
5. L’Afrique – Namibie
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
24.06 au 28.06.2022
C’est parti pour une journée en voiture pour rejoindre le parc d’Etosha! Ca va être long, d’autant plus que les routes sont droites avec des paysages qui ne changent que très peu: de longues étendues vides et jaunies 🤪. Bon, nous avons toujours l’espoir de voir un animal sauvage… mais ce ne sera en fait pas le cas 🙃. Pendant que Philippe conduit, Gabrielle essaye de faire un peu d’école avec les filles, mais c’est impossible de leur faire écrire quoi que ce soit dans leur journal de bord ou sur l’ordinateur car la voiture bouge trop! Après une dizaine de minutes de révision des multiplications et divisions, Gabrielle abandonne 😂. Estelle étant toujours aussi fiévreuse, elle n’est de toute façon pas à son affaire et elle dort presque toute la journée. Gabrielle tente d’avancer le blog, mais impossible d’écrire sur l’ordinateur vu les tremblements de la voiture (en car c’était plus facile!) et comme il n’y a pas d’internet (le réseau est quasi inexistant et nous avons de toute façon épuisé notre forfait de données), elle ne peut pas non plus trier les photos et les charger sur le blog. Bref, à part lire et observer le paysage, nous n’avons pas grand chose à faire!
Après quelques heures de route, nous arrivons dans une ville avec un supermarché où nous pouvons renouveler nos provisions et recharger notre carte SIM en données internet. Ca fait bizarre de voir ces magasins avec des produits semblables à chez nous, alors que les villages et villes, ainsi que les paysages traversés jusqu’à maintenant, ne ressemblent vraiment pas à l’Europe! Nous en profitons également pour retirer à nouveau de l’argent. Mauvaise nouvelle, nous sommes un vendredi en fin de mois et il y a une foule de Namibiens qui viennent retirer leur salaire aux bancomats avant le week-end. Ca n’avance vraiment pas vite et nous espérons qu’il restera encore assez de billets lorsque notre tour arrivera 😅. Environ trente minutes plus tard, c’est enfin à nous. Comme nous devons répéter plusieurs fois l’opération afin d’obtenir la somme voulue (les retraits sont limités à environ 200.- par opération), nous nous plaçons dans deux files d’attente et heureusement, tout se passe bien, nous parvenons à obtenir notre argent sans soucis 🥳. Dernière mission: trouver une pharmacie pour renouveler notre stock de paracetamol et ibuprofen car Estelle en consomme beaucoup! Heureusement, nous en dénichons rapidement une qui vend ces médicaments en sirop.
Une fois les caisses à nouveau pleines de vivres et nos porte-monnaies remplumés, nous ne traînons pas, la route est encore longue avant d’arriver à notre prochain site de camping. Les lignes droites se succèdent… et paf, nous nous faisons prendre par un radar mobile! La limite de vitesse est généralement fixée à 120km/h sur ces routes rectilignes mais, devant le long trajet qui nous attend et le peu de voitures présentes, Philippe a tendance à osciller entre les 120 et les 130km/h. Manque de pot, une voiture de police et deux officiers nous font signe de nous garer sur le bord de la route. Je vous laisse imaginer tous les clichés et les stéréotypes qui nous viennent à l’esprit lorsque nous voyons un grand policier namibien, bien nourri, venir à nous avec ses lunettes d’aviateur et ses dents en or 😜. D’après nos lectures de blogs et autres sites internet, il y aurait très peu de corruption en Namibie et la police serait plutôt très sûre, en comparaison avec celles des pays voisins, nous ne sommes donc pas trop sur le qui-vive. L’officier nous explique que nous avons dépassé la limite de 8 km/h et que nous allons donc avoir une amende. Manque de bol, il y a une tolérance de 5%, mais à 128 km/h, ça nous fait encore 2 km/h en trop 🙃. Nous montrons bien notre scepticisme alors le policier propose à Philippe d’aller voir les photos prises par le radar. Il s’agit bien de notre voiture, avec Philippe au volant, pas de doute là-dessus. Par contre, le montant nous semble exagéré vis-à-vis du coup de la vie en Namibie: 1000 NAD (dollars namibiens), 60 CHF, c’est à dire ce que nous payons pour deux nuits en camping. Heureusement, le policier est de bonne volonté et de bonne humeur alors il va chercher un livre dans lequel figurent les limites de vitesses