Road Trip 1/3: Chiang Rai

4. L’Asie – Thaïlande

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

28.03 au 31.03.2022

Pour partir en road trip, nous devons logiquement louer une voiture. Nous avons pris une sous-marque d’Europcar dont le centre de collecte est à l’aéroport de Chiang Mai. Arrivés sur place, nous errons pendant de longues minutes afin de trouver le comptoir de l’agence car le lieu indiqué sur notre réservation n’existe plus à cause du Covid… Nous nous dirigeons à l’autre bout du terminal où se trouvent toutes les agences de location de voitures, mais pas de traces de la nôtre et les autres entreprises n’en savent pas plus que nous… Bref, nous espérons que l’agence existe vraiment 😳 ! Le numéro de natel que nous avons ne répond pas et l’agence principale non plus, ça n’aide pas à faire descendre la pression! Nous arrivons finalement à atteindre un bureau… qui est la centrale qui se trouve en France! Heureusement, nous avons une application qui nous permet d’appeler des numéros fixes à l’international à coût très minime. L’employé français essaye de nous aider du mieux qu’il peut mais il a le même numéro que nous. Philippe est sorti entre-temps voir du côté des voitures et trouve deux employés de l’agence assis devant une table en plastique au fond du parking… Apparemment, leurs prix sont les plus bas car ils ont décidé de rogner sur les infrastructures 😂 ! Pourvu qu’ils n’aient pas rogné aussi sur l’état de leurs véhicules 🙃 .
Tout est bien qui finit bien et la pression redescend. La voiture est plus grande que nous pensions et déjà un peu rayée… c’est toujours moins de stress dans ces cas-là 🤦🏼‍♀️ ! Surtout que, roulant à gauche, la place du conducteur est à droite de la voiture et il faudra s’adapter pour les manoeuvres 😉.

C’est Gabrielle qui conduit car Philippe n’est pas autorisé à conduire, son permis ne datant que de sept mois (il l’a passé trois jours avant notre départ!). Ce n’est pas la première fois qu’elle conduit à gauche et elle retrouve assez vite ses marques. Son appréhension principale est l’entrée dans les ronds-points 🤦🏼‍♀️ . Pour finir, ce n’est pas ça qui dérange le plus, mais l’activation intempestive des essuies-glaces au lieu des clignotants 😂.

Nous partons pour Chiang Rai, 250 kilomètres au nord de Chiang Mai. Nous décidons de passer par la route panoramique, plus longue mais plus intéressante niveau paysages. Cela nous permet également de faire un arrêt à Namtok Bua Tong, surnommé « Sticky Waterfalls » (les cascades collantes). Ces cascades sont très particulières car l’eau est très chargée en carbonate de calcium qui s’est déposé à la surface des rochers au fil des millénaires. Ces derniers sont devenus rugueux et « collants », et donc pas du tout glissants.
Comme nous sommes lundi, il n’y a pas trop de monde (le week-end et durant les vacances c’est bondé!) et nous pouvons remonter les cascades à notre guise. Nous passons deux très chouettes heures à nous prendre pour des spiderman et spiderwomen.

Une fois rafraîchis, nous reprenons la route pour atteindre Chiang Rai. Comme le soir arrive gentiment et que nous avons faim, nous nous arrêtons au marché d’un petit village. Nous devons être les seuls touristes à s’arrêter ici et il est parfois difficile de comprendre ce que nous allons manger 🙃.

Il fait nuit lorsque nous arrivons à Chiang Rai et nous prenons rapidement possession de notre chambre. Nous profiterons de la piscine demain!


Le lendemain matin, nous profitons d’une matinée tranquille pour faire un peu d’école et nous baigner, malgré le temps couvert.

L’après-midi, nous partons visiter les deux temples qui sortent du lot sur Chiang Rai: le temple blanc (Wat Rong Khun) et le Wat Phra Kew. Bien sûr, les filles s’exclament « encore des temples! » 🤪. Toutefois, ceux-ci sont bien différents de ceux que nous avons pu voir jusqu’à maintenant!

