressionnante et nous gardons un oeil sur les enfants afin qu’ils ne s’approchent pas trop du trou! Nous sommes en saison sèche et il n’y a pas d’eau, mais lors de la saison des pluies, quand les rivières se gorgent d’eau, celles-ci finissent par se mélanger en un tourbillon et le bruit s’entend jusqu’au bureau de l’accueil du parc qui se trouve à 3km d’ici!
Notre tour du parc se termine et nous rejoignons nos bungalows en milieu d’après-midi. Tout le monde en profite pour se reposer et se doucher et les enfants prennent le temps de jouer ensemble. Notre logement se trouvant éloigné des grands villages, nous mangeons sur place au « restaurant ». C’est l’occasion de jouer au Time’s Up tous ensemble. Nous passons un très chouette moment ludo-gastronomique puis nous partons nous coucher.
Après le petit-déjeuner, nous reprenons notre véhicule et nous partons en direction du nord. Sur le chemin, Stefano s’arrête dans un petit village afin d’y faire réviser un de ses pneus qui lui semble abîmé. C’est l’occasion d’observer la vie locale et les personnes en train de vaquer à leurs occupations (tout en évitant d’inhaler la poussière soulevée dès qu’un véhicule passe à côté de nous… 😷).
Une fois la réparation faite, nous remontons dans notre mini-bus pour reprendre la route. Avant d’arriver à la ville de Diego Suarez, aussi appelée Antsiranana, nous nous arrêtons pour visiter un autre parc national, celui des tsingy rouges. Mais avant d’y entrer, nous avons faim et désirons prendre le dîner. Pas de ville ou village à proximité, nous rebroussons un peu chemin et faisons halte dans une petite gargotte de bord de route. Un seul plat, pas vraiment de tables et de chaises et mieux vaut ne pas être trop pointilleux concernant l’hygiène en cuisine… Enfin bon, c’est nourrissant et personne ne finit malade, c’est tout ce que nous demandions 😅! Une fois arrivés à l’entrée du parc, cette fois-ci, pas de visite guidée, nous payons l’entrée puis nous accédons en voiture au pied des formations géologiques. S’étendant sur plus de 180 hectares, l’érosion de grès, de marne et de calcaire a entraîné la formation de ces structures éphémères, sculptées au gré des caprices du vent et de la pluie. Le mélange de différents oxydes et le travail du temps a donné naissance à des centaines de petits pics. Paysages de terre rouge, orange ou ocre, le panorama est magnifique et il complète à merveille celui des tsingy gris admiré la veille. Nous profitons de la vue depuis un mirador, qui se transforme rapidement en terrain de jeu pour les enfants. Nous poursuivons ensuite la visite, non plus depuis les hauteurs, mais au pied des formations rocheuses.
Une fois la visite terminée, nous continuons notre voyage et nous finissons par arriver à Diego Suarez, dans un très joli petit hôtel avec piscine, où nous allons rester quatre nuits. Le cadre est idyllique, chaque famille a son petit bungalow et les chambres sont bien plus « luxueuses » que celles que nous avons eues jusque là. Ça fait du bien et ça donne un vrai petit air de vacances à ce séjour. Nous décidons de prendre notre repas du soir à l’hôtel et nous passons une agréable soirée à discuter et jouer avant de rejoindre nos lits.
Etant donné que nous séjournons à l’hôtel, nous profitons chaque matin de délicieux petits déjeuners, bien plus riches et variés que ce que nous avons l’habitude d’avoir. Les enfants sont ravis de pouvoir commander des crêpes chaque matin 😋!
Pour cette première journée, nous partons à la découverte des plages environnantes. Nous commençons par la baie de Sakalava. La vue est superbe, la plage est belle, l’eau est bonne, mais il y a un vent phénoménal qui refroidit rapidement nos ardeurs de baignades 🙃. Nous découvrons que c’est un haut lieu malgache pour la pratique du kite surf et nous admirons au loin les sportifs qui foncent à toute allure, profitant des forts vents de la baie.
Après avoir pris notre pique-nique, en essayant tant bien que mal d’éviter que du sable ne finisse dans notre sandwich 😜, nous tentons de rejoindre deux autres plages tout aussi magnifiques, un peu plus au nord de notre position: la baie des pigeons et la baie des dunes. Mais si cela semble très simple sur Google Map, la réalité est bien différente. Le chemin est en fait une piste de sable et Stefano risque à tout moment de s’enliser 😅. Nous décidons donc d’abandonner cette idée et de partir pour la plage de Ramena! La route pour y accéder est beaucoup plus simple et en bon état. D’ailleurs, nous nous faisons la réflexion que l’état des routes dans cette partie de la grande île est bien différent du reste. Si nous restons sur les voies principales, nous nous retrouvons régulièrement à arpenter de magnifiques bitumes avec des lignes blanches 😳!!! Apparemment, il y a de nombreux expatriés dans la région et les infrastructures semblent en bien meilleur état.
La facilité d’accès à la plage se ressent directement sur le nombre de personnes qui s’y trouvent, d’autant plus que nous sommes dimanche, jour de congé… Qui dit plus de monde dit aussi plus de déchets… Du coup, pas de grosse envie de se mettre à l’eau 🙃! Les enfants jouent un peu en bord de mer et nous nous promenons le long de la plage en observant les gens s’amuser dans l’eau et en dehors. En bout de plage, nous tombons sur des poteaux…. et ni une ni deux, les enfants revisitent la fameuse épreuve finale de Koh Lanta 😂 !
Après cette redoutable épreuve, tous les aventuriers rejoignent leur campement mais avant d’aller souper et dormir, nous profitons de la proximité de quelques lémuriens qui se baladent dans les arbres de la propriété et qui ne sont pas du tout farouches. Leur agilité nous époustoufle et nous nous amusons bien à les regarder sautiller d’arbre en arbre.
Aujourd’hui, nous avons prévu la visite d’un autre parc national, celui de la montagne d’ambre. Avant d’y accéder nous passons au marché compléter notre pique-nique. Arrivée à un étal, Nathalia demande le prix des carottes à la vendeuse, en sakalava (la langue de la région), et elle les lui achète. Au stand d’à côté, Nathalia se renseigne du prix d’un fruit en français au vendeur, mais ce dernier dit quelque chose en sakalava à la vendeuse précédente et cette dernière lui répond « attention, fais-lui le vrai prix, elle parle sakalava » 😉 (Nathalia nous relatera cela après, vu que nous n’avions rien compris de cet échange 😜). Comme quoi ça sert de parler la langue du pays! En chemin, nous nous arrêtons à un point de vue qui nous permet d’admirer le canal du Mozambique, cet espace d’eau qui sépare l’île de Madagascar du Mozambique, sur le continent africain.
Après cette halte panoramique, nous reprenons notre véhicule pour le parc national, situé à une trentaine de kilomètres au sud de Diego Suarez. La route n’est pas bien longue mais le dernier tronçon pour arriver au bureau du parc est une piste bien défoncée et nous avançons lentement. Une fois parvenus à destination, nous négocions les entrées ainsi que le circuit choisi avec les guides qui vont nous accompagner. La montagne d’ambre est un massif volcanique culminant à 1475m et qui abrite une forêt dense humide et de nombreuses espèces d’animaux. Nous commençons notre marche en fin de matinée et très vite nous nous rendons compte que nous sommes en présence d’une flore très différente de celle que nous avons pu observer jusqu’à présent. Nous nous retrouvons dans une forêt de type tropicale, plus luxuriante qu’auparavant. Nous pouvons y observer des plantes épiphytes, c’est à dire qu’elles poussent sur d’autres plantes et non depuis le sol. Nous remarquons également que sous les feuilles de certains arbres, nous pouvons voir des lignes brunes, et ces dernières nous intriguent. Notre guide nous explique qu’il s’agit de spores, grâces auxquelles les plantes se reproduisent. Enfin, nous admirons de jolies feuilles vertes et blanches sur le dessus et d’un beau violet sur le dessous.
