
14.01 au 17.01.2022
2. L’Amérique du Sud – Argentine
(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

Et voilà, on touche le bout du monde! Après avoir posé nos pieds des deux côtés de l’équateur, nous marchons aujourd’hui sur le point terrestre le plus au sud du globe (sans compter l’Antarctique). Nous avons donc traversé tout l’hémisphère sud ! 🌎⇣
Nous arrivons en fin d’après-midi, il pleut et il fait 5 °C… Nous ne nous attendions pas à ça car en temps normal, il fait plutôt dans les 15 – 20 °C en janvier (l’été ici) à Ushuaïa 😝. Nous espérons que la météo sera plus clémente ces trois prochains jours, mais les prévisions d’AccuWeather refroidissent un peu notre optimisme 😜. Si vous êtes comme Gabrielle et que la première image qui vous vient en tête en entendant « Ushuaïa » c’est le produit de douche avec un paysage idylique de palmier et sable blanc… ce n’est pas tout à fait ça! Mais heureusement, Gabrielle avait compris très vite en préparant notre séjour que cela n’allait pas être le cas sinon ça aurait été une douche glacée!
Nous sortons de l’aéroport pour nous rendre à l’appartement que nous avons loué pour notre séjour… Nous sommes un peu stressés car l’appartement a l’air très sympa, mais le prix est anormalement bas pour la région et la saison, comparé à tout ce que nous avons vu jusque là. Nous appréhendons donc que ce soit une fausse annonce, même si Philippe a eu un contact via Wattsap, car nous ne sommes pas passés par Booking (tout était complet ou hors budget)!
Nous arrivons devant le portail de la résidence et sonnons… Ouf, un homme, qui a dépassé l’âge de la retraite depuis un certain temps, vient nous ouvrir ! 😀 C’est un homme très sympathique et bavard. Il est tout content que nous parlions espagnol et il commence par nous raconter pleins de chose (dont le fait que son fils a passé une année à Zurich dans le cadre d’un échange pour ses études). Mais sans nous dire s’il a bien un appartement pour nous… Le stress remonte. 😓 Il nous parle enfin de notre réservation mais en disant «je pensais que vous n’alliez pas venir» … Là, Gabrielle a cru que le ciel lui tombait sur la tête 😵 ! Il continue deux-trois minutes puis il nous dit enfin «alors pour votre appartement, c’est la 4!». Ooooouuuuff ! 😅 Il nous explique que, malgré l’inflation, il a voulu garder les prix bas car il n’a pas besoin de plus pour vivre. Voilà qui explique la bonne affaire. Nous sommes soulagés !
Après encore cinq bonnes minutes de conversation, il nous accompagne à notre appartement… Wahou, le rêve, un appartement duplex avec un coin salon doté d’un poêle !! C’est de loin l’appartement le plus chaleureux que nous ayons loué depuis notre départ de Suisse et le poêle vient à point nommé pour nous réchauffer le corps et les coeurs après le stress de ces derniers jours.


Lectures individuelles ou en groupe au coin du feu !🔥
C’est notre deuxième jour au bout du monde et nous nous réveillons avec enthousiasme… Mais il pleut des cordes dehors et le vent souffle fort. Nous décidons donc de profiter de cet appartement douillet jusqu’à la fin de la pluie avec au programme : pancakes, école, lectures, film, blog, etc. Pour finir, nous devrons attendre 16h pour sortir… Et encore, il pleuvine et le vent n’a pas diminué ! 🙃
Nous descendons au port où tout est fermé: cahutes pour vendre les tours en bateau, le pavillon d’artisanats, etc. et le bord d’océan est vide… On dirait qu’on est les seuls dehors ! 😜.




Monument aux premiers habitants de la région et aux pionniers / Capsule temporelle « Philco » contenant des informations sur la population de 1992 pour les futurs habitants de 2492.
Nous décidons rapidement de nous rendre au petit Museo del fin del mundo qui ferme à 17h. Le musée est vraiment petit mais intéressant. Nous aurions pu le visiter en 20′, mais c’était sans compter sur une étonnante mallette conçue pour les enfants ! Celle-ci contient 8 sachets avec des activités correspondant à certaines vitrines ! C’est top pour intéresser les filles… Et les adultes ! C’est donc parti pour 1h de découverte sur l’histoire, la culture ancestrale, la faune et la flore d’Ushuaïa.




