Bangkok 2

4. L’Asie – Thaïlande

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09.04.2022

Après une nuit plutôt bonne dans le train, nous arrivons « malheureusement » à l’heure car il nous faut nous réveiller vers 5:30, l’arrivée étant prévue à 6:30. Et pas possible de traîner un peu car le responsable du wagon passe rapidement pour défaire les lits et les ranger.

Aujourd’hui, c’est un passage éclair dans la capitale, mais il vaut la peine car Gabrielle va y retrouver un ami d’il y a plus de 20 ans : Pok Pong ! Ils se sont rencontrés au Colorado en 1999-2000, car tous deux étaient étudiant.e.s dans la même high school. Ils avaient gardé un lointain contact grâce à Facebook et Gabrielle l’avait contacté lorsque nous avions su que nous allions pouvoir entrer en Thaïlande. Il travaille actuellement pour l’ONU à Phnom Penh, mais il revient très régulièrement à Bangkok car sa femme et ses parents y habitent. Sa femme habite avec ses parents à lui, comme le veut la tradition.

C’est d’ailleurs grâce à Pong que nous avons pu acheter de la crème solaire waterproof en début de voyage car tout était écrit en thaï et impossible de trouver l’info avec l’option appareil photo de Google Translate.

Nous passons d’abord au terminal de bus pour y déposer nos sacs et acheter de quoi grignoter pour le petit-déjeuner.
Le bâtiment est plutôt bien rempli et tout à coup tout le monde se lève et/ou s’immobilise… C’est impressionnant! Nous mettons une dizaine de secondes pour comprendre que cela est dû au retentissement de l’hymne national! Il est en effet obligatoire de cesser tout mouvement durant toute la durée de la musique en l’honneur du roi du pays. Tout le monde obéit, c’est étonnant à voir! Lorsque retentit la dernière note, la vie reprend soudain comme avant.

Après cet étrange interlude musical, nous partons pour le Palais Royal, où nous avons rendez-vous avec Pong. Notre taxi nous dépose à l’opposé de l’entrée du palais et nous devons marcher une bonne vingtaine de minutes pour rejoindre le bon endroit… Non sans que de nombreux chauffeurs de tuk tuk nous assurent qu’il est fermé aujourd’hui mais qu’ils peuvent nous emmener pour voir un autre temple magnifique 🙃. Heureusement, nous sommes habitués à ce stratagème et nous continuons notre marche. Ce détour n’étant pas prévu, nous sommes en retard pour notre rendez-vous avec Pong… Il faut avouer que notre ponctualité suisse en a pris un coup depuis huit mois 🤪.
Au passage du premier portail, nous constatons que la rumeur dit vrai… Même les hommes doivent avoir les jambes couvertes ici! Ce qui n’est, bien sûr, pas le cas de Philippe. Nous sommes donc obligés d’acheter un pantalon large pour lui, vendu partout d’ailleurs… Ça fera un souvenir 🤪🤦🏼‍♂️🤦🏼‍♀️.

Nous arrivons enfin au lieu de rendez-vous et retrouvons Pong, qui nous attend patiemment malgré notre retard… Il avait pris un livre 🙃.
C’est très chouette de le revoir… Nous n’avons pas tant changé que ça en 20 ans 😂 !
Les présentations faites, nous partons pour visiter le palais royal, où se trouve la statue du Bouddha d’Emeraude, retrouvée à l’origine à Chiang Rai (son histoire est racontée dans notre article sur Chiang Rai).
C’est une bonne chose de visiter ce site avec Pong car c’est comme avoir un guide personnel. Il est d’ailleurs interpellé deux fois par un guide puis un gardien car il n’a pas de badge lui permettant d’être guide en ce lieu 🙃. En effet, il est ici interdit de guider des gens sans être patenté.

Nous commençons par observer les fresques qui se trouvent juste à l’entrée. Elles racontent les mythes fondateurs de la Thaïlande: les mythes des Rama, dont la dynastie actuelle a d’ailleurs repris le nom. Ces histoires sont constituées de multiples batailles entre les démons et les Rama. Ces derniers étaient accompagnés de singes qui avaient des pouvoirs magiques et qui les aidaient dans leurs combats.

Lors de nos nombreuses visites, nous avions remarqué beaucoup de statues au style très chinois: signes du zodiaque chinois, hommes à barbe longue, garde chinois, etc. Pong nous explique que c’est grâce à la Chine qui faisait beaucoup de commerce avec la Thaïlande. A l’aller, il leur fallait lester leur bateau et ils utilisaient alors ces statues très lourdes. Ils les vendaient ensuite en Thaïlande et ils s’en retournaient chez eux les cales pleines de produits thaïs. Il y en a énormément à Bangkok !

Maintenant il est tant d’entrer dans le vif du sujet: le temple accueillant le Bouddha d’émeraude. Beaucoup de personnes s’y rendent pour prier (l’entrée est gratuite pour les Thaïs). Nous constatons que la statue est habillée et Pong nous explique que les habits sont changés à chaque saison (pluie, chaude, froide) et que c’est le roi en personne qui vient procéder à l’habillage.

Les visiteurs thaïlandais sont nombreux et nous avons régulièrement rencontré des moines dans les temples, venus prier mais également venus visiter en tant que touristes. Cela nous faisait bizarre au début! Nous avons souvent vu des moins dans des lieux de la vie quotidienne et pas forcément dans les temples, comme le veut la tradition.

