Retour en Suisse

1. Europe – Suisse

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

15.07 au 16.07.2022

Après notre montée dans l’avion à Windhoek, s’en suit un vol de nuit quasi vide, nous pouvons donc profiter d’occuper chacun plusieurs places pour dormir, le luxe!
Nous arrivons finalement au petit matin à Francfort ! 321 Jours et 5 continents plus tard, nous revoilà en Europe! Le temps d’attente est assez court et, déjà, nous voilà en train de monter dans notre dernier avion de ce tour du monde, opéré par Swiss.

Ça fait un pincement au cœur de réaliser que nous allons effectuer le dernier tronçon de ce voyage si enrichissant et qui nous aura fait découvrir tant de choses. Pour adoucir un peu cette fin d’aventure, nous recevons un délicieux petit chocolat. Le temps est magnifique et cela nous permet d’admirer la vue sur Genève, avec son lac et son jet d’eau.

Le vol est court et c’est déjà l’heure de débarquer. Comme nous rentrons chez nous, en Suisse, le passage de la douane se passe rapidement, d’autant plus qu’aucune exigence COVID n’est nécessaire 🥳 !

A partir de maintenant, nous retrouvons nos marques et des lieux connus. Pendant que nous attendons nos sacs, les filles essaient d’apercevoir la famille de Philippe qui est venue nous accueillir. Pour la famille de Gabrielle, nous devrons attendre un peu avant de nous retrouver car tous sont en Grèce, à Koroni, pour leurs vacances. Ce n’est que partie remise!
Et voilà, c’est le moment de retrouver la famille, la fin du voyage et le bonheur de se retrouver à la maison, à Genève!

C’est un véritable tourbillon d’émotions qui nous envahit et il est parfois difficile de savoir si il nous faut pleurer de tristesse en raison de la fin de notre voyage autour du monde ou de joie car nous retrouvons notre chez-nous et nos familles. Mais tout cela fera l’objet d’un article à part, sous forme de bilan, qui viendra clore cette incroyable expérience et aventure familiale!

A bientôt!
Gabrielle et Philippe

Bilan de la Namibie

5. L’Afrique – Namibie

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

17.06 au 15.07.2022

C’est l’heure du bilan pour cette dernière étape sur le continent africain et ce dernier pays de notre tour du monde:

Nos coups de coeurs familiaux
Voici en vrac quelques éléments qui nous ont particulièrement plu:

  • Notre séjour dans la bande de Caprivi et nos rencontres avec les éléphants et les autres animaux
  • Le parc national d’Etosha et la richesse de sa faune
  • Dormir sur le toit de notre jeep
  • Notre expérience à travers le cratère du Messum
  • Notre ascension de la dune Big Daddy dans le Sossusvlei (et sa descente)

Gabrielle:
Ce que j’ai particulièrement aimé: les moments spontanés et inattendus passés avec des locaux: l’observation du crocodile avec des enfants aux chuts d’Epupa, le thé avec les femmes himbas et la fabrication du pain avant d’entrer dans le cratère du Messum.

J’ai moins aimé: les très longs trajets en voiture dans un décor assez répétitif.

Philippe:
Ce que j’ai préféré: les animaux qui viennent s’abreuver aux points d’eau des parcs. Un moment de silence, de calme et de contemplation reposant.

J’ai moins aimé: le manque de possibilités d’entrer en contact avec des populations locales, du fait d’être toujours dans sa jeep, pour les trajets et pour dormir.

Marine:
Ce que j’ai préféré: les nombreux animaux rencontrés en Namibie.

J’ai moins aimé: dormir en sachant que des animaux sauvages pouvaient être si près de nous…😅

Estelle:
Ce que j’ai préféré: descendre la dune de Big Daddy en courant.

J’ai moins aimé: que les animaux soient parfois si près de nous.


Statistiques de notre séjour en Namibie

  • Nombre de jours: 29
  • Distance parcourue: 6’250km, sans compter tous les petits trajets en voiture, à pied ou en bateau.
  • Budget prévu: CHF 4’681.-, avec un budget journalier de CHF 167.- par jour, pour nous 4.
  • Budget dépensé: CHF 5’610.- pour ce pays, nous avons donc dépensé CHF 929.- de plus que ce qui était prévu. Trois éléments pourraient expliquer cet écart important. Premièrement, de nombreux tarifs ont augmenté après le passage du Covid. Deuxièmement, nous avons décidé de faire de nombreux kilomètres pour silloner le pays et du coup notre facture pour l’essence en a pris un sacré coup. Enfin, comme la Namibie est notre dernier pays, nous avons fait un peu moins attention au budget…


Pour plus de détails sur nos aventures en Namibie, n’hésitez pas à lire les articles précédents. Il vous suffit de retourner tout en haut de cet article (si vous le lisez sur le blog) et de cliquer sur « Articles du blog ».

A bientôt!
Estelle, Marine, Philippe et Gabrielle

Retour sur Windhoek

5. L’Afrique – Namibie

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

12.07 au 15.07.2022

Une fois notre petit déjeuner avalé, nous nous mettons en route pour notre dernière journée complète dans ce roadtrip. Avant de sortir du domaine du ranch Koiimassi, nous avons la chance de voir deux renards « bat ear » (à oreilles de chauves-souris), juste sur le côté du chemin. Leurs grandes oreilles noires sont mignonnes ☺️. Ils restent quelque secondes près de nous puis ils s’enfuient rapidement.

Photo prise sur internet, car nous n’avons pas réussi à les photographier.
(https://blpn.org/2018/08/07/kgalagadi/bat-eared-fox/)

Sortis des limites du ranch, nous rejoignons la piste. La remontée en direction du nord et de la capitale nous fait traverser de grandes étendues désertiques, apercevant de temps à autre quelques oryx et des autruches. Après environ deux heures de route, nous quittons définitivement les pistes namibiennes pour rejoindre à nouveau des routes goudronnées. Il faut relever que les pistes sont globalement en bon état, rien à voir avec ce que nous avons pu expérimenter à Madagascar (c’est peut-être aussi dû au climat très aride qui règne ici…). Il faut dire qu’en Namibie, le gouvernement se charge aussi de la maintenance des routes, ça aide! Nous avons en effet croisé une sorte de « dameuse » de piste, un tracteur qui tire un espèce de gros filet en métal qui racle et casse la tôle ondulée, de manière à aplanir le terrain.

Un peu plus tard, nous nous arrêtons dans le petit village de Helmeringhausen. Nous cherchons un lieu pour pique-niquer et les propriétaires du seul hôtel-restaurant du coin sont d’accord pour que nous nous installions à une table du jardin. Après avoir englouti notre salade de pâtes, nous allons nous installer sur la terrasse du resto et nous commandons la spécialité locale, le cake aux pommes. Apparemment, le meilleur du pays 🤪… Nous n’avons pas énormément de points de comparaison, mais celui-ci est délicieux, en effet 😋!

Les estomacs bien remplis, nous reprenons la route et malheureusement nous ne voyons plus d’animaux, si ce n’est quelques nids d’oiseaux dans les arbres, qui nous font un peu penser à des boules de sapin de Noël!

Depuis que nous avons rejoint les grandes routes, les paysages se ressemblent et c’est majoritairement de la savane à perte de vue, avec ses herbes jaunies et une route plutôt droite. Après les magnifiques paysages traversés depuis les dunes du Namib, nous sommes devenus exigeants et nous sommes quelque peu blasés de ce qui s’offre à nos yeux 😅…

C’est en fin d’après-midi que nous arrivons à Mariental, où nous allons passer la nuit. Nous voulions initialement, sur les conseils d’André, nous arrêter pour notre dernière nuit au camping de Bagatelle, dans les dunes rouges du Kalahari. Mais, malgré notre appel deux-trois jours avant notre arrivée, il n’y avait plus aucune place de libre 😢. Nous remarquons depuis quelques jours qu’il y a plus de monde qu’au début de notre séjour et que les réservations deviennent difficiles dans les endroits plus fréquentés. Nous sommes maintenant en plein dans les vacances d’été des Européens et cela se ressent.
Nous nous sommes donc rabattus sur un lieu moins glamour mais pratique, car simple d’accès depuis la route. C’est un camping sans beaucoup de charme mais les filles sont aux anges car il y a une mini-ferme! Il y a là des animaux bien moins exotiques que ce que nous avons vus jusqu’à maintenant… Lapins 🐇, poules 🐔, coqs 🐓, chèvres 🐐, boucs, canards 🦆, dindons 🦃, poneys 🐎, etc. Mais également des animaux qui normalement ne sont pas domestiqués ou qui ne sont pas censés être en Afrique: autruches, lamas 🦙(!), des perruches 🦜, un dromadaire 🐪, un springbok, une antilope, deux phacochères, un zèbre-ane 🦓🫏 et un zèbre-cheval 🦓🐎! Nous ne sommes vraiment pas fans de voir ces animaux dans des enclos (des petits en plus), que ce soit pour les animaux de ferme mais d’autant plus pour les animaux non domestiques que nous avons vus vivre en toute liberté depuis quatre semaines.

Les filles sont sensibilisées mais leur coeur balance entre la tristesse de les voir dans des enclos et la joie de les observer: « Les pauvres, ils sont dans des cages… Mais ils sont trop choux! » 🤪
Elles sont particulièrement sous le charme de trois chevreaux nés il y a trois semaines! Nous finissons par acheter un peu de nourriture pour animaux, vendue à l’accueil, et les filles s’amusent à répartir chrétiennement le contenu de l’assiette entre tous les animaux!

N’ayant aucune envie de cuisiner, nous profitons du fait qu’il y ait un restaurant dans l’enceinte du camping pour nous y rendre. Il y a là aussi une aire de jeu pour les enfants et les filles sont toutes contentes de pouvoir s’amuser un peu, au milieu de quelques poules et dindons!
Le ventre bien rempli, nous rejoignons notre emplacement de camping pour une dernière nuit en tente.


Au moment du réveil (assez matinal et petit déjeuner vite avalé car les filles veulent encore profiter des animaux avant de partir 😅), il y a un peu de nostalgie de se dire que nous venons de passer notre dernière nuit dans notre tente de toit 😢.

Depuis hier, chacune de nos actions est la dernière de notre road-trip puisque nous devons rendre la voiture à l’agence de location dans l’après-midi. Après la dernière mise en place de notre tente hier, c’est le moment de la ranger pour de bon. Et, après 26 jours de voyage, nous sommes devenus des experts 💪🏻. Voilà pour vous, en accéléré, un petit aperçu des manoeuvres nécessaires pour installer notre tente de toit!

Une fois tout le matériel rangé et une dernière visite aux animaux, il est temps de terminer notre road trip namibien et de rejoindre Windhoek. Il nous reste environ deux heures et demi de route et, quelques kilomètres après notre départ du camping, nous passons la barre des 6’000 kilomètres parcourus avec notre jeep 😎! Nous avons vraiment beaucoup roulé durant ce séjour en Namibie 🤪 !
Pour finir ce dernier tronçon avant d’entrer dans la capitale, nous croisons encore un dernier panneau de circulation, qui manquait à notre collection.

Nous décidons de passer d’abord à notre appartement (le même que lors de notre première nuit dans la capitale) car nous avons trop de cheni dans la voiture, disséminé dans les différentes caisses et ailleurs dans l’habitacle. Lorsque nous arrivons, nous avons la mauvaise surprise d’apprendre qu’il y a eu une « double réservation » effectuée sur Booking et que nous devons nous rabattre sur un logement un peu plus petit (heureusement dans le même bâtiment) 🤬. Les filles vont par conséquent devoir dormir sur le canapé-lit du salon. En même temps, après quatre semaines sous tente, elles ne se plaignent pas 😜… Une fois les démarches effectuées et les bagages déposés, nous remontons dans la jeep. Nous laissons les filles à l’appartement car elles ne désirent pas nous accompagner et elles veulent rester tranquilles. Nous passons rapidement faire le plein et nous finissons par arriver juste à l’heure à l’agence pour rendre notre véhicule. La procédure est rapide et efficace, tout est en ordre. Avant de rentrer retrouver les filles, nous fixons encore l’heure du rendez-vous dans deux jours, car c’est l’agence de location qui nous amènera à l’aéroport.

De retour à l’appartement, c’est déjà la fin de la journée et tout le monde est fatigué. Nous cuisinons les quelques restes que nous avons encore et nous rejoignons rapidement nos lits, heureux de retrouver un peu plus de confort.


Pour notre dernier jour entier en Namibie, notre programme est léger: visite du centre ville et recherche de souvenirs.
Nous commençons par une matinée tranquille à l’appartement, faite de lecture et de lessives. Cette fois-ci pas à la main, il y a une machine dans notre logement, le luxe! En fin de matinée, nous arrivons enfin à décoller et mettre le nez dehors 😉. Un objectif annexe de cette journée est de trouver un barbier pour Philippe 🪒. Cela fait presque deux mois sans se raser et il est temps d’apporter un petit coup de fraîcheur à toute cette broussaille. De même qu’en Europe, nous croisons quelques échoppes de barbier stylées et nous finissons par nous arrêter à Tatekulu Barbershop. Tatekulu est un mot oshiwambo qui signifie « oncle » ou « ancien », en terme de respect. Pendant plus de trente minutes, Philippe est chouchouté, rasé de prêt (barbe et cheveux) et il en ressort comme un nouvel homme.

Ce court intermède bien-être et soin de soi terminé, nous nous arrêtons dans un petit restaurant pour manger avant de poursuivre notre visite. La ville est très moderne comparé à ce que nous avons vu jusqu’à maintenant et nous observons rapidement que le pouvoir d’achat et le niveau de vie des habitants de cette capitale est plus élevé que dans le reste du pays. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la population de Windhoek ne fait qu’augmenter chaque année, en raison de la migration depuis les autres régions de Namibie. Les magasins et les restaurants ressemblent à ceux en Europe et les bâtiments aussi. Comme dans toute « grande » ville, la précarité est également d’avantage présente et plusieurs enfants viennent demander de l’argent ou de la nourriture. Nous n’avons d’ailleurs observé cette mendicité que dans les deux autres « grandes » villes du pays, pas du tout en dehors.
Après avoir répondu à l’appel de nos ventres, nous passons un certain moment le long d’un marché artisanal situé dans la rue, pour acheter quelques souvenirs. C’est assez étrange de retrouver là quelques femmes himbas, loin de leur région d’origine mais habillées de manière traditionnelle.
Chacun de nous trouve quelques souvenirs puis nous partons voir une jolie église du « centre ville », la Christuskirche. Elle a été construite en 1907, juste après la guerre qui a opposé les Allemands à deux peuples locaux, les Hereros et les Namas. Son nom d’origine était « Église de la Paix ». Nous la découvrons en haut de la colline, son architecture est originale. Nous regardons ensuite autour de nous et… En fait, c’est tout 🙃! Il n’y a rien d’autre à voir 🤪.

Bien que capitale du pays et plus grande ville de Namibie, Windhoek n’a pas grand chose à proposer en tant que visite culturelle 😅. Il y a bien un musée national mais cela ne nous attire pas énormément… Nous décidons donc de rentrer en passant par un « centre d’artisanat » afin d’effectuer nos derniers achats. Ici, les prix ne se négocient pas mais il y a plus de choix et des objets plus originaux, qui se démarquent parfois de ce que nous avons vu sur les étales ce matin.

Comme personne n’est motivé pour ressortir souper (il fait vite nuit et assez froid et il n’y a pas de restaurant sympa à proximité), nous passons au centre commercial proche de notre logement et nous achetons de quoi nous faire à manger dans notre appartement. Nos emplettes terminées, nous rentrons pour notre dernière nuit en Namibie!


Et voilà, c’est notre dernier jour en tour du monde. Les émotions sont un peu mitigées. Nous sommes tristes que cela se termine, mais contents de nous dire que nous allons retrouver nos familles, nos amis et notre chez-nous. Le vol est à 20h ce soir, donc nous avons encore la journée devant nous. Une fois les bagages terminés, nous les laissons dans un local de l’immeuble pour aller finaliser nos achats d’hier au centre artisanal et manger.
A 15h, nous avons rendez-vous avec le bus de l’agence de location de notre jeep qui doit nous amener à l’aéroport. Il arrive… une heure plus tard ! 🤪 Heureusement que nous avions prévu large… Une fois grimpé à bord, les autres touristes qui se trouvent dans le bus nous expliquent que ce retard est de leur faute et non celle du chauffeur 😂. C’est rigolo car il s’avère que ce sont des compatriotes suisses, originaires de Champéry 🇨🇭. La mère de famille nous explique travailler à la vente des abonnements de ski au départ des télécabines et, du coup, nous l’avons très certainement déjà côtoyée, étant donné que nous allons régulièrement skier là-bas durant les vacances de Noël ou de février. (Pour la petite histoire, aux vacances de Noël suivantes, nous lui avons acheté des abonnements journaliers. Philippe l’a reconnue! Elle se rappelait également de nous 😁).
Arrivés à l’aéroport, tout se passe rapidement et nous attendons notre embarquement qui débutera dans deux heures. Dans ce tout petit aéroport où il n’y a pas grand chose… c’est long 😅! Les filles sont même d’accord de faire des multiplications et des divisions sur l’iPad, pour changer de leurs livres, c’est tout dire 🤪 !

Mais voilà enfin venu le temps d’embarquer et c’est avec une certaine nostalgie que nous montons dans l’avion qui clôt notre aventure africaine (et notre tour du monde) et qui doit nous ramener en Europe.

Nous vous retrouvons très vite pour faire le bilan de notre visite de la Namibie.
Gabrielle et Philippe

Swakopmund et les dunes

5. L’Afrique – Namibie

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

08.07 au 12.07.2022

Ce matin, le réveil est tardif car tout est brumeux, humide et venteux: il fait froid 🤪. C’est donc lecture au chaud sous la couette pour tout le monde. Après avoir beaucoup bougé ces derniers jours, nous adoptons un rythme un peu plus calme pour aujourd’hui car nous avons décidé de passer deux nuits ici, à Swakopmund. Nous avons prévu de visiter la ville à pied et nous n’aurons donc pas besoin de plier la tente ce matin 😁 et de tout ranger.
Nous finissons par nous mettre en route en fin de matinée, bien emmitouflés… Mais au bout de 15 minutes, le soleil pointe le bout de son nez et nous pouvons rapidement enlever la veste et le tour de cou ☀️. Nous nous trouvons dans la 3ème plus grande ville de Namibie, avec un peu plus de 40’000 habitants. Fondée en 1892 par des colons allemands, la majorité des bâtiments ne comptent pas plus de 3-4 étages et de nombreuses maisons ont un petit air germanique, très début 20ème siècle. D’ailleurs, plusieurs d’entre elles ont encore des enseignes en allemand, comme cette pharmacie que nous croisons en chemin.

La ville se situe en bord d’océan et lors de notre ballade nous admirons des vagues impressionnantes! Nous profitons d’aller au bout d’un ponton et nous rigolons bien lorsque nous retrouvons, sur un panneau énonçant toutes les interdictions, un autocollant de la section grenat, les ultras du Servette FC 🤪 (LE club de foot genevois).

En quittant le ponton, nous sommes à plusieurs reprises abordés par des hommes qui nous proposent d’acheter des makalanis. Il s’agit des amandes du fruit d’un palmier local, très dures et de la taille d’une balle de ping-pong. Celles-ci fournissent, une fois leur couche supérieure gratée, un « ivoire végétal » utilisé pour la fabrication de bijoux. Dans notre cas, les vendeurs nous proposent des porte-clés avec des représentations d’animaux de Namibie ainsi qu’une personnalisation de l’objet, avec la possibilité de rajouter un prénom ou une date. Les filles sont emballées et elles décident d’en acheter un, comme souvenir du pays. Chacune choisit donc un modèle à son nom, malheureusement sans hippopotame, car l’animal serait trop compliqué à représenter, d’après nos graveurs…

L’heure du repas étant proche, nous faisons une surprise aux filles et nous nous rendons dans un restaurant de sushis 🍣. Ça change des menus des ces dernières semaines et elles sont absolument ravies (nous aussi) 😋!

Le but principal de notre petite visite, à part la découverte de la ville, est un petit musée exposant l’histoire, la faune et la géologie de la Namibie. Nous découvrons aussi quelques oeufs d’autruche utilisés comme gourde, illustrant ce que nous avons appris lors de notre visite de Bushmen Paradise, à Spitzkoppe. Il y a également une présentation des nombreuses ethnies du pays et nous en apprenons beaucoup sur ces différents peuples. C’est un museum intéressant et nous y passons une bonne heure à déambuler dans les allées. Même les filles restent intéressées jusqu’au bout 🙃.

Nous découvrons également une exposition temporaire sur l’effet des déchets et du plastique sur les otaries. Nous constatons que ce sont exactement les mêmes problèmes causés aux tortues en Polynésie (voir article)

Après cette visite, un gâteau nous tente bien car c’est la première ville où nous avons vu des pâtisseries depuis trois semaines 😋. Nous nous asseyons dans un café du bord de mer et nous dégustons nos gâteaux avec un réel plaisir 😃. Swakopmund n’a rien à voir avec ce que nous avons vu jusqu’à présent (sauf peut-être à Henties Bay). Les rues sont quasiment toutes bétonnées et nous rencontrons majoritairement des personnes d’origine caucasienne. Bien qu’en dehors de la saison estivale namibienne, de nombreux visiteurs se retrouvent en ville et profitent du bord de mer. Personnellement, nous renonçons à tenter la baignade dans l’océan Atlantique, peu inspirés par sa température plus que fraîche (autour de 14 degrés…🥶).

En rentrant au campement, nous sommes survolés par des flamands roses 🦩 dans un ciel aux couleurs du couchant. C’est magique 🤩! Nous ne tardons pas à préparer le repas et nous coucher car, dès que le soleil disparaît, la température chute drastiquement.