Nos guides sont très sympathiques et ils nous parlent volontiers des différents aspects du parc, que ce soit la flore ou la faune. Ils nous amènent près d’un arbre et nous demandent si nous voyons l’animal qui s’y trouve. Il nous faut quelques instants avant de réussir à distinguer un lézard. Il s’agit d’un uroplatus, un animal de la famille des geckos. Un champion du camouflage! Cette espèce est nocturne et les individus dorment toujours la tête en bas.
A vous de le trouver!
Toujours aux aguets, nos guides scrutent la forêt, en hauteur comme au ras du sol, afin de repérer des animaux à nous présenter. Les suivants sur la liste sont de magnifiques caméléons. Le premier est un caméléon licorne (nous ne nous souvenons plus du nom scientifique…) dont la corne devient bleue lorsqu’il est calme. A l’âge adulte, il atteint la taille de 8cm, queue comprise.
Le prochain caméléon qu’ils trouvent est un minuscule animal, le bruchesia tuberculata, qui fait 4cm à l’âge adulte. Il ne s’agit plus du plus petit caméléon du monde, car en 2008 deux autres espèces encore plus petites ont été répertoriées. Nous n’en revenons pas qu’ils aient réussi à le débusquer mais ils nous expliquent que cette espèce se trouve quasiment toujours au pied des mêmes types d’arbres, ce qui les aide dans leurs recherches. En trois minutes, nous le voyons changer de couleur pour passer de brun à beige très clair.
Notre circuit se poursuit en direction du lac Mahasarika, situé dans un cratère volcanique. Nous observons quelques animaux à la jumelle depuis les rives du lac, dont des martins pêcheurs. Ces oiseaux sont vraiment magnifiques! Après avoir quitté le lac, nous rejoignons une aire de pique-nique où nous profitons de déguster les produits achetés ce matin au marché. Une fois la pause repas effectuée, nous poursuivons notre route en direction de la cascade d’Antomboka (grande cascade), haute de 62m.
Alors que nous quittons le site de la cascade, nous avons le plaisir d’observer tout un groupe de lémuriens (une quinzaine) qui se trouvent au-dessus de nos têtes dans la canopée. Il s’agit d’eulemur fulvus sanfordi qui se déplacent à une vitesse folle, sautant d’arbre en arbre, sans se préoccuper de nous.
Sur le chemin qui nous ramène à l’entrée du parc, nous passons à côté d’une pépinière prévue pour des opérations de reboisement de la forêt malgache. Apparemment, la déforestation dans l’île est considérée comme une des plus préoccupantes du monde tropical. Le territoire malgache est à 20% recouvert de forêt, ce qui représente 13 millions d’hectares, mais 50 000 à 100 000 hectares de forêts sont détruits chaque année. Les causes principales sont l’agriculture traditionnelle, la collecte de bois de charbon et le trafic de bois précieux. Cette pépinière est une modeste contribution pour essayer de remédier à ce grave problème 🌳🌴. Enfin, juste avant de nous quitter, nos guides nous trouvent encore deux sortes de caméléons que nous n’avions pas encore rencontrés jusque là. Le premier, un caméléon surnommé oreilles d’éléphant en raison de ses appendices latéraux, et le second, l’imposant calumma ambrensis, qui ne se trouve qu’ici, dans le parc national de la montagne d’ambre.
Après cette magnifique découverte du parc, c’est contents mais fatigués que nous regagnons notre hôtel, profitant des belles couleurs de fin de journée qui illuminent la baie de Diego Suarez.
Après l’ambre, nous poursuivons aujourd’hui avec l’émeraude. Lors de notre passage à la plage de Ramena, Hervé a négocié avec des locaux pour organiser une sortie en bateau sur la mer d’émeraude. Les prix proposés défient toute concurrence mais l’heure de rendez-vous pique un peu 😫… Nous nous retrouvons à 6h30 au port pour embarquer sur un petit voilier typique. La raison de cette heure matinale est à chercher du côté des vents et des courants qui forcissent en milieu de matinée ainsi qu’en milieu d’après-midi et qui rendent la navigation compliquée. La marée complexifie également la chose car, à certains moments de la journée, une portion d’un passage devient très peu profonde et elle empêche le passage des bateaux.
Après une bonne trentaine de minutes d’une navigation toute tranquille, nous débarquons sur la plage d’une petite île paradisiaque, entourés d’une eau couleur d’émeraude.
Les heures suivantes sont consacrées à alterner jeux dans l’eau ou sur la plage et farniente sur le sable. Le cadre est idyllique et nous ne regrettons pas un seul instant d’avoir choisi de faire cette sortie.
Au bout d’un moment, des femmes malgaches nous approchent et elles nous proposent des massages, de tresser nos cheveux (enfin… pas ceux de Philippe, hein 🤪!*) ou encore de nous faire des peintures sur le visage. Hervé se laisse convaincre par le massage, Gabrielle par la coiffure et Mialy et Estelle par le maquillage! Tous sont ravis de leurs choix respectifs.
L’heure du repas arrive et nous voyons un petit bateau approcher, chargé de poissons pêchés directement par nos guides du jour 🐠. Ils s’en vont préparer leurs trouvailles pour nous: des rougets, des poissons perroquet, etc. Le repas est délicieux et un des avantages est que nous n’avons aucun doute sur la provenance de la nourriture qui se trouve dans nos assiettes 😋!
Après nous être bien régalés, nous profitons encore de nos derniers moments sur l’île, car nous ne sommes pas pressés de repartir.
A 14h, le responsable du bateau vient nous dire qu’il nous faut partir afin d’éviter que la mer ne soit trop agitée. C’est en traînant les pieds que nous remontons sur notre bateau et que nous quittons notre petit paradis. Malheureusement, nous ne sommes pas partis assez tôt… Le retour est dantesque. Le vent s’est levé et même si les vagues ne sont pas dangereuses, nous nous faisons littéralement doucher, lorsqu’elles viennent se briser sur les flancs de notre voilier. Nous essayons tant bien que mal de nous protéger mais c’est peine perdue. Tout le monde finit trempé et nous sommes bien contents d’arriver sans heurts à destination. Heureusement, il fait chaud et nous ne tardons pas à sécher. Nous n’avons aucune photo de ce retour car, prévoyants, nos organisateurs ont mis tous nos sacs à l’abri avant de démarrer.
Après une dernière nuit à l’hôtel, c’est le moment de faire nos bagages et de repartir en direction du sud. Eh oui, il est l’heure de quitter Diego Suarez et de rejoindre l’île de Nosy Be afin de découvrir le village des Rama. Le trajet entre ces deux lieux est bien long, alors nous avons prévu de faire le trajet en deux parties: Diego Suarez – Ambanja aujourd’hui, puis Ambanja – Nosy Be demain. Nous préférons passer une nuit à Ambanja, juste à coté du port, car nous ne voulons pas prendre le risque de rater le ferry à cause d’un éventuel imprévu sur la route. Avant de partir, nous passons au marché faire nos achats de nourriture pour la route qui nous attend. Durant le trajet, nous discutons, nous jouons et nous profitons d’observer le paysage et les locaux qui vaquent à leurs occupations (lessive dans la rivière, vie du marché, jeux d’enfants, sorties d’école, etc).
Lessive
Ce matin, nous quittons la grande île de Madagascar pour rejoindre celle de Nosy Be. Sur le chemin pour rejoindre le port d’Ankify, nous avons encore l’occasion d’observer des scènes de la vie locale et profitons d’acheter quelques fruits dans des petits étals en bord de route.