et le montant des amendes selon les km/h en plus, histoire de nous convaincre de sa bonne foi. Nous lui demandons si nous allons pouvoir avoir un reçu de la somme versée, mais là il nous dit qu’il va falloir aller au commissariat (à 45 minutes de là), et nous nous rendons compte que cela nous ferait perdre environ deux heures sur notre planning. Comme nous avons encore plusieurs heures de route devant nous, nous décidons de payer immédiatement la somme sur place. Aucune possibilité d’éviter l’amende, tout semble réglementaire… Et là, sorti de nulle part car nos discussions entre nous sont en français, il regarde encore dans notre voiture, voit les filles assises à l’arrière (dont Estelle, moyennement en forme), nous demande où nous nous rendons et si l’amende due représente une grosse somme d’argent pour nous. Nous répondons par l’affirmative à cette question et là, il nous propose de la baisser à 600 NAD! Nous acceptons, mais il faut dire que notre confiance en son honnêteté en prend un coup 🙃. Nous avons de forts doutes que la somme parvienne un jour au service des contraventions, il est quand même peu probable que l’administration namibienne fasse des périodes de soldes sur les amendes 😂!
Après cet incident routier, Philippe reprend le volant et fait cette fois-ci bien attention de ne pas dépasser la limite autorisée… C’est dommage que la voiture n’ait pas l’option du « speed cruiser », ça aiderait! Vu l’heure d’arrivée tardive, nous devons dormir juste en dehors du parc national d’Etosha. Nous arrivons au camping, Onguma Tamboti Campsite, alors que le soir est déjà tombé. Nous disposons d’une jolie place de camping avec toilettes, douche et espace cuisine personnel. Une fois installés nous nous dépêchons de manger car cette longue journée de voyage nous a donné faim! Après avoir dévoré de bonnes tortillas, nous profitons de visiter rapidement les aménagements du lodge. Nous découvrons de beaux bâtiments avec des chambres pour accueillir les voyageurs qui n’ont pas de tentes sur le toit (ou qui veulent profiter d’un peu plus de luxe pour leur nuit) et un très bel espace restaurant qui donne sur un grand point d’eau. Même si nous ne sommes « que des campeurs », nous pouvons profiter de ces aménagements et nous buvons un verre en espérant voir des animaux. Malheureusement, aucun visiteur ne vient s’abreuver durant ce laps de temps.
Nous finissons par rejoindre notre tente afin de dormir et ainsi récupérer des forces avant de pénétrer dans le parc demain.
Ce matin, nous ne perdons pas de temps à flâner et nous nous dépêchons de manger et de plier bagage afin de nous présenter sans tarder à la porte d’entrée du parc. Nous arrivons du côté est du parc et nous entrons par la porte Von Lindequist. Notre objectif est de traverser le parc afin de ressortir par la porte Galton à l’extrémité sud-ouest, 275km plus loin. Une fois les papiers remplis et les taxes d’entrée payées (pas bien cher puisque nous payons une soixantaine de francs pour trois jours dans le parc pour toute la famille), nous arrivons enfin dans le parc national d’Etosha 😃!
En 1907, cette zone est devenue une réserve de chasse, c’est à dire une zone préservée pour les animaux sauvages, mais où la chasse sportive est permise, de manière contrôlée. A son début, le parc mesurait environ 100’000 km2, mais aujourd’hui il n’en compte plus que 20’000 km2 ! En effet, lorsqu’il a été transformé en parc national, en 1967, il a diminué à 1/5ème de sa taille originelle. Des décisions politiques controversées sont la raison de ce drastique rétrécissement. Son nom vient de la langue ovambos et il signifie à peu près « grande étendue blanche », car un tiers du parc est constitué d’une mer de sel asséchée: le Pan. Ce n’est d’ailleurs que cette partie qu’il est vraiment possible de visiter. La transformation de la zone en réserve de chasse a permis à un certain nombres d’espèces disparues de la région d’y revenir: lion, éléphant, rhinocéros, etc. (les réserves n’étant pas délimitées avec des clôtures, les animaux peuvent y entrer et en sortir librement). Aujourd’hui, dans le parc, cohabitent 114 espèces de mammifères, 380 espèces d’oiseaux, 110 espèces de reptiles et 16 espèces d’amphibiens. Nous espérons en voir le plus possible, mais c’est sûr que nous ne les verrons pas tous 😉 !

