Battambang

4. L’Asie – Cambodge

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09.05 au 11.05

Aujourd’hui, nous quittons Siem Reap et les temples d’Angkor pour nous rendre à Battambang (nous n’avons pas besoin de repasser par Phnom Penh cette fois 🥳 ). Le trajet se passe sans encombre et nous prenons possession de notre chambre dans un grand hôtel quasiment vide (de clients et de mobilier 🙃). Nous avons cette fois la chance d’avoir deux chambres, grandes et agréables. Il faut en profiter car c’est rare. La plupart du temps nous essayons de trouver une grande chambre familiale, ce qui permet de diminuer les frais… Le seul point négatif, c’est que nous n’avons ni climatisation, ni ventilateur et qu’il fait chaud, très chaud 🥵. Etant donné que nous ne restons pas longtemps dans cette cité, nous n’avons pas cherché de logement avec piscine (et bien sûr il fait beau et chaud 🤪). Nous sommes en plein coeur de la ville, il y a donc peu de fraîcheur et d’air.
Arrivant dans l’après-midi, nous préparons la journée de visite du lendemain et nous faisons un peu d’école. Le bon côté de voyager en période de Covid et hors des vacances scolaires, c’est que nous pouvons généralement organiser nos journées de visite dans un délai très court. Pour demain, nous trouvons un guide avec son rickshaw et nous nous mettons d’accord sur ce que nous voulons visiter. Il s’avère que la personne que nous contactons a son QG à la réception de notre hôtel, drôle de coïncidence!

Pour terminer la journée, nous trouvons un très joli et délicieux restaurant, le Lonely Tree Café, avec au rez-de-chaussée une boutique d’artisanat. Ces deux entités appartiennent à une fondation qui vient en aide à des personnes en situation de handicap ou en situation précaire. Les produits vendus au magasin sont majoritairement fabriqués par des gens soutenus par la fondation et le staff du restaurant en inclut également.
Une fois de retour dans notre logement, nous nous dépêchons de retrouver nos lits afin de passer une bonne nuit de sommeil et d’être en forme pour une longue et chaude journée de visite qui nous attend.


C’est reposés que nous retrouvons notre guide pour la journée, M. Panha, un homme jovial, toujours en train de sourire et qui semble être une boule d’énergie ne s’épuisant jamais. Ne parlant pas français, nous devons traduire ses propos aux filles, mais sa bonne humeur communicative lui permet d’avoir rapidement un bon contact avec elles.
Pour commencer, nous faisons un petit tour en ville et il nous amène devant le symbole de Battambang, la statue géante de Ta Dumbong, trônant au milieu d’un rond-point.

Voici la légende entourant ce personnage:
Un jour qu’il se promenait dans la forêt, Ta Dumbong trouva un bâton magique noir. Il utilisa celui-ci pour détrôner le roi et ses fils qui, battus, se réfugièrent dans la forêt et devinrent moines. Mais, malgré son pouvoir, l’usurpateur était rongé par la peur. Une nuit, il rêva qu’un saint homme viendrait sur un cheval blanc et qu’il le renverserait. Il décida donc de faire tuer tous les hommes saints et les chevaux blancs de son royaume. Le roi déchu, étant devenu moine, fut également convoqué par son successeur. Au moment de son départ, il reçut d’un ermite un cheval blanc pour se rendre au palais. Ce cheval avait la particularité de pouvoir voler et il s’envola donc vers le roi. Le voyant s’approcher, celui-ci comprit que son rêve était en train de se réaliser et il essaya de vaincre son ennemi en lui lançant son bâton magique. Mais il rata sa cible et le bâton disparut. Ta Dumbong, ayant perdu son arme et son pouvoir, s’enfuit et on ne le revit jamais, de même que le bâton magique qui resta introuvable. Aujourd’hui, il est à l’origine du nom de la ville puisque Battambang se traduit par « perdre le bâton ».

De nos jours, la statue est un lieu saint où de nombreux Cambodgiens se rendent et fond des offrandes afin d’obtenir une guérison ou pour faire un voeu. Nous y retrouvons des aliments (bananes, fruits, porc entier, poulet), des fleurs (lotus, jasmin) et de l’encens.