Nous nous levons ce matin avec un ciel bleu et un grand soleil ☀️. C’est top car il fait un peu plus chaud qu’hier matin!
Aujourd’hui, nous partons plus au sud pour découvrir les dunes de sable du sud-ouest de la Namibie, dans le parc national de Namib-Naukluft. Avec une superficie de 49’768 km2 (plus grand que la Suisse 😳), ce parc est le plus grand d’Afrique et le quatrième du monde. Les dunes du désert du Namib sont les plus hautes du monde, dominant le désert de plus de 300 mètres. Par endroit, celles-ci surplombent la côte et elles sont à l’origine de lagunes constituées de terres humides et boueuses situées le long de la plage qui attirent des milliers d’oiseaux. Notre objectif est de rejoindre Sesriem, à environ 5h de route, afin d’aller admirer le célèbre site touristique de Sossusvlei.
Alors que nous venons de quitter la ville, nous avons une première surprise car nous découvrons qu’ici aussi ils cachent leurs antennes avec de faux palmiers 🌴, comme en Polynésie !

A peine quelques kilomètres plus loin, nous apercevons des dunes dès la sortie de la ville! C’est un des seuls endroits de Namibie où celles-ci atteignent l’océan, c’est assez rare apparemment. Et c’est vrai que la rencontre de ces dunes de sable et du désert avec l’immensité de l’océan a quelque chose de particulièrement beau.

Nous faisons un premier arrêt à Walvis Bay, une trentaine de kilomètres au sud de Swakopmund, pour y admirer de belles colonies de flamands roses sur la lagune de la ville 🦩, ainsi qu’une saline. Le sel donne une teinte rose à deux lacs salins, c’est magnifique!

Après ce petit détour, nous avons quatre heures trente de route pour rejoindre Sesriem, notre prochaine destination. Les paysages sont très différents et nous quittons le désert: grandes étendues plates avec une route rectiligne, puis une route très vallonnée qui passe entre de multiples collines rocheuses mais étonnamment couvertes d’herbes jaunies, puis à nouveau du plat, etc.

En chemin, nous profitons de faire une petite pause au tropique du capricorne, que nous avions déjà traversé lors de notre road trip en argentine! 😃

Un peu plus loin, sur cette route qui rejoint Sossusvlei, un arrêt est devenu incontournable: Solitaire. Ce n’est qu’un petit lieu-dit, mais l’apple pie de ce lieu en vaudrait, paraît-il, le détour. En arrivant, c’est un paysage de far west qui nous accueille: grande tour à hélice, carcasses de vieilles voiture, petite station essence et quelques bâtiments à un étage. L’endroit est pittoresque et permet de faire une pause agréable et rafraîchissante. Nous y dégustons leur fameux gâteau… Un peu sec pour nos exigeants palais 🙃🤪. Peut-être sont-ils plus moelleux le matin?

Arrivés au camping une heure plus tard, il y a un petit problème… Ils n’ont pas noté notre réservation et tous les emplacements sont pris 😱. Comme nous avons réservé par téléphone, nous n’avons pas de preuve ni de numéro de réservation. Le camping se trouve aux abords d’une station essence alors le manager nous propose une place de parc sous un petit abri, un peu à l’écart des pompes à essence. Le toit de l’abri est assez haut pour pouvoir ouvrir la tente et nous pourrons utiliser les toilettes de la station. Bon bein, nous n’avons pas vraiment d’autre solution et c’est mieux que rien 😅! Comme nous avons notre tente sur le toit du 4×4, cela nous est égal d’être sur une place de camping ou un parking, d’autant plus que nous partirons tôt demain matin afin de nous rendre à Sossusvlei. 
Nous allons partager notre place de fortune avec un jeune trentenaire hollandais, Hint, en voyage de deux mois en sac à dos dans le sud de l’Afrique: il aimerait aller de Namibie jusqu’au Mozambique. Il voyage en auto-stop et il n’a pas trouvé de transport à temps pour rejoindre Swakopmund aujourd’hui. Il était au camping ces deux dernières nuits, mais, comme pour nous, il n’y a plus de place.
Nous l’invitons à partager notre repas, des wraps végétariens et un ananas comme dessert. Pas de la grande gastronomie, mais il est très content car son menu du soir consistait en une boîte de conserve de haricots à la sauce tomate 🤪! Nous passons au final une chouette soirée à discuter avec lui 😃.
Au coucher, nous lui donnons un grand sac poubelle pour faire coupe-vent et un de nos sacs à viande (sac de couchage de soie) car il a décidé de ne pas monter sa tente, et de dormir sur un matelas gonflable par terre, avec son sac de couchage. Nous lui avons proposé de dormir sur la banquette arrière de la voiture mais il a poliment décliné notre offre. Il est courageux car les températures passent en dessous de 10° la nuit et il y a du vent! Il a commencé son périple il y a quatre jours et il est donc (encore) plein d’énergie et très positif. Il nous dit ne pas être sûr d’être aussi enthousiaste de dormir dehors dans le froid pendant deux mois 😉. Il a un bon travail aux Pays-Bas, donc il pourra sans autre se payer une chambre dans un lodge s’il a besoin d’une pause confort 🤪.
Après avoir fait la vaisselle, nous nous souhaitons bonne nuit et rejoignons nos lits respectifs.


Il fait glacial ce matin (4° 🥶), mais le lever du soleil est magnifique! Le parc ouvre ses portes à 7h45, nous avons donc fixé notre réveil à 7h15 pour avoir le temps de plier la tente avant de rejoindre l’entrée du parc national de Namib-Naukluft. Nous préférons partir tôt car il va vite faire chaud dans les dunes et nous aurons ensuite encore quatre heures de route à faire pour rejoindre notre prochaine étape.
Nous aurions eu l’option de dormir à 500m de là, au camping à l’intérieur du parc et ainsi avoir le droit de partir à 6h45 et espérer voir le lever du soleil dans les dunes (à 60km de l’entrée). Mais le prix de la nuit aurait été deux fois plus cher et une famille qui y était quelques jours avant nous n’était pas arrivée à temps, même s’ils étaient partis à l’ouverture des portes du camping… Nous avons donc décidé que cela n’en valait pas la peine.
Après un rapide adieu avec Hint (qui a passé une plutôt mauvaise nuit, étonnant 🤪…), nous nous joignons à la file d’attente pour entrer dans le parc à l’ouverture des portes. Nous sommes la 37ème voiture à entrer, il ne devrait donc pas y avoir trop de monde à notre destination finale: la dune Big Daddy. Cette dune est la plus haute de Namibie et une des plus hautes dunes du monde, présentant une élévation de 325m et son ascension est un des « must do » de Namibie.

Nous avons une petite heure de route avant d’y arriver et les dunes se présentent à nous gentiment, passant du beige à l’orange, puis au rouge. Le soleil étant encore bas, le jeu des ombres et des lumières leur donne un magnifique aspect 🤩.

Arrivés à une trentaine de minutes de notre destination, la route bitumée s’arrête et commence alors la conduite dans le sable. Heureusement, la piste est balisée par les traces des autres voitures, peu de chances de se perdre. André nous a conseillé de ne pas trop rester au centre de la piste et de ne pas arriver trop tard dans la journée, car les risques de s’ensabler sont plus élevés. Dernier conseil, choisir une trace déjà faite et tenter d’y rester, sans s’arrêter. Au final, pas de soucis, quelques dérapages par-ci par-là, mais une arrivée à destination sans encombres 🥳. Au parking, il y a déjà une quinzaine de voitures, et nous pouvons voir des marcheurs sur la crête des dunes. Il est presque 9h30 lorsque nous entamons notre randonnée. Nous commençons par une marche d’approche de la dune depuis le parking, à travers une zone au terrain sec et craquelé, c’est très impressionnant. Le but est d’atteindre le pied de la dune puis de la gravir.

Il n’y a pas grand monde donc la ballade reste agréable. La pente est parfois raide et la marche dans le sable n’est pas aisée, mais comme un léger vent balaie la crête, nous n’avons pas trop chaud. N’étant pas les premiers, les traces des marcheurs précédents nous rendent parfois la marche plus facile.

Après 1h07 de marche (incluant trois petites pauses pour vider les chaussures du sable qui s’y est infiltré, enlever les pulls et boire), nous voici au sommet. Nous avons monté les 325m de Big Daddy, une belle performance. La vue à 360° sur le désert en vaut la peine 🤩. Arrivés en haut, nous reconnaissons la langue parlée par un groupe de personnes à côté de nous: du suisse-allemand 😄! Nous profitons de demander à nos compatriotes de bien vouloir faire une photo de nous.

Il est maintenant temps de redescendre la dune, tout droit dans la pente cette fois! Les filles diront, une fois en bas, que c’est surtout la descente en courant dans la pente raide qui a valu la peine 🤪😂. Il faut reconnaître que c’est vraiment sympa! Nous nous sommes crus en train de faire du hors piste dans de la poudreuse! A mi-pente, nous décidons d’enlever nos chaussures (sauf Marine qui les garde aux pieds). C’est super agréable de sentir le sable frais entre les orteils, tout en dévalant la dune!

La descente nous aura pris 15 minutes, mais il nous faut ensuite encore traverser le Deadvlei, un lac asséché avec de nombreux arbres morts. Cette cuvette s’est formée lorsque des inondations y ont détourné une rivière, créant alors un marais permettant à des acacias du désert d’y pousser. Par la suite, des dunes ont entouré la zone et bloqué l’arrivée d’eau, entraînant la mort des arbres. Les troncs, dont l’âge est estimé à environ neuf cents ans, sont désormais de couleur noire, brûlés par le soleil. Bien que n’étant pas pétrifié, leur bois ne se décompose pas, du fait de la trop grande sécheresse. Il est estimé que cela fait depuis 500 à 700 ans qu’il n’y a plus eu d’eau dans la région.
Le soleil est de plus en plus fort et nous commençons vraiment à avoir chaud 🥵! La vision de ces arbres isolés dans cette étendue sèche et blanchâtre, au milieu des dunes oranges/rouges est absolument incroyable. C’est un paysage énigmatique et impressionnant.

Une fois traversée l’étendue asséchée, nous finissons par rejoindre notre voiture. En tout, la sortie nous aura pris un peu plus de deux heures. Nous reprenons donc la route (sans nous enliser) pour sortir du parc et faire le plein avant de partir. 
Fin prêts, nous partons en direction du sud. Nous traversons la réserve de NamibRand où nous avons la chance de croiser de nombreux animaux. Les paysages sont magnifiques et nous prenons beaucoup de plaisir à rouler sur les pistes. Nous croisons tout d’abord un grand troupeau d’autruches. Un groupe bien plus grand que d’habitude! Et peu de temps après, comble de chance, nous apercevons deux bébés oryx, tellement choux! Ils sont beiges et on dirait des veaux mais ils ont la « muselière » typique des oryx. Une trentaine de minutes plus tard, nouveau coup de bol, nous croisons une dizaine de bébés autruches 😍 qui traversent la piste avec deux adultes. Nous voyons encore quelques zèbres, springboks et oryx.

C’est aussi l’occasion pour nous de compléter notre collection de panneaux de circulation avec de nouveaux animaux 😁!

Nous finissons par quitter le territoire de la réserve et, gentiment, les terres sauvages laissent place à des terrains de pâtures pour bétails: vaches, moutons et chèvres. Nous sommes arrivés au sud de la Namibie, et ici c’est le royaume des domaines d’élevage.
Après avoir enchaîné plusieurs dizaines de kilomètres, nous arrivons au ranch de Koiimasi, perdu au milieu de nulle part, à l’écart de toute civilisation. Nous sommes accueillis par la propriétaire… très peu aimable! Il y a très peu de campings dans la région… elle n’a donc pas spécialement à faire d’efforts pour attirer les touristes 😜. Ils font l’élevage de nombreux animaux dont des poules, des oies, des chevaux, des vaches et… des chats de bengale ! Ils savent que sur leurs nombreux hectares de propriété, vivent également des chevaux sauvages. Ils les aperçoivent de temps en temps et ils en capturent parfois pour la reproduction.
Il existe des chevaux sauvages dans tout le sud du pays. Leurs origines ne sont pas très claires, mais ils auraient été amenés par les premiers colons allemands puis relâchés bien plus tard par la femme d’un éleveur décédé. Ils seraient ainsi revenus à la vie sauvage.

Notre emplacement de camping est simple, mais le cadre est splendide! Nous sommes encore une fois totalement isolés, à l’écart, au pied d’une colline. Après un repas de pâtes conclu avec des marshmallows grillés au feu de bois et fourrés au chocolat pour certains 😋, nous allons nous coucher dans un silence absolu, ravis de cette magnifique journée et des images de dunes et d’animaux pleins la tête 😍!


Ce matin, nous nous levons accompagnés du chant des oiseaux. Notre programme du jour est de nous rapprocher de Windhoek afin de ne pas être dans le stress pour rendre la voiture demain dans l’après-midi.

Mais cette dernière étape de notre road-trip sera pour le prochain article, le dernier du dernier pays!

A bientôt pour la clôture de notre chapitre namibien.
Gabrielle et Philippe

Messum crater et Skeleton coast

5. L’Afrique – Namibie

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

06.07 au 08.07.2022

Aujourd’hui, nous partons pour le cratère de Messum, un cratère d’origine volcanique qui mesure 25km de diamètre 🌋. Nous allons y passer la nuit, isolés, au milieu de nulle part. C’est André Boder, notre ami de Giétroz, le petit village valaisan dans lequel les parents de Philippe ont un chalet, qui nous a conseillé de nous y rendre. C’est un passionné de la Namibie auprès duquel nous avons glané un maximum d’informations avant et pendant le voyage car il connaît extrêmement bien le pays, pour y être allé près d’une vingtaine de fois.

Avant d’arriver au croisement où nous allons entamer la piste pour entrer dans le cratère, nous nous arrêtons dans un camping tout simple au milieu de nulle part car il s’appelle « elephant rock ». Gabrielle se dit qu’il doit y avoir un rocher en forme d’éléphant 🐘!
Après nous être renseignés auprès de la propriétaire du camp, sa petite fille nous guide pour une petite marche de trente minutes afin de voir deux rochers en forme d’éléphants (un seul, puis un couple).

En revenant, nous achetons quelques boissons fraîches à la propriétaire du lieu et nous lui demandons si nous pouvons manger notre pique-nique sur ça petite terrasse, à l’ombre, car il n’y a pas un seul arbre à proximité. Très gentiment, elle nous y autorise. Au milieu du repas, elle sort un chaudron et commence à faire des boules. Elle nous explique qu’elle est en train de faire du pain et Gabrielle lui demande comment elle va le cuire vu qu’elle n’a pas de four. Gabrielle est intéressée, non seulement car elle aimerait bien en faire un ces prochains jours et que nous n’avons que deux bonbonnes de gaz, mais aussi car, un été, elle en a déjà fait sur des plaques, mais il fallait mettre une casserole dans une autre et là, nos casseroles ne s’y prêtent pas. La dame est toute contente de nous expliquer! 😃 Gabrielle et Estelle s’approchent afin d’observer sa technique: elle façonne des boules de la taille du poing qu’elle dépose en pile dans le chaudron. Voyant notre intérêt, elle propose de nous faire quatre petits pains à la poêle comme ça nous pouvons apprendre une autre technique et y goûter 😋. Les petites boules de pâte sont frites dans une poêle bien remplie d’huile, dans laquelle elles gonflent et dorent rapidement. L’odeur est plus qu’appétissante 👅. Au bout de quelques minutes, nous voici devant quatre petits pains fumants à l’odeur délicieuse! Nous finissons rapidement notre salade de pâtes afin de pouvoir les manger… Un délice!
La dame ayant terminé le façonnage de son pain, tout le monde se dirige vers le petit feu qu’elle a préparé auparavant, à l’arrière de sa maison. Elle fait en sorte que les quelques flammes s’éteignent car il ne lui faut que des braises. Elle dépose le chaudron sur les braises et elle en rajoute ensuite sur le couvercle. Et voilà, son four damara est prêt (le peuple damara est un groupe ethnique de la Namibie).
Un peu plus de trente minutes plus tard, le pain est doré à souhait! Elle a ses petits enfants (deux de 13 ans et une de 10 ans) pour les vacances et ils sont impatients de le manger!

De telles rencontres et partages sont des petits trésors inattendus et précieux qui font de magnifiques souvenirs 🥰! D’autant plus pendant ce voyage en Namibie car nous avons finalement peu d’opportunités de rencontrer les populations locales. En tout cas beaucoup moins que ce que nous avons vécu jusqu’à présent durant ce tour du monde.

Nous reprenons la route et nous entrons rapidement sur la piste qui va nous mener à notre lieu de bivouac, dans le cratère de Messum ! Nous roulons dans un paysage désertique. Au début, nous voyons régulièrement des Welwitschias, une plante atypique! Elle possède uniquement deux feuilles énormes, qui peuvent atteindre 7m à 8m, et elle peut mesurer jusqu’à 1,50 mètre de haut. Son espérance de vie peut atteindre plus de 1’000 ans! Lorsque nous entrons dans la caldera, la terre devient complètement nue, avec uniquement des cailloux!

Durant le trajet, vu la qualité de la piste et la vitesse à laquelle nous sommes obligés de rouler, les filles s’amusent à s’asseoir à cheval sur les fenêtres (puis même sur le toit parfois) 🤪.

Presque arrivés à destination, nous allons découvrir des peintures rupestres indiquées par notre guide à distance, André. C’est grâce à lui que nous ne nous perdons pas au milieu de ce désert: il nous a fourni des points GPS à suivre et il nous a conseillé un lieu où faire notre bivouac. Heureusement que nous avons ces repères car, même s’il y a une trace de piste plus ou moins bien marquée, nous ne rencontrerons qu’une seule et unique voiture durant tout notre voyage dans le cratère.

Nous partons donc à l’assaut de la grotte pour y découvrir les peintures. C’est un renfoncement avec une grande paroi, surplombée par une voûte. Malgré notre assiduité, nous ne trouvons rien 🤷🏼‍♂️🤷🏼‍♀️… Après une dizaine de minutes, les filles abandonnent. Nous continuons bravement à scruter tous les recoins des parois… Rien! Après trois bons quarts d’heure, nous abandonnons également, déçus! Nous sommes à 90% sûrs d’être au bon endroit car il y a un panneau en dessous de la grotte. Mais il est entièrement brûlé par le soleil, ce qui a noirci et craquelé la surface. Nous n’y discernons que quelques mots et ils parlent plutôt des plantes des environs, ainsi que de la manière dont s’est formé le cratère (ce qui nous donne l’occasion d’en discuter avec les filles). Il y a bien deux-trois grands carrés noirs qui pourraient être des photos, mais mis à part la première où nous ne distinguons qu’une flèche « vous êtes ici », nous n’y trouvons aucun indice! 🙃

Nous retournons finalement à la voiture et nous partons chercher un lieu agréable et à l’abri du vent pour bivouaquer. Une cinquantaine de mètres plus loin, nous voyons une autre petite grotte et nous sortons pour voir… Nous y observons quelques dessins… mais sont-ils anciens ou faits par des petits rigolos 🤔?? Deux feux de camp se trouvent juste à côté des parois donc Philippe penche plutôt pour l’option des rigolos, mais Gabrielle, de son côté, veut y croire 😉.

Nous poursuivons notre ascension jusqu’au sommet de la colline et là, nous nous retrouvons avec une vue à 360° sur le cratère du Messum. C’est absolument magnifique et nous donne un sentiment de solitude assez bouleversant.

Nous reprenons la voiture et, une fois notre site de bivouac trouvé, nous installons le campement pendant que les filles s’amusent à chercher des pierres et à les briser, dans l’espoir d’y trouver des trésors. Malgré le fait que nous soyons un peu protégés par une colline, le vent nous donne bien du fil à retordre pour démarrer notre feu. Il faut relever que ce sera la seule et unique fois de notre séjour en Namibie où nous pratiquerons du bivouac sauvage. A priori ce n’est pas formellement interdit (sauf dans les parcs nationaux) mais dans les ⅔ sud du pays, de grandes clôtures jalonnent les immenses propriétés privées le long des routes et c’est donc difficile de trouver un endroit accessible pour s’y installer. Dans le reste du pays, il y aurait possibilité de trouver des lieux de camping sauvage mais il faudrait à chaque fois en faire la demande aux gens habitant dans le coin.
Après un petit apéro, nous soupons au milieu du cratère, de jour pour une fois ! C’est très beau et le silence environnant est impressionnant car il n’y a aucun animal ici (sauf une petite araignée, et sûrement des scorpions et serpents, que nous n’avons heureusement pas vus 😅). Pendant le repas, nous regardons Sister Act II (nous avions vu le premier chez les Rama à Madagascar) et nous terminons cette séance cinéma dans la tente car le vent a forci et il commence à faire froid 🥶!
Ça fait bizarre de penser que nous dormons à quelques dizaines de mètres de l’endroit où ont dormi d’autres êtres humains il y a quelques milliers d’années ! Le lieu n’a presque pas dû changer depuis, nous allons donc nous réveiller dans le même paysage.


Après une nuit tranquille et reposante, nous prenons notre petit-déjeuner, absolument seuls au milieu du cratère. Une fois le repas terminé et notre matériel rangé, nous reprenons la route en milieu de matinée, après que les filles aient trouvé de nombreux quartz. Nous longeons une rivière asséchée bordée de Welwitschias, dont certaines sont très hautes et d’autres s’étendent sur plusieurs mètres! La rivière doit donc être encore là, mais souterraine. Ce n’est qu’une seule plante sur la photo, mais les deux feuilles se sont craquelées en plein de morceaux.

