Lima

15.10.2021 – 19.10.2021

2. L’Amérique du Sud – Pérou

(Si vous lisez l’article par email, la mise en page est altérée. N’hésitez donc pas à le lire sur le blog en cliquant sur le titre de cet article)

Et voilà, c’est parti pour notre deuxième pays de notre voyage autour du monde!

Nous devons malheureusement prendre un avion pour rejoindre le Pérou car les frontières terrestres restent résolument fermées. Depuis Guayaquil, nous sommes obligés de rejoindre directement Lima et c’est donc avec regret que nous devons faire l’impasse sur toute la partie nord du pays. Nous avons hésité à y remonter en bus, mais les distances sont énormes et nous n’avons pas tant de semaines encore prévues en Amérique du Sud. Nous préférons privilégier d’autres pays du continent et ne pas jouer les prolongations au Pérou.

Nous voici donc à Lima, capitale du Pérou. Notre première impression n’est vraiment pas des meilleures. En effet, nous avons pris un logement près de l’aéroport, notre vol atterrissant en soirée, et nous nous retrouvons à côté du périphérique, en banlieue de la ville. Lorsque nous sortons acheter le petit déjeuner, nous longeons une route pas très rassurante et bordée de déchets (dont certains sont en train de brûler…). Bref, on quitte assez rapidement ce quartier pour nous rapprocher du centre historique.
On y loue un appartement à deux pas de la place d’armes (centre de toutes les villes coloniales). L’immeuble étant gardé 24h sur 24h, l’impression de sécurité y est toute autre 🤪 ! Le deuxième point positif: nous avons une cuisine équipée d’un four! Nous pouvons donc y faire notre premier gratin de pâtes, pour notre plus grand bonheur! 😋


Le premier jour, nous partons en direction de Miraflores, un quartier chic qui borde l’océan. Nous nous rendons vite compte que le niveau de vie à Lima ne ressemble pas à celui de l’Equateur. Nous entrons dans un centre commercial qui a tout l’air d’un des notres, avec les mêmes enseignes que chez nous.

La plage de Miraflores, en contrebas, est un lieu très prisé des surfeurs.

Après Miraflores, nous décidons de rentrer à notre appartement en transports publics…et là nous apprenons que non seulement il faut mettre un double masque, mais aussi une visière! On a oublié de vous dire qu’au Pérou les règles sanitaires sont très strictes: masque partout, double masque dès qu’on est à l’intérieur et prise de température et désinfection des mains par un vigile à l’entrée des grandes enseignes (banques, magasins, musées, etc.)

On a la classe!


Pour cette journée, nous décidons de visiter le museo Larco, un magnifique musée qui regroupe un nombre impressionnant de pièces d’art précolombien. Parmi celles-ci, près de 38’000 pièces de céramiques de la civilisation mochica (100-700 ap. J.-C.), une des grandes civilisations antérieures aux Incas.

Très bien scénographié, le musée propose un petit feuillet d’activités pour les enfants, que nous suivons assidûment.
Nous pouvons aussi admirer les célèbres linceuls Paracas, civilisation côtière qui enveloppait ses morts dans ces magnifiques tissus pour qu’ils les accompagnent dans leur vie après la mort.

A gauche: Estelle suit le feuillet pour enfants / A droite: détail du linceul sur lequel on retrouve à l’infini un puma aux pattes de condor et à la queue de serpent.

Nous pouvons aussi admirer l’art inca des Quipus, ces cordelettes qui constituaient le principal système d’enregistrement des informations de l’administration inca. Sur les cordelettes nouées étaient enregistrées des informations comptables. Les couleurs, les noeuds et les distances entre ces derniers permettaient de distinguer le type d’objets ou bien les caractéristiques propres à la population qui y étaient enregistrées.

La prochaine salle du musée nous permet d’introduire la notion de sacrifice humain, élément majeur dans de nombreuses cultures anciennes sur tous les continents.
Chez les Mochicas, la Cérémonie du Sacrifice était le point central de leur religion. Avec ce sacrifice, la population souhaitait remercier, solliciter ou apaiser les dieux (par exemple: remercier après de bonnes récoltes, demander l’arrivée de la pluie, calmer une tempête, etc.). En leur offrant une personne de leur communauté, ils attendaient donc quelque chose en retour, leur protection ou leur apaisement par exemple.