Une fois arrivés au port, nous devons patienter que notre ferry soit prêt à larguer les amarres. En réalité, il ne s’agit pas vraiment d’un ferry, mais plutôt d’un petit bac sur lequel sont chargés deux mini-bus maximum. Pour être honnêtes, nous ne sommes pas très rassurés par l’embarcation, mais comme les Rama l’ont déjà pris plusieurs fois, nous nous disons que ça devrait aller 😉. Le bac étant très petit, nous devons rester à l’intérieur de la voiture… avec nos gilets de sauvetage (sécurité avant tout🤪…)! Il fait très chaud et par conséquent nous gardons la porte arrière et les fenêtres ouvertes afin d’avoir de l’air. La traversée se passe sans encombres, même si nous voyons régulièrement de l’eau entrer dans notre barge. Apparemment c’est normal et personne ne s’inquiète sur le bateau. Nous profitons du voyage pour admirer l’île de Nosy Be qui se présente peu à peu à nous.
Nous accostons au port de Hellville, le chef-lieu de l’île et sa plus grande ville. Avant de poursuivre notre voyage pour rejoindre le village des Rama, qui est à une quarantaine de minutes de la ville, nous décidons de prendre notre dîner sur place dans un joli petit restaurant.
Avant de quitter Hell-Ville, nous devons passer dans une banque pour changer nos derniers dollars. Nous repartons donc dans une chasse au meilleur taux de change en comparant les différentes banques présentes en ville. Comme nous n’avons plus de cash, nous décidons de tenter de retirer de l’argent au bancomat avec la nouvelle carte de Gabrielle. Nous ne sommes pas très confiants car les Rama ont déjà essayé à maintes reprises avec leurs nouvelles cartes, mais cela n’a jamais fonctionné… Malheureusement, nous n’avons pas plus de chance qu’eux 😫. En dernier recours, nous décidons de tester l’ancienne carte de Philippe (vous vous souvenez, celle qui était censé se désactiver automatiquement il y a deux semaines au Cambodge)… et ça marche! Par chance, nous n’avions encore jamais mis sa nouvelle carte dans un bancomat et il semble que c’est pour ça que l’ancienne fonctionne encore. Bref, nous n’aurions pas dû écouter les personnes que nous avions eues au téléphone et continuer avec nos anciennes cartes, en ignorant le courrier « alarmiste » reçu quelques semaines plus tôt. En effet, nous faisons l’hypothèse que c’est l’utilisation de la nouvelle carte qui entraîne l’annulation de l’ancienne, et non un algorithme inarrêtable, comme nous l’assuraient les différents employés de PostFinance!
C’est en fin d’après-midi que nous arrivons finalement dans le petit village d’Ambatozavavy. C’est la fin de notre road trip dans le nord de Madagascar et la fin des vacances pour les enfants. Une semaine plus casanière nous attend, avec la reprise de l’école pour les Rama et les filles! Mais cela sera pour notre prochain article!
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25.05 au 26.05.2022
Nous voilà maintenant bien installés sur la banquette arrière du taxi-brousse, très similaire à celui que nous avons pris pour rejoindre Ankarafantsika. Différence de taille: nous allons voyager de nuit 🌙 ! Du coup, nous avons droit à une ambiance disco à l’intérieur d’une auto-tamponneuse trop petite et très ventilée 🤪. Comprenez: le chauffeur a décidé de nous faire profiter de sa musique préférée, à fond, nous sommes secoués dans tous les sens en raison de la route, nos têtes cognent régulièrement le plafond et nos genoux rentrent dans le dossier devant nous… difficile donc de trouver une position confortable. Rien à dire niveau musical, le rythme est prenant, les basses se font bien entendre et nous aurions presque envie de nous mettre à danser. Le hic, c’est que ça va un moment… mais là, nous sommes partis pour une nuit entière de boîte de nuit. C’est quasiment le même chauffeur qui fait l’ensemble du trajet (à part un petit tronçon de 2-3h peut-être, durant lequel il est remplacé) et nous comprenons que la musique et la fenêtre ouverte c’est histoire de ne pas s’endormir au volant… 🙃. Du coup, il est dans notre intérêt de faire contre mauvaise fortune bon coeur et d’espérer que le voyage soit le plus court possible. Nous allons être honnêtes avec vous, nous avons probablement passé une des pires nuit de notre vie. Impossible de dormir tellement notre position est inconfortable et le vacarme omniprésent… En plus, nous essayons d’offrir les meilleures conditions aux filles afin qu’elles réussissent à dormir quand même un peu… ce sera bénéfique pour nous demain (leur humeur sera meilleure 😅). De notre côté, à part quelques minutes volées par ci par là, c’est une nuit blanche!
Au bout d’une dizaine d’heures, l’aube commence à pointer le bout de son nez et heureusement, le chauffeur s’arrête pour prendre un petit-déjeuner dans une gargotte de bord de route, ce qui nous permet de nous dégourdir un peu les jambes. En vérifiant sur nos natels où nous nous trouvons, nous remarquons que nous sommes encore loin d’arriver à Ambanja 😩. En effet, l’état des routes est encore pire au nord d’Ankarafantsika et nous réalisons que le voyage ne va pas durer une douzaine d’heures mais davantage. Autre inconvénient, il y a de plus en plus de routes en terre, ce qui provoque beaucoup de poussière. A chaque fois que nous croisons un véhicule, il ne faut pas oublier de fermer les fenêtres afin de ne pas être envahis d’un nuage poussiéreux opaque. Le trajet commence vraiment à devenir long et pénible et nous désespérons d’arriver à destination.
Enfin! Nous voici arrivés à la gare routière d’Ambanja, après 17h de route dans des conditions plus qu’inconfortables. C’était une expérience… Que nous ne désirons pas forcément revivre 😜 !
Une fois nos affaires récupérées, de nombreux hommes nous abordent et nous proposent de nous emmener au port pour rejoindre l’île de Nosy Be, haut lieu touristique. Comme il n’y a encore que très peu de touristes, ils sont tous à l’affut du moindre Vazaha (nom donné aux étrangers, prononcé vaza) qui arrive. Mais malheureusement pour eux, ils font choux blanc car nous restons ici pour la nuit. Nous avons réservé un hôtel la veille afin de nous reposer. Nous prenons deux sortes de rickshaws tirés par des hommes en vélo. Nous pesons notre poids avec nos sacs et nos conducteurs peinent un peu à lancer les machines.
Nous arrivons finalement à notre logement et nous nous installons dans notre chambre. Il s’agit d’une chambre familiale, pas grande mais tout à fait correcte. L’hôtel a un restaurant et nous y testons le fameux zébu sauce poivre vert pour le dîner. Un vrai régal (c’est même devenu notre plat préféré du pays)! L’après-midi est dédié au repos, à un peu d’école et à une activité passionnante de notre voyage autour du monde: la lessive. Ici, pas de service simple et bon marché de laverie comme en Asie ou en Amérique latine. Nous empruntons donc le matériel à l’hôtel et nous lavons nos habits à la main. Il y a heureusement tout ce qu’il faut pour laver et étendre le linge. Une fois nos tâches ménagères terminées, Gabrielle se sent l’âme d’une exploratrice et elle décide de sortir chercher de quoi prendre un petit goûter. Elle a repéré une boulangerie sur Google Maps et elle espère y trouver son bonheur. Pendant ce temps, Philippe et les filles se reposent et profitent de la table de billard, peu motivés à l’idée de déambuler en plein soleil après le long voyage. Après s’être un peu promenée dans le village, Gabrielle revient avec quelques petits pains que nous nous faisons un devoir de goûter 😋.
