Début du road trip

5. L’Afrique – Namibie

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

17.06 au 21.06.2022

Et voilà, nous voici arrivés en Namibie, dernier pays de notre tour du monde! Ça fait bizarre de nous dire que le prochain avion que nous prendrons nous ramènera en Suisse! 😏

Le vol est long car nous devons faire deux escales, la première à Addis Abeba, en Ethiopie, puis la deuxième à Johannesburg, en Afrique du Sud. C’est une aberration si nous regardons la carte du monde vu que nous devons remonter beaucoup au nord pour ensuite redescendre en Namibie, qui se trouve plus au sud que Nosy Be 😤 ! Il n’y a en fait pas de vol direct entre Nosy Be et Windhoek, en ces temps de Covid, et les tarifs sont moins chers en passant par l’Ethiopie plutôt que directement par l’Afrique du Sud! Le trajet n’est pas des plus agréable car nous arrivons en début de soirée à Addis Abbeba, et nous devons ensuite attendre 23h30 pour prendre notre second vol. La nuit est très courte car nous arrivons à 03h55 à Johannesburg (bon, 04h55 pour notre corps car il y a une heure de décalage horaire entre Madagascar et l’Afrique du Sud)! Etant donné que nous voyageons sur deux compagnies différentes dont une low cost pour le deuxième trajet, nous devons officiellement sortir de l’aéroport, récupérer nos bagages, puis faire à nouveau le check-in. Heureusement, tout se passe très facilement! Petit à petit, nous voyons l’aéroport prendre vie avec les différents magasins qui s’ouvrent les uns après les autres. En atterrissant ici, nous sommes revenus sur le fuseau horaire de notre départ de Suisse, nous finalisons donc notre tour du monde au niveau des longitudes! Il nous faut maintenant attendre 10h40 pour repartir pour Windhoek, la capitale de la Namibie.

Nous arrivons enfin à notre destination finale, après plus de 22 heures de voyage 😅! C’est la plus grande ville du pays mais elle n’est pas si étendue. La superficie totale de la Namibie est de 825’418m² (20x plus que la Suisse), mais elle n’abrite qu’environ 2.5 millions de personnes (3.5x moins que la Suisse). Elle est considérée comme le deuxième pays le moins peuplé au monde en raison de sa faible densité de population. En arrivant, nous remarquons rapidement qu’il y a beaucoup de Namibiens blancs pour un pays africain! En effet, les descendants d’immigrés arrivés dans les années 1700 sont plutôt nombreux, même s’ils ne consistuent que moins de 10% de la population totale. La langue officielle du pays est l’anglais, mais c’est la langue maternelle de seulement 1% des Namibiens. La plupart des habitants parlent une langue bantoue (la majorité de la population parle oshiwambo) ou une langue khoïsan, par contre, les descendants des colons parlent une langue germanique: afrikaans ou allemand. Ceci est dû au fait que le pays à été une colonie allemande à la fin du XIXe siècle puis un protectorat sud-africain après la Première Guerre Mondiale, avant de devenir indépendant en 1990. L’anglais a été choisi car c’était une langue neutre au regard de l’histoire de la colonisation.

Lorsque nous arrivons, nous commençons par changer nos dollars restant contre quelques dollars namibiens et surtout, comme toujours durant cette année de voyage autour du monde, nous achetons une carte sim locale. Nous avons de la peine à retrouver la personne qui doit nous amener à notre appart-hôtel. C’est un transport organisé par l’agence chez laquelle nous avons loué notre jeep pour partir découvrir le pays. Après plusieurs appels, il s’avère que le chauffeur est tout simplement assis dans le hall, mais sans panneau, et sans prêter attention aux touristes qui arrivent. On aurait pu attendre longtemps 🤦🏼‍♀️🤦🏼‍♂️ ! Comme nous sommes mi-juin, encore hors des vacances scolaires occidentales, nous ne sommes pourtant pas beaucoup à avoir des têtes de voyageurs… 😜

Sur le trajet vers la ville, nous avons la chance d’apercevoir nos premiers babouins, mais surtout notre première girafe, au loin! 😄
Une fois déposés à notre logement, nous confirmons avec le chauffeur l’heure de notre rendez-vous du lendemain afin d’aller récupérer notre jeep puis nous prenons rapidement possession de notre appartement. La fatigue se faisant fortement resentir, Philippe part seul au supermarché du coin afin d’y acheter de quoi faire à manger. Il est étonné de voir que les magasins ressemblent beaucoup à ceux que nous pouvons trouver dans un centre commercial européen… Les prix aussi!
Après un bon repas-ciné devant l’ordinateur, nous nous mettons au lit. Nous réalisons que c’est bien l’hiver dans cette région du monde car dès que le soleil est couché, le froid s’abat sur le pays et nous sommes forcés de rajouter des couches d’habits. Heureusement, nos lits sont équipés de duvets bien chauds et c’est bien emmitouflés que nous rejoignons tous les bras de Morphée 😴!


