Siem Reap: le petit circuit d’Angkor

4. L’Asie – Cambodge

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03.05 au 09.05.2022

Ce matin, nous partons un peu plus tard qu’hier et, cette fois-ci, avec Mr. Sokun, un guide francophone. Nous avons choisi de prendre un guide que les filles pourront comprendre directement car nous allons voir LE temple d’Angkor: Angkor Wat. Bon, il faut dire que son fort accent n’est pas des plus simple à comprendre… nous devrons donc parfois répéter aux filles 🤪.

Aujourd’hui, nous allons effectuer le petit circuit, en rouge sur la carte.

Il fait grand beau en cette journée, donc il fait très très chaud ☀️ ! Nous entrons par la porte sud du parc, qui était la porte publique de l’époque. Il y avait 5 portes menant à ce complexe, une pour chaque point cardinal et une « porte de la victoire ». La porte nord était réservée aux moines, celle de l’est pour les morts et la porte de la victoire pour les militaires. Un rempart de 12 km relie ces 5 portes entre elles.
Le long du chemin menant à la porte sud, nous retrouvons à nouveau des statues de démons et de dieux représentant le mythe du barattage de lait. Il y a 54 statues de démons et 54 statues de dieux qui ont toutes été retrouvées par terre lorsque le site a été redécouvert en 1883 par M. Henri Mouhot, explorateur français. A nos yeux, il est difficile de différencier le côté des démons du côté des dieux… Mr Sokun nous explique alors que les démons ont des yeux globuleux, le nez épaté et un sourire énigmatique.
En haut de la porte, nous retrouvons à nouveau les 4 visages du roi fondateur. A l’origine, les têtes étaient ornées de serre-têtes plaqués d’or.

Les trous dans les pierres du mur ont été fait pour pouvoir les soulever avec des perches, comme l’ont fait les Incas en Amérique du Sud.

Une fois la porte passée, nous nous rendons au temple Bayon. C’est un temple réputé pour ses fresques, ornées de nombreux détails et bien conservées.
Ce temple date de la fin du XIIe siècle et il comportait 54 tours à quatre visages. Aujourd’hui, il n’en reste « que » 39 debout. Mr Sokun nous explique que les fresques ont été spécialement bien conservées car les murs ont été envahis par du lierre qui les a protégées des intempéries.
Après avoir franchi l’entrée, nous découvrons rapidement les gravures sur les murs. C’est impressionnant 🤩 ! Nous pouvons voir des déesses avec de nombreux bijoux, notamment des bracelets de chevilles et des diadèmes. Nous admirons également des danseuses apsaras, nymphes célestes d’une grande beauté, nées de la mer de lait.

Nous nous dirigeons ensuite vers une fresque d’environ 50m de long, extrêmement bien conservée. Au début de la paroi, nous pouvons voir des soldats en défilé de la victoire. Les habits, les cheveux et les visages sont différents selon selon leur origine. Les soldats khmers ont les cheveux courts et des lobes d’oreille allongés, tandis que les soldats chinois ont les yeux bridés, un chignon et une barbe. La relation étant bonne entre les deux pays, ils combattaient parfois côte à côte.
La fin du mur est moins bien conservée et il reste inachevé sur la partie supérieure.

Si vous voulez jouer à cherche et trouve, voici quelques détails à dénicher: une reine sur sa pirogue, une tortue 🐢 , une vendeuse endormie avec une personne qui vole dans son panier, une personne qui se fait mordre par un crocodile 🐊 , une autre qui se réfugie dans un arbre pourchassée par un chien 🐕 , un combat de sanglier et un combat de coq 🐓 (ces combats sont de nos jours illégaux, même s’ils se font encore).

C’est plein d’admiration que nous continuons la visite de ce temple.

