26 au 29.10.2021 et 01 au 02.11.2021
2. L’Amérique du Sud – Pérou

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)
En partant prendre le bus d’Ica à Arequipa, nous rencontrons une nouvelle famille française en voyage, les Calvayrac : Adrien, Chloé, Hugo (9 ans) et Kenzo (6 ans). C’est donc avec plaisir que les filles retrouvent des enfants avec qui jouer et rigoler, et nous des adultes avec qui échanger et partager nos expériences. Le trajet de 13 heures se faisant de nuit, nous n’avons pas beaucoup le temps de papoter puisque nous essayons de maximiser les heures de sommeil.
Cette première nuit en bus sera plus ou moins reposante 🤪, comme vous pouvez l’imaginer.
Arrivés à Arequipa, nous avons la chance de pouvoir directement prendre possession de notre chambre. La journée sera tranquille, pour nous remettre de la courte nuit et nous habituer à l’altitude (Arequipa est à 2’335m). Nous partons à la découverte de la ville en milieu d’après-midi, puis nous rejoignons Chloé, Adrien, Hugo et Kenzo dans un café pour déguster de délicieuses viennoiseries et pâtisseries.


Hugo – Kenzo – Chloé – Adrien
Les ventres bien remplis, nous partons assister au coucher du soleil depuis le Mirador de Yahuanara, depuis lequel nous avons une belle vue sur la ville et sur les 3 volcans qui l’entourent. La place est entourée d’arches en pierres de taille blanches, gravées de textes d’illustres auteurs de la ville.



Le Misti – le Pichu Pichu – le Chachani
Le lendemain, nous partons visiter le district de Jacobo Hunter (nom d’un médecin américain qui a beaucoup fait pour la population locale), en banlieue d’Arequipa.
Les Calvayrac nous ont proposé de faire la visite de ce district avec eux, sur proposition de leur logeuse. En effet, un de ses amis guides cherchait des gens pour tester le tour et ce guide parle français. On ne se doutait pas de l’importance de cette visite pour la municipalité locale ! En effet, nous sommes accueillis en VIP par les autorités du district (maire, adjoint au maire, etc.) car nous sommes les premiers à « essayer » ce tour. Il y a même un paravent pour les photos et un photographe officiel (qui nous suivra tout au long de la visite)! La municipalité souhaite faire des photos et avoir notre avis sur le tour afin d’alimenter leur site internet et améliorer l’offre touristique suite à nos retours.



Après les discours d’au moins 5 personnes différentes, on nous remet des pins à l’effigie de l’écusson du district de Jacobo Hunter. Il représente le Misti, l’agriculture, les animaux de la campagne, la besace pour la poudre des chasseurs (Hunter) et le drapeau du Pérou. Le bleu représenterait la rivière.

Comment ont-ils réussi à organiser tout ça en 24h reste un grand mystère !
Après cette partie officielle, nous partons à la découverte du district. Nous commençons par visiter le tout petit village de Tingo Grande, dont les agriculteurs cultivent les terres de manière très traditionnelle.


Cet ancien moulin activé par un cheval est encore utilisé de manière traditionnelle pour le blé ou le maïs. Il a été construit en 1945 et cela fait 4 générations qu’ils l’utilisent.

Dans les champs, on peut voir les oignons, l’ail, la laitue et le maïs en train de pousser. Tout le travail des champs est fait à la main et les cultures se font de manière rotative. C’est à dire qu’un champ est d’abord utilisé pour une culture puis une fois récolté, c’est une autre plante qui est semée. Cela permet de ne pas épuiser la terre (les anciens avaient tout compris!).
Après les champs, nous découvrons une autre fierté du district: le pont ferroviaire. C’est en effet ce pont qui permettait l’accès à la côte et donc le ravitaillement des troupes pendant la Guerre du Pacifique (1879-1883), qui opposa le Pérou et la Bolivie au Chili.



A Arequipa, il y a beaucoup de figuiers 😋 (photo de droite, à côté de Kenzo, en orange). Selon une légende de la région, les figuiers sont le refuge d’elfes. Ces derniers sortent la nuit pour mettre le bazar dans le village et les maisons. On les appelle les Chinchilico. Ces créatures légendaires sont très populaires dans les mythes andins.