Après le petit-déjeuner, Philippe part à la banque locale afin d’essayer de retirer de l’argent pour la suite de notre voyage namibien. Depuis nos mésaventures passées, c’est toujours un moment un peu stressant mais heureusement, tout se passe bien. Même si nous sommes limités dans les montants que nous pouvons retirer, nous pouvons répéter la transaction autant de fois qu’il le faut et sans frais. Ouf, un soucis de moins… 🥳

Ce matin, nous avons rendez-vous à l’agence pour récupérer notre jeep. Le transport est censé venir nous chercher à l’appartement, mais il n’est à nouveau pas là 😬! Il serait apparemment reparti car il ne nous aurait pas vus… C’est donc après plus d’une heure d’attente que nous le voyons enfin arriver 🤬!

Heureusement, nous rejoignons rapidement l’agence et après quelques démarches administratives, un employé vient nous chercher pour nous montrer quel sera notre véhicule (et domicile) pour les quatre prochaines semaines. C’est une grande Toyota 4×4 avec une tente familiale pour quatre personnes sur le toit. C’est gros, mais nous devrions vite nous y habituer 🤞😅! L’homme fait le tour du véhicule avec nous pour nous présenter son fonctionnement, nous montrer tout le matériel de camping et surtout pour nous faire une démonstration du montage et pliage de la tente de toit! Marine filme consciencieusement tout le processus pour que nous puissions le refaire seuls ce soir 😉 !

Une fois prêts, nous partons en direction d’un grand centre commercial pour y faire nos achats de nourriture afin d’être autonomes pour les prochains jours. Il nous faut faire des réserves car les commerces sont rares dans le pays et on n’y trouve pas toujours tout ce qu’il faut, lorsqu’on est en dehors des quelques grandes villes 🍌🍇🍏🥑🌽🥖🧀🍳🥕🍪 🧃🍻🍶 ! C’est Gabrielle qui se met au volant car la conduite est à gauche et le véhicule, en boîte manuelle, est imposant! Le parcage dans le centre commercial lui donne d’ailleurs des sueurs froides 😝 ! Philippe préfère attendre un peu et surtout sortir de la ville avant de tenter de conduire ce monstre (pour rappel, il n’a passé son permis que trois jours avant de débuter notre tour du monde…).

Une fois les caisses de vivres bien remplies, nous profitons encore de manger le repas de midi dans le centre commercial, puis nous sortons de la ville en direction du nord. Les premiers kilomètres nous émerveillent! C’est un vrai paysage de savane, comme dans le dessin animé du Roi Lion.
Notre première destination est Wewelsburg Camping, à un peu plus d’une heure et demie de Windhoek. C’est une ferme qui met un terrain à disposition des campeurs. Initialement, nous avions décidé d’aller plus au nord mais, en raison du retard pris ce matin, nous préférons arriver sur notre site de camping avant qu’il ne fasse nuit. Et comme celle-ci tombe autour de 18h, nous n’avons pas beaucoup de temps devant nous 🌙. Heureusement, nous n’avions rien réservé (facile en période de Covid et hors des vacances d’été, pas sûr que ce soit conseillé aux mois de juillet/août). Philippe contacte donc la ferme et il organise la réservation au téléphone pendant que Gabrielle conduit.

Nous arrivons finalement au coucher du soleil. Nous sommes soulagés d’être arrivés avant la nuit car le premier montage de la tente sera plus facile de jour! Nous sommes accueillis par un ENORME Kangal (un chien de berger d’Anatolie), puis le propriétaire du camping arrive. Il nous rassure en nous expliquant que son chien est très gentil et qu’il ne cherche que des caresses. Le seul hic, c’est qu’il fait la taille d’un petit ponney 🤪! Impressionnant pour nous mais que dire pour les filles, qui mettront un moment avant de se sentir à l’aise en sa présence.
Comme nous sommes les seuls, nous avons le choix de l’emplacement. C’est un camping tout simple, avec des douches et WC communs et deux-trois prises électriques dans ce bâtiment. Les prises seront essentielles durant notre road trip car le chargeur de la jeep est très peu performant et notre batterie solaire externe ne suffit pas pour recharger nos natels, la lampe frontale, la lanterne et l’ordinateur.