A partir de maintenant, tout le monde ouvre grands ses yeux et tente de trouver les animaux. L’excitation aide Estelle à rester réveillée car la fièvre a du mal à descendre.
Pour évoluer dans le parc, il n’y a pas de tracé obligatoire à suivre. Il est parcouru d’une multitude de routes et le principe est de se balader au hasard d’un point d’eau à l’autre en espérant avoir la chance de tomber sur des animaux 🤞🏻. Certains se trouvent par milliers et sont très simples à observer, d’autres sont plus rares et il faut compter sur la chance afin de les apercevoir. Ayant reçu un plan du parc lors de notre entrée, nous essayons de tracer un itinéraire afin d’évoluer sur les différentes pistes sans avoir l’air de tourner en rond. Le tout en s’orientant en direction du camping de ce soir. Nous ne sommes pas encore en période de vacances alors nous ne croisons que peu de voitures sur les routes du parc. En même temps, il n’y a que 200’000 visiteurs par année, nous sommes loin d’une affluence insupportable.
Très vite, nous apercevons nos premiers zèbres 🦓. Tous ont des rayures différentes les uns des autres et nous nous plaisons à les admirer. Ceux-ci sont le plus souvent en grand nombre et ils se laissent approcher assez facilement. Nous voyons aussi nos premiers gnous. Ce sont des bêtes impressionnantes par leur taille et elles dégagent une réelle impression de puissance. Nous n’aimerions pas nous retrouver chargés par ces spécimens… 😬
Un peu plus loin, sur le bord de la route, nous observons quelques suricates qui jouent et qui, bien sûr, nous font immédiatement penser à Timon, l’ami de Simba 😉. Ils sont très rigolos mais ils fuient rapidement dès que nous nous approchons. Durant ces premiers kilomètres, nous retrouvons également les springbocks que nous avions déjà rencontrés dans la bande de Caprivi. Ceux-ci sont très nombreux et, le plus souvent, ils ne se soucient pas du tout de notre présence.
Le paysage de ce parc est bien différent de celui que nous avons découvert à Caprivi car il n’y a que très peu d’arbres et quasiment aucune forêt. Ce sont de vastes étendues de savane avec de l’herbe jaunie et quelques buissons ou arbres épars. La hauteur de l’herbe nous cache parfois ce qui se trouve au sol et le jeu est de tenter de débusquer les animaux malgré cette impression de partie de cache-cache géante.
Après cette première approche du parc, nous nous rendons à Namutoni. Il s’agit d’un ancien fort construit par les Allemands du temps de la colonisation et qui abrite désormais un camping, un joli lodge (avec piscine et restaurant), un petit magasin d’alimentation et un bureau du parc. Nous visitons rapidement le lieu et nous achetons une boisson sucrée pour les filles, Estelle étant encore fiévreuse et peu en forme. Nous avons la surprise d’y trouver une colonie de suricates qui se baladent dans le camp, attirés par les déchets laissés par les touristes, sans compter ceux qui les nourrissent. Ils nous font bien rire même si, lorsqu’ils commencent à s’approcher des voitures et à se cacher sous la carrosserie, nous espérons qu’aucun d’entre eux ne va s’amuser à y ronger les câbles… 😅