Dans les dédales du temple, nous découvrons une magnifique statue très bien conservée! Elle a été cachée dans les fondations du bâtiment lorsque la cité a été envahie, ce qui a permis sa préservation. Cette statue date de la fin du XIIe siècle et elle serait l’originale, dont seule la tête est une copie car elle a été décapitée, comme beaucoup de statues de Bouddha.

En continuant la visite, nous découvrons d’autres gravures, dont deux cercles avec des perroquets 🦜 . Exactement le même design a été trouvé dans un temple du IXe siècle en Indonésie.

Le site est magnifique et nous ne nous lassons pas d’admirer les grandes tours aux visages sculptés. C’est impressionnant de les imaginer au temps de leur splendeur, lorsqu’elles étaient recouvertes d’or! La plus haute mesure 48m.

Nous remontons dans le rickshaw pour nous diriger vers un temple pyramidal, le Baphuon, dédié à Shiva. Il a été construit en 1060 par Udayadityavarman II et toute la mythologie hindoue y est gravée. Ce temple était à l’origine recouvert de bronze.

La fin de la matinée approche, alors nous nous dirigeons vers le Palais Royal avant de manger. Il s’étend sur une longueur de 600 mètres et des fouilles sont encore en cours.

Sur les murs, nous découvrons le serment du général, écrit en khmer ancien, qui était récité devant le palais royal.

Un des éléments probants qui marque l’entrée du palais est la terrasse des Eléphants, bâtie sous le règne du roi Jayavarman VII au XIIe siècle. C’est une terrasse de 350m de long sur laquelle le roi travaillait parfois et qui surplombe une plaine où se déroulaient fêtes, défilés militaires, etc. Elle s’élève entre 3m et 5m de haut selon les portions. Si le site est nommé ainsi c’est que tout le long du mur sont gravées et sculptées de nombreuses figures, dont plusieurs éléphants.

Cette magnifique terrasse est prolongée par une autre, surnommée la terrasse du roi lépreux. D’une longueur de 25m et s’élevant jusqu’à 6m de haut, la structure en grès est ornée de reliefs très détaillés représentant le panthéon hindouiste. Nous pouvons y retrouver diverses divinités ainsi que des Nagas, des Garudas et d’autres personnages.

Le nom de roi lépreux provient d’une statue datant de la fin du VIIIe siècle, sculptée sous le règne de Jayavarman II, fondateur de la royauté angkorienne. Elle aurait été déposée là par le roi Yasovarman lorsqu’il s’est installé sur le site. La statue a été nommée ainsi car il lui manque plusieurs doigts, ce qui aurait fait penser à la maladie de la lèpre, maladie qui aurait justement touché Yasovarman. Celle que nous pouvons observer n’est qu’une copie. En effet, pour éviter la détérioration et les vols, l’originale se trouve au musée national de Phnom Penh que nous avons visité au tout début de notre séjour cambodgien!

Après cette riche matinée de découvertes, d’émerveillement (et de marche 😅 ), notre guide nous propose de nous reposer et nous sustenter. Il nous amène dans un très joli restaurant où nous prenons place sur un espace légèrement surélevé avec une table basse. Nous allons ainsi manger assis par terre. Les plats sont délicieux 😋 et c’est requinqués et prêts à affronter le reste de la visite que nous repartons.

Le prochain site qui nous attend est celui de Ta Prohm. Il s’agit d’un autre lieu mythique d’Angkor que nous nous réjouissons de découvrir. La spécificité de cet endroit ce sont les nombreux arbres qui se mêlent aux ruines et qui nous donnent une vraie impression d’aventure lorsque nous déambulons à travers les vestiges archéologiques. Pour les amateurs de cinéma, c’est là où plusieurs scènes du film Lara Croft, Tomb Raider, avec Angelina Jolie, ont été tournées 🎥 .