Chez les Mohicas, cette cérémonie sacrificielle était célébrée selon un déroulé très spécifique: un combat rituel entre deux combattans sélectionnés pour leur bravoure, le sacrifice du vaincu puis son sang offert aux principaux dieux.

Lorsqu’on pense aux Incas, les premières images qui nous viennent à l’esprit représentent souvent leurs parures en or et en argent. Pour cette civilisation, l’or représentait le soleil, Inti, leur divinité majeure, et l’argent représentait la lune, Mama Quilla, épouse d’Inti.

La taille de certaines de ces parures est impressionnante.

Nous terminons la visite du musée par ses impressionnantes réserves. Nous y retrouvons des milliers de céramiques qui feraient, à n’en pas douter, le bonheur de nombreux autres musées!


Le lendemain, Gabrielle, Marine et Estelle partent à la découverte du centre historique tandis que Philippe va se faire soigner une dent cassée…
Comme toutes les villes coloniales, la place d’armes se trouve au milieu du centre historique. Les bâtiments autour de la place sont très bien entretenus et, comme toujours, nous y retrouvons le palais du gouvernement et une église/cathédrale.

Nous y trouvant à midi, nous avons la chance d’assister à la relève de la garde. Comme c’est un week-end spécial (voir plus bas), cette cérémonie est plus étoffée: elle durera 40 minutes au son de la fanfare et au rythme des marches militaires!

L’homme au milieu en vert est le chef de la sécurité du palais gouvernemental.

Une fois la famille réunie, nous nous dirigeons en plein centre de la ville afin d’y découvrir Huaca Pucllana, un site archéologique de la civilisation Lima (civilisation pré-inca). C’est lors du réaménagement du quartier et de la construction de nouveaux immeubles, en 1980, qu’est soudain apparu un ancien temple pyramidal de cette société. Cet édifice a été très bien préservé car il pleut très peu à Lima et il y a peu d’humidité. Le site a ouvert au public en 2004, mais des fouilles sont encore en cours car il reste encore beaucoup de terrains non excavés et certaines profondeurs sont encore à fouiller. Le temple couvrait le triple du territoire qui est actuellement visible car la ville a été construite par dessus les autres restes (il y a probablement d’autres vestiges sous les immeubles alentours…).

Le site et la région ont été habité par différentes populations (on peut le voir en observant leur manière de placer les pierres sur les murs):
Les Lima : 400 – 700 apr JC
Les Huari : 800 – 1000
Les Itchma : 1000 – 1400
Les Incas : à partir de 1400 (mais le site avait déjà été abandonné quand ils sont arrivés).

C’est une sensation très étrange de voir ces ruines qui se dressent au milieu de l’urbanisation de la capitale.

La partie haute de du temple n’était accessible qu’aux nobles, tandis que les parties basses étaient accessibles au peuple. Ils y faisaient des offrandes : meilleurs graines, feuilles de coca (plante sacrée) et également des sacrifices.
Le haut du temple avait de hauts murs et des couloirs en labyrinthe afin que le peuple ne puisse voir ce qui se passait à l’intérieur.

Nous pouvons voir des piliers en bois pétrifiés : ils soutenaient des toits qui protégeaient les fabricants (par ex: de chicha: alcool de maïs fermenté)

Depuis le sommet du temple, on pouvait voir 4 des éléments vénérés par les Limas: les champs avec les lamas (la Pachamama, la terre), la cordillère des Andes (Apu, la montagne), le lever du soleil (Inti, le soleil), et enfin la mer (la Mamacocha, source de nourriture).

Le plus important des dieux semble avoir été la mer car ils ont retrouvé beaucoup d’objets sur le site avec le thème de la mer, comme ici ce vase avec le dessin d’une vague.

Nous découvrons aussi quelques tombes qui ont été utilisées par les Limas puis par les Huaris, une autre grande civilisation péruvienne.
La personne décédée était placée en position assise, entourée de bandelettes. Une fois le corps entièrement recouvert, on ajoutait une fausse tête sur le sommet avec un nouveau visage pour l’autre monde. Dans la tombe, on plaçait aussi de la nourriture et des objets pour la vie après la mort.