Encore fatigués et pressés d’aller au lit, nous décidons de souper à l’hôtel. Nous nous réjouissons de retrouver les Rama (juniors, la soeur de Gabrielle, Nathalia, et sa famille) qui doivent venir nous chercher le lendemain matin! Cela fait plus d’un an et demi que nous ne les avons pas vus, car ils ont quitté la Suisse à l’automne 2020.
Après une bonne nuit d’un sommeil réparateur, nous prenons notre petit-déjeuner puis attendons impatiemment l’arrivée des Rama. Ceux-ci ont quitté leur île tôt ce matin avec un mini-bus privatisé. En effet, après quelques discussions, nous avons convenu qu’il serait plus simple et pratique de privatiser un véhicule avec chauffeur vu que nous serons neuf personnes. Cela nous permettra également d’être plus flexibles pour nos déplacements et nos horaires. En les attendant, nous profitons de faire quelques exercices scolaires avec Marine et Estelle car la semaine qui vient sera une semaine de vacances pour les cousins et donc pour les filles aussi. Une ou deux heures plus tard, nous entendons un véhicule entrer dans la cour de l’hôtel puis nous voyons arriver un petit mini-bus gris…est-ce le bon? Eh oui, les voici! C’est un moment plein de joie et d’émotions après plus d’un an et demi sans nous voir 😍! Ils étaient sensés venir assister au mariage de Matthias et Pauline au mois d’août dernier (juste après notre départ de Genève) mais malheureusement les restrictions de voyage dues au Covid les en ont empêchés.
Les cousins se remettent rapidement à jouer ensemble, comme s’ils s’étaient quittés la veille! Pour les adultes c’est aussi un peu cette impression… c’est fou comme on retombe vite dans nos habitudes!
Nous profitons de prendre encore le repas de midi sur place puis nous embarquons dans notre taxi-brousse privé avec Stefano, notre chauffeur pour les jours à venir. Nous avons décidé de partir en direction du nord de la grande île, région que les Rama ne connaissent pas encore. Notre prochaine étape est courte, nous nous rendons à la ville d’Ambilobe, à environ trois heures de route au nord d’Ambanja. Cela nous laisse le temps de profiter du paysage et de nous raconter nos vies respectives depuis que nous nous sommes quittés il y a 18 mois. Le trajet est bien plus agréable que le précédent 😄. La route n’est pas forcément meilleure mais nous n’avons pas de contraintes horaires et nous sommes beaucoup mieux installés dans le véhicule.
Un aspect positif, en plus du plaisir de retrouver la famille et de passer du temps ensemble, c’est que Hervé et Nathalia se chargent de jouer les intermédiaires et les négociateurs pour les restaurants, les logements et les activités! Au nord de la grande île et sur Nosy Be, ce n’est pas le merina (le malgache officiel) qui est parlé, mais le sakalava. Nathalia et les enfants l’ont appris assez rapidement car au village les personnes qui parlent couramment français se comptent sur les doigts d’une main. Hervé a dû aussi en apprendre une grande partie car il diffère pas mal du merina. Grâce à eux, moins de chances de se faire avoir en tant que Vazahas… 😉. Une fois installés dans notre hôtel (les trois filles sont ravies de pouvoir se partager une chambre), nous sortons souper et nous finissons notre journée de retrouvailles avec une bonne glace artisanale. Une fois les douceurs terminées, nous rejoignons nos lits, en espérant que les filles arriveront à dormir malgré l’excitation!
A bientôt pour la suite de nos aventures dans le nord malgache. Gabrielle et Philippe
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22.05 au 24.05.2022
Lever tôt ce matin car nous avons notre taxi-brousse vers 8h00. Grâce aux appels de la famille d’Hervé avec le chauffeur, nous n’avons pas besoin de nous rendre au terminal des bus au centre ville de Tana, car le village où nous nous trouvons est sur le chemin que le bus empruntera. Nous avons donc rendez-vous sur le bord de la route, à l’entrée du village, à 200m de la maison des Rama. Nous partons à l’heure presque prévue (à peine 30 minutes de retard), et c’est avec tristesse que nous quittons la famille d’Hervé, espérant avoir l’occasion de les retrouver bientôt en Suisse. Les taxis-brousses sont des mini-bus d’une douzaine de places qui, heureusement pour nous, sont limités au nombre de sièges 🚐. Comme nous sommes en période de réouverture après le Covid, ils ne peuvent pas (encore) entasser les gens comme avant, en doublant, si ce n’est triplant, le nombre de personnes par rapport à la capacité du véhicule 🤪. Si le matériel roulant est tout à fait correct bien qu’ancien, que dire de l’état des routes… C’est catastrophique!!! Celles-ci sont en piteux état et bien souvent le chauffeur doit zig-zager entre les trous énormes qui s’y sont créés. Il est certain que les conditions climatiques et la saison des cyclones viennent mettre à mal la solidité des infrastructures, mais il est évident que le manque d’entretien et probablement les matériaux utilisés sont en grande partie responsables de la piètre qualité du réseau routier malgache. De plus, comme dans beaucoup de pays visités jusque là, la corruption est endémique dans le pays et le gouvernement ne sert pas non plus les intérêts de la population en détournant une partie des fonds alloués aux infrastructures! Difficile donc de conserver une vitesse de croisière élevée sur de tels asphaltes 🙃. Notre chauffeur accélère à 60-80 km/h dès qu’il aperçoit un tronçon un peu préservé puis il ralentit à 10-20 km/h lorsqu’il doit contourner les trous afin de ne pas fusiller les roues et les amortisseurs. En gros, notre moyenne est de 45km parcourus en une heure de temps. Il nous faudra ainsi quasiment 10h pour faire un peu plus de 450km… Autant dire que nous devrons compter large pour nos déplacements à Mada 🐌! Nous vous laissons imaginer comment nous nous faisons trimballer dans tous les sens à l’intérieur du mini-bus. Difficile de réussir à dormir ou même de lire, nous essayons donc de profiter du panorama et de nous reposer. Devant nos yeux défilent des paysages montagneux puis des rizières, nous traversons des villages où les gens font sécher leurs récoltes à même le sol, des rivières dans lesquelles nous voyons des personnes venir s’y laver, nous croisons des gens se déplaçant en char à zébu ou encore d’autres qui marchent le long de la route. Ces derniers nous font particulièrement peur car il n’y a pas beaucoup de largeur de route et les véhicules les frôlent souvent sans ralentir…😰
Vers 18h30, nous finissons enfin par arriver au parc national d’Ankarafantsika et demandons au chauffeur de nous déposer à l’entrée. Il fait déjà nuit et nous ne voyons personne… 😬 C’est l’heure de vérité… Nous allons enfin découvrir si des logements sont disponibles sur place ou non 🤞🏻. Nous nous dirigeons alors vers un petit bâtiment d’où sort un homme qui heureusement parle un peu français. Le responsable n’est pas là, mais en fait tous les bungalows sont vides alors il y a facilement de la place pour nous 🥳. Les quatre petites maisons sont de l’autre côté de la (petite) route par rapport au parc, dans les arbres à la lisière d’un lac. A l’écart les unes des autres, elles sont constituées d’une pièce avec un lit double et un lit à étage, d’une toilette et douche de taille tout à fait respectable et d’une jolie terrasse. Nous sommes agréablement surpris, d’autant plus qu’elles semblent avoir été rénovées récemment et qu’il y a des moustiquaires aux lits! Nous sentons que nous allons nous y plaire et nous regardons avec l’employé comment organiser les repas. En effet, les touristes n’étant pas encore de retour, le restaurant n’a pas rouvert et il n’y a absolument rien à plusieurs kilomètres pour s’acheter de quoi manger. Heureusement, nous pouvons commander nos repas à des femmes qui se trouvent sur place et elles vont nous les préparer pour les deux prochains jours. Nous en profitons encore pour organiser les visites qui nous intéressent pour les prochains jours puis nous allons dormir, éreintés par notre long voyage.