En passant devant le palais du roi Rama V, Pong nous parle de ce roi qui a ouvert le pays vers l’Occident. Il a d’ailleurs fait construire les bases de son palais selon l’architecture occidentale: ce sont des éléphants qui gardent l’entrée (et pas des « lions ») et la base du palais possède des colonnes grecques. Ce roi a fait preuve d’ingéniosité car il a envoyé ses 77(!) enfants dans les différents pays d’Europe pour y être scolarisés. Ceci aurait permis à la Thaïlande de garder de bonnes relations avec tous ces pays et cela aurait donc grandement contribué au fait que la Thaïlande n’ait jamais été colonisée.
De nos jours, les ambassadeurs sont accueillis ici.

Après cette visite, nous allons manger avant de partir faire un tour en bateau sur les khlongs (les canaux) du fleuve Chao Phraya (le troisième plus grand fleuve de Thaïlande). Pong s’est occupé de réserver le bateau et il nous raconte avoir à nouveau été pris pour un guide et que le batelier voulait nous faire payer le prix fort. Un autre avantage de visiter avec un local 😉 !

Nous passons rapidement devant le Port Royal avec les bateaux royaux. Il y abrite certains modèles richement décorés, utilisés lors de cérémonie religieuse ou protocolaire. Ce port n’est pas si intéressant que ça car nous ne pouvons pas admirer les différents navires et nous ne nous y attardons pas 🙃 !

A un moment donné, Pong nous propose de nourrir les poissons qui se trouvent dans la rivière juste devant un temple. Ceux-ci sont privilégiés car, s’ils se trouvent là, ils ne peuvent être pêchés ! La tradition bouddhiste de les nourrir leur permet donc de ne pas finir au bout d’un hameçon 😅.

Le long du canal, nous découvrons des maisons très diverses: de très délabrées à très luxueuses! Dans les jardins privés, nous observons de nombreux petits autels et Pong nous explique que ceux-ci sont construits pour que les esprits des ancêtres protègent la maisonnée. Nous passons également devant un marché flottant, animé malgré le fait que nous soyons l’après-midi. Tout au long de notre ballade au fil de l’eau, nous pouvons observer de nombreux varans qui vivent le long du fleuve, malgré les très nombreux déchets qui y flottent.

Durant le trajet, Pong nous explique avoir été moine durant un mois, à l’âge de 21 ans. En effet, la tradition thaïlandaise veut que les jeunes hommes thaïs (et jeunes femmes si elles le désirent) passent entre un et trois mois dans un monastère, une étape marquant le passage de jeune à adulte. 
Il a vécu ce mois de manière stricte, c’est-à-dire sans contact, sans internet et sans journaux. Il se levait à 3:00 du matin pour méditer. À 6:00, il sortait avec les autres moines pour chercher à manger (les moines sortent avec un grand bol dans lequel les personnes déposent de la nourriture). Au retour, ils mangeaient ce qu’ils avaient reçu puis ils nettoyaient le temple. A 12:00, ils mangeaient le reste de ce qu’ils avaient reçu le matin et à partir de ce moment, ils ne pouvaient plus manger jusqu’au lendemain matin. Ils avaient cependant le droit de boire.
De nos jours, cette période de « retraite spirituelle » est beaucoup moins suivie, ou juste pour une semaine. De plus, les moines ne suivent plus forcément des principes très strictes car ils ont souvent des natels! Les enfants et adolescents que nous voyons dans les temples sont envoyés par leurs parents pour avoir une éducation, eux-mêmes ne pouvant pas la payer.

Nous terminons notre sortie sur le fleuve au Wat Arun, originalement appelé Wat Chaeng , le temple de l’aube. Ce temple a été construit avant le XVIIe siècle puis il a été restauré en 1767 par le roi Taskin le Grand lorsqu’il a dû fuir la ville d’Ayutthaya, attaquée par les Birmans. Durant sa fuite, il a dit vouloir construire la nouvelle capitale au lieu où ils se trouveraient au lever du soleil. C’est juste à côté de ces ruines que le roi se trouvait à l’aube et il décida donc de les restaurer et de construire son palais sur le site. Ce n’est que plus tard que le palais royal fut transféré sur l’autre rive du fleuve.
Pong nous explique que nous pouvons voir que c’est un temple d’origine hindoue car il n’y a pas d’image du Bouddha, mais des divinités hindoues et des éléphants. Chaque stoupa est soutenue par des éléments différents: des géants, des singes ou des dieux. Par la suite, des reliques du Bouddha ont été déposées à l’intérieur de la plus grande tour.

Une fois la visite terminée, nous nous rendons dans un café pour un goûter. (C’est ici que nous avons pris la photo du moine en train de lire, que nous avons insérée plus haut). Une bonne heure plus tard, il est temps de dire au-revoir à Pong. Ce n’est toutefois pas un adieu car nous avons prévu de nous voir à Phnom Penh, au Cambodge, puisqu’il y travaille.

Nous prenons ensuite un bateau-bus puis un taxi pour rejoindre la gare des bus car il est bientôt l’heure pour nous de quitter la capitale en direction du sud de la Thaïlande et des ses îles. Notre passage éclair à Bangkok est terminé et nous embarquons en début de soirée pour notre premier trajet asiatique en bus de nuit. Ce n’est pas aussi confortable qu’en Amérique du Sud car les sièges ne s’inclinent presque pas, on verra comment nous allons dormir… 🙃.

A tout bientôt !
Philippe et Gabrielle

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