Sur certaines parties du site, des mannequins sont mis en scène afin de représenter diverses activités de l’époque, ce qui permet aux filles (et à nous), de mieux apprécier les vestiges archéologiques.

Scènes d’offrande, de fabrication de briques et de cérémonie du vase (remarquez le dessin de requin sur le vase, qui rappelle l’importance de la mer pour la civilisation lima).

Nous avons encore le « bonheur » de rencontrer un véritable chien péruvien. Il s’agit d’une race pré-colombienne dont les archéologues ont retrouvé des ossements datant d’au moins 1500 ans. Son look, sans poils (comme les chats sphynx) mais avec une houpette sur le sommet de la tête, ne nous emballe pas énormément. Toutefois, ils ont la cote au Pérou car on en rencontrera beaucoup durant notre séjour ici. Notez aussi son magnifique manteau… Il est d’usage d’habiller son chien au Pérou!

Le soir, Philippe nous rejoint au Circuito Magico del Agua (et oui, il a eu la chance d’avoir un deuxième rendez-vous à la clinique dentaire l’après-midi même 😜 !). C’est un très beau parc au milieu de la ville dans lequel il y a de nombreuses fontaines. Le soir venu, elles sont toutes éclairées et nous profitons même d’un beau spectacle son et lumière.


Notre séjour à Lima a été marqué par la fête religieuse la plus importane du Pérou:

El Señor de los Milagros

Cette fête est en l’honneur du Seigneur des Miracles, le Saint Patron du Pérou depuis 2010.


Voici l’histoire de cette célébration:
Au milieu du XVIIe siècle, une personne métis, esclave ou descendant d’esclave, peint un Christ crucifié, sur un pan du mur d’une église se situant dans une partie très pauvre de la ville de Lima. Le 13 novembre 1655, un tremblement de terre secoue la ville et provoque l’effondrement de nombreux bâtiments. Cette catastrophe fait des milliers de morts dans tout Lima! Toutefois, un pan du mur de l’église où est peint le Christ reste debout. Les habitants se mettent alors à penser que c’est un miracle et organisent régulièrement des fêtes avec des chants et danses traditionnelles. Les autorités religieuses du Pérou (catholiques), voyant cette vénération « païenne » d’un mauvais œil, envoient des personnes pour effacer cette peinture. Toutefois, chaque fois qu’un ouvrier monte l’échelle pour effectuer sa tâche, une force « surnaturelle » l’empêche de le faire. Après plusieurs tentatives infructueuses, la population se met à protester. Les autorités ecclésiastiques doivent alors abandonner la partie et elles acceptent que ce pan de mur soit vénéré.
Le 20 octobre 1687, un raz-de-marée frappe la ville et le frêle mur est à nouveau épargné. A ce moment-là, le caractère miraculeux est attesté par les autorités religieuses et le pan du mur est déplacé au centre de Lima, dans le couvent de las Nazarenas.

Depuis lors, les villes du Pérou se parent de violet (la couleur des nonnes nazaréennes qui veillent sur la sainte image) durant tout le mois d’octobre. Le week-end du 18 et 19 octobre, une procession avec une copie du pan du mur avec le Seigneur des Miracles est organisée à Lima. Cette copie est posée sur une plateforme de plus de 2 tonnes (!). Plus d’un millier de personnes composent cette procession qui circule à travers les quartiers de Lima. Elle dure plus de 24 heures et chaque quartier organise une fête lors de l’accueil de la relique. Ces processions dans les différents quartiers de la ville drainent des millions de personnes à chaque fois.
Nous n’avons toutefois pas le chance d’assister à cette grande fête car les mesures COVID empêchent la tenue des processions. L’église qui abrite le pan du mur toute l’année est ainsi ouverte au public durant ce week-end, afin que la population puisse y prier.
Le quartier est alors totalement submergé par l’interminable queue formée par les personnes souhaitant se présenter devant Le Seigneur des Miracles. On renonce vite à visiter cette église !


Et voilà, c’est le moment de quitter Lima…bon ce départ ne sera pas définitif car Philippe devra y retourner pour la suite de son traitement dentaire.
Affaire à suivre donc 😉

A bientôt!
Philippe et Gabrielle

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