Après une bonne nuit de sommeil réparatrice, nous profitons de prendre notre petit-déjeuner sur la terrasse et nous apprécions le calme du parc. Deux femmes nous apportent un joli panier avec une nappe. Au menu, pain, confiture, thé et bananes, en compagnie de quelques jolis geckos 🦎.
Une fois notre repas terminé, nous partons pour notre première visite. Chacune doit se faire en compagnie d’un guide et nous débutons notre journée avec un tour du lac Ravilobe sur un petit bateau à fond plat. Notre guide nous explique que le parc est très réputé auprès des ornithologues lors de la saison sèche, car de nombreux oiseaux s’y retrouvent. Le lac est considéré comme sacré car un roi du peuple Sakalava ainsi que sa famille s’y seraient suicidés en se jetant à l’eau, après avoir été encerclés par les troupes du roi merina, le peuple de la région de Tana. Nous apprenons à ce moment-là que Madagascar compte 18 ethnies principales qui ont chacune leur propre dialecte. La langue officielle du pays, le malagasy, est le dialecte parlé par les gens de la capitale, le merina. Les gens des villages environnants font encore des sacrifices de zébus en l’honneur de l’esprit du roi disparu. Nous apprenons aussi que quelques crocodiles vivent dans ces eaux mais malgré nos recherches à l’aide des jumelles achetées en Argentine, nous n’en voyons malheureusement aucun 🐊. Les pêcheurs locaux ont l’habitude de pêcher les pieds dans l’eau mais ils ne craignent pas les crocodiles car ils croient que s’ils suivent les fadis (les règles, aussi appelés les tabous) il ne leur arrivera rien. Au contraire, si par malheur l’un d’eux se fait attaquer cela veut dire qu’il n’avait pas suivi les fadis comme, par exemple, l’interdiction de manger du porc. Bref… nous ne tenterons pas le diable et nous nous contentons d’observer les lieux, à l’abri dans notre bateau! Même si nous sommes déçus de ne pas apercevoir de saurien, nous pouvons admirer plusieurs oiseaux comme un groupe de hérons ardoisés qui s’envolent juste devant nous, des hérons blancs, des guêpiers (oiseaux qui chassent juste à la surface du lac), quelques jolis martins pêcheurs ainsi qu’un beau couple d’aigles pêcheurs (50cm de haut pour 140cm d’envergure), malheureusement trop éloignés pour les prendre en photo 🦅.
Après cette jolie balade au fil de l’eau et ce premier contact avec le parc national, nous rentrons nous reposer un moment dans notre bungalow. Nous profitons de ce temps libre et du calme pour avancer un peu dans le travail scolaire avec les filles. Notre souper nous est livré tôt, vers 17h30, car nous avons bientôt rendez-vous avec un guide pour une sortie de nuit. Ce soir, nous avons droit à des brochettes de zébu, du riz et des haricots, c’est très bon 😋! Une fois nos ventres bien remplis, nous partons pour notre deuxième activité de la journée, une sortie nocturne dans les sentiers du parc afin d’y découvrir la faune dans le noir. Ces sorties de nuit sont toujours très sympas et nous nous réjouissons de déambuler à la recherche des animaux à la lumière de nos torches. Pas besoin de veiller tard pour qu’il fasse noir, dès 18h la nuit est bien présente, ce qui nous arrange bien. Nous retrouvons notre guide et nous partons pour environ 1h30 de marche dans la forêt. Les sentiers sont bien marqués et balisés et nous n’avons aucune peine à nous déplacer, nos regards pouvant se concentrer sur les environs. Le guide ne tarde pas à nous montrer plusieurs petits lézards, dont le plus petit de l’île, qui fait à peine 5cm 🦎.
Nous admirons aussi un tout petit hibou 🦉, quelques araignées 🕷️et nos premiers lémuriens qui sont malheureusement tous trop éloignés pour nous permettre de les capturer sur nos appareils photos. Si au total il y a plus de 100 espèces différentes de lémuriens (animal qu’on ne trouve que sur l’île de Mada), il n’y en a « que » huit sortes dans ce parc dont deux nocturnes, les microcebus (plus petits lémuriens au monde, que nous ne verrons pas) et les sportifs, dont fait partie celui que nous voyons lors de la sortie. Au détour d’un virage, nous avons la surprise de voir 5 petits oiseaux au ventre jaune qui se reposent, serrés les uns contre les autres, sur une branche d’arbre. Sur le chemin du retour, nous avons encore le bonheur de découvrir notre premier caméléon. Si sa couleur gris terne ne nous fait pas rêver, nous apprécions sa queue en escargot et ses incroyables pattes. Malgré les quelques craintes des filles durant cette ballade nocturne, elles y ont pris beaucoup de plaisir, surtout Estelle qui se découvre un talent de découvreuse d’animaux. Il n’y a pas à dire, elle a le coup d’oeil pour les repérer dans la végétation! C’est avec le souvenir de cette première rencontre avec les animaux emblématiques de Madagascar que sont les lémuriens et les caméléons que nous terminons notre sortie nocturne et que nous allons nous coucher.
Ce matin, nous terminons notre visite du parc national d’Ankarafantsika avec une sortie sur le circuit Ankarokaroka, aussi connu comme le circuit du canyon. Il s’agit d’une sortie de 9km au total afin de découvrir une partie de la faune et de la flore du parc. Etant donné que nous sommes partis pour trois-quatre heures de marche, nous avons rendez-vous tôt, 7h30, avec notre guide, afin d’éviter les grandes chaleurs de la journée.
Nous débutons par quelques jolies plantes, dont la liane qui, d’après notre guide, monterait toujours autour des arbres dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
Alors que nous sommes en train d’évoluer dans la forêt sèche, nous rencontrons quelques hommes armés de kalashnikovs et de machettes. Il s’agit de deux soldats accompagnés de deux paysans qui tentent de retrouver la trace de voleurs de zébus qui ont sévi dans la région le jour précédent. A la base, le vol de zébus s’ancre dans une tradition très ancienne, notamment dans le sud-ouest de l’île, où un garçon se doit d’accomplir cet acte de bravoure pour être considéré comme un homme et prétendre à une épouse. Mais ces dernières décennies, sur fond de crise économique, d’instabilité politique et de prolifération des armes à feu, le folklore s’est mué en un fléau d’ampleur nationale. Le zébu est un symbole de richesse et de pouvoir et il attise désormais les convoitises des bandits, ce qui mène parfois à de violents conflits entre éleveurs et voleurs. Ainsi, en juillet 2022, 32 personnes d’un village on été tuées lors d’un vol de zébus qui a mal tourné… Cette rencontre remue un peu les filles mais notre guide nous rassure et nous poursuivons notre route. Nous finirons par les retrouver lors de notre retour au bungalow et ils nous indiqueront avoir retrouvé la carcasse du zébu, sa viande ayant été prélevée pour être revendue dans les villages environnants.
Une fois sortis de la dense forêt sèche, nous évoluons dans la savane herbeuse. Dans ce paysage aride, nous rencontrons plusieurs petites termitières qui nous intriguent. Alors que notre guide nous les montre, il donne un grand coup de pied dans l’une d’elles afin de nous en montrer l’intérieur et les animaux qui l’habitent… pas tout à fait le comportement de respect et de protection qu’on serait en droit d’attendre de la part d’une personne qui vit du parc, de sa faune et de sa flore 😡! Nous finissons par arriver au canyon d’Ankarokaroka, avec ses fameux lavakas. Il s’agit de structures géologiques typiques de Madagascar qui viennent de l’érosion des reliefs. La vue est magnifique et nous restons de longs moments à observer le paysage.