Notre guide continue ensuite le tour de la ville en nous montrant quelques bâtiments datant de l’époque coloniale et en nous expliquant les dessous de la politique cambodgienne, entre monarchie, bipartisme, clientélisme et corruption… Tout un programme! 😡

Après une trentaine de minutes de rickshaw dans la campagne, nous arrivons à un pont en bois suspendu, le Plov Thmey Bridge, construit il y a environ 50 ans. Nous le traversons à pied, malgré une certaine appréhension en voyant que les scooters ne ralentissent que très peu malgré notre présence et l’étroitesse du pont 😅.

Nous visitons ensuite le temple qui se situe en face du pont, le Kampong Pil Pagoda. Petit problème, Gabrielle a oublié les rallonges de son short/pantalon et elle doit avoir les jambes couvertes pour le visiter 🤦🏼‍♀️. Après quelques instants de réflexion, elle met le pull de Philippe comme jupe avec les manches comme attaches… bref, pas très pratique mais ça le fait 🙃 ! Le temple est joli et nous déambulons autour des nombreux bâtiments. La particularité de ce lieu saint est qu’il a deux influences: chinoise et khmère. Par exemple, nous pouvons voir deux statues de Bouddha côte à côte, une représentant Bouddha à la façon chinoise (bien joufflu) et l’autre à la façon locale (mince). Nous découvrons également des tombes chinoises, alors qu’habituellement les personnes ne sont pas enterrées au Cambodge, mais incinérées. Nous constatons donc que le bouddhisme chinois et le bouddhisme de l’Asie du sud-est diffèrent sur plusieurs points.

Durant nos visites, nous avons pu remarquer que les doigts des statues de Bouddha peuvent être positionnés de différentes manières: le pouce touche parfois l’index, parfois l’annulaire, etc. M. Panha nous explique qu’en fait ces configurations ont chacune leur signification:
Le pouce sur le petit doigt indique la renaissance,
le pouce sur l’annulaire: la vieillesse,
le pouce sur le majeur: la maladie,
le pouce sur l’index: la mort.

En chemin, notre guide nous explique avoir été moine pendant quelques années car il vient d’une famille traditionnelle et que tout homme est sensé le faire. Un peu comme un rite de passage.

Après cette visite, nous partons découvrir quelques temples, qui se trouvent tout proche du point culminant de notre journée, la grotte aux chauves-souris. Mais avant de découvrir les stars du show, nous nous arrêtons aux abords de grands arbres et nous nous apercevons rapidement qu’ils sont habités par des dizaines de roussettes 🦇 ! Ces chauves-souris géantes sont frugivores et insectivores et elles seraient environ 1800 dans ce village. La journée, elles se reposent dans les arbres et elles partent chasser la nuit. Les ailes ouvertes, ces chauves-souris peuvent mesurer jusqu’à 1m70 et peser près d’un kilo et demi. De vrais mastodontes comparé à la plupart de ces mammifères volants qui ne pèsent pas plus de 50 grammes! Nous sommes à bonne distance des arbres, mais c’est quand même impressionnant (voir la vidéo un peu plus loin)!

Le prochain arrêt est le temple de Phnom Banan, un des temples les mieux préservés de la province de Battambang. Il s’agit des ruines d’un lieu saint construit au XIe siècle, contemporain des temples que nous avons pu visiter à Angkor. Si le site est intéressant, il n’arrive cependant pas à la cheville de ceux que nous avons visités il y a peu… L’accès à ce temple se mérite car nous devons monter les 358 marches 😅 d’un escalier bordé de nagas (le serpent bouddhique). Au sommet nous attendent cinq tours dont certaines ne nous inspirent pas une grande confiance. Elles nous semblent être proches de s’effondrer et nous restons donc à bonne distance!

Après une pause repas au pied de l’escalier, nous partons pour la colline de Phnom Sampov où se trouvent plusieurs temples et la « killing cave », une grotte tristement célèbre durant la période des Khmers rouges. On y a retrouvé plus de 10’000 corps car ces derniers jetaient du sommet leurs victimes, qui mourraient sur le coup ou, si malheureusement elles survivaient à leur chute, elles y mourraient de faim et de soif… Les temples aux alentours leur servaient à l’époque de prison. Sur le site, nous découvrons également un mémorial avec les crânes et ossements retrouvés dans la grotte. Nous expliquons ce qui s’y est passé aux filles de manière simple et à hauteur d’enfant et nous les sentons une fois de plus bouleversées par les atrocités commises.