Nous nous mettons rapidement au montage de la tente. Première étape: regarder à nouveau la vidéo pour se rappeler de la procédure! Une fois tout en tête, nous nous mettons au travail. Il faut se coordonner tout en suivant les indications de Marine qui regarde la vidéo. Le montage est assez rapide, malgré le fait que ce soit notre première fois 💪🏻 😁 !

Nous préparons ensuite notre premier repas en mode camping: pâtes, sauce tomate et carottes crues. Un repas simple pour commencer 😉. Une fois celui-ci terminé, c’est vaisselle, rangement, lavage de dents, puis dodo! C’est notre première nuit à plus de deux mètres de haut, en équilibre sur un toit, mais nous sommes enthousiastes! Les matelas sont assez agréables, nous avons de bons oreillers mais surtout six bons duvets chauds. Nous vous rassurons, nous ne sommes que quatre dans la tente mais l’employé de l’agence nous a donné deux duvets supplémentaires lors de la prise du véhicule. Et heureusement, car les nuits sont fraîches, froides même 🥶! Il fait autour de cinq degrés et ces duvets supplémentaires sont les bienvenus.
Nous avons pris l’option « tente familiale » à quatre places au lieu de l’option avec deux tentes de deux places car nous avons anticipé le fait que les filles ne voudraient pas dormir les deux, seules, dans une tente. Surtout quand les toilettes sont éloignées de notre emplacement et qu’elles ont bien compris quels animaux se rencontrent en Namibie 😂!


Le lendemain matin, nous nous réveillons après une nuit calme. Comme hier soir, nous devons mettre un petit pull car il fait frais! Durant le petit-déjeuner, le chien revient nous rendre visite ainsi que quelques magnifiques paons 🦚.

Le rangement du matériel et le pliage de la tente se font rapidement et nous prenons la route en fin de matinée. Nous en avons pour un peu plus de trois heures de voiture pour rejoindre notre prochain campement.

La conduite n’est pas difficile car les routes sont goudronnées, larges et… toutes droites ! Les grandes étendues qui la bordent sont très vides et les villages sont rares. Ces derniers sont généralement un peu en retrait de la chaussée et entourés de palissades. Ils sont plus ou moins grands, mais avec un maximum d’une vingtaine d’habitations. Nous ne nous sentons pas à l’aise d’y entrer pour manger notre pique-nique car ils semblent « privés » et nous n’avons aucun moyen de communiquer avec les habitants, qui pour la plupart ne parlent pas anglais. Nous décidons donc de nous arrêter en bord de route sur une de ces minuscules aires de repos où il y a la plupart du temps une petite table et quelques sièges en pierre, isolés sous les rares arbres qui bordent la voie. Cela fera l’affaire!

En chemin, nous croisons quelques babouins 🐵, mais à part cela, les trois heures de route sont un peu monotones 😉.

Nous passons la ville de Grootfontein puis nous arrivons en fin d’après-midi à Roy’s Rest Camp, un joli camping aménagé, avec un bar et une piscine. Malheureusement, l’eau est trop froide pour que l’un de nous se motive à s’y baigner 🥶!

Le camping est à nouveau presque vide alors nous avons le choix de l’emplacement. Cette fois-ci, une prise est à disposition sur chaque place, ainsi qu’un grill (que nous n’utiliserons pas) et un robinet d’eau. Une fois le campement préparé, nous nous rendons à un waterhole (point d’eau) au bout d’un sentier d’un petit kilomètre, pour voir si nous avons la chance d’y trouver des animaux. Beaucoup de campings et hôtels ont créé des trous d’eau un peu à l’écart de leurs bâtiments, afin d’attirer les animaux sauvages et faciliter leur observation. Au bout du chemin, nous arrivons devant une palissade en bois, avec quelques petites ouvertures pour guigner à travers. Comme il fait encore jour, nous rentrons bredouilles. Nous décidons cependant d’y revenir après le souper, une fois la nuit tombée.

Après le repas cuisiné aux réchauds à gaz, nous repartons vers le waterhole. Nous avons cette fois-ci la chance d’y voir trois oryx, ainsi que deux-trois grands cervidés que nous n’avons pas réussi à identifier. Les oryx sont de grandes antilopes avec de longues et fines cornes toutes droites, dirigées vers l’arrière. Ils sont bruns clairs avec une ligne noire sur l’échine et un «masque noir».

Nous sommes ravis d’avoir pu voir des animaux qui nous étaient encore inconnus et c’est dans la bonne humeur que nous rejoignons notre tente en hauteur pour dormir.


