Machu Picchu

14.11 au 16.11.2021

2. L’Amérique du Sud – Pérou

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

Cette fois, c’est parti, c’est le grand départ pour rejoindre le Machu Picchu avec les Calvayrac. Nous avons beaucoup d’attentes et nous espérons ne pas être déçus… Surtout si la météo apporte des nuages demain!

Nous prenons un bus de 4h environ de Ollantaytambo à Hidroelectrica, lieu de départ de la randonnée pour arriver au village d’Aguas Calientes, au pied du Machu Picchu et inaccessible en voiture. Il y a l’option de prendre le train, mais le coût est exorbitant ! Nous préférons donc marcher le long des rails. Cette randonnée durera plus ou moins 4h, pauses comprises. Les adultes portent les sacs car nous avons laissé une partie de nos affaires à l’hôtel d’Ollantaytambo afin d’alléger nos charges en prévision de cette randonnée. Les enfants sont donc libres de leurs mouvements pour explorer les rails, les ponts et le chemin. Ils marchent volontiers, il faut dire qu’avec des copains, c’est toujours plus facile! 😎

La marche n’est pas des plus agréable (nous devons souvent marcher sur le ballast…) mais le paysage nous change un peu de l’altiplano car la région est proche de la jungle. Nous pouvons profiter d’une végétation dense et très verte. De plus, les montagnes qui nous entourent sont belles et nous pouvons déjà admirer depuis en bas la montagne du Machu Picchu et quelques ruines et terrasses qui apparaissent au détour d’un coude du rio Urubamaba.
C’est donc après plusieurs heures de marche que nous arrivons fourbus à Aguas Calientes. Le village n’offrant rien d’autre que la visite du Machu Picchu, le lieu est très touristique (avec des prix en conséquence…). Nous n’avons plus l’habitude de voir autant de touristes en un même endroit! Il n’est cependant pas aussi moche que ce que nous craignions, avec quelques jolies statues et décorations.

C’est plein d’impatience que nous nous couchons ce soir-là, après un apéro, le repas préféré des filles, un Chifa (nom générique des restaurants chinois en Amérique du Sud, en tout cas jusqu’à maintenant!) et la préparation du pique-nique du lendemain. Les enfants on également profité de la chambre des Calvayrac pour en faire un terrain de jeu. Au programme: bataille de coussins! 🤪


C’est le Jour J! Le lever est fort matinal car nous avons pris des billets d’entrée sur le créneau de 7h. Apparemment, à partir de 9-10h le site devient bondé car les touristes, venant à la journée depuis Cusco (en train, les paresseux…😝), arrivent à ce moment-là. Pour nous rendre à l’entrée du site, nous prenons le bus et retrouvons notre guide, Lisbeth, Péruvienne mais francophone. Tout est bien organisé avec des horaires à respecter pour l’entrée et, depuis la pandémie, un sens à suivre. Nous ne pouvons plus nous ballader librement partout et des gardiens sont là pour s’assurer que nous respectons le sens de la marche et que nous ne nous attardons pas trop longtemps au même endroit…

Le paysage depuis le Machu Picchu est aussi magnifique que le site archéologique lui-même. Et comme vous pouvez le constater, nous n’avons pas de brume ni nuages qui auraient un peu gâché cette visite (sûrement la seule ici pour Gabrielle, Philippe y était déjà en 2003).

Pour accéder à ce site, l’Inca et son entourage, partaient de Cusco pour traverser la Vallée Sacrée. « Le Chemin de l’Inca » (qui peut être partiellement suivi en une randonnée assez éprouvante sur 2 ou 4 jours) arrive sur le haut de la crête en face du Machu Picchu. Ce lieu est appelé « La Porte du Soleil » car le soleil se lève exactement à cet endroit le 21 décembre (jour le plus long).

Comme il est 7h30 lorsque nous rentrons dans le parc, nous avons la chance d’avoir souvent le paysage « à nous tout seul » et nous découvrons avec émerveillement ce site de toute beauté.