Après cette petite pause, nous poursuivons notre route, prêts à débusquer de nouveaux specimens d’animaux. Très vite, nous retombons sur des zèbres, des springbocks ou des gnous. C’est assez fou de constater comment nous sommes si vite blasés par ces animaux et nous ralentissons de moins en moins en les voyant 😔. Ca nous rappelle notre visite en 2016 du parc national de Yellowstone aux Etats-Unis. Les premiers bisons croisés nous captivaient puis, rapidement, les filles ne les regardaient même plus… Heureusement, le parc national d’Etosha est grand et il abrite une faune exceptionnelle et variée. Emergeant de la savane, nous apercevons un drôle d’oiseau, très grand, entre 1m et 1m50 de haut. Il s’agit d’une outarde de Kori, plus gros oiseau volant au monde.

Nous avons ensuite la chance de voir une impala à face noire. Cette antilope se différencie de son cousin l’impala (présent dans la bande de Caprivi) par la grande marque noire qui barre son visage. Malheureusement, vous ne pouvez la voir sur les photos ci-dessous puisque nous n’avons pas réussi à prendre autre chose en photo que ses fesses 🤪… Elle a aussi de très jolies cornes, bien différentes de celles que nous avons pu observer jusqu’à maintenant.


En poursuivant notre route, nous tombons sur nos premiers éléphants du parc 🐘. Le premier que nous voyons est impressionnant par sa taille et il semble être un grand mâle isolé. Nous en voyons encore plusieurs rassemblés autour d’un point d’eau et qui semblent à nouveau être plutôt un groupe de jeunes mâles. Nous nous régalons de ces rencontres même si l’instant est moins magique que celui vécu à Bwabwata. En effet, ils sont bien plus loin de nous, mais il sont par contre très visibles puisqu’ils se trouvent au milieu de la savane ou autour du point d’eau.
Un peu plus loin, nous avons la chance de tomber sur un troupeau de girafes qui se dirige dans notre direction 🦒. Nous ralentissons afin d’avoir le temps de bien les observer et nous finissons par devoir même arrêter la voiture car elles traversent la piste juste devant nous 🤩. Eh oui, les animaux sont rois dans le parc et nous devons nous adapter à eux, et non le contraire. Elles sont magnifiques et, malgré leur taille, elles font preuve d’une belle pointe de vitesse!



Nous décidons de rejoindre un autre point d’eau, un peu plus loin, qui semble être plus grand que celui où nous nous trouvons. Lorsque nous arrivons, nous avons vraiment l’impression d’être en plein dessin animé du Roi Lion 😁. Nous retrouvons un mélange absolument fantastique d’animaux en train de se désaltérer. Les zèbres et les springbocks sont en nombre et ils partagent la source d’eau avec quelques gnous et des girafes. Ces dernières nous font bien rire lorsque nous les voyons écarter leurs jambes avant afin de réussir à approcher leur tête de l’eau. Nous voyons aussi les petits faire les foufous 😍. Régulièrement, un animal réagit brusquement et commence à courir, alors la plupart des autres animaux se mettent eux aussi à détaler. Mais très vite ils se rendent compte qu’il n’y a finalement aucun danger et ils reviennent boire. Cela ressemble fortement à une stratégie de survie! Courir d’abord, réfléchir ensuite… 😉




Après une bonne heure à profiter de l’instant, nous rebroussons chemin et prenons la route en direction du camp dans lequel nous allons passer la première nuit de notre séjour dans le parc d’Etosha. Durant le trajet, nous continuons bien entendu à scruter les alentours car nous ne savons jamais quand un animal peut soudain se montrer. Cependant, il y a un autre élément qui peut nous aider à repérer des animaux: les voitures arrêtées sur le bord de la route. C’est ainsi que nous nous retrouvons tout à coup derrière cinq à six jeeps garées sur le bas côté, en train d’observer quelque chose sur notre droite. Ni une, ni deux, nous nous parquons à notre tour puis nous sortons les jumelles. C’est alors que nous voyons un rhinocéros 🦏, notre premier, éloigné d’une centaine de mètres, à l’abri dans une partie légèrement plus arborisée 🤩. Nous avons chacun le temps de le voir en train de manger, avant qu’il ne s’enfonce plus loin et qu’il disparaisse de notre vue.

Une fois le rhinocéros disparu, nous reprenons notre route et nous poursuivons vers le camp de Halali pour nous y installer. Arrivés sur place, nous nous rendons compte que le site de camping est très sommaire malgré un prix pour la nuit qui est quasiment le double de ce que nous avons payé jusqu’ici… Autant l’entrée pour le parc nous a paru bon marché par rapport à sa taille et ce que nous pouvons y voir, autant le prix des logements nous semble excessif… Enfin bon, pas trop le choix car ce sont les seuls emplacements autorisés dans le parc. Il ne faut d’ailleurs pas se rater car les portes se ferment avec le coucher du soleil et se rouvrent avec le lever 🌞. En effet, dans le parc, ce ne sont pas les animaux qui sont enfermés, mais les humains (soit dans les voitures, soit dans des espaces clôturés)!
Comme tous les emplacements dans le parc, celui-ci a aussi son point d’eau qui reste éclairé la nuit afin d’y observer les animaux venus s’abreuver. Il s’agit d’un éclairage qui n’est apparemment pas agressif pour les animaux, plutôt dans les teintes oranges/jaunes et qui est uniquement dirigé sur le point d’eau et pas autour. Après avoir installé notre tente, nous partons y prendre l’apéro dans l’espoir d’y voir quelques animaux. L’ambiance est silencieuse et contemplative mais nous n’y voyons que des zèbres et un petit lapin sur le chemin d’accès. Une heure plus tard, nos ventres crient famine et nous décidons de rentrer manger.