Après le pont, nous nous rendons sur la place centrale du village et nous y sommes à nouveau accueillis en hôtes d’honneur! Nous avons le plaisir de déguster 2 spécialités locales: la chicha (boisson à base de maïs violet, plus ou moins alcoolisée) et le queso helado (glace à base de lait et non de fromage, comme son nom pourrait le laisser penser…).
Après le village, nous montons sur une colline qui domine la ville. Durant la semaine sainte, chaque famille y construit une petite maison de pierre, qui représente leur foyer, et ils y allument une bougie pour chaque membre de la famille. Si une bougie s’éteint rapidement, c’est un mauvais présage pour la personne représentée par cette bougie. Par cette construction, ils formulent un vœux pour l’année à venir : souvent pour un agrandissement de la maison, une nouvelle maison, une voiture, etc.
Ces maisons restent ainsi jusqu’à l’année suivante Toutefois, lors de notre passage, elles étaient vraiment en mauvais état car cela fait 2 ans que cette procession n’a pas pu être réalisée à cause de la COVID.


Nous y avons une belle vue sur les trois volcans
Pour finir cette visite, notre guide nous amène à la Picanteria Nieves. Une picanteria est un restaurant traditionnel de la région d’Arequipa et celle où nous prenons notre dîner est la plus ancienne de Hunter. La cuisinière de cet établissement a été décorée par le district car elle est la plus ancienne d’Arequipa. Elle est toujours présente, mais c’est sa fille qui a repris la gérance et la cuisine.
Nous y avons pris un « Americano », qui consiste à goûter un peu de tout. Heureusement que nous étions avec les Calvayrac, car le plat est plus que copieux, et de plus nous ne sommes pas hyper friands de viande et surtout pas des abats 😜.

C’est ainsi que se termine cette visite imprévue et improbable. Nous rentrons alors au centre d’Arequipa pour y visiter le Museo Santuarios Andinos, plus connu sous le nom de Musée Juanita. Nous profitons de la présence d’une guide francophone pour que les quatre enfants puissent mieux profiter de la visite.
C’est dans ce musée qu’est présentée la momie de Juanita, une jeune adolescente retrouvée dans les Andes péruviennes, plus précisément dans le cratère du volcan Ampato qui s’élève à 6’300m, offerte en sacrifice aux dieux de la civilisation inca.
Si vous souhaitez connaître son histoire, allez voir l’annexe en bas d’article.


Il est interdit de prendre des photos de Juanita. Nous l’avons vue dans une salle séparée, sa dépouille étant conservée dans un caisson à -20°. Elle n’est présente au musée que de mai à décembre, pour la préserver. Sur cette peinture, nous pouvons voir les habits que portait Juanita avant son sacrifice.



On a retrouvé beaucoup d’objets de la tombe de Juanita, dont une grande quantité en forme de canard ou ornés de ce motif. Cet oiseau est considéré comme sacré car il peut marcher (terre), voler (ciel), nager (eau) et plonger (profondeur).

On a également retrouvé les coquillages amenés par El Niño, sculptés en forme de lamas.

Comme il était très difficile de monter les animaux jusqu’au sommet pour les sacrifier, on montait des figurines les représentant. Celles-ci étaient placées dans la tombe avec l’enfant.
Le jour suivant, nous poursuivons nos visites culturelles avec la découverte du Monastère de Santa Catalina. A nouveau, nous profitons de faire cette visite avec une guide francophone.
(Gabrielle: je me suis un peu embalée dans ma prise de note car c’était très intéressant 🤪, alors voici un petit résumé. Pour de plus amples détails, allez voir l’annexe en bas d’article):
Ce monastère abrite des moniales depuis l’époque coloniale. En Amérique latine, les bâtiments qui accueillent des femmes sont des monastères et ceux pour les hommes des couvents.
L’édifice a été construit 30 ans après la création d’Arequipa. En effet, lors de l’époque coloniale, les monastères n’étaient construits que 2 générations après la création d’une nouvelle ville. Il était dans l’intérêt de la couronne que les femmes aient des enfants pour peupler la région…





Comme vous pouvez le constater, le monastère est en réalité une petite ville.: avec des ruelles, des cours intérieurs et un espace de lessive.
Les chambres des habitantes de l’époque coloniale ne sont pas vraiment comme nous l’avions imaginé! En effet, les chambres des moniales les plus aisées étaient parfois de vrais appartements, avec cuisine privée et des chambres richements décorées. Elles vivaient souvent à plusieurs soeurs (de sang) et avec leurs domestiques. Les novices, par contre, avaient des chambres plus sobres (voir petites photos). Elles étaient quand même plutôt confortables, afin que le passage à la vie recluse ne soit pas un trop grand choc car les novices et moniales venaient souvent de familles aisées (voir l’annexe pour en savoir plus à ce propos).
Aujourd’hui, le monastère est habité par une vingtaine de femmes, dans une partie réservée et inaccessible au public.




