Swakopmund et les dunes

5. L’Afrique – Namibie

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

08.07 au 12.07.2022

Ce matin, le réveil est tardif car tout est brumeux, humide et venteux: il fait froid 🤪. C’est donc lecture au chaud sous la couette pour tout le monde. Après avoir beaucoup bougé ces derniers jours, nous adoptons un rythme un peu plus calme pour aujourd’hui car nous avons décidé de passer deux nuits ici, à Swakopmund. Nous avons prévu de visiter la ville à pied et nous n’aurons donc pas besoin de plier la tente ce matin 😁 et de tout ranger.
Nous finissons par nous mettre en route en fin de matinée, bien emmitouflés… Mais au bout de 15 minutes, le soleil pointe le bout de son nez et nous pouvons rapidement enlever la veste et le tour de cou ☀️. Nous nous trouvons dans la 3ème plus grande ville de Namibie, avec un peu plus de 40’000 habitants. Fondée en 1892 par des colons allemands, la majorité des bâtiments ne comptent pas plus de 3-4 étages et de nombreuses maisons ont un petit air germanique, très début 20ème siècle. D’ailleurs, plusieurs d’entre elles ont encore des enseignes en allemand, comme cette pharmacie que nous croisons en chemin.

La ville se situe en bord d’océan et lors de notre ballade nous admirons des vagues impressionnantes! Nous profitons d’aller au bout d’un ponton et nous rigolons bien lorsque nous retrouvons, sur un panneau énonçant toutes les interdictions, un autocollant de la section grenat, les ultras du Servette FC 🤪 (LE club de foot genevois).

En quittant le ponton, nous sommes à plusieurs reprises abordés par des hommes qui nous proposent d’acheter des makalanis. Il s’agit des amandes du fruit d’un palmier local, très dures et de la taille d’une balle de ping-pong. Celles-ci fournissent, une fois leur couche supérieure gratée, un « ivoire végétal » utilisé pour la fabrication de bijoux. Dans notre cas, les vendeurs nous proposent des porte-clés avec des représentations d’animaux de Namibie ainsi qu’une personnalisation de l’objet, avec la possibilité de rajouter un prénom ou une date. Les filles sont emballées et elles décident d’en acheter un, comme souvenir du pays. Chacune choisit donc un modèle à son nom, malheureusement sans hippopotame, car l’animal serait trop compliqué à représenter, d’après nos graveurs…

L’heure du repas étant proche, nous faisons une surprise aux filles et nous nous rendons dans un restaurant de sushis 🍣. Ça change des menus des ces dernières semaines et elles sont absolument ravies (nous aussi) 😋!

Le but principal de notre petite visite, à part la découverte de la ville, est un petit musée exposant l’histoire, la faune et la géologie de la Namibie. Nous découvrons aussi quelques oeufs d’autruche utilisés comme gourde, illustrant ce que nous avons appris lors de notre visite de Bushmen Paradise, à Spitzkoppe. Il y a également une présentation des nombreuses ethnies du pays et nous en apprenons beaucoup sur ces différents peuples. C’est un museum intéressant et nous y passons une bonne heure à déambuler dans les allées. Même les filles restent intéressées jusqu’au bout 🙃.

Nous découvrons également une exposition temporaire sur l’effet des déchets et du plastique sur les otaries. Nous constatons que ce sont exactement les mêmes problèmes causés aux tortues en Polynésie (voir article)

Après cette visite, un gâteau nous tente bien car c’est la première ville où nous avons vu des pâtisseries depuis trois semaines 😋. Nous nous asseyons dans un café du bord de mer et nous dégustons nos gâteaux avec un réel plaisir 😃. Swakopmund n’a rien à voir avec ce que nous avons vu jusqu’à présent (sauf peut-être à Henties Bay). Les rues sont quasiment toutes bétonnées et nous rencontrons majoritairement des personnes d’origine caucasienne. Bien qu’en dehors de la saison estivale namibienne, de nombreux visiteurs se retrouvent en ville et profitent du bord de mer. Personnellement, nous renonçons à tenter la baignade dans l’océan Atlantique, peu inspirés par sa température plus que fraîche (autour de 14 degrés…🥶).

En rentrant au campement, nous sommes survolés par des flamands roses 🦩 dans un ciel aux couleurs du couchant. C’est magique 🤩! Nous ne tardons pas à préparer le repas et nous coucher car, dès que le soleil disparaît, la température chute drastiquement.