Lors du souper, nous repérons deux familles françaises à côté de nous et très vite les enfants se rapprochent. Ils nous disent avoir entendu qu’il y aurait un rhino au point d’eau. Ni une ni deux, Marine part en leur compagnie. Philippe la rejoint rapidement tandis que Gabrielle reste à la tente en compagnie d’Estelle, qui n’est pas bien et ne veut pas rester seule. Malheureusement, nous arrivons trop tard, l’animal est déjà reparti 😫… Nous restons un moment puis les enfants en ont marre et nous décidons de rentrer. Pendant ce temps, nous avons eu le temps de discuter un peu et il s’avère que l’une des familles est, elle aussi, en tour du monde tandis que l’autre (un papa et son fils) sont des amis qui les ont rejoints pour visiter la Namibie ensemble.
Marine se prépare pour aller se coucher mais Philippe décide trente minutes plus tard de retenter sa chance une dernière fois au point d’eau. Bien lui en a pris, car lorsqu’il arrive un premier rhinocéros est en train de s’abreuver. Et coup de bol, quelques minutes plus tard, un deuxième arrive à son tour 🦏. C’est intéressant car comme l’éclairage est fixé sur le point d’eau, nous ne les voyons pas s’approcher jusqu’au moment où ils apparaissent soudain, émergeant de l’obscurité. Philippe passe un long moment à les observer puis, une fois les rhinocéros rassasiés et repartis, il finit par rentrer à son tour pour se coucher.



En raison de l’état fiévreux et de la fatigue d’Estelle, nous renonçons à nous lever aux aurores et nous ne stressons pas trop les filles pour le départ du matin. Un petit tour au point d’eau infructueux et un petit-déjeuner plus tard, nous remballons nos affaires et repartons sur les routes du parc dans l’espoir de voir à nouveau de nombreux animaux.
Nous avons le plaisir d’observer de près et à de nombreuses reprises des gnous, des outardes, des springbocks ou encore des zèbres (dont quelques jeunes).
Après une matinée à rouler en long et en large à travers le parc pour essayer de trouver des animaux, nous rejoignons une aire de pique-nique. Ce sont des petits espaces aménagés de quelques bancs et tables à l’ombre d’un arbre, avec des toilettes et qui sont entourés d’un haut grillage. Pour y pénétrer, Gabrielle doit descendre de la voiture pour ouvrir la porte et la première fois (et les suivantes 😜…), nous ne sommes pas très rassurés, imaginant des félins tapis derrière chaque fourré, chaque arbuste! Même s’il s’agit de la même procédure pour les sites de camping (mais c’est moins visible car la zone est beaucoup plus grande), cela nous fait tout drôle de nous retrouver en cage le temps de manger notre repas. A noter qu’il est totalement interdit de sortir de sa voiture en dehors de ces aires aménagées, même pour faire pipi. En même temps, vu les animaux que nous pouvons rencontrer à Etosha, personne n’a très envie de faire ses besoins en pleine nature 😅…
La journée est loin d’être finie et nous repartons, dans l’espoir d’apercevoir quelques specimens pas encore observés. En plus des animaux déjà énumérés ci-dessus, nous retrouvons aussi quelques éléphants, kudus ou girafes, mais de loin cette fois-ci. Parmi les nouveaux animaux que nous croisons, il y a l’oryx (seulement vu une fois de nuit jusqu’ici), superbe antilope qui se retrouve sur quasiment l’ensemble du territoire namibien, ainsi que les autruches. Ces dernières nous impressionnent par leur taille, atteignant jusqu’à 2m75 pour les plus grands mâles.