La piste étant assez bien définie, les filles essayent de conduire notre jeep. Elles s’assoient sur les genoux de Philippe, qui gère les pédales et les vitesses, pendant qu’elles s’occupent du volant. Peu de risques de tomber sur la police dans ce lieu si reculé et désertique 😜…

La sortie du cratère est plutôt rapide et nous arrivons en bord d’océan! Nous retrouvons l’Atlantique que nous avions côtoyé à Puerto Madryn en Argentine (Puerto Madryn). Il souffle fort lorsque nous sortons de la voiture et le fond de l’air est humide, c’est clair nous avons totalement changé d’écosystème en deux heures! Sur le bord de la plage, nous rencontrons un homme venu pour pêcher 🎣. Il a une immense canne à pêche qui lui permet de pêcher à quelques mètres du bord, juste après le ressac. Nous discutons un moment avec lui et il nous raconte un peu l’histoire de la Namibie, depuis l’arrivée des Européens. Les premiers Allemands sont arrivés vers la fin du XIXe siècle. D’après lui, la cohabitation s’est plutôt bien passée au début. Des commerçants sont ensuite arrivés et c’est là que les problèmes ont commencé car ils ont amené de l’alcool avec eux. Les tribus des régions côtières, surtout les Herreros ont fait du troc avec eux puis ils n’ont plus rien eu à échanger. Le concept de dette leur étant inconnu, ils ont continué à consommer l’alcool des européens et pour se faire rembourser les commerçants ont pris leur bétail. Ceci a déclenché une guerre durant laquelle les Allemands ont presque décimé les Herreros (on parle d’un génocide). Durant la Première Guerre Mondiale, la colonie allemande est conquise par les troupes de l’union d’Afrique du Sud. La guerre terminée, toute la région passe sous mandat britannique. Après la Seconde Guerre Mondiale, la Namibie se retrouve sous le contrôle de l’Afrique du Sud et elle assiste à la mise sur pied de la politique d’apartheid. Enfin, après de nombreuses années de transition et de négociation, le pays finit par obtenir son indépendance en 1990. Ce pays est étonnamment calme et en paix, comparé à son voisin sud-africain. Un vrai cours d’histoire en accéléré 🤪…

Nous remontons dans la voiture pour nous rendre à Cap Cross, découvert par le navigateur portugais Diogo Cão, qui y fit ériger une croix de pierre en 1486 pour marquer le point le plus au sud jamais atteint par des Européens en Afrique. Il s’agit maintenant d’une réserve naturelle où se trouvent plusieurs centaines (milliers) d’otaries 🦭! La côte que nous longeons s’appelle la Skeleton Coast car beaucoup de navires se sont échoués ici en raison des très nombreux bancs de sable, des rochers, des forts courants et du brouillard dense qui y règne. De nos jours, les bateaux restent loin au large, ce qui fait que cette plage et les eaux de la région sont très propres. En route, nous rencontrons de nouveaux panneaux de circulation mais, malgré notre recherche assidue, nous ne voyons aucune hyène à proximité…

Arrivés à la réserve, la première chose qui nous marque en sortant de la voiture, ce n’est pas tant le nombre d’animaux qui se trouvent là, mais surtout l’odeur qui se dégage 😵‍💫… Une véritable puanteur! Heureusement que nous sommes en bordure d’océan et qu’il y a du vent! La seconde chose qui nous fait cette fois bien rire c’est le bruit que font ces bêtes. Si nous fermons les yeux, nous avons plutôt l’impression de nous retrouver à la montagne, en compagnie d’un troupeau de chèvres qui bêlent 🐐.
Les otaries se trouvent partout et nous ne sommes pas totalement rassurés de les avoir si proches de nous. Heureusement, nous pouvons empruntons une passerelle bordée de barrières, qui nous permet d’évoluer au milieu d’elles, sans que celles-ci ne représentent un danger pour nous. Ce n’est pas la saison de reproduction alors nous n’y voyons que des femelles et des juvéniles.

Nous quittons la réserve de Cape Cross et comme il est déjà 14h, nous faisons une pause dans la petite ville balnéaire de Henties Bay, dans l’espoir d’y trouver un endroit pour manger notre pique-nique. Le bord de mer est bordé de petites résidences qui pourraient tout à fait être des maisons européennes au bord de la mer du Nord. Nous nous retrouvons juste au-dessus d’une très grande plage balayée par le vent. Comme nous sommes en plein hiver austral, les rues sont tranquilles et la plage est vide. La vue sur l’Atlantique est magnifique. Nous décidons de nous arrêter là pour manger, malgré le vent et le froid, mais les filles préfèrent rester manger à l’intérieur de la voiture 🤪.

Une fois nos estomacs remplis, nous repartons pour une heure trente de route afin de rejoindre Spitzkoppe, à nouveau dans l’intérieur des terres, où nous allons passer la nuit. Il s’agit d’un très joli site, au pied de formations rocheuses dans lesquelles il est possible de se balader et où des traces d’êtres humains, datant de plusieurs milliers d’années, ont été retrouvées.

Malheureusement, lorsque nous arrivons au site de camping, nous réalisons que nous nous sommes trompés lors de la réservation et que nous avons été sur le mauvais site internet 😡… Nous avons malheureusement contacté celui qui se trouve en dehors des formations rocheuses 😫… Il n’est pas possible de changer de camping… nous irons donc visiter le site demain. En attendant, nous nous installons tranquillement et nous profitons d’une soirée un peu plus douce et moins venteuse que celle d’hier.


Après un rapide petit-déjeuner, nous partons visiter le site où nous verrons une belle arche de pierre et des peintures rupestres faites par les Bushmen. En voyant les emplacements de camping, nous regrettons amèrement notre inadvertance qui nous a fait rater cette opportunité ! Nous aurions beaucoup apprécié pouvoir admirer le coucher du soleil puis son lever au milieu de tous ces rochers 🥺.

L’arche est très jolie et il faut grimper sur de gros blocs pour y accéder, un chouette moment de crapahutage rocheux.

Nous voulons faire des photos de famille et comme nous sommes seuls, il nous faut utiliser le retardateur… un peu chaud, car le seul endroit où poser l’appareil est en contre-bas, en équilibre précaire sur un rocher. Le photographe devra donc regrimper rapidement pour rejoindre les autres. Après une rapide délibération, c’est Philippe qui s’y colle 🤪.
Après un premier raté (Philippe n’est pas arrivé à temps), les prises sont bonnes. Au moment de partir, une famille sud-africaine arrive et nous leur demandons de faire quelques photos, mais cette fois d’en face car l’angle des précédentes n’était pas idéal. Malheureusement, elles sont toutes ratées car le cadrage est mauvais: on nous voit bien, mais pas l’arche et en plus la seule photo où nous regardons tous est floue 🤦🏼‍♀️🤪. Bref, le temps de les consulter, Marine est déjà repartie à la voiture 🙃. Nous nous contenterons donc des premières.

Après cette séance photos, nous nous rendons au premier site de peintures rupestres: Small Bushman Paradise. Une guide est présente pour nous donner quelques informations sur les peintures. Au moins là, nous sommes sûrs de les voir 🤪.  C’est une paroi à 30m du parking, avec des peintures datant d’il y a 2’000 ans, faites par les Bushmen. Comme pour les gravures, ces peintures représentent les animaux de la région, leurs techniques de chasse et leurs rituels. 

Sur cette paroi, nous commençons par découvrir une scène où des hommes sont au sol pour traquer un rhinocéros 🦏. Ce n’est pas un animal qu’ils ont l’habitude de manger, mais ils le suivent pour trouver un point d’eau. En effet, les rhinocéros ont leur territoire situé à proximité d’un point d’eau et ils s’y rendent régulièrement.
Nous observons également quelques scènes de danses et une représentation d’un zèbre blanc 🦓.

Les couleurs des peintures diffèrent selon les ingrédients utilisés et notre guide nous explique comment ils obtenaient les différents pigments. Le blanc était fait à base d’urine de daman des rochers (un espèce de gros rat), de blanc d’œuf d’autruche ou grâce à la sève d’une plante vénéneuse. Quant au rouge, il était obtenu grâce à de l’ocre, mélangé avec du sang d’animal.
Ces dessins sont comme une « lettre » laissée par un groupe au suivant, expliquant où se trouvent les points d’eau et les animaux de la région, mais ils racontent également leurs différents rites.

Après cette première « exposition artistique », nous nous rendons au deuxième site. Celui-là est surnommé Bushman Paradise. Il n’y a pas forcément beaucoup plus de peintures, mais il faut mériter sa visite car le chemin d’accès est plus compliqué: dix minutes de pente raide puis dix minutes de marche au sommet.

En chemin, le guide nous explique le rôle de certaines plantes qui étaient très importantes pour les Bushmen car elles leur apportaient des aliments, des médicaments et du bois.
Sur les photos suivantes, nous voyons la Terminalia. Les Bushmen, nomades, pelaient la graine des fleurs pour la placer sour leur langue afin de stimuler la salivation et ainsi avoir moins soif durant les migrations. Toute la famille se prête à l’expérience et effectivement, c’est efficace.

Notre guide nous explique également l’utilisation des œufs d’autruches par les Bushmen. Ils creusaient un trou d’une trentaine de centimètres, y déposaient l’oeuf, recouvraient le tout de terre et faisaient un feu au-dessus. Après six-sept heures de cuisson, ils sortaient l’oeuf, y coupaient un tout petit trou, prenaient deux baguettes de bois et mangeaient l’oeuf 😋. Ils le remplissaient ensuite d’eau et le rebouchaient avec une branche du bon diamètre. Cela leur faisait ainsi une gourde.

En chemin, nous voyons des gros rochers en équilibre au bord des parois. Ces blocs sont des restes du magma terrestre qui était sorti dans la région il y a des milliards d’années. L’érosion a créé ces formes et ces rochers en équilibre. Cela nous fait beaucoup penser aux « monuments » de pierres du sud du Colorado, de l’Utah et de l’Arizona.

Arrivés à la paroi où se trouvent les peintures, nous y découvrons le même style de représentations qu’au site précédent, mais celles-ci sont plus anciennes car elles datent d’il y a entre 2’000 et 4’000 ans. Les plus anciennes sont les plus hautes, les plus récentes se trouvent vers le bas. Comme auparavant, ce sont des scènes de chasse, de rituels et de recherches d’eau qui sont représentées.
ll y a des rhinocéros mais aussi des girafes qui, comme le rhinocéros, étaient rarement chassées pour leur viande, mais plutôt suivies pour trouver de l’eau. Elles étaient visibles au loin et si elles baissaient la tête, cela voulait dire qu’elles buvaient et donc qu’il y avait de l’eau à cet endroit. La direction où pointe la tête de l’animal montrerait la direction où se trouve un point d’eau.

Au retour, notre guide nous montre l’urine de daman, utilisée pour fabriquer la couleur blanche. C’est facile à repérer car le petit rongeur fait ses besoins sous des rochers qui se trouvent sur une pente. L’urine laisse donc des coulées blanches sur les parois.

Gabrielle l’interroge sur les peintures que nous avons vues dans le cratère du Messum et elle lui montre quelques photos que nous avons prises… Il pencherait pour que ce soient des vraies. Mais rien n’est jamais sûr 🙃.

Nous sommes restés plus longtemps que prévu sur les différents points d’intérêt du site. Nous décidons donc de pique-niquer en route, dans la voiture, car il est déjà passé 14h et il nous reste de la route à faire afin de rejoindre notre prochaine étape 🤪. 
Nous repartons en direction de Skeleton coast et nous faisons un arrêt pour observer un bateau échoué. Il s’agit du Zeila, vieux bateau de pêche vendu à une compagnie indienne pour être démantelé à Bombay et qui s’est échoué sur la côte en 2008. C’est impressionnant de le voir ainsi, isolé au milieu de nulle part, sur cette côte inamicale qui est aussi appelée «les portes de l’enfer». Nous comprenons aisément les premiers explorateurs portugais de la région qui décidèrent, à partir de 1550, de s’établir plus au nord, dans l’Angola actuel, en un lieu plus accueillant 😅.

Nous arrivons finalement à Swakopmund deux heures plus tard. Nous passons rapidement au supermarché local afin de faire nos courses et nous remplissons nos deux caisses de réserves.
C’est donc en fin d’après-midi que nous rejoignons le camping, en bord d’océan. Un rapide repas plus tard, nous nous réfugions dans la tente car le vent souffle fort et il fait froid et humide!
Tout le monde finit par s’endormir au bruit des vagues.

A très bientôt pour la suite de nos aventures namibiennes!
Gabrielle et Philippe

Le Damaraland

5. L’Afrique – Namibie

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

02.07 au 06.07.2022

Après ces quelques jours dans le nord de la Namibie, nous repassons par la grande ville d’Opuwo afin de remplir nos caisses de provisions. Nous devons prévoir assez de nourriture car nous allons nous retrouver pendant une semaine sans véritable possibilité de faire des courses. Nous nous retrouvons à nouveau au supermarché, en même temps que quelques femmes himbas, en tenue traditionnelle. Le programme de la journée n’est pas très attirant car, après les courses, ce sont environ cinq heures de route qui nous attendent afin de rejoindre la camping de Palmwag. Le trajet est plutôt vallonné et assez monotone 😴. Malgré les panneaux annonçant la possibilité de croiser des éléphants, aucune trace de pachyderme. D’ailleurs, peu de traces de quoi que ce soit, nous avons l’impression d’être seuls au monde sur cette route qui est principalement une piste de terre. Heureusement d’ailleurs que nous ne croisons pas trop souvent de voitures car à chaque fois ce sont des nuages de poussières qui sont soulevés par les véhicules. C’est assez impressionnant car pendant un moment nous ne voyons plus rien, le temps d’en sortir.

Arrivés au site de Palmwag en fin d’après-midi, nous nous renseignons un peu sur les possibilités d’activités sur place. Nous n’avons encore rien de très fixe ni de planifié dans l’immédiat et nous ne savons pas encore de quoi seront faits ces prochains jours. André Boder nous a parlé de la possibilité de partir sur les traces des éléphants du désert 🐘, en suivant des pistes le long de rivières asséchées. Cependant, l’expédition est un peu risquée car c’est une région aride et désertique, avec des risques d’enlisement dans le sable et sans signal pour les téléphones portables 😅. Etant seuls, nous préférons abandonner cette idée pour quelque chose d’un peu plus réaliste et sûr. Malheureusement, les prix demandés pour une famille de quatre pour des sorties à la recherche d’animaux sont hors de prix et nous décidons, par conséquent, de chercher autre chose à faire par nos propore moyens.

Une fois notre emplacement attribué, nous nous dirigeons vers celui-ci et nous nous y installons rapidement. Nous partons visiter les lieux mais nous sommes assez déçus car il n’y a pas grand chose à voir. Nous sommes dans une zone particulièrement désertique et rocailleuse et il y a peu de végétation et d’occasions de voir des animaux dans les environs immédiats. Il y a bien quelques panneaux qui indiquent qu’il arrive à des éléphants de venir s’abreuver dans la piscine du lodge, mais apparemment pas à cette époque de l’année et c’est devenu de plus en plus rare… Un peu déçus, nous revenons à notre tente afin de préparer le souper. En arrivant, nous avons la surprise de voir que l’emplacement juste à côté de nous est occupé par les deux familles françaises que nous avions rencontrées dans le parc national d’Etosha. Les filles sont ravies de retrouver des camarades de jeu et elles disparaissent rapidement. Quant à nous, nous sommes aussi contents de pouvoir à nouveau discuter avec d’autres adultes voyageurs 😃! Ceux-ci reviennent d’une excursion de deux jours à la recherche des lions du désert et leurs avis sont mitigés. Tous n’ont pas été emballés par l’aspect traque des animaux, sans finir par les débusquer, et ils trouvent le prix un peu cher payé… Cela nous conforte dans notre idée de chercher d’autres activités à faire dans la région.
Ils nous proposent de partager l’apéro 🥂🍻 puis le repas du soir et nous acceptons avec plaisir. Ils ont acheté de la viande d’oryx en quantité plus que suffisante pour tout le monde. Nous amenons quelques accompagnements et nous passons une très agréable soirée à discuter, échanger nos expériences namibiennes et faire un peu mieux connaissance.


Après cette chouette soirée, nous prenons congé des deux familles avec l’espoir de nous retrouver un peu plus tard sur un autre camping. Tout va dépendre de notre programme des prochains jours, programme qui demande encore à être défini. Pour pouvoir organiser la suite de notre trajet, nous avons besoin d’internet… Or, nous sommes arrivés au bout du forfait de notre carte pré-payée et nous devons trouver comment la recharger, alors que nous nous trouvons au milieu de nulle part, isolés. Après quelques recherches, un employé du lodge nous apporte son aide et il nous permet de résoudre notre problème. Cependant, le réseau est mauvais et internet est ultra lent. Nous devons donc différer un peu notre départ, le temps de pouvoir élaborer notre trajet et réserver la nuit qui vient 🤪.
Une fois cela fait, nous prenons la route pour continuer plus au sud. Pas de stress car notre prochain objectif ne se situe qu’à environ deux heures de route. Nous nous arrêtons après une petite heure proche d’un village car Philippe a repéré des animaux près d’un grand réservoir d’eau. Il s’agit d’un groupe de babouins d’une vingtaine d’individus 🐒. Alors que nous sommes arrêtés et en train de les observer à la jumelle (ils sont à une centaine de mètres, pas de stress), quelques enfants viennent rapidement vers nous et ils nous expliquent qu’il y a aussi des éléphants plus loin, au pied de la montagne. Comme ils parlent anglais, le contact est facile. Ils sont en vacances scolaires et ils sont contents de pouvoir discuter avec nous. Nous leur prêtons les jumelles et ils nous expliquent que les éléphants étaient proches du village hier soir. En effet, nous arrivons à distinguer une dizaine d’individus au loin 🐘. Ils nous racontent que parfois les pachydermes se retrouvent carrément dans le village et qu’ils doivent donc surveiller leur bétail car les éléphants pourraient les tuer. Il arrive également que des girafes passent (il y en a eu le jour précédent apparemment), par contre, pour les lions, ce serait le village d’à côté 😅… Ce n’est pas si étonnant de voir tous ces animaux passer à proximité de ce village car un réservoir d’eau y a été installé, justement dans le but que les animaux puissent s’y abreuver et ainsi, normalement, éviter qu’ils se baladent au milieu des habitations.

Après une bonne demi-heure à observer les animaux à la jumelle, nous prenons congé des enfants et nous reprenons la route. Un peu plus loin, nous retrouvons une sorte de promontoire rocheux et tout le monde a la séquence du début du film du Roi Lion dans la tête, avec la présentation de Simba aux animaux de la savane par le singe Rafiki (nous vous avions prévenus que ce n’en était pas encore fini des allusions à ce film 😅). Philippe se met aussitôt à entonner la chanson, pour le plus grand bonheur du reste de la voiture 🤪…

Nous finissons par arriver à notre destination: les petrified trees de Khorixas 🌴🌳. Là, nous avons à nouveau la mauvaise surprise de réaliser que les prix des tickets d’entrée du site ont aussi drastiquement augmenté, presque dix fois ce qui était demandé avant le Covid 🤬. Bon, nous n’avons pas fait tout ce chemin pour rien et c’est l’objectif de la journée après tout… Il s’agit d’arbres qui auraient été déracinés suite à une grande inondation, consécutive à la fonte des glaciers qui se trouvaient dans la région. Il y a des millions d’années de cela, ils auraient été déplacés par l’eau puis auraient fini leur course ici. Les arbres ont ensuite été progressivement recouverts pas de larges couches de sédiments. Des minéraux (du fer, noir, des silicates, blanc et du manganèse, beige) ont peu à peu remplacé les matières organiques des arbres. L’érosion a par la suite fait réapparaître les troncs à la surface. Il y aurait entre 50 et 60 de ces arbres fossilisés sur tout le site et la plupart sont généralement morcelés en de nombreux petits morceaux. C’est assez fou de voir ces arbres qui ont un aspect extérieur totalement conforme à leur nature et qui ont même gardé à l’intérieur leur forme originelle. En effet, nous pouvons carrément admirer les anneaux de croissance des troncs, malgré les millions d’années d’âge de ceux-ci! Par contre, au toucher et au poids (le guide nous a permis d’en soulever), ils ressemblent tout à fait à de la roche!

Nous avons la chance de découvrir deux troncs d’arbre qui se présentent encore dans toute leur longueur. Le plus grand spécimen atteint la taille de 35 à 40m de long et il a une circonférence de près de six mètres. Le guide qui nous accompagne est très sympathique et nous explique énormément de choses sur la région, sur les différentes plantes que nous croisons en chemin et, bien entendu, sur la nature de ces arbres pétrifiés.

A part ces fossiles morts, que sont les arbres pétrifiés, notre guide nous fait découvrir un véritable fossile vivant, à savoir la plante welwitschia mirabilis, l’un des symboles de la Namibie. Pour l’anecdote, il s’agit du nom donné à l’équipe de rugby de ce pays 😉. Si notre guide la présente comme un fossile vivant, c’est que la longévité de cette plante est considérable. Certains spécimens observés auraient en effet entre 1’000 et 2’000 ans d’âge. Cette plante est composée de deux grandes feuilles linéaires qui croissent de façon indéfinie dans des sens opposés. Celles-ci peuvent atteindre la taille de deux à quatre mètres de long. En raison de la pluie (rare) et du vent (moins rare…), les feuilles se séparent et se déchirent en une multitude de ramifications. Les racines de la plante sont étendues et elles peuvent atteindre trois à quatre mètres de profondeur pour aller chercher l’eau nécessaire à sa survie. Une autre théorie estime qu’elle absorbe l’eau grâce au brouillard et que c’est pour cela qu’on ne la trouve que dans les régions proches des côtes.