Nous nous levons ce matin avec un ciel bleu et un grand soleil ☀️. C’est top car il fait un peu plus chaud qu’hier matin!
Aujourd’hui, nous partons plus au sud pour découvrir les dunes de sable du sud-ouest de la Namibie, dans le parc national de Namib-Naukluft. Avec une superficie de 49’768 km2 (plus grand que la Suisse 😳), ce parc est le plus grand d’Afrique et le quatrième du monde. Les dunes du désert du Namib sont les plus hautes du monde, dominant le désert de plus de 300 mètres. Par endroit, celles-ci surplombent la côte et elles sont à l’origine de lagunes constituées de terres humides et boueuses situées le long de la plage qui attirent des milliers d’oiseaux. Notre objectif est de rejoindre Sesriem, à environ 5h de route, afin d’aller admirer le célèbre site touristique de Sossusvlei.
Alors que nous venons de quitter la ville, nous avons une première surprise car nous découvrons qu’ici aussi ils cachent leurs antennes avec de faux palmiers 🌴, comme en Polynésie !

A peine quelques kilomètres plus loin, nous apercevons des dunes dès la sortie de la ville! C’est un des seuls endroits de Namibie où celles-ci atteignent l’océan, c’est assez rare apparemment. Et c’est vrai que la rencontre de ces dunes de sable et du désert avec l’immensité de l’océan a quelque chose de particulièrement beau.

Nous faisons un premier arrêt à Walvis Bay, une trentaine de kilomètres au sud de Swakopmund, pour y admirer de belles colonies de flamands roses sur la lagune de la ville 🦩, ainsi qu’une saline. Le sel donne une teinte rose à deux lacs salins, c’est magnifique!

Après ce petit détour, nous avons quatre heures trente de route pour rejoindre Sesriem, notre prochaine destination. Les paysages sont très différents et nous quittons le désert: grandes étendues plates avec une route rectiligne, puis une route très vallonnée qui passe entre de multiples collines rocheuses mais étonnamment couvertes d’herbes jaunies, puis à nouveau du plat, etc.

En chemin, nous profitons de faire une petite pause au tropique du capricorne, que nous avions déjà traversé lors de notre road trip en argentine! 😃

Un peu plus loin, sur cette route qui rejoint Sossusvlei, un arrêt est devenu incontournable: Solitaire. Ce n’est qu’un petit lieu-dit, mais l’apple pie de ce lieu en vaudrait, paraît-il, le détour. En arrivant, c’est un paysage de far west qui nous accueille: grande tour à hélice, carcasses de vieilles voiture, petite station essence et quelques bâtiments à un étage. L’endroit est pittoresque et permet de faire une pause agréable et rafraîchissante. Nous y dégustons leur fameux gâteau… Un peu sec pour nos exigeants palais 🙃🤪. Peut-être sont-ils plus moelleux le matin?

Arrivés au camping une heure plus tard, il y a un petit problème… Ils n’ont pas noté notre réservation et tous les emplacements sont pris 😱. Comme nous avons réservé par téléphone, nous n’avons pas de preuve ni de numéro de réservation. Le camping se trouve aux abords d’une station essence alors le manager nous propose une place de parc sous un petit abri, un peu à l’écart des pompes à essence. Le toit de l’abri est assez haut pour pouvoir ouvrir la tente et nous pourrons utiliser les toilettes de la station. Bon bein, nous n’avons pas vraiment d’autre solution et c’est mieux que rien 😅! Comme nous avons notre tente sur le toit du 4×4, cela nous est égal d’être sur une place de camping ou un parking, d’autant plus que nous partirons tôt demain matin afin de nous rendre à Sossusvlei. 
Nous allons partager notre place de fortune avec un jeune trentenaire hollandais, Hint, en voyage de deux mois en sac à dos dans le sud de l’Afrique: il aimerait aller de Namibie jusqu’au Mozambique. Il voyage en auto-stop et il n’a pas trouvé de transport à temps pour rejoindre Swakopmund aujourd’hui. Il était au camping ces deux dernières nuits, mais, comme pour nous, il n’y a plus de place.
Nous l’invitons à partager notre repas, des wraps végétariens et un ananas comme dessert. Pas de la grande gastronomie, mais il est très content car son menu du soir consistait en une boîte de conserve de haricots à la sauce tomate 🤪! Nous passons au final une chouette soirée à discuter avec lui 😃.
Au coucher, nous lui donnons un grand sac poubelle pour faire coupe-vent et un de nos sacs à viande (sac de couchage de soie) car il a décidé de ne pas monter sa tente, et de dormir sur un matelas gonflable par terre, avec son sac de couchage. Nous lui avons proposé de dormir sur la banquette arrière de la voiture mais il a poliment décliné notre offre. Il est courageux car les températures passent en dessous de 10° la nuit et il y a du vent! Il a commencé son périple il y a quatre jours et il est donc (encore) plein d’énergie et très positif. Il nous dit ne pas être sûr d’être aussi enthousiaste de dormir dehors dans le froid pendant deux mois 😉. Il a un bon travail aux Pays-Bas, donc il pourra sans autre se payer une chambre dans un lodge s’il a besoin d’une pause confort 🤪.
Après avoir fait la vaisselle, nous nous souhaitons bonne nuit et rejoignons nos lits respectifs.