Après cette visite très intéressante, nous demandons à notre guide, Vanessa, si elle est accepterait de nous faire visiter la vieille ville. Comme elle est d’accord, on se donne rdv le lendemain pour en découvrir plus sur Arequipa.
Après une matinée tranquille, nous partons donc à la découverte de la partie historique de la ville avec Vanessa.
Avant d’entrer dans les profondeurs de l’histoire, nous allons à la découverte des lamas et alpagas, les mascottes du pays et des quatre enfants, au Mundo Alpaca.
Les lamas et alpagas sont élevés pour leur laine mais les alpagas le sont également pour leur viande (eh oui, on y a goûté! C’est plutôt bon). Il est commun de confondre les lamas et les alpagas, mais, en fait, il est facile de les distinguer.
Marine vous en fait la démonstration:
La laine de ces camélidés est très différente selon la race. La laine de lama est la moins douce, vient ensuite celle d’alpaga, puis celle de vigogne et guanacos. La laine de vigogne est la plus douce et la plus chère! Les lamas et alplagas sont domestiqués mais pas les vigognes et guanacos. Des tentatives de domestication de ces derniers ont été réalisées mais la laine ne gardait pas sa douceur tant appréciée, l’essai a donc vite été abandonné.
Pour commencer la visite, on part à la rencontre de quelques specimens vivants.



Il est possible de les nourrir avec le foin de l’éleveur, mais attention, certains se battent et crachent!
Après ce sympathique moment, on en apprend davantage sur le processus de traitement de la laine.
Il faut tout d’abord enlever l’herbe, la terre, la paille et les nœuds qui se trouvent dans la laine. Ensuite, on retire les fibres, la graisse et les brins de poils durs. Puis on finit par laver la laine à la main pour enlever toute la graisse.

La deuxième étape est la séparation des couleurs. En effet, un même animal peut avoir plusieurs couleurs dans sa toison. Il existe 32 teintes originelles chez les alpagas.


La troisième étape est l’éventuelle teinture de la laine. Pour teindre, il y a bien sûr des procédés synthétiques, mais il y a également beaucoup de plantes qui peuvent colorer la laine. Pour la laine de vigogne, seules les teintures naturelles sont permises.


De nos jours, ce processus se fait encore majoritairement à la main, même s’il existe des machines.
Après cette visite, nous partons découvrir les vieux quartiers d’Arequipa. Vanessa nous fait passer des quartiers historiquement réservés aux descendants des premiers Espagnols aux quartiers plus populaires réservés aux marchands venant de la compagne pour vendre leurs produits (les tambos).




Les tambos ont été rénovés récemment et la balade est très agréable.


