
3. L’Océanie – Polynésie
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
18.02 au 22.02.2022
Après environ 9 heures de vol, nous voici sur notre troisième continent (après l’Europe et les Amériques). Il est presque minuit sur place, donc en fait 3h du matin pour nous qui sommes encore à l’heure de San Fransisco 😵. Nous sommes claqués, d’autant plus que dormir sur des sièges d’avion n’est pas confortable du tout… nous regrettons les bus d’Amérique du Sud, où nous pouvions incliner bien d’avantage les sièges 🤪.

Malgré l’heure tardive, nous sommes accueillis en musique 😄 et cela nous met tout de suite dans l’ambiance des îles. La suite est moins sympathique car nous devons tous faire un test PCR et comme Estelle les appréhende énormément, nous mettons beaucoup de temps à passer cette étape… Une fois les formalités administratives passées, nous récupérons notre voiture de location et nous nous rendons à notre logement, un peu en dehors de Papeete. Après quelques mauvaix choix de bifurcation (Google Maps avait mal placé le lieu), nous arrivons enfin, à près de 1h du matin, à notre petit bungalow dans les hauteurs. Nous ne tardons pas à rejoindre nos lits, impatients de découvrir Tahiti à la lumière du jour!
Au réveil, c’est une jolie vue sur la côte que nous pouvons admirer. Notre logement est vraiment petit mais très moderne et sympa. Nous avons une terrasse avec un espace cuisine extérieur et une petite piscine en prime pour nous rafraîchir.



Notre programme de la journée n’est pas très ambitieux, nous sommes encore bien fatigués du voyage et la nuit a été très courte! Direction le supermarché pour y faire nos courses. C’est une étrange sensation de se retrouver devant un Carrefour, des produits connus et semblables à ceux qu’on trouverait chez nous et tout ce monde qui parle français! C’est dépaysant après plus de 5 mois à entendre de l’espagnol et de l’anglais 😝. Nous découvrons que le tutoiement est de mise en Polynésie et après quelques hésitations, nous adoptons rapidement cette sympathique habitude.
Par contre, si les produits sont les mêmes, les prix ne le sont pas… Là aussi ça fait bizarre, car connaissant à peu près les prix des articles en France, on réalise qu’en Polynésie les articles coûtent quasiment le triple 😱 ! Bon, ça ne nous empêche pas de craquer sur des petits pains au chocolat et des croissants pour le petit déjeuner 🤪.
Une fois nourris et reposés, notre deuxième objectif de la journée est de trouver une plage pour nous baigner. Peu attirés à l’idée d’aller trop loin, nous visons la plage Lafayette, très proche de notre logement. Nous découvrons une jolie plage de sable noir avec une eau à la température idéale mais assez agitée car les vagues y sont énormes. Les filles s’y trempent à moitié, peu rassurées par les grosses vagues qui viennent régulièrement se briser proches de nous. De notre côté, nous testons les vagues, et franchement, heureusement que les filles n’y sont pas allées… Ca secoue bien! 🙃





Oui, oui, le guignol qui lève les bras au milieu de la dernière photo, c’est bien Philippe 😜 !
Pour cette nouvelle journée qui arrive, ayant à peu près récupéré du voyage et du décallage horaire, nous décidons de partir à la découverte de l’île. le but est d’alterner les visites de certains lieux intéressants et les baignades. Notre départ étant plus tardif qu’escompté, nous commençons par nous rendre à la plage de Vaiava, aussi appelée PK18 ou point kilométrique 18 (souvent les lieux d’intérêts sont reliés à leur point kilométrique sur Tahiti). C’est une jolie plage publique avec parking, toilettes et douches ainsi que gazon pour se poser et pique-niquer. Cerise sur le gâteau, la plage a aussi un jardin de corail avec de jolis poissons. C’est pour nous le premier d’une longue série d’émerveillement à observer la vie maritime de Polynésie!
Après cette première rencontre avec les fonds marins tahitiens, nous partons découvrir la suite de l’île. Les prochains arrêts sont les Marae Ta’Ata et Arahurahu. Les Marae étaient des espaces réservés aux activités cérémonielles, sociales et religieuses des anciens Polynésiens. Ils formaient des monuments de dimensions différentes qui suscitèrent l’intérêt des observateurs européens de la fin du 18ème siècle. Nous en observerons sur toutes les îles que nous visiterons.



Le marae était un espace de méditation, de rituels et de communication des tahu’a’upu (prêtres) avec les dieux dont il était important de s’attirer les faveurs. Des cérémonies religieuses s’y déroulaient, donnant lieu à des prières, des chants, des invocations aux ancêtres ou aux divinités, et à des sacrifices. Le marae était également le reflet d’une organisation des sociétés polynésiennes anciennes, très hiérarchisées et dont les communautés ou « hui » étaient néanmoins étroitement dépendantes les unes des autres. Ils servaient également pendant les cérémonies d’intronisation des nouveaux souverains et ils étaient donc des lieux d’enjeux de pouvoir politique et religieux entre les chefferies. Les différences architecturales et ornementales sont notables et elles semblent autant liées à une différenciation culturelle des îles les unes par rapport aux autres qu’à un jeu d’alliances politiques des chefferies.
Ces complexes architecturaux évoluaient avec la communauté qu’ils représentaient. Un agrandissement ou une extension pouvait donc indiquer une avancée du prestige du propriétaire. Lors d’une prise de possession de terres, de nouveaux marae pouvaient être édifiés à côté ou à l’emplacement d’un ancien. Si la conception et la consctruction d’un marae variait d’une île à l’autre, l’architecture de base comprenait généralement une pierre angulaire (ôfa’i tihi), une aire quadrangulaire, la cour du marae (te tahua), pourvue d’un autel (te ahu) à l’une des extrémités et d’un ensemble de pierres dressées (ôfa’i ti’a) et de pierres-dossiers (ôfa’i turu’i). Les marae étaient des constructions en pierres sèches. Aucun mortier n’était utilisé dans l’agencement des pierres.
Grâce aux techniques de datation, les archéologues ont pu estimer l’âge de plusieurs marae qui pour la plupart se situent entre la fin du 15ème et la fin du 18ème siècle. Ces scientifiques pensent que les plus anciens remonteraient même au 10ème siècle.



Des Tikis, symbolisant l’ancêtre mi-humain, mi-dieu qui fut le premier homme. C’est ce personnage mythique qui a donné naissance aux êtres humains. A notre grand étonnement, nous ne verrons que peu de tikis sur les îles.
Après cette première immersion dans la culture polynésienne, nous continuons notre tour en nous arrêtant de temps à autre pour découvrir les merveilles de la nature que nous offre l’île de Tahiti. Nous commençons déjà par nous émerveiller de tous ces palmiers et de la proximité de l’eau. La route longe majoritairement la côte (ce sera le cas de quasiment toutes les îles que nous visiterons) et nous multiplions les points de vue magnifiques.

La route nous mène ainsi jusqu’aux grottes de Maraa. Il s’agit de 3 cavités naturelles creusées dans la roche au milieu d’une végétation luxuriante. Des infiltrations d’eau ont formé des petits lacs aux eaux transparentes. Si les deux premières sont petites et jolies, la troisième est plus impressionnante. C’est une grande grotte, profonde, avec une belle hauteur de voûte et dans laquelle nous pouvons nous baigner. L’eau est limpide mais bien fraîche! Vu la chaleur, nous n’hésitons pas à nous y plonger.



En repartant de la grotte, nous tombons sur un local qui tient absolument à ce que nous fassions une photo avec son vélo. C’est vrai qu’il est joliment décoré et il se propose même de faire pour nous une photo de famille. Il est tellement enthousiaste qu’il finit par « s’imposer » pour que nous photographions l’oeuvre d’art qu’il a sur le dos.
Pour l’anecdote, sachez que le terme tatouer vient du tahitien « tatau » qui sigifie marquer, dessiner ou frapper. Durant tout notre séjour dans les îles, nous pourrons admirer de magnifiques tatouages, preuve que la tradition polynésienne est encore bien vivante dans les archipels!



De retour dans la voiture, nous poussons plus au sud de l’île pour aller voir les jardins d’eau de Vaipahi. C’est un petit jardin botanique où la sérénité et le calme dominent. Nous passons un très bon moment à déambuler dans le parc et à découvrir les différentes espèces végétales endémiques.
Pour notre dernière étape de la journée, nous quittons Tahiti Nui (la grande) et nous passons sur la péninsule de Tahiti Iti (la petite), au sud-est. L’objectif est de nous rendre sur le lieu de la mythique vague de Teahupoo. Il s’agit d’un lieu célèbre pour les amateurs de surf et il a d’ailleurs été choisi pour la compétition de surf des Jeux Olympiques de Paris 2024. En réalité, la vague est belle mais lointaine et c’est surtout aux mois de juillet et août qu’elle est le plus impressionant. Nous nous contentons donc de l’observer (ainsi que les quelques surfeurs qui la chevauchent) à la jumelle depuis la plage et de prendre quelques photos souvenirs. Nous ne nous baignons pas car une averse nous surprend…




Etant parti un peu tard ce matin, nous terminons le tour de l’île dans la nuit et remettons au lendemain la visite des derniers lieux que nous avions envisagés voir. De retour à notre bungalow, nous commençons à préparer notre souper quand nos voisins, des locaux en vacances, nous apportent une assiette d’Uru. Il s’agit du fruit de l’arbre à pain qu’ils ont commencé par griller sur le barbecue puis qu’ils ont patiemment pelé avant de le couper en morceau. Cela nous fait penser à de la purée de pomme de terre mais plus ferme et en légèrement plus sucré, avec un aspect visuel qui nous rappelle le coeur d’artichaud, sans le côté filandreux. C’est sur cette découverte culinaire que nous allons nous coucher, bien décidés à terminer notre tour de l’île le lendemain!
Pour rester dans le domaine culinaire, nous débutons cette nouvelle journée avec un tour au marché de Papeete. Bon, pas aux aurores, hein! Il nous faut encore un peu récupérer de notre voyage et le réveil est toujours assez difficile. Du coup, nous n’avons pas énormément de stands présents, mais nous trouvons quand même un cousin du litchi, le ramboutan, ainsi que plusieurs autres fruits qui vont ravir nos papilles gustatives durant la journée.



Après avoir déambulé dans les allées du marché, nous reprenons notre véhicule pour terminer le tour de l’île et les quelques sites dignes d’intérêt que nous avons manqué hier. Nous arrivons d’abord à la belle cascade de Faarumai. Ce sont en fait 3 cascades mais l’accès ne nous est autorisé qu’à la première, Vaihamuta, d’une hauteur de près de 100m. Les chemins d’accès aux deux autres étant en travaux, nous sommes un peu déçus de devoir nous contenter d’une seule cascade (même si elle est magnifique) car tout le lieu est lié à une légende qui englobe les trois chutes d’eau, légende que voici:
Il y a très longtemps, vivait dans une vallée de Tiarei une grande famille royale. Le père était craint et respecté par tout le district. Il avait une fille qui s’appelait Faùai et elle était la plus jolie fille de Tiarei. Celle-ci n’était pas autorisée à parler aux garçons de son âge, car son père le lui interdisait.
C’était une fille tapu (tabou): celui qui s’en approcherait sans autorisation risquait la mort. Cette distinction la rendait très triste et lorsqu’elle chantait pendant ses moments de mélancolie, la douceur de sa voix attirait involontairement les garçons.
Un jour, Faùai décida d’aller cueillir des fleurs dans la vallée. Comme à chacune de ses sorties, des gardes l’accompagnaient. Sur le sentier, elle rencontra un jeune homme prénommé Tua qui s’empara des fleurs qu’elle tenait à la main et s’enfuit. Effrayée, Faùai cria et les gardes poursuivirent Tua. Ils le tuèrent car il avait brisé le tabou. Faùai fut très en colère et elle s’en voulut d’avoir poussé ce cri qui fut fatal au jeune homme.
Peu de temps après, sa mère tomba malade et Faùai resta auprès d’elle des journées entières. Le tahu’a (guérisseur) ordonna que l’on aille cueillir des plantes médicinales pour soigner la femme du grand chef. Faùai partit donc en chercher.
Dans la vallée, bien qu’elle soit accompagnée par deux gardes, elle rencontra Ivi (ce qui signifie « maigre »), un jeune homme de son âge. Il lui dit : « Je m’appelle Ivi, je suis aussi à la recherche de plantes médicinales. » Faùai demanda aux gardes de rester à distance, prétextant le besoin de se recueillir quelques instants et elle entraîna le jeune homme derrière un buisson. Faùai comprit vite qu’Ivi voulait l’entraîner avec lui dans la vallée et elle accepta aussitôt. Tous deux se faufilèrent entre les buissons et quand les gardes se rendirent compte de la disparition de Faùai, ils se mirent à sa recherche. Effrayés par l’idée d’être poursuivis, Ivi demanda à Faùai de se séparer de lui, mais la princesse refusa. Elle lui raconta sa vie malheureuse et sa privation de liberté et elle lui expliqua qu’elle voulait le suivre afin de fuir son père tyrannique. Elle lui dit : « Tu me cacheras et on restera toujours ensemble. » Sur ces mots, Ivi lui révèla son secret : il était le génie de la vallée qui s’était métamorphosé en un beau jeune homme. Mais entre-temps, les gardes s’étaient rapprochés et ils étaient près de les rattraper. Faùai s’exclama: « Je resterai à tes côtés quoiqu’il advienne. » On entendit alors un bruit assourdissant et de l’eau se mit à couler sur les parois de la montagne. Ivi et Faùai furent vite recouverts par ce rideau d’eau.
Depuis, ils vivent heureux derrière les deux cascades. Ces deux cascades ont été nommées Haamaremare Rahi et Haamaremare Iti. Les gardes, sur le chemin du retour, furent eux aussi recouverts par un rideau d’eau. C’est ainsi que la troisième cascade fut créée et nommée Vaimahuta. Depuis lors, cette vallée fut appelée Faarumaì.
Nous avons donc pu admirer la cascade « des gardes » mais pas celles des amoureux. Nous cherchons tout de même une photo sur internet afin de pouvoir admirer virtuellement ces deux cascades.
C’est inspirés par cette belle légende que nous repartons en direction du trou du souffleur de Arahoro (la route qui hurle). Cette fois-ci, point de merveille naturelle devant laquelle rester ébaubis mais une particularité géologique fort amusante: le trou du souffleur. C’est un geyser maritime: un tube de lave formé il y plusieurs millions d’années, avec un trou au plafond. Les jours de forte houle, l’eau de l’océan pénètre dans la cavité sous-marine et comprime l’air jusqu’à ce que la pression déclenche le jaillissement de l’eau vers l’extérieur. A intervalles assez réguliers, un jet d’embruns, semblable au souffle d’une baleine, est expulsé des rochers. Le bruit qui accompagne ce souffle est assez impressionnant.
Pour clôturer la journée, nous partons en direction de la plage de la pointe Venus afin de nous y baigner. En chemin, nous profitons encore de superbes points de vue le long de la route.


La plage de la Pointe Venus, point le plus au nord de l’île, tient son nom du fait que le capitaine James Cook, selon la légende, s’y serait rendu afin d’observer le passage de Vénus devant le soleil en 1769. Au delà de cet épisode, le lieu est aussi connu car il accueille le seul phare de Tahiti. Pour la petite anecdote, durant la Seconde Guerre mondiale, les habitants de la commune avaient peint sur le phare des cocotiers afin de le camoufler et retirer ainsi tout point de repère à la flotte japonaise qui risquait de débarquer.


Le parc abrite aussi un monument célébrant l’arrivée des premiers missionnaires sur Tahiti. En 1797, un petit groupe de missionaires protestants de la London Missionary Society débarque du bateau « The Duff » afin d’évangéliser la population locale. Ils commencent à apprendre la langue tahitienne puis enseignent aux habitants à lire et à écrire dans leur propre langage. La diffusion du christianisme se fera dans toutes les îles du Grand Océan à partir de Tahiti. Durant tout notre séjour en Polynésie, nous avons été frappés par le très grand nombre d’églises rencontrées un peu partout. Nous apprenons d’ailleurs que la religion chrétienne joue un rôle important dans la société des îles.


Après cet épisode culturel, place à la détente! La plage est peu propice au snorkeling car la mer y est agitée par des vagues de dimensions modestes. Nous profitons donc de cette jolie plage de sable noire pour nous amuser dans l’eau et dans le sable sans danger. Nous décidons de nous y attarder jusqu’au coucher du soleil, qui nous laisse sans voix, comme souvent en Polynésie.
Après cette belle journée bien remplie, nous rentrons profiter une dernière fois de notre logement et de sa belle terrasse sur Tahiti car, demain, une autre destination nous attend!
A très bientôt pour découvrir une nouvelle île polynésienne!
Gabrielle et Philippe















































Ces magnifiques photos nous font rêver! Tant les poissons et coraux que les jolies fleurs qui poussent en abondance.
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Entre les magnifiques couchers de soleil et les belles légendes tahitiennes, vous nous faites rêver sur cette étape ! Biz à vous quatre 😉
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