Cette mallette était cachée dans un coin sur un chariot et heureusement qu’Estelle a posé la question sur l’utilité de ce chariot car sinon nous serions passés devant sans le voir et la visite aurait été assez…ennuyeuse ! C’est vraiment un plus qui détonne avec la simplicité de ce musée.
Sur le retour, nous trouvons une cahute ouverte et nous réservons une sortie en bateau de cinq heures sur le canal Beagle pour le lendemain à 8h00 du matin.
Nous retrouvons avec plaisir notre appartement pour un souper de pâtes avant de nous coucher, les enfants en bas et les adultes sur la mezzanine.
Le lendemain, nous nous réveillons tôt car il faut être à 7h30 au port. La sortie du lit est, comme toujours, un peu difficile pour les filles, mais nous arrivons à partir à l’heure prévue. Lorsque nous arrivons à la cahute, nous remarquons que les gens ont l’air un peu désappointés… et cela ne tarde pas à être notre cas car nous apprenons que la sortie est annulée en raison du vent 😔 ! Les responsables proposent de nous mettre sur la sortie de 14h ou du lendemain matin. Nous nous décidons pour la sortie de l’après-midi, afin de pouvoir encore reporter si nécessaire.
C’est donc déçus que nous ressortons et un peu désemparés… Qu’allons nous faire ce matin, il n’est que 7h35 ?!?
Nous décidons alors de faire une randonnée pas trop longue dans le parc national de Tierra de Fuego (des Terres de Feu) pour pouvoir revenir à 13h. Le seul problème est que dans le parc, il n’y a aucun réseau et il nous sera donc impossible de savoir si la sortie est maintenue ou pas…
Nous partons donc rapidement en taxi pour le parc, non sans quelques plaintes de la part des filles à qui nous avions dit « on ne marchera pas aujourd’hui vu qu’on sera dans le bateau toute la journée» (un de nos arguments pour les faire se lever 🤦🏼♀️🤦🏼♂️).
En arrivant à l’entrée du parc, nous découvrons avec une grimace que nous, touristes étrangers, devons payer 10 (!) fois le prix d’entrée par rapport aux Argentins et les filles comptent commes des adultes… Un peu l’arnaque quand on sait que l’argent part à Buenos Aires où le sort des parc nationaux n’est pas une des priorités…
Notre taxi nous dépose à la Bahia Ensenada Zaratiegui pour que nous puissions effectuer le sentier de la côte, qui est indiqué comme durant quatre heures, mais qui n’est que de 8km avec une difficulté moyenne. Comme il n’y a pas de réseau dans le parc, nous convenons de nous retrouver à 12h à la fin du sentier, au croisement de deux routes, en espérant que les quatre heures sont comptées larges vu qu’il nous reste pile quatres heures pour le faire. Il nous sera impossible de le joindre (ou n’importe quel taxi d’ailleurs) et vice-versa… Nous avons donc intérêt à être à l’heure au rendez-vous !

C’est ici que se trouve le bureau de poste le plus au sud du monde. Il est malheureusement fermé.
Comme il est très tôt, nous sommes dans les premiers à arriver. Il fait froid car le vent souffle fort et une petit bruine tombe… Heureusement, le sentier passe sous les arbres ! Nous marchons vaillamment… Les adultes essayent d’admirer la verdure luxuriante tout en essayant d’ignorer les plaintes venant de derrière 😣 .





Au bout d’une quinzaine de minutes, la pluie cesse, le soleil pointe de temps en temps le bout de son nez, et comme les plaintes se sont arrêtées, nous pouvons apprécier à leur juste valeur les paysages qui s’illuminent au gré de l’apparition du soleil.






Chemin faisant, nous arrivons sur une plage à marrée basse qui nous permet d’admirer un vrai tapis de moules accrochées aux rochers. C’est impressionnant !






Sur tout le sentier dans la forêt, nous découvrons des coquilles de moule, amenées là par le vent ou les vagues, mais surtout des espèces de boules gélatineuses et constellées de petits trous… nous mettons du temps à découvrir ce que c’est… Ce sont en fait des espèces de champignons qui tombent d’excroissances sur les branches des arbres. Cela fait une drôle de sensation quand nous marchons dessus, ce qui ne manque pas de nous amuser régulièrement durant la randonnée.



Au détour d’un virage, Philippe aperçoit une orchidée sauvage sur un talus, une vraie beauté ! 😍

Le sentier zigzague beaucoup, et nous sommes donc parfois au bord de l’océan et parfois au milieu de la forêt, cette variété de paysages est très sympa. Le chemin monte et descend et comme le sol est mouillé, il nous faut régulièrement être prudents.
Toutefois, cela ne nous empêche pas de respecter la durée prévue, et nous arrivons avec même dix minutes d’avance au point de rendez-vous, ce qui nous laisse le temps de manger notre pique-nique.