La ballade dans la forêt d’un lieu saint à l’autre est très jolie et agréable, mais arrivés au lieu principal des temples, beaucoup de singes déambulent sur le site. En effet, ils se nourrissent des offrandes déposées par les visiteurs qui viennent y faire un pèlerinage. Nous ne sommes vraiment pas rassurés, étant à peu près les seuls touristes avec quelques locaux qui habitent là. Gabrielle se rend seule à la Pkar Slar cave, en contrebas, car nous pouvons voir plusieurs gros singes le long des escaliers qui y descendent. Les filles ne veulent pas s’en approcher et Philippe se « dévoue » pour rester avec elles 😉. Ce temple se trouve dans une grotte et un étroit passage conduit à une petite salle basse de plafond avec la traditionnelle statue de Bouddha, entourée d’offrandes. Heureusement, il n’y a pas de singe dans cette grotte car elle n’est vraiment pas grande et Gabrielle s’y retrouve seule! Le chemin d’accès étant très étroit, il serait difficile de se croiser 😱. Malheureusement, les alentours de la grotte sont parsemés de déchets de tout genre, c’est choquant ☹️ !

Après la découverte de ces lieux, nous reprenons notre ascension pour arriver au sommet de la colline où se dresse le très beau temple de Phnom Sampov, avec une magnifique vue sur la plaine environnante. C’était sans compter sur une troupe de singes qui se trouvent sur le bord du chemin… Impossible de passer car dès que nous faisons un pas, ils se rapprochent de nous en montrant les dents 🐵 . Nous ne sommes vraiment pas rassurés et les filles nous implorent de rebrousser chemin. Heureusement, un jeune garçon nous voit en mauvaise posture et il vient à notre rescousse avec des cailloux et un très gros bâton pour les disperser. Nous voyons qu’il a l’habitude et que ces primates ne l’effraient pas!
C’est moyennement sereins que nous terminons la montée jusqu’au sommet 😬.

La présence de ces singes ne nous permet pas de profiter dans les meilleures conditions de cette visite mais elle nous permet de faire une jolie photo en mode King Kong.

Alors? Vous l’avez repéré le King Kong local en train d’escalader la version khmère de l’Empire state building?

Echaudés par notre rencontre avec les singes, nous redescendons rapidement de la colline, sur le qui-vive pendant la demi-heure de descente!
En bas, nous retrouvons M. Panha, qui nous attend dans un petit café avec tout un groupe d’amis dont le propriétaire des lieux. Comme il reste pas mal de temps avant que le « spectacle » des chauves-souris ne commence, il nous propose de nous installer et de prendre une boisson. Afin de faire passer le temps, nous leur proposons de jouer aux cartes 🂱 avec nous (même si seul notre guide parle anglais, nous arrivons tant bien que mal à jouer), puis les filles leur montrent un tour de magie et eux aussi. C’est un moment d’échange très sympa! Quelques singes apparaissant, nous leur racontons nos mésaventures au sommet de la colline et ils nous montrent que, pour les faire fuir, ils les menacent avec une fronde. Pas besoin de mettre un caillou dedans, les singes filent dès qu’ils aperçoivent l’objet, l’ayant probablement déjà subi une fois ou l’autre…

Sur un des flancs de la colline qui nous fait face, trois sculptures sont en cours d’élaboration. Elles représentent les trois étapes de la vie du Bouddha (de droite à gauche): son enfance, sa vie et son atteinte du Nirvana.