Le premier, le temple blanc, est vraiment très spécial! Ce n’est en fait pas vraiment un temple, mais plutôt une oeuvre d’art mélangeant le religieux et le contemporain. Il a été créé par l’artiste thaïlandais Chalermchai Kositpipat et il a été ouvert aux visiteurs en 1997.
Nous découvrons un univers vraiment très particulier, mélangeant des statues de nagas et de dieux hindous à des statues de robots, de monstres ou encore des fresques de Spiderman, Harry Potter, Michael Jackson, Maître Yoda, un mignon, Elvis Presley, etc. Il est malheureusement interdit de faire des photos à l’intérieur du bâtiment où se trouvent ces fresques, c’est dommage!

L’ensemble est entièrement blanc, ce qui rend le tout très lumineux et impressionnant.

Sur ce site, il y a également quelques bâtiments colorés, à l’écart du bâtiment principal.

Après ce temple plus qu’original, nous allons à la découverte du Wat Phra Kew, un temple tout ce qu’il y a de plus traditionnel. C’est ici que le Bouddha d’émeraude de Bangkok a été retrouvé. Cette statue a été sculptée vers 234 BC en Inde mais elle a été déplacée à maintes reprises avant d’être redécouverte ici. Elle est d’abord partie au Sri Lanka, puis elle a embarqué sur un bateau pour retourner en Inde. Toutefois, ce bateau a dérivé et il est arrivé au Cambodge. En 1390 AD, le roi de Chiang Rai, en voyage au Cambodge, l’a dérobée secrètement et il l’a cachée ici, dans le stupa. Un jour, ce dernier a été frappé par la foudre et la statue a été révélée dans la chambre des reliques. Depuis lors, elle a encore bougé quatre fois avant d’arriver finalement à Bangkok en 1778, au Palais Royal. Elle s’y trouve encore aujourd’hui et nous pourrons l’admirer lorsque nous reviendrons à Bangkok dans quelques jours. Cette statue est très vénérée et elle protégerait toute la nation thaï.

Ici, au Wat Phra Kew, c’est une réplique en jade qui est exposée. La meilleure jade, venant du Canada, a été utilisée pour la fabriquer.

Nous décidons de commencer par un petit musée avant d’aller découvrir le célèbre Bouddha. Il est étonnamment bien arrangé, avec des explications près des objets, ce qui est rarement le cas ici.
A l’étage se trouve un tambour que nous avons le droit d’essayer. Ce tambour est appelé « tambour de la grenouille ou tambour de la pluie ». Philippe puis les filles s’y essayent et deux minutes plus tard, il se met à pleuvoir 😬 🙃.

Les filles vous font découvrir un tableau de ce petit musée et vous proposent une énigme:

Quels sont les cinq animaux que vous pouvez voir dans cet être de la mythologie bouddhiste représentant la force et le pouvoir?

La réponse:

Nous sommes en plein tournage lorsque le gardien vient nous avertir qu’il est 17h et que le musée va fermer. Nous nous empressons donc de terminer notre film. En sortant, nous nous apercevons que c’est l’ensemble du site qui ferme à la même heure et nous parcourons au pas de course, sous la pluie, les 30 mètres qui nous séparent de la pagode abritant le Bouddha d’émeraude (en jade). Trop tard, le moine a déjà fermé le temple! Philippe essaye de lui demander s’il est possible de faire une rapide visite, mais ils n’arrivent pas à se comprendre. Le moine ne parle que thaï et Google Translate ne traduit apparemment pas correctement. Nous allons donc devoir y revenir après-demain 🤦🏼‍♀️ 🤦🏼‍♂️ .