Le lendemain matin, nous nous réveillons avec le soleil. Tout autour de nous se trouvent des sortes de grosses pintades qui ne semblent pas voler mais qui se déplacent rapidement et en groupe sur le sol. Elles nous font bien rire à monter un peu partout sur notre matériel de camping 😄. Nous apercevons aussi un lièvre qui se balade 🐇. Ces quelques animaux nous intéressent mais soyons honnêtes, ce n’est pas vraiment pour eux que nous sommes venus jusqu’en Namibie 🤪!

Gabrielle et Estelle tentent une visite au waterhole afin d’y voir de plus gros specimens, mais il est désert 😏. Sur le chemin du retour, elles découvrent de toutes petites gazelles qui se promènent dans le campement. Ce sont des dik-diks, de très petites antilopes, d’à peine 40cm au garrot. Elles seraient les plus petites antilopes d’Afrique. Nous découvrirons vite que ces créatures aux pattes qui nous semblent très fragiles sont très nombreuses dans le pays… Nous en verrons beaucoup 😉 !

Après le petit-déjeuner, nous retournons au waterhole, mais nous sommes à nouveau bredouilles. Nous nous rendrons rapidement compte que ces points d’observation privilégiés sont peu fréquentés la journée mais plutôt le soir, une fois que la nuit commence à tomber.

Le programme de la journée est le suivant: découvrir Hoba, une météorite qui a «atterri» non loin de là, il y a moins de 80’000 ans. Nous devons revenir environ une heure trente en arrière, mais au niveau des distances et des logements, c’était difficile de faire autrement. Nous nous rendrons vite compte qu’une heure trente de voyage ce n’est en fait rien du tout en comparaison de la moyenne des trajets que nous allons faire ces prochaines semaines 🤪.

La météorite de Hoba est la plus grande météorite trouvée sur terre à ce jour. Elle est composée majoritairement de fer et c’est ainsi le plus gros bloc naturel de fer connu à la surface de notre planète. Ce «caillou» mesure environ trois mètres sur deux et il pèse 60 tonnes. Son poids et sa taille diminuent au fil des ans à cause du vandalisme et des prélèvements scientifiques 🙃.

La météorite a été découverte en 1920 par un paysan qui labourait son champ et elle a ensuite été étudiée par le scientifique Jacobus Hermanus Brits. Sa découverte fut fortuite car la météorite n’a étrangement pas créé de cratère en touchant la terre. Cela serait dû à sa forme qui lui a permis de rebondir sur la terre, un peu comme un galet qui fait des ricochets.

En arrivant, nous nous rendons compte que le prix de l’entrée s’est envolé depuis la pandémie… Il a décuplé 😳 ! Nous payons donc 250 N$ (15 CHF) par entrée au lieu de 25 N$ (1,5 CHF) en 2019… ça fait un peu mal au portefeuille! Nous ne nous rendons compte de la différence qu’une fois les billets payés car nous ne sommes pas encore habitués au taux de change! A Madagascar, nous avions l’habitude de diviser par 4’000 alors le prix ne nous a pas paru excessif 😜. Gabrielle retourne au guichet pour voir s’il y a une erreur mais non, le responsable confirme le prix. Il n’y a pas de panneaux avec les tarifs d’entrée donc nous sommes obligés de le croire sur parole… Nous posons la question à un couple de touristes américains, mais ils sont là en voyage organisé alors ils n’ont aucune idée du prix. A part eux, personne aux alentours.
C’est vraiment cher payé pour un sentier de 300m sans aucune information! Les panneaux explicatifs sont à l’extérieur des barrières donc ils sont accessibles pour tout le monde. Nous nous sentons un peu floués, mais nous faisons contre mauvaise fortune bon coeur 😉.

Nous reprenons la route en début d’après-midi et nous arrivons au campement sans encombre. En arrivant, nous testons la piscine du pied, mais décidément il ne fait pas assez chaud à l’extérieur pour se plonger dans l’eau froide! Il n’y a vraiment pas grand monde au camping et nous profitons de l’aménagement «bar» pour prendre un apéro en famille.

A la nuit tombée nous retournons au waterhole mais, malgré notre patience, aucun animal ne pointe le bout de son nez 😔.
Philippe y retourne un peu plus tard, après le repas, mais il ne voit rien non plus. Nous avons eu de la chance le premier soir!


C’est à nouveau avec nos amies les pintades que nous nous réveillons ce matin et après les avoir chassées de notre table de petit-déjeuner, nous pouvons commencer à manger.

Une fois notre repas terminé, nous plions notre tente et chargeons la voiture sans perdre de temps car une longue route nous attend. En effet, nous partons plus au nord afin de découvrir la bande de Caprivi, une petite langue du pays coincée entre l’Angola, La Zambie, Le Zimbabwe et le Botswana.

A très bientôt pour découvrir la bande de Caprivi dans un prochain article!
Philippe et Gabrielle

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