La Paz

21.11 au 25.11.2021

2. L’Amérique du Sud – Bolivie

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

Et voilà, nous voici dans notre 3e pays, la Bolivie 🇧🇴 !

Notre arrivée en Bolivie se fait…très tôt! On est parti de Cusco à 21:30 et nous arrivons à La Paz à 4:00 (3:00 heure péruvienne), car nous avons fait une escale de 2h à Lima. C’est donc un peu décalqués que nous arrivons à notre hôtel qui heureusement peut nous donner notre chambre tout de suite. Nous prenons donc possession de la chambre…et de nos lits! 😴 Après 4-5 heures de sommeil, nous découvrons la ville depuis la terrasse de l’hôtel. Quel étonnement de voir celle-ci survolée par des télécabines! 🚡

Eh oui, il y avait deux baignoires vides sur la terrasse de l’hôtel… 🙃 !

Après des appels à nos parents, nous partons pour visiter la ville…malheureusement nous sommes dimanche et quasiment tout est fermé! En cherchant un lieu où calmer nos estomacs, nous passons par le « marché des sorcières », marché spirituel et ésotérique, ce qui ne manque pas de choquer un peu les filles. En effet, on y vend des fœtus de lama. Après les avoir admirés vivants au Pérou, ça fait bizarre de voir leurs cadavres suspendus aux devantures 😥.
Après quelques détours, nous trouvons finalement un café où manger. Nous sommes bien tombés car c’est vraiment bon et l’ambiance y est très cosy (cafe del Mundo si jamais vous prévoyez un séjour à La Paz)!

Une fois nos estomacs rassasiés, nous décidons de visiter la ville depuis les airs ! Nous partons donc prendre les télécabines colorées, qui forment un parcours de 33km de long (le plus long et le plus haut réseau de téléphérique urbain au monde). Chaque ligne a sa couleur et nous commençons par la violette. Nous en testerons 4 sur 11, Marine sera un peu frustrée de ne pas faire les bleues ! 😉
Ces télécabines ont été mises en service à partir de 2014 avec trois lignes et le réseau à été finalisé en 2020 avec les 11 lignes actuelles. Les cabines sont donc très modernes et pratiques pour se déplacer dans cette ville très étendue, à la circulation chaotique.
La vue depuis les télécabines est très belle. Il faut dire que la ville est plus jolie depuis les airs que depuis la terre ferme… A défaut d’aller skier cette année, nous aurons au moins mis les pieds dans des télécabines (piètre consolation, même si l’expérience est très agréable)!

Comme vous pouvez le voir, l’entreprise est suisse 😉.

Pour embellir la ville, le gouvernement a organisé un concours de quartier il y a quelques années. Le quartier qui l’a gagné a pu obtenir le financement afin de réaliser leur projet. Le résultat est très beau:

La Paz est construite dans la vallée entre des collines, dont certaines falaises sont impressionnantes…et certaines maisons sont construites très près de celles-ci ! Nous ne serions pas très rassurés à la place des habitants… 😅

Sur le retour, nous tombons sur un attroupement de locaux aux vitres d’une des stations. Nous nous approchons et nous découvrons avec étonnement un spectacle de Lucha Libre, la variante latino du catch. Ici, c’est encore différent de ce qu’on peut voir au Mexique, car ce sont des femmes bien particulières qui affrontent des hommes. Ces combats mettent en scène des Cholitas, nom utilisé pour désigner les femmes venant des milieux ruraux andins et habillées de manière typique (jupe très bouffante, châle, chapeau « melon » et longues tresses).

Par hasard, la mère de Gabrielle, nous envoie quelques jours plus tard un article du Temps qui aborde le sujet (vendredi 26 novembre):

« Les Cholitas, catcheuses de l’égalité.
En Bolivie, la lutte est depuis une quinzaine d’années un moyen d’émancipation et de revendications pour des femmes de l’Altiplano portant jupe traditionnelle et longues tresses »

https://www.letemps.ch/sport/cholitas-catcheuses-legalite

Si vous n’êtes pas abonnés, le voici en PDF:

Après cette sympathique et drôle de découverte, nous partons à la recherche d’un restaurant pour le souper…recherche qui s’avère très frustrante car presque tous sont fermés ! Nous aurions bien mangé dans la rue pour goûter la cuisine locale (aux kiosques qui bordent les routes), mais il fait vraiment frisquet et nous n’avons pas le courage de manger au froid. Nous finissons par trouver un petit « restaurant » chinois, fréquenté mais dont l’hygiène nous semble un peu à désirer… (mais heureusement nos estomacs ne ralleront pas le lendemain 😝)


Pour notre deuxième jour à La Paz, nous désirons faire une visite guidée de la ville. Suivant les conseils d’un couple boliviano-allemand (rencontré au Cafe del Mundo), nous décidons de faire appel à l’association des cireurs de chaussures de La Paz (Los LustraBotas, https://hormigon-armado.wixsite.com/lustrabotas/esptours) qui propose des tours guidés alternatifs de la ville.

