Antananarivo

5. L’Afrique – Madagascar

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

19.05 au 22.05.2022

Notre 5ème et dernier continent, l’Afrique, nous attend. Pour cette nouvelle étape de notre tour du monde, nous commençons par la découverte de la grande île de Madagascar. Le périple pour y arriver est plutôt long car certaines compagnies n’ont pas encore repris leurs vols autour de l’océan indien. Nous profitons donc des escales pour faire un peu d’école, pour le plus grand bonheur des filles 😜! Nous devons d’abord revenir sur Bangkok en soirée puis poursuivre au milieu de la nuit sur Addis-Abbeba avant de finalement atterrir en milieu d’après-midi à la capitale de Madagascar, Antananarivo, dite Tana pour les intimes (enfin… pour tout le monde, c’est plus simple!). Estelle s’amuse comme elle peut dans le bus… en copiant une de ses tantes qui pratique le pôle sport (le pole dance, mais en sport, donc dit de manière moins connotée 😉, sport qu’elle va d’ailleurs elle-même commencer à notre retour en terres helvétiques).

Si nous avons choisi l’île de Madagascar, au-delà de sa beauté et de sa richesse, c’est en grande partie car une des grandes soeurs de Gabrielle, Nathalia, et toute sa famille y vivent depuis maintenant presque deux ans. Ils sont partis comme missionnaires dans un petit village isolé sur l’île de Nosy Be, bien connue des touristes, tout au nord de la grande île. Mais avant de les rejoindre, nous atterrissons tout d’abord à Tana où nous avons la chance d’être logés chez les parents d’Hervé, le mari de Nathalia qui est lui-même malgache. Nous ne les avons pas vus depuis plus d’une dizaine d’années et nous nous réjouissons de les retrouver! Après d’énièmes tests covid au sein même de l’aéroport (eh oui, il en fallait un au départ et un autre sur place à l’arrivée… 🤯) qui heureusement sortent négatifs, nous retrouvons avec joie Henriette et Arthur, les parents, ainsi que Haingo, une des soeurs d’Hervé.

Nous nous rendons dans leur maison, un peu en dehors du centre de Tana où nous allons rester trois nuits. Nous allons en profiter pour récupérer un peu, préparer la suite de notre voyage et visiter les environs avant de poursuivre vers le nord. Toute la fratrie d’Hervé (déjà tous adultes et dans la vie active) habite encore chez leurs parents car les loyers dans la région sont prohibitifs en comparaison de leurs salaires. Pour le souper, Christina et Alain, les deux derniers soeur et frère d’Hervé, rentrent de leur travail et nous les revoyons avec joie. Après le souper, la fatigue du voyage et le décalage horaire commencent à bien se faire sentir et nous nous hâtons de rejoindre nos lits et les bras de Morphée 😴.


Après un réveil et un début de journée tout en douceur, nous partons avec Christina à Ambohimanga-Rova, sur une des 12 collines sacrées qui entourent la capitale, à une vingtaine de kilomètres au nord de celle-ci. Le site abrite le palais du roi Andrianampoinimerina (qui régna de 1787 à 1810). C’est lui qui fonda la dynastie des rois de Madagascar. Ce palais se trouve dans un joli complexe de bâtiments qui, initialement, accueillaient le roi (ou la reine) des Merina, le peuple du centre de l’île, qui petit à petit va s’imposer sur les royaumes voisins. Nous décidons de prendre un guide afin de mieux entrer dans l’histoire des rois malgaches et celui-ci nous explique que ce premier roi avait 12 femmes, provenant des douze peuples de la région. Chacune avait été installée sur une des collines sacrées qui entourent la capitale afin de réunifier tous ces peuples en un seul. Nous nous retrouvons sur place en même temps que de nombreux écoliers en sortie scolaire, ce qui apporte beaucoup de vie au site historique 😝!
Nous commençons par le premier niveau du complexe où se trouve la place cérémonielle, sur laquelle nous pouvons voir une grande pierre en forme de coeur (il faut avoir un peu d’imagination pour y voir un 🤍). C’est sur cette pierre que des sacrifices de zébus avaient lieu. Au second niveau, un petit enclos entouré de murs abritait le prochain zébu avant son sacrifice. Ceux-ci étaient choisis exprès pour le roi et ils devaient impérativement être beige, avec une tâche blanche sur la tête et les pattes et la queue blanches.

Au niveau supérieur, notre guide nous fait visiter le lieu où le premier roi a habité: une simple case noire, dans laquelle il dormait en hauteur, tandis que son épouse couchait au sol. Le lit du roi était placé au coin nord-est de l’habitation car c’était le lieu sacré des maisons, là où se trouvaient les ancêtres. A Madagascar, une partie de la population pratiquait le culte des ancêtres, et cela perdure encore aujourd’hui. Dans cette bâtisse, nous retrouvons également des objets simples de la vie quotidienne, tels que des ustensiles de cuisine par exemple puisque celle-ci se trouvait dans la même pièce. Pour entrer et sortir de la case, notre guide nous indique qu’il faut y aller à reculons pour une question de superstition (mais nous ne nous souvenons pas exactement de laquelle 😅).

Nous poursuivons la visite avec le palais de la reine Ranavalona 1ère, qui régna comme souveraine sur l’île de Madagascar de 1828 à 1861. Ce palais était la résidence secondaire de la reine, car son lieu de vie principal était à Tana. Malheureusement nous ne pouvons pas aller visiter celui de la capitale car il est fermé pour rénovation en ce moment. Il est interdit de prendre des photos à l’intérieur du bâtiment mais celui-ci a déjà des influences européennes, que ce soit dans les meubles, les tapisseries ou les objets qui le décorent.