M. Sokun nous explique qu’il s’agit d’un ancien temple (monastère royal d’après son nom originel), construit en 1180. Il a ensuite été abandonné en 1420, suite à l’invasion des troupes du roi d’Ayuthaya (Thaïlande). Ce sont les archéologues de l’Ecole française de l’Extrême Orient qui ont pris la décision de laisser les ruines en l’état, avec cette symbiose entre les murs et les arbres, ceux-ci se soutenant mutuellement. Leur intention était de conserver le temple tel qu’il était mais aussi d’éviter de fragiliser les murs en ôtant les arbres. Ceux-ci sont à nouveau des fromagers qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de mètres de haut. Mais ce n’est pas que leur hauteur qui nous impressionne, ce sont aussi les racines qui peuvent s’étirer, elles aussi, sur de longues distances.

Tout comme lors de notre visite d’Ayuthaya, en Thaïlande, nous nous plaisons à essayer de dénicher de jolis détails mélangeant des statues et des arbres, comme sur la photo ci-dessous.

Notre guide nous explique que de nombreux pays aident et subventionnent les rénovations de plusieurs sites archéologiques d’Angkor, tels que l’Inde pour le site de Ta Prohm. Certains panneaux nous permettent de mieux nous rendre compte de l’état dans lequel les archéologues ont retrouvé certains vestiges et de leur énorme et impressionnant travail de restauration.

Une galerie rénovée et restaurée, ainsi qu’une photo « avant/après ».

Une galerie en cours de rénovation.

Et une dernière galerie qui n’a pas encore bénéficié du passage des équipes de « rebâtisseurs »!

Alors que nous nous promenons dans les différents bâtiments qui forment le complexe, M. Sokun nous explique encore que de nombreuses sections du temple étaient décorées de plusieurs milliers de pierres précieuses, une vingtaine de diamants ainsi que de vaisselle en or et en argent. Tout cela a toutefois disparu suite aux nombreuses attaques. Nous essayons de nous projeter dans ce décor en imaginant les murs scintillants de trésors.
Nous nous promenons encore un peu dans les ruines avant de finalement les quitter afin de terminer notre journée par une dernière visite, et non des moindres.

Le dernier site pour cette journée dense et intense est Angkor Wat, le temple que beaucoup considèrent comme la huitième merveille du monde. Symbole des temples angkoriens, nous le retrouvons même sur le drapeau cambodgien. Pour la petite histoire, il s’agit d’ailleurs du seul drapeau national sur lequel est représenté un bâtiment réel. Les couleurs bleue et rouge sont les couleurs traditionnelles de l’Empire khmer du IXe siècle, le bleu symbolisant la royauté du Cambodge et le rouge la nation, le blanc évoquant lui la religion, principalement le bouddhisme.
Pour pouvoir y accéder, nous devons emprunter un pont provisoire, l’original étant en cours de rénovation, qui traverse le gigantesque bassin artificiel qui l’entoure. Ce bassin de 1’500m sur 1’300m a été entièrement creusé à la main et il a permis d’éviter que le site soit totalement englouti par la forêt lorsqu’il a été abandonné.

C’est le plus grand temple d’Angkor et il est considéré comme le plus grand monument religieux du monde. Il a été construit par le roi Suryavarman II au début du XIIe siècle en l’honneur du dieu Vishnu et les archéologues pensent qu’il devait aussi faire office de mausolée, temple funéraire du roi.
Plus récemment, notre guide nous raconte que lors de l’arrivée des troupes vietnamiennes, certains soldats khmers rouge se sont abrités dans les ruines du temple et des combats ont éclaté entre les deux armées. Il est apparemment encore possible de voir des impacts de balles sur certains murs.
Une fois le pont traversé, nous accédons à l’entrée du complexe. Une statue de Vishnu nous accueille avec ses offrandes faites par les visiteurs, offrandes qui semblent intéresser un singe bien massif 🐵 . Heureusement, celui-ci se désintéresse totalement de nous et nous ne revivons pas une scène telle qu’en Thaïlande. 😅

Nous commençons la visite des lieux par la galerie de l’enceinte extérieure. Il s’agit de magnifiques bas reliefs sculptés sur plusieurs dizaines de mètres de long, de rosaces et de fenêtres à colonnes. Des personnages de la mythologie hindoue ainsi que de nombreuses Apsaras, ces nymphes célestes dansantes, y sont représentés.