Nous espérons avoir bien compris le lieu précis et les minutes passent lentement en attendant de voir l’arrivée de notre taxi. Par chance, il n’arrive qu’avec trois minutes de retard, car, en bons suisses, nos ventres ont commencé à se serrer dès que l’heure précise avait été dépassée 🤪 .
En sortant du parc, nous n’avons pas encore reçu de message de la part de la compagnie de bateau et nous espérons que l’adage «pas de nouvelle, bonne nouvelle» est vrai. Après la guigne qui nous suit depuis El Calafate, nous ne sommes pas rassurés.
C’est donc avec joie et un grande soulagement que nous arrivons à la cahute et que nous apprenons que notre sortie est confirmée !
C’est donc après quatre heures de randonnées que nous enchaînons avec cinq heures de sortie en bateau… Une journée qui contrebalancera celle d’hier où nous avons mis le nez dehors pour à peine 1h30 😛. Le bateau est spacieux et il y a assez de place à l’intérieur pour tout le monde. Nous devons être environ une cinquantaine à bord et c’est pas hasard que nous sommes assis à une table un couple âgé italien dont le mari parle français car il a longtemps travaillé avec une entreprise suisse. La grande majorité des autres touristes sont argentins 😉.

Les filles adorent me piquer mon natel pour faire des photos (la seule fonction accessible lorsqu’il est verrouillé… Comme vous pouvez le constater, elles aiment les filtres! Marine n’a plus de taches de rousseur et j’ai l’air d’avoir 20 ans 🤦🏼♀️
La sortie se fait sur le canal Beagle, qui mesure 180 km de long et qui sépare l’océan pacifique de l’océan atlantique.
La première île que nous apercevons est couverte d’oiseaux… Seraient-ce déjà les manchots ? Mais non, ce sont des cormorans ! De loin, ces derniers ressemblent beaucoup aux manchots, mais ils volent, ce qui n’est pas le cas des manchots. Ces oiseaux ne migrent pas et restent là toute l’année.


Nous continuons avec l’île aux lions de mer. Nous en avons déjà vus pas mal aux Galapagos, mais le mâle que nous apercevons est impressionnant. La toison autour de son cou fait vraiment penser à une crinière et nous comprenons d’où il tire son nom ! (En espagnol ils disent «loup de mer» (lobos marinos), et c’est vrai que le loup a aussi plus de fourrure au niveau du cou).




Le gros mâle est sur la photo du milieu, mais vous le verrez mieux sur la vidéo qui se trouve plus bas.
Vient ensuite un paysage célèbre d’Ushuaïa, son phare rouge et blanc «le phare des éclaireurs ». Il date de 1919 et il sert à indiquer l’emplacement de cet îlot, dangereux pour les navires. Malgré ce qui est souvent dit, ce n’est pas le dernier phare de l’hémisphère sud.

Nous avons maintenant encore deux heures de bateau et nous passons le temps en jouant aux cartes… Les filles ont enfin accepté d’apprendre à jouer à d’autres jeux que le Jass et nous pouvons alterner entre Jass et Rummy. 😁
D’ailleurs, si vous avez des idées de jeux de cartes à 4 qui sont un minimum évolué (donc pas la bataille, même corse, please! 🙃 😂), c’est avec plaisir qu’on attend vos conseils!
Après ces joutes, nous arrivons enfin au point phare de notre sortie : La Pinguinera. C’est un îlot où énormément de manchots viennent pour se reproduire et se reposer.
Attention, il ne faut pas confondre les manchots et les pingouins… Contrairement au reste du monde, les francophones ont décidé d’appeler ces petits volatiles des «manchots» alors que dans toutes les autres langues, ils sont appelés «pinguins», «pinguinos», etc. De quoi nous rendre très confus ! Donc, pour résumer :
– Les pingouins se trouvent seulement dans l’hémisphère nord et ils volent.
– Les manchots sont dans l’hémisphère sud et ils ne peuvent pas voler.
Les animaux du film de La marche de l’Empereur et de Happy Feet sont donc des manchots 😊 🐧 .