En arrivant au sommet de la première colline, nous sommes face à de belles terrasses. La guide nous apprend que ces terrasses ont en fait deux rôles distincts. Certaines sont des terrasses de renforcement, avec de l’argile, et d’autres des terrasses de culture, avec de la terre fertile.
Les terrasses pour l’agriculture étaient construites en couches successives:

Grosse pierre – Gravier – Sable – Terre fertile.

Il y avait un système de drainage par les failles naturelles de la montagne afin que l’eau s’écoule sans faire écrouler les murs.
Le site fait au total 9 hectares. 50 % des terres étaient agricoles et 50% étaient habitées.

Après quelques minutes de marche, nous arrivons au lieu où tout le monde prend la pose devant le Machu Picchu, (de son vrai nom Huayna Picchu car la vraie montagne qui s’appelle Machu Picchu est de l’autre côté 😜 ), et nous ne manquons pas de suivre cette tradition.
On a de la chance de pouvoir prendre notre temps car il n’est pas encore 9:00 et les visiteurs sont peu nombreux.

Après cette séance photo, la guide prend le temps de nous conter l’histoire du site:

La construction de celui-ci a été entamée par Pachacutek (empereur inca dont nous avons parlé dans l’article Cusco) entre 1420 et 1450 et continua après sa mort, pendant près de 100 ans.
Pachacutek, parti pour étendre l’empire vers l’Amazonie, s’arrêta ici pour construire la cité du Machu Picchu car c’était un lieu idéal :

  • il était protégé par les montagnes (encerclé de montagnes)
  • il était orienté plein nord (nous on construit plein sud car nous sommes dans l’autre hémisphère 🙃)
  • il y avait de l’eau
  • les pierres granitiques étaient déjà sur place (contrairement à Ollantaytambo)
  • il y avait de la terre fertile sur les bords de la rivière
  • la température y était agréable

Les empereurs suivants continuèrent la construction selon les plans de Pachacutek. Cependant, vers 1527, l’Inca Huayna Capac mourrut (en Colombie actuelle), probablement terrassé par une maladie apportée par les Espagnols (variole ou rougeole), maladie qui précéda leur arrivée dans les Andes. L’empire bascula alors dans une guerre civile entre deux de ses fils, Atahualpa, fils né d’une concubine de Quito, et Huascar, héritier officiel, originaire de Cusco.
Le lieu a été partiellement habité à partir de 1527. Au début du conflit, la noblesse de la famille de Huascar, fuyant la ville de Cusco tenue par Atahualpa, vint s’y installer. Le site fut également habité par des religieux et des agriculteurs, qui eux résidaient dans les parties plus basses de la ville. Il faut savoir que la ville n’était pas autonome en nourriture et dépendait donc de Cusco pour son approvisionnement.
A l’arrivée des conquistadors en 1540, le site fut abandonné par ses habitants qui se réfugièrent dans la forêt car Cusco avait été prise par les espagnols et la source de nourriture allait se tarir. Les ouvriers ne terminèrent donc pas l’extension de la ville et cette dernière restera inachevée.
Ce lieu a ainsi été habité pendant un maximum de 5-7 ans.

Oublié pendant des siècles, ce site fut (re)découvert par un paysan voulant défricher le terrain par le feu. C’est ce dernier qui y emmena ensuite l’archéologue américain, Hiram Bingham, en 1911. Officiellement, c’est donc Hiram Bingham qui découvrit le site, complètement recouvert de végétation.
Le site serait à 80% excavé et les 20% restant seraient encore couverts par la forêt.

Après ce petit moment de théorie, nous continons notre visite et nous arrivons sur un lieu où quelques maisons ont été rénovées afin de permettre aux visiteurs d’imaginer le site avec son aspect d’origine. Les restes de murs ont été complétés et ils ont ensuite été recouverts de toits en paille. A l’époque, la paille devait être renouvelée tous les 5-10 ans à cause de la pluie et de l’humidité ambiante (assez élevée car nous sommes au début de l’Amazonie).