Avant de terminer notre visite, notre guide nous montre encore deux éléments particuliers de la région. Le premier, c’est l’arbuste dont les feuilles servent de parfum aux Himbas. En effet, celles-ci dégagent une odeur agréable au nez. Le deuxième, il s’agit d’un énorme criquet, de presque cinq centimètres de long et affublé d’une sorte d’armure 🦗. Celui-ci pond à la saison sèche, puis il meurt. Tant qu’il n’y a pas de pluie, les oeufs ne vont pas éclore. Comme cette année il a plu, nombre d’entre eux sont apparus, alors que cela faisait sept ans (date de la dernière pluie) qu’il n’en avait plus vu.

La visite terminée, nous rejoignons notre camping pour la nuit, Aabadi camp. Le site est très simple et tranquille, il n’y a qu’une seule autre voiture qui se trouve ici. Nous ne risquons donc pas d’être dérangés 😜… Nous discutons un peu avec le responsable du site qui est un Namibien d’origine africaine, d’une septantaine d’années. Lorsqu’il se présente, il nous donne son prénom, Hans. A notre mine étonnée, il nous explique que sa maman était au service d’une famille paysanne d’origine allemande lors de sa naissance et qu’elle lui a donc donné un prénom à consonance germanique.

Avant de nous mettre à table, puis d’aller nous coucher, nous décidons d’aller profiter du point de vue pour prendre l’apéro et admirer le coucher du soleil. Nous ne le regrettons pas car la vue est belle et le lieu d’un calme apaisant 🤩.


Ce matin, nous poursuivons notre visite de la région en nous dirigeant en direction du Twyfelfontein country lodge. Non pas pour nous y installer, le lodge n’a pas de site de camping et les prix de leurs logements sont loin d’être accessibles à notre bourse 😅… Mais il y a la possibilité de voir là-bas quelques pétroglyphes. Le cadre est superbe, les bâtiments sont intégrés dans la roche environnante et le restaurant se situe sur une terrasse qui surplombe la piscine. Pendant un petit moment, nous sommes un peu jaloux des gens qui y séjournent 😝. La visite du lieu est très simple car rien n’est payant ou organisé, nous pouvons tout simplement nous approcher des blocs de roche et tenter de reconnaître les différents animaux gravés sur la pierre. C’est cependant un peu frustrant car il n’y a aucun panneau explicatif. Nous essayons de trouver quelques renseignements sur internet, mais nous faisons choux blanc… Heureusement, nous arrivons assez facilement à identifier certains animaux comme les girafes 🦒, les zèbres 🦓 ou encore les autruches.

Nous repartons du lodge afin de rejoindre un autre site de petroglyphes très proche, Twyfelfontein, aussi nommé /Ui-//aes. Cette fois-ci il s’agit d’un site national, géré par le département de la préservation du patrimoine de Namibie. Du coup, l’entrée est payante et, à nouveau, nous nous retrouvons devant des prix qui ont pris l’ascenseur par rapport à avant le covid… Ras-le-bol d’être considérés comme des vaches à lait et agacés par cette augmentation, nous filouttons et déclarons que nous venons d’Afrique du Sud… 😅 En effet, il y a des accords avec les pays voisins, ce qui fait qu’ils ne payent qu’un tiers de ce que payent les visiteurs étrangers… Vu la population d’origine européenne qu’il y a en Afrique du Sud, nous parvenons sans peine à nous faire passer pour des personnes originaires de ce pays. Nous utiliserons encore quelques fois ce subterfuge et nous n’aurons jamais de problème…

Pendant environ une heure, nous allons déambuler au milieu de rochers de grès, dont certains ont été gravés au moyen de quartzite, roche plus dure que le grès. Nous avons la chance de tomber sur une guide jeune et très sympathique 😁 qui nous explique tout à propos de ces gravures rupestres, dont environ 3’000 ont été recensées. Elles auraient entre 2’000 et 6’000 ans, mais il n’est pas possible de dater le moment où la roche a été gravée alors les scientifiques se basent sur les restes trouvés à proximité, comme des os, des poteries, etc.. Elles ont été gravées par des bushmen Sans, des populations nomades, considérées comme les premiers habitants d’Afrique. L’endroit, très isolé, était connu des populations locales, les Damara, car ils considéraient cet endroit comme sacré, lié aux anciens. Ce n’est qu’après la Deuxième Guerre Mondiale que des Namibiens d’origine européenne viennent s’y installer, (re)découvrent les gravures et commencent à les étudier.
La guide nous explique qu’il y a beaucoup de représentations de girafes car c’était un animal considéré comme sacré 🦒. Ce sont elles qui amenaient la pluie, grâce à leur long cou qui atteint les nuages. Nous retrouvons également des zèbres 🦓, des rhinocéros 🦏, des éléphants 🐘(assez peu), des phoques 🦭 et des manchots (preuve que les Bushmens se rendaient sur la côte), des oryx, des lézards 🦎 et des autruches.

Nous sommes intrigués par certains cercles qui se trouvent sur les rochers et notre guide nous explique qu’il s’agit en réalité de cartes, qui étaient utilisées par les Bushmens pour se transmettre les informations nécessaires à leur survie dans ces régions arides. Un cercle représente un point d’eau et lorsqu’il a un point en son milieu, c’est qu’il s’agit d’un point d’eau permanent et non saisonnier.

Nous terminons notre visite par un bloc sur lequel se retrouvent une série d’animaux, dont la représentation d’un homme-lion. Il s’agirait d’un shaman qui se transforme en lion 🦁, le tout représentant sa capacité à entrer en interaction avec les esprits.

Une fois la visite terminée, nous complétons encore les informations reçues par notre guide en passant par le petit centre d’interprétation, puis nous profitons de manger notre pique-nique sur place avec une bonne boisson fraîche. A la sortie, nous passons par les toilettes, et nous découvrons un ingénieux système de lavage des mains, sans eau courante, mais de manière très hygiénique 😄.

Nous repartons de là ravis de notre découverte et de toutes ces informations sur les premiers habitants de la région et leurs gravures rupestres.

Pour ce soir, nous devons rejoindre le camping du Brandberg White lady lodge. C’est un trajet d’environ trois heures de piste, qui nous amène au pied du massif montagneux du Brandberg, où se trouvent de nombreux sites de peintures rupestres, ainsi que le point culminant de la Namibie, le Königstein, à 2’573m d’altitude. C’est un très grand site sur lequel se mêlent des places de camping pour les voyageurs en jeep, comme nous, mais aussi de nombreux lodges en dur.

Après nous être installés, nous visitons un peu les aménagements et nous décidons de rejoindre la piscine de l’hôtel afin d’y prendre une boisson rafraîchissante. C’est là que nous retrouvons à nouveau les deux familles françaises, en train de profiter des avantages de l’hôtel, bien qu’ils soient campeurs comme nous. C’est le bon côté d’avoir un camping rattaché à un hôtel car nous dormons sous tente, mais nous pouvons profiter des aménagements plus « luxueux » 🥳. Tout le monde est très heureux de se retrouver et nous passons l’heure suivante à papoter. Ils nous expliquent avoir été visiter la peinture rupestre de la White lady, qui a donné son nom au site d’hébergement, et que cela ne valait pas tant la peine que ça. La balade à pied est sympathique mais le lieu n’a rien d’incroyable non plus… Les filles entendant cela, elles nous poussent à abandonner notre idée de la visiter à notre tour 😜. Nous ne leur promettons rien et nous remettons à demain notre décision. En effet, nous avons décidé de rester ici pour deux nuits. Nous avons besoin de nous poser un peu, sans devoir tout ranger pour bouger et sans route à faire.

Nous proposons à nos amis de manger ensemble ce soir mais ils ont déjà réservé leur souper au restaurant et, lorsque nous nous renseignons, il n’y a malheureusement plus de places disponibles pour nous. Nous décidons donc de nous retrouver plus tard et nous rentrons préparer notre repas.

Une fois de retour de leur restaurant, nous profitons de la soirée ensemble autour de notre feu, à faire griller des marshmallows, pour le plus grand plaisir des enfants (et de certains adultes… 🤪).

Les dernières braises éteintes, nous prenons congé d’eux car nos chemins ne vont plus se croiser, puis nous rejoignons nos lits.


Convaincus par les filles et désireux de bénéficier d’une journée tranquille, nous décidons de renoncer à la visite de la peinture rupestre de la White lady. Au programme, petite lessive de sous-vêtements pour la matinée, avant de nous rendre à la piscine du lodge. Les aménagements de notre place de camping sont tout simples (toilettes et douches communes, pas de prise électrique sur place), mais pouvant accéder aux facilités des lodges, nous ne nous en privons pas.

Sur le site, se trouve également un joli jardin qui présente les différentes espèces végétales que nous pouvons rencontrer dans le coin. Nous découvrons aussi deux petites mangoustes qui ont été adoptées par les propriétaires du site à leur naissance, car abandonnées, et qui sont devenues les mascottes du lieu. Elles nous font bien rire à prendre des poses rigolotes!

C’est une véritable journée off pour nous: pas de pliage de tente ou de rangement de matériel, pas de cuisine à faire car nous profitons du restaurant à midi, pas de conduite ou de visite organisée. Nous savourons de pouvoir nous reposer, de lire, d’avancer le blog ou encore de jouer ensemble.

Requinqués par cette journée de farniente, nous regagnons notre tente, nous préparons le repas et nous rejoignons nos lits, heureux de cet intermède reposant dans notre road trip.


Fini la glandouille, ce matin nous repartons sur les routes, les batteries rechargées et prêts pour de nouvelles aventures, en direction de la côte atlantique. cette fois Mais ceci est un nouveau chapitre et il vous faudra patienter un peu avant d’en connaître les détails!

A très bientôt,
Philippe et Gabrielle

Le Kaokaland

5. L’Afrique – Namibie

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

28.06 au 02.07.2022

Nous voilà parti du parc national d’Etosha et son incroyable faune pour nous diriger plus au nord-ouest, en direction de la frontière entre l’Angola et la Namibie. Si nous nous rendons dans cette région, c’est pour y découvrir les chutes d’Epupa. Mais avant d’y arriver, nous devons passer par une grande ville afin de remplir nos caisses à provisions. En effet, nous avons une autonomie d’approximativement 5-7 jours et, là où nous nous rendons, nous n’aurons pas l’occasion de trouver de grands supermarchés. Il est de plus très difficile de trouver d’éventuelles petites échoppes avec de quoi dépanner, tellement les routes sont vides et les villages que nous croisons sont très petits. En conséquence, nous nous arrêtons dans la capitale de la région du Kaokaland: Opuwo. C’est l’une des plus grandes villes de l’extrême nord namibien, avec ses quelques 6’000 habitants. Elle est située au coeur d’une région habitée par les peuples bantous, dont les Himbas. Peuple de pasteurs, à l’origine nomade, les Himbas vivent principalement de leur bétail et ils habitent désormais majoritairement dans des campements disséminés dans tout le Kaokoland avec leurs troupeaux de vaches 🐃 et de chèvres 🐐.

Notre première rencontre avec ce peuple se fait en arrivant à Opuwo. Une grande partie d’entre eux a conservé ses coutumes et surtout son mode vestimentaire qui est très particulier. En effet, traditionnellement les femmes himbas se teignent la peau en rouge avec une pommade réalisée à base de graisse de vache et de poudre d’ocre rouge. Cet onguent, dont le fait de s’en enduire fait partie des critères de beauté féminins, leur permet également de se protéger de l’ardeur du soleil, de la sécheresse de l’air et des insectes. Leurs cheveux sont coiffés en tresses lisses et épaisses, enduites également de la même substance. Les hommes portent, après la circoncision, une queue de cheval tressée avec le reste du crâne rasé. Les Himbas, hommes et femmes, sont vêtus d’un simple pagne en cuir, le haut du corps et la poitrine restant dénudés (parfois recouvert d’une grande couverture), et ils se fabriquent des sandales avec des pneus de voitures.

C’est saisissant de se retrouver avec ces femmes qui ont conservé un mode de vie traditionnel (en tout cas en ce qui concerne leur habillement) dans un temple de la modernité et du capitalisme qu’est le supermarché. Elles se retrouvent ainsi à côtoyer des compatriotes qui sont vêtues à l’occidentale, et cela sans le moindre problème et en toute normalité.

L’heure étant déjà bien avancée, nous n’avons pas le temps de rejoindre les chutes d’Epupa et nous décidons donc de dormir dans la région. André Boder nous a déconseillé de rester à Opuwo car il y a beaucoup de mendicité et l’insécurité y est davantage présente qu’ailleurs dans le pays. En effet, à peine avons-nous parqué la voiture devant le magasin que nous voyons une dizaine de jeunes enfants venir réclamer de l’argent et quelques femmes tenter de nous vendre leur artisanat. Ils ne sont pas insistants mais ils ne semblent pas en très bonne santé et nous décidons d’acheter quelques fruits en plus de nos courses que nous leur distribuons avant de reprendre la voiture. Cela marque les filles de voir de si jeunes enfants venir réclamer un peu d’argent ou de nourriture et nous en profitons pour échanger avec elles sur les inégalités qui existent sur notre planète et la chance que nous avons de pouvoir tout simplement manger à notre faim chaque jour.

Ne voulant pas rester en ville, nous la quittons, laissant derrière nous de nombreuses maisons en tôles. Le niveau de vie paraît assez bas et les logements n’ont pas l’air bien confortables, même s’ils sont probablement adaptés au climat. Nous avons repéré un petit community camp un peu plus loin sur la route pour les chutes, à une quarantaine de kilomètres de la ville. Il s’agit d’un camping tenu par quelques membres de la communauté himba et qui propose aussi la visite d’un living museum. Il s’agit d’un village himba que les touristes peuvent visiter. Nous avons beaucoup d’a priori concernant ces villages et nous nous demandons si ce n’est pas purement du voyeurisme et de la mise en scène. Est-ce un moyen de mettre en valeur leur culture, de la garder vivante tout en s’assurant un revenu décent ou bien un attrape-touristes 🤔? Nous ne nous sentons pas très à l’aise avec cette idée et nous décidons de ne pas aller visiter le living museum. Le camping, quant à lui, est très simple et très bien entretenu (ce qui n’est pas toujours le cas lorsqu’il s’agit de community camp). L’eau est à nouveau chauffée au feu de bois et c’est fort agréable, car les matinées et les soirées sont fraîches! Nous voyons quelques jolis lézards bleu/orange se balader autour de nous, au plus grand bonheur des filles 🦎.

Nous sommes les seuls touristes présents et nous prenons le temps de discuter un peu avec les responsables du camping. Ils sont très sympathiques et ils nous expliquent leur volonté d’offrir de bonnes conditions aux visiteurs tout en assurant un revenu pour la communauté. En discutant avec eux, en anglais, nous prenons finalement la décision de visiter le living museum, où habite l’enfant d’un des deux responsables du camp, Wilson. Pas tout de suite cependant car nous allons d’abord nous rendre aux chutes d’eau. Nous reviendrons dormir ici sur le chemin du retour et nous visiterons le village himba à ce moment là.

Après quelques difficultés pour allumer notre feu de camp en raison du vent qui descend de la colline derrière nous, nous finissons par souper et nous rejoignons rapidement nos lits 😴.


Depuis trois-quatre jours, les levers et les débuts de journée sont plus tranquilles car nous avons moins de route à faire, les trajets sont plus courts. C’est moins stressant pour les filles étant donné leur état de santé. Estelle va mieux depuis hier (après presque une semaine de maladie quand même) mais Marine, quant à elle, n’est vraiment pas en grande forme depuis trois jours 🤒. La fièvre est assez élevée et elle tousse encore passablement. Nous espérons qu’elle va vite se remettre afin de profiter de la suite du voyage!
Une fois notre matériel rangé, nous partons pour les chutes d’eau. Nous avons encore environ 2h30 de route à faire et, depuis que nous avons quitté Opuwo, nous roulons sur de la piste. La vitesse n’est donc pas très élevée mais nous apprécions ce rythme plus tranquille qui nous permet aussi de profiter du paysage, même si ça secoue parfois beaucoup!

La nature se fait toujours plus désertique et nous voyons de plus en plus rarement des villages le long de la route. Quand nous en croisons, il ne s’agit, en règle générale, que de quelques cases réunies.

Nous finissons par arriver au village d’Epupa, quasiment le point le plus au nord de la Namibie. Soyons honnêtes, le village n’a aucun charme et probablement qu’il n’existerait pas si les chutes d’eau ne s’y trouvaient pas… Nous nous arrêtons au camping, juste au bord de la Kunene river, frontière naturelle entre l’Angola et la Namibie, et la dame de la réception ne trouve pas notre réservation. Pourtant nous avons appelé la veille et tout semblait en ordre. Après quelques recherches et comparaisons de numéros de téléphone, nous nous rendons compte que nous nous trouvons à Epupa Falls campsite, alors que nous avons réservé à Epupa Camp… 🤦🏼‍♀️🤦🏼‍♂️ Heureusement, celui-ci se trouve quelques dizaines de mètres plus loin, toujours sur les bords de la rivière. Le cadre est très beau et, bien que simple, le campement est agréable. Comme d’habitude nous avons un emplacement pour notre jeep avec un coin cuisine (eau courante et lavabo) et une prise électrique. Ce sont des panneaux solaires qui fournissent l’électricité et, par conséquent, nous n’avons accès à celle-ci que du lever du soleil jusqu’à son coucher.
Nous avons aussi des toilettes et une douche qui nous sont réservés, en face de notre emplacement. Ces deux endroits sont joliment aménagés mais à ciel ouvert. Les premières utilisations sont un peu bizarres mais nous nous y habituons vite 🚿.

Comme nous restons deux nuits sur place, nous décidons de garder la visite des chutes pour le lendemain et nous en profitons pour lancer une activité phare de notre voyage autour du monde: la lessive 🤩. Ici, pas de système de laverie, nous devons donc laver nos vêtements à la main et les faire sécher nous-mêmes. Nous avons acheté du produit lessive et nous profitons de l’aménagement du camping pour lancer plusieurs « machines ». Heureusement, le soleil est bien présent en journée et il fait même chaud, ici au nord. Nos habits devraient sécher rapidement. Pendant ce temps, les filles se reposent et lisent tranquillement. Très vite, elles nous appellent car elles ont vu un « très gros lézard ». Il s’agit d’un varan qui est effectivement plutôt impressionnant par sa taille 🦕. Pas du tout agressif, ni curieux, il finit par repartir dans les herbes et il disparaît de notre vue.

Quelques instants plus tard, ce sont de petits singes vervet que nous avons le plaisir d’admirer. Ce sont des primates de petite taille, à la tête ronde, avec une longue queue à bout noir, des mains noires et des paupières roses 🐒. Ils sont très interactifs et amusants à observer même s’il faut s’en méfier car ils pourraient venir chiper nos affaires. Vu notre passif avec les singes en Asie, les filles ne sont pas extrêmement rassurées mais heureusement, les vervets ne s’approchent pas trop de nous et ils ne montrent aucun signe d’agressivité.

Une fois nos tâches effectuées, nous rejoignons la réception du camping, qui fait aussi lodge et où les aménagements offerts sont d’un autre standing. Sur le chemin, nous longeons la rivière et nous voyons un panneau qui ne nous rassure pas totalement, vu que notre campement est juste à côté du cours d’eau… 😮

Nous scrutons attentivement la rivière mais nous n’y voyons aucun animal. Arrivés à la réception, nous questionnons les employés sur la présence ou non de crocodiles sur le campement 🐊. Ceux-ci nous répondent qu’il y en a dans la rivière Kunene mais que, généralement, ils restent plus en amont et qu’on n’en voit plus si proches des chutes d’eau. Rassurés 😅, nous nous installons sur les chaises longues et nous commandons quelques boissons tout en lisant tranquillement. Il y a aussi une piscine mais, comme d’habitude, l’eau est glacée 🥶. Malgré la chaleur, personne ne veut se tremper et nous restons donc en mode farniente.

L’heure avançant, il est temps de retourner à notre emplacement de camping pour plier la lessive qui a séché et préparer le repas du soir. Au menu, soirée crêpes 😋. Tout le monde se régale et nous finissons par aller nous coucher. La soirée et la nuit sont beaucoup plus douces et, pour une fois, nous pouvons dormir sans porter nos habituels leggings et t-shirt manches longues. Les filles couchées, nous restons un moment dehors à observer le ciel. Il est magnifique et il n’y a quasiment pas de pollution lumineuse qui pourrait nous déranger 🤩. De temps à autre, Philippe balaie la rivière proche avec sa lampe torche et soudain nous voyons deux billes rouges s’éclairer… Gloups… Comme il fait nuit noire et que la lampe n’est pas très puissante, nous ne savons pas s’il s’agit d’un animal qui se trouve dans l’eau ou bien sur un îlot. Bref, nous décidons de ne pas évoquer cette découverte aux filles afin de ne pas les effrayer 🤪. C’est ainsi que nous les rejoignons rapidement dans la tente 😬!


Pour une fois, pas de programme qui nécessite un lever aux aurores ou bien un départ rapide et surtout… pas besoin de plier la tente 🥳!! En effet, nous avons encore une nuit de prévue sur place et, comme les chutes d’eau sont facilement accessibles à pied depuis notre campement, nous n’avons pas besoin de ranger nos affaires. C’est donc un rythme beaucoup plus tranquille que nous adoptons aujourd’hui et c’est tant mieux, car Marine se sent de plus en plus mal 😢. La fièvre est plus forte et elle se sent très fatiguée. Comme Estelle s’est remise en une petite semaine, nous espérons que cela sera également le cas pour sa soeur. Nous restons cependant quand même vigilants afin de prévoir une visite chez le médecin, si nécessaire, dans une prochaine grande ville. Après le petit-déjeuner tardif, nous terminons nos tâches ménagères avec un dernier sac de lessive, ainsi nous serons opérationnels pour une dizaine de jours avant de devoir à nouveau procéder à un lavage d’habits. Quelques varans et vervets sont à nouveau présents sur le camp et nous nous amusons à les observer 🦎🐵. Pas de frontières pour eux, ils passent allègrement de l’Angola à la Namibie. C’est étrange de nous dire qu’il s’agit d’un autre pays juste de l’autre côté de la rivière, à un jet de pierre (littéralement)!
La matinée passe vite et nous décidons de dîner au campement avant de nous rendre aux chutes d’eau d’Epupa. Marine étant trop fatiguée, nous lui permettons de rester dans la tente et de se reposer, pendant que nous allons au site. Nous n’insistons pas car il fait chaud et nous ne voulons pas revivre un malaise comme ça lui était arrivé en Argentine 🤪. C’est donc à trois que nous nous mettons en route.