Les filles sont impatientes de voir le ballet des chauves-souris qui va avoir lieu vers 18h 🦇. Celles que nous allons voir sont petites et elles vivent dans des grottes. Ce n’est donc pas la même espèce que les roussettes vues ce matin dans les arbres. Vers 17h30, nous nous rapprochons de la grotte et nous pouvons voir que les locaux commencent à préparer des petits stands de nourriture, dont une spécialité de la région: des escargots avec une sauce très piquante 🐌 ! Nous faisons toutefois l’impasse sur cette découverte culinaire 😝 ! Les filles sont certaines que les chauves-souris vont sortir à 18h pile comme nous l’a dit M. Panha. Bien sûr, elles ont du retard, mais le spectacle en vaut la peine. Au début, les chauves-souris ne sortent que par dizaines mais, rapidement, ce sont des centaines de spécimens qui sortent à la fois, créant une onde de chiroptères qui serpente dans le ciel. Ceux-ci sont estimés à plusieurs millions d’individus et il peut s’écouler plus d’une heure jusqu’à ce que toutes les chauves-souris soient sorties. La raison de leur envol est qu’elles partent dans les campagnes environnantes pour se nourrir d’insectes puis, une fois rassasiées, elles rejoignent leur caverne. Malheureusement la pluie s’invite au spectacle et nous n’avons pas la chance de pouvoir profiter du show sur fond de coucher de soleil. Mais comme il fait chaud, cela n’est pas dérangeant et surtout cela n’empêche pas les animaux de continuer leur ballet ininterrompu.

Après ce beau spectacle, nous rentrons en ville. Nous retournons souper au Lonely Tree Café, car c’était très bon et assez proche de notre logement. Le retour est plutôt animé, M. Panha nous prêtant son petit haut-parleur… 🤣


Ce matin, nous partons visiter l’école du cirque Phare, la Phare Ponleu Selpak, où ont étudié les artistes que nous avons vus il y a quelques jours à Siem Reap.
Comme il est tôt, nous apercevons quelques moines bouddhistes qui font l’aumône avec leurs marmites, rituel de leur vie monastique.

Arrivés à l’école, un guide nous fait visiter le campus. Ce lieu est à la fois une école publique classique pour les enfants du quartier et une école des arts circassiens. Environ 1200 enfants y sont scolarisés et ceux qui n’ont pas beaucoup de moyens peuvent y manger un repas complet.

Phare Ponleu Selpak – “La Lumière des Arts” en Khmer – est une association cambodgienne à but non lucratif. A travers des programmes éducationnels, artistiques, sociaux et d’engagements communautaires, elle apporte son soutien aux enfants, jeunes adultes, ainsi qu’à l’ensemble des communautés alentours.
La «Lumière des Arts» a pris racine dans les années 1980 dans un camp de réfugiés à la frontière thaïlandaise, après que le régime des Khmer rouges ait dévasté le Cambodge. Là, l’humanitaire française Véronique Decrop a commencé à développer une forme d’art-thérapie pour les enfants réfugiés, avec des cours de dessin et de peinture. Après la fermeture du camp des années plus tard, Véronique et 9 de ses élèves les plus passionnés ont décidé de fonder une école de dessin dans leur ville natale, Battambang, pour aider à leur tour les jeunes marginalisés de la région.

En passant d’un bâtiment à l’autre, nous admirons de nombreuses fresques sur les murs. Notre guide nous apprend qu’elles ont été faites lors d’un festival international d’artistes en 2018. D’ailleurs, fin mai aura lieu ici un festival du cirque international, mais nous aurons malheureusement déjà quitté le Cambodge.

Comme ce n’est pas une période de vacances, les enfants sont présents et nous avons la chance de pouvoir apercevoir quelques élèves en entraînement. Les cours de danse abordent les danses traditionnelles, mais aussi la danse classique et moderne. Les élèves du cirque peuvent étudier ici jusqu’à l’âge de 30 ans! Ils entrent dans le cursus circassien vers l’âge de 6 ans au plus tôt et ce n’est qu’après 10 à 12 ans d’études qu’ils sortent diplômés de l’école et qu’ils peuvent devenir professionnels.
Nous découvrons avec beaucoup de plaisir les différents arts enseignés ici, dont la musique, les arts visuels, les acrobaties, etc.

Nous terminons notre visite par une exposition des travaux de fin d’année de certains élèves de l’école. Il s’agissait pour eux de créer quelque chose autour de l’écologie, de la conception au packaging, en passant par un logo. C’est impressionnant de créativité et de professionnalisme.

La visite terminée, il est temps pour nous de récupérer nos sacs pour nous rendre à la gare routière et prendre notre bus pour… Phnom Penh 🥳 🤪! Eh oui, nous devons à nouveau passer par la capitale pour rejoindre notre prochaine destination mais nous allons aussi en profiter pour fêter un heureux événement!

A tout bientôt pour vous relater la suite de notre séjour au Cambodge!
Philippe et Gabrielle

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