Après avoir remercié et quitté notre guide, nous profitons à nouveau de la vue magnifique sur les plaines environnantes. Nous nous rendons ensuite dans un petit restaurant avec une jolie terrasse qui se trouve à proximité. Le propriétaire est très sympathique et nous sommes bien conseillés par Christina pour choisir nos plats. Le restaurant étant placé juste à côté du site touristique (même si nous n’y avons vu que des autochtones), nous avons le droit à une démonstration de plusieurs danses typiques, un très joli spectacle 💃🏿🕺🏿!

Une fois notre repas et le spectacle terminés, nous rebroussons chemin et nous rentrons chez les Ramangalahy. En arrivant, Arthur nous donne la seule boîte de Malarone (médicament antipaludique) qu’il a pu dénicher pour nous en pharmacie, impossible d’en trouver plus 🤪. Ce n’est malheureusement pas suffisant pour toute la famille jusqu’à notre départ de l’île et nous devons rajouter cette quête à notre programme du lendemain 🙃. En début de soirée, nous avançons dans la préparation de la suite de notre voyage car nous allons quitter Tana dans deux jours…sans avoir encore rien de réservé pour la suite! Nous avons prévu de retrouver Nathalia et sa famille à Ambanja, une ville du nord-ouest, et nous devons donc planifier les quelques jours devant nous avant de les retrouver. Nous prenons la décision de couper en deux le long voyage pour les rejoindre et de nous arrêter au parc national d’Ankarafantsika. Cependant, nous découvrons qu’il est difficile de planifier le voyage car internet n’est pas si couramment utilisé ici et il faut presque toujours passer par les appels téléphoniques pour les réservations, que ce soit pour les déplacements ou les logements. Heureusement, la famille d’Hervé nous prête main forte et ils nous aident à réserver quatre places dans un taxi-brousse pour rejoindre Ankarafantsika. C’est plus facile lorsque la personne parle malagasy, même si une majorité des gens de la capitale parle bien français 😉 (ce qui n’est pas le cas sur le reste du « continent » et les autres îles malgaches).

Après un agréable souper et une sympathique soirée en compagnie des Rama, nous allons nous coucher.


Aujourd’hui, nous commençons la journée en compagnie de Haingo. Elle nous accompagne en ville afin de trouver les médicaments qu’il nous manque, changer nos dollars en ariary, la monnaie locale (prononcé « ariar », car on ne prononce généralement pas les dernières lettres des mots en malagasy), et faire quelques courses. La Malarone étant rarement utilisée par les locaux, nous devons visiter trois pharmacies afin de réussir à acheter nos trois boîtes 💊(chacune n’en a à chaque fois qu’une seule en stock…). C’est également très compliqué de trouver de la crème solaire, denrée rare et chère dans la région, mais indispensable pour nos peaux de Vazahas (c’est le terme utilisé à Madagascar pour désigner l’étranger blanc d’origine européenne. Terme qui sera souvent utilisé pour nous désigner durant notre séjour). Enfin, après comparaison des taux de change, nous trouvons une banque pour changer nos dollars, même si ce n’est pas si simple 💵. Il nous faut en effet patienter près de 20 minutes, présenter nos passeports et remplir divers papiers. Mais au final, c’est une matinée couronnée de succès, même s’il nous aura fallu de la patience pour accomplir toutes nos tâches.

Pour la suite de la journée, nous nous promenons dans le quartier où habitent les Rama. Philippe part se faire couper les cheveux ainsi que la barbe en compagnie d’Alain puis nous nous rendons tous à pied sur une autre des 12 collines sacrées, celle de Rovan’Ambohidratrimo. Au sommet de celle-ci se trouve le palais d’une des douze reines, dont il ne reste que les fondations. Sur place nous pouvons encore voir trois tombes royales qui ont été rénovées récemment car elles ont été incendiées en 2015. Ces tombes sont en fait de petites « maisons » rouges et blanches, qui ne ressemblent donc pas aux tombes que nous avons l’habitude de voir. Le lieu est sacré et par conséquent l’alcool, l’ail, la chèvre, le porc et le poulet (ce dernier est un symbole de misère) y sont prohibés.
Derrière les fondations du palais se trouve un rocher particulier: le rocher des 7 voeux. Il s’agit d’y lancer 7 pierres et si l’une d’entre elles (ou plusieurs) rentre dans le trou, on peut faire un/des vœux. Les filles tentent leur chance et, après de nombreuses essais, ont finalement chacune droit à leur voeu.
Nous terminons ensuite notre visite avec une autre particularité « géologique » du site: la roche aux deux seins. Les femmes viennent y faire des sacrifices et toucher les deux renflements de pierre pour tomber enceinte ou choisir le sexe du bébé. Il est écrit en blanc dessus « pour résoudre la stérilité ».

Et voilà, c’est déjà notre dernière nuit à Tana en compagnie des Rama. Le transport pour la suite de notre voyage est programmé mais… pas le logement 🙃. En effet, nous n’avons pas réussi à joindre (par mail ou par téléphone) le centre d’accueil du parc national d’Ankarafantsika, qui loue des bungalows pour les visiteurs. Nous décidons de nous y rendre quand même et nous verrons bien sur place comment cela se passera. Nous espérons avoir de la chance, car le parc est assez isolé et, dans le cas contraire, il nous faudrait rebrousser chemin sur plusieurs kilomètres pour trouver un logement. Enfin bon, c’est l’aventure!

A tout bientôt sur les routes malgaches!
Gabrielle et Philippe

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