Après le repas, nous retrouvons Esther, cireuse de chaussure, pour un après-midi de visite. Le but n’est pas de découvrir l’histoire de la ville, mais plutôt d’en apprendre davantage sur le mode de vie des habitants actuels. Nous commençons donc par arpenter les marchés de la ville où les Paceños viennent faire leurs courses. Nous y approfondissons nos connaissances sur les habitudes alimentaires boliviennes.

Nous arpentons également les rues commerçantes de la ville où les magasins sont regroupés par thème : la rue des chapeliers, la rue des habits et articles de fêtes, etc.

A droite, ce sont les jupes des Cholitas, les femmes habillées de manière traditionnelle et qui sont très coquettes (selon les dires d’Esther 😉 ).

Nous enchaînons ensuite avec le cimetière général, gigantesque et impressionnant, en plein milieu de la ville. Sur ce terrain, se trouvent environ 50’000 niches. En effet, les personnes décédées sont placées dans des niches, et pas des tombes (seules les personnes importantes y ont droit). Ces niches sont occupées pendant 10 ans, puis les restes sont incinérés et les cendres confiées à la famille. La niche n’appartenant pas à une famille en particulier, elle est ensuite utilisée par quelqu’un d’autre.
Ces niches sont richement décorées et entretenues pas les proches. Par tradition, on y met des objets miniatures de ce que le défunt aimait : boissons, friandises, maillot d’équipe de foot préférée, etc.

Les décorations changent selon les fêtes. Au moment de notre visite, c’est la Toussaint qui s’impose, même si certaines sont déjà décorées pour Noël.

A gauche: des biscuits traditionnels pour la Toussaint que nous avons beaucoup vus dans les marchés.

Après cette visite culturellement enrichissante, les filles demandent à Esther de leur montrer ses talents.


En ce troisième jour, nous quittons la ville pour rejoindre ses faubourgs. Un parc géologique se trouve à quelques kilomètres en dehors de La Paz et nous décidons de nous y rendre. Grâce à ce déplacement, nous pouvons découvrir une particularité bolivienne : les bloqueos ! Après avoir attendu vainement un bus et voyant les locaux quitter l’arrêt, nous apprenons que la rue est bloquée plus en aval par des manifestants. Il nous faut alors les contourner afin de pouvoir poursuivre notre route. Ces bloqueos sont des événements récurrents de la vie bolivienne et nous pourrons en refaire l’expérience quelques jours plus tard 😜.

Beaucoup plus tard que prévu, nous arrivons au parc « Valle de la Luna ». Il porte ce nom car Neil Armstrong, quelques mois après son retour sur terre, s’est retrouvé à jouer au golf juste en face du site et aurait trouvé des similitudes avec le paysage lunaire. N’y ayant personnellement jamais mis les pieds, Nous le croyons sur parole, même si ce n’est pas ainsi qu’on s’imaginait la surface de la lune 😆.

Nous parcourons les dédales de ce labyrinthe lunaire tout en essayant de retrouver des formes parmi les rochers. Voici celles qui ont reçu l’aval familial:

La tête d’un ours (c’est de notre imagination, pas officiel) / une lune (on a dû beaucoup se creuser la tête pour la voir…) / une dame au chapeau (de profil et sa coiffe est végétale)

Nous nous sommes tous bien amusés! 😃

Au retour, nous passons par le centre ville, franchement pas folichon. On y apprend que la région du haut et bas Pérou (dont fait partie la Bolivie) avait été en proie à des conflits entre différents conquistadors espagnols et qu’en 1548, pour sceller la fin de ces tensions, la ville de La Paz (officiellement Notre Dame de La Paix) fut construite. Le centre historique colonial n’est pas vraiment mis en valeur, ce qui est dommage ! Nous vous mettons quand même deux trois photos…

Plaza Murillo / la rue qui est censée être la plus jolie 🤔 / enchevêtrement de câbles, très commun dans la ville (nous nous sommes d’ailleurs demandés comment ils savent quel câble va pour quoi lors de panne 🤣 )/ une animation sur la place San Francisco

Le seul élément qui ait trouvé grâce aux yeux de Gabrielle (🤪) est l’horloge de la Plaza Murillo sur le palais du gouvernement. Celle-ci est inversée et ses aiguilles tournent dans le même sens que celle d’un cadran solaire dans l’hémisphère sud, c’est à dire à l’envers par rapport à notre référent habituel, à nous habitants de l’hémisphère nord.