Nous rentrons à l’hôtel pour nous sécher en prévision de ressortir manger au marché de nuit. Mais nous sommes trop fatigués et le ciel est à nouveau menaçant alors nous décidons de manger tranquillement au restaurant de l’hôtel.


Le lendemain, nous avons une journée bien remplie en perspective. Nous partons visiter un autre temple au design particulier: le Temple Bleu (de son vrai nom Wat Rongseuaten). Son nom en thaï veut dire « le temple des tigres dansants » car il se trouve près d’une rivière où jadis des tigres se rendaient. Ce temple en est véritablement un cette fois-ci car des moines y habitent, ce qui n’est pas le cas du Temple Blanc par exemple.
Le début de sa construction date de 2005 et il n’est pas encore terminé! Il a cependant été ouvert aux visiteurs en 2016. C’est un disciple de l’architecte du Temple Blanc qui en est le concepteur, ce qui explique son originalité.

La visite terminée, nous partons plus au nord afin de visiter une plantation de thé. Nous avons cherché une plantation d’un petit producteur, mais la seule possibilité que nous avons trouvée est de visiter Choui Fang, une grande plantation qui est la plus connue de la région.
En arrivant, nous sommes déçus car il n’y a aucune explication! Les vues sur les champs de thé sont jolies, mais nous restons sur notre faim. Toutefois, nos estomacs vont pouvoir être nourris à défaut de notre cerveau car il est possible de manger sur une jolie terrasse des produits déclinés autour du thé… à des prix très élevés bien sûr. Nous achetons quand même quelques douceurs, nous ne pouvions pas laisser passer cette opportunité 😋 !

A la fin de la dégustation, Gabrielle demande à une employée du magasin de souvenirs (eh oui, incontournable dans un lieu qui accueille des touristes 😉) s’il y a des panneaux explicatifs qui montrent quel est le processus pour fabriquer le thé. L’anglais ne passe pas, le thaï via Google Translate non plus… une deuxième employée arrive qui parle un peu anglais. Après une bonne minute d’incompréhension, elle commence à lui dire « alors, il faut mettre les feuille de thé dans une tasse et verser de l’eau bouillante dessus » 😂 🤪. Gabrielle comprend mieux son expression un peu surprise lors de sa question! Bref, il n’y a vraiment aucune explication nulle part.
Nous partons alors en autonomie visiter le domaine afin de découvrir la façon dont pousse le thé. En chemin, nous découvrons un enclos avec des biches et des cerfs de la région pour le plus grand bonheur des filles. Nous décidons ensuite de remonter à travers champs car des ouvrières sont en train d’y travailler. Nous savons bien que nous ne sommes pas censés passer par là, mais nous nous lançons quand même… Estelle n’est vraiment pas contente (elle déteste quand nous faisons quelque chose d’interdit où quelqu’un pourrait nous « gronder »)! Nous arrivons près des ouvrières et nous essayons d’entamer la conversation, mais apparemment elles ne parlent ni anglais, ni thaï… Elles doivent venir de Birmanie ou du Laos. Gabrielle leur demande si elle peut faire une photo d’elles au travail, mais elles réclament de l’argent. Nous refusons car nous ne sommes pas à l’aise de payer une personne pour la prendre en photo. Lorsque nous les quittons, deux femmes changent d’avis et elles nous demandent de les prendre en photo.
Ce n’est pas la saison des récoltes de thé, alors le travail n’est que d’entretien: arrachage des plantes indésirables et taille des arbustes.

Nous quittons la plantation déçus du manque d’informations fournies. Il faut relever que c’est régulièrement le cas en Thaïlande, où nous trouvons souvent de magnifiques endroits « instagramables », à savoir de jolis points de vue pour se mettre en scène sur les réseaux sociaux, mais pas toujours des panneaux explicatifs… Nous décidons du coup de nous rendre tout au nord du pays afin de découvrir le Triangle d’Or. C’était en option sur notre planning de la journée, nous avions décidé de nous adapter en fonction du temps que nous allions passer à la plantation. Nous avons bien assez de temps devant nous, alors c’est parti!

Le Triangle d’Or est une région montagneuse, dont le Mékong sert de frontière, située au carrefour de trois pays: la Thaïlande, le Laos et le Myanmar (anciennement appelé la Birmanie). Il traîne une réputation sulfureuse car depuis le milieu du XXe siècle c’est l’une des principales zones mondiales de production d’opium. Pendant de longues années c’était une zone dangereuse et instable, gérée par des seigneurs de guerre liés au trafic de drogues. Toutefois, depuis le début du XXe siècle, la situation s’est grandement améliorée car une large campagne d’éradication du pavot a été menée conjointement par les trois pays.
Le nom de « Triangle d’Or » fait référence bien entendu aux trois pays mais aussi au fait que la drogue y était majoritairement payée en or. Au-delà de l’intérêt historique lié à la région, il s’agit aussi pour nous de notre première rencontre avec le Mékong, ce si célèbre fleuve de l’Asie du Sud-Est!

Nous mangeons dans un restaurant qui le surplombe, peu avant le fameux Triangle d’Or. De l’autre côté du fleuve, c’est le Myanmar! C’est vraiment une toute petite gargotte en bord de route et apparemment les touristes n’y viennent pas souvent car la carte est uniquement en thaï et la serveuse ne parle pas anglais. Heureusement nous avons une carte sim locale avec internet et nous utilisons la fonction photo de Google Translate pour rendre le menu lisible. La police d’écriture utilisée n’est pas bien reconnue par le traducteur, mais nous arrivons à trouver quelques plats dont les noms nous semblent familiers 😅. Au final, le résultat est plutôt bon, tout le monde s’est bien régalé!

Après nous être promené un peu le long du fleuve, nous reprenons la route pour rentrer à Chiang Rai. Une fois à l’hôtel, nous profitons de la piscine malgré le temps nuageux. En début de soirée, comme il ne pleut pas, nous décidons d’aller enfin tester le night market pour y manger car c’est notre dernier soir ici. Ce marché est en fait plutôt un food court avec des stands de restauration tout autour. Cinq-six petits stands de souvenirs, habits et autres se trouvent dans une des ruelles qui borde le night market. Il n’y a pas grand monde et l’endroit est bien vide. Nous constatons à nouveau combien le nombre de touristes a drastiquement diminué depuis la pandémie!


Avant de quitter Chiang Rai, nous devons repasser au temple du Bouddha d’émeraude pour terminer notre visite d’il y a deux jours 🙃.
Le retour vaut le détour, pas seulement pour la statue du Bouddha en elle même, mais aussi pour les tableaux bordés de carrelage d’émeraude illustrant l’histoire du temple. Ils ne sont pas spécialement plus beaux que dans les autres temples, mais la mise en scène est originale! Nous nous croyons presque dans une salle de bain car toute la pièce est en carrelage vert.

Dans l’enceinte du temple, un moine nous indique la présence d’un arbre spécifique qui se trouve très régulièrement dans les temples car il est considéré comme sacré dans l’hindouisme et le bouddhisme: le cannonball tree. Beaucoup de Thaïs pensent que Bouddha serait né sous un tel arbre… Bien qu’il n’existait pas en Asie à l’époque de sa naissance (il est originaire d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud)… C’est en fait une erreur car il serait né sous un sal tree, auquel le cannonball tree ressemble beaucoup. Le sal tree, lui, est natif de la région. Les fleurs du cannonball tree sont très odorantes et ses fruits sont de grosses boules dures, d’où lui vient son nom: arbre boule de canon. Un arbre arrivé à maturité peut produire jusqu’à 1’000 fleurs par jour et parfume agréablement les cours des temples du pays.

Après cette dernière visite nous quittons Chiang Rai pour continuer notre road trip. Rendez-vous au prochain épisode!
Gabrielle et Philippe.

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