Pour rejoindre les chutes, nous devons marcher environ quinze minutes. A peine sortis de notre camping, nous nous retrouvons face à un petit serpent, dressé dans les rochers 🐍. Nous l’observons de loin puis nous continuons notre chemin, pas certains de sa nature dangereuse ou non…

Avant d’arriver sur le site des chutes d’eau, nous rencontrons un jeune garçon qui s’y rend avec son troupeau de chèvres afin qu’elles s’abreuvent aux nombreuses gouilles formées par la rivière.

L’approche des chutes est assez surprenante car il ne s’agit pas, comme souvent, de chutes d’eau qui se déversent d’en haut, depuis une colline/montagne qui nous surplombe, mais d’un gouffre dans lequel la rivière Kunene se déverse. Nous arrivons sur un replat constitué de rochers, parsemé de quelques baobabs épars. En avançant petit à petit, le gouffre se dévoile et les chutes d’eau apparaissent. Le débit n’est pas des plus importants mais la vue est impressionnante et le bruit imposant 😄.

Ici, pas de passerelles sécurisées ni de barrières, le site est totalement libre d’accès. Nous n’avons d’ailleurs pas eu à payer quoi que ce soit pour venir admirer les chutes d’eau 🥳. Nous faisons par conséquent attention de ne pas prendre trop de risques et Estelle est toujours là pour nous rappeler que nous ne devrions pas trop nous rapprocher du bord 😉!
Nous restons un long moment à admirer l’eau qui se déverse dans la crevasse pour continuer son chemin. C’est à la fois impressionnant et apaisant. Comme souvent, c’est Estelle qui commence à trouver le temps long (inquiète pour sa sœur qui est restée seule au campement) et nous finissons par quitter les lieux, non sans avoir encore été admirer un gros baobab, un peu plus en aval.

Sur le chemin du retour, Gabrielle et Estelle s’arrêtent à nouveau au lodge, tandis que Philippe va chercher Marine, afin de profiter encore une fois des espaces mis à disposition et d’une bonne boisson fraîche. Nous avons appris qu’il est possible de faire une descente en rafting de la Kunene, mais les filles ne veulent pas en entendre parler. En effet, cette descente se fait au milieu des crocodiles et cela les refroidit sévèrement… 🙃

Nous profitons donc encore une fois du calme des lieux pour nous reposer et lire tranquillement, avant de rejoindre notre jeep pour plier notre lessive, souper puis nous mettre au lit 🥱.


Ce matin, l’état de santé de Marine n’a pas beaucoup évolué. Elle est encore fiévreuse et très fatiguée. Heureusement, nous n’avons pas un gros programme au menu du jour, puisque nous sommes attendus dans l’après-midi au community camp, près d’Opuwo, pour visiter le living museum. Nous prenons donc notre temps pour tout ranger avant de reprendre la route. Etant donné que nous avons du temps devant nous, nous décidons de remonter la rivière Kunene en la longeant sur quelques kilomètres, dans l’espoir d’apercevoir des crocodiles 🐊. Nous prenons la « route » qui longe la rivière en nous éloignant des chutes et qui traverse le village d’Epupa. Nous y croisons quelques enfants, jouant avec ce qu’ils ont sous la main. Pas de jouets dernier cri mais l’art de la débrouille. Un peu de fil de fer, du carton, des roues, de l’imagination, du bricolage… Et voici une voiture télécommandée!

Une fois sortis du village, à chaque fois que nous voyons un espace un peu dégagé en bord de rivière et facile d’accès, Philippe stoppe la voiture, puis l’un de nous scrute attentivement la rivière et ses rives avec les jumelles. Les premiers kilomètres sont infructueux, nous ne voyons rien. Nous décidons de poursuivre et nous nous éloignons de notre destination. Qu’à cela ne tienne, nous tenons vraiment à voir un croco 🐊! Un peu plus loin, notre manège interpelle deux enfants d’une dizaine d’années qui s’approchent de nous. La jeune fille parle un peu anglais et nous parvenons à lui expliquer que nous essayons de trouver des crocodiles. Les deux enfants nous observent et ils scrutent les filles restées dans la voiture, l’une n’étant pas en grande forme et l’autre trop effrayée qu’un crocodile lui saute dessus pour sortir de l’habitacle 🫣. Soudain, Gabrielle repère un grand crocodile en train de lézarder au soleil. Il est loin, au milieu de la rivière, mais avec les jumelles nous arrivons bien à le voir. Nous proposons aux deux enfants de tester les jumelles et ils parviennent eux aussi à l’observer.

Nous sommes très heureux d’avoir finalement eu l’occasion de voir un crocodile mais surtout, même si cela a duré peu de temps et que finalement cela n’a pas été un long et profond échange, c’est une des premières rencontres authentiques que nous avons réellement avec des locaux et ça fait du bien. Par rapport au reste de notre voyage autour du monde, nous nous retrouvons souvent seuls, dans notre voiture, ou bien en contact avec les personnes qui gèrent les campings ou les activités touristiques. Nous avons donc très peu de contacts avec la population locale et par conséquent peu de moments avec de vrais échanges.

Nous décidons de ne pas pousser plus loin car l’heure avance et nous avons rendez-vous pour aller visiter le Himba living museum. Nous rebroussons donc chemin en repassant devant notre camping et nous reprenons la route en direction d’Opuwo. 2h30 plus tard, nous retrouvons le community camp et nous nous installons. Wilson, le responsable du lieu vient nous chercher et il sera notre guide et interprète pour la visite. En effet, les Himbas qui habitent ici ne parlent pas anglais. La fièvre de Marine est encore élevée, elle a dormi quasiment depuis notre départ d’Epupa. Vu son état, nous décidons de la laisser se reposer dans la tente et nous partons tous les trois.

Wilson commence par nous expliquer la structure du village himba. Celui-ci est organisé avec les cases en cercle, entourées d’une clôture, et au centre se trouve l’enclos pour réunir le bétail pour la nuit. Il y a quatre entrées pour accéder au village: une pour les visiteurs, une pour le bétail, une pour aller au jardin et enfin une pour les cérémonies, placées derrière la case du chef (la plus grande du village), dont la succession se fait de père en fils aîné. C’est devant la maison du chef que se trouve le feu sacré, où les hommes peuvent communiquer avec les esprits des ancêtres.

Le chef du village et sa première femme ne sont pas présents lors de notre visite, c’est donc son fils aîné qui est le responsable du lieu. Il est aussi le seul homme sur place! Les autres sont tous partis avec le bétail. Les Himbas sont majoritairement un peuple de pasteurs et les troupeaux jouent un rôle important dans leur société. Posséder du bétail est un signe de richesse. Les petits enfants gardent les chevreaux tandis que les enfants moyens gardent les chèvres 🐐. Quand ils rentrent le soir avec le troupeau, les petits doivent empêcher les chevreaux d’aller vers leur mère pour que les femmes les traient d’abord. Ensuite seulement, les bébés peuvent venir téter. Il n’est pas rare de voir les hommes plus âgés partir deux-trois mois avec les troupeaux pour chercher des pâturages.

Les tâches sont bien définies au sein de la communauté. La garde des troupeaux, la coupe de bois ou la réparation des maisons sont réservés aux hommes, tandis que les femmes confectionnent les vêtements, vont chercher l’eau, s’occupent du foyer, des enfants et de l’entretien de leur maison. C’est ainsi que nous voyons plusieurs femmes himbas en train d’appliquer une couche de « boue » sur la paroi extérieure de leur case. Il s’agit d’un mélange de terre, d’excréments de vache et d’eau, sensé isoler et rendre étanche leur habitation. Elles répètent cette opération deux fois par année. Les coiffures des Himbas sont très importantes car elles indiquent l’âge et le statut social. En effet, les coiffures des hommes, comme celles des femmes, changent avec l’âge, la puberté, le statut marital, etc.

Wilson nous explique qu’un homme himba a souvent plusieurs femmes, cela dépend de sa richesse. Ce sont les parents de l’homme qui choisissent la ou les épouses. Elles peuvent être choisies à n’importe quel âge (même parfois alors qu’elles sont encore dans le ventre de leur mère!) et elles partent dans le village de leur mari au moment de leurs premières règles. Souvent, les mariages se font entre cousins, afin de conserver les richesses (principalement le bétail) dans la famille.
Notre guide (qui a la vingtaine) nous explique qu’il a déjà une fille de presque deux ans avec une des femmes du village mais qu’ils ne vont pas se marier car c’est à ses parents de lui trouver une épouse. La mère de sa fille a déjà eu un premier enfant avec un autre homme auquel elle n’est pas mariée non plus. Apparemment, le fait d’avoir déjà eu des enfants hors mariage n’est pas un problème pour être choisie comme épouse. La petite fille vient dire bonjour à son père puis elle repart jouer avec ses camarades.

Nous voyons de nombreux enfants dans l’enceinte du village. Ce sont généralement les plus grands qui s’occupent des plus petits, et qui en ont la responsabilité.

En ce qui concerne leur alimentation, les repas des Himbas sont généralement constitués de farine de maïs et de lait (porridge). Il est très rare de voir leur régime agrémenté de viande, de fruits ou de légumes.

Au milieu de la visite, nous nous approchons du feu sacré au bord duquel se trouve le fils du chef ainsi que quelques garçons. Les Himbas sont animistes et ils entretiennent le culte des ancêtres. C’est par le feu sacré qu’ils communiquent avec eux et il ne doit jamais s’éteindre car il permet de maintenir le contact entre les morts et les vivants Durant ce moment, Wilson nous explique qu’il y a des scorpions mortels dans la région 🦂. Ni une ni deux, le fils du chef soulève une des pierres autour du feu et… un des ces scorpions s’y trouve 😱 ! Ce qui ne semble faire ni chaud ni froid aux personnes présentes 😅!

Après avoir fait le tour du village, Wilson nous invite à entrer dans une des cases, celle appartenant à la deuxième épouse du chef. A l’intérieur, nous y retrouvons plusieurs femmes qui nous expliquent comment elles se lavent. Deux fois par jour, elles recouvrent leurs cheveux et leur peau de matière grasse mélangée à de l’ocre. Après avoir terminé l’opération, elles font brûler quelques herbes dont la fumée leur sert de parfum. Elles nous expliquent qu’elles ne se lavent jamais à l’eau, alors que les hommes, de leur côté, ne se lavent que pour certaines occasions spéciales. Elles invitent Gabrielle à les imiter et celle-ci suit leurs indications et se retrouve avec les bras recouverts de cette substance.

Après cette découverte cosmétique, nous terminons la visite du village par un moment de danse et de chants. A cette occasion, les villageoises sont réunies et elles entonnent quelques chants et pas de danse traditionnels. C’est le seul moment où nous nous sentons un peu mal à l’aise. Jusqu’à présent, nous avons eu l’impression de découvrir la vie du village de manière authentique, chacun continuant de vaquer à ses occupations. Mais pour cette démonstration artistique, les femmes sont comme réquisitionnées pour la performance. C’est intéressant mais cela nous laisse un petit arrière goût d’artificiel.

Tout à droite, sur les deux dernières photos, vous pouvez voir le fils du chef (actuel responsable du camp en l’absence de son père). Il porte une étrange coiffe qui indique qu’il a tué un lion avec une lance 🦁. C’était il y a deux ans, lorsqu’il gardait des chèvres.

Avant de rentrer à notre tente, nous passons encore devant quelques pièces d’artisanat que nous proposent les villageoises. Nous choisissons un rhinocéros et un hippopotame en bois pour compléter notre collection, puis nous rebroussons chemin. Sur la route, nous croisons deux jeunes garçons qui reviennent avec le bétail et qui ont récolté des fruits du baobab. Il s’agit de grandes graines blanches, un peu en velours, que Wilson nous fait goûter. C’est pas mal, un peu acide avec un goût de citron, mais sucré.

Une fois arrivés à notre campement, Wilson nous demande si nous sommes d’accord d’accueillir quatre femmes du village pour le thé et il nous servira d’interprète. C’est avec plaisir que nous acceptons! Une petite heure plus tard, la deuxième femme du chef et trois autres femmes arrivent « chez nous », l’une d’elles avec son bébé. Nous n’avons plus grand chose à leur offrir car nous avons prévu de faire le ravitaillement demain 🙃. Heureusement, il nous reste une boîte de biscuits, quelques carottes (bien qu’ils ne mangent pas de légumes, ou très rarement… nous n’avons que ça 🤪) et un peu de chocolat. Nous leur préparons aussi du thé qu’elles boivent très, très sucré! Elles finissent carrément notre réserve de sucre et nous finissons par sortir du miel pour le deuxième service… 🙃

Elles sont plutôt jeunes, mais elles sont déjà toutes plusieurs fois maman. La femme du chef a 28 ans et déjà quatre enfants. Elle est étonnée que Gabrielle n’ait que deux filles et qu’elle ne prévoie pas d’en avoir plus 🤪. Elle est pleine d’entrain, curieuse et elle rigole beaucoup, c’est un vrai plaisir de discuter avec elle. Les trois autres sont plus timides, mais elles s’ouvrent petit à petit. A un moment, nous parlons de la faune de Namibie et nous exprimons nos craintes de vivre entourés de scorpions, de félins et autres insectes venimeux, et là, l’une d’elles nous répond « ah moi, c’est dormir en l’air sur le toit d’une voiture qui me ferait peur! »… Comme quoi nous sommes tous effrayés par ce que nous ne connaissons pas!

Avant de nous quitter, Wilson nous demande si nous n’aurions pas par hasard des médicaments pour le jeune enfant qui accompagne sa mère, car celui-ci a de la fièvre. Nous leur donnons quelques médicaments adaptés à son âge. et nous espérons que l’enfant ira vite mieux. Il est apparemment compliqué pour eux d’avoir accès aux services de soins!
C’est finalement avec beaucoup de plaisir que nous avons vécu cette visite du village et surtout l’opportunité qui a suivi de pouvoir échanger de manière très naturelle avec ces femmes himbas.

Une fois ce moment d’échange terminé, nous préparons un rapide souper qui se termine autour du feu avec des marshmallow au chocolat et des jeux de mimes avec Estelle. Marine est, elle, déjà couchée.


Après avoir pris notre petit-déjeuner et plié notre tente, nous nous apprêtons à reprendre la route. Avant de quitter le camp, nous remercions encore Wilson et ses collègues pour la qualité d’accueil de leur camping et la visite du living museum. Juste avant de démarrer, un autre responsable nous demande lui aussi si nous avons encore quelques médicaments à leur laisser car un de leurs enfants est lui aussi malade. Nous nous délestons encore de ce que nous pouvons (il nous faut quand même en garder assez pour Marine) puis nous leur disons au revoir. Nous ne sommes pas sûrs que ces demandes de médicaments soient vraiment « légitimes », mais de toute façon, que feraient-ils avec… ?

Nous partons cette fois en direction du sud pour la suite de nos aventures, que nous vous relaterons d’ici peu!
A très bientôt!
Philippe et Gabrielle

Le parc national d’Etosha

5. L’Afrique – Namibie

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

24.06 au 28.06.2022

C’est parti pour une journée en voiture pour rejoindre le parc d’Etosha! Ca va être long, d’autant plus que les routes sont droites avec des paysages qui ne changent que très peu: de longues étendues vides et jaunies 🤪. Bon, nous avons toujours l’espoir de voir un animal sauvage… mais ce ne sera en fait pas le cas 🙃. Pendant que Philippe conduit, Gabrielle essaye de faire un peu d’école avec les filles, mais c’est impossible de leur faire écrire quoi que ce soit dans leur journal de bord ou sur l’ordinateur car la voiture bouge trop! Après une dizaine de minutes de révision des multiplications et divisions, Gabrielle abandonne 😂. Estelle étant toujours aussi fiévreuse, elle n’est de toute façon pas à son affaire et elle dort presque toute la journée. Gabrielle tente d’avancer le blog, mais impossible d’écrire sur l’ordinateur vu les tremblements de la voiture (en car c’était plus facile!) et comme il n’y a pas d’internet (le réseau est quasi inexistant et nous avons de toute façon épuisé notre forfait de données), elle ne peut pas non plus trier les photos et les charger sur le blog. Bref, à part lire et observer le paysage, nous n’avons pas grand chose à faire!

Après quelques heures de route, nous arrivons dans une ville avec un supermarché où nous pouvons renouveler nos provisions et recharger notre carte SIM en données internet. Ca fait bizarre de voir ces magasins avec des produits semblables à chez nous, alors que les villages et villes, ainsi que les paysages traversés jusqu’à maintenant, ne ressemblent vraiment pas à l’Europe! Nous en profitons également pour retirer à nouveau de l’argent. Mauvaise nouvelle, nous sommes un vendredi en fin de mois et il y a une foule de Namibiens qui viennent retirer leur salaire aux bancomats avant le week-end. Ca n’avance vraiment pas vite et nous espérons qu’il restera encore assez de billets lorsque notre tour arrivera 😅. Environ trente minutes plus tard, c’est enfin à nous. Comme nous devons répéter plusieurs fois l’opération afin d’obtenir la somme voulue (les retraits sont limités à environ 200.- par opération), nous nous plaçons dans deux files d’attente et heureusement, tout se passe bien, nous parvenons à obtenir notre argent sans soucis 🥳. Dernière mission: trouver une pharmacie pour renouveler notre stock de paracetamol et ibuprofen car Estelle en consomme beaucoup! Heureusement, nous en dénichons rapidement une qui vend ces médicaments en sirop.

Une fois les caisses à nouveau pleines de vivres et nos porte-monnaies remplumés, nous ne traînons pas, la route est encore longue avant d’arriver à notre prochain site de camping. Les lignes droites se succèdent… et paf, nous nous faisons prendre par un radar mobile! La limite de vitesse est généralement fixée à 120km/h sur ces routes rectilignes mais, devant le long trajet qui nous attend et le peu de voitures présentes, Philippe a tendance à osciller entre les 120 et les 130km/h. Manque de pot, une voiture de police et deux officiers nous font signe de nous garer sur le bord de la route. Je vous laisse imaginer tous les clichés et les stéréotypes qui nous viennent à l’esprit lorsque nous voyons un grand policier namibien, bien nourri, venir à nous avec ses lunettes d’aviateur et ses dents en or 😜. D’après nos lectures de blogs et autres sites internet, il y aurait très peu de corruption en Namibie et la police serait plutôt très sûre, en comparaison avec celles des pays voisins, nous ne sommes donc pas trop sur le qui-vive. L’officier nous explique que nous avons dépassé la limite de 8 km/h et que nous allons donc avoir une amende. Manque de bol, il y a une tolérance de 5%, mais à 128 km/h, ça nous fait encore 2 km/h en trop 🙃. Nous montrons bien notre scepticisme alors le policier propose à Philippe d’aller voir les photos prises par le radar. Il s’agit bien de notre voiture, avec Philippe au volant, pas de doute là-dessus. Par contre, le montant nous semble exagéré vis-à-vis du coup de la vie en Namibie: 1000 NAD (dollars namibiens), 60 CHF, c’est à dire ce que nous payons pour deux nuits en camping. Heureusement, le policier est de bonne volonté et de bonne humeur alors il va chercher un livre dans lequel figurent les limites de vitesses et le montant des amendes selon les km/h en plus, histoire de nous convaincre de sa bonne foi. Nous lui demandons si nous allons pouvoir avoir un reçu de la somme versée, mais là il nous dit qu’il va falloir aller au commissariat (à 45 minutes de là), et nous nous rendons compte que cela nous ferait perdre environ deux heures sur notre planning. Comme nous avons encore plusieurs heures de route devant nous, nous décidons de payer immédiatement la somme sur place. Aucune possibilité d’éviter l’amende, tout semble réglementaire… Et là, sorti de nulle part car nos discussions entre nous sont en français, il regarde encore dans notre voiture, voit les filles assises à l’arrière (dont Estelle, moyennement en forme), nous demande où nous nous rendons et si l’amende due représente une grosse somme d’argent pour nous. Nous répondons par l’affirmative à cette question et là, il nous propose de la baisser à 600 NAD! Nous acceptons, mais il faut dire que notre confiance en son honnêteté en prend un coup 🙃. Nous avons de forts doutes que la somme parvienne un jour au service des contraventions, il est quand même peu probable que l’administration namibienne fasse des périodes de soldes sur les amendes 😂!

Après cet incident routier, Philippe reprend le volant et fait cette fois-ci bien attention de ne pas dépasser la limite autorisée… C’est dommage que la voiture n’ait pas l’option du « speed cruiser », ça aiderait! Vu l’heure d’arrivée tardive, nous devons dormir juste en dehors du parc national d’Etosha. Nous arrivons au camping, Onguma Tamboti Campsite, alors que le soir est déjà tombé. Nous disposons d’une jolie place de camping avec toilettes, douche et espace cuisine personnel. Une fois installés nous nous dépêchons de manger car cette longue journée de voyage nous a donné faim! Après avoir dévoré de bonnes tortillas, nous profitons de visiter rapidement les aménagements du lodge. Nous découvrons de beaux bâtiments avec des chambres pour accueillir les voyageurs qui n’ont pas de tentes sur le toit (ou qui veulent profiter d’un peu plus de luxe pour leur nuit) et un très bel espace restaurant qui donne sur un grand point d’eau. Même si nous ne sommes « que des campeurs », nous pouvons profiter de ces aménagements et nous buvons un verre en espérant voir des animaux. Malheureusement, aucun visiteur ne vient s’abreuver durant ce laps de temps.