La place d’Armes
En chemin, Vanessa nous révèle quelques anecdotes intéressantes:
- A Arequipa, des tunnels relient la cathédrale de la place d’Armes au couvent et au monastère de la ville. Ces tunnels servaient de lieu de fuite en cas de conflit armé. A l’époque coloniale, les lieux religieux étaient en effet toujours respectés comme inattaquables. Ces tunnels ne sont malheureusement pas visitables.
- En haut de la fontaine, nous pouvons voir une statue de femme grecque avec deux trompettes. Une pour dire du bien et l’autre pour dire du mal. Cette effigie était très souvent placée en haut des fontaines des places d’Armes des villes coloniales pour rappeler aux personnes venant y faire leur lessive de ne pas faire de commérages négatifs.
Voici encore quelques aperçus de cette ville agréable et intéressante:
Comme vous pouvez le voir, la nourriture est un point important du voyage😜! La gastronomie péruvienne « fusion », que nous découvrons à Arequipa, nous plaît tout spécialement.
A la revoyure!
Philippe et Gabrielle
Annexes:
Juanita:
Voici son histoire:
Juanita faisait partie du rituel sacrificiel que les Incas célébraient régulièrement pour apaiser les dieux de la nature: le dieu soleil (Inti), le dieu de la mer (la Mamacocha), de la terre (la Pachamama), etc.
Le phénomène El Niño était déjà présent du temps des Incas et lorsqu’ils voyaient ces coquillages (voir photo) arriver sur les plages, ils savaient qu’un boulversement météorologique allait arriver. Pour apaiser les dieux, ils leurs offraient un.e enfant.
Les enfants étaient choisis pour leur beauté dans les villages de l’empire inca. Ils étaient ensuite élevés par des prêtres à Cusco où ils vivaient en reclus. Ils ne sortaient que lors de cérémonies. Leur éducation était faite de sorte à ce qu’ils soient prêts à accomplir leur destinée. Ils savaient depuis le début ce qui allait leur arriver, mais souvent il étaient offerts aux dieux plusieurs années après avoir été choisis. Pour les incas, une deuxième vie commençant après la mort, les enfants n’en étaient pas forcément effrayés et c’était un honneur pour les familles des enfants choisis.
Dans le cas de Juanita, cette dernière, ainsi que tout le groupe qui l’accompagnait (dont l’Inca et des prêtres), ont marché 7 semaines de Cusco au volcan où allait avoir lieu son sacrifice. Pour supporter la fatigue du voyage et la montée en altitude, il était commun de boire des infusions de coca et de mâcher des feuilles de coca.
Une fois arrivés à destination et la cérémonie prête à commencer, Juanita a bu une boisson très alcoolisée à base de coca (la chicha fermentée pendant 2 ans) et de datura (un puissant hallucinogène). Elle a donc très vite perdu connaissance et elle était inconsciente lorsqu’elle a reçu le coup mortel sur la tête.
Une fois morte, le corps a été placé en position de foetus dans une tombe de glace. Le corps était entouré par de nombreux objets sacrés pour l’accompagner dans cette nouvelle vie. Pour les Incas, la mort était en effet une renaissance dans l’au-delà.
Manteau de Juanita:
Le blanc représente la pureté, le rouge la vie et le pouvoir. Dans ce manteau, on a retrouvé un mouchoir avec son cordon ombilical. En effet, les mères andines gardaient toujours ce cordon pour soigner les maladies de l’enfant. Cette coutume a toujours lieu de nos jours. Le cordon ombilical est séché et réduit en poudre. Cette poudre est ensuite mélangée à la nourriture de l’enfant s’il est malade. Serait-ce un précurseur de l’utilisation des cellules souches ?
Le corps et les habits de Juanita ont été très bien préservés grâce au froid régnant dans son tombeau. Elle a été trouvée avec la peau du visage séchée car elle a dû rester 10 à 40 jours au soleil avant d’être découverte. Sur le reste du corps, la peau est très bien conservée.
En tout, 21 momies d’enfants ont été retrouvées jusqu’ici, dont 16 au Pérou.
Monasterio Santa Catalina
C’est un monastère privé où habit(ai)ent des femmes. A l’époque coloniale, il y avait environ 64 monastères privés dans toute l’Amérique latine. Ces monastères étaient/sont de vrais petits villages.
Ce monastère est encore habité par 25 moniales dont la plus jeune a 15 ans (la moyenne d’âge des moniales actuelles est de 35 ans). Elles vivent toujours recluses, dans une partie plus moderne du monastère. Le nombre de moniales aujourd’hui est à peu près le même qu’au XIXe siècle. En effet, à partir des années 1800, les femmes pouvant avoir un travail et subvenir à leurs besoins, la vie au couvent n’était plus la seule option des femmes non mariées.
Les monastères coloniaux avaient une grande et importante fonction sociale. En effet, outre le fait d’abriter des novices et des moniales, ils avaient la fonction :
- d’orphelinat
- de refuge pour des femmes battues
- de lieu d’éducation pour les filles de familles aisées (entre 6 et 12 ans)
- de banques (prêt d’argent), de traiteur (confection de nourriture pour des célébrations à l’extérieur)
- de « cabinet de psychologues », les gens venaient les voir (à travers des grilles) pour leur exposer leurs problèmes, leur demander de prier pour eux ou leur demander leur avis, car l’avis des moniales était très respecté. Les familles et amis des moniales venaient également les voir. C’était leur seul contact avec l’extérieur. C’est la Mère supérieure qui était la cheffe du monastère et c’est elle qui organisait les visites.
A l’époque coloniale (avant le XIXe siècle), seulement 15 à 20% des femmes entraient au monastère pour un motif religieux. En effet, les femmes avaient d’autres raisons d’y consacrer leur vie :
- pour échapper à un mariage forcé ou arrangé
- pour des raisons économiques: dans les familles où il y avait beaucoup de filles, les dots de mariage étaient 4x plus coûteuses que la pension versée au couvent pour les moniales éduquées (qui donc ne travaillaient pas pour le monastère mais n’étaient sensées que prier).
Les novices avaient entre 12 et 16 ans lorsqu’elles entraient au monastère. Après 4 ans de noviciat, elles décidaient de devenir moniales ou pas. Ce n’était pas forcément mal vu de renoncer à la vie au monastère, mais une fois moniale, c’était pour la vie. Les novices étaient habillées entièrement en blanc et elles vivaient dans une partie fermée du monastère, sans contact avec l’extérieur ou les moniales.
Les novices habitaient dans des chambres individuelles qui ressemblaient à celles qu’elles avaient chez elles, afin de ne pas créer un trop grand choc. (voir photo). Elles étaient également accompagnées de leur domestique. Le rideau que l’on peut voir le long du lit est là pour être protégée du froid pendant la nuit.
Les moniales aisées consacraient leur temps à des tâches intellectuelles (prières 7x par jour, lectures) et celles plus pauvres (et donc souvent analphabètes) à des tâches ménagères. Les familles de moniales devaient payer une pension au monastère. Les familles aisées payaient une pension double de celles des plus humbles. Cette pension était d’environ 77’000 soles (19’000 CHF) par année et couvrait les frais du monastère (entretien, etc.) et la nourriture pour les personnes reccueillies. Ces dernières devaient également amener leur contribution. Si elles étaient pauvres, elles accomplissaient des tâches au sein du couvent et si elles étaient riches, elles payaient. Ces personnes n’étaient pas des moniales, mais elles étaient prises sous l’aile d’une moniale et vivaient avec elle.
Les domestiques qui vivaient avec les moniales étaient souvent au service de la moniale depuis son enfance et elles étaient donc très proches. Elles vivaient ensemble au monastère, mais les domestiques pouvaient sortir, pour faire les courses ou voir leur mari par exemple. Si elles avaient des enfants, ils vivaient au couvent, mais seulement jusqu’à 7 ans pour les garçons.
Il y avait un dortoir avec 140 lits pour les moniales, mais ce dortoir n’a jamais été utilisé. En effet, chacune avait sa propre chambre qui était en fait presque un appartement (chambre(s), salon, cuisine). Elles étaient plus ou moins grandes et bien agencées selon la fortune de la moniale. Les sœurs vivaient ensemble. La famille achetait une partie du terrain du monastère pour y construire leur « cellule ». Au fil des années, cela a créé des ruelles qui étaient bordées de plus de 50 cellules. Chaque cellule avait sa cuisine et la/les moniales envoyait sa domestique acheter les aliments pour cuisiner. Parfois il y avait plusieurs chambres, dont certaines pour les personnes recueillies et les domestiques. Il y avait même parfois des cours intérieures.
Il y avait également une cuisine commune, mais elle n’était utilisée que pour les fêtes et faire le pain.
En entrant dans la première cour du monastère, on peut voir une série de peintures sur les quatre murs entourant cette cour. Ces peintures forment le « chemin de l’âme ».