Nous finissons par rejoindre notre prochain hébergement pour la nuit, le camp d’Okaukuejo. Le site est très joli, même si les infrastructures pour les places de camping sont toujours aussi rudimentaires. A noter cependant que quelqu’un se soucie du salut de nos âmes, puisque Gabrielle trouve des Nouveaux Testaments dans les toilettes pour femmes 😂…

Le camp est surtout renommé pour son point d’eau très facile d’accès puisqu’il se situe au centre du camp, qu’il est très grand et qu’il offre une vue magnifique sur la savane environnante. Nous nous dépêchons d’installer notre tente et nos affaires puis nous fonçons voir le lieu. Nous ne sommes pas déçus car c’est toute une horde d’éléphants de tous âges qui nous accueille au coucher du soleil 🐘. A nouveau, nous profitons de prendre l’apéro devant ce spectacle incroyable. Nous ne nous lassons pas d’observer ces gigantesques mammifères qui évoluent si proches de nous 🤩. Les pachydermes ne semblent pas le moins du monde s’occuper des nombreux spectateurs et heureusement, car les barrières et le petit mur de pierre qui nous séparent d’eux ne nous semblent pas très solides et très dissuasifs pour ces colosses! Ce troupeau semble n’être composé que de femelles, de juvéniles et de bébés. En effet, les femelles éléphants restent en famille toute leur vie, entourées de leur mère, grand-mères, soeurs, tantes, nièces, etc. La horde est menée par une matriarche, habituellement l’éléphante la plus vieille du troupeau, qui dirige et décide des routes à suivre afin de rejoindre les points d’eau. Vers l’âge de 12 ans, les mâles quittent la horde pour rejoindre d’autres célibataires. D’après certaines recherches, ces groupes sont composés de mâles de tous âges et ils resteraient également fidèles à leur nouveau troupeau.
Au bout d’un moment, les filles, qui ne se sentent pas en grande forme, décident de retourner à la tente tandis que nous prolongeons encore un peu notre plaisir. Au final, nous aurons passé plus d’une heure et demi à admirer la horde avant qu’elle ne finisse par quitter les lieux.
Nous rejoignons les filles qui commençaient à s’inquiéter de ne pas nous voir revenir puis nous préparons notre souper. A la fin de celui-ci, nous décidons de repartir au point d’eau dans l’espoir d’y voir d’autres animaux. C’est à nouveau un merveilleux spectacle qui nous attend. Le soleil a disparu et il fait nuit noire mais grâce aux spots qui éclairent le point d’eau, nous pouvons clairement voir évoluer plusieurs animaux qui viennent se désaltérer et se partagent cette source d’eau. Girafes, zèbres, nouveaux éléphants mais surtout rhinocéros nous gratifient de leur présence 🦒🦓🐘🦏. Il y a des adultes et quelques jeunes qui les accompagnent, dont un petit rhinocéros qui nous fait bien rire. C’est un vrai défilé auquel nous assistons.
Gabrielle en profite pour tenter de trouver sur internet les différences entre le rhinocéros blanc et le rhinocéros noir. En réalité, cela n’a rien à voir avec leur couleur de peau (les deux sont plutôt gris) mais plutôt leur mâchoire. Le rhinocéros noir est plus petit, mange majoritairement des feuilles d’arbres, se déplace la tête en l’air avec son bébé derrière lui et a deux cornes de tailles assez similaires. Le rhinocéros blanc est plus gros, mange de l’herbe, se déplace la tête en bas avec son bébé devant lui et a la corne avant plus longue que celle de derrière. Le rhinocéros blanc a été nommé ainsi à cause de la mauvaise interprétation par les anglophones du terme afrikaans signifiant large (pour sa large gueule), proche du « white » anglais 🤦🏼♀️🤦🏼♂️. Malgré toutes ces informations, nous n’arrivons jamais à être certains de quel rhinocéros nous avons face à nous 😅…
Fatiguées, les filles retournent à la tente pour dormir mais Philippe décide de rester dans l’espoir de voir quelques félins 🦁. En effet, nous apprenons qu’hier, tout un groupe de lions et de lionnes sont venus boire au point d’eau et qu’ils y sont restés un long moment. Malheureusement, deux heures plus tard, Philippe rentre bredouille. Pas de traces de lions, léopards ou guépards. Encore des rhinocéros, des éléphants et quelques zèbres. Cependant, il a eu la chance de voir vu deux hyènes tachetées, animal que nous n’avions pas encore pu observer.
C’est notre dernier jour entier dans le parc d’Etosha et, bis repetita, nous sommes confrontés à la maladie car Marine commence à son tour à se sentir mal et fiévreuse. Par conséquent, nous ne stressons à nouveau pas les filles et nous partons en milieu de matinée. Le but d’aujourd’hui est d’essayer de trouver des félins et de nouveaux animaux, tout en nous rapprochant de notre prochain camp qui se trouve beaucoup plus à l’ouest.
Malgré nos efforts, nous ne voyons aucun grand animal, si ce n’est quelques éléphants très éloignés ainsi que quelques girafes, qui se distinguent facilement sur l’horizon. Mais surtout, aucune trace de félins 😢. Nous sommes déçus mais nous ne baissons pas les bras et nous poursuivons notre route, même si les chances de les débusquer se réduisent au fur et à mesure de la journée qui avance. Heureusement, nous continuons de rencontrer quelques gnous, zèbres, girafes, springbocks ou encore oryx, qui égayent un peu notre route.