Nous finissons par rejoindre notre tente afin de dormir et ainsi récupérer des forces avant de pénétrer dans le parc demain.


Ce matin, nous ne perdons pas de temps à flâner et nous nous dépêchons de manger et de plier bagage afin de nous présenter sans tarder à la porte d’entrée du parc. Nous arrivons du côté est du parc et nous entrons par la porte Von Lindequist. Notre objectif est de traverser le parc afin de ressortir par la porte Galton à l’extrémité sud-ouest, 275km plus loin. Une fois les papiers remplis et les taxes d’entrée payées (pas bien cher puisque nous payons une soixantaine de francs pour trois jours dans le parc pour toute la famille), nous arrivons enfin dans le parc national d’Etosha 😃!
En 1907, cette zone est devenue une réserve de chasse, c’est à dire une zone préservée pour les animaux sauvages, mais où la chasse sportive est permise, de manière contrôlée. A son début, le parc mesurait environ 100’000 km2, mais aujourd’hui il n’en compte plus que 20’000 km2 ! En effet, lorsqu’il a été transformé en parc national, en 1967, il a diminué à 1/5ème de sa taille originelle. Des décisions politiques controversées sont la raison de ce drastique rétrécissement. Son nom vient de la langue ovambos et il signifie à peu près « grande étendue blanche », car un tiers du parc est constitué d’une mer de sel asséchée: le Pan. Ce n’est d’ailleurs que cette partie qu’il est vraiment possible de visiter. La transformation de la zone en réserve de chasse a permis à un certain nombres d’espèces disparues de la région d’y revenir: lion, éléphant, rhinocéros, etc. (les réserves n’étant pas délimitées avec des clôtures, les animaux peuvent y entrer et en sortir librement). Aujourd’hui, dans le parc, cohabitent 114 espèces de mammifères, 380 espèces d’oiseaux, 110 espèces de reptiles et 16 espèces d’amphibiens. Nous espérons en voir le plus possible, mais c’est sûr que nous ne les verrons pas tous 😉 !

A partir de maintenant, tout le monde ouvre grands ses yeux et tente de trouver les animaux. L’excitation aide Estelle à rester réveillée car la fièvre a du mal à descendre.

Pour évoluer dans le parc, il n’y a pas de tracé obligatoire à suivre. Il est parcouru d’une multitude de routes et le principe est de se balader au hasard d’un point d’eau à l’autre en espérant avoir la chance de tomber sur des animaux 🤞🏻. Certains se trouvent par milliers et sont très simples à observer, d’autres sont plus rares et il faut compter sur la chance afin de les apercevoir. Ayant reçu un plan du parc lors de notre entrée, nous essayons de tracer un itinéraire afin d’évoluer sur les différentes pistes sans avoir l’air de tourner en rond. Le tout en s’orientant en direction du camping de ce soir. Nous ne sommes pas encore en période de vacances alors nous ne croisons que peu de voitures sur les routes du parc. En même temps, il n’y a que 200’000 visiteurs par année, nous sommes loin d’une affluence insupportable.

Très vite, nous apercevons nos premiers zèbres 🦓. Tous ont des rayures différentes les uns des autres et nous nous plaisons à les admirer. Ceux-ci sont le plus souvent en grand nombre et ils se laissent approcher assez facilement. Nous voyons aussi nos premiers gnous. Ce sont des bêtes impressionnantes par leur taille et elles dégagent une réelle impression de puissance. Nous n’aimerions pas nous retrouver chargés par ces spécimens… 😬
Un peu plus loin, sur le bord de la route, nous observons quelques suricates qui jouent et qui, bien sûr, nous font immédiatement penser à Timon, l’ami de Simba 😉. Ils sont très rigolos mais ils fuient rapidement dès que nous nous approchons. Durant ces premiers kilomètres, nous retrouvons également les springbocks que nous avions déjà rencontrés dans la bande de Caprivi. Ceux-ci sont très nombreux et, le plus souvent, ils ne se soucient pas du tout de notre présence.

Le paysage de ce parc est bien différent de celui que nous avons découvert à Caprivi car il n’y a que très peu d’arbres et quasiment aucune forêt. Ce sont de vastes étendues de savane avec de l’herbe jaunie et quelques buissons ou arbres épars. La hauteur de l’herbe nous cache parfois ce qui se trouve au sol et le jeu est de tenter de débusquer les animaux malgré cette impression de partie de cache-cache géante.

Après cette première approche du parc, nous nous rendons à Namutoni. Il s’agit d’un ancien fort construit par les Allemands du temps de la colonisation et qui abrite désormais un camping, un joli lodge (avec piscine et restaurant), un petit magasin d’alimentation et un bureau du parc. Nous visitons rapidement le lieu et nous achetons une boisson sucrée pour les filles, Estelle étant encore fiévreuse et peu en forme. Nous avons la surprise d’y trouver une colonie de suricates qui se baladent dans le camp, attirés par les déchets laissés par les touristes, sans compter ceux qui les nourrissent. Ils nous font bien rire même si, lorsqu’ils commencent à s’approcher des voitures et à se cacher sous la carrosserie, nous espérons qu’aucun d’entre eux ne va s’amuser à y ronger les câbles… 😅

Après cette petite pause, nous poursuivons notre route, prêts à débusquer de nouveaux specimens d’animaux. Très vite, nous retombons sur des zèbres, des springbocks ou des gnous. C’est assez fou de constater comment nous sommes si vite blasés par ces animaux et nous ralentissons de moins en moins en les voyant 😔. Ca nous rappelle notre visite en 2016 du parc national de Yellowstone aux Etats-Unis. Les premiers bisons croisés nous captivaient puis, rapidement, les filles ne les regardaient même plus… Heureusement, le parc national d’Etosha est grand et il abrite une faune exceptionnelle et variée. Emergeant de la savane, nous apercevons un drôle d’oiseau, très grand, entre 1m et 1m50 de haut. Il s’agit d’une outarde de Kori, plus gros oiseau volant au monde.

Nous avons ensuite la chance de voir une impala à face noire. Cette antilope se différencie de son cousin l’impala (présent dans la bande de Caprivi) par la grande marque noire qui barre son visage. Malheureusement, vous ne pouvez la voir sur les photos ci-dessous puisque nous n’avons pas réussi à prendre autre chose en photo que ses fesses 🤪… Elle a aussi de très jolies cornes, bien différentes de celles que nous avons pu observer jusqu’à maintenant.

En poursuivant notre route, nous tombons sur nos premiers éléphants du parc 🐘. Le premier que nous voyons est impressionnant par sa taille et il semble être un grand mâle isolé. Nous en voyons encore plusieurs rassemblés autour d’un point d’eau et qui semblent à nouveau être plutôt un groupe de jeunes mâles. Nous nous régalons de ces rencontres même si l’instant est moins magique que celui vécu à Bwabwata. En effet, ils sont bien plus loin de nous, mais il sont par contre très visibles puisqu’ils se trouvent au milieu de la savane ou autour du point d’eau.

Un peu plus loin, nous avons la chance de tomber sur un troupeau de girafes qui se dirige dans notre direction 🦒. Nous ralentissons afin d’avoir le temps de bien les observer et nous finissons par devoir même arrêter la voiture car elles traversent la piste juste devant nous 🤩. Eh oui, les animaux sont rois dans le parc et nous devons nous adapter à eux, et non le contraire. Elles sont magnifiques et, malgré leur taille, elles font preuve d’une belle pointe de vitesse!

Nous décidons de rejoindre un autre point d’eau, un peu plus loin, qui semble être plus grand que celui où nous nous trouvons. Lorsque nous arrivons, nous avons vraiment l’impression d’être en plein dessin animé du Roi Lion 😁. Nous retrouvons un mélange absolument fantastique d’animaux en train de se désaltérer. Les zèbres et les springbocks sont en nombre et ils partagent la source d’eau avec quelques gnous et des girafes. Ces dernières nous font bien rire lorsque nous les voyons écarter leurs jambes avant afin de réussir à approcher leur tête de l’eau. Nous voyons aussi les petits faire les foufous 😍. Régulièrement, un animal réagit brusquement et commence à courir, alors la plupart des autres animaux se mettent eux aussi à détaler. Mais très vite ils se rendent compte qu’il n’y a finalement aucun danger et ils reviennent boire. Cela ressemble fortement à une stratégie de survie! Courir d’abord, réfléchir ensuite… 😉

Après une bonne heure à profiter de l’instant, nous rebroussons chemin et prenons la route en direction du camp dans lequel nous allons passer la première nuit de notre séjour dans le parc d’Etosha. Durant le trajet, nous continuons bien entendu à scruter les alentours car nous ne savons jamais quand un animal peut soudain se montrer. Cependant, il y a un autre élément qui peut nous aider à repérer des animaux: les voitures arrêtées sur le bord de la route. C’est ainsi que nous nous retrouvons tout à coup derrière cinq à six jeeps garées sur le bas côté, en train d’observer quelque chose sur notre droite. Ni une, ni deux, nous nous parquons à notre tour puis nous sortons les jumelles. C’est alors que nous voyons un rhinocéros 🦏, notre premier, éloigné d’une centaine de mètres, à l’abri dans une partie légèrement plus arborisée 🤩. Nous avons chacun le temps de le voir en train de manger, avant qu’il ne s’enfonce plus loin et qu’il disparaisse de notre vue.

Une fois le rhinocéros disparu, nous reprenons notre route et nous poursuivons vers le camp de Halali pour nous y installer. Arrivés sur place, nous nous rendons compte que le site de camping est très sommaire malgré un prix pour la nuit qui est quasiment le double de ce que nous avons payé jusqu’ici… Autant l’entrée pour le parc nous a paru bon marché par rapport à sa taille et ce que nous pouvons y voir, autant le prix des logements nous semble excessif… Enfin bon, pas trop le choix car ce sont les seuls emplacements autorisés dans le parc. Il ne faut d’ailleurs pas se rater car les portes se ferment avec le coucher du soleil et se rouvrent avec le lever 🌞. En effet, dans le parc, ce ne sont pas les animaux qui sont enfermés, mais les humains (soit dans les voitures, soit dans des espaces clôturés)!
Comme tous les emplacements dans le parc, celui-ci a aussi son point d’eau qui reste éclairé la nuit afin d’y observer les animaux venus s’abreuver. Il s’agit d’un éclairage qui n’est apparemment pas agressif pour les animaux, plutôt dans les teintes oranges/jaunes et qui est uniquement dirigé sur le point d’eau et pas autour. Après avoir installé notre tente, nous partons y prendre l’apéro dans l’espoir d’y voir quelques animaux. L’ambiance est silencieuse et contemplative mais nous n’y voyons que des zèbres et un petit lapin sur le chemin d’accès. Une heure plus tard, nos ventres crient famine et nous décidons de rentrer manger.

Lors du souper, nous repérons deux familles françaises à côté de nous et très vite les enfants se rapprochent. Ils nous disent avoir entendu qu’il y aurait un rhino au point d’eau. Ni une ni deux, Marine part en leur compagnie. Philippe la rejoint rapidement tandis que Gabrielle reste à la tente en compagnie d’Estelle, qui n’est pas bien et ne veut pas rester seule. Malheureusement, nous arrivons trop tard, l’animal est déjà reparti 😫… Nous restons un moment puis les enfants en ont marre et nous décidons de rentrer. Pendant ce temps, nous avons eu le temps de discuter un peu et il s’avère que l’une des familles est, elle aussi, en tour du monde tandis que l’autre (un papa et son fils) sont des amis qui les ont rejoints pour visiter la Namibie ensemble.
Marine se prépare pour aller se coucher mais Philippe décide trente minutes plus tard de retenter sa chance une dernière fois au point d’eau. Bien lui en a pris, car lorsqu’il arrive un premier rhinocéros est en train de s’abreuver. Et coup de bol, quelques minutes plus tard, un deuxième arrive à son tour 🦏. C’est intéressant car comme l’éclairage est fixé sur le point d’eau, nous ne les voyons pas s’approcher jusqu’au moment où ils apparaissent soudain, émergeant de l’obscurité. Philippe passe un long moment à les observer puis, une fois les rhinocéros rassasiés et repartis, il finit par rentrer à son tour pour se coucher.


En raison de l’état fiévreux et de la fatigue d’Estelle, nous renonçons à nous lever aux aurores et nous ne stressons pas trop les filles pour le départ du matin. Un petit tour au point d’eau infructueux et un petit-déjeuner plus tard, nous remballons nos affaires et repartons sur les routes du parc dans l’espoir de voir à nouveau de nombreux animaux.

Nous avons le plaisir d’observer de près et à de nombreuses reprises des gnous, des outardes, des springbocks ou encore des zèbres (dont quelques jeunes).

Après une matinée à rouler en long et en large à travers le parc pour essayer de trouver des animaux, nous rejoignons une aire de pique-nique. Ce sont des petits espaces aménagés de quelques bancs et tables à l’ombre d’un arbre, avec des toilettes et qui sont entourés d’un haut grillage. Pour y pénétrer, Gabrielle doit descendre de la voiture pour ouvrir la porte et la première fois (et les suivantes 😜…), nous ne sommes pas très rassurés, imaginant des félins tapis derrière chaque fourré, chaque arbuste! Même s’il s’agit de la même procédure pour les sites de camping (mais c’est moins visible car la zone est beaucoup plus grande), cela nous fait tout drôle de nous retrouver en cage le temps de manger notre repas. A noter qu’il est totalement interdit de sortir de sa voiture en dehors de ces aires aménagées, même pour faire pipi. En même temps, vu les animaux que nous pouvons rencontrer à Etosha, personne n’a très envie de faire ses besoins en pleine nature 😅…

La journée est loin d’être finie et nous repartons, dans l’espoir d’apercevoir quelques specimens pas encore observés. En plus des animaux déjà énumérés ci-dessus, nous retrouvons aussi quelques éléphants, kudus ou girafes, mais de loin cette fois-ci. Parmi les nouveaux animaux que nous croisons, il y a l’oryx (seulement vu une fois de nuit jusqu’ici), superbe antilope qui se retrouve sur quasiment l’ensemble du territoire namibien, ainsi que les autruches. Ces dernières nous impressionnent par leur taille, atteignant jusqu’à 2m75 pour les plus grands mâles.

Nous finissons par rejoindre notre prochain hébergement pour la nuit, le camp d’Okaukuejo. Le site est très joli, même si les infrastructures pour les places de camping sont toujours aussi rudimentaires. A noter cependant que quelqu’un se soucie du salut de nos âmes, puisque Gabrielle trouve des Nouveaux Testaments dans les toilettes pour femmes 😂…

Le camp est surtout renommé pour son point d’eau très facile d’accès puisqu’il se situe au centre du camp, qu’il est très grand et qu’il offre une vue magnifique sur la savane environnante. Nous nous dépêchons d’installer notre tente et nos affaires puis nous fonçons voir le lieu. Nous ne sommes pas déçus car c’est toute une horde d’éléphants de tous âges qui nous accueille au coucher du soleil 🐘. A nouveau, nous profitons de prendre l’apéro devant ce spectacle incroyable. Nous ne nous lassons pas d’observer ces gigantesques mammifères qui évoluent si proches de nous 🤩. Les pachydermes ne semblent pas le moins du monde s’occuper des nombreux spectateurs et heureusement, car les barrières et le petit mur de pierre qui nous séparent d’eux ne nous semblent pas très solides et très dissuasifs pour ces colosses! Ce troupeau semble n’être composé que de femelles, de juvéniles et de bébés. En effet, les femelles éléphants restent en famille toute leur vie, entourées de leur mère, grand-mères, soeurs, tantes, nièces, etc. La horde est menée par une matriarche, habituellement l’éléphante la plus vieille du troupeau, qui dirige et décide des routes à suivre afin de rejoindre les points d’eau. Vers l’âge de 12 ans, les mâles quittent la horde pour rejoindre d’autres célibataires. D’après certaines recherches, ces groupes sont composés de mâles de tous âges et ils resteraient également fidèles à leur nouveau troupeau.

Au bout d’un moment, les filles, qui ne se sentent pas en grande forme, décident de retourner à la tente tandis que nous prolongeons encore un peu notre plaisir. Au final, nous aurons passé plus d’une heure et demi à admirer la horde avant qu’elle ne finisse par quitter les lieux.

Nous rejoignons les filles qui commençaient à s’inquiéter de ne pas nous voir revenir puis nous préparons notre souper. A la fin de celui-ci, nous décidons de repartir au point d’eau dans l’espoir d’y voir d’autres animaux. C’est à nouveau un merveilleux spectacle qui nous attend. Le soleil a disparu et il fait nuit noire mais grâce aux spots qui éclairent le point d’eau, nous pouvons clairement voir évoluer plusieurs animaux qui viennent se désaltérer et se partagent cette source d’eau. Girafes, zèbres, nouveaux éléphants mais surtout rhinocéros nous gratifient de leur présence 🦒🦓🐘🦏. Il y a des adultes et quelques jeunes qui les accompagnent, dont un petit rhinocéros qui nous fait bien rire. C’est un vrai défilé auquel nous assistons.

Gabrielle en profite pour tenter de trouver sur internet les différences entre le rhinocéros blanc et le rhinocéros noir. En réalité, cela n’a rien à voir avec leur couleur de peau (les deux sont plutôt gris) mais plutôt leur mâchoire. Le rhinocéros noir est plus petit, mange majoritairement des feuilles d’arbres, se déplace la tête en l’air avec son bébé derrière lui et a deux cornes de tailles assez similaires. Le rhinocéros blanc est plus gros, mange de l’herbe, se déplace la tête en bas avec son bébé devant lui et a la corne avant plus longue que celle de derrière. Le rhinocéros blanc a été nommé ainsi à cause de la mauvaise interprétation par les anglophones du terme afrikaans signifiant large (pour sa large gueule), proche du « white » anglais 🤦🏼‍♀️🤦🏼‍♂️. Malgré toutes ces informations, nous n’arrivons jamais à être certains de quel rhinocéros nous avons face à nous 😅…

Fatiguées, les filles retournent à la tente pour dormir mais Philippe décide de rester dans l’espoir de voir quelques félins 🦁. En effet, nous apprenons qu’hier, tout un groupe de lions et de lionnes sont venus boire au point d’eau et qu’ils y sont restés un long moment. Malheureusement, deux heures plus tard, Philippe rentre bredouille. Pas de traces de lions, léopards ou guépards. Encore des rhinocéros, des éléphants et quelques zèbres. Cependant, il a eu la chance de voir vu deux hyènes tachetées, animal que nous n’avions pas encore pu observer.


C’est notre dernier jour entier dans le parc d’Etosha et, bis repetita, nous sommes confrontés à la maladie car Marine commence à son tour à se sentir mal et fiévreuse. Par conséquent, nous ne stressons à nouveau pas les filles et nous partons en milieu de matinée. Le but d’aujourd’hui est d’essayer de trouver des félins et de nouveaux animaux, tout en nous rapprochant de notre prochain camp qui se trouve beaucoup plus à l’ouest.

Malgré nos efforts, nous ne voyons aucun grand animal, si ce n’est quelques éléphants très éloignés ainsi que quelques girafes, qui se distinguent facilement sur l’horizon. Mais surtout, aucune trace de félins 😢. Nous sommes déçus mais nous ne baissons pas les bras et nous poursuivons notre route, même si les chances de les débusquer se réduisent au fur et à mesure de la journée qui avance. Heureusement, nous continuons de rencontrer quelques gnous, zèbres, girafes, springbocks ou encore oryx, qui égayent un peu notre route.

Le tracé que nous suivons est une longue route droite agrémentée de quelques points d’eau, le plus souvent asséchés, et nous avons de plus en plus de grands terrains plats désertiques. Soudain, une zone de forêt apparaît, avec de grands arbres, isolés les uns des autres par une quinzaine de mètres environ. Ce sont des paysages très différents de ceux que nous avons vus jusque là et les animaux se font de plus en plus rares, sauf autour de quelques points d’eau où nous retrouvons toujours de nombreux springbocks et des zèbres, ainsi que quelques oryx.
Nous décidons finalement de nous arrêter sur une aire de repos afin d’y pique-niquer. Petit hic, la porte d’entrée ne se ferme pas totalement et nous ne sommes pas hyper rassurés 😅. Qui sait si un animal ne s’y est pas glissé ou ne s’y glissera pas? Bon, ne sachant pas à combien de kilomètres se trouve le prochain arrêt, nous décidons de rester là et d’être attentifs. Heureusement, à part un lézard dans les toilettes, un joli baobab et quelques énormes nids de républicains sociaux (des petits passereaux), qui vivent en colonies de plusieurs dizaines à centaines d’individus, rien ne vient troubler notre repas.

Après cet arrêt, nous ne voyons plus beaucoup d’animaux, sauf un chacal à dos noir avec son joli pelage. La plupart des animaux se trouvent plutôt à l’est d’Etosha, autour du Pan, ce qui explique la rareté des animaux dans cette zone du parc.

Tout au long de notre trajet, nous essayons de joindre le camp afin d’y réserver notre place de camping. Ce n’est pas un grand campement et, comme il est assez isolé des routes habituelles suivies par les touristes à Etosha, il n’a que quelques places de camping (une dizaine), sans lodge. Malheureusement, personne ne répond au téléphone et nous commençons à nous inquiéter… Nous espérons que nous aurons de quoi nous loger ce soir 🤞🏻!

Lorsque nous arrivons au camp d’Olifantsrus, nous nous rendons vers la personne responsable afin de payer notre emplacement. Par chance, il y a encore de la place 🥳. Lorsque nous lui expliquons que nous n’avons pas réussi à la joindre pour réserver, celle-ci se rend compte que le téléphone n’est pas bien branché… Pas un mot d’excuse et pas un sourire de sa part, nous avons un peu l’impression de la déranger! Assez spécial comme accueil.