Il fait glacial ce matin (4° 🥶), mais le lever du soleil est magnifique! Le parc ouvre ses portes à 7h45, nous avons donc fixé notre réveil à 7h15 pour avoir le temps de plier la tente avant de rejoindre l’entrée du parc national de Namib-Naukluft. Nous préférons partir tôt car il va vite faire chaud dans les dunes et nous aurons ensuite encore quatre heures de route à faire pour rejoindre notre prochaine étape.
Nous aurions eu l’option de dormir à 500m de là, au camping à l’intérieur du parc et ainsi avoir le droit de partir à 6h45 et espérer voir le lever du soleil dans les dunes (à 60km de l’entrée). Mais le prix de la nuit aurait été deux fois plus cher et une famille qui y était quelques jours avant nous n’était pas arrivée à temps, même s’ils étaient partis à l’ouverture des portes du camping… Nous avons donc décidé que cela n’en valait pas la peine.
Après un rapide adieu avec Hint (qui a passé une plutôt mauvaise nuit, étonnant 🤪…), nous nous joignons à la file d’attente pour entrer dans le parc à l’ouverture des portes. Nous sommes la 37ème voiture à entrer, il ne devrait donc pas y avoir trop de monde à notre destination finale: la dune Big Daddy. Cette dune est la plus haute de Namibie et une des plus hautes dunes du monde, présentant une élévation de 325m et son ascension est un des « must do » de Namibie.

Nous avons une petite heure de route avant d’y arriver et les dunes se présentent à nous gentiment, passant du beige à l’orange, puis au rouge. Le soleil étant encore bas, le jeu des ombres et des lumières leur donne un magnifique aspect 🤩.

Arrivés à une trentaine de minutes de notre destination, la route bitumée s’arrête et commence alors la conduite dans le sable. Heureusement, la piste est balisée par les traces des autres voitures, peu de chances de se perdre. André nous a conseillé de ne pas trop rester au centre de la piste et de ne pas arriver trop tard dans la journée, car les risques de s’ensabler sont plus élevés. Dernier conseil, choisir une trace déjà faite et tenter d’y rester, sans s’arrêter. Au final, pas de soucis, quelques dérapages par-ci par-là, mais une arrivée à destination sans encombres 🥳. Au parking, il y a déjà une quinzaine de voitures, et nous pouvons voir des marcheurs sur la crête des dunes. Il est presque 9h30 lorsque nous entamons notre randonnée. Nous commençons par une marche d’approche de la dune depuis le parking, à travers une zone au terrain sec et craquelé, c’est très impressionnant. Le but est d’atteindre le pied de la dune puis de la gravir.

Il n’y a pas grand monde donc la ballade reste agréable. La pente est parfois raide et la marche dans le sable n’est pas aisée, mais comme un léger vent balaie la crête, nous n’avons pas trop chaud. N’étant pas les premiers, les traces des marcheurs précédents nous rendent parfois la marche plus facile.

Après 1h07 de marche (incluant trois petites pauses pour vider les chaussures du sable qui s’y est infiltré, enlever les pulls et boire), nous voici au sommet. Nous avons monté les 325m de Big Daddy, une belle performance. La vue à 360° sur le désert en vaut la peine 🤩. Arrivés en haut, nous reconnaissons la langue parlée par un groupe de personnes à côté de nous: du suisse-allemand 😄! Nous profitons de demander à nos compatriotes de bien vouloir faire une photo de nous.