Nous poursuivons notre chemin en empruntant une avenue décorée de Nagas, longue de 350m, qui nous mène vers la seconde galerie. C’est sur la droite de cette avenue que nous nous arrêtons afin de procéder aux classiques photos avec la meilleure vue sur les célèbres tours du temple d’Angkor Wat.

Une fois les photos faites, nous entrons dans la deuxième galerie afin de découvrir de magnifiques fresques qui font plusieurs centaines de mètres de long et qui décrivent des mythes hindous, des événements de la vie quotidienne ou encore des événements liés au règne du roi.

M. Sokun nous donne quelques explications concernant certains pans du mur, en voici quelques unes:

A gauche: plus il y a de parasols représentés, plus la personne est importante. Il s’agirait ici d’une représentation du roi ou d’un des généraux les plus hauts placés.
Au milieu: les fresques étaient initialement en couleur.

A droite: les noms des généraux khmers avec leur grade.

A gauche: il s’agirait d’une représentation de l’enfer, avec des hommes affamés et torturés par des bourreaux.
A droite: le juge et dieu des morts, Yama, sur son buffle.

Le mythe hindou du barattage de la mer de lait.

Après une trentaine de minutes passées à admirer la finesse des détails représentés dans cette galerie, nous finissons par arriver au sein du sanctuaire central. Celui-ci est formé de plusieurs niveaux et pour accéder au sommet, là où se trouvent les tours emblématiques d’Angkor Wat, il nous faut gravir plusieurs escaliers escarpés. Les enfants n’étant pas autorisés à grimper tout en haut, les filles nous attendent patiemment en bas, avec notre guide, pas fâchées de pouvoir se reposer un peu… 😜

Nous finissons par quitter le site la tête remplie d’images plus incroyables les unes que les autres et le plaisir d’avoir découvert les plus beaux temples d’Angkor.

Une fois de retour à l’hôtel, nous en profitons pour piquer une tête dans la piscine afin de nous rafraîchir un peu. L’eau est fraîche mais ça fait du bien après avoir beaucoup marché et souffert de la chaleur.

Malgré la fatigue, nous décidons de sortir manger dehors et nous rendons dans un restaurant qu’Erwan, le propriétaire de l’hôtel, nous a conseillé. D’après lui on y mange très bien et pas trop cher. Notre première impression du lieu est qu’il s’agit d’un bar/disco pour les Européens en recherche de conquête cambodgienne… 😅
Serveuse en tenue de soirée (courte), musique forte et piste de danse bon marché, nous nous demandons où nous avons mis les pieds! Trop épuisés pour nous lancer dans la recherche d’un autre endroit, nous décidons de lui donner une chance et nous installons. Comme il n’est que le début de soirée, il n’y a presque personne, d’autant plus que les touristes sont peu nombreux en cette période d’épidémie. Nous commandons un Yao-Hon ou cambodian hot pot, un plat à mi-chemin entre la charbonnade et la fondue chinoise.

Le résultat est très satisfaisant, nous nous régalons (merci Erwan…) 😋 et nous ne regrettons pas d’être finalement restés là. Les serveuses sont très sympas avec nous et elles nous aident à préparer notre plat, voyant bien que nous sommes plutôt empruntés devant la marche à suivre! Nous finissons même par nous lancer sur la piste de danse afin de clore cette belle journée en beauté! 💃🕺

C’est le ventre bien rempli et surtout exténués que nous rentrons à l’hôtel pour nous coucher. La journée a été plus que bien remplie et tout le monde n’a qu’une envie: retrouver son lit et profiter d’une bonne nuit de sommeil! 😴

A dans quelques jours pour la suite et fin de notre séjour à Siem Reap,
Philippe et Gabrielle

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