Sur le chemin du retour, nous observons nos premiers lémuriens diurnes, des sifakas de Coquerel, au visage noir entouré de blanc. Vivant en groupes d’une dizaine d’individus, ils mangent des feuilles, des fruits et des fleurs. Très agiles et élancés, nous ne nous lassons pas de les observer. Leurs prédateurs (en dehors de l’Homme) sont les rapaces, les boas et les fossas, sorte de petit puma très discret et difficile à observer.
Un peu plus loin, le guide débusque un lémurien sportif endormi dans la cavité d’un arbre (pour rappel, le sportif est un lémurien nocturne qui dort donc pendant le jour). Nous terminons notre tour avec encore quelques animaux, tels que des caméléons et des lézards. Nous apprécions tout spécialement la démarche du caméléon qui avance de manière tout à fait particulière!
De retour au bungalow, Philippe passe vérifier avec le responsable du centre d’information s’il a bien pu joindre la compagnie de taxi-brousse avec laquelle nous allons voyager ce soir et s’il a réussi à nous réserver quatre places. La prochaine étape de notre périple doit nous mener à Ambanja, à environ 500km plus au nord, après une douzaine d’heures de route. Nous avons longtemps hésité à voyager de jour ou de nuit mais nous préférons finalement ne pas perdre une journée complète pour voyager et profiter de la possibilité de le faire de nuit, tout en espérant pouvoir dormir un peu. Ce que nous doutons cependant fortement, suite à notre première expérience 😅! Tout est en ordre, nos places sont réservées et le bus passe nous prendre aux alentours de 17h30. Cela nous laisse encore le temps de faire nos bagages, nous reposer un peu dans notre joli bungalow et y faire un peu d’école. Nous soupons aussi une dernière fois au parc et c’est avec une petite demi-heure de retard sur l’horaire transmis que notre véhicule arrive pour nous récupérer. C’est en fait le même genre de taxi-brousse que nous avons pris pour arriver au parc, certaines personnes faisant les 24 heures de trajet d’un coup depuis la capitale. Le temps de charger nos sacs et de prendre congé du personnel du parc, nous voici embarqués pour une expérience des plus épuisantes…
A très bientôt pour connaître nos aventures routières nocturnes! Philippe et Gabrielle
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19.05 au 22.05.2022
Notre 5ème et dernier continent, l’Afrique, nous attend. Pour cette nouvelle étape de notre tour du monde, nous commençons par la découverte de la grande île de Madagascar. Le périple pour y arriver est plutôt long car certaines compagnies n’ont pas encore repris leurs vols autour de l’océan indien. Nous profitons donc des escales pour faire un peu d’école, pour le plus grand bonheur des filles 😜! Nous devons d’abord revenir sur Bangkok en soirée puis poursuivre au milieu de la nuit sur Addis-Abbeba avant de finalement atterrir en milieu d’après-midi à la capitale de Madagascar, Antananarivo, dite Tana pour les intimes (enfin… pour tout le monde, c’est plus simple!). Estelle s’amuse comme elle peut dans le bus… en copiant une de ses tantes qui pratique le pôle sport (le pole dance, mais en sport, donc dit de manière moins connotée 😉, sport qu’elle va d’ailleurs elle-même commencer à notre retour en terres helvétiques).
Si nous avons choisi l’île de Madagascar, au-delà de sa beauté et de sa richesse, c’est en grande partie car une des grandes soeurs de Gabrielle, Nathalia, et toute sa famille y vivent depuis maintenant presque deux ans. Ils sont partis comme missionnaires dans un petit village isolé sur l’île de Nosy Be, bien connue des touristes, tout au nord de la grande île. Mais avant de les rejoindre, nous atterrissons tout d’abord à Tana où nous avons la chance d’être logés chez les parents d’Hervé, le mari de Nathalia qui est lui-même malgache. Nous ne les avons pas vus depuis plus d’une dizaine d’années et nous nous réjouissons de les retrouver! Après d’énièmes tests covid au sein même de l’aéroport (eh oui, il en fallait un au départ et un autre sur place à l’arrivée… 🤯) qui heureusement sortent négatifs, nous retrouvons avec joie Henriette et Arthur, les parents, ainsi que Haingo, une des soeurs d’Hervé.
Nous nous rendons dans leur maison, un peu en dehors du centre de Tana où nous allons rester trois nuits. Nous allons en profiter pour récupérer un peu, préparer la suite de notre voyage et visiter les environs avant de poursuivre vers le nord. Toute la fratrie d’Hervé (déjà tous adultes et dans la vie active) habite encore chez leurs parents car les loyers dans la région sont prohibitifs en comparaison de leurs salaires. Pour le souper, Christina et Alain, les deux derniers soeur et frère d’Hervé, rentrent de leur travail et nous les revoyons avec joie. Après le souper, la fatigue du voyage et le décalage horaire commencent à bien se faire sentir et nous nous hâtons de rejoindre nos lits et les bras de Morphée 😴.
Après un réveil et un début de journée tout en douceur, nous partons avec Christina à Ambohimanga-Rova, sur une des 12 collines sacrées qui entourent la capitale, à une vingtaine de kilomètres au nord de celle-ci. Le site abrite le palais du roi Andrianampoinimerina (qui régna de 1787 à 1810). C’est lui qui fonda la dynastie des rois de Madagascar. Ce palais se trouve dans un joli complexe de bâtiments qui, initialement, accueillaient le roi (ou la reine) des Merina, le peuple du centre de l’île, qui petit à petit va s’imposer sur les royaumes voisins. Nous décidons de prendre un guide afin de mieux entrer dans l’histoire des rois malgaches et celui-ci nous explique que ce premier roi avait 12 femmes, provenant des douze peuples de la région. Chacune avait été installée sur une des collines sacrées qui entourent la capitale afin de réunifier tous ces peuples en un seul. Nous nous retrouvons sur place en même temps que de nombreux écoliers en sortie scolaire, ce qui apporte beaucoup de vie au site historique 😝! Nous commençons par le premier niveau du complexe où se trouve la place cérémonielle, sur laquelle nous pouvons voir une grande pierre en forme de coeur (il faut avoir un peu d’imagination pour y voir un 🤍). C’est sur cette pierre que des sacrifices de zébus avaient lieu. Au second niveau, un petit enclos entouré de murs abritait le prochain zébu avant son sacrifice. Ceux-ci étaient choisis exprès pour le roi et ils devaient impérativement être beige, avec une tâche blanche sur la tête et les pattes et la queue blanches.
Au niveau supérieur, notre guide nous fait visiter le lieu où le premier roi a habité: une simple case noire, dans laquelle il dormait en hauteur, tandis que son épouse couchait au sol. Le lit du roi était placé au coin nord-est de l’habitation car c’était le lieu sacré des maisons, là où se trouvaient les ancêtres. A Madagascar, une partie de la population pratiquait le culte des ancêtres, et cela perdure encore aujourd’hui. Dans cette bâtisse, nous retrouvons également des objets simples de la vie quotidienne, tels que des ustensiles de cuisine par exemple puisque celle-ci se trouvait dans la même pièce. Pour entrer et sortir de la case, notre guide nous indique qu’il faut y aller à reculons pour une question de superstition (mais nous ne nous souvenons pas exactement de laquelle 😅).
Nous poursuivons la visite avec le palais de la reine Ranavalona 1ère, qui régna comme souveraine sur l’île de Madagascar de 1828 à 1861. Ce palais était la résidence secondaire de la reine, car son lieu de vie principal était à Tana. Malheureusement nous ne pouvons pas aller visiter celui de la capitale car il est fermé pour rénovation en ce moment. Il est interdit de prendre des photos à l’intérieur du bâtiment mais celui-ci a déjà des influences européennes, que ce soit dans les meubles, les tapisseries ou les objets qui le décorent.