Il est maintenant temps de redescendre la dune, tout droit dans la pente cette fois! Les filles diront, une fois en bas, que c’est surtout la descente en courant dans la pente raide qui a valu la peine 🤪😂. Il faut reconnaître que c’est vraiment sympa! Nous nous sommes crus en train de faire du hors piste dans de la poudreuse! A mi-pente, nous décidons d’enlever nos chaussures (sauf Marine qui les garde aux pieds). C’est super agréable de sentir le sable frais entre les orteils, tout en dévalant la dune!

La descente nous aura pris 15 minutes, mais il nous faut ensuite encore traverser le Deadvlei, un lac asséché avec de nombreux arbres morts. Cette cuvette s’est formée lorsque des inondations y ont détourné une rivière, créant alors un marais permettant à des acacias du désert d’y pousser. Par la suite, des dunes ont entouré la zone et bloqué l’arrivée d’eau, entraînant la mort des arbres. Les troncs, dont l’âge est estimé à environ neuf cents ans, sont désormais de couleur noire, brûlés par le soleil. Bien que n’étant pas pétrifié, leur bois ne se décompose pas, du fait de la trop grande sécheresse. Il est estimé que cela fait depuis 500 à 700 ans qu’il n’y a plus eu d’eau dans la région.
Le soleil est de plus en plus fort et nous commençons vraiment à avoir chaud 🥵! La vision de ces arbres isolés dans cette étendue sèche et blanchâtre, au milieu des dunes oranges/rouges est absolument incroyable. C’est un paysage énigmatique et impressionnant.

Une fois traversée l’étendue asséchée, nous finissons par rejoindre notre voiture. En tout, la sortie nous aura pris un peu plus de deux heures. Nous reprenons donc la route (sans nous enliser) pour sortir du parc et faire le plein avant de partir. 
Fin prêts, nous partons en direction du sud. Nous traversons la réserve de NamibRand où nous avons la chance de croiser de nombreux animaux. Les paysages sont magnifiques et nous prenons beaucoup de plaisir à rouler sur les pistes. Nous croisons tout d’abord un grand troupeau d’autruches. Un groupe bien plus grand que d’habitude! Et peu de temps après, comble de chance, nous apercevons deux bébés oryx, tellement choux! Ils sont beiges et on dirait des veaux mais ils ont la « muselière » typique des oryx. Une trentaine de minutes plus tard, nouveau coup de bol, nous croisons une dizaine de bébés autruches 😍 qui traversent la piste avec deux adultes. Nous voyons encore quelques zèbres, springboks et oryx.

C’est aussi l’occasion pour nous de compléter notre collection de panneaux de circulation avec de nouveaux animaux 😁!

Nous finissons par quitter le territoire de la réserve et, gentiment, les terres sauvages laissent place à des terrains de pâtures pour bétails: vaches, moutons et chèvres. Nous sommes arrivés au sud de la Namibie, et ici c’est le royaume des domaines d’élevage.
Après avoir enchaîné plusieurs dizaines de kilomètres, nous arrivons au ranch de Koiimasi, perdu au milieu de nulle part, à l’écart de toute civilisation. Nous sommes accueillis par la propriétaire… très peu aimable! Il y a très peu de campings dans la région… elle n’a donc pas spécialement à faire d’efforts pour attirer les touristes 😜. Ils font l’élevage de nombreux animaux dont des poules, des oies, des chevaux, des vaches et… des chats de bengale ! Ils savent que sur leurs nombreux hectares de propriété, vivent également des chevaux sauvages. Ils les aperçoivent de temps en temps et ils en capturent parfois pour la reproduction.
Il existe des chevaux sauvages dans tout le sud du pays. Leurs origines ne sont pas très claires, mais ils auraient été amenés par les premiers colons allemands puis relâchés bien plus tard par la femme d’un éleveur décédé. Ils seraient ainsi revenus à la vie sauvage.

Notre emplacement de camping est simple, mais le cadre est splendide! Nous sommes encore une fois totalement isolés, à l’écart, au pied d’une colline. Après un repas de pâtes conclu avec des marshmallows grillés au feu de bois et fourrés au chocolat pour certains 😋, nous allons nous coucher dans un silence absolu, ravis de cette magnifique journée et des images de dunes et d’animaux pleins la tête 😍!


Ce matin, nous nous levons accompagnés du chant des oiseaux. Notre programme du jour est de nous rapprocher de Windhoek afin de ne pas être dans le stress pour rendre la voiture demain dans l’après-midi.

Mais cette dernière étape de notre road-trip sera pour le prochain article, le dernier du dernier pays!

A bientôt pour la clôture de notre chapitre namibien.
Gabrielle et Philippe

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