Ceci n’est pas une maison mais un lieu de repos ou pour se protéger de la pluie car il manque un mur. Sur la photo de droite, on peut admirer un rocher taillé qui reproduit le paysage derrière (peu visible en raison des nuages) ou la représentation d’un cuy (cochon d’Inde).

Dans la partie où vivait le peuple, on y trouvait des maisons, des greniers, et des lieux pour les artisans.

Au Machu Picchu, il y aurait eu une école de quipus car beaucoup de ces cordelettes ont été trouvées dans une partie de la ville.
Les quipus étaient une manière de communiquer entre l’Inca et ses gouverneurs. Ces messages étaient encodés à l’aide de noeuds sur des cordes de différentes longueurs. Les chercheurs ont découvert qu’il existe 22 différents nœuds…ce qui leur fait penser qu’ il y aurait peut-être 22 symboles pour écrire le quechua.
Ces quipus étaient transportés par des messagers, appelés chasquis. Ils courraient en relai pour transmettre les messages d’un bout à l’autre de l’empire. Ils ne portaient sur eux que le quipu et des feuilles de coca. Ces dernières leur permettaient de courir leur 10 km (distance moyenne entre chaque relai) sans nourriture ni eau. En effet, la coca a un effet coupe-faim, coupe-soif et coupe-fatigue. Pour la guide, le travail de recherche sur ces quipus est important car si un jour on arrive à les déchiffrer, on en saura beaucoup plus sur l’histoire quechua. Pour le moment, ce ne sont que des hypothèses.
Les enfants ont eu beaucoup de plaisir à crier « laissez passer le chasqui de l’Inca » (référence au film « Pachamama » vu peu de temps avant) tout au long de la visite et durant la marche de retour le long des rails 😂.

Le bâtiment en demi-rond est le temple du soleil et le 21 décembre, le lever du soleil apparaît dans la fenêtre dirigée vers nous.

Nous finissons notre visite par le temple du condor.

Au premier plan, il y a la tête du condor (toute petite) avec sa colerette blanche devant lui. Ses ailes sont formées par les deux grands rochers derrière.

Cet animal est important car il représente le monde du dessus et c’est lui qui sépare l’âme du corps. L’esprit monte au ciel tandis que le corps est rendu à la terre. On y a trouvé des restes de lama et de cochon d’Inde pour « nourrir le condor » en sacrifice. Dans la fenêtre trapézoïdale, les archéologues ont retrouvé une momie en position foetale, manière traditionnelle d’enterrer les morts afin que ceux-ci puisse renaître dans l’autre monde.

C’est maintenant l’heure de dire au-revoir au Machu Picchu et d’effectuer la descente à pied jusqu’au village.
Les enfants sont très enthousiastes et deviennent vite invisibles car le chemin, étant très raide, serpente beaucoup. Nous les revoyons de temps en temps au détour d’un virage, mais nous faisons l’essentiel des quasiment deux heures entre adultes (ça fait du bien parfois 🙃🤦🏼‍♀️🤦🏼‍♂️).

Un des musts de visiter le Machu Picchu est de pouvoir ajouter un tampon dans son passeport. Malheureusement, Covid oblige, le lieu de timbrage est fermé sur le site. A force de pérsévérance, Philippe finit par trouver, à Aguas Calientes, un lieu qui le fait et nous l’obtenons! 🥳

Comme nous nous sommes levés aux aurores, nous profitons de nous reposer puis de faire un petit apéro pendant que les enfants regardent un film 🍻 🎞.


Après une nuit peuplée d’images du Machu Picchu, nous repartons le long des rails pour rejoindre un bus afin de rentrer à Ollantaytambo. Le retour se fait un peu plus vite que l’aller et nous avons même le privilège d’admirer le train qui passe juste à côté de nous pendant notre pause pique-nique.

C’est cette magnifique escapade dans la vallée sacrée qui signe la fin de notre séjour au Pérou. Nous vous retrouverons donc sous peu depuis la Bolivie!

A tout bientôt!
Philippe et Gabrielle

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