Les modalités administratives réglées, nous nous installons puis nous allons profiter du coucher de soleil sur le point d’eau du camp. Le paysage est magnifique et nous réalisons vraiment que nous sommes au milieu de la savane. La seule chose qui nous sépare des animaux sont les grillages et c’est la première fois que nous pouvons le ressentir aussi fortement. L’observatoire du point d’eau est très joli. Il ya deux étages: le premier est vitré et se trouve au niveau du sol, tandis que le second est ouvert et surplombe le petit bassin. Nous y rencontrons une famille namibienne de langue allemande et nous discutons un moment, en attendant de voir quelque chose apparaître. Malheureusement, peu d’animaux viennent s’y abreuver, si ce n’est un gnou et une hyène tachetée.

Après le souper, Philippe revient au point d’eau dans l’espoir d’y voir des animaux et il y retrouve une autre hyène tachetée ainsi qu’un rhinocéros 🦏. Malheureusement, les éclairages ne fonctionnent pas bien et ils diffusent, de manière temporelle, une lumière plutôt rouge, ce qui ne permet pas de faire de bonnes photos. Une heure plus tard, le froid et la fatigue aidant, il décide de rejoindre le reste de la famille dans la tente pour notre dernière nuit dans le parc d’Etosha.


Ce matin, nous retentons notre chance au point d’eau mais pas grand chose à se mettre sous la dent, si ce n’est un lézard à l’intérieur du bâtiment 🦎 et un gnou isolé… Rien n’a vraiment changé du côté des filles, si ce n’est que les deux sont maintenant fiévreuses et n’ont pas beaucoup d’énergie… Nous avons eu la chance de ne pas être du tout malades ces dix derniers mois, alors ça fait bizarre de les voir aussi peu en forme. Nous espérons que ce n’est pas la malaria… Même si normalement cela ne devrait pas être le cas vu que nous avions pris un traitement tout au long de notre séjour à Madagascar.

Avant de repartir, nous nous intéressons un peu plus au camp dans lequel nous nous trouvons. Nous apprenons qu’Olifantsrus est le dernier camp qui a ouvert ses portes à Etosha. C’est un site un peu à part car il s’agit d’un ancien camp d’abattage d’éléphants 🐘. Au début des années 80, le nombre d’éléphants était très élevé à Etosha (environ 3000 en 1983), trop élevé aux dires des gestionnaires du parc national, compte-tenu de la sécheresse qui sévissait dans la région. Une des raisons était que les éléphants avaient migré ici pour échapper au braconnage dans le nord-ouest de la Namibie où des opérations militaires sud-africaines avaient lieu. Les responsables ont eu peur que cette augmentation du nombre de pachydermes ne mette en danger la survie des autres espèces, dont le rhino noir 🦏 (en danger d’extinction). Les gestionnaires du parc ont alors décidé de créer un lieu d’abattage des éléphants afin de réduire leur population à un niveau qu’ils jugeaient raisonnable pour l’écosystème. Ce lieu était Olifantsrus, ce qui signifie le « repos des éléphants ». 525 spécimens ont été tués ici. Afin de limiter le tollé que cette opération allait provoquer, de nombreuses études scientifiques ont accompagné le massacre et toutes les parties des éléphants ont été utilisées (nourriture, objet, vêtements, etc.). On y voit toujours les potences qui ont servi à cette boucherie… C’est assez impressionnant 😞. Fort heureusement, cette époque est révolue!

De nos jours, les populations locales sont mises à contribution pour permettre aux animaux de vivre en liberté et une grande partie des bénéfices touristiques leur est reversé pour compenser les conflits qu’ils peuvent vivre dans la relation humain-vie sauvage (champs piétinés, barrières cassées, bétails tués, etc).

Nous partons finalement en direction du sud-ouest afin de quitter le parc national d’Etosha par la porte Galton. Nous continuons à observer le paysage, dans l’espoir de pouvoir admirer encore quelques animaux et, qui sait, débusquer enfin un félin? Malheureusement, à part quelques autruches, zèbres et un vautour, nous ne voyons aucun lion, guépard ou léopard.

Nous rejoignons enfin la sortie et après un rapide contrôle par les rangers (pour être sûr que nous ne sortons rien du parc) et un pique-nique plus tard, nous quittons les lieux et nous poursuivons notre road trip en direction du nord-ouest et le Kaokaland.

Nous avons passé trois jours absolument incroyables à évoluer à l’intérieur du parc national d’Etosha. C’est un zoo à ciel ouvert, dans lequel nous, les humains, sommes les invités de tous ces magnifiques animaux. Nous avons eu la chance de voir quelques specimens de près mais nous restons malheureusement sur notre faim en ce qui concerne les grands prédateurs. Nous nous rendons compte qu’il s’agit souvent d’être au bon endroit au bon moment, d’avoir de la chance. Nous aurions peut-être dû réserver un tour accompagné par des spécialistes mais c’est un gros budget pour une famille de quatre, surtout dans notre situation de voyageurs autour du monde, et non de vacanciers. Peut-être aussi que si les filles ne s’étaient pas senties malades, nous les aurions bousculées un peu plus et adopté des horaires de visite différents (départs sur les routes aux aurores)… C’est surtout l’occasion de nous dire qu’il nous faudra revenir en Afrique afin d’admirer les animaux que nous n’avons pas vus 😁!

A bientôt pour la suite de nos aventures namibiennes!
Gabrielle et Philippe

Caprivi

5. L’Afrique – Namibie

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

21.06 au 24.06.2022

Ce matin, c’est départ pour le camping de Mavunje, au bord de la rivière Kwando, dans la bande de Caprivi. Nous avons environ 600 km de route devant nous… ça va être long 😅!

C’est à nouveau Philippe qui prend le volant et qui ne le lâchera quasiment plus du reste du séjour 😉. En effet, il s’est fait la main hier et il est ainsi rassuré quant à sa capacité à manoeuvrer ce tank malgré la conduite à gauche et la boîte manuelle. Il est cependant surtout convaincu devant le peu de circulation sur les routes ou dans les « villes » que nous traversons 🤪. Les voitures sont rares et le traffic est très léger, voire inexistant! Nous nous rendons compte que, comparé aux autres pays de notre tour du monde, la Namibie n’est pas du tout accessible en transports en commun et il nous semble nécessaire, vital même, d’avoir son propre véhicule pour découvrir le pays.

Les premiers kilomètres sont très similaires à ce que nous avons vu les jours précédents, à savoir de vastes étendues d’herbes hautes. La route est bonne, asphaltée, et nous roulons généralement à plus de 100km/h. Après environ deux heures à scruter des herbes jaunies en ne voyant que des dik-diks, nous découvrons notre premier zèbre 🦓😃 ! Bon, c’est facile, il longe la route 😉 ! Nous croisons aussi notre premier panneau de circulation rigolo, le premier d’une longue série. De temps à autre, nous passons des habitations qui sont parfois composées d’une seule case ronde avec une cour, et parfois de plusieurs cases entourées de palissades. Les paysages varient peu et c’est un peu rébarbatif… 🤪. Nous croisons aussi des personnes marchant le long de la route, pour chercher du bois ou de l’eau et nous nous demandons combien de kilomètres elles doivent effectuer ainsi chaque jour pour de tels besoins primaires.

Au bout de cinq heures de route et un arrêt pique-nique, le paysage commence à changer car nous sommes entrés dans la bande de Caprivi et nous nous approchons de la rivière Kwando. La nature verdit, les arbres grandissent et ils commencent à former des forêts. La présence d’une source d’eau change drastiquement le paysage qui s’offre à nos yeux. Une demi-heure avant notre arrivée au campement, nous bifurquons sur une route secondaire qui n’est plus asphaltée, mais plutôt une piste en terre et gravier. Malgré cela, elle est en bon état, rien à voir avec ce que nous avons vécu à Madagascar 😅…
Nous apercevons enfin des animaux différents : des antilopes, des springboks et… un gnou ! Les springboks sont des antilopes d’environ 80 cm au garot (un peu plus bas qu’un shetland, mais en beaucoup plus élancé 😂), capables de sauter très haut à la verticale. Elles sont caractérisées par un visage blanc, une ligne brun foncé sur le flanc, deux lignes noires qui partent du museau vers la bouche et de fines cornes courbées en S.

Pour rejoindre notre camping, le Mavunje community camp, nous devons bifurquer sur un petit chemin de sable! Philippe enclenche donc le 4×4 pour la première fois, aide indispensable pour rejoindre le campement. Nous nous faisons bien secouer, ce qui est parfois impressionnant vu la taille de notre véhicule!

Après une quinzaine de minutes de secousses, nous arrivons au site qui est le premier en mode «sauvage», c’est à dire avec un risque (une chance? 😜 ) que des animaux traversent le campement. C’est un camping au bord de le rivière, avec quatre emplacements disponibles… bon, en fait trois, car un des sites n’est pas utilisable. Il n’y a pas d’entrée qui nous semble officielle, mais nous trouvons une petite guérite en bord de route… mais il n’y a personne et bien sûr il n’y a pas de réseau pour téléphoner 🙃. Nous laissons la voiture sur le chemin pour aller à la recherche de quelqu’un, mais nous n’avons presque pas à marcher car la responsable du camp a entendu notre voiture arriver. Elle nous dirige vers notre emplacement, qui se trouve au bord du Mavunge Lagoon. C’est un très joli endroit, avec un espace abrité constitué de quatre chaises et une table pour les repas et un peu plus loin un coin pour le feu, le tout avec vue sur la rivière. De l’autre côté se trouvent l’emplacement pour notre jeep, ainsi qu’une petite cahute (sans porte, nous fait remarquer Marine 😜) avec les toilettes et une douche. Il n’y a pas du tout d’électricité sur tout le campement (à part un minuscule panneau solaire pour les responsables du lieu) alors il va falloir qu’on économise nos batteries, car nous allons y rester deux nuits. D’autant plus que nos natels sont aussi nos appareils photos! C’est très joli et nous nous y plaisons tout de suite.

Après nous être installés, Gabrielle décide de partir visiter un peu le campement car il est noté qu’un corridor aux éléphants passe au milieu 🐘. Il faut savoir que les troupeaux d’éléphants suivent des «routes» d’un point d’eau à l’autre et qu’ils ne dévient que rarement du tracé malgré d’éventuels changements causés par l’Homme (maisons, routes, etc.) Elle se dirige donc dans la direction du corridor car, sait-on jamais, c’est peut être le moment où ils passeront !

Le chemin est sous les arbres et il commence rapidement à faire sombre car la fin de journée approche. Gabrielle entend pas mal de grognements et elle se dit que cela doit être des phacochères un peu plus loin. Comme la luminosité baisse vite, elle rebrousse chemin sans être arrivée au corridor. Bien lui en a pris, car nous apprendrons le lendemain que les grognements étaient dûs aux hippopotames de la rivière et non à des phacochères 😅! Eh oui, ils sortent aussi de la rivière… 😱

Comme la nuit est sur le point de tomber, nous partons tous pour un point de vue qui nous permettra d’admirer le coucher du soleil. C’est un court sentier qui nous mène à un petit endroit aménagé avec un banc sous un abri tout simple.

De retour au campement, nous soupons rapidement, mais avec un «special treat» à la fin: des marshmallows cuits sur notre premier feu de camp, un régal 🔥! Bon, nous entendons pas mal de mugissements (eh oui, nous apprenons que l’hippopotame mugit…), alors nous ne sommes pas hyper rassurés d’être aussi près de la rivière 😅!

C’est «bercés» par le bruit des hippopotames que nous allons nous coucher, fatigués aprés cette longue journée de voyage.


Le lendemain, nous avons la surprise de voir qu’un employé du campement est venu faire un feu dans une petite cheminée à côté de la douche et que l’eau est chaude 😁! C’est très agréable vu la température de l’air et l’odeur du feu de bois est sympa.
Nous prenons notre petit déjeuner dans l’abri au bord de la rivière, c’est vraiment dépaysant comme environnement!

Nous nous rendons compte, durant le petit déjeuner, qu’Estelle a de la fièvre et qu’elle ne se sent pas bien. Nous avons organisé une sortie en bateau sur la rivière Kwando pour apercevoir des hippoptames et d’autres animaux, nous espérons donc qu’elle sera assez en forme pour en profiter 🤞🏻.

C’est un employé du camp qui sera notre guide pour la journée. Nous embarquons sur une barque à fond plat, ce qui ne nous rassure pas à fond vu que nous nous retrouvons au ras de l’eau 😨. Puisque c’est une embarcation quotidiennement utilisée sur la rivière, cela devrait le faire 😉.
Nous partons au milieu des roseaux dans un dédale de passages, un vrai labyrinthe! Notre premier arrêt se fait à une trentaine de mètres d’un groupe d’hippopotames qui se reposent sur la berge. Notre guide éteint le moteur et nous avons donc le temps de les admirer. Nous ne sommes pas forcément rassurés quand certains se mettent à l’eau et commencent à nous suivre, mais heureusement, notre guide remet le moteur en marche et ils ne s’approchent pas davantage!

Nous repartons ensuite pour notre découverte de la rivière. Nous observons la nature qui nous entoure avec nos jumelles, c’est magnifique! Nous apercevons de nombreux oiseaux, des poissons ainsi que quelques cervidés. Malheureusement, nous n’avons pas l’occasion de voir des crocodiles car il est de plus en plus rare de les voir dans cette portion de la rivière.

C’est vraiment chouette de découvrir tous ces animaux « en vrai » et dans leur milieu naturel! Tout à coup, Gabrielle doit freiner assez soudainement après un virage car un éléphant est à quelques mètres de nous, sous un arbre! Heureusement, il nous observe quelques instants puis il se remet à manger. C’est vraiment grand un éléphant d’Afrique d’aussi près 😅!! Nous ne sommes pas vraiment rassurés, alors nous attendons patiemment qu’il décide de s’éloigner avant de rédémarrer 🤪.

En allant vers la berge, nous apercevons notre premier éléphant 🐘. C’est magique 😍! Il est bien plus gros que ceux vus en Asie… Nous ne pouvons pas trop nous approcher, et n’ayant pas de zoom, nos photos ne rendent pas aussi bien que ce que nous voyons de nos propres yeux 😉.

Notre guide nous explique que les éléphants de la région ont tendance à évoluer dans la forêt durant la journée et qu’à la fin de celle-ci, ils s’approchent de la rivière afin de s’y abreuver. C’est pourquoi notre sortie se fait en fin d’après-midi. Une fois l’éléphant reparti sous le couvert des arbres, nous nous remettons en route. Durant cette excursion, nous ne croisons qu’un seul pêcheur, sinon que des animaux!

Nous naviguons ainsi jusqu’au coucher du soleil que nous avons la chance de pouvoir admirer depuis le bateau.

En rentrant, nous faisons la connaissance d’une famille allemande arrivée dans l’après-midi. Comme très souvent durant ce tour du monde, le contact s’opère par le biais des enfants qui s’observent un moment puis se mettent à jouer ensemble. Les parents travaillent en Afrique du Sud et ils sont là en vacances. Comme ils sont déjà en Namibie depuis deux semaines, nous discutons de nos prochaines visites.

Pour le soir, nous reproduisons le programme de la veille, à savoir souper, feu de camp, marshmallows grillés et mugissements d’hippopotames!


Ce matin, nous quittons notre camping et la bande de Caprivi, mais sur le chemin nous passons visiter deux parc nationaux: Mudumu et Bwabwata. Tous deux se situent dans cette partie de la Namibie qui est beaucoup plus verte que les autres car elle est irriguée par les rivières Kwando, à l’est, et Okavango, à l’ouest.
Ils font partie d’une des plus grandes aires de migration et de conservation d’Afrique (aire qui s’étend entre l’Angola, le Botswana, la Nambie et la Zambie). Les parcs ne sont ainsi pas délimités par des clôtures afin de ne pas entraver le déplacement des animaux.
Nous commençons par le parc de Mudumu, le plus proche de notre campement. En entrant, nous constatons rapidement que nous allons évoluer dans de la forêt et donc qu’à chaque virage nous pouvons tomber sur des animaux… Il va falloir être prudents! La route est principalement faite de sable et du coup un changement de conducteur s’opère. Gabrielle reprend les commandes car Philippe ne se sent pas assez à l’aise dans ce terrain sabloneux au milieu d’animaux sauvages 🙃.

Cela fait un peu bizarre de rouler au milieu des arbres tout en sachant qu’à chaque instant il est possible que nous surprenions un animal… ce qu’il n’apprécierait pas forcément 😅. Nous commencons par découvrir de magnifiques oiseaux aux couleurs chatoyantes (plumage ou bec) et des termitières… ça rassure un peu 😉.

Sur la troisième photo, vous apercevez un calao à bec rouge… Il nous fait tout de suite penser à Zazu, le majordome et conseiller de Mufasa dans le Roi Lion (oui, nous allons souvent faire des parallèles avec ce dessin animé 🤪).

Au détour d’un chemin, nous tombons sur un groupe de phacochères… Et bien sûr nous faisons allusion à… Pumba! 😂

Le temps file et nous avons encore un autre parc national que nous voulons visiter. Nous partons donc pour Bwabwata, qui se trouve un peu plus au nord. Comme il est déjà midi lorsque nous rejoignons la route, nous nous arrêtons à nouveau en bord de celle-ci pour manger notre pique-nique. Comme c’est la même route que celle prise à l’aller, nous passons à nouveau devant quelques villages mais, cette fois-ci, nous croisons le chemin d’un paysan avec ses vaches. Quelques minutes plus tard, c’est le moment où plusieurs d’entre nous ont un besoin pressant… Nous nous arrêtons en bord de route, près de rails de train. Heureusement que nous ne faisons pas trop long car les premières vaches nous ont déjà rattrapées et nous ne sommes pas très à l’aise de les voir aussi proches 😜.

Une petite heure de route plus tard, nous arrivons au parc national de Bwabwata. Nous allons découvrir sa partie est, qui se situe proche de la rivière Kwando, et non sa partie ouest qui, elle, se situe le long de l’Okavango. C’est à nouveau un parc boisé et sablonneux, alors Gabrielle reste au volant 😉. Notre route débute dans une forêt assez dense et le premier animal que nous rencontrons est à nouveau un éléphant au milieu des arbres. Nous n’avons encore croisé aucune autre voiture (ni dans le premier parc d’ailleurs) donc nous savons que les animaux risquent d’être dérangés en nous voyant. C’est donc des sentiments mélangés qui nous habitent: émerveillement et crainte. Bon, l’équilibre entre les deux varie en fonction des passagers de la voiture 🤪!

Nous poursuivons notre route pour rejoindre Horseshoe, un bras de la rivière Kwando avec une large plage en forme de fer à cheval où les animaux viennent boire. Nous devrions donc y voir des habitants de cette forêt 🤞🏻.
Alors que le sentier nous rapproche de l’eau, nous apercevons des hippopotames qui heureusement sont sur l’autre rive en train de se reposer! Nous ne sommes pas très rassurés de sortir de la voiture, mais comme il est rare de rencontrer des félins dans cette région du pays, nous décidons de prendre le risque. Nous devons les observer aux jumelles pour bien les voir, et nous repérons quelques petits. La photo du milieu est prise à travers les jumelles… nous faisons avec les moyen du bord puisque nous n’avons pas de zoom 🙃.
Tout près de là, nous voyons également des springboks. Ils sont à quelques mètres de la voiture et ne semblent pas si effrayés que ça par notre présence.

En nous approchant de Horseshoe, nous avons la chance de tomber sur trois éléphants en train de jouer dans l’eau, sous la surveillance de deux autres qui restent à l’ombre sur la berge. De vrais enfants qui s’éclaboussent et qui essayent de se bousculer les uns les autres! Nous restons un long moment à les admirer!

Un peu plus loin, nous découvrons un jeune éléphant, plus petit que ceux vus jusque là 🥰!

Il est difficile de quitter ce spectacle, mais il le faut bien 😉.

Un ou deux kilomètres plus loin, nous traversons un ancien campement qui ne donne pas trop envie… et nous nous rendons compte que c’est un cul de sac! Nous devons donc rebrousser chemin afin de retrouver le sentier qui doit nous ramener à la sortie du parc. Sur la route, nous avons le chance de repérer une antilope nommée Sable (ou Antilope Noire), avec de longues cornes recourbées en arrière et une crinière de la tête jusqu’au bas du dos. Nous apprendrons plus tard que c’est rare d’en observer et que nous avons eu de la chance! Un peu plus loin, nous découvrons notre premier koudou mâle que nous admirons aux jumelles. Le koudou est facilement reconnaissable par ses longues cornes en tire-bouchon et ses traits plus clairs sur les flancs. Nous pourrons en observer de beaucoup plus près lors de la suite de notre voyage. Un peu plus loin, nous voyons des koudous femelles cette fois, qui possèdent les mêmes lignes que les mâles, mais pas les cornes.

Notre découverte de la faune namibienne continue avec notre première rencontre avec une girafe 🤩, à la sortie d’un virage! Quel animal élégant! Malheureusement, nous la dérangeons dans son repas car elle est juste à côté du chemin et nous ne la voyons qu’au dernier moment. Elle part donc assez rapidement un peu plus loin pour trouver un nouvel arbre à grignoter. Ces arbres, des acacias, ont la capacité de produire, au moment de l’arrivée d’une girafe, une substance amère et toxique afin que celle-ci s’en aille. Ils auraient également la faculté de « communiquer » avec les autres arbres des environs pour les avertir du danger afin qu’ils produisent également cette substance.