Le tracé que nous suivons est une longue route droite agrémentée de quelques points d’eau, le plus souvent asséchés, et nous avons de plus en plus de grands terrains plats désertiques. Soudain, une zone de forêt apparaît, avec de grands arbres, isolés les uns des autres par une quinzaine de mètres environ. Ce sont des paysages très différents de ceux que nous avons vus jusque là et les animaux se font de plus en plus rares, sauf autour de quelques points d’eau où nous retrouvons toujours de nombreux springbocks et des zèbres, ainsi que quelques oryx.
Nous décidons finalement de nous arrêter sur une aire de repos afin d’y pique-niquer. Petit hic, la porte d’entrée ne se ferme pas totalement et nous ne sommes pas hyper rassurés 😅. Qui sait si un animal ne s’y est pas glissé ou ne s’y glissera pas? Bon, ne sachant pas à combien de kilomètres se trouve le prochain arrêt, nous décidons de rester là et d’être attentifs. Heureusement, à part un lézard dans les toilettes, un joli baobab et quelques énormes nids de républicains sociaux (des petits passereaux), qui vivent en colonies de plusieurs dizaines à centaines d’individus, rien ne vient troubler notre repas.




Après cet arrêt, nous ne voyons plus beaucoup d’animaux, sauf un chacal à dos noir avec son joli pelage. La plupart des animaux se trouvent plutôt à l’est d’Etosha, autour du Pan, ce qui explique la rareté des animaux dans cette zone du parc.


Tout au long de notre trajet, nous essayons de joindre le camp afin d’y réserver notre place de camping. Ce n’est pas un grand campement et, comme il est assez isolé des routes habituelles suivies par les touristes à Etosha, il n’a que quelques places de camping (une dizaine), sans lodge. Malheureusement, personne ne répond au téléphone et nous commençons à nous inquiéter… Nous espérons que nous aurons de quoi nous loger ce soir 🤞🏻!
Lorsque nous arrivons au camp d’Olifantsrus, nous nous rendons vers la personne responsable afin de payer notre emplacement. Par chance, il y a encore de la place 🥳. Lorsque nous lui expliquons que nous n’avons pas réussi à la joindre pour réserver, celle-ci se rend compte que le téléphone n’est pas bien branché… Pas un mot d’excuse et pas un sourire de sa part, nous avons un peu l’impression de la déranger! Assez spécial comme accueil.
Les modalités administratives réglées, nous nous installons puis nous allons profiter du coucher de soleil sur le point d’eau du camp. Le paysage est magnifique et nous réalisons vraiment que nous sommes au milieu de la savane. La seule chose qui nous sépare des animaux sont les grillages et c’est la première fois que nous pouvons le ressentir aussi fortement. L’observatoire du point d’eau est très joli. Il ya deux étages: le premier est vitré et se trouve au niveau du sol, tandis que le second est ouvert et surplombe le petit bassin. Nous y rencontrons une famille namibienne de langue allemande et nous discutons un moment, en attendant de voir quelque chose apparaître. Malheureusement, peu d’animaux viennent s’y abreuver, si ce n’est un gnou et une hyène tachetée.