Après avoir remercié et quitté notre guide, nous profitons à nouveau de la vue magnifique sur les plaines environnantes. Nous nous rendons ensuite dans un petit restaurant avec une jolie terrasse qui se trouve à proximité. Le propriétaire est très sympathique et nous sommes bien conseillés par Christina pour choisir nos plats. Le restaurant étant placé juste à côté du site touristique (même si nous n’y avons vu que des autochtones), nous avons le droit à une démonstration de plusieurs danses typiques, un très joli spectacle 💃🏿🕺🏿!
Une fois notre repas et le spectacle terminés, nous rebroussons chemin et nous rentrons chez les Ramangalahy. En arrivant, Arthur nous donne la seule boîte de Malarone (médicament antipaludique) qu’il a pu dénicher pour nous en pharmacie, impossible d’en trouver plus 🤪. Ce n’est malheureusement pas suffisant pour toute la famille jusqu’à notre départ de l’île et nous devons rajouter cette quête à notre programme du lendemain 🙃. En début de soirée, nous avançons dans la préparation de la suite de notre voyage car nous allons quitter Tana dans deux jours…sans avoir encore rien de réservé pour la suite! Nous avons prévu de retrouver Nathalia et sa famille à Ambanja, une ville du nord-ouest, et nous devons donc planifier les quelques jours devant nous avant de les retrouver. Nous prenons la décision de couper en deux le long voyage pour les rejoindre et de nous arrêter au parc national d’Ankarafantsika. Cependant, nous découvrons qu’il est difficile de planifier le voyage car internet n’est pas si couramment utilisé ici et il faut presque toujours passer par les appels téléphoniques pour les réservations, que ce soit pour les déplacements ou les logements. Heureusement, la famille d’Hervé nous prête main forte et ils nous aident à réserver quatre places dans un taxi-brousse pour rejoindre Ankarafantsika. C’est plus facile lorsque la personne parle malagasy, même si une majorité des gens de la capitale parle bien français 😉 (ce qui n’est pas le cas sur le reste du « continent » et les autres îles malgaches).
Après un agréable souper et une sympathique soirée en compagnie des Rama, nous allons nous coucher.
Aujourd’hui, nous commençons la journée en compagnie de Haingo. Elle nous accompagne en ville afin de trouver les médicaments qu’il nous manque, changer nos dollars en ariary, la monnaie locale (prononcé « ariar », car on ne prononce généralement pas les dernières lettres des mots en malagasy), et faire quelques courses. La Malarone étant rarement utilisée par les locaux, nous devons visiter trois pharmacies afin de réussir à acheter nos trois boîtes 💊(chacune n’en a à chaque fois qu’une seule en stock…). C’est également très compliqué de trouver de la crème solaire, denrée rare et chère dans la région, mais indispensable pour nos peaux de Vazahas (c’est le terme utilisé à Madagascar pour désigner l’étranger blanc d’origine européenne. Terme qui sera souvent utilisé pour nous désigner durant notre séjour). Enfin, après comparaison des taux de change, nous trouvons une banque pour changer nos dollars, même si ce n’est pas si simple 💵. Il nous faut en effet patienter près de 20 minutes, présenter nos passeports et remplir divers papiers. Mais au final, c’est une matinée couronnée de succès, même s’il nous aura fallu de la patience pour accomplir toutes nos tâches.
Pour la suite de la journée, nous nous promenons dans le quartier où habitent les Rama. Philippe part se faire couper les cheveux ainsi que la barbe en compagnie d’Alain puis nous nous rendons tous à pied sur une autre des 12 collines sacrées, celle de Rovan’Ambohidratrimo. Au sommet de celle-ci se trouve le palais d’une des douze reines, dont il ne reste que les fondations. Sur place nous pouvons encore voir trois tombes royales qui ont été rénovées récemment car elles ont été incendiées en 2015. Ces tombes sont en fait de petites « maisons » rouges et blanches, qui ne ressemblent donc pas aux tombes que nous avons l’habitude de voir. Le lieu est sacré et par conséquent l’alcool, l’ail, la chèvre, le porc et le poulet (ce dernier est un symbole de misère) y sont prohibés. Derrière les fondations du palais se trouve un rocher particulier: le rocher des 7 voeux. Il s’agit d’y lancer 7 pierres et si l’une d’entre elles (ou plusieurs) rentre dans le trou, on peut faire un/des vœux. Les filles tentent leur chance et, après de nombreuses essais, ont finalement chacune droit à leur voeu. Nous terminons ensuite notre visite avec une autre particularité « géologique » du site: la roche aux deux seins. Les femmes viennent y faire des sacrifices et toucher les deux renflements de pierre pour tomber enceinte ou choisir le sexe du bébé. Il est écrit en blanc dessus « pour résoudre la stérilité ».
Et voilà, c’est déjà notre dernière nuit à Tana en compagnie des Rama. Le transport pour la suite de notre voyage est programmé mais… pas le logement 🙃. En effet, nous n’avons pas réussi à joindre (par mail ou par téléphone) le centre d’accueil du parc national d’Ankarafantsika, qui loue des bungalows pour les visiteurs. Nous décidons de nous y rendre quand même et nous verrons bien sur place comment cela se passera. Nous espérons avoir de la chance, car le parc est assez isolé et, dans le cas contraire, il nous faudrait rebrousser chemin sur plusieurs kilomètres pour trouver un logement. Enfin bon, c’est l’aventure!
A tout bientôt sur les routes malgaches! Gabrielle et Philippe
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
27.04 au 18.05.2022
C’est l’heure du bilan pour cette étape, plus courte que d’habitude, qui vient clore nos aventures asiatiques.
Voici notre bilan du Cambodge:
Nos coups de coeursfamiliaux Voici en vrac quelques éléments qui nous ont particulièrement plu:
Les temples d’Angkor
Notre séjour chez l’habitant à Kratie sur l’île de Koh Trong
Nos repas au restaurant-école de l’association Pour un Sourire d’Enfant
Le Phare circus
Le catfé (enfin… pour les ¾ de la famille 🤪)
Gabrielle: J’ai particulièrement aimé: la visite de la plantation de poivre de Kampott.
J’ai moins aimé: les nombreux déchets partout mais spécialement sur la plage de Kep.
Philippe: Ce que j’ai préféré: l’impression de jouer à Indiana Jones dans les ruines des temples d’Angkor.
J’ai moins aimé: les nombreux retours « forcés » par la capitale Phnom Penh.
Marine: Ce que j’ai préféré: jouer avec Ficelle, le petit chaton sur l’île de Koh Trong.
J’ai moins aimé: le marché aux crabes de Kep (surtout voir les crabes vivants se faire couper en deux aux ciseaux).
Estelle: Ce que j’ai préféré: ma fête d’anniversaire.
J’ai moins aimé: le gros orage qu’on a eu une nuit sur l’île de Koh Trong.
Statistiques de notre séjour au Cambodge
Nombre de jours: 22
Distance parcourue: 1’613Km, sans compter tous les petits trajets en voiture, à pied ou en bateau.
Budget prévu: CHF 1’781.-, avec un budget journalier de CHF 84.- par jour, pour nous 4.
Budget dépensé: CHF 1’717.- pour ce pays, nous avons donc économisé CHF 64.-
Carte du voyage
Pour plus de détails sur nos aventures au Cambodge, n’hésitez pas à lire les articles précédents. Il vous suffit de retourner tout en haut de cet article (si vous le lisez sur le blog) et de cliquer sur « Articles du blog ».
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16.05 au 18.05.2022
Nous voici donc à notre quatrième séjour à Phnom Penh 🙃. Nous avons retrouvé l’ancienne auberge de jeunesse, nous sommes donc de retour en terrain familier! Au programme aujourd’hui: tests PCR, découverte d’un dernier temple, visite du marché central et d’un centre commercial.