Une fois la girafe partie, nous rallumons le moteur pour continuer notre chemin sur les sentiers sablonneux. Cette fois-ci, ce n’est pas un éléphant isolé que nous voyons non loin de nous, mais toute une « famille », avec des éléphants de toutes tailles, dont un tout jeune éléphanteau! 🥰

Mais nous ne sommes pas au bout de notre surprise car quelques minutes plus tard, c’est un gigantesque troupeau qui longe la route. Nous continuons de rouler lentement à côté d’eux et soudain, nous nous rendons compte qu’en réalité l’avant de la horde est en train de traverser la route devant nous! Le cortège prend bien cinq minutes à passer, tellement il y a d’éléphants! Nous sommes à environs 30 mètres d’eux et il y en a de toutes les tailles. Nous voyons régulièrement les adultes tourner la tête vers nous, comme pour s’assurer que nous ne nous approchons pas et que nous ne représentons pas un danger. Vers la fin du passage, un très grand éléphant (sûrement une matriarche) nous regarde fixement pendant quelques secondes et c’est à ce moment-là que nous voyons passer derrière elle le plus petit éléphanteau que nous ayons jamais vu, c’est incroyable!!! Nous sommes subjugués 🥰.

Après ce moment magique, il nous faut maintenant quitter le parc et poursuivre notre route. En approchant de la sortie, nous apercevons un grand éléphant solitaire sous un arbre entouré de quelques sprinboks. Le chemin passe à une quinzaine de mètres de l’arbre alors nous avançons lentement. Soudain, l’éléphant se met à barrir, semblant agacé par les antilopes… Il est à moins de 30 mètres de nous et nous commençons à stresser un peu. Bien sûr, c’est à ce moment-là que Gabrielle s’enlise dans le sable en voulant reculer et qu’elle câle 😬. Nous décidons de rester immobiles plutôt que de faire rugir le moteur pour resortir. L’éléphant s’approche de nous sur le chemin, il nous fixe, lève sa trompe, agite ses oreilles et barrit une nouvelle fois… Là, il faut avouer que nous ne sommes vraiment pas rassurés 😳😰😱. Nous essayons de tranquilliser les filles tant bien que mal, en restant immobiles et le plus silencieux possible afin de paraître innofensifs. Après quelques secondes, qui nous semblent interminables, l’éléphant fait demi-tour et il s’en va… OUF! 😅

C’est un peu tremblants que nous ressortons du parc où nous avons vécu des moments inoubliables… certains très positifs et un autre un peu moins 🙃.
Une fois tout le monde apaisé, Philippe prend le volant pour la suite du trajet, car il reste plus de deux heures et demie de route jusqu’à notre campement pour la nuit, juste à la fin de la languette du pays.
La nuit finit par tomber alors qu’il nous reste encore quelques kilomètres avant d’arriver. Ca sent la montée de la tente dans le noir… Nous arrivons finalement dans un très joli camping, pas cher du tout et bien aménagé. Comme nous sommes fatigués par toutes ces émotions, nous allons nous coucher tôt. Estelle est toujours fiévreuse et elle dort vraiment beaucoup! Heureusement que nous sommes en voiture une grande partie de la journée, elle n’a ainsi pas à marcher.


Après une douce nuit remplie d’éléphants, nous profitons de la vue depuis notre site de camping. Celui-ci se situe au bord de la rivière Okavango, qui sépare la Namibie de l’Angola. Le responsable du camp nous explique qu’il est parfois possible de voir des hippopotames pas très loin de là mais nous n’en voyons aucun à proximité ce matin. A la place, nous devons nous contenter d’un paon qui vient nous dire bonjour 🦚…

Malheureusement, nous n’avons pas le temps de profiter davantage de tout ce qu’offre le camping et ses environs car nous avons un programme chargé aujourd’hui. Nous devons passer dans une grande ville afin d’y trouver un supermarché et refaire le plein de vivres (et d’essence) pour la semaine qui nous attend. Puis, une fois cette tâche effectuée, une longue route nous attend pour la prochaine étape de notre voyage qui est le célèbre parc national d’Etosha.

Mais ça, ce sera pour le prochain article!

A très bientôt!
Philippe et Gabrielle

Début du road trip

5. L’Afrique – Namibie

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

17.06 au 21.06.2022

Et voilà, nous voici arrivés en Namibie, dernier pays de notre tour du monde! Ça fait bizarre de nous dire que le prochain avion que nous prendrons nous ramènera en Suisse! 😏

Le vol est long car nous devons faire deux escales, la première à Addis Abeba, en Ethiopie, puis la deuxième à Johannesburg, en Afrique du Sud. C’est une aberration si nous regardons la carte du monde vu que nous devons remonter beaucoup au nord pour ensuite redescendre en Namibie, qui se trouve plus au sud que Nosy Be 😤 ! Il n’y a en fait pas de vol direct entre Nosy Be et Windhoek, en ces temps de Covid, et les tarifs sont moins chers en passant par l’Ethiopie plutôt que directement par l’Afrique du Sud! Le trajet n’est pas des plus agréable car nous arrivons en début de soirée à Addis Abbeba, et nous devons ensuite attendre 23h30 pour prendre notre second vol. La nuit est très courte car nous arrivons à 03h55 à Johannesburg (bon, 04h55 pour notre corps car il y a une heure de décalage horaire entre Madagascar et l’Afrique du Sud)! Etant donné que nous voyageons sur deux compagnies différentes dont une low cost pour le deuxième trajet, nous devons officiellement sortir de l’aéroport, récupérer nos bagages, puis faire à nouveau le check-in. Heureusement, tout se passe très facilement! Petit à petit, nous voyons l’aéroport prendre vie avec les différents magasins qui s’ouvrent les uns après les autres. En atterrissant ici, nous sommes revenus sur le fuseau horaire de notre départ de Suisse, nous finalisons donc notre tour du monde au niveau des longitudes! Il nous faut maintenant attendre 10h40 pour repartir pour Windhoek, la capitale de la Namibie.

Nous arrivons enfin à notre destination finale, après plus de 22 heures de voyage 😅! C’est la plus grande ville du pays mais elle n’est pas si étendue. La superficie totale de la Namibie est de 825’418m² (20x plus que la Suisse), mais elle n’abrite qu’environ 2.5 millions de personnes (3.5x moins que la Suisse). Elle est considérée comme le deuxième pays le moins peuplé au monde en raison de sa faible densité de population. En arrivant, nous remarquons rapidement qu’il y a beaucoup de Namibiens blancs pour un pays africain! En effet, les descendants d’immigrés arrivés dans les années 1700 sont plutôt nombreux, même s’ils ne consistuent que moins de 10% de la population totale. La langue officielle du pays est l’anglais, mais c’est la langue maternelle de seulement 1% des Namibiens. La plupart des habitants parlent une langue bantoue (la majorité de la population parle oshiwambo) ou une langue khoïsan, par contre, les descendants des colons parlent une langue germanique: afrikaans ou allemand. Ceci est dû au fait que le pays à été une colonie allemande à la fin du XIXe siècle puis un protectorat sud-africain après la Première Guerre Mondiale, avant de devenir indépendant en 1990. L’anglais a été choisi car c’était une langue neutre au regard de l’histoire de la colonisation.

Lorsque nous arrivons, nous commençons par changer nos dollars restant contre quelques dollars namibiens et surtout, comme toujours durant cette année de voyage autour du monde, nous achetons une carte sim locale. Nous avons de la peine à retrouver la personne qui doit nous amener à notre appart-hôtel. C’est un transport organisé par l’agence chez laquelle nous avons loué notre jeep pour partir découvrir le pays. Après plusieurs appels, il s’avère que le chauffeur est tout simplement assis dans le hall, mais sans panneau, et sans prêter attention aux touristes qui arrivent. On aurait pu attendre longtemps 🤦🏼‍♀️🤦🏼‍♂️ ! Comme nous sommes mi-juin, encore hors des vacances scolaires occidentales, nous ne sommes pourtant pas beaucoup à avoir des têtes de voyageurs… 😜

Sur le trajet vers la ville, nous avons la chance d’apercevoir nos premiers babouins, mais surtout notre première girafe, au loin! 😄
Une fois déposés à notre logement, nous confirmons avec le chauffeur l’heure de notre rendez-vous du lendemain afin d’aller récupérer notre jeep puis nous prenons rapidement possession de notre appartement. La fatigue se faisant fortement resentir, Philippe part seul au supermarché du coin afin d’y acheter de quoi faire à manger. Il est étonné de voir que les magasins ressemblent beaucoup à ceux que nous pouvons trouver dans un centre commercial européen… Les prix aussi!
Après un bon repas-ciné devant l’ordinateur, nous nous mettons au lit. Nous réalisons que c’est bien l’hiver dans cette région du monde car dès que le soleil est couché, le froid s’abat sur le pays et nous sommes forcés de rajouter des couches d’habits. Heureusement, nos lits sont équipés de duvets bien chauds et c’est bien emmitouflés que nous rejoignons tous les bras de Morphée 😴!


Après le petit-déjeuner, Philippe part à la banque locale afin d’essayer de retirer de l’argent pour la suite de notre voyage namibien. Depuis nos mésaventures passées, c’est toujours un moment un peu stressant mais heureusement, tout se passe bien. Même si nous sommes limités dans les montants que nous pouvons retirer, nous pouvons répéter la transaction autant de fois qu’il le faut et sans frais. Ouf, un soucis de moins… 🥳

Ce matin, nous avons rendez-vous à l’agence pour récupérer notre jeep. Le transport est censé venir nous chercher à l’appartement, mais il n’est à nouveau pas là 😬! Il serait apparemment reparti car il ne nous aurait pas vus… C’est donc après plus d’une heure d’attente que nous le voyons enfin arriver 🤬!

Heureusement, nous rejoignons rapidement l’agence et après quelques démarches administratives, un employé vient nous chercher pour nous montrer quel sera notre véhicule (et domicile) pour les quatre prochaines semaines. C’est une grande Toyota 4×4 avec une tente familiale pour quatre personnes sur le toit. C’est gros, mais nous devrions vite nous y habituer 🤞😅! L’homme fait le tour du véhicule avec nous pour nous présenter son fonctionnement, nous montrer tout le matériel de camping et surtout pour nous faire une démonstration du montage et pliage de la tente de toit! Marine filme consciencieusement tout le processus pour que nous puissions le refaire seuls ce soir 😉 !

Une fois prêts, nous partons en direction d’un grand centre commercial pour y faire nos achats de nourriture afin d’être autonomes pour les prochains jours. Il nous faut faire des réserves car les commerces sont rares dans le pays et on n’y trouve pas toujours tout ce qu’il faut, lorsqu’on est en dehors des quelques grandes villes 🍌🍇🍏🥑🌽🥖🧀🍳🥕🍪 🧃🍻🍶 ! C’est Gabrielle qui se met au volant car la conduite est à gauche et le véhicule, en boîte manuelle, est imposant! Le parcage dans le centre commercial lui donne d’ailleurs des sueurs froides 😝 ! Philippe préfère attendre un peu et surtout sortir de la ville avant de tenter de conduire ce monstre (pour rappel, il n’a passé son permis que trois jours avant de débuter notre tour du monde…).

Une fois les caisses de vivres bien remplies, nous profitons encore de manger le repas de midi dans le centre commercial, puis nous sortons de la ville en direction du nord. Les premiers kilomètres nous émerveillent! C’est un vrai paysage de savane, comme dans le dessin animé du Roi Lion.
Notre première destination est Wewelsburg Camping, à un peu plus d’une heure et demie de Windhoek. C’est une ferme qui met un terrain à disposition des campeurs. Initialement, nous avions décidé d’aller plus au nord mais, en raison du retard pris ce matin, nous préférons arriver sur notre site de camping avant qu’il ne fasse nuit. Et comme celle-ci tombe autour de 18h, nous n’avons pas beaucoup de temps devant nous 🌙. Heureusement, nous n’avions rien réservé (facile en période de Covid et hors des vacances d’été, pas sûr que ce soit conseillé aux mois de juillet/août). Philippe contacte donc la ferme et il organise la réservation au téléphone pendant que Gabrielle conduit.

Nous arrivons finalement au coucher du soleil. Nous sommes soulagés d’être arrivés avant la nuit car le premier montage de la tente sera plus facile de jour! Nous sommes accueillis par un ENORME Kangal (un chien de berger d’Anatolie), puis le propriétaire du camping arrive. Il nous rassure en nous expliquant que son chien est très gentil et qu’il ne cherche que des caresses. Le seul hic, c’est qu’il fait la taille d’un petit ponney 🤪! Impressionnant pour nous mais que dire pour les filles, qui mettront un moment avant de se sentir à l’aise en sa présence.
Comme nous sommes les seuls, nous avons le choix de l’emplacement. C’est un camping tout simple, avec des douches et WC communs et deux-trois prises électriques dans ce bâtiment. Les prises seront essentielles durant notre road trip car le chargeur de la jeep est très peu performant et notre batterie solaire externe ne suffit pas pour recharger nos natels, la lampe frontale, la lanterne et l’ordinateur.

Nous nous mettons rapidement au montage de la tente. Première étape: regarder à nouveau la vidéo pour se rappeler de la procédure! Une fois tout en tête, nous nous mettons au travail. Il faut se coordonner tout en suivant les indications de Marine qui regarde la vidéo. Le montage est assez rapide, malgré le fait que ce soit notre première fois 💪🏻 😁 !

Nous préparons ensuite notre premier repas en mode camping: pâtes, sauce tomate et carottes crues. Un repas simple pour commencer 😉. Une fois celui-ci terminé, c’est vaisselle, rangement, lavage de dents, puis dodo! C’est notre première nuit à plus de deux mètres de haut, en équilibre sur un toit, mais nous sommes enthousiastes! Les matelas sont assez agréables, nous avons de bons oreillers mais surtout six bons duvets chauds. Nous vous rassurons, nous ne sommes que quatre dans la tente mais l’employé de l’agence nous a donné deux duvets supplémentaires lors de la prise du véhicule. Et heureusement, car les nuits sont fraîches, froides même 🥶! Il fait autour de cinq degrés et ces duvets supplémentaires sont les bienvenus.
Nous avons pris l’option « tente familiale » à quatre places au lieu de l’option avec deux tentes de deux places car nous avons anticipé le fait que les filles ne voudraient pas dormir les deux, seules, dans une tente. Surtout quand les toilettes sont éloignées de notre emplacement et qu’elles ont bien compris quels animaux se rencontrent en Namibie 😂!


Le lendemain matin, nous nous réveillons après une nuit calme. Comme hier soir, nous devons mettre un petit pull car il fait frais! Durant le petit-déjeuner, le chien revient nous rendre visite ainsi que quelques magnifiques paons 🦚.

Le rangement du matériel et le pliage de la tente se font rapidement et nous prenons la route en fin de matinée. Nous en avons pour un peu plus de trois heures de voiture pour rejoindre notre prochain campement.

La conduite n’est pas difficile car les routes sont goudronnées, larges et… toutes droites ! Les grandes étendues qui la bordent sont très vides et les villages sont rares. Ces derniers sont généralement un peu en retrait de la chaussée et entourés de palissades. Ils sont plus ou moins grands, mais avec un maximum d’une vingtaine d’habitations. Nous ne nous sentons pas à l’aise d’y entrer pour manger notre pique-nique car ils semblent « privés » et nous n’avons aucun moyen de communiquer avec les habitants, qui pour la plupart ne parlent pas anglais. Nous décidons donc de nous arrêter en bord de route sur une de ces minuscules aires de repos où il y a la plupart du temps une petite table et quelques sièges en pierre, isolés sous les rares arbres qui bordent la voie. Cela fera l’affaire!

En chemin, nous croisons quelques babouins 🐵, mais à part cela, les trois heures de route sont un peu monotones 😉.

Nous passons la ville de Grootfontein puis nous arrivons en fin d’après-midi à Roy’s Rest Camp, un joli camping aménagé, avec un bar et une piscine. Malheureusement, l’eau est trop froide pour que l’un de nous se motive à s’y baigner 🥶!

Le camping est à nouveau presque vide alors nous avons le choix de l’emplacement. Cette fois-ci, une prise est à disposition sur chaque place, ainsi qu’un grill (que nous n’utiliserons pas) et un robinet d’eau. Une fois le campement préparé, nous nous rendons à un waterhole (point d’eau) au bout d’un sentier d’un petit kilomètre, pour voir si nous avons la chance d’y trouver des animaux. Beaucoup de campings et hôtels ont créé des trous d’eau un peu à l’écart de leurs bâtiments, afin d’attirer les animaux sauvages et faciliter leur observation. Au bout du chemin, nous arrivons devant une palissade en bois, avec quelques petites ouvertures pour guigner à travers. Comme il fait encore jour, nous rentrons bredouilles. Nous décidons cependant d’y revenir après le souper, une fois la nuit tombée.

Après le repas cuisiné aux réchauds à gaz, nous repartons vers le waterhole. Nous avons cette fois-ci la chance d’y voir trois oryx, ainsi que deux-trois grands cervidés que nous n’avons pas réussi à identifier. Les oryx sont de grandes antilopes avec de longues et fines cornes toutes droites, dirigées vers l’arrière. Ils sont bruns clairs avec une ligne noire sur l’échine et un «masque noir».

Nous sommes ravis d’avoir pu voir des animaux qui nous étaient encore inconnus et c’est dans la bonne humeur que nous rejoignons notre tente en hauteur pour dormir.


Le lendemain matin, nous nous réveillons avec le soleil. Tout autour de nous se trouvent des sortes de grosses pintades qui ne semblent pas voler mais qui se déplacent rapidement et en groupe sur le sol. Elles nous font bien rire à monter un peu partout sur notre matériel de camping 😄. Nous apercevons aussi un lièvre qui se balade 🐇. Ces quelques animaux nous intéressent mais soyons honnêtes, ce n’est pas vraiment pour eux que nous sommes venus jusqu’en Namibie 🤪!

Gabrielle et Estelle tentent une visite au waterhole afin d’y voir de plus gros specimens, mais il est désert 😏. Sur le chemin du retour, elles découvrent de toutes petites gazelles qui se promènent dans le campement. Ce sont des dik-diks, de très petites antilopes, d’à peine 40cm au garrot. Elles seraient les plus petites antilopes d’Afrique. Nous découvrirons vite que ces créatures aux pattes qui nous semblent très fragiles sont très nombreuses dans le pays… Nous en verrons beaucoup 😉 !

Après le petit-déjeuner, nous retournons au waterhole, mais nous sommes à nouveau bredouilles. Nous nous rendrons rapidement compte que ces points d’observation privilégiés sont peu fréquentés la journée mais plutôt le soir, une fois que la nuit commence à tomber.

Le programme de la journée est le suivant: découvrir Hoba, une météorite qui a «atterri» non loin de là, il y a moins de 80’000 ans. Nous devons revenir environ une heure trente en arrière, mais au niveau des distances et des logements, c’était difficile de faire autrement. Nous nous rendrons vite compte qu’une heure trente de voyage ce n’est en fait rien du tout en comparaison de la moyenne des trajets que nous allons faire ces prochaines semaines 🤪.

La météorite de Hoba est la plus grande météorite trouvée sur terre à ce jour. Elle est composée majoritairement de fer et c’est ainsi le plus gros bloc naturel de fer connu à la surface de notre planète. Ce «caillou» mesure environ trois mètres sur deux et il pèse 60 tonnes. Son poids et sa taille diminuent au fil des ans à cause du vandalisme et des prélèvements scientifiques 🙃.

La météorite a été découverte en 1920 par un paysan qui labourait son champ et elle a ensuite été étudiée par le scientifique Jacobus Hermanus Brits. Sa découverte fut fortuite car la météorite n’a étrangement pas créé de cratère en touchant la terre. Cela serait dû à sa forme qui lui a permis de rebondir sur la terre, un peu comme un galet qui fait des ricochets.

En arrivant, nous nous rendons compte que le prix de l’entrée s’est envolé depuis la pandémie… Il a décuplé 😳 ! Nous payons donc 250 N$ (15 CHF) par entrée au lieu de 25 N$ (1,5 CHF) en 2019… ça fait un peu mal au portefeuille! Nous ne nous rendons compte de la différence qu’une fois les billets payés car nous ne sommes pas encore habitués au taux de change! A Madagascar, nous avions l’habitude de diviser par 4’000 alors le prix ne nous a pas paru excessif 😜. Gabrielle retourne au guichet pour voir s’il y a une erreur mais non, le responsable confirme le prix. Il n’y a pas de panneaux avec les tarifs d’entrée donc nous sommes obligés de le croire sur parole… Nous posons la question à un couple de touristes américains, mais ils sont là en voyage organisé alors ils n’ont aucune idée du prix. A part eux, personne aux alentours.
C’est vraiment cher payé pour un sentier de 300m sans aucune information! Les panneaux explicatifs sont à l’extérieur des barrières donc ils sont accessibles pour tout le monde. Nous nous sentons un peu floués, mais nous faisons contre mauvaise fortune bon coeur 😉.

Nous reprenons la route en début d’après-midi et nous arrivons au campement sans encombre. En arrivant, nous testons la piscine du pied, mais décidément il ne fait pas assez chaud à l’extérieur pour se plonger dans l’eau froide! Il n’y a vraiment pas grand monde au camping et nous profitons de l’aménagement «bar» pour prendre un apéro en famille.

A la nuit tombée nous retournons au waterhole mais, malgré notre patience, aucun animal ne pointe le bout de son nez 😔.
Philippe y retourne un peu plus tard, après le repas, mais il ne voit rien non plus. Nous avons eu de la chance le premier soir!


C’est à nouveau avec nos amies les pintades que nous nous réveillons ce matin et après les avoir chassées de notre table de petit-déjeuner, nous pouvons commencer à manger.

Une fois notre repas terminé, nous plions notre tente et chargeons la voiture sans perdre de temps car une longue route nous attend. En effet, nous partons plus au nord afin de découvrir la bande de Caprivi, une petite langue du pays coincée entre l’Angola, La Zambie, Le Zimbabwe et le Botswana.

A très bientôt pour découvrir la bande de Caprivi dans un prochain article!
Philippe et Gabrielle