Après le souper, Philippe revient au point d’eau dans l’espoir d’y voir des animaux et il y retrouve une autre hyène tachetée ainsi qu’un rhinocéros 🦏. Malheureusement, les éclairages ne fonctionnent pas bien et ils diffusent, de manière temporelle, une lumière plutôt rouge, ce qui ne permet pas de faire de bonnes photos. Une heure plus tard, le froid et la fatigue aidant, il décide de rejoindre le reste de la famille dans la tente pour notre dernière nuit dans le parc d’Etosha.
Ce matin, nous retentons notre chance au point d’eau mais pas grand chose à se mettre sous la dent, si ce n’est un lézard à l’intérieur du bâtiment 🦎 et un gnou isolé… Rien n’a vraiment changé du côté des filles, si ce n’est que les deux sont maintenant fiévreuses et n’ont pas beaucoup d’énergie… Nous avons eu la chance de ne pas être du tout malades ces dix derniers mois, alors ça fait bizarre de les voir aussi peu en forme. Nous espérons que ce n’est pas la malaria… Même si normalement cela ne devrait pas être le cas vu que nous avions pris un traitement tout au long de notre séjour à Madagascar.


Avant de repartir, nous nous intéressons un peu plus au camp dans lequel nous nous trouvons. Nous apprenons qu’Olifantsrus est le dernier camp qui a ouvert ses portes à Etosha. C’est un site un peu à part car il s’agit d’un ancien camp d’abattage d’éléphants 🐘. Au début des années 80, le nombre d’éléphants était très élevé à Etosha (environ 3000 en 1983), trop élevé aux dires des gestionnaires du parc national, compte-tenu de la sécheresse qui sévissait dans la région. Une des raisons était que les éléphants avaient migré ici pour échapper au braconnage dans le nord-ouest de la Namibie où des opérations militaires sud-africaines avaient lieu. Les responsables ont eu peur que cette augmentation du nombre de pachydermes ne mette en danger la survie des autres espèces, dont le rhino noir 🦏 (en danger d’extinction). Les gestionnaires du parc ont alors décidé de créer un lieu d’abattage des éléphants afin de réduire leur population à un niveau qu’ils jugeaient raisonnable pour l’écosystème. Ce lieu était Olifantsrus, ce qui signifie le « repos des éléphants ». 525 spécimens ont été tués ici. Afin de limiter le tollé que cette opération allait provoquer, de nombreuses études scientifiques ont accompagné le massacre et toutes les parties des éléphants ont été utilisées (nourriture, objet, vêtements, etc.). On y voit toujours les potences qui ont servi à cette boucherie… C’est assez impressionnant 😞. Fort heureusement, cette époque est révolue!
De nos jours, les populations locales sont mises à contribution pour permettre aux animaux de vivre en liberté et une grande partie des bénéfices touristiques leur est reversé pour compenser les conflits qu’ils peuvent vivre dans la relation humain-vie sauvage (champs piétinés, barrières cassées, bétails tués, etc).


Nous partons finalement en direction du sud-ouest afin de quitter le parc national d’Etosha par la porte Galton. Nous continuons à observer le paysage, dans l’espoir de pouvoir admirer encore quelques animaux et, qui sait, débusquer enfin un félin? Malheureusement, à part quelques autruches, zèbres et un vautour, nous ne voyons aucun lion, guépard ou léopard.



Nous rejoignons enfin la sortie et après un rapide contrôle par les rangers (pour être sûr que nous ne sortons rien du parc) et un pique-nique plus tard, nous quittons les lieux et nous poursuivons notre road trip en direction du nord-ouest et le Kaokaland.
Nous avons passé trois jours absolument incroyables à évoluer à l’intérieur du parc national d’Etosha. C’est un zoo à ciel ouvert, dans lequel nous, les humains, sommes les invités de tous ces magnifiques animaux. Nous avons eu la chance de voir quelques specimens de près mais nous restons malheureusement sur notre faim en ce qui concerne les grands prédateurs. Nous nous rendons compte qu’il s’agit souvent d’être au bon endroit au bon moment, d’avoir de la chance. Nous aurions peut-être dû réserver un tour accompagné par des spécialistes mais c’est un gros budget pour une famille de quatre, surtout dans notre situation de voyageurs autour du monde, et non de vacanciers. Peut-être aussi que si les filles ne s’étaient pas senties malades, nous les aurions bousculées un peu plus et adopté des horaires de visite différents (départs sur les routes aux aurores)… C’est surtout l’occasion de nous dire qu’il nous faudra revenir en Afrique afin d’admirer les animaux que nous n’avons pas vus 😁!
A bientôt pour la suite de nos aventures namibiennes!
Gabrielle et Philippe

