Histoire d’en finir au plus vite avec le passage obligé des écouvillons au fond du nez, nous partons directement faire les traditionnels tests, sésames nécessaires pour pouvoir continuer notre périple. Bien que ce soit le énième test, c’est toujours aussi difficile pour Estelle…. 😬. Heureusement, l’infirmier est patient, ce qui n’a pas toujours été le cas 🙃.
Une fois passé ce moment désagréable, nous cherchons une pharmacie afin d’y acheter de la Malarone. Il s’agit d’un médicament préventif contre la malaria qu’il nous faut absolument pour notre prochain pays. Nous avons emmené une boîte avec nous depuis la Suisse (et que nous trimballons depuis 9 mois…) mais nous n’en avons pas assez pour l’ensemble de notre séjour. Malheureusement, les prix sont très, très élevés et nous décidons finalement de les acheter sur place car cela devrait nous revenir moins cher, en tout cas selon nos informations.
Après cette balade infructueuse, nous partons à la découverte de Wat Phnom, le temple de la colline, dont voici la légende:
En 1372, une femme, âgée et aisée, appelée Penh (Grand Mother Penh ou Lady Penh) vivait à Chaktomuk, village où quatre rivières se rejoignaient (emplacement actuel de Phnom Penh). Un jour, allant à la rivière pour ramasser du bois, elle vit un tronc d’arbre au milieu du cours d’eau. Cet arbre, Hopea odorata (koki tree), est un arbre qui atteint généralement plus de 40m et il est souvent vénéré pour les esprits qui y habiteraient. Elle demanda aux villageois de sortir le tronc d’arbre et lorsqu’ils enlevèrent la boue qui en maculait le tronc, ils découvrirent quatre statuettes de Bouddha. Une en bronze, une en cuivre, une en marbre et la quatrième représentant Bouddha sous la forme de Vishnu. Les quatre bras de cette dernière tenaient un bâton, une chaîne, un serpent et une fleur de lotus. Suite à cette découverte, Penh demanda à ce qu’une colline artificielle soit érigée et qu’un temple en bois soit construit à son sommet pour y héberger les statuettes. Le site a gardé ce nom à travers les siècles, malgré ses multiples transformations.
A l’époque de la légende, la capitale khmère était Angkor. Pour certains, la découverte des statues fut une bénédiction divine et le signe que la capitale devait être déplacée. Ce changement se concrétisa lorsque le roi Ponhea Yat s’enfuit d’Angkor, capturée par le Siam en 1431, pour établir la capitale du royaume à Phnom Penh. De nos jours, une très grande stupa se trouve derrière le temple, contenant les reliques de ce roi et de sa famille.
Si vous regardez bien la première photo, il y a un air de déjà vu au premier plan…*
Au cours de la visite, Marine s’assied sur un banc de pierre pour se reposer. A ce moment-là, une femme khmère passe devant elle avec son enfant. Ni une ni deux, elle assied son fils à côté de Marine et elle prend des photos, comme si de rien n’était 🤔.
Suite à cette visite culturelle et historique, nous nous rendons au Central market, grand bâtiment dont le principal intérêt se trouve dans son architecture. Il est constitué d’un dôme entouré de quatre ailes, représentant les quatre bras de rivières confluant du Mékong. Cette structure est un des symboles de Phnom Penh. Nous en profitons aussi pour faire quelques achats de souvenirs dans les nombreuses boutiques d’artisanat qui s’y trouvent.
Après cette plongée dans les dédales du marché central, nous faisons un immense bond dans le futur pour nous rendre dans un grand centre commercial à l’occidentale. Les filles sont heureuses de retrouver la modernité: sushis et attractions!
Les visites terminées, nous soupons rapidement dans la rue puis nous rentrons à l’hôtel afin d’y passer notre dernière nuit cambodgienne.
Et voilà, c’est notre dernier matin en Asie du Sud-Est. Il nous faut cependant encore passer récupérer les résultats des tests (heureusement tous négatifs 🥳), et surtout aller retirer de l’argent dans un bancomat pour notre prochain pays. En effet, malgré toutes nos précautions lors de la préparation du voyage, nous subissons le changement de nos cartes de crédit, imposé par nos deux banques… Si nous avons pu régler le problème lié à notre carte Revolut (Philippe a pu charger la nouvelle carte virtuelle sur son natel et ainsi payer par Google Pay), c’est maintenant Postfinance qui nous annonce que nos cartes doivent être remplacées sous peu et que nos anciennes cesseront de fonctionner d’ici 15 jours**. Heureusement, ce problème devrait être « rapidement » derrière nous car nous réussissons à organiser un envoi des nouvelles cartes par la mère de Gabrielle à une adresse où nous nous rendrons dans deux semaines. C’est extrêmement frustrant car dans les deux cas nous avions anticipé le problème de l’échéance et nous avions averti nos banques de notre voyage d’une année… Mais les deux entités ont décidé de changer les cartes sans nous avertir à temps. C’est vraiment pas de bol 😬 ! Du coup, nous décidons de retirer le maximum d’argent possible ici afin de le changer une fois arrivés sur place. Ce change sera d’autant plus facile qu’au Cambodge les retraits aux bancomats sont en dollars, devise utilisée au quotidien dans les magasins (mais pas au marché). Le taux du riel cambodgien est fixé sur le dollar américain ce qui fait que nous payons en dollars (seuls les billets sont acceptés) et la monnaie nous est rendue en riels. Malheureusement, entre les limites de retrait imposées par les banques au Cambodge et celles de notre banque suisse, nous ne pouvons pas retirer suffisamment d’argent pour subvenir à nos besoins durant le reste de notre voyage… Il reste encore deux mois avant de rentrer en Suisse! Espérons que nos nouvelles cartes arriveront bien à destination et que les retraits seront possible… 🤞🏻
Enfin bon, cela fait partie des surprises des voyages au long cours et nous verrons bien comment nous gérerons tout cela en temps voulu (durant ce genre de voyage, on apprend vite à lâcher prise et à suivre l’adage « advienne que pourra » 🙃). Pour le moment, profitons de nos dernières heures au Cambodge!
Notre vol est en début de soirée, mais nous devons libérer la chambre pour 11h00. Après quelques efforts de persuasion, Philippe cède et nous nous dirigeons vers le Catfé pour y passer les dernières heures d’attente 🐈. Les filles sont ravies et nous voici avec quatre nouvelles paires de chaussettes chats, car il faut en avoir des neuves pour entrer dans la pièce 🤦🏼♂️🤦🏼♀️.
Après de nombreuses papouilles, quelques moments de lecture et de rédaction du blog entourés de chats, voici venue l’heure de quitter nos amis félins et de rejoindre l’aéroport. En chemin, nous profitons des dernières scènes de vie khmères: moines se promenant dans la rue, femmes en « pyjama » (c’est la seule photo qu’on ait réussi à prendre, mais c’était très courant dans la capitale!) ou encore famille entière sur un scooter (avec le père qui a un casque mais aucun des 4 enfants 😅… Oui, oui, vous avez bien lu, 4!!!).
Voilà, nos aventures cambodgiennes sont maintenant terminées, suite sur un nouveau continent! Philippe et Gabrielle
* Pour les non Genevois, voici la référence de l’avant plan de Wat Phnom, l’horloge fleurie de Genève:
** Ce qui finalement s’avérera faux, malgré nos nombreux appels à la Helpline de Postfinance afin de trouver une solution pour contrecarrer l’annulation de nos cartes (avec de multiples versions de « C’est impossible Madame, c’est un algorithme automatique que nous ne pouvons pas arrêter »), car Philippe pourra continuer d’utiliser son ancienne carte jusqu’à notre retour en Suisse 🤦🏼♀️🤦🏼♂️ !