Nous terminons notre séjour à La Paz avec une sortie à Tiwanaku, haut lieu de la civilisation du même nom. En quechua, Tiwanaku signifie « lieu de culture des patates ». Il s’agit d’une société qui aurait dominé la région du lac Titicaca à partir du 16ème siècle avant J.-C. et qui se serait maintenue jusqu’au 12ème siècle après J.-C. Elle aurait influencé de nombreuses civilisations postérieures, dont les Incas (entre autres dans les domaines de la céramique, de l’architecture et de l’agriculture).

Peinture représentant le site de Tiwanaku tel qu’il devait être à l’époque.

Dans le petit musée attenant nous pouvons admirer quelques objets retrouvés sur le site dont des Kerus, vases cérémoniels utilisés lors de différentes fêtes et contenant du sang de lama ou de la chicha. Des vases de ce type sont encore utilisés de nos jours lors de fêtes, dont celle du 21 juin, qui célèbre le début du rallongement des jours.

Il est interdit de faire des photos dans le musée alors c’est une photo de Wikipédia 😉 .

Nous pouvons encore admirer dans le musée un magnifique monolithe dédié à la Pachamama. Il mesure 7,20m de haut et pèse 20 tonnes Cette statue a été trouvée sur le site, mais elle est pour l’instant gardée dans le musée jusqu’à ce qu’une protection soit construite sur son lieu d’origine.

Nous sortons ensuite pour visiter le site d’où proviennent tous ces objets. Il s’agissait d’un centre religieux, composé de nombreux temples. Malheureusement, plusieurs d’entre eux n’ont été que partiellement excavés (le gouvernement n’y mettant pas les moyens adéquats pour terminer le travail).

En bas à droite, on peut voir les restes d’un temple. On ne voit que 3 étages alors qu’il y en avait 5.

Grâce à notre guide, nous apprenons qu’il existe deux croix andines, une représentant le soleil et l’autre la lune ! Une fois les explications données, les filles deviennent des expertes pour les différencier 😀.

La croix du soleil (Cruz del Sol): cette croix possède 5 angles par côté et 3 étages. Les 3 étages représentent les 3 mondes : le ciel, la terre et le sous-sol.

La croix de la lune (Cruz de la Luna): celle-ci possède 7 angles par côté. Si nous additionnons tous les angles, nous obtenons 28, comme le nombre de jours de chaque mois au temps des Incas. C’est exactement un mois lunaire ! Ils avaient une année de 13 mois pour atteindre 364 jours en une année (28×13 = 364).

Après cette petite leçon de géométrie, nous visitons le « temple souterrain ». Ce temple est impressionnant car ses 4 murs intérieurs sont décorés de 175 têtes sculptées. C’est dans ce temple que 3 stèles ont été retrouvées, dont celle de la Pachamama qui se trouve au musée du site.

Nous terminons notre visite par un dernier temple. Les murs de celui-ci sont imposants par leur longueur.

Sur ce lieu, nous retrouvons d’autres stèles. Mais l’élément le plus remarquable du temple est la porte du soleil. Celle-ci est ornée d’une représentation de Wiracocha, le dieu créateur.

Cette porte était très certainement ornée de pierres précieuses, mais elles ont disparu.

Voilà terminé notre séjour à La Paz, ville qui ne nous a pas vraiment emballés… Bon, le fait que c’était le début de la saison des pluies n’a pas non plus aidé 😜. Nous avons eu de la pluie tous les jours, mais heureusement, seulement pour une partie de la journée. Un jour la pluie était vraiment forte, et notre hôtel n’y a pas résisté… 😂.

Le gérant a dû mettre plusieurs seaux pour éviter que le rez-de-chausée soit inondé.

Pour finir sur une note positive, voici une fresque qui nous a particulièrement plu:

Nous quittons donc cette capitale sans trop de regrets, direction le sud.

A tout bientôt!
Philippe et Gabrielle

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