
3. L’Océanie – Polynésie
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
08.03 au 11.03.2022
Nous voici sur Huahine, île dont Disney s’est inspiré pour le film « Vaïana, la légende du bout du monde ». Voici quelques éléments à ce propos:
- Tout d’abord, le profil des sommets de l’île fait penser à une femme couchée ce qui a donné l’idée pour la fin du film. En effet, en conlusion du dessin animé, Te Fiti, la déesse de la nature et de la vie, se couche et forme le profil particulier de cette île.
- Nous apprenons également que « Nui » veut dire grand et donc l’île du film, « Motunui », veut dire le grand motu !
- Une des activités préférées des filles sur cette île sera de trouver des « coeurs de Te Fiti », élément central du film. C’est une sorte de caillou (l’opercule d’un coquillage) que nous pouvons trouver sur les plages.
Une séance de cinéma a bien sûr été organisée pour les enfants sur Maupiti afin de revoir le film! 😃



Sur Huahine, nous habitons dans des lieux séparés, alors nous partons chacun de notre côté pour découvrir nos logements respectifs. Le nôtre se trouve à cinq minutes en voiture de l’aéroport et nous arrivons dans une petite maisonnette joliment décorée, près d’une petite plage. Il sera difficile d’y nager car l’eau est très peu profonde, avec des rochers, mais la vue est magnifique.
A l’intérieur, les filles sont contentes de voir que, pour la première fois en Polynésie, elles auront chacune leur chambre!! Bon, Estelle, c’est au salon 😉. Nous découvrons qu’il y a des livres et quelques jeux de société au salon. Les filles s’empressent de lire les petits livres puis nous nous lançons dans une partie des « Incollables ».



Après nous être rendus au supermarché pour acheter de quoi nous nourrir ces prochains jours, nous partons prendre l’apéro sur la plage au coucher du soleil. Magnifique!
Aujourd’hui, nous partons faire le tour de l’île en voiture. Nous commençons par visiter le marae Maeva et son petit musée, le Fare Pote’e. Ce dernier est situé dans une authentique maison polynésienne, conservée de manière exceptionnelle. Nous y apprenons un peu plus sur les légendes des peuples anciens de l’île, dont certaines sont évoquées dans le film Vaïana 😉.
En voici trois:
La formation de l’île:
L’île de Huahine est coupée en deux, Huahine Nui et Huahine Iti. Ces deux parties sont reliées par un pont.
La légende raconte qu’un jour, le dieu Hiro décida de naviguer vers Huahine (To’ reau roa, de son ancien nom) avec ses frères. Durant la nuit, le dieu décida d’aller se reposer et il demanda à ses frères de le réveiller lorsque les terres seraient en vue car le vent risquait de tourner et la brume de se lever. Ils risqueraient donc de s’échouer. Les frères ne prêtèrent cependant guère attention aux paroles de leur frère aîné. Quelques heures plus tard, le vent se mit à tourner mais les frères ne réveillèrent pas Hiro car ils aimaient sentir le vent gonfler les voiles et les emmener à grande vitesse. Ils ne virent pas l’île approcher et, à cause de la vitesse, ils la traversèrent de part en part, coupant l’île en deux. En se réveillant, Hiro essaya de réparer la bêtise de ses frères, mais il en perdit sa rame. Il lança alors son hameçon sur la falaise afin de réunir les deux îles. Malheureusement, il ne réussit pas.
Depuis lors, il est possible de voir la rame et l’hameçon sur une des falaises de la baie de Maroe.
Les huit districts de l’île:
Hotuhiva était la fille du roi de Hawaiki (ancienne Ra’iatea). Un jour son père lui annonça qu’elle allait se marier le lendemain avec un chef de clan. La princesse ne voulait pas de ce mariage et elle décida de fuir durant la nuit en bateau.
Ensuite il y a deux versions:
1) Elle arriva sur l’île de Huahine, où elle rencontra son premier amour, avec qui elle aura quatre enfants. Après le décès de son mari, Hotuhiva se remaria et elle eut à nouveau quatre enfants. À sa mort, l’ile fut divisée en huit districts, qui sont encore actuels aujourd’hui.
2) Elle arriva sur Huahine où la population l’accepta rapidement, malgré qu’elle n’ait pas voulu révéler son identité. Un jour de fête, la jeune femme dansa si bien qu’elle en subjugua le dieu Tane. Ils eurent huit enfants qui formèrent les huit districts de l’île.