Sur la première on peut voir le Christ sous la forme de Cupidon lançant une flèche dans le coeur d’une moniale. C’est pour symboliser le fait que la moniale consacre sa vie au Christ (« tombe amoureuse du Christ). Il y a 3 flèches pour représenter la Trinité.

L’avant dernière peinture montre la Salvation de l’âme. Le Christ, en rouge, libère l’homme par sa crucifixion. La fontaine est rouge car cela représente le sang du Christ versé pour les femmes et les hommes.
Les règles du couvent étaient strictes, mais dans les faits les moniales les respectaient peu:
- certaines voyaient des personnes extérieures dans leur « chambre/appart »
- les plus riches avaient des tableaux dans les chambres ou de la vaisselle onéreuse
- les domestiques ne devaient voir leur mari qu’une fois par semaine, mais en fait elles sortaient beaucoup plus
- elles devaient manger ensemble en silence, mais elles mangeaient chacune dans leur chambre/appart, etc.
Dès les années 1800, la couronne d’Espagne veut réduire l’influence des monastères sur les villes d’Amérique du Sud et les règles deviennent alors plus strictes. Par exemple: les moniales ne peuvent plus faire de prêts, seules 8 novices peuvent être présentes à la fois, etc. Les personnes écoutaient beaucoup les moniales et ainsi les monastères avaient un grand pouvoir dans la ville. De plus, la famille de la mère supérieure était riche et influente à l’extérieur car elle pouvait leur donner beaucoup d’argent (profits du monastère).
Information supplémentaire sur la photo du lieu de lessive:
La lessive était faite dans des jarres de vin coupées en deux et alimentées par un courant d’eau. Elle était considérée comme la tâche la plus dure du monastère et ce n’étaient pas les domestiques qui la faisaient, mais d’autres femmes qui venaient de l’extérieur du couvent et qui étaient payées pour cela.














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