Sur ces terres, nous avons pu voir trois sortes de manchots : le manchot de Magellan, le manchot Papou et même un manchot Empereur ! Il était magnifique, mais trop loin pour le prendre en photo ! C’est un couple français qui nous l’a indiqué et qui nous a gentiment prêté ses jumelles pour pouvoir l’observer.
Le manchot de Magellan mesure jusqu’à 76 cm. Il a la tête noire entourée d’une bande blanche. Son dos est également noir et son ventre blanc, avec deux bandes noires au niveau du haut de la poitrine.
Le manchot Papou est un tout petit peu plus grand que celui de Magellan, entre 76 et 81 cm. Il est également noir sur le dos et blanc sur le ventre, mais son bec et ses pieds sont oranges. Il possède également une tache blanche au dessus de l’oeil.
Le manchot Empereur est le plus grand de tous les manchots, il peut mesurer jusqu’à 122 cm. Il est à nouveau noir sur le dos et blanc sur le ventre. Le haut de sa poitrine est jaune et il y a deux taches jaunes au niveau de ses oreilles.
Nous n’avons pas le droit de descendre sur la terre ferme, afin de moins les déranger (nous les dérangeons quand même avec le bateau car il est gros et il vient carrément s’échouer sur la plage… ! 😞





Les manchots sont noirs dessus et blancs dessous pour se protéger des prédateurs. En effet, quand les manchots nagent, les oiseaux ne les voient pas du ciel car ils se fondent avec l’eau et les cachalots ne les voient pas non plus du fond de l’eau car ils se confondent avec le ciel.
Après 30 minutes d’émerveillement et de sourires devant la marche typique de ces êtres à courtes pattes, nous repartons en direction d’Ushuaïa. Le retour prendra un tout petit peu moins de 2 heures car nous ne ferons pas de pauses.
Voici une vidéo des lions de mer et des manchots :
C’est fourbus par cette journée bien remplie que nous allons nous coucher.
C’est notre dernier jour à Ushuaïa. Au programme, achat de souvenirs, randonnée et un loooong trajet en avion.
Pour le plus grand bonheur de Philippe, nous commençons par le shopping. Malgré l’indécision des filles quant à leurs achats, cette tâche est plutôt vite terminée et nous pouvons partir pour notre randonnée.


Nous souhaitons aller à la laguna Esmaralda, mais le sentier est impraticable à cause de la pluie des derniers jours. Déjà, en temps normal, le chemin est boueux, mais là tout le monde nous dit que c’est une vraie «piscine» et qu’il n’est pas possible de le faire… Nous optons donc pour retourner au parc national de Terre de Feu et y faire une autre randonnée.
A l’entrée du parc, nous demandons à bénéficier du pass de deux jours consécutifs qui nous permet de payer demi-prix, mais cela nous est refusé «car il fallait le dire hier». Malgré notre insistance et la venue de trois personnes différentes (ils se passent la patate chaude), rien n’y fait et nous finissons par payer, encore plus dégoûtés qu’hier par l’impression d’être grugés par le fait d’être étrangers. Bref… espérons que cet argent aille bien au parc !
Cette fois-ci, nous faisons une autre randonnée de quatre heures environ, car notre avion est en fin d’après-midi. C’est en réalité un enchaînement de plusieurs sentiers pour admirer différentes lagunes et rivières qui se trouvent autour de la baie de Lapataïa.
Nous observons de nombreuses rivières qui ont été colonisées par des castors. En effet, 25 couples ont été introduit en 1946 pour utiliser leur fourrure et malheureusement, ils ont très vite proliféré, faute de prédateurs et grâce à un environnement qui leur convenait parfaitement. Ils occupent maintenant tous les bassins de l’archipel des terres de feu. Ils mettent à mal les plantes et animaux endémiques de la région car ils utilisent les arbres pour construire leurs barrages et ceux-ci modifient les cours des rivières. Les garde-faunes régulent donc la population de ces castors afin que leur nombre reste bas.

Après cette deuxième visite du parc national, nous rentrons vite à l’hôtel pour récupérer nos sacs faits le matin afin de partir directement à l’aéroport.
Nous allons maintenant rejoindre Puerto Madryn, considérée comme une ville balnéaire. Nous nous réjouissons d’y retrouver le soleil et la chaleur…en tout cas nous l’espérons !
A tout bientôt, au chaud??
Gabrielle et Philippe










Nous aussi on a des castors dans le Foron! Ils sont en train de faire des dégâts dans les arbres… et les enfants se fichent de moi parce que je leur fais régulièrement le compte rendu des atteintes et que je rêve d’en voir un sur le trajet du boulot…
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