Maui et le soleil
Maui, héros du film « Vaïana », est vraiment un demi-dieu dans les légendes polynésiennes qui réalisa de nombreux exploits. Gabrielle a entendu un guide le comparer à Hercule, héros de la mythologie grecque.
Selon la légende, il attrapa le soleil dans son filet afin de ralentir sa course et permettre aux journée de durer plus longtemps.. Grâce à cela, les hommes purent découvrir le feu et cuire leurs aliments.
Il existe plusieurs versions de ce mythe, en voici la version tahitienne:
https://www.tahitiheritage.pf/legende-maui-soleil/#:~:text=L’exploit%20du%20guerrier%20Maui,briller%20pendant%20de%20longues%20journ%C3%A9es.

A l’entrée du musée, se trouve une grande toile qui décrit l’origine du monde, selon les récits polynésiens.
Nous pouvons également admirer de nombreux objets anciens qui nous en disent plus sur la manière de vivre des habitants d’autrefois: outils, armes, bijoux, bateaux, etc. Le bateau était (est) un élément central de la culture polynésienne, ce peuple vivant sur des îles. A l’époque, les jeunes hommes s’affrontaient dans des joutes de cerfs-volants afin de montrer leur capacité à maîtriser les vents, prouvant ainsi leurs talents de marins.
Nous apprenons que Maeva était l’ancienne capitale de Huahine et qu’elle abritait les chefferies des îles. Elle devait être un des centres spirituels les plus importants de Polynésie car un nombre très important de marae ont été retrouvés ici. Huahine est ainsi l’île la plus riche d’un point de vue archéologique.




Après cette visite très intéressante, nous retournons à la voiture pour continuer notre tour de l’île. En chemin, nous pouvons apercevoir de nombreux systèmes de pêche traditionnelle : une ligne de pierres guide les poissons vers une sorte d’enclos plus profond. A marée haute, les poissons entrent dans l’enclos par le « chenal » et, à marée basse, ils s’y retrouvent prisonniers. Les pêcheurs peuvent ensuite venir facilement les « récolter ». Ce système est encore utilisé aujourd’hui.


Nous poursuivons notre route vers le marae Manunu et un « jardin de corail ». Ils se trouvent près d’un hôtel de luxe qui a fait faillite et la plage est donc bien aménagée. Nous profitons de cette pause pour faire du snorkeling et manger notre pique-nique.
Durant notre sortie avec masque et tuba, nous avons la chance d’apercevoir des poissons clowns (Nemo) et d’en prendre un en photo. Ils habitent dans des anémones de mer très urticantes, ce sont d’ailleurs les seuls poissons connus à pouvoir vivre parmi les tentacules de l’anémone de mer, car leurs écailles sont recouvertes d’une protection gélatineuse. Ces deux animaux marins vivent en symbiose car ils se rendent mutuellement service: l’anémone protège le poisson clown des prédateurs tandis que celui-ci nettoie ses tentacules des parasites et des restes de nourriture. Ils sont très craintifs et ils rentrent dans leur anémone au moindre mouvement. Ces dernières sont toujours entourées de mini-poissons qui ressemblent à des poissons clowns, mais à l’intérieur se cache toujours un gros poisson clown, qu’il est difficile d’entrevoir.



Notre prochaine étape nous emmène à la découverte d’un village où se trouvent de nombreuses anguilles sacrées, aux yeux bleus. Nous nous attendons à un étang, mais c’est en fait un tout petit cours d’eau avec très peu de profondeur! Les anguilles y sont très grosses car elles sont nourries par les villageois. Une petite fille se met d’ailleurs à l’eau pour essayer d’en attraper !




Nous ne restons pas très longtemps car elles ne bougent que très rarement (il faut dire qu’elles n’en ont pas vraiment la place ,vu le peu d’eau dans laquelle elles barbotent…) et leur apparence n’est pas des plus attirante 😜.
Nous continuons notre road trip en direction d’un mirador avec une belle vue sur le lagon. Nous y faisons un arrêt photo avant de redescendre au bord de l’océan.


Les paréos de Polynésie sont réputés et nous ne manquons pas de nous arrêter chez une française de la métropole qui a appris cet art. Elle nous initie à la peinture sur paréo avec des couleurs qui plaisent énormément à Gabrielle 🤩.
Nous ne craquons toutefois pas car les prix sont très élevés et la place dans nos sacs est restreinte. Le meilleur argument de Philippe quand nous sommes tentées par un achat: « Vous allez y mettre où ? C’est en tout cas pas moi qui vais y porter dans mon sac! » 😂🙃
Notre dernière étape est la visite du marae le mieux conservé de l’île, le marae Manini. Les murs sont encore debout sur trois étages et cela nous permet de mieux imaginer à quoi les marae devaient ressembler à l’époque.



Le soir, nous rejoignons les Calvayrac au village pour un apéro en bord de plage et le souper.
Tama’a Maïtaï veut dire Bon Appétit!
Pour notre dernier jour sur Huahine, nous partons avec les Calvayrac en bateau pour faire le tour de l’île. Nous sommes une quinzaine, accompagnés par l’hôte des Calvayrac, un guide et un musicien.
Pour commencer, notre guide nous parle du profil des collines de l’île, qui représenterait une femme enceinte couchée sur le dos: (de droite à gauche) les cheveux, le visage, les deux seins, le ventre gonflé avec le nombril qui ressort, typique de la femme enceinte et le haut des jambes pliées. La version Disney a été un peu édulcorée pour les enfants 😉.


Après une dizaine de minutes de navigation en musique, nous passons devant un village de pêcheurs qui n’est accessible qu’en bateau. Ils pêchent des poissons, des langoustes et des bénitiers. Leurs enfants vont à l’école en bateau, mais si la mer est trop agitée, ils ne peuvent pas s’y rendre. C’est durant cette discussion que nous apprenons qu’il n’y a pas d’hôpital sur l’île mais seulement un dispensaire, comme c’est souvent le cas sur les îles de Polynésie. Si nécessaire, ils doivent aller sur Ra’iatea ou Tahiti. Les jeunes lycéens doivent également s’y déplacer car les écoles ici ne vont que jusqu’au cycle d’orientation.
Nous arrivons rapidement au site de snorkeling. Au moment d’entrer dans l’eau, nous constatons avec déception que l’équipe du bateau attire les poissons avec du pain 😔. C’est sûr que c’est impressionnant de nager au milieu d’un banc de poissons, mais ce n’est pas bon pour l’écosystème du lieu: la nourriture n’est pas adaptée à la faune, les jeunes poissons n’apprennent plus à se nourrir naturellement et deviennent dépendant des humains, le contact avec les humains peut leur transmettre des virus contre lesquels ils ne sont pas immunisés, etc.
Le guide me dit que « c’est bien pour les touristes »…. 😐
Les enfants sont enchantés d’être parmi tous les poissons mais nous essayons de temporiser leur enthousiasme en leur expliquant pourquoi nous ne sommes pas d’accord avec ce procédé.




(vidéo des deux moments de snorkeling)
Nous continuons notre navigation autour de l’île et nous arrivons en vue de la falaise où se trouvent la rame et l’hameçon du dieu Hiro (voir la légende ci-dessus). Ils sont sur le rocher sans végétation: la rame est en grand, tout à droite, et l’hameçon juste à sa gauche, en blanc. Il faut un peu d’imagination…🙃.
L’étape suivante est la découverte des anguilles sacrées, lieu que nous avons déjà découvert hier. Comme précédemment, le guide les nourrit. Là, elles sont nourries par les villageois depuis des décennies car elles sont considérées comme sacrées. C’est un peu comme si elles étaient apprivoisées…
Le guide entre dans l’eau et propose aux gens de les toucher et les nourrir. Nous interdisons aux filles de le faire pour des questions éthiques et sécuritaires… Mais elles n’écoutent pas et… Marine se fait mordre! La morsure n’est vraiment pas belle ! Les dents ne sont pas longues mais ça fait comme une espèce de rape à fromage…


Comme le tour est conçu pour nous faire découvrir les différents aspects de l’île, c’est maintenant au tour de la visite d’une ferme perlière. En arrivant, le guide nous dit « Messieurs, préparez votre carte bleue pour faire plaisir aux femmes » … Bref nous n’avons pas vraiment les mêmes valeurs 🙃.
C’est une petite maison sur pilotis qui accueille les touristes, avec une rapide démonstration de la culture des perles et un magasin présentant des bijoux faits avec leurs propres perles ou des objets de décoration faits avec les coques.
Pour créer une perle, il faut prendre la partie qui produit la nacre d’une huître pour ensuite la greffer sur une autre huître. Contre ce greffon, le « chirurgien » dépose un nucleus, une petite boule de 5mm de diamètre, fabriquée avec la nacre d’une espèce de moule qui se trouve uniquement dans le fleuve Mississippi. L’huître va ensuite y déposer sa nacre petit à petit (c’est la même nacre qu’il y a sous sa coque). Elle est ensuite attachée à une corde et plongée dans l’eau. Au bout de 18 mois, l’huître est délicatement ouverte pour en sortir la perle. Le résultat peut varier:
– une perle parfaitement ronde (rare)
– une perle ovale, en goutte, ou d’une autre forme
– un kechi: c’est une bille de nacre produite lorsque l’huitre a rejeté le nucleus. Elle a une forme toute biscornue.
La couleur change tout le temps, une même huître ne donnera pas forcément la même couleur ou la même forme. Mais si la perle est vraiment « réussie » (forme, couleur, sans imperfection), un deuxième nucleus est introduit en espérant que la suivante sera aussi belle.
Plus la perle est « parfaite » et d’une couleur rare, plus elle sera chère.
Il y a un épisode de « C’est pas sorcier » qui explique bien le processus. Nous l’avons regardé et nous avons tous mieux compris le processus car les explications ont été données à vitesse grand V.





Aucun de nous huit ne se laisse tenter par un achat et nous repartons en bateau, mais nos compagnons de sortie on fait chauffer leur carte bleue… On est les seuls tourdumondistes sur le bateau, ceci explique cela. 🤪
Le temps file et nos estomacs commencent à crier famine. Nous allons manger sur le terrain du patron de l’agence qui se trouve sur un motu encore sauvage. Pour nous faire patienter, notre guide nous montre comment râper la noix de coco afin d’en extraire son lait. Ça demande des muscles! 💪🏻
Tous s’y mettent et heureusement sans remarque misogyne! 😉



En arrivant sur le motu, nous avons la surprise de voir que nous allons manger les pieds dans l’eau 😃😎.
Notre guide et son chef nous initient à la recette du poisson à la tahitienne et ils nous font participer. Adrien sera choisi pour extraire le lait de coco de nos « rapures » et Gabrielle pour ajouter le sel.
Les autres plats sont déjà prêts et nous nous régalons !
Après le repas, vient le moment de la digestion avec repos ou snorkeling, sur le côté opposé du motu où il y a du corail, et donc des poissons.
Gabrielle opte pour rester sur la chaise longue avec un des chats du motu tandis que les autres vont dans l’eau. A nouveau, nous pouvons observer de nombreux poissons et Philippe se retrouve encore une fois nez-à-nez avec une jolie murène!
Après la baignade, nous retournons de l’autre côté, où les musiciens sont prêts pour nous entraîner dans une chorégraphie endiablée. Comme à Maupiti, Philippe arrive à y échapper car il s’est coupé le pied sur un corail… Une belle entaille en emporte-pièce il faut dire 🤪.



C’est maintenant l’heure de rentrer. Nous passons devant une plantation de vanille et un rocher avec le visage de… Trump 🤪 ! Notre guide nous apprend à tresser une feuille de bananier pour en faire une couronne… La même technique que celle apprise à Moorea, donc c’est plus facile (voir l’article sur Moorea)!



Après le tressage, notre guide nous fait une démonstration du portage d’un paréo en robe… Et c’est Adrien le mannequin 🤪😂.



C’était vraiment une très belle sortie, malgré les quelques décalages de valeurs.





Le soir, nous prenons l’apéro avec les Calvayrac sur la plage devant notre maisonette, pour admirer une dernière fois le coucher du soleil, puis nous mangeons sur la terrasse.





C’est maintenant le temps des adieux car nous partons sur Tahiti demain matin. Peut-être nous verrons-nous sur un troisième continent ? On dit bien « jamais deux sans trois »…
Et voilà, nous retournons sur Tahiti afin d’y effectuer les dernières démarches administratives nécessaires à notre changement de continent!





A tout bientôt!
Philippe et Gabrielle















































Aahhh cette plage et ses couchers de soleil magnifiques…
Et cette sortie mémorable !!!
Aller, jamais deux sans trois, donc a tout bientôt ! 😉
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😉
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Quels couchers